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  • il y a 1 semaine
La France cherche à faire de la décarbonation de l’immobilier un enjeu européen, notamment en harmonisant la mesure de l’empreinte carbone des bâtiments. la Low Carbon Building Initiative (LCBI), lancée en 2022 peut être un outil essentiel pour atteindre cet objectif. Le but est de créer un référentiel commun à l’échelle européenne, couvrant tout le cycle de vie des bâtiments. Une émission enregistrée au SIBCA, le salon de l'immobilier bas carbone.

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Transcription
00:00...
00:05On vous explique comment la France pousse pour décarboner en Europe.
00:11C'est le débat de ce Smart Impact avec Cécile Dapp.
00:13Bonjour, bienvenue.
00:14Bonjour.
00:15Vous êtes la directrice de LCBI, le Low Carbon Building Initiative.
00:19Et Laurence Desmazières, bonjour, associée chez WO2.
00:23On va commencer par quelques questions toutes simples de présentation.
00:27Cette initiative, c'est quoi ? C'est un label, c'est un mouvement européen ?
00:30Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
00:32Les deux.
00:33LCBI, c'est un label qui récompense les projets les plus performants
00:39et les plus bas carbone à échelle européenne, aujourd'hui dans 10 pays européens.
00:42C'est aussi également une initiative européenne puisqu'elle a été lancée
00:46à la fois par l'association BBCA, association qui travaille sur le bas carbone en France,
00:50et un collectif d'une quinzaine d'entreprises majeures de l'immobilier européen.
00:55L'association BBCA qui organise ce salon, on peut dire qu'on est pionniers en France
01:00sur cette initiative ? On a lancé le mouvement ?
01:04Sur le bas carbone, tout à fait.
01:06Il faut savoir qu'il y a un certain nombre d'entreprises qui sont extrêmement en avance,
01:10pionnières dans le bas carbone en France, parce qu'elles ont des compétences,
01:15des innovations sur ce secteur, et en particulier également parce que la réglementation française
01:20qui limite les émissions carbone de l'immobilier est très en avance et très admirée
01:25par nos confrères européens.
01:27Et parmi ces entreprises, c'est moi qui le dis, il y a WO2.
01:30Vous pouvez nous présenter WO2 ?
01:32WO2, on est un des leaders français aujourd'hui en termes de promotion immobilière bas carbone.
01:38On a notamment une spécificité, c'est d'utiliser des matériaux biosourcés,
01:43notamment du bois dans les immeubles qu'on développe.
01:46Le groupe a maintenant plus d'une dizaine d'années et au total, on a développé aujourd'hui
01:52plus de 700 000 m² à la fois de bureaux, de logements, de commerces, toujours ultra bas carbone.
02:00Il s'est créé avec cette volonté WO2 ?
02:04C'est-à-dire qu'il y a 10 ans, on n'était pas au même niveau d'acculturation du
02:07secteur sur ces enjeux.
02:09Est-ce que vous aviez un peu l'impression, je ne sais pas comment dire ça, de prêcher dans le
02:13désert parfois ?
02:14Je ne sais pas si on avait l'impression de prêcher dans le désert.
02:16Ce qui est sûr, c'est que tout le monde nous disait « mais qu'est-ce que vous allez
02:19faire à faire des petites cabanes en bois ? »
02:21Tout le monde avait l'image du petit chalet en bois à la montagne ou de la petite cabane en
02:27bois au fond de son jardin.
02:29Et effectivement, ce sujet de la décarbonation de l'immobilier n'était absolument pas à l'agenda.
02:33C'était un gros focus qui était mis sur réduire les consommations énergétiques, mais on ne se préoccupait pas du
02:40tout de savoir combien de kilos de CO2 on produisait en tant que professionnel de l'immobilier en créant, en
02:47développant ces immeubles.
02:50Et donc oui, tout à fait, WO2, c'est depuis le début une vision qui est celle de se dire
02:55« et puis là, l'été caniculaire qu'on a vécu, je pense, fait prendre tout son sens, mais c
03:02'est de se dire, il faut qu'on agisse.
03:04Le réchauffement climatique, c'est le carbone. Il faut qu'on joue sur ce levier-là. »
03:09Pourquoi, Cécile Dab, c'est important d'avoir un label européen, c'est-à-dire d'avoir la même grille
03:14d'analyse dans tous les pays d'Europe ?
03:17C'est essentiel parce qu'aujourd'hui, pour arriver à créer ce que fait WO2, ce que font tous les
03:24acteurs de la décarbonation de l'immobilier, cela ne vous échappera pas qu'il faut des fonds, il faut investir.
03:29Les investisseurs, aujourd'hui, ils sont pour la plupart européens, voire internationaux.
03:34En fait, ils ont besoin d'une grille de lecture rapide, facile et surtout de confiance pour être capables de
03:41comparer les actifs et leur empreinte carbone à échelle européenne.
03:45Donc, ils doivent être capables de dire de façon certifiée « ces données carbone sont réelles, sont vérifiées par des
03:50tierces parties, c'est ce qu'on fait avec nos certificateurs, et surtout sont mesurées sur la base de la
03:56même méthodologie. »
03:58Face à un label comme LCBI, aujourd'hui, on est capable, ce qui n'était pas le cas avant, de
04:02dire « cet immeuble à Berlin, par exemple, à Munich, il est plus performant en termes de carbone que cet
04:09immeuble à Madrid. »
04:11Pardon, on vous interrompe. Est-ce qu'il vient prendre la place de labels ?
04:14Alors, vous nous avez dit que la France est pionnière, mais il y a quand même des pays d'Europe
04:17qui avaient déjà créé un label bas carbone.
04:20Est-ce qu'il vient prendre la place de ces labels ?
04:22Alors, aujourd'hui, il y a différents types de labels. C'est une longue discussion. On a des labels qui
04:28sont généralistes et qui vont mesurer tout un tas de critères qui ont été plutôt initiés, je dirais, au moment
04:33du lancement de la RSE, ce qu'on appelait la RSE.
04:37Donc voilà, ce sont des labels qui mesurent vraiment tout un tas de performances et qui ont vraiment initié ce
04:41mouvement de la RSE qui sont positifs, mais très généralistes.
04:45Nous, là où nous sommes très spécifiques, c'est que nous mesurons uniquement le carbone, mais nous sommes extrêmement exigeants
04:51et complets sur le carbone puisqu'on le mesure sur tout le cycle de vie du bâtiment et on impose
04:56des valeurs limites.
04:58Donc je dirais qu'on complète ces labels-là. Et puis, par ailleurs, on crée aussi des ponts et des
05:02partenariats avec des labels existants dans certains pays.
05:05Donc très récemment, on a une association espagnole qui nous a rejoints pour adopter le label LCBI et le déployer
05:11en Espagne, à nos côtés.
05:13Est-ce que le fait que la France, Laurence Desmadières, soit finalement assez exigeante ou en avance sur ces enjeux
05:21vous donne un avantage concurrentiel ?
05:24Quand vous, vous arrivez éventuellement, je ne sais pas si vous vous développez ailleurs en Europe, mais sur un appel
05:29d'offres dans un autre pays européen ?
05:31On travaille ailleurs qu'en France. Notamment, on a un projet qu'on mène en partenariat avec un promoteur belge
05:39et luxembourgeois à Luxembourg.
05:41Et effectivement, nous, on voit ce cadre réglementaire un peu à l'image d'un poète, si on peut faire
05:50une petite digression,
05:51qui se fixerait des règles d'écriture. Et c'est en se fixant ces règles qu'on arrive à innover
05:58et à être vraiment innovant, vraiment différenciant.
06:00Donc nous, cette réglementation qu'on a plein de nos voeux, parce qu'il faut pouvoir inciter tout le monde
06:09à calculer et il faut pouvoir établir des seuils.
06:12Nous, cette réglementation, aujourd'hui, on l'utilise comme un levier d'innovation et on voit qu'il y a
06:16des solutions.
06:16On voit que cette écologie, en fait, c'est une écologie de solution. C'est une écologie positive.
06:20Ce n'est pas une écologie qui nous ralentit. Et au contraire, je pense que là, on est sous la
06:25voûte du Grand Palais.
06:26On voit toutes ces entreprises qui représentent quasiment l'ensemble des entreprises du secteur immobilier en France.
06:33Vous avez ici WO2, mais vous avez tous les gros promoteurs immobiliers français.
06:37Tout le monde est là avec cette volonté de décarboner et avec des solutions qui existent, des industriels qui sont
06:43là pour les prouver.
06:44Mais alors, justement, est-ce que ça devient un prérequis, notamment des financeurs, des investisseurs ?
06:50C'est en train de devenir un prérequis. Et pas plus tard qu'il y a quelques minutes, on en
06:55parlait avec d'autres intervenants sur une question de
06:59est-ce que cette décarbonation génère un ROI, un retour sur investissement ?
07:04Et ce qu'on voit, c'est qu'aujourd'hui, vous avez des projets qui ne trouvent plus de financement,
07:08notamment chez les banquiers,
07:10parce que ces projets ne permettent pas de s'inscrire dans une trajectoire de décarbonation.
07:16Et donc, aujourd'hui, vous avez des banquiers qui vous disent « je ne remets plus d'offres de financement
07:21si l'immeuble soit est décarboné,
07:25ou en tout cas fortement décarboné, soit vous avez un plan en tant que propriétaire pour décarboner cet immeuble ».
07:30Donc, oui, on le voit, on le mesure, notamment chez les financeurs, mais aussi chez les utilisateurs,
07:37parce qu'aujourd'hui, quand vous êtes une grande entreprise, par exemple une grande entreprise française ou internationale,
07:43et que vous cherchez un nouveau siège, vous ne pouvez plus faire l'impasse d'avoir un siège qui soit
07:49bas carbone
07:50et qui soit à la mesure, en fait, de toute la stratégie d'entreprise que vous êtes en train de
07:54mettre en œuvre chez vous
07:55pour vous aligner à cet objectif de décarbonation.
07:59Oui, ça veut dire qu'on voit de plus en plus d'entreprises qui intègrent finalement le risque, les risques,
08:03parce qu'ils sont nombreux climatiques, à leur stratégie.
08:05Est-ce que vous sentez quand même ce mouvement s'accélérer, parce que le mouvement a été lancé il y
08:11a quelques années ?
08:12Complètement. Alors, je rebondirai sur deux points.
08:14Le premier, c'est qu'effectivement, il y a ce mouvement et il y a ce besoin de démontrer la
08:19décarbonation au sein de son siège,
08:21au sein de ses immeubles, mais également parce qu'au niveau européen,
08:24la réglementation est en train de suivre ce qui s'est passé en France,
08:27c'est-à-dire qu'à partir de 2030, toutes les entreprises vont être obligées de mesurer l'empreinte carbone
08:35des bâtiments neufs et de la limiter.
08:37Donc, ce qui se passe aujourd'hui en France va devenir une obligation légale en 2030
08:41et on mesure concrètement quel risque ça peut faire courir à des bâtiments qui ne respectent pas cette obligation.
08:48Ça, c'est la première chose.
08:49La seconde, c'est que ce qu'on constate chez LCBI et chez BBCA, c'est également des mouvements secteur
08:55par secteur.
08:56C'est-à-dire que nous, on a commencé à travailler avec les bureaux, les logements.
09:00Aujourd'hui, voilà, pas plus tard qu'il y a un an, on a été contactés par un ensemble d
09:05'acteurs de la logistique,
09:06voilà, parmi lesquels AEW, Virtuo, Steph, des entreprises, mais aussi Lidl,
09:12donc qui est un utilisateur de la logistique, qui sont venus nous voir en nous posant exactement toujours ce même
09:17problème.
09:18Tout le monde, aujourd'hui, dit qu'il fait du bas carbone dans la logistique européenne.
09:23Personne n'est là pour le vérifier, personne n'est là pour le mesurer.
09:26On a besoin de vous, en fait, pour que vous soyez capables de nous fournir la méthode
09:30qui va attester de ce que nous, on fait, et véritablement en bas carbone.
09:35Le label, il s'applique uniquement aux bâtiments neufs ou alors c'est vrai aussi pour des bâtiments rénovés ?
09:44Dans quel cas il s'inscrit précisément ?
09:46Aujourd'hui, au niveau européen, il s'applique aux bâtiments neufs, donc aux bureaux, hôtels et résidentiels.
09:53Et pas plus tard qu'il y a une semaine, on a étendu ce label à la logistique.
10:00Donc on va annoncer cela demain au CIPCA.
10:03On travaille en ce moment à la rénovation également,
10:07puisque évidemment on ne peut pas parler de décarbonation si on ne parle que de neuf.
10:10Donc on travaille aujourd'hui, étant justement dans ces dix pays, à travailler à décarboner également l'acte de rénover
10:17un bâtiment.
10:17Ce que fait déjà l'association BBCA en France, avec un label rénovation BBCA qui existe pour le marché français.
10:25Alors il y a toujours, je vais, je vais, je vais, je vais, c'est pas ce que je pense,
10:28mais je vais endosser la casquette de celui qui critique et qui dit oui, vous êtes bien gentil avec vos
10:32normes environnementales,
10:33mais ça nous coûte plus cher. Qu'est-ce que vous répondez à ça dans un secteur comme le vôtre
10:36?
10:38Alors dans notre secteur, et ça dépendra, vous trouverez toujours des exemples pour contredire ce que je vais vous dire.
10:46Nous, ce qu'on voit, c'est qu'à partir du moment où vous avez la capacité de prévoir très,
10:54très en amont, en fait, de votre conception,
10:55le fait que vous souhaitez décarboner le projet que vous allez mener,
11:03à partir du moment où vous êtes capable de vous entourer des bons intervenants
11:07et également de concevoir votre projet à l'aune de cette volonté,
11:14on voit que le coût est relativement marginal par rapport au coût global de développement
11:22que ça représente de développer un immeuble de bureau ou un gros immeuble de logement.
11:29Donc en fait, ce coût est marginal, mais en face de ça, on commence enfin à mesurer toutes les externalités
11:37positives
11:38et justement ce retour sur investissement potentiel, parce que quand on regarde les bureaux, par exemple,
11:44on voit qu'aujourd'hui à Paris, ce qui se loue, c'est des immeubles qui sont très bas carbone,
11:51c'est des immeubles qui sont très en avance sur leur temps, sur le plan des normes environnementales.
11:57Donc vous allez réussir à louer plus vite, vous allez aussi réussir à louer peut-être plus cher,
12:03parce que ces immeubles bas carbone coûtent moins cher en exploitation aux locataires.
12:08Le locataire, le coût de l'énergie, en plus, on a eu quand même une flambée des coûts de l
12:11'énergie
12:11et on ne sait pas ce que va nous réserver le prochain hiver.
12:16Mais le locataire, lui, il a un coût d'exploitation complet, il ne paye pas qu'un loyer, il paye
12:21aussi des charges.
12:21Donc si vous êtes capable d'avoir un immeuble bas carbone qui réduit ce budget de charges,
12:25vous êtes capable de rebasculer une partie dans le loyer et donc en tant que propriétaire, vous y retrouvez.
12:30Donc je pense qu'il ne faut pas voir le bas carbone comme une charge, comme un coût, mais il
12:35faut le voir comme un investissement.
12:37Merci beaucoup à toutes les deux et bon salon, je vous laisse retrouver le cadre prestigieux, magnifique du Grand Palais
12:45avec cette verrière qui commence à bien chauffer. Allez, on parle innovation tout de suite.
12:50Connaissez-vous la technologie LSF ?
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