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00:00Les sujets que nous avons évoqués ce soir et qui ont fait réagir Anne-Sorah Dubois et Bruno Jeudy,
00:05j'imagine les carburants, la flambée des prix.
00:08Est-ce que vous dites, Robert Ménard, c'est-à-dire que vous dites qu'il faut comprendre quelque part
00:12cet État, souvent qu'on qualifie parfois en tout cas les oppositions d'impuissants,
00:17vous vous dites non, on est en train de payer la facture du quoi qu'il en coûte.
00:20Qu'en pensez-vous ?
00:21Oui, moi je crois que le quoi qu'il en coûte éternel,
00:24puisqu'au fond il y a un sondage, il y a peu de temps qui disait que les Français étaient
00:27pour le quoi qu'il en coûte.
00:29On l'a vu, le quoi qu'il en coûte, alors mettons le Covid de côté,
00:31mais le quoi qu'il en coûte pour l'essence, ça a été fait en 2022.
00:35Ça a coûté entre 2022 et 2023, je crois, 72 milliards de têtes sur le quoi qu'il en coûte
00:43énergie.
00:44Je partage cette idée que c'est impossible.
00:46Maintenant, une fois qu'on a dit ça, il faut penser aux gens qui demain matin vont aller travailler
00:50et on risque, là aujourd'hui on est à 2,40, 2,50.
00:55Le président de la République disait lui-même vendredi qu'il y a assez peu de chances que ça baisse
01:00rapidement.
01:01Ils vont essayer, les différents pays, de favoriser un accord entre l'Iran et Omane
01:08pour essayer de faire passer, et donc ça pourrait faire baisser un peu la facture.
01:13On voit bien qu'on est parti pour...
01:15C'est intéressant.
01:16Mais vous imaginez qu'il n'y ait pas un électrochoc et qu'on aille jusqu'à 3 euros le
01:21litre ?
01:22Mais vous imaginez 3 euros le litre ?
01:24J'imagine rien du tout.
01:26Je me dis simplement, moi j'essaye de vous tout faire toucher du doigt,
01:30comment, attendez, chez moi, il n'y a pas le réseau que vous avez ici.
01:36Il n'y a pas ta bagnole ou le RER, ta bagnole ou le tramway, ta bagnole, ta bagnole.
01:41– Aucun doute.
01:42– Voilà.
01:42– Il y a quelques bus quand même.
01:44– Il y a quelques bus, si tu es dans un village à 6h du matin et que tu viens
01:47de travailler,
01:48les bus, tu ne vas pas en avoir 250, je sais, les bus, ça dépend de l'agglomération.
01:52Honnêtement, tu n'as pas d'alternative.
01:54Moi, je pense que les gens qui n'ont pas de moyens, il faut les aider.
01:59Mais essayez de faire croire qu'aujourd'hui, on va aider de la même façon.
02:06Tous les gens, je dis non.
02:08Chaque fois qu'on me pose une question, on la pose mal.
02:11Il n'y a pas les automobilistes.
02:13Il y a des automobilistes qui ont des statuts, des revenus différents.
02:16Il n'y a pas les retraités.
02:18– Votre solution, c'est élargir les aides pour les gros rouleurs.
02:23– Pour les gros rouleurs et ceux qui n'ont pas d'alternative.
02:26Aujourd'hui, il y a toute une partie de la France où il n'y a pas d'alternative.
02:30C'est à eux qu'il faut penser.
02:32Une infirmière chez moi, elle va comment d'un endroit à l'autre ?
02:37Elle ne prend pas le bus, elle prend sa voiture.
02:39Donc, on a intérêt à cibler, à cibler.
02:42Et en même temps, et en même temps, pardon le « en même temps ».
02:46Une fois qu'on a dit et qu'on a vu ce que ça coûtait,
02:49on m'explique tout de suite où on fait les économies.
02:51– Vous avez dit tout à l'heure, je suis pour que ceux qui gagnent plus d'argent payent.
02:55– Bien sûr.
02:56– Est-ce que vous dites que c'est là qu'il faut prendre cette aide ?
02:58– Une partie, oui, bien sûr.
03:00Moi, je pense, contrairement à toute la droite, qui sont mes amis par ailleurs,
03:04qu'ils ont tort de penser qu'un certain nombre de gens ne doivent pas faire un effort.
03:09– À qui pensez-vous ?
03:10– Aux gens qui ont beaucoup d'argent, aux entreprises qui gagnent beaucoup d'argent, il y en a.
03:14– Vous avez vu que le Premier ministre a annoncé que dans la trajectoire budgétaire telle qu'elle est aujourd
03:17'hui,
03:18la surtaxe qui avait été demandée aux grandes entreprises et aux ménages les plus fortunés va baisser 2-3 milliards.
03:23– Il a tort, il a tort, il a tort.
03:25– C'est assez déroutant de vous entendre sur ce sujet-là.
03:30– Oui, c'est…
03:30– Non, non, mais c'est…
03:31– Attendez, parce que dans votre tête, comme je suis plutôt à droite, je serai pour ça…
03:37– Dans la mienne, vous êtes inclassable, pour tout vous dire, donc je ne m'attendais pas.
03:41– Oui, je pense que la droite se fourvoie quand elle dit des choses comme ça.
03:45– Elle ment.
03:46– Un, elle ment, deux, elle désespère les gens.
03:49Tu ne peux pas expliquer ce que vous venez d'expliquer tous les deux,
03:51que ça va être… c'est difficile et c'est de plus en plus difficile pour les petits gens.
03:56Vous avez compris, ce n'est pas péjoratif.
03:58– Les prisons, bien compris.
03:59– Petits gens, les petits gens, les gens qui n'ont pas beaucoup d'argent.
04:01Tu ne peux pas leur dire ça et en même temps ne pas dire,
04:05pour ne pas faire passer la pilule, mais pour leur expliquer que c'est compliqué.
04:08– En même temps, Robert, il y a quand même des faits qui sont quand même marquants.
04:12L'essence en France, on est quand même l'un des pays où l'essence est la plus chère en
04:17Europe.
04:17– Oui, mais attends, d'accord, mais ça c'est 30 ans.
04:20Tout à l'heure, vous me répondiez, il faut répondre dans l'immédiat.
04:23Dans l'immédiat, oui, il y a 40 ans qu'on vit au-dessus de nos moyens,
04:26donc on a taxé l'essence, donc on paye l'essence.
04:29Mais ça, c'est une chose.
04:30Ce que j'essaye de vous dire, c'est qu'on ne peut pas,
04:34pour convaincre les gens qui n'ont pas beaucoup d'argent,
04:36que tout le monde va devoir faire un effort, parce que tout le monde va devoir le faire.
04:40Les gens qui te racontent le contraire te racontent des craques.
04:43Tu ne peux pas ne pas leur dire, dans la même foulée, dans la même phrase,
04:47ceux qui gagnent le plus d'argent, il va falloir leur demander.
04:50– Donc après le croit qu'il en coûte, c'est que tout le monde va payer en fonction de
04:54ses moyens.
04:55– Mais bien sûr, comment vous voulez sortir ?
04:57– Pourquoi le gouvernement renacle ?
04:58On ne tape pas sur les champions, notamment Total.
05:01On a des entreprises qui sont des florons aussi de notre économie,
05:05on ne leur tape pas dessus.
05:06Je ne dis pas que c'est…
05:07Je ne suis pas en train de le justifier,
05:08je vous dis que ça préside à leur réflexion sur le sujet.
05:10– Je pense, je pense qu'il y a là encore un équilibre entre
05:14je tape à coup de massue sur les riches…
05:17Est-ce que j'ai dit quelque chose sur les milliardaires ?
05:19Non, je n'ai pas un truc.
05:21Et qu'en même temps, les entreprises…
05:22– Ce sont des nuisibles.
05:23– Non, mais les entreprises qui gagnent beaucoup d'argent et Total,
05:27oui, on a le droit de leur demander un aide supplémentaire.
05:29– Mais Robert Ménard, qu'est-ce que vous répondez ce soir à ceux qui nous regardent ?
05:32Très bien, c'est un discours de vérité que tient M. le maire de Béziers,
05:35mais qui a cramé la caisse ?
05:37Peut-être que c'est nous collectivement,
05:39parce que nous avons accepté ce quoi qu'il en coûte,
05:41mais devons-nous payer collectivement ?
05:43Tout le monde doit faire des efforts, dites-vous.
05:45C'est-à-dire, le gel de l'APL pour les étudiants,
05:48le gel du point d'indice pour les fonctionnaires,
05:51pour une partie des retraités,
05:52et pardonnez-moi, ce ne sont pas ceux qui touchent 4 000, 5 000 de retraite, là.
05:56C'est quand même un sacré…
05:58– Attendez, expliquez-moi comment on fait différemment ?
06:01Mais c'est très compliqué à entendre.
06:03Vous savez combien il y a de pourcentage des Français ?
06:07qui aujourd'hui touchent plus de l'État
06:11qu'ils ne participent à l'avis de l'État, 56%.
06:16Il n'y a plus d'un Français sur deux
06:17qui aujourd'hui touchent plus de l'État
06:19qu'ils ne donnent à la collectivité.
06:22– C'est que seulement 45% des Français
06:23qui payent l'impôt sur le revenu ou quelque chose d'approche.
06:25– Donc ça veut dire quoi ?
06:26Ça veut dire qu'on est biberonné à ce système-là.
06:30Je ne sais plus qui c'est qui disait,
06:32je ne sais plus si c'est Gorbatchev ou Brezhnev qui disait,
06:35il y a un seul pays où le communisme a réussi, c'est la France.
06:38Mais c'est vrai.
06:39– On est un pays communiste ?
06:40– Non, mais c'est une boutade.
06:41Elle prend tout au premier degré, mais ce n'est pas possible.
06:43– Elle a raison, elle relance.
06:44– C'est des guillemets et ça s'appelle une boutade.
06:48– Robert, ce que je retiens, c'est que finalement,
06:50le budget de Sébastien Lecornu, tel que le vient de le décrire Sonia,
06:54c'est-à-dire quand même qui mit tout mi-bout à bout,
06:57tout le monde va payer un petit peu, ça vous convient.
07:00– Attendez, ce n'est pas que ça me convient,
07:01c'est que je ne vois pas d'autre solution.
07:03J'attends, mais bien sûr, personne ne va le dire.
07:05Moi, c'est suicidaire que je vous dise ça ici.
07:08Si j'étais candidat à la présidentielle…
07:10– Vous l'auriez dit ainsi ?
07:12– Mais comment, si j'étais un jour candidat,
07:14je le dirais exactement dans les maires.
07:15– Vous conseillez un candidat de le faire ?
07:19– Mais oui, parce que vous savez de quoi on crève ?
07:21On crève du fait que les gens ne sont pas assez abrutis
07:26pour ne pas savoir que tu leur racontes des pouvoirs.
07:28– Vous dites du sang et des larmes, on n'a pas le choix.
07:30– Mais non, on n'est pas obligé d'être en cette phase-là.
07:34On va partager les efforts.
07:36Ceux qui ont le moins d'argent feront le moins d'efforts
07:39et ceux qui ont le plus d'argent feront le plus d'argent.
07:41– Franchement, Robert, on va se revoir cette année.
07:45C'est ma septième présidentielle.
07:47Les candidats qui gagnent, ce n'est pas ceux qui cachent la vérité.
07:51Ils promettent beaucoup.
07:52– Moi, ce que j'entends, Robert Ménard est en train de dire,
07:54c'est dur à entendre, mais il dit,
07:56nous avons tous collectivement opté pour cette politique irresponsable.
08:00– Mais attendez, ça fait 50 ans qu'on est assez content de cette situation-là.
08:06En plus, je comprends pourquoi…
08:08– On va payer notre propre facture.
08:09– Non mais attends, en plus, ce n'est pas ta facture.
08:12À un moment donné, on te dit, la France droit, 3 500 milliards.
08:17Mais aucun d'entre nous, ça dit quelque chose, t'as compris.
08:21On te dirait, 50 000 milliards, ça ne changerait plus rien.
08:25Parce que les gens jusqu'ici, ça n'avait pas de conséquences immédiates.
08:29Puisqu'on continuait à emprunter…
08:31– Non mais au moins, on est d'accord là-dessus.
08:33– Oui, oui, mais ça.
08:34– Ces sommes-là, elles ne disent plus rien à personne,
08:36tellement elles sont importantes.
08:38Maintenant, elles nous disent quelque chose,
08:39parce qu'elles ont des conséquences immédiates.
08:42Chaque année…
08:43– Est-ce qu'au fond, les Français, le Covid a cassé quelque chose ?
08:47Et depuis, on se dit qu'on peut vivre sous le régime du « en même temps » en permanence
08:54?
08:54– On l'a fait même avant le Covid.
08:57Enfin, chaque année, il y a combien d'années
09:00qu'on n'a pas un budget en équilibre.
09:02– Depuis Raymond Barbe, 177, 178.
09:04– Il faut dire aux gens, mais à la maison, tu ne le ferais pas,
09:09parce que ton banquier viendrait te dire, c'est en rouge.
09:13– Oui, enfin, il peut y avoir de la bonne dette aussi.
09:16L'investissement, ça compte ?
09:18– Je suis d'accord, mais là, ce n'est pas de la bonne dette.
09:20On paye, il faut dire aux gens des choses simples,
09:23terribles à entendre.
09:24L'an prochain, on dépensera plus.
09:26– Terrible à entendre sur la facture,
09:28terribles à entendre sur les carburants,
09:30terribles à entendre sur la Russie qui nous attaque.
09:32Qu'est-ce qu'on peut ?
09:33– Mais moi, je dis tout ça,
09:34et je pense que si on a des gens courageux,
09:38si on a des gens qui savent parler aux gens,
09:41qui savent leur dire,
09:42la dette, aujourd'hui, le remboursement de la dette,
09:44ça va être plus que le budget de vos enfants à l'éducation nationale.
09:48Et que ça, on y arrive petit à petit.
09:50Moi, je pense qu'on peut ne pas mentir aux gens.
09:53Je ne vais pas dire…
09:54Moi, je gagne des élections dans ma ville,
09:56je vous jure, vous n'êtes pas obligés de me croire,
09:59je ne mens pas aux gens.
10:01Je pense que les gens, ils entendent…
10:05Ils savent quand tu ne te manques pas d'eux.
10:07Ils savent quand tu es sincère avec eux.
10:09Quand tu ne leur racontes pas des craques.
10:10Moi, je ne raconte pas des craques.
10:12Et si j'étais au niveau…
10:13Mais alors, tu me diras,
10:14la ville, ce n'est pas pareil que l'État.
10:16Longtemps, j'ai pensé que ça…
10:17C'est la même chose.
10:19C'est la même chose.
10:20– Je prends un exemple.
10:21Je prends un exemple.
10:21Sur les retraites, un candidat…
10:23Vous avez deux catégories de candidats aujourd'hui.
10:25Un candidat qui dit,
10:26on va maintenir la retraite à 62 ans.
10:28Et un candidat qui dit,
10:30il faudra la porter à 65 ans.
10:32Vous croyez lequel ?
10:33– Mais je crois le second, évidemment.
10:35Attendez, le génie français…
10:37Je sais qu'on est un peuple génial.
10:39Je sais qu'on est un peuple mieux que tous les autres.
10:41Mais tous les autres peuples d'Europe,
10:43ils travaillent plus et plus longtemps,
10:45sauf nous.
10:46On a trouvé la potion magique.
10:49– Robert Ménard.
10:49– Et on a trouvé la solution.
10:51– Qui peut croire à une bêtise pareille ?
10:54Qui peut le croire ?
10:54– Nous sommes un peuple génial, dites-vous.
10:56En tous les cas, il y a eu des artistes de génie.
11:00Je voudrais vous montrer cette image.
11:02Dans quelques instants, c'est son fils qui sera avec nous.
11:04Pourquoi ?
11:05Parce qu'à l'occasion des journées du patrimoine,
11:07une exposition est consacrée à Alain Delon.
11:10Alors, pour dire tout à nos téléspectateurs,
11:11je vous ai demandé tout à l'heure si vous l'aviez croisé,
11:13côtoyé.
11:14Vous m'avez dit non.
11:15Mais qu'est-ce qu'il incarne encore pour vous ?
11:19– La France.
11:20Le culot.
11:21Le culot.
11:22Tout à l'heure, on parlait de…
11:24Non, mais oui, le culot.
11:25Un type, quand tout le monde montrait le Rassemblement National
11:28du doigt en disant « c'est facho » et tout,
11:30il disait qu'il allait…
11:32Moi, je n'ai jamais voté pour ça.
11:33– C'était ses amitiés.
11:33– Il avait les amitiés.
11:35Faire passer ses amitiés avant ses intérêts,
11:37nom de Dieu, ce n'est pas rien.
11:39C'est ça le panache.
11:40Il avait du panache.
11:42En plus, beau comme un roi,
11:43mais ça, les garçons, on va être jaloux.
11:45On va être jaloux.
11:46On vous propose ce soir,
11:48peut-être que vous le verrez en reprenant l'avion
11:50ou le train Robert Ménard,
11:51à travers des extraits inédits,
11:53un album de photos souvenirs,
11:54de feuilleter les pages, justement,
11:56de sa vie et donc un peu de la nôtre.
11:58Ses colères, ses amours,
12:01ses grands films, évidemment,
12:03avec son fils.
12:04On va raconter tout ça
12:05et suivre cette exposition
12:06qui lui est consacrée.
12:06– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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