00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Je suis toujours accompagnée de mes débatteurs, Charlotte Dornelas et Alexandre Malafaille
00:07et nous parlions du périscolaire, nous parlions de ces nouvelles plaintes
00:10qui arrivent sur les cadres, les élus, qu'ils soient anciens ou actuels d'ailleurs.
00:1417 familles parisiennes qui ont annoncé déposer plainte,
00:17notamment pour non assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d'autrui.
00:21Dans l'émission d'Eliott Deval ce matin, avec vous sur Europe 1,
00:25Caroline, la maman d'une enfant de 3 ans,
00:27victime d'une agression sexuelle dans les Yvelines en janvier dernier, a témoigné.
00:31Un soir, je l'ai rentré du centre aéré, j'ai trouvé une tâche de sang dans sa culotte,
00:36une griffure au sein du gorgun et un bleu entre le sang de la mousse.
00:41Et quand j'ai essayé de comprendre, ma fille d'avis devant la pédiatre,
00:46un monsieur qui avait des vétives avec ma culotte,
00:49et le périscolaire m'a dit que j'ai une chute de vélo.
00:52Ensuite, on est allé voir la médecine judiciaire.
00:56J'ai dû rappeler moi-même pour savoir où on était.
00:59Il n'y a pas eu pénétration, madame.
01:01On est neuf qu'au lycée, il y a 10 jours une crainte grave en ce moment de ne pas
01:05traiter votre cas.
01:06Entre-temps, dans la ville, tout le monde en a parlé.
01:09Ma fille, c'est que les parents m'ont violé par des parents dans le village.
01:13Après, la vérité, c'est que c'est le style de l'assile normal.
01:16Les gens, vous jouent, vous regardent, ils vous trouvent du doigt.
01:20Et le parquet ne fait rien.
01:22Ce sont le parquet de Paris, le parquet de Versailles, le parquet de Venters.
01:25Il y a des plans de parcours dans la France, personne ne fait rien.
01:28Donc, le turquie, aujourd'hui, c'est une espèce de vitesse.
01:31Je suis dégoutée de ce pays.
01:33Charlotte Dornelas, dans ce genre de témoignage, au-delà de l'atrocité totale,
01:38on ressent véritablement la solitude de beaucoup de parents, en fait,
01:41dans l'intégralité du processus.
01:43Quand ils essayent de s'adresser au personnel éducatif,
01:45une fois que la justice, évidemment, est mise en cause,
01:47les responsabilités politiques,
01:49on se rend compte que pendant des années et des années,
01:51à quel point il y a des parents qui sont seuls,
01:53et qui sont toujours seuls aujourd'hui.
01:54Je pense que, pour rejoindre ce que vous disiez juste avant,
01:59c'est ce qui est en train d'arriver avec le périscolaire parisien en particulier,
02:03et de manière générale,
02:03ce qui est arrivé dans l'Église il y a quelques années,
02:06tous ces travaux sont absolument nécessaires,
02:08parce qu'ayons tous l'humilité quand même de reconnaître
02:10qu'il n'y a pas un endroit où les gens ont réagi correctement, en fait,
02:13ces dernières années.
02:14Pas un endroit où, naturellement,
02:17il y a des personnes qui l'ont fait, évidemment, individuellement,
02:20mais globalement, toutes les institutions qui sont en cause,
02:23les unes après les autres,
02:25et certaines tardent à se remettre en cause,
02:28il y a eu cette tentation de l'omerta,
02:32de mettre la poussière sur le tapis,
02:33et peut-être de ne pas voir aussi les conséquences dramatiques
02:37que ce genre d'agression ont sur les enfants
02:39et sur leur construction dans les années à venir.
02:41C'est en train de changer et c'est salutaire, évidemment.
02:45Donc, à ce niveau-là,
02:47toutes les responsabilités qui sont examinées
02:49sont intéressantes collectivement,
02:51au-delà de l'éventuelle condamnation
02:53ou poursuite de telle ou telle.
02:55Maintenant, sur la question des plaintes elles-mêmes,
02:58en effet, les avocats ont dit,
02:59alors là, c'est pareil,
02:59je n'ai pas le dossier entre les mains, évidemment,
03:01mais les avocats ont dit qu'il y avait des preuves évidentes,
03:05que les personnes savaient et qu'elles n'ont pas réagi.
03:08On ne va pas leur reprocher de ne pas avoir su dénicher
03:11les personnes sans le faire,
03:12mais une fois qu'elles savent et si elles ne réagissent pas,
03:15là, en effet, il peut y avoir poursuite et condamnation
03:17pour non-assistance à personne en danger.
03:19Si ces éléments existent, en effet,
03:22il n'y a aucune raison que la condamnation n'ait pas lieu
03:24et on a tout lieu de les croire,
03:26puisque, souvenez-vous, il y a même des vidéos
03:28qui ont circulé d'élus interpellant
03:31la majorité de la mairie de Paris il y a des années.
03:34Toutes ces associations de parents,
03:36il y en a qui existent déjà depuis des années
03:37et qui se battaient, en effet, dans le désert,
03:39mais dans le désert de tout le monde.
03:41Des médias aussi, personne n'a réagi,
03:43personne ne leur a donné la parole
03:44et ils ont tapé à toutes les portes
03:46et, en effet, très seuls.
03:48Donc là, il y a un mouvement, en effet,
03:49de prise de conscience et tant mieux,
03:51mais il est vrai que ça me semble plus facile
03:54de caractériser une non-assistance à personne en danger
03:56s'il y a bien des preuves
03:58que certaines personnes ont tenté d'alerter
04:00et que personne n'a écouté,
04:01que de caractériser,
04:02et c'est le drame de toutes les affaires
04:04d'agression sexuelle,
04:05une agression sexuelle.
04:06Oui, c'est ça.
04:06C'est évidemment extrêmement difficile
04:09d'avoir des preuves,
04:10surtout quand les jours, les mois
04:12et parfois même les années ont passé
04:14et que vous avez la parole
04:17même d'un enfant
04:18contre celle d'un agresseur présumé.
04:22Donc ça, c'est très, très difficile.
04:24C'est d'ailleurs pour ça que les décisions de justice
04:26parfois nous semblent insupportables.
04:28Parfois, quand vous allez suivre le procès lui-même,
04:29vous comprenez pourquoi la justice
04:31n'arrive pas à passer
04:33en fait par manque d'éléments
04:34évidemment probants.
04:35D'autant qu'on a évidemment tous
04:37toute l'histoire du périscolaire dans la tête
04:39et que la justice, elle,
04:41juge des cas particuliers à chaque fois.
04:43Ils ne sont pas tous accusés de la même chose.
04:45Évidemment, c'est un scandale
04:48qui est abominable de bout en bout.
04:50On entend des témoignages
04:51qui retournent le ventre,
04:53le cœur, tout,
04:54jour après jour.
04:55C'est absolument nécessaire.
04:57Et en effet, il faut espérer
04:58qu'à tous les niveaux de responsabilité,
05:00justice soit faite
05:01pour ces enfants, évidemment,
05:02pour ces parents qui crient dans le désert
05:04et qui se battent.
05:04Il y aura sûrement un avant et un après.
05:07De toute façon,
05:08les leçons vont être tirées.
05:09Ça mettra sans doute un petit peu de temps,
05:11sans doute un peu trop de temps,
05:12parce que là encore,
05:13il y a de l'inertie.
05:14Mais vraisemblablement,
05:15on va arriver dans une période
05:17où on mettra les garde-foules
05:19et on fera en sorte que
05:20ça se passe le moins possible.
05:22Le zéro agression,
05:24comme le zéro risque,
05:25n'est pas du domaine du raisonnable.
05:27Non, ça c'est sûr,
05:27mais là, c'est vrai qu'on est quand même...
05:28Mais là, on part de très loin,
05:29on est d'accord.
05:29C'est ça.
05:30Mais on va passer d'un monde
05:30où il était difficile de parler
05:32à un monde où il sera
05:32beaucoup plus difficile
05:33d'assumer ce terre.
05:34C'est la libération de la parole.
05:35On l'a fait avec la femme,
05:36on peut le faire avec les enfants
05:36et après, on va donner plus de poids,
05:38plus de crédits,
05:38ça va être organisé.
05:39C'est un travail de fond,
05:40mais il était le temps de le faire.
05:41Pour revenir jusque sur votre disier,
05:43Charlotte,
05:43et effectivement,
05:44c'est preuve dont parlent les avocats.
05:46S'il y a une chose qui est sûre,
05:47et c'est même,
05:47on peut regarder sur les réseaux sociaux,
05:49ça se trouve même sur les sites,
05:50évidemment, de la ville de Paris.
05:51Quand on voit en 2015,
05:53ces élus,
05:53je pense à Inès de Ragnel,
05:54je pense au maire du 6ème aussi,
05:56M. Lecoq,
05:57qui en fait alertait Anne Hidalgo,
05:58qui par ailleurs leur répond
05:59avec un cynisme.
06:00Donc en fait,
06:01même si le dossier
06:02n'était pas forcément sur sa table,
06:03en tout cas,
06:03ce qui est sûr et certain,
06:04on l'a tous vu,
06:05c'est qu'il y avait des alertes,
06:06c'est-à-dire,
06:07voilà,
06:07il y a des alertes
06:08dans le périscolaire,
06:09vous devez être au courant.
06:09Et c'est vrai que ça,
06:10c'était il y a maintenant
06:11très très longtemps.
06:12Donc évidemment,
06:13on imagine que le dossier
06:14des avocats
06:14est très étayé à ce sujet.