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  • il y a 6 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce jeudi, Pascal Praud revient sur les propos de Philippe Baptiste qui propose des années de rattrapage post bac avant de débuter les études supérieures.

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Transcription
00:00Je vous rappelle que donc Astrid Rouch est avec nous, la plume est le prince, elle a été à l
00:04'Elysée.
00:05On parlera tout à l'heure des coulisses du pouvoir et puis des discours, comment on fabrique un discours.
00:09Et puis entre ce que vous écrivez et ce que dit le Président, est-ce qu'il y retouche votre
00:14copie, si j'ose dire,
00:16ou est-ce que ce sont vos mots qu'il dit entièrement ? On a beaucoup de questions à vous
00:19poser, bien sûr.
00:21Mais je voulais vous faire écouter d'abord Philippe Baptiste, qui est le ministre de l'Enseignement supérieur,
00:26qui était ce matin sur Public Sénat et qui a parlé effectivement du niveau qui baisse.
00:32Et visiblement, cette parole sera commentée aujourd'hui.
00:38Je pense que quelque part, le bac est probablement une condition nécessaire et suffisante aujourd'hui.
00:43Oui, mais il y a un taux d'échec dans les études supérieures qui est élevé.
00:45Mais je pense qu'il faut qu'on réfléchisse et peut-être qu'il faut mettre des années de propédotique,
00:49des années de rattrapage, post-bac, pour un certain nombre de bacs en tout cas,
00:52pour être sûr que les gens qui s'engagent dans des études supérieures aient les moyens de réussir.
00:58Parce que sinon, c'est une fausse promesse qu'on fait, c'est une hypocrisie.
01:01Et donc je crois vraiment que ce sujet-là, encore une fois,
01:04ce n'est pas une réforme qui sera mise en place dans les mois qui viennent,
01:06mais je crois que ces questions-là, elles doivent être discutées.
01:10Elles étaient discutées avant, c'était un examen de la troisième à la seconde,
01:14tout le monde ne passait pas en seconde.
01:15Hélas, tout le monde ne peut pas avoir le bac.
01:17Mais ça ne veut pas dire que tu es moins intelligent, d'ailleurs.
01:20Simplement, tu n'es pas doué pour faire des études.
01:21C'est des années après le bac.
01:23Oui.
01:23Ce serait des années après le bac, mais ça reste du niveau par le bac.
01:26Ils étendaient le temps d'apprentissage pour un niveau avec en plus une société.
01:30On parle énormément de quand on commence à travailler.
01:33Mais c'est idiot.
01:33Là, ça va être encore plus long.
01:34On va entrer encore plus tard sur le marché du travail.
01:36Mais c'est une usine à gaz.
01:37Autant redemander une exigence dans les années lycées et collèges.
01:40Mais tout ça, en fait, c'est des petits hommes gris.
01:43Tout ça et la maternelle à un an, on est servi.
01:46Oui, mais justement, tout à l'heure, avec Astrid Rocher,
01:48on pourra lui poser ces questions.
01:50Elle était au cœur du pouvoir.
01:52Pourquoi est-ce qu'ils font n'importe quoi, Astrid Rocher ?
01:54La question n'est pas large.
01:56Si je le savais, je serais président de la République à l'heure actuelle, je crois.
01:58Non, mais c'est intéressant.
01:59Pourquoi ? C'est pour faire de la com ?
02:01Pourquoi ils font n'importe quoi ?
02:02Pourquoi cette annonce ridicule de dire après le bac,
02:06avant d'aller dans le supérieur, on va faire de nouvelles études ?
02:09Ça n'a pas de sens, c'est idiot.
02:10Alors, je pense qu'il y a une prime à l'annonce fracassante.
02:13Et il y a une prime à la nouveauté
02:14qui pousse les gens à s'imaginer que si ce n'avait pas été dit avant,
02:17ils ont un créneau et ils ont un couloir.
02:19Une étude inverse de l'attitude d'humilité
02:21qui consiste à se dire, si depuis 100 ans,
02:22on n'a jamais pensé à cette solution,
02:24attention, méfiance, c'est peut-être des difficultés que je n'ai pas encore vues.
02:27D'où la maternelle à un an.
02:30Exactement.
02:31Quel était le ministre qui avait dit que c'était pour retirer l'enfant
02:34à toutes les prédestinations familiales ?
02:36Je pense que c'est la partie psychologique.
02:37C'est Vincent Péyan qui a dit ça.
02:38Mais Bruno Le Maire a dit hier, la maternelle à un an.
02:42Vous retirez l'enfant à tous les déterministes
02:43puisque vous le retirez même à ses parents.
02:45On peut retirer l'enfant dès la naissance à vos parents
02:47et puis on peut les faire élever par une collectivité.
02:51Ce qui se passe en Corée du Nord, je crois.
02:52C'est une dystopie, c'est la Corée du Nord
02:53ou c'est la République de Platon, c'est la même chose.
02:55Le parent n'a plus le droit sur son enfant.
02:58Pascal, je peux rappeler quand même que...
03:00Richard Millet.
03:01Il y a beaucoup d'entreprises
03:02qui déjà donnent des cours de français
03:06à leurs employés.
03:08Tellement ils ont des problèmes.
03:09Mais non, mais ça c'est intelligent.
03:11Oui, c'est intelligent, mais ça coûte cher.
03:12Oui, alors franchement c'est bien investi.
03:15Les entreprises payent pour le...
03:16Je trouve qu'on devrait traduire devant la Cour de justice
03:19de la République
03:20tous les ministres de l'Éducation nationale depuis...
03:22Non, mais...
03:22Si, je veux dire...
03:24C'est possible de...
03:25Non, je plaisante pas.
03:26Je modère le propos de M. Millet.
03:30La langue, c'est un instrument...
03:31On va pas les mettre en concours.
03:33Non, oui.
03:34Non, mais ils savent très bien ce qu'ils ne font pas.
03:36Non, oui, mais pas pour les raisons que vous pensez.
03:38Est-ce que vous, vous mettez un regard complotiste là-dessus
03:41alors qu'il n'y en a pas ?
03:41Non, non, c'est pas complotiste.
03:43Si, parce que vous pensez qu'ils ont un intérêt à faire ça.
03:45Je pense qu'ils ne font rien.
03:47Ils n'ont pas de courage.
03:48Ils n'ont rien envie de dire.
03:49Vous dites qu'ils n'ont pas le courage.
03:50Et pas simplement ils n'ont pas de courage.
03:51Maï-Hélène Trémolet.
03:52Il y a quand même une responsabilité du politique dans ces dix dernières années.
03:55On ne prend que ces dix dernières années.
03:57Qui va continuer puisque le classement pise à sort.
03:59Et vous pouvez voir que deux ministres et ex-ministres disent n'importe quoi en un temps record.
04:04Et moi, je n'aime pas le discours selon lequel, de toute façon,
04:07Édouard Geffray, ça n'est pas de sa faute, certes.
04:09Mais c'est prédécesseur non plus dans ce cas.
04:11Et dans les faits, toutes les réponses au déclassement,
04:14à la perte de savoir et de niveau dans les écoles,
04:17toutes les réponses ont été mauvaises ces dix dernières années.
04:20Mais si on ne peut pas le souligner et le reprocher au ministre de l'Éducation nationale,
04:24on ne sait pas ce qu'on peut faire.
04:24Ça veut dire que le politique, en termes d'éducation,
04:27n'a plus rien à faire, plus aucun pouvoir, plus aucune puissance.
04:30Et bien c'est très inquiétant dans notre pays.
04:32C'est gravissime.
04:35Et c'est toujours la mère des batailles d'Emmanuel Macron, etc.
04:38Mais qu'est-ce qu'il a fait de sa mère des batailles ?
04:40C'est une génération qui sera sacrifiée.
04:42Il y a une complicité de tout le système.
04:44C'est pas seulement, je suis d'accord avec toi pour les ministres parfois,
04:48mais il n'y a pas que les ministres.
04:49Le système, quand je dis le bac,
04:52le nombre de mentions bien et très bien
04:56a été augmenté de 1700%.
05:001700% par rapport à ce qu'il était.
05:03À mon époque, il y a 60 ans,
05:05quand on passait le bac et qu'on avait une mention bien,
05:09on était admiré par tous ses copains, etc.
05:13et tous ses profs.
05:14Aujourd'hui, on distribue ça.
05:17Donc on ment aux gens, puisqu'on fait croire
05:20qu'ils ont mérité une mention bien ou très bien,
05:23et ils se disent qu'on a un petit génie à la maison,
05:25alors qu'ils ont un pauvre garçon
05:27qui est au niveau du brevet des années 70.
05:30Non mais c'est ça qui est la folie, enfin.
05:33Là, on propose le mensonge d'aller encore plus loin,
05:34puisqu'on dit qu'on va vous donner ce bac,
05:36et après on rattrape le fait que vous n'aviez pas le niveau
05:38pour cet examen-là.
05:39C'est quand même un mode de réflexion
05:41qui est complètement...
05:42Bon, on s'est...

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