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Alain Bauer, professeur émérite de criminologie, était invité sur le plateau de BFMTV, ce lundi 21 septembre. Il s'est notamment exprimé sur la question de la menace russe.

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Transcription
00:00Bonsoir Alain Bauer.
00:01Bonsoir.
00:02Merci de votre présence, d'être professeur émérite de criminologie, conservateur national des arts et métiers,
00:06fondateur du pôle sécurité, défense, renseignement, auteur notamment de ce livre sur la vérité sur le système Epstein.
00:15Emmanuel Macron va de nouveau s'exprimer ce jeudi, notamment sur les tensions grandissantes avec la Russie.
00:20Il y a quelques jours, au sortir de la réunion dans le fameux bunker de l'Elysée avec les chefs
00:25de parti,
00:26et puis il est nos responsables de renseignement, il affirmait que la guerre hybride avec la Russie a changé de
00:31nature,
00:31qu'elle s'est intensifiée, et d'ailleurs la tension dans notre pays est, si je puis dire, montée d
00:35'un cran à ce sujet,
00:37y compris la tension politique, comme vous venez de le voir sur ce plateau.
00:40Sommes-nous vraiment, Alain Bauer, encore dans cet entre-deux, dans lequel la France assume une posture d'équilibre,
00:47défensive, de défense, mais pas davantage ? Nous y sommes encore, vraiment ?
00:51– Ce n'est pas exactement ce qu'a dit le président de la République, puisqu'il a dit ce
00:55qui a été mené contre les Européens ou les Français
00:59ne restera pas impuni, voilà.
01:01Mais en matière de gestion des crises et de belligérance, il y a le seuil, il y a en dessous
01:08du seuil et au-dessus du seuil.
01:09Et en fait, rien n'a changé pour qui que ce soit.
01:11Les Russes vous expliquent qu'on est en dessous du seuil, nous ne sommes pas en guerre avec la France,
01:16ils ne sont pas en guerre avec l'Europe, ce qui n'empêche pas de mener toute une série d
01:20'opérations
01:20dont ils se rengorgent et sont fiers de le démontrer, soit la télévision numéro 1 de la Russie,
01:26soit parce que Dmitry Vedvedev, ancien président de la Russie, ancien Premier ministre de la Russie
01:31et président du principal parti politique russe, explique tout le temps.
01:36J'explique souvent à tous ceux qui ne croient pas à ce que les Européens disent de la Russie,
01:40d'écouter ce que les Russes disent.
01:42C'est beaucoup plus simple, car ils sont d'une brutale franchise.
01:46Nous passons notre temps à ne jamais croire ce que nos adversaires, nos ennemis, nos concurrents disent.
01:51En fait, les Russes sont extrêmement francs et directs, mais il y a une posture diplomatique qui est
01:56qu'on est toujours en dessous du seuil.
01:57Nous n'avons pas déclaré la guerre tant qu'on n'a pas déclaré la guerre.
02:00Nous ne sommes pas en guerre, même s'il y a des alliances entre ceux qui soutiennent un pays attaqué
02:07par la Russie,
02:08qui ne s'en cachent pas.
02:09Il suffit de lire ce que les 21 pages de Vladimir Vladimir Poutine en juillet précédant l'attaque,
02:14puisqu'il l'écrit.
02:16Moi, je crois, Vladimir Poutine, quand il passe son temps à écrire, à hurler, à raconter à Munich en 2007,
02:22après la conférence de Bucarest en 2008, où il est invité à l'Alliance Atlantique et il dit
02:27« Attention, Patouche à l'Ukraine, la Géorgie et Kaliningrad ».
02:31Bref, toujours la même chose.
02:32Et donc, j'écoute les Russes avec beaucoup d'attention.
02:35Je crois ce que disent les Russes.
02:36J'entends ce que disent les Russes.
02:38Et pour l'instant, on est en dessous du seuil.
02:40Est-ce qu'il y a une augmentation massive des opérations en dessous du seuil menées par les Russes ?
02:45C'est ce qui a été dit dans cette fameuse réunion à l'Elysée.
02:48Oui, et ils en sont fiers.
02:50Donc ça, c'est incontestable, à l'envoire, pour tous les responsables politiques qui remettent en cause et affirment qu
02:55'il y a une diversion.
02:56Vous, qui côtoyez nos services de renseignement, assez souvent.
02:59Oui.
03:00Oui ?
03:01Oui ?
03:01Ce n'est pas un secret.
03:02Non.
03:03Vous dites non.
03:04C'est le cas.
03:04En dessous de ce seuil, il y a une intensification.
03:06C'est un cas actuel, non seulement en France, mais y compris dans des pays qui n'ont pas de
03:09problématique électorale d'élection présidentielle en 2027.
03:12Le gouvernement des États-Unis vient d'annoncer la mise en cause d'agents de renseignement russes pour avoir tenté
03:17d'assassiner, sur le territoire des États-Unis d'Amérique,
03:20un dissident, renégat, traître russe.
03:25Donc, ils font des éliminations physiques.
03:27Et pour eux, ce sont des traîtres.
03:29Donc, ceux qui le font sont des héros.
03:32Et pour nous, ce sont des assassins.
03:34C'est-à-dire, chacun voit midi à sa porte.
03:36La question qui est posée, c'est est-ce qu'il y a plus d'attaques russes ?
03:40Est-ce qu'il y a plus de sabotages russes ?
03:42Est-ce qu'il y a plus d'opérations d'ingérence, de désinformation ?
03:46Est-ce qu'il y a plus d'une de vos collègues allemandes s'est infiltrée dans un réseau d
03:51'agents russes Kleenex ?
03:53Vous savez qu'on recrute sur Internet pour 3 francs 6 sous,
03:55pour commettre soit des opérations d'information, soit pour suivre des gens dans la rue,
04:01soit pour vérifier qu'ils habitent bien là où ils habitent,
04:03ou qu'ils rentrent à un endroit qui n'est pas à leur domicile officiel.
04:06Et ce n'est pas uniquement pour leur faire du bien.
04:09Elles racontent tout ça assez longuement,
04:11et personne ne la dément puisqu'il n'y a rien à démentir.
04:14Donc, tout ça est vrai.
04:15Il y en a plus, il y en a plus souvent.
04:17C'est plus grave, les sabotages sont d'une plus grosse intensité.
04:21Les tentatives d'élimination dépassent désormais les dissidents russes
04:25ou les anciens qui sont passés de l'autre côté du rideau de fer
04:31quand il y avait un rideau de fer,
04:32ou les anciens espions qui ont transité quand ils ont été démasqués.
04:36Puisque, par exemple, le président de Rheinmetall,
04:38la grosse entreprise allemande d'armement,
04:41qui fabrique beaucoup d'équipements,
04:43et notamment le niveau intermédiaire du dôme de fer israélien
04:47et le futur dôme de fer européen, peut-être un jour,
04:50a fait l'objet d'une tentative d'assassinat
04:53identifiée et clarifiée par les services d'enseignement allemands.
04:55Tout cela s'est intensifié, bien, à partir de là.
04:57Alors, appareil, que la réunion ait été choisie à ce moment précis
05:03est un élément de communication politique particulier.
05:06Ça aurait pu être la semaine prochaine,
05:07ça aurait pu être dans 15 jours, ça aurait pu être il y a un mois.
05:10Ça, c'est un choix dont on va dire qu'effectivement,
05:12le président de la République, il fait aussi de la politique.
05:15Mais ça n'enlève rien à la réalité de ce qui a été révélé.
05:18Il y a donc une distorsion entre le réel,
05:20et d'ailleurs le réel, une partie importante
05:22des dirigeants politiques français,
05:24qui disposent auprès d'eux, parce qu'ils ont été au pouvoir,
05:27parce qu'ils se sont organisés ou structurés,
05:30des conseillers militaires, des conseillers renseignements,
05:32des conseillers police, et de bon niveau en général,
05:36disposent de ces informations en bilatéral régulier.
05:38La mise en scène est exceptionnelle,
05:41mais l'information, elle est connue, archi connue,
05:44et le choix du moment, là, c'est de la politique.
05:47Et de ce point de vue-là, c'est la vie politique.
05:50On verra ce que dira le président jeudi,
05:52mais certainement que le ton qui sera employé
05:54lors de cette allocution télévisée
05:56sera emprunt de gravité et de solennité.
05:58Mais à l'avoir, voilà des années
06:00qu'on nous vend une Europe de la paix,
06:03qu'on nous dit qu'on va toucher
06:04les fameux dividendes de la paix.
06:07Et là, ce qu'on touche du doigt,
06:08c'est exactement l'inverse.
06:09Est-ce qu'on peut dire que là,
06:10c'est la plus grande promesse
06:12qui a été trahie ?
06:14Non, c'est une illusion.
06:15Une illusion.
06:16Nous sommes dopés à l'idée merveilleuse
06:19qu'il n'y aurait plus jamais de guerre
06:20et que l'effondrement du pacte de Varsovie
06:23allait amener à une paix universelle.
06:25Ça a duré dix ans.
06:26Et pendant dix ans, ça a très bien marché.
06:28Dix ans.
06:29Entre la chute du mur et l'affaire yougoslave.
06:31Ça a entamé nos stocks, nos effectifs
06:33et peut-être même notre esprit de résistance.
06:35Après 99.
06:37Entre 99 et 99,
06:38chacun a considéré que la situation était stable,
06:41qu'il fallait arrimer la Russie à l'Europe,
06:44qu'il fallait faire du marché,
06:45que le business allait régler le problème
06:47de la démocratisation de la Russie, etc.
06:50Mais nous avons loupé un épisode.
06:52Quand Mikhail Gorbachev accepte
06:54la réunification de l'Allemagne sans condition,
06:56alors même que Hansi Tristigenscher,
06:58ministre des Affaires étrangères allemand, libéral,
07:00à Tutsinger, dans un meeting public,
07:02explique qu'il est prêt à tout larguer
07:03pour la réunification.
07:04Tout.
07:05L'Alliance Atlantique et l'Union Européenne.
07:07Ce qui met une panique générale partout.
07:09En France, en Angleterre, aux États-Unis.
07:11Il y a un accord.
07:12Et Gorbachev dit, écoutez,
07:13nous, on est pour l'Europe.
07:14On veut faire...
07:15On veut entrer dans le marché commun.
07:17On veut entrer dans l'Union Européenne.
07:19On veut la paix, le développement, tout.
07:22Et il le croit.
07:23Mais il dit, il y a trois règles absolues.
07:25Et attention à vous,
07:27si vous ne comprenez pas ce que je vous dis.
07:29Kaliningrad, pas touche.
07:31La Géorgie, pas touche.
07:33L'Ukraine, pas touche.
07:34Et même Zbigniew Brzezinski,
07:36le conseiller qui a vraiment façonné
07:39la stratégie américaine,
07:40l'homme qui a pensé la déconnexion
07:42entre l'Ukraine et la Russie,
07:44parce qu'ensemble, c'est un empire
07:45et c'est insupportable,
07:46dit, attention, il faut déconnecter,
07:49mais il ne faut pas humilier la Russie.
07:50Si vous humiliez la Russie,
07:52vous la vendez à la Chine.
07:53Tout le monde a bien entendu
07:54la première partie de la phrase de Brzezinski,
07:56qui a totalement oublié la seconde.
07:57Et c'est ça qui nous a posé problème.
07:59À partir de 1999, l'ère de rien,
08:02l'Alliance atlantique s'étend à l'Est,
08:04alors que nous avions dit
08:05pas un centimètre à l'Est,
08:07et les Russes disent rien
08:08parce qu'ils s'en foutent un peu,
08:09puis commencent à y avoir des problèmes.
08:11En Géorgie d'abord,
08:12en Ukraine ensuite.
08:14Alors moi, je suis pour la libre
08:16autodétermination des peuples.
08:16Si les gens veulent être là ou ailleurs,
08:18c'est leur choix,
08:19et ils le font par un référendum démocratique, etc.
08:22Mais à un moment donné,
08:24l'idée de ne jamais écouter
08:25ce que disent les Russes,
08:26qu'ils ont crié, hurlé, chanté,
08:29diffusé, programmé.
08:30Moi, j'étais à la conférence de Munich
08:31où Vladimir Poutine baffe,
08:34parce qu'il n'y a pas d'autre mot,
08:35Angela Merkel qui est juste devant elle,
08:37sur le thème,
08:38maintenant, attention à vous,
08:40nous allons entrer dans un conflit majeur
08:42si vous n'arrêtez pas
08:43de jouer avec l'Ukraine et la Géorgie.
08:47– D'accord, donc la menace a été dite,
08:49a été formulée, formalisée.
08:51– Ah, répétée, annoncée, formulée
08:51par Lavrov, par Poutine, par Medvedev,
08:54de manière régulière,
08:55à tel point qu'en 2008,
08:56au conseil de l'Alliance Atlantique,
08:58à Bucarest,
08:59où est invité Vladimir Poutine,
09:01les Français, les Allemands et les Anglais
09:03convainquent les Américains
09:04de ne plus parler de l'Ukraine et de la Géorgie.
09:07Tout le monde sort de là très content,
09:10on n'en parle pas,
09:10et pourtant, dans le communiqué final,
09:12vous le retrouverez,
09:12et il est sur Internet,
09:13vous avez une phrase qui réapparaît,
09:15en ce qui concerne l'Ukraine et la Géorgie,
09:17on en reparlera plus tard.
09:19Vladimir Poutine est persuadé
09:20qu'on vient de se foutre de sa figure,
09:21et donc crée les conditions nouvelles
09:25d'une escalade
09:26qui commence dès la guerre de Yougoslavie,
09:29quand nous décidons de bombarder la Serbie,
09:31les hommes de l'ouest à Moscou,
09:32qui sont Evgeny Primakov,
09:33premier ministre russe né à Kiev,
09:35et Vladimir Poutine,
09:36jeune conseiller de sécurité nationale,
09:38tentent de trouver une solution
09:39où la Russie,
09:41défenseuse et protectrice des orthodoxes,
09:43soit partie prenante.
09:44Personne n'a regardé Yougoslavie,
09:45ce n'était pas un sujet,
09:46ils n'étaient pas dans le pacte de Varsovie,
09:48tout le monde s'en foutait.
09:49Le président Clinton décide
09:50que le moment est venu de gérer le problème,
09:52nous bombardons pendant près de trois mois
09:55la Serbie pour mettre fin
09:56au massacre inter-ethnique,
09:58Evgeny Primakov a un plan de paix,
10:00il est au-dessus de l'Atlantique,
10:01il reçoit un coup de fil de Washington,
10:03il dit, Evgeny, t'es gentil,
10:04mais on bombarde dès ce soir.
10:05Il fait demi-tour,
10:06il convoque le conseil de sécurité nationale,
10:08il ne mettra ni les pieds à Washington,
10:09ni à New York,
10:10et il dit, écoutez, tout est fini,
10:12tout est fini.
10:13Ça fait 50 ans que nous pensions être les méchants
10:15et qu'ils étaient les gentils,
10:17nous sommes les mêmes,
10:18ils veulent la fin.
10:19Nous sommes les mêmes,
10:19mais ça fait 30 ans.
10:20Ils veulent notre fin.
10:21Oui, 40 ans.
10:22Et nous entrons dans une confrontation
10:24avec l'Occident.
10:25Ça fait donc 25 ans
10:26qu'il se prépare à cette confrontation.
10:28Oui, et Poutine sait qu'en face de lui,
10:29il y a une vraie résistance ukrainienne,
10:31et on le voit.
10:32Oui, alors là, il ne le sait pas.
10:33Il l'apprendra à ses dépens.
10:34Il l'apprend.
10:34Parce qu'il dit des choses très justes,
10:36mais qu'il ne va pas jusqu'au bout.
10:38Il dit, les Ukrainiens sont comme nous.
10:40C'est vrai.
10:41Aussi résilients,
10:42aussi capables de résister à la douleur.
10:43Mais pas les Européens.
10:44Ah ben non, nous, on est le ventre mou.
10:45C'est ça qu'on va interroger à l'un bord.
10:47Parce que moi, ce que je veux savoir,
10:48l'Ukraine se vit comme une nation
10:49qui doit se protéger pour survivre.
10:52Mais qu'en est-il de l'Europe et de nous ?
10:53On va interroger cela.
10:54Mais tout d'abord,
10:55on va se rendre à Kiev,
10:56justement,
10:57avec Igor Saïry.
10:58Il y a eu, comme vous le savez,
11:00une pluie de drones sur Moscou.
11:01Il y a eu des attaques
11:02qui ont été ciblées,
11:04importantes, conséquentes.
11:05Et Igor, on imagine
11:07qu'à Kiev,
11:08on se prépare,
11:09on craint,
11:09en tout cas,
11:10on se prépare peut-être
11:11à une réplique.
11:15Vous savez, Sonia,
11:16ça fait bientôt 5 ans
11:17que cette guerre dure.
11:19Et les Ukrainiens
11:19sont malheureusement
11:20habitués
11:21à des réponses éventuelles.
11:23Ou en tout cas,
11:24à la guerre que mène Moscou
11:25sur l'ensemble du pays
11:27quotidiennement.
11:28Rien que la nuit dernière,
11:29vous savez,
11:30il y a 170 drones
11:31qui ont attaqué l'Ukraine
11:33dans plusieurs régions.
11:34Il y a au moins 6 morts,
11:3538 blessés.
11:36Et on ne pouvait pas dire
11:37que c'était une réponse
11:39comme promise
11:41par Moscou.
11:42Juste une nuit normale,
11:44si j'ose dire,
11:45en Ukraine.
11:45Alors oui,
11:46effectivement,
11:46le ministère de la Défense russe
11:48a donné hier
11:49quelques indications
11:50sur la réponse
11:51que la Russie va donner
11:53après,
11:53vous l'avez dit,
11:54cette pluie de drones
11:55dans la région de Moscou.
11:56Il s'agirait
11:57d'une réponse
11:58avec des armes
12:00de haute précision
12:01sur des ciblés militaires.
12:03Alors,
12:03qu'est-ce que ça veut dire ?
12:04C'est sûr qu'il va y avoir
12:05une réponse.
12:06Maintenant,
12:06la question,
12:06c'est quand
12:07et à quel niveau
12:08d'intensité ?
12:09Probablement qu'il y aura
12:10sans doute
12:11des drones à moteur
12:12à réaction.
12:13Ce sont des drones
12:13nouveaux modèles,
12:14les nouveaux Shahed.
12:15On peut les appeler
12:16comme ça.
12:17Il y a d'autres modèles
12:18aussi,
12:19plus puissants,
12:20plus rapides
12:20et qui font effectivement
12:22beaucoup plus de mal
12:23sur les infrastructures,
12:25qu'elles soient civiles
12:25ou qu'elles soient militaires.
12:27Il y aura probablement
12:28aussi des missiles,
12:29des missiles balistiques,
12:30des missiles de croisière.
12:31La question,
12:31c'est de savoir
12:32quand et où.
12:33Sans doute que Kiev,
12:34la capitale,
12:35sera visée
12:36comme quasi systématiquement
12:37maintenant depuis
12:38des semaines
12:39et des mois.
12:40Mais pour l'instant,
12:42à l'heure où l'on se parle,
12:43il n'y a aucune indication
12:44que la nuit s'annonce
12:45particulièrement intense
12:46au moment où je vous parle.
12:48Merci,
12:49Igor Saheri
12:50avec Chloé Berthaud
12:51en direct
12:51depuis Kiev.
12:52On va en parler,
12:54Alain Bohr.
12:54On va également vous interroger
12:55sur les conséquences
12:57finalement de ces dividendes
12:58de la paix
12:59de ces 40 années
12:59ou 30 années.
13:00Est-ce qu'on a un esprit
13:01de défaite
13:01ou un esprit de résistance ?
13:03Et là,
13:03je parle de l'Europe
13:04et de la France.
13:05Est-ce qu'on a imaginé
13:06une globalisation
13:07trop heureuse,
13:08sans ennemis ?
13:09On a imaginé
13:09la fin de la souveraineté,
13:11la fin de la frontière
13:12et on se retrouve
13:12un peu démuni.
13:14Une courte pause
13:14et on revient avec vous
13:15avec ces questions
13:16et les réponses de vérité.
13:18Merci d'être avec nous.
13:20On est avec notre invité
13:21Alain Bohr.
13:21Depuis le début de l'entretien,
13:24la menace russe,
13:25la prise de parole également
13:26d'Emmanuel Macron.
13:27Ce sera ce jeudi.
13:28Il insistera évidemment
13:29sur cette situation.
13:31On va continuer
13:31à en parler à Alain Bohr
13:32et évoquer également
13:33évidemment les conséquences.
13:36Tout cela intervient
13:36dans un contexte
13:37de fortes crises sociales
13:38et énergétiques
13:39dans notre pays.
13:40Je voudrais vous faire écouter
13:41quelques prises de parole.
13:43Tout simplement,
13:43c'est la colère,
13:44la désespérance des Français.
13:47Et est-ce qu'on a atteint
13:48le point de rupture ?
13:49Quand on écoute
13:50les mots qui sont employés,
13:51on se dit que malheureusement,
13:52on y est proche.
13:55Avant,
13:55je mettais 50 tours d'essence,
13:56ça me faisait le plein.
13:57Là, maintenant,
13:57ça me fait à peine la moitié.
13:59Donc, c'est compliqué.
14:01Faire comme tout le monde,
14:02chercher de l'essence,
14:02on va faire le tour.
14:04Gaspiller encore plus d'essence
14:05pour en trouver.
14:06On n'attend plus
14:07que le voyant s'allume.
14:08Là, je vais chercher
14:09la plus proche
14:10et puis on verra ce qu'il y a.
14:13Là, on fait un peu.
14:14Par contre,
14:14j'en mettrais peut-être
14:15un peu moins.
14:16Clairement,
14:17on se demande
14:18si c'est encore nécessaire
14:19d'aller travailler
14:20vu l'essence qu'on met
14:21pour y aller.
14:22La plupart des Français
14:23attendent évidemment
14:24des réponses concrètes,
14:25aussi de la considération,
14:27du respect,
14:27quand on parle
14:28des pêcheurs et d'autres.
14:29Parfois,
14:30ils trouvent des comptables
14:31en face.
14:31Parfois,
14:32est-ce que c'est la crise
14:32de la France qui travaille ?
14:34Comme l'a connue d'ailleurs
14:34à un certain moment
14:35les États-Unis.
14:38Je crois que la crise
14:39de la France qui travaille,
14:39c'est les gilets jaunes.
14:40Parce qu'ils faisaient,
14:42ils manifestaient
14:43quand ils ne travaillaient pas
14:44le week-end.
14:45Ce qui était la curiosité
14:46de ce mouvement
14:47venu de la réduction
14:50du kilométrage
14:51et de la problématique
14:52déjà du diesel
14:54ou du gazole
14:55par rapport
14:56à des objectifs
14:57venus du haut
14:58avec beaucoup d'arrogance
14:59et de mépris,
15:00beaucoup de contradictions
15:01dans la manière
15:02dont le politique
15:03exprimait
15:04les instructions
15:05données à la population
15:07en n'expliquant jamais
15:09les contradictions,
15:10les évolutions
15:11et les inversions
15:12de sujets.
15:13Quand vous rajoutez
15:13la crise de l'époque
15:15à la crise Covid
15:17qui allait de
15:18il ne faut pas mettre de masse,
15:19ça ne sert à rien
15:20à mettre des masques
15:20autrement vous allez tous mourir
15:21en à peu près 15 jours.
15:23Et le bêtisier de l'époque
15:25et c'est ça qui est l'élément
15:26qui structure aussi
15:27les réseaux sociaux,
15:28etc.
15:29qui n'ont pas besoin
15:29de deepfake
15:30ou de manipulation
15:31pour montrer
15:32les contradictions
15:33invraisemblables
15:34et l'arrogance
15:35avec laquelle
15:35on peut dire
15:36tout et son contraire
15:37sans s'excuser.
15:39Parce que se tromper
15:40et s'excuser
15:40ça arrive à tout le monde.
15:41Moi le premier
15:42et donc il faut assumer.
15:43Quand on se trompe
15:44on se trompe
15:44et on dit
15:45j'ai dit une bêtise
15:46ou j'ai changé d'avis
15:47ou les événements font que...
15:48L'État ne sait pas
15:49faire ça.
15:50Michel Rocard
15:51qui fut longtemps
15:52mon patron
15:53expliquait que l'État
15:54ne savait pas négocier
15:55il ne savait que confronter.
15:57Il attendait
15:57que la colère monte suffisamment
15:59pour se dire
15:59ah c'est sérieux
16:01et si ça commence à casser
16:02c'est donc que c'est
16:03très sérieux
16:04et à ce moment-là
16:05il faut faire quelque chose.
16:07C'est grave
16:08parce que si notre pays
16:09a la culture
16:09de la manifestation
16:10ça veut dire aussi
16:11qu'il a la culture
16:12de la violence
16:12dans nos manifestations
16:15c'est-à-dire
16:16sur la psychologie
16:16des foules
16:18il y a des textes fondateurs
16:20il y a une longue...
16:20Gustave Lebon
16:21j'ai fait la nouvelle préface
16:22en racontant d'ailleurs
16:23comment l'Italie
16:25avait tout changé
16:25avec le mouvement
16:26Nous voulons tout
16:27qui avait totalement échappé
16:29aux syndicats
16:29et aux partis de gauche italiens
16:30avec un mouvement social
16:32qui est parti des usines
16:32fiat
16:33et qui voulait tout casser
16:35parce que nous voulons tout
16:36nous voulons tout
16:37ce qui était un programme
16:38un programme en soi
16:39pour ça c'est terminé
16:40un peu difficilement
16:41Je vous pose une question naïve
16:42je ne peux pas croire
16:42que le gouvernement
16:43attend que les gens
16:44descendent dans la rue
16:45Non parce qu'il a appris
16:46c'est le bon côté des choses
16:48des gilets jaunes
16:50de...
16:50mais il a appris
16:51en cédant
16:52il a appris
16:53en n'ayant pas
16:55la capacité de négocier
16:57dès le début
16:59il est obligé
17:00de céder
17:00à la fin
17:01et donc la difficulté
17:02c'est qu'il n'y a jamais
17:04de contrepartie intelligente
17:06aux problématiques sociales
17:07en France
17:08Quand vous avez
17:09des organisations syndicales
17:10qui négocient
17:11avec le patronat
17:12et qui signent
17:13avec le patronat
17:14parce qu'elles considèrent
17:15qu'elles ont fait
17:15des progrès sociaux
17:16celles qui n'ont pas signé
17:17bénéficient
17:18de la signature
17:19de celles qui ont signé
17:20donc c'est une prime
17:21à la non-signature
17:22c'est curieux
17:23c'est un processus
17:24de négociation
17:25très complexe
17:26et qui ne favorise pas
17:28la manière
17:29dont on peut
17:29avancer ensemble
17:31avec des contreparties
17:32de l'équilibre
17:33Aujourd'hui
17:34vous avez
17:34une situation
17:35qui est simple
17:35les gens
17:36comparent
17:38ils comparent tout
17:39ils disent
17:39pourquoi est-ce que
17:40le prix de l'essence
17:41est plus élevé
17:41chez nous
17:42qu'ailleurs
17:42dans des pays
17:43qui n'en produisent
17:43pas plus que nous
17:44et où
17:45la problématique essentielle
17:47c'est l'ampleur
17:47du niveau de taxation
17:49vous savez
17:49on parle beaucoup
17:50du détroit
17:50de Babel-Mendèbe
17:51on parle beaucoup
17:52du détroit de Dormuz
17:52il y a un détroit
17:53qui pose beaucoup
17:54de problèmes
17:54c'est le détroit
17:55de Bercy
17:55qui lui est bloqué
17:56mais depuis très longtemps
17:57et donc il y a un sujet
17:59qui est l'incompréhension
18:01de la manière
18:02dont de l'essence
18:04qui vaut un 20
18:05un 30
18:06malgré la crise
18:07malgré la difficulté
18:09de distribution
18:10malgré le coût
18:10du raffinage
18:11malgré
18:12aucun des détroits
18:13n'est fermé
18:14dans la réalité
18:15sauf que le détroit
18:16de Bercy
18:16je l'ai bien retenu
18:17celui-là
18:18oui
18:18ça passe moins
18:19mais voilà
18:20et on se rend bien compte
18:22la différence avec
18:23les Gilles et la Jaune
18:23c'est que les Gilles et la Jaune
18:24il y avait des coupables
18:25désignés
18:26ils avaient assumé
18:27de prendre des décisions
18:28qui insupportaient aux gens
18:29mais quand ont-ils obtenu
18:32certaines de leurs doléances
18:33quand il y a eu
18:34malheureusement
18:34de violences
18:35et de la casse
18:35parce que l'état
18:37a dit
18:37ah c'est sérieux
18:38oui mais d'ailleurs
18:39sur les violences
18:40dans notre société
18:40plus largement
18:41Alain Bauer
18:41c'est votre grande thèse
18:42depuis toujours
18:43c'est le niveau
18:44d'homicidité
18:45c'est-à-dire
18:45si on prend
18:46toutes les attaques
18:47les homicides
18:48et les tentatives
18:49oui
18:49de personne à personne
18:50depuis 20 ans
18:51ne cesse de monter
18:52oui
18:52plus haut niveau
18:53des 50 dernières années
18:54en 2025
18:55et il se trouve
18:56malheureusement
18:57que l'année 2026
18:58ne s'oriente pas bien
18:59non plus
18:59je ne parle pas
19:00des agressions sexuelles
19:01parce que là
19:01vous avez un effet
19:02de révélation
19:03de ce qui était caché avant
19:04on parle des attaques
19:05de personne à personne
19:06de ce taux d'homicide
19:07et tentative d'homicide
19:08mais ça veut dire
19:08qu'on s'habitue
19:09à ce niveau de violence
19:10dans notre société
19:11non
19:11on ne s'habitue pas
19:12parce que
19:14l'imprégnation
19:14du trafic de stupéfiants
19:16le contrôle des territoires
19:17l'apparition
19:17pour la première fois
19:18dans notre histoire
19:19je dis bien
19:19pour la première fois
19:20d'une vraie mafia
19:21un cartel
19:22qui ressemble à une mafia
19:22qui s'appelle
19:23la DZMafia
19:23change absolument
19:25la donne
19:25parce qu'elle est prête
19:26à se confronter
19:27avec l'État
19:27un État faible
19:29par rapport
19:29à une organisation
19:30criminelle puissante
19:31ça amène
19:32à une confrontation
19:33et ceci n'est qu'un effet
19:34complémentaire
19:35d'une série
19:36invraisemblable de crises
19:37dont aucune
19:38ne s'est jamais terminée
19:39quand on est
19:40dans un continuum
19:41de crises
19:42gilets jaunes
19:43retraite
19:44crise des carburants
19:45coronavirus
19:46qui n'est jamais terminé
19:47covid long
19:48problématiques sociales
19:49intelligence artificielle
19:51robotisation
19:52transformation
19:52de la société
19:54guerre
19:55à nos portes
19:57et parfois
19:58sous le seuil
19:59mais à la maison
20:00tous ces éléments-là
20:01aucune des crises présentes
20:02ne s'est terminée
20:03d'habitude
20:03on termine une crise
20:04on a une petite semaine
20:05pour se remettre
20:06et on en commence une autre
20:07là c'est pas vrai
20:08vous pouvez faire un état
20:09de la crise permanente
20:10parce qu'aucune
20:11ne s'est trouvé
20:13achevé
20:14avec une sorte
20:15de satisfaction
20:16de compromis
20:17mais est-ce que
20:17vous n'y voyez pas
20:18un risque majeur
20:19c'est-à-dire
20:20que les braves gens
20:22venus
20:22ou qui vont peut-être
20:23manifester dans quelques jours
20:24quelques semaines
20:25ou peut-être pas
20:25mais qui peuvent manifester
20:26finissent par se dire
20:28regardez
20:28quand on fait des manifestations
20:29pacifiques pendant des semaines
20:31on n'est pas entendu
20:32et il suffit d'imposer
20:33un rapport de force
20:34avec l'état
20:34pour l'être
20:35c'est l'état
20:36qui a fixé les règles
20:37c'est lui qui a fixé les règles
20:38il doit en assumer les conséquences
20:40dommage
20:40parce que malheureusement
20:41c'est les services publics
20:42qui payent
20:45les transports
20:45les équipements publics
20:47les piscines
20:48les médiathèques
20:50etc
20:50c'est-à-dire la violence
20:51elle s'exprime
20:52en détruisant
20:53ce qui est à nous
20:54pas à l'état
20:55l'état il est informe
20:56c'est nous l'état
20:58la France d'un pays bizarre
20:59parce que c'est l'état
21:00qui a créé la nation
21:01partout ailleurs
21:02des nations ont créé des états
21:03nous on a créé un truc
21:04assez composite
21:06qui s'appelle une nation
21:07qui s'est structuré
21:08comme une nation
21:08avec un roman national
21:10formidable
21:10un récit national
21:12qui a du mal à coller
21:13au roman national
21:14tellement c'est bien raconté
21:16mais c'est pas tout à fait vrai
21:18et on est dans cette situation
21:19où on s'est un peu perdu
21:21regardez ces livres
21:21d'histoire exceptionnelle
21:22qui vient de sortir
21:23sur la France miraculeuse
21:24je crois que ça s'appelle
21:25il est remarquable
21:26cet ouvrage
21:27il est remarquable
21:28parce qu'il nous renforce
21:29dans l'idée
21:29d'une espèce de
21:31nation miracle
21:32que nous aurions oublié
21:33et qui pourrait nous faire du bien
21:34et en fait les gens
21:35ils demandent
21:35à ce qu'on leur fasse du bien
21:36qu'on les écoute
21:37et qu'on les comprenne
21:38or l'essentiel de l'état
21:40c'est on vous écoute pas
21:41et on sait à votre place
21:43mais ça veut dire
21:44que c'est une forme de feu vert
21:44à plus de violence
21:46malheureusement
21:47tant que l'état
21:47n'arrive pas à changer
21:48c'est à dire
21:49à prendre les problèmes
21:50au moment où il débute
21:51et à les accompagner
21:53pour qu'ils n'aboutissent pas
21:55à la violence
21:56moi je suis pour
21:56l'insurrection démocratique
21:58pour moi
21:58ça se passe dans les urnes
22:00ça se passe pas dans la rue
22:01donc en France
22:01on ne discute pas
22:02on n'a pas la culture
22:03de la discussion
22:03dans la paix et le calme
22:04non
22:05on n'est pas un pays
22:07protestant
22:08ni protestant
22:09ni anglo-saxon
22:09on cherche la paix
22:10à l'extérieur
22:10mais pas à l'intérieur
22:12on se projette beaucoup
22:13mais à l'extérieur
22:14on a fait beaucoup
22:15la guerre aussi
22:16on n'est pas particulièrement
22:18pacifique
22:19ou pacifiste
22:20non
22:20la France
22:21c'est un pays
22:21qui mériterait
22:22d'avoir un gouvernement
22:24qui n'attend pas la crise
22:25pour anticiper la crise
22:26or il se trouve
22:27que contrairement
22:28à ce que tout le monde raconte
22:29en matière de détection
22:30et on revient
22:31à notre question initiale
22:32sur les services
22:33de renseignement
22:33les services de renseignement
22:34ont une capacité
22:36de collecte exceptionnelle
22:37une capacité d'analyse
22:38où on est parti de loin
22:40mais qui est devenue
22:40très remarquable
22:42et le problème
22:43c'est le passage aux politiques
22:44en privé
22:45ils sont très lucides
22:46très lucides
22:47ils vous racontent des choses
22:49quand vous n'êtes pas
22:49sur le plateau
22:50quand on est dans le couloir
22:51je ne veux pas raconter
22:52des secrets d'État
22:52mais tout le monde le sait
22:53il suffit de dire
22:54les petites annonces
22:56des journaux
22:57et quand ils arrivent
22:58on ne sait pas
22:58sur le plateau
22:59il y a une transformation
23:00une sorte de choc
23:01bizarre
23:02où ils passent
23:03dans une sorte de lâcheté
23:04tellement ils ont peur
23:05de dire la vérité
23:06à des gens
23:07qui la connaissent
23:08vous avez lâché le mot
23:09tous les samedis
23:10tous les samedis
23:11tous les samedis
23:12je suis en conférence
23:13en dédicace
23:14en salon du livre
23:15avec des centaines de personnes
23:16vraiment des centaines
23:17je suis très impressionné
23:18par le nombre de gens
23:18qui vont dans les salons du livre
23:19à Nancy
23:20il y avait plus de gens
23:20qui essayaient d'entrer
23:21dans le salon
23:22que de gens qui étaient
23:23dans le salon
23:23ils faisaient 37 degrés
23:24à l'intérieur
23:25et une foule
23:26donc le livre
23:27attire encore
23:28les lecteurs
23:29ils viennent parler
23:31discuter
23:31ils sont aimables
23:32il y a des fachos
23:34des gauchos
23:34des rien du tout
23:35et tout ce petit monde
23:37veut parler
23:37discuter
23:39comprendre
23:39on est dans un état
23:41de dialogue
23:42extrêmement
23:44heureux
23:45et plutôt
23:46rassurant
23:47même
23:47et les très jeunes
23:48parce qu'il y a désormais
23:49des très jeunes
23:49alors qu'il y en avait
23:50beaucoup moins avant
23:51ils sont réengagés
23:52mais ils sont réengagés
23:53aussi par la violence
23:54parce que la violence
23:55c'est le moment
23:56où ils expriment
23:57leur peur
23:58de l'absence d'avenir
23:59parlons-en
24:00leur peur
24:01de l'absence d'avenir
24:02leur peur
24:02ou alors
24:03la réalité
24:03d'une absence
24:04de réponse
24:05fut-elle politique
24:06ou pénale
24:07je voudrais parler là
24:08des policiers
24:08on peut dire la vérité
24:09aux gens
24:09ça se passe relativement bien
24:11d'ailleurs
24:11ils ne vous en veulent pas
24:12de leur dire la vérité
24:13après vous pouvez avoir
24:14un dialogue
24:15la criminologie
24:16mon métier académique
24:18c'est un métier clinique
24:20on commence par un diagnostic
24:22et le diagnostic
24:23doit être partagé
24:23si je vous explique
24:24que vous avez une maladie
24:25il faut que vous soyez convaincu
24:26que vous avez une maladie
24:27ensuite il y a le pronostic
24:28le pronostic
24:28il peut être discuté
24:31est-ce qu'on va vous sauver
24:31est-ce que ça va faire mal
24:32est-ce que j'ai des thérapies
24:33est-ce qu'il faut passer
24:34à la chirurgie
24:34l'homéopathie
24:35la chimie
24:36le mélange
24:36la trithérapie
24:37ce que vous voulez
24:37et ensuite on a
24:38des options thérapeutiques
24:40et là en général
24:41elles peuvent être disputées
24:43et en général
24:43vous demandez un deuxième avis
24:44parce que vous n'êtes pas
24:45toujours satisfait du premier
24:47parce qu'il est trop optimiste
24:48ou trop pessimiste
24:48nous ne faisons pas
24:49ce métier là
24:50mais parlons du diagnostic
24:51par exemple
24:51sur cette situation
24:52cette semaine
24:53et je sais qu'elle vous a
24:55interpellé
24:55policiers agressés
24:56près de Tours
24:58mais aussi plus largement
24:59des manifestations tendues
25:01où le slogan
25:02je mets vraiment
25:03beaucoup beaucoup de guillemets
25:04la police tu
25:05a été entonné
25:06ce n'est pas nouveau
25:07la violence politique
25:08monte d'un cran
25:09dans notre société
25:10jusqu'à quand ?
25:12mais la violence politique
25:13c'est celle qu'on voit
25:13et celle qu'on voit pas
25:14les agressions
25:14d'élus locaux
25:15avant la violence politique
25:17était orientée
25:18vers la représentation
25:19de l'état central
25:21le nombre d'élus locaux
25:22agressés
25:23de proximité
25:24juste pour faire régner
25:25la paix publique
25:26le rodéo
25:28la décharge sauvage
25:29etc
25:30a augmenté
25:31de manière considérable
25:32c'est-à-dire que
25:33l'état de violence
25:35ce que j'appelle
25:35le climat de violence
25:36alors les gens
25:37qui vous parlent
25:37du sentiment d'insécurité
25:38c'est la plus belle arnaque
25:39que j'ai vue
25:40d'incapacité de traduire
25:41fear of crime
25:42en sentiment d'insécurité
25:43ça vaut zéro
25:44même en L1 d'anglais
25:46mais le climat de violence
25:48est une réalité physique
25:49tout est violent
25:50parce qu'aucun des mécanismes
25:53de dialogue
25:53et d'atténuation sociale
25:55qui existait avant
25:56et qui s'appelait
25:57le service public
25:57ne fonctionne plus normalement
25:59ni l'école
26:00ni l'hôpital
26:01ni la police
26:02ni la sécurité publique
26:03évidemment l'armée
26:04a été désaussée
26:05il y a une tentative
26:06désespérée
26:07de la remettre
26:07en fonctionnement
26:08et je rends grâce
26:09et au général de Villiers
26:10puni pour avoir dit
26:11la vérité
26:11et au général Burkhard
26:12pour avoir réenclenché
26:14le dispositif
26:15en évitant de se faire
26:16couper la tête
26:16mais ce n'était pas
26:18garanti d'avance
26:18on a un processus
26:20où tout le monde se dit
26:20mais la promesse
26:21de l'État central
26:22en France
26:23c'est la protection
26:24et c'est une promesse
26:25qu'il ne tient plus
26:26plus de protection
26:27des frontières
26:27plus de protection
26:28de la monnaie
26:29plus de protection
26:30des personnes
26:30et des biens
26:30il reste la protection
26:31des institutions
26:32plus ou moins
26:33plus ou moins
26:33je dis bien
26:34parce qu'on sent bien
26:35que le retour de l'État
26:37est l'élément principal
26:39de la demande publique
26:40parce qu'ils ont payé
26:41pour l'État
26:42mais quel paradoxe
26:43demande de plus
26:45d'État
26:45au sens de plus
26:46d'ordre
26:47de sécurité
26:48et de service public
26:49de service public
26:51et de verticalité
26:52et au même moment
26:53des policiers
26:54agressés
26:55violentés
26:55cette scène
26:56quand même
26:56avec des dizaines
26:57et des dizaines
26:58de personnes
26:58qui s'en prennent à eux
26:59on a l'impression
27:00que ce sont des individus
27:01qui s'en prennent
27:02aux policiers
27:03en se disant
27:03c'est un autre clan
27:04c'est une autre bande
27:06c'est notre territoire
27:07ici ce n'est pas le vôtre
27:08c'est la concurrence
27:09territoriale
27:10c'est une autre bande
27:11et c'est considéré
27:12comme un effet
27:12de compétition
27:14pour le contrôle du territoire
27:15mais ça ne date pas d'hier
27:16nos amis américains
27:17expliquaient ça
27:18à Chicago
27:19l'école de Chicago
27:20dans les années 30
27:23simplement
27:23il y a un moment
27:24où l'Etat réagit
27:25quelle réponse pénale
27:27parce que vous savez
27:28mieux que moi
27:29mais nos collègues
27:30police, justice
27:31ou tous les journalistes
27:33quand on suit
27:34un peu ces auditions
27:35qu'est-ce qui s'y passe
27:36quelle est la réalité
27:37Alain Bauer
27:38quand on suit les auditions
27:39de ceux qui ont été interpellés
27:40parce qu'ils ont
27:41violenté
27:42caillassé
27:42agressé
27:43attaqué des policiers
27:44elle est faible
27:44ou inexistante
27:45mais pardon
27:45mais qui fait la loi
27:46dans ce pays
27:47les parlementaires
27:48oui
27:48et à quel moment
27:50ils se rendent compte
27:50de ce qu'ils votent
27:51et à quel moment
27:52c'est moi
27:52je passe ma vie
27:53à être convoqué
27:54avec beaucoup
27:55de mes collègues experts
27:56beaucoup plus experts
27:56que moi
27:57sur beaucoup de sujets
27:57à des commissions
27:59parlementaires
28:00après
28:01donc après
28:02on me demande
28:03bonjour
28:03monsieur le professeur
28:04pourriez-vous nous expliquer
28:05pourquoi le texte
28:06que nous avons voté
28:09a tellement merdé
28:10pour dire les choses
28:10brutalement
28:11vous leur dites
28:12parce que
28:12c'était écrit au début
28:14vous nous auriez posé
28:15la question
28:15au moment où vous l'avez voté
28:16on vous a expliqué
28:17que ça ne pouvait pas marcher
28:18pour telle et telle raison
28:19qui sont
28:20mais non liées
28:21à votre couleur politique
28:22ou à votre orientation
28:24mais simplement
28:24parce que ça ne peut pas
28:25marcher
28:26vous vous rendez compte
28:26qu'il a fallu attendre 2025
28:29pour qu'il y ait une commission
28:30parlementaire du Sénat
28:31qui a découvert
28:33révélé
28:33que le narcotrafic
28:34existait en France
28:352025
28:37Claude Elie Wittgenstein
28:38explique ça
28:39depuis les années 70
28:40sur la partie prévention
28:41qui n'existe toujours pas
28:42le texte
28:43voté par le Sénat
28:44excellent
28:45porte sur le 2
28:47c'est-à-dire
28:48la dissuasion
28:49et le 3
28:49la répression
28:50n'est pas arrivé
28:51à se mettre d'accord
28:51sur la partie préventive
28:53c'est-à-dire
28:53quand on vous explique
28:54que la prévention
28:55des toxicomanies
28:56ne marche pas en France
28:57c'est pas vrai
28:57elle ne marcherait pas
28:59si elle existait
29:00comme elle n'existe pas
29:01elle ne marche pas
29:02ce sont des initiatives
29:03individuelles
29:03de très bonne qualité
29:04quand on continue
29:05à prendre les consommateurs
29:07de stupéfiants
29:07pour des criminels
29:09au lieu de les prendre
29:09pour des malades
29:10on n'a rien compris
29:12les criminels
29:12ce sont les dealers
29:14et les trafiquants
29:14donc il ne faut pas être surpris
29:15par l'ampleur
29:16de tous les phénomènes
29:17que nous sommes en train
29:17d'analyser
29:18tout comme il faudrait
29:19ne pas être surpris
29:20par ce qui se passe
29:21chez nos voisins allemands
29:22et là je vois la situation
29:24et vous m'avez compris
29:24avec la progression
29:26de l'AFD
29:27qui s'enracine véritablement
29:28dans les différentes régions
29:30en Allemagne
29:31seulement la RDA
29:31oui c'est vrai
29:33puissamment
29:34un petitement
29:35regardez à Berlin
29:37c'est vrai
29:37c'est vraiment ridicule
29:38mais ailleurs
29:39c'est puissamment présent
29:41parce qu'il y a
29:41une nostalgie
29:43une nostalgie
29:44de l'Allemagne de l'Est
29:45qui est la même nostalgie
29:47que tous ceux
29:48qui dépendaient totalement
29:49d'un état central
29:51qui diffusait
29:52mal
29:53mais tout
29:54à tout le monde
29:55il y avait une sorte
29:56d'addiction à cet état
29:57la brutale passage culturel
29:59de
30:00on fait comme si
30:00l'Allemagne de l'Est
30:01c'était l'Allemagne de l'Ouest
30:02et vous allez voir
30:03ça va le faire
30:03c'est comme le communisme
30:04de marché en Chine
30:05on va le faire du capitalisme
30:07on n'a pas besoin
30:08de faire la démocratie
30:09elle va venir toute seule
30:10ben non
30:11ça ne marche pas
30:12et cette idée bizarre
30:13des illusions
30:15de la paix
30:16des dividendes de la paix
30:17elle a marché
30:18aussi pour la Chine
30:19autant que pour la Russie
30:22tous les barrages républicains
30:23les fameux pare-feu
30:24n'ont pas résisté
30:25à cette implantation
30:26de l'AFD
30:27est-ce qu'après
30:27les incantations
30:28les imprécations
30:29les lamentations
30:30les responsables politiques
30:31j'aime beaucoup
30:32cette formule
30:32n'est-ce pas
30:33vont enfin se rendre compte
30:35que ceux qui ont voté
30:36pour l'AFD
30:37ne sont pas forcément
30:38tous des affreux
30:40jojo
30:40méchants
30:41la moitié sont des électeurs
30:42sociaux démocrates
30:42l'autre moitié
30:43sont des anciens électeurs
30:44communistes
30:45par ailleurs à la droite
30:46de l'AFD
30:47vous avez une AFD de gauche
30:48avec madame Wagner
30:49donc il faut bien se rendre compte
30:51que ça
30:51vous regardez la France
30:52moi j'explique souvent
30:53que c'est bien d'expliquer
30:55que les populistes sont méchants
30:56qu'ils sont affreux
30:57qu'ils sont horribles
30:57mais en fait les populistes
30:58parlent au peuple
30:59et les autres ne lui parlent pas
31:02c'est un moment
31:03où il faudrait
31:04qu'ils se posent une question
31:04sur aller parler au peuple
31:06aller leur parler
31:08il y a la plupart des gens
31:09qui
31:10regardez la différence
31:11qui existe
31:12entre vos invités
31:13de plateau
31:14ici
31:15et leur réalité
31:16dans leur circonscription
31:17quand ils sont obligés
31:18de se confronter
31:19à la réalité
31:20vous avez une petite adaptation
31:22du discours
31:23le drame
31:23c'est que le discours local
31:25ne remplace pas
31:26le discours national
31:27il y a une sorte de
31:28je ne sais pas
31:28il traverse la scène
31:29et il se transforme
31:31la réalité c'est que
31:32il faut
31:32je dis
31:33on m'a reproché l'autre jour
31:35d'avoir dit que
31:36Jean-Luc Mélenchon
31:37était le seul
31:37à parfaitement comprendre
31:38le mouvement social en France
31:39mais je l'aurais dit
31:40ce qui ne signifie pas
31:41que vous adouez un candidat
31:43ce n'est pas un problème électoral
31:44moi je n'aboudoue personne
31:46mon dernier candidat présidentiel
31:48s'appelait Michel Rocard
31:49il n'a pas pu aller jusqu'au bout
31:50ça me resitue dans le temps
31:52mais la réalité
31:54elle est comme ça
31:54qui comprend le mouvement social
31:56en France
31:57qui explique le mouvement social
31:58qui s'adapte
32:00ou entre en campagne
32:02avec le mouvement social
32:03mais ça c'est de la politique
32:04mais de l'analyse
32:06démographique
32:07sociologique
32:07moi j'attends
32:08de voir quelqu'un
32:10je parle parmi les candidats
32:12je ne parle pas parmi les experts
32:13les gens très bien
32:15de la fondation Jean Jaurès
32:16ou des organisations syndicales
32:18qui ont cette capacité
32:21à sentir
32:21parce qu'ils sont
32:22dans l'univers social
32:24alors qui comprend
32:24le mouvement social
32:25qui comprend réellement
32:27également la menace
32:29russe
32:29qui nous fait face
32:30on va en parler
32:30je vous le disais tout à l'heure
32:31Poutine lui
32:32il sait qui
32:32est en face de lui
32:33il sait qu'il y a
32:34une résistance ukrainienne
32:35il sait qu'il y a
32:36une nation ukrainienne
32:37c'est peut-être pour ça
32:38qu'il dénigre autant l'Europe
32:40le reste de l'Europe
32:41il sait qu'il n'y a pas
32:42non
32:43il comprend bien
32:44ce que sont les allemands
32:45il comprend bien
32:46ce que sont les italiens
32:47il comprend très bien
32:47ce que sont les français
32:49et d'ailleurs
32:50en fait il aime bien
32:51les français
32:51c'est très curieux
32:52dans l'esprit
32:54poutinien
32:55non
32:56il nous reproche
32:57de ne pas être
32:58gaulliste
32:59en fait il adorerait
33:00avoir le général de Gaulle
33:01pour passer un accord
33:03il voudrait une Europe
33:03des nations
33:04il voudrait
33:05il voudrait une Europe
33:06des nations
33:06avec la Russie
33:07ça lui convient très bien
33:08du point de vue économique
33:09il dit en fait
33:10chacun chez soi
33:12voilà
33:12il dit en fait
33:14pourquoi est-ce que
33:16je suis aussi agressif
33:18parce que je considère
33:19que la poussée
33:20de l'alliance atlantique
33:21à l'est
33:22était une menace existentielle
33:24nous ne le considérons pas
33:26parce que c'était pas le sujet
33:29quand Gorbatchev dit
33:30bon les baltes s'en vont
33:31mais ils nous aiment pas
33:31bon
33:32les polonais s'en vont
33:33mais ils nous aiment pas non plus
33:34mais il dit attention
33:35les ukrainiens
33:36les géorgiens
33:38et
33:38Kaliningrad
33:39pas touche
33:40c'est parce qu'il sait
33:41très bien
33:42que ça touche
33:43à un élément
33:45extraordinairement sensible
33:47de la vision
33:48que la Russie
33:49a d'être
33:49un état
33:50assiégé
33:51plus on se rapproche
33:53plus
33:54la question
33:55devient
33:55douloureuse
33:56et les russes
33:57nous l'ont raconté
33:58en long
33:58en large
33:58et en travers
33:59et les américains
34:00n'ont décidé
34:01de ne pas écouter
34:02ce qui n'était pas le cas
34:02ni des français
34:03ni des allemands
34:04qui avaient parfaitement compris
34:05qu'il fallait pas trop
34:07tirer la moustache
34:09de l'ours
34:09mais sur le fond
34:11nous avons profité
34:12d'un moment terrible
34:13qui est l'effondrement
34:14économique de la Russie
34:15il y a eu l'événement
34:16yougoslave
34:17et l'affaire serbe
34:18notre allié historique
34:19quand même
34:20que nous avons bombardé
34:21allègrement
34:22avec nos amis
34:23de l'OTAN
34:24l'OTAN
34:25pas juste
34:26les Etats-Unis
34:27donc on sent bien
34:28qu'à un moment
34:29ils ont créé
34:31une histoire parallèle
34:32qui est
34:33nous sommes agressés
34:34et nous nous défendons
34:35et nous avons
34:36le plus grand mal
34:37à sortir
34:38de ça
34:39Jacques Chirac
34:40de ce narratif-là
34:41de ce narratif-là
34:42Jacques Chirac
34:43avait réussi
34:44à un peu près
34:45à faire un truc
34:46Jean-Yves Le Drian
34:47avait pas trop mal
34:48réussi à rétablir
34:49un début de commencement
34:51vague de confiance
34:52avec
34:52la France
34:53c'est un pays
34:54qui vit sa vie
34:54un peu à part
34:55on n'est pas comme les autres
34:57à la dissuasion nucléaire
34:58de Gaulle
34:59et Pierre-Mendez-France
35:01je rappelle que
35:01si nous avons
35:02de la dissuasion nucléaire
35:02c'est grâce à Pierre-Mendez-France
35:03comme quoi
35:04les alliances
35:05entre les individus
35:06dans l'intérêt
35:07de la souveraineté nationale
35:08ne sont pas toujours
35:08celles qu'on croit
35:09mais nous avons perdu
35:11cette capacité
35:11de posture
35:13à part
35:15vis-à-vis
35:15de la Russie
35:16mais pourquoi
35:17dans l'un de vos précédents ouvrages
35:18Au commencement
35:19était la guerre
35:19vous écrivez
35:20Alain Bauer
35:21vous parlez de la paix
35:22d'ailleurs comme d'un mirage
35:23vous avez écrit
35:24noir sur blanc
35:25que nous allons avoir
35:25des parenthèses très courtes de paix
35:27entre des conflits
35:28qu'on a imaginé
35:29une globalisation heureuse
35:30sans ennemis
35:31qu'on a imaginé
35:32la fin de la souveraineté
35:33des frontières
35:33de la nation
35:34de l'identité
35:35en fait on s'est vu
35:36comme des consommateurs
35:37heureux
35:37sans autre objectif
35:39que de consommer
35:40sur une planète
35:41où il y a des leaders
35:42agressifs
35:42des ours
35:43dont il ne faut pas
35:43effectivement
35:44chatouiller la moustache
35:45parce qu'il faut comprendre
35:46que les autres
35:46ne réfléchissent pas
35:47comme nous
35:48quand vous discutez
35:49avec les russes
35:50la doctrine militaire russe
35:51depuis le tsar
35:53très bien
35:53je raconte dans le livre
35:54que vous venez de citer
35:55c'est l'escalade
35:56pour la désescalade
35:57en français courant
35:58tu tapes d'abord
35:58tu discutes ensuite
36:00nous notre théorie diplomatique
36:02c'est pas d'escalade
36:05donc t'as un trou
36:06dans la raquette
36:07qui est le moment
36:08où on essaye de comprendre
36:09qui va faire quoi
36:10quand vous demandez aux russes
36:11pourquoi ils ont envahi l'Ukraine
36:12alors que les américains
36:14expliquaient depuis trois semaines
36:15trois semaines
36:16que les russes
36:17allaient envahir l'Ukraine
36:18et les russes disent
36:19bah ils nous ont vus
36:20ils savent qu'on va le faire
36:21et ils ont attendu un moment
36:23qu'il y ait une journaliste américaine
36:25qui pose une question
36:25à Joe Biden
36:26effectivement
36:26et qui lui dit
36:27monsieur le président
36:28bon ça fait trois semaines
36:29que vous dites
36:30que les russes
36:30c'est comme le loup
36:32il va arriver
36:32il va arriver
36:33quelle est l'étape d'après
36:34dites-le tout de suite
36:35que faites-vous
36:35si les russes envahissent l'Ukraine
36:37envoyez-vous
36:38des troupes en Ukraine
36:39réponse de Joe Biden
36:40non
36:42compréhension de Moscou
36:43ah je peux donc y aller
36:44mais alors attendez
36:45cet épisode avait eu lieu
36:46je vous le rappelle
36:47avec Saddam Hussein
36:48sur le Koweït
36:49quand Saddam Hussein
36:50avait demandé
36:50à l'ambassadrice américaine
36:53vous savez
36:53on a une petite province là
36:55et puis il faut qu'on se refasse
36:56un peu de la guerre irakirant
36:57nous sommes vos alliés
36:58est-ce que vous verriez
36:59un inconvénient
37:00à ce qu'on y remette les pieds
37:01la pauvre ambassadrice américaine
37:03qui avait visiblement
37:03une vision du Koweït
37:04qui ne devait pas dépasser
37:05le Maryland
37:06ou le Vermont
37:07dit oui peut-être
37:08je ne sais pas
37:09qu'il ne savait pas bien
37:10et Saddam Hussein
37:11persuadé qu'il avait
37:12le feu vert
37:13de Washington
37:14pour envahir le Koweït
37:15récupérer les puits de pétrole
37:17et l'argent dont il avait besoin
37:18pour tenir son pays
37:19pourquoi sommes-nous
37:19parfois sourds et aveugles
37:21à vous lire encore
37:22vous dites
37:22enfin
37:23vous laissez entendre
37:25que la paix
37:25apparaît comme un poison
37:26la paix
37:27comme une sorte
37:28de désarmement psychologique
37:30moral
37:30en somme
37:31vous êtes pour la guerre
37:32ben non
37:33je suis civis passem
37:34par abellum
37:34moi j'ai bien appris
37:35de mes cours
37:36vous n'êtes pas un belliciste
37:37avec un couteau entre les dents
37:38pas du tout
37:39mais je suis un pacifique
37:39pas pacifiste
37:41vous pouvez nous expliquer
37:42la nuance ce soir
37:43je ne crois pas
37:43je ne crois pas
37:44que tous les gens
37:44sont bons et gentils
37:46et je considère
37:47qu'il est utile
37:47d'avoir une police
37:48dans les rues
37:49au cas où
37:50je considère
37:51qu'il est utile
37:52d'avoir une armée
37:52au cas où
37:53oui mais est-ce que vous croyez
37:53en la capacité
37:54de mobilisation
37:55de la France
37:56alors curieusement
37:57oui
37:57parce que je crois
37:58à l'esprit de résistance
38:01il y a un truc
38:02dans ce pays
38:02ce que raconte
38:03le livre
38:04sur le pays miraculeux
38:05il y a un truc
38:06il y a un truc très étrange
38:08quand vous avez
38:08une remobilisation
38:09des jeunes
38:10sur des sujets environnementaux
38:11sur des sujets
38:11mais elle existe
38:12elle existe
38:13Alain Bauer
38:13pardonnez-moi
38:14vous ne croyez quand même pas
38:15au discours sacrificiel
38:16qui vient nous dire
38:18que nos enfants vont mourir
38:19sous les bottes
38:20des autres soldats
38:21je ne crois pas
38:22au discours sacrificiel
38:23je crois au discours
38:24de le moment
38:25où ce pays
38:26sera vraiment en danger
38:27le moment où sa survie
38:28sera en danger
38:29il aura comme d'habitude
38:31un mouvement
38:32vous savez
38:328 jours avant Gendar
38:33vous ne savez pas
38:33qu'elle existait
38:348 jours avant Napoléon
38:35on ne savait même pas
38:35qui il était
38:36et 8 jours avant Charles de Gaulle
38:37c'est un petit capitaine
38:38qui avait écrit un livre
38:39super sur les chars d'assaut
38:40mais qui n'intéressait personne
38:41ce pays a des ressorts
38:43très étranges
38:44qu'il faut prendre en considération
38:45pour ce qu'ils sont
38:47je suis parfaitement rationaliste
38:49je n'ai pas du tout
38:50la culture
38:51du miracle
38:52permanent
38:52mais je sais
38:53ce que
38:54curieusement
38:55cette nation
38:56a comme ressort
38:57vis-à-vis
38:58de l'idée
38:58qu'elle se fait d'elle-même
38:59quand elle est en danger
39:00pour l'instant
39:01elle ne l'est pas
39:02suffisamment
39:03pour que ce ressort
39:04apparaisse
39:04le problème est plutôt
39:06entre nous
39:06mais dès lors
39:07qu'il viendra
39:09de l'extérieur
39:09je n'ai aucun doute
39:11mais aucun doute
39:12sur la capacité
39:13de mobilisation
39:14de à peu près
39:15toutes les catégories
39:16de population
39:16j'ai vu ça
39:17je vais vous dire quand
39:18après les attentats
39:19de 2015
39:19après les attentats
39:20de 2015
39:21je dirigeais
39:21la future école
39:23des analystes
39:23de renseignement
39:24on est passé
39:25d'une centaine
39:26de candidatures
39:26difficilement retrouvées
39:28par an
39:29à plus d'un millier
39:30dont pour la première fois
39:32près de la moitié
39:32de jeunes filles
39:34après les attentats
39:35parce qu'il y a eu
39:36les attentats
39:37parce que ceux-ci
39:37avaient
39:39que des jeunes
39:40les étudiants
39:41sont en général
39:42plutôt jeunes
39:43et donc je dis
39:44ceux-ci existent
39:45il ne faut pas le sous-estimer
39:46la capacité de résistance
39:47de ce pays
39:47elle est incroyable
39:48donc c'est pas ça
39:49qui m'inquiète
39:50ce qui m'inquiète
39:51c'est d'ici là
39:53d'abord pour éviter
39:54que ça arrive
39:55ce qui serait quand même
39:56pas mal
39:56moi je suis pour
39:58éviter que ça arrive
39:59tout est fait
39:59pour éviter cela
40:02je ne sais pas
40:03la question
40:04la question est fondamentale
40:05la réponse
40:05vous avez sur vos plateaux
40:07le plus bel étalage
40:08de l'offre politique
40:10nationale
40:11après les élections
40:12avant
40:13devoir de réserve
40:15vous nous direz
40:17qui vous a vraiment convaincu
40:19pas pour qui vous avez eu
40:19envie de voter
40:20mais à qui vous avez eu
40:21le coup de coeur
40:21c'est le moment
40:22de
40:24voilà
40:24vous nous direz
40:25vous qui est capable
40:26aujourd'hui
40:26vous nous le direz
40:27vous nous le direz
40:29dans quelques temps
40:29rendez-vous alors
40:30dans 8 mois
40:31qui est capable
40:32de résister
40:33aux humeurs de Trump
40:35et aux oucas de Poutine
40:36est-ce qu'il existe
40:37ou elle existe
40:37il existe ou elle existe
40:39j'ai même eu
40:40des heureuses surprises
40:43sur le terrain
40:44vous avez dit tout à l'heure
40:44Alain Bauer
40:45très concrètement
40:45les sabotages
40:46les tentatives d'élimination
40:47encore récemment
40:48sur d'anciens décidents
40:49russo-soviétiques
40:50si je peux dire
40:51montrent qu'il y a
40:52une augmentation
40:52dans l'intensité
40:53du test de Poutine
40:54sur toute la façade
40:55des pays soutenant l'Ukraine
40:57oui
40:57c'est cette zone-là
40:59de danger
41:00l'Italie est à peu près
41:01préservée
41:02la Tchéquie
41:03la Pologne
41:04les pays baltes
41:05alors pas tous d'ailleurs
41:06dans les pays baltes
41:07curieux
41:07mais c'est comme ça
41:09bon évidemment
41:10la France
41:12l'Allemagne
41:13la Grande-Bretagne
41:14mais c'était avant
41:15il ne s'est pas rien passé
41:16de particulier
41:16mais là
41:16la tentative d'assassinat
41:18aux Etats-Unis
41:18est tout à fait nouvelle
41:19puisque le FBI
41:21il vient de l'annoncer
41:22il y a quelques jours
41:23seulement
41:24voilà
41:25non
41:26on sent bien
41:27qu'il y a
41:29une intensification
41:31une intensification
41:31réelle quantitative
41:32et qualitative
41:33et vous dites
41:34qu'il faut écouter
41:35Poutine dans le sens
41:35il faut l'écouter
41:36pour savoir
41:36toujours
41:37alors écoutons-le
41:38parce que quand il dit
41:39qu'il ne compte pas du tout
41:40agresser l'Europe
41:41est-ce qu'il faut le croire
41:42dans ce cas-là
41:44l'un des principaux arguments
41:46des alliés européens
41:47de l'Ukraine
41:47concerne la prétendue
41:49menace russe
41:49je tiens à réaffirmer
41:51que la Russie
41:52n'a aucune intention
41:53agressive
41:53envers les pays européens
41:55nous sommes prêts
41:56à coopérer
41:56et à rétablir
41:57les relations
41:58avec nos voisins européens
42:01oui si on lui donne
42:02l'Ukraine
42:03tout ça se passera
42:03très bien
42:05c'est la question
42:06c'est la contrepartie
42:07mais attendez
42:08Alain Bois
42:08il y avait déjà eu
42:09cet accord sur la table
42:10mené par Donald Trump
42:11avec la finlandisation
42:14magnifique
42:14il n'a pas accepté
42:15nul ne sait pourquoi
42:16pourquoi d'ailleurs
42:17alors qu'il aurait pu dur
42:18à sa population
42:18regardez je vous l'ai dit
42:19depuis le début
42:20j'ai obtenu ce que je voulais
42:21non parce qu'il n'avait pas
42:22obtenu ce qu'il voulait
42:23il lui faut tout le Donbass
42:25et pas les trois quarts
42:27du Donbass
42:28il y a un truc chez lui
42:29sur cette question
42:30qui méritera d'être
42:31un jour expliqué
42:32quand il écra ses mémoires
42:34ou quand quelqu'un
42:34à l'écra
42:35mais non
42:36il a intégré
42:37tout ce qu'il occupe
42:40dans la république de Russie
42:41il a aussi intégré
42:42ce qu'il n'occupe pas
42:43et vous n'entrez
42:44qu'il n'a pas intégré
42:45toute l'Ukraine
42:45exactement
42:46il n'a intégré
42:47que les partis
42:48Donbass
42:49Azov
42:49et puis sous Zaporizhia
42:51il est prêt
42:52à rendre Zaporizhia
42:52pour un espèce
42:53de consortium mondial
42:55de gestion
42:55de cette immense
42:56centrale nucléaire
42:56qui produit
42:57beaucoup d'électricité
42:58ce qui pourrait être utile
42:58pour à peu près
42:59tout le monde
42:59par les temps qui courent
43:01mais sur le fond
43:02il lui faut ce bout de Donbass
43:03c'est une sorte d'obsession
43:05obsession aussi
43:06peut-être d'intervenir
43:06sur certaines échéances
43:08électorales
43:08bien sûr avec plaisir
43:10il l'a fait sur le Brexit
43:11il l'a fait aux élections
43:12américaines
43:12ça c'est le tout venant
43:14depuis la dépêche d'Ems
43:15et Louis XI
43:16organisant la révolte
43:17des provinces flamandes
43:18à part l'apparition d'Internet
43:20il n'y a pas vraiment
43:20de nouveauté
43:21c'est comme le concept
43:23de guerre hybride
43:23je vous remercie d'ailleurs
43:24d'avoir été très prudente
43:25sur cette utilisation
43:26d'un terme qui ne veut rien dire
43:28toutes les guerres
43:28sont hybrides par nature
43:29mais c'est vrai
43:30qu'aujourd'hui
43:30l'hybridation dépasse
43:33l'espace traditionnel
43:34à cause d'Internet
43:35et des réseaux sociaux
43:36mais c'est quand même
43:36toujours la même chose
43:38la guerre se fait
43:39sur tous les terrains
43:39tout le temps
43:40et avec tous les moyens
43:41pour nous
43:41nous simples béotiens
43:43si je puis dire
43:44c'est pas exactement
43:46là où je vous classerai
43:46naturellement
43:47je vous remercie
43:48mais malgré tout
43:50comment on pourrait
43:51sans donner d'idées
43:52mais je crois
43:53qu'il n'en a pas besoin
43:54matérialiser
43:54une telle intervention
43:55entre système électoral
43:56mis à part
43:58quelques vidéos
43:58à traiter
43:59sur des candidats
44:00c'est un effet
44:02c'est un effet
44:03quand vous faites
44:03une guerre électronique
44:04complète
44:05pour déstabiliser
44:06ou décrédibiliser
44:07un candidat
44:07pour faire des deepfakes
44:08c'est-à-dire
44:10créer des images
44:11qui n'existent pas
44:12et faire croire
44:12qu'elles existent
44:13vous avez
44:13un taux de crédulité
44:15relativement important
44:16lié à la fois
44:17à la déculturation
44:18dans un pays aussi politique
44:20que la France
44:20ah oui bien sûr
44:21parce que
44:22où prend-on l'information
44:23aujourd'hui ?
44:24encore un peu chez vous
44:25et essentiellement sur TikTok
44:27effectivement
44:28et TikTok
44:29c'est pas de l'information
44:30c'est des morceaux
44:31de découpage
44:32moi je me découvre
44:33régulièrement sur TikTok
44:35je suis plutôt
44:36je touche du bois
44:37bien traité
44:37mais c'est-à-dire
44:39quand personne n'invente
44:39quoi que ce soit
44:40que j'ai à dire
44:41vu que je suis assez libre
44:42dans l'expression
44:43de ce que je raconte
44:44mais sur le fond
44:45je suis très très surpris
44:47des modes de découpage
44:48de désinformation
44:48et puis je réponds
44:49à des gens
44:50qui sont persuadés
44:51que ce qu'il y a sur TikTok
44:52est vrai
44:52alors parfois
44:53c'est pas faux
44:53parfois c'est juste
44:54une petite manipulation
44:56et puis parfois
44:56c'est énorme
44:57et vous savez bien
44:58plus c'est gros
44:58plus ça passe
44:59c'est pas totalement faux
45:00Écoutons le ministre de l'Intérieur
45:02sur ces formes d'ingérence
45:03dont vous nous dites
45:04qu'elles sont régulières
45:05et importantes
45:06Écoutons-le
45:08On parle d'une menace
45:09qui est réelle
45:10qui est une menace
45:10qui est documentée
45:11qui est la menace
45:12de guerre hybride
45:13que livre la Russie
45:14Il n'y en a pas eu
45:15de constaté en France
45:17On n'a pas eu
45:17de sabotage majeur
45:19Maintenant
45:20des attaques cyber
45:21nous en avons
45:21et ce qui se passe
45:23en Europe
45:23nous interpelle également
45:24Il y a une cartographie
45:25des sites à protéger
45:26Il y a des mesures
45:27de protection
45:28qui sont prises
45:28par les opérateurs eux-mêmes
45:30Il y a des rondes
45:30et patrouilles
45:31par les forces
45:31de sécurité intérieure
45:33Il y a des contacts
45:33qui sont établis
45:34entre les services
45:35de renseignement
45:35et ces opérateurs
45:36Et puis on parle
45:37beaucoup Alain Bauer
45:38de l'attaque
45:39de drones à Leipzig
45:40C'est une tentative
45:41avortée de faire exploser
45:42rappelons-le
45:42un drone sur un avion
45:44dans un aéroport allemand
45:45enfin un avion
45:47à destination
45:48Cargo
45:48Un avion Cargo
45:49Effectivement
45:49Cargo à destination
45:50d'Ukraine
45:50Il y a aussi des attaques
45:52contre les réseaux ferrés
45:53Est-ce que tout ça
45:53c'est le processus
45:54d'un projet coordonné ?
45:55Oui, en général
45:57Tout est pensé
45:58Ah oui, oui
45:59Non, il ne faut pas
45:59les prendre pour des idiots
46:00Nos amis du GRU
46:03sont un des services
46:04de renseignement
46:04les plus organisés
46:05les plus structurés
46:06les plus déterminés
46:08du monde
46:09et quand ils veulent
46:10quand ils veulent
46:11ils veulent
46:11Alors parfois
46:12ils se font prendre
46:12parfois
46:14ils sont un peu visibles
46:16parce qu'eux-mêmes
46:17n'ont pas totalement intégré
46:18la dimension réseaux sociaux
46:20Je veux dire
46:20quand 350 personnes
46:22habitant dans le quartier
46:23de la Lubyanka
46:24à Moscou
46:24achètent des pizzas
46:25et les font livrer
46:26au même endroit
46:26chacun devient
46:27un agent identifié
46:29ayant payé
46:29avec sa carte de crédit
46:30devient visible
46:31et vous avez
46:31des structures
46:32extraordinaires
46:33civiles
46:33comme Bellingcat
46:34qui vous font
46:35des révélations régulières
46:36en utilisant
46:37l'open source
46:39vous voyez
46:39on découvre du coup
46:41mais du coup
46:41ça permet de découvrir
46:42l'ampleur des réseaux
46:43voilà
46:44vous avez par exemple
46:45en Savoie
46:46il y a quelques années
46:47eu une concentration
46:49d'agents
46:50de renseignement russe
46:51pour des raisons
46:51qui ne sont pas
46:52aujourd'hui
46:52totalement clarifiées
46:53mais qui sont identifiées
46:55et comme dirait
46:56le ministre de l'Intérieur
46:57très justement
46:58documentées
46:58donc on a
46:59ces éléments
47:00qui apparaissent
47:01alors ça
47:02c'est ceux qu'on connaît
47:02les services de renseignement
47:04fort heureusement
47:04ne partagent pas tout
47:06avec tout le monde
47:06tout le temps
47:07et d'ailleurs tant mieux
47:08mais le travail est fait
47:10c'est pour ça que je dis
47:10que la réalité
47:11ne se discute pas
47:12sur l'ampleur
47:14la diversité
47:15et l'intensité
47:16des menaces
47:17qui ont été faites
47:18et de savoir
47:18qui est en charge
47:20de ces menaces
47:20parce que de temps en temps
47:22ils se laissent
47:24identifier
47:24d'ailleurs parfois
47:25la signature
47:26est volontaire
47:28oui c'est dire d'ailleurs
47:29le degré de cynisme
47:30et de préparation
47:31vous dites
47:31ça ne se discute pas
47:33sauf qu'en campagne
47:35présidentielle
47:35il n'y a pas de sujet
47:36tabou
47:36et tout se discute
47:37y compris
47:37y compris
47:38de la part de certains
47:38candidats
47:39la fin
47:39ou en tous les cas
47:40l'atténuation
47:41de l'aide
47:41à l'Ukraine
47:42est-ce que vous dites
47:43sans que ce soit
47:44un propos politique
47:45que couper le robinet
47:46à l'Ukraine
47:47c'est aider
47:48M. Poutine
47:48directement ?
47:50c'est en tout cas
47:51affaiblir l'Ukraine
47:52je rappelle que l'Ukraine
47:52est le pays qui a été attaqué
47:53c'est pas le pays qui est attaquant
47:55qu'une partie de son territoire
47:56est occupée
47:57et que
47:59cette opération spéciale
48:00qui devient régulièrement guerre
48:01d'ailleurs parce qu'ils ont du mal
48:02à garder le narratif
48:04sur la dénomination
48:05est une réalité
48:06est une réalité physique
48:08alors après
48:09la question centrale
48:11était
48:11devions-nous aider l'Ukraine
48:13était-il nécessaire
48:14de venir au secours
48:15d'un pays
48:16qui était attaqué
48:18par une puissance mondiale
48:21et voilà
48:23ceci dit
48:23le robinet
48:24de ce que nous versons
48:25à l'Ukraine
48:25est infinitésimal
48:27nous n'avons pas grand chose
48:29à leur envoyer
48:29en armement
48:30nous n'avons pas grand chose
48:31à leur envoyer
48:32en financement
48:33c'est essentiellement
48:33l'Union Européenne
48:34et la globalité
48:36des moyens retenus
48:38plus
48:38l'utilisation
48:39des intérêts
48:41des sommes gelées
48:42par Clearstream
48:43et autres
48:44en Belgique
48:46qui d'ailleurs
48:46ne veut pas saisir
48:47les fonds
48:48parce qu'eux-mêmes
48:49ne veulent pas
48:49entrer en guerre
48:50avec l'Ukraine
48:50tout le monde
48:51est très prudent
48:51pour rester sous le seuil
48:53toujours sous le seuil
48:54si je vous posais
48:55la question différemment
48:56quel serait le
48:58le coût
49:00d'une
49:00d'un arrêt
49:02si je puis dire
49:03de ne plus agir
49:04pour l'Ukraine
49:04quel serait le coût
49:05à long terme
49:06le lâche soulagement
49:07de Munich
49:08ah
49:08à ce point
49:09oui
49:10ah oui
49:11vous convoquez
49:13l'esprit munico
49:14je fais ce que je peux
49:15avec les arguments
49:16historiques
49:17qui sont
49:17les miens
49:18l'histoire
49:18est très parlante
49:20donc
49:21nous avons choisi
49:22le sang
49:23les larmes
49:23des ukrainiens
49:24parce que nous
49:25on a sous-traité
49:26le sang et les larmes
49:27c'est pas Winston Churchill
49:29le blitz
49:29il est pas à Londres
49:30ni à Paris
49:31mais à Kiev
49:32comme on l'aura probablement
49:33moi je suis beaucoup
49:34moins optimiste
49:36hélas
49:36que votre correspondant local
49:38je pense que
49:39la réplique russe
49:41sera terrible
49:42essentiellement d'ailleurs
49:43avec des missiles
49:44dont vous noterez
49:45d'ailleurs
49:45qu'il n'y a plus
49:46aucun patriote
49:46pour les intercepter
49:47les ukrainiens
49:49ont réussi
49:49une formidable
49:49adaptation aux drones
49:50mais ils sont toujours
49:51en retard
49:52sur la question
49:53des missiles
49:53et des missiles
49:54dans quelques jours
49:54dans quelques semaines
49:55il faut que malheureusement
49:56la population
49:56de Kiev
49:57et d'autres villes
49:58je pense que dans quelques jours
49:59oui
49:59ça sera rapide
50:00un tapis de monde
50:02malheureusement
50:02oui
50:04donc voilà
50:05il faut faire un choix
50:07le choix était
50:07est-ce qu'on aide l'Ukraine
50:08est-ce qu'on aide pas l'Ukraine
50:10on a fait le choix
50:11d'aider l'Ukraine
50:12c'est des problèmes
50:13on ne peut pas s'arrêter
50:14au milieu
50:15dans ces affaires
50:16et d'autant plus
50:17que ce n'est pas
50:17ce qui contrairement à l'idée
50:20menace nos finances publiques
50:21c'est pas là que ça se passe
50:22c'est un choix diplomatique
50:23qui peut amener
50:24à des confrontations diplomatiques
50:25à des problèmes
50:26sous le seuil
50:27sous le seuil
50:27bien sûr
50:31quitte à choisir des héros
50:33le général de Gaulle
50:34est pas mal
50:34côté résistance
50:35oui
50:35mais que peut un président
50:37fin de règne
50:39justement
50:40c'est peut-être le moment
50:41de se révéler
50:42se révéler
50:43donc en chef de guerre
50:44ou en chef de paix
50:46ou en chef de résistance
50:47peut-être en parlera-t-il
50:49ce sera
50:49ma dernière question
50:50l'année dernière
50:51avec Donald Trump
50:52puisque le président français
50:53va le voir ce soir
50:54là maintenant d'ailleurs
50:56oui à peu près
50:56dans pas longtemps
50:59c'est lui qui a la clé
51:00c'est le président américain
51:01ah oui
51:02il a la clé de tout
51:03mais d'ailleurs lui-même
51:04continue
51:05vous voyez
51:06les Etats-Unis
51:07viennent de valider
51:08l'envoi
51:08de plusieurs centaines
51:09de millions de dollars
51:10d'armement
51:11à l'Ukraine
51:12dans un financement
51:13du gouvernement Biden
51:15mais qu'il n'a pas empêché
51:16et qui est passé au vote
51:18il vient de valider
51:19l'amendement Graham
51:21au Sénat
51:21qui lui donne
51:22des pouvoirs
51:23d'intervention
51:23ou de non-intervention
51:24en matière d'hydrocarbures
51:26le président Trump
51:27il joue pour lui
51:29mais on peut peut-être
51:31de temps en temps
51:31jouer ensemble
51:32et je note pour conclure
51:33qu'Alain Bauer
51:34a identifié un candidat
51:35ou une candidate
51:36capable demain
51:37de tenir au moins
51:38tête à Vladimir Poutine
51:40et à Donald Trump
51:41oui
51:41sur la scène politique
51:43donc dans l'offre politique
51:44et qui est celle-là
51:45ça existe
51:46bien
51:47on le saura plus tard
51:48voilà
51:48merci Alain Bauer
51:50merci d'avoir été
51:50notre invité
51:51merci d'avoir regardé cette vidéo !
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