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00:01Ici Gare Lozère, jusqu'à 9h, ici Matin.
00:07A 8h moins le quart avec ici Gare Lozère, on accueille donc en studio Quentin, votre invité.
00:11Bonjour Benoît Rouag.
00:12Bonjour.
00:13Président de l'université de Nîmes où des étudiants pour y entrer doivent sortir toujours plus d'argent.
00:18D'après la fédération d'associations étudiantes, la FAGE, ceux qui ne sont pas boursiers,
00:23doivent débourser en moyenne 3 240 euros pour se loger, pour s'équiper et pour se nourrir.
00:30Encore que, et je voudrais vous faire écouter à ce propos, Léa qui vient d'entrer en droit.
00:34Je n'achète pas, je mange les restes.
00:36Vu que je suis en colocation avec deux personnes, les deux personnes, ils sachent ce qu'ils veulent.
00:40Et s'il reste des trucs, moi je mange.
00:41Benoît Rouag, ça vous inspire quoi ?
00:45C'est la continuité de ce que l'on vit depuis 10 ans, en tout cas nous, à Nîmes-Université,
00:50puisqu'on a plus de 55% de boursiers, donc on sait la situation des étudiants
00:55dans un département un peu défavorisé, tel que le GAR.
00:59Par contre, j'aime bien l'étude de la FAGE, puisqu'elle, pour une fois, on met aussi à l
01:04'honneur.
01:05On pointe également les étudiants non boursiers, parce que nous on s'aperçoit finalement
01:09que ce sont peut-être les étudiants, vous savez, qui sont sur la limite pour avoir les bourses
01:14ou pas avoir les bourses, et ceux qui tombent du mauvais côté de la frontière,
01:18c'est eux qui ont beaucoup de problèmes, et c'est eux qui doivent travailler.
01:20Oui, et justement, cette étudiante, là qu'on vient d'entendre, elle est dans ce cas-là,
01:23elle doit manger, elle doit finir les assiettes de ses copains,
01:26pour finalement s'en sortir à l'université.
01:28Alors, je crois qu'il ne faut pas stigmatiser sur l'alimentation aujourd'hui,
01:34parce que le repas à un euro a été généralisé pour l'ensemble des étudiants,
01:38donc un étudiant peut manger matin et soir.
01:40Oui, mais malgré tout, un jeune sur cinq ne mange pas à sa faim,
01:44malgré la mise en place de ce repas à un euro.
01:46Totalement, mais déjà, c'est déjà un premier point,
01:48et ensuite, nous, les établissements, on se doit d'accompagner encore plus.
01:52Nous, typiquement, on a une épicerie solidaire avec la banque alimentaire,
01:56on a des distributions de colis repas tous les 15 jours avec le Secours populaire,
02:00donc on essaie d'apporter encore plus cet apport-là.
02:04Vous distribuez combien de repas avec la banque alimentaire ?
02:07Une centaine toutes les deux semaines, sachant qu'un panier repas, ça leur dure 15 jours,
02:13et puis tous les mardis après-midi, il y a notre épicerie solidaire qui est ouverte,
02:18et les étudiants peuvent aller se acheter à des prix extrêmement maudits de l'alimentation.
02:23Et j'imagine que quand vous distribuez cette centaine de repas tous les 15 jours,
02:27il n'y en a aucun qui vous reste sur les bras ? Ils partent tous ?
02:29Oui, oui, oui. Là, c'est le Secours populaire qui fait ça, mais bien évidemment,
02:33l'inquiétude de Colonna, c'est qu'au fur et à mesure des années, le nombre de bénéficiaires augmente.
02:38Et c'est là où on voit finalement qu'il y a un petit souci,
02:41parce que c'est une problématique qui est bien identifiée,
02:43et pour autant, nous avons toujours plus d'étudiants qui viennent en bénéficier.
02:47Je me mets à la place d'un étudiant qui sort du lycée, du concours familial,
02:51l'atterrissage à l'université, là dans ses circonstances, psychologiquement,
02:55j'imagine qu'il est aussi très violent.
02:56Est-ce qu'il y a à ce niveau-là, à l'université de Nîmes, un accompagnement ?
03:00Alors nous, c'est un peu particulier, parce qu'on est une petite université,
03:04on a des sites qui sont extrêmement petits,
03:07donc finalement, parfois, vous savez, quand ils rentrent à Vauban,
03:10ils rentrent dans un édifice qui est beaucoup plus petit que le lycée d'Odé
03:14ou le lycée Philippe Lamour, par exemple.
03:17Donc là, déjà, la proximité fait que, et puis ensuite, on a tout un panel d'accompagnement,
03:21notamment sur la santé. Alors, vous parlez de santé mentale,
03:24mais il y a la santé de manière générale, qui est là pour les accompagner.
03:27Et puis après, on a des services qui sont très à l'écoute des étudiants,
03:31c'est ce que je leur disais hier, le jour de l'après-rentrée,
03:33si vous avez le moindre souci, nous avons un lycée unique.
03:35Vous pouvez se signaler.
03:36Il faut se signaler, surtout, parce que la problématique qu'on a,
03:39c'est qu'au bout de 2, 3, 4 mois, on se retrouve avec des étudiants
03:42qui sont dans une difficulté et ne sont pas signalés.
03:44C'est ce que j'allais vous dire, est-ce qu'il y a des étudiants
03:46qui, parce qu'ils sont en difficulté financière, prennent un job,
03:48et comme ils n'arrivent pas à concilier leurs études et le travail,
03:51ils abandonnent au bout de quelques mois ?
03:53Vous en avez beaucoup dans ce cas-là ?
03:54Nous en avons un certain nombre, parce que c'est difficile tout le temps.
03:58Oui, ça va évidemment d'une année sur l'autre.
03:59Il y a beaucoup qui ont un job.
04:01D'ailleurs, nous-mêmes, nous organisons un job dating
04:03à des entreprises du territoire,
04:04qui savent comment peuvent les étudiants travailler,
04:08et ils adaptent leurs horaires en fonction des horaires des étudiants.
04:12Donc on en a également de plus en plus.
04:14Mais là, encore une fois, dès lors qu'ils sont identifiés,
04:18nous, on met en place des aménagements
04:19qui font que si pour un cours, ils doivent travailler,
04:22on leur attrape le cours.
04:23Si pour un examen, ils ont un job important,
04:26on leur décale les examens.
04:27Donc il y a tout un panel d'accompagnement
04:29qui fait qu'un étudiant aujourd'hui,
04:30et c'est malheureux,
04:32s'il doit travailler en même temps que ses études,
04:34on essaie quand même de l'accompagner
04:35pour justement qu'il réussisse aussi ses études.
04:37Cette précarité, elle touche les étudiants boursiers et non-boursiers.
04:40Vous avez dit tout à l'heure que vous aviez 55% d'étudiants boursiers.
04:4445% donc non-boursiers.
04:45Je suis très mauvais en maths,
04:46mais à priori, mes calculs sont bons.
04:48Dites-moi, vous avez combien d'étudiants au total à l'université ?
04:516 000.
04:52Donc ça y est, la barre est franchie.
04:53C'est un oeuvre à la franchir,
04:54parce qu'on a plus de 200 étudiants,
04:57alors qu'on nous prévoit une diminution
04:58de la démographie étudiante à l'université.
05:01Ça, c'est surprenant.
05:02Alors oui et non,
05:03parce que les calculs ont été faits
05:04que sur l'Occitanie, de manière générale,
05:06on est en dehors de la France,
05:07c'est-à-dire que l'Occitanie augmente,
05:09en tout cas pour les 10 prochaines années,
05:11la population étudiante.
05:12Bon, Benoît Rouag,
05:13on aura l'occasion évidemment de reparler de l'université,
05:16de ses étudiants,
05:17vous le dites toujours plus nombreux.
05:18En attendant, je vous remercie beaucoup
05:19d'être venu parler de la précarité étudiante
05:21qui touche en particulier,
05:23et la fin, je le rappelle,
05:24les étudiants non-boursiers cette année.
05:26Benoît Rouag, je rappelle que vous êtes
05:28président de l'université de Nîmes.
05:30Merci beaucoup à vous.
05:31Merci.

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