00:00Tech & Co-Business, l'invité.
00:05Allez, notre premier invité, Olivier Nelan. Bonjour Olivier.
00:09Bonjour Frédéric.
00:10Directeur général France de SAP.
00:12Olivier, alors là on est dans la famille SAP, l'écosystème, tout le monde est là, les partenaires, les fournisseurs.
00:171200 présents ici, c'est la quatrième édition, la deuxième édition ici au Carousel du Louvre.
00:23Première question, alors évidemment l'IA est sur toutes les lèvres ici.
00:27Comment vous percevez en tant que dirigeant d'une entreprise comme SAP France, toute cette vague IA, alors qui emporte
00:34tout,
00:34mais on parle parfois un peu dans la démesure, on entend tous ces patrons de l'IA qui disent il
00:38faut ralentir, rien ne va plus.
00:40On a même Donald Trump qui s'en mêle. Voilà, c'est un peu fou tout ça.
00:44Donc effectivement, il ne se passe pas une journée sans qu'on a une actualité autour de l'IA.
00:48Donc il faut garder son calme et son sang-froid.
00:53Alors aujourd'hui, ce qui est important, c'est qu'effectivement, il y a beaucoup de thématiques qui sont abordées
00:57autour de l'IA.
00:58On voit que ça touche tous les comportements de notre vie.
01:01De notre côté, chez SAP et moi, en tant que dirigeant qui rencontre chaque jour des entreprises,
01:08on parle beaucoup de l'IA en entreprise, en fait, et surtout de cette capacité de l'IA à amener
01:13de la productivité, de la richesse dans les entreprises.
01:16Donc je pense qu'aujourd'hui, dans les entreprises, il y a un peu plus de mesures.
01:21Il y a aussi, je pense, du recul parce qu'on voit aussi qu'on en parle beaucoup.
01:27Mais maintenant, le grand enjeu, c'est de passer à l'échelle, c'est finalement déployer cette IA dans les
01:32meilleures conditions de sécurité.
01:36Et aussi, on parle aussi beaucoup de souveraineté aujourd'hui, donc de capacité à déployer une IA qui puisse être
01:42conforme à ce que l'on souhaite.
01:44D'ailleurs, ils sont tous là, les partenaires d'SAP dans le monde du cloud.
01:47Il y a à la fois les Français européens, les bleus, Orange Capgemini, les Sens aussi, Thales et Google qui
01:58sont alliés sur cette filiale.
01:59Et puis, on avait aussi Stéphane Israël, le patron de la souveraineté chez AWS.
02:05Un mot aussi sur, on a beaucoup parlé de Saspocalypse il y a quelques mois.
02:09Alors ça, c'est un peu calmé, mais quand même, on a l'impression que tout est bousculé.
02:13On avait une époque où on avait le Windows Intel chacun de son côté, le Google, Facebook, Amazon chacun de
02:19son côté.
02:20Vous, vos concurrents, tout le monde avait sa concurrence, mais voilà, on était tous dans des couloirs de nage assez
02:26établis.
02:27Et puis, l'IA est arrivé et on s'est dit, mais tiens, est-ce que je ne peux pas
02:30passer par un cloud, par un chat GPT au lieu de mon outil de RP traditionnel ?
02:35Effectivement, on a eu ce moment Saspocalypse en début d'année.
02:39Et comme vous le dites, qui a globalement rebattu les cartes.
02:45En fait, notre côté, à ce moment, Saspocalypse, il a eu globalement la vertu de nous faire réfléchir,
02:56de remettre à plat notre vision et surtout d'accélérer.
02:59Et puis, de remettre les forces d'SAP, ça nous a obligés finalement à démontrer quelles étaient nos forces.
03:07Et dans le domaine de l'IA, finalement, et c'est pour ça que vous dites que les choses se
03:10sont calmées,
03:11puisqu'on a réussi à démontrer les choses et que les analystes ont revu leur point de vue.
03:17Et d'ailleurs, les valeurs, les cours de bourse sont reparties à la hausse.
03:26Mais voilà, globalement, ce que ça a montré dans notre contexte particulièrement,
03:32c'est quand on est une entreprise comme SAP qui accompagne ses clients depuis 50 ans sur des processus extrêmement
03:37critiques,
03:38qui a une donnée très riche, qui a beaucoup de contexte de l'entreprise.
03:43Je rappelle aussi que parmi l'ADN de SAP, il y a une connaissance très fine des différentes industries.
03:49On a investi pendant 50 ans pour être derrière des processus clés.
03:53Donc, on a cette connaissance et on a aussi la richesse des données clients.
03:58Donc, globalement, aujourd'hui, quand on veut passer à l'échelle dans l'IA, c'est ça qui est clé.
04:03Et finalement, en ce moment, Saspocalypse, il a permis de remettre ces éléments un peu en évidence.
04:08Alors, pour rester un peu sur les risques, on va revenir sur cette étude que vous avez faite avec Oxford
04:14Economics
04:14sur la valeur de l'IA auprès de 2600 dirigeants.
04:18Mais justement, dans cette étude, il y a un moment, on dit 78% des entreprises françaises prévoient de former,
04:23requalifier leurs collaborateurs pour l'IA.
04:25Parce que si les agents font plus de tâches, il y a une crainte pour l'emploi.
04:29Est-ce que ça, vous le ressentez aujourd'hui ?
04:31Oui, alors, ce serait effectivement absurde de dire que ça n'a pas d'impact sur l'emploi.
04:37Et nous, on est les premiers, finalement, observateurs de ça, puisque dans les premières populations
04:43qui ont vu quasiment du jour au lendemain leur métier évoluer, on a les développeurs.
04:47Donc, dans des entreprises comme les nôtres, la population de développement, c'est une population extrêmement importante.
04:52Ce qui s'est passé, c'est que du jour au lendemain, en fait, on a demandé à ces développeurs
04:55de non plus développer eux-mêmes, mais finalement, de superviser des IA qui développent du code.
05:01Donc, on le voit, c'est un changement majeur, un changement de métier,
05:06où on passe finalement d'une capacité à faire à une capacité à orchestrer, à superviser.
05:11Et ça, c'est finalement, ça s'est démarré avec les développeurs.
05:15Et il y aura beaucoup de fonctions dans les entreprises qui vont être disruptées de la sorte, en fait.
05:22Donc, ça veut dire qu'en effet, les entreprises peinent conscience qu'elles vont devoir accompagner
05:25leurs équipes, accompagner les collaborateurs, qu'on va devoir travailler des nouvelles compétences,
05:30qu'on va devoir redéfinir les métiers aussi.
05:34Ce qu'on a vu aussi, c'est que finalement, on n'a pas licencié massivement des développeurs aujourd'hui.
05:40Parce qu'on est dans une industrie que vous connaissez bien, qui est une industrie d'innovation.
05:46Et aujourd'hui, on a plutôt un accélère, en fait, pour livrer des choses.
05:50Donc, on a besoin finalement de plus de capacités.
05:52Donc, c'est un moyen aussi d'être beaucoup plus productif, mais de produire plus et pas forcément de se
05:58débarrasser
05:59aujourd'hui de ce type de compétences.
06:00Et d'ailleurs, on l'a vu dans le cadre de...
06:02Je rappelle, on est sur un événement SAP.
06:04Il y a eu des démonstrations.
06:05On a vu une démonstration assez impressionnante d'un responsable d'achat qui code son agent, en fait,
06:11alors qu'il n'a a a priori aucune compétence informatique.
06:15Et là, très concrètement, on a vu comment ça se passait sur le terrain.
06:18Enfin, je reviens sur cette étude.
06:20Donc, là, on a parlé de l'emploi.
06:21Mais les premiers enseignements, vous constatez là chez vos clients.
06:24Donc, je rappelle, 2600 dirigeants en France interrogés.
06:27Oui, alors on a...
06:28Effectivement, c'est une étude qu'on a fait au niveau mondial et avec des échanges de clients dirigeants dans
06:34les différents pays.
06:35Donc, en France, on a interrogé plusieurs centaines de dirigeants.
06:38Ce qui est intéressant, c'est de voir que l'IA en entreprise s'accélère.
06:44On est aujourd'hui, ce que nous disent les dirigeants, à peu près sur une trentaine de pourcents des tâches
06:50qui sont déjà augmentées, soutenues par l'intelligence artificielle
06:55et avec une prévision qui est de passer quasiment à 50 % dans les deux prochaines années.
07:00Après, derrière, il y a une réalité qui peut être différente, puisque sur l'intégration de cette IA.
07:06Ça veut dire qu'aujourd'hui, l'IA qu'on déploie depuis plusieurs années, c'est une IA qui accompagne.
07:13C'est l'IA génératif qui va nous permettre...
07:16Quatre ans déjà.
07:17Quatre ans déjà.
07:17Novembre 2022, voilà, novembre 2026.
07:20Et donc, elle accompagne dans différents métiers, dans nos métiers, sur l'écriture, sur la capacité à produire des images,
07:29etc.
07:30Par contre, ce que l'on voit aussi, c'est qu'on n'est pas encore passé à l'échelle
07:35sur l'IA agentique.
07:38Mais ce que nous disent les dirigeants, c'est qu'il y a un élément qui est important,
07:41c'est que les investissements prévus autour de l'IA dans les deux prochaines années vont augmenter de 50 %.
07:47D'accord.
07:47Et si on parle d'augmentation des investissements, ça veut dire aussi que les entreprises souhaitent avoir des retours sur
07:53investissement associés au déploiement de cette technologie.
07:56Qu'est-ce qui a changé ? On a beaucoup parlé d'IA générative.
07:59Donc, aujourd'hui, on passe sur les agents.
08:01On va parler des agents autonomes aussi.
08:03On va revenir sur, justement, la vision de SAP.
08:06Qu'est-ce qui change exactement quand on passe de cette IA générative à cette IA agentique ?
08:11L'IA générative, elle produit globalement du contenu.
08:17C'est comme ça qu'on l'a vu dans un premier temps.
08:19L'IA agentique, finalement, elle va nous permettre de développer des agents qui vont permettre d'orchestrer et d'exécuter
08:27des tâches dans l'entreprise.
08:29Et en effet, de manière autonome, on va pouvoir décider que sur tel processus, par exemple, la consolidation financière en
08:39entreprise,
08:39on va avoir des agents qui vont faire ce travail qui, aujourd'hui, est très manuel à la place des
08:46humains.
08:47Ce qu'on a mis à dire chez SAP dans notre stratégie Autonomous Enterprise, c'est que toujours sous supervision
08:52humaine.
08:53Mais la différence fondamentale, c'est qu'en effet, on passe à des agents qui vont faire le travail à
09:00la place des humains dans l'entreprise.
09:01Et c'est ça, c'est le terme qu'on emploie chez SAP depuis quelques mois.
09:05C'est l'autonomous entreprise.
09:07Ça veut dire quoi ? C'est une entreprise qui fonctionne toute seule.
09:09Le trait est un peu gros, mais expliquez-nous un peu ce qu'il y a comme stratégie derrière tout
09:14ça.
09:14En fait, l'autonomous entreprise, c'est aussi quelque chose qui illustre un peu l'évolution de notre métier.
09:22On l'évoquait tout à l'heure, on est présent depuis 50 ans.
09:25Et depuis 50 ans, on fournit des logiciels pour les entreprises qui permettent globalement d'enregistrer toutes les transactions qui
09:33sont faites dans toutes les fonctions de l'entreprise.
09:36Et aujourd'hui, on passe finalement d'un système d'enregistrement vers un système d'action.
09:41Donc, c'est ce que je vous expliquais. On va avoir des agents intelligents qui vont permettre d'orchestrer et
09:48de faire des tâches de bout en bout et toujours sous supervision humaine.
09:52Donc, on fasse sur une phase finalement où on va être capable d'exécuter pour les entreprises grâce au numérique.
09:58En fait, ça va pousser davantage. Ça ne va pas être sans humain, on l'a compris, mais ça va
10:02pousser les gens vers davantage, à réfléchir davantage sur le jugement, la décision et tout ça.
10:07Finalement, dans l'autonomous enterprise, ce que l'on voit, c'est qu'aujourd'hui, malgré la numérisation des entreprises
10:14depuis des dizaines d'années, on a encore beaucoup de tâches manuelles et répétitives sur la fonction finance particulièrement.
10:23Vous avez encore beaucoup de gens qui travaillent sur des fichiers Excel, qui recréent des informations, qui ressaisissent des données,
10:33etc.
10:34Et tout ça, c'est au détriment de la phase d'analyse, de conseil stratégique, perd en productivité, etc.
10:39Exactement. Donc là, l'idée avec l'entreprise autonome, c'est finalement de déléguer le maximum de ses tâches, de
10:44les automatiser et de pouvoir passer plus de temps sur la stratégie et aussi sur le conseil à nos clients.
10:51Et les entreprises françaises que vous avez interrogées, elles gagnent de l'argent avec l'IA aujourd'hui ?
10:55Oui, on gagne de l'argent. Mais ce qui est intéressant aussi, et c'est ce que montre l'étude,
11:02c'est qu'on est quand même resté.
11:03Il faut le dire jusqu'à présent, majoritairement dans des phases d'expérimentation. Moi, dans les rencontres que j'ai
11:11aujourd'hui, par contre, il y a une vraie volonté de passer à l'échelle.
11:15Mais ce passage à l'échelle, il exigeait, on va dire, un certain nombre de choses, qui est premièrement d
11:20'avoir une IA qui soit fiable et qui soit gouvernable.
11:23C'est la promesse de l'Autonomous Enterprise pour SAP. C'est de dire, vous allez pouvoir vous appuyer sur
11:29des données qui sont des données, vos données riches d'entreprise, fiables et surtout contextualisées.
11:37Et puis aussi, adapter à votre historique, à vos règles métiers, à votre manière de fonctionner.
11:43Parce que pour vous, c'est ça qui empêche un peu ce passage à l'échelle. C'est la donnée
11:47qui n'est pas fiable, qui n'est pas fiable, qui n'est pas consolidée.
11:51Il y a un élément qui est important. On a fait chez SAP des tests en passant des promptes qu
11:57'on a mis sur le modèle cloud, qui est un bon modèle.
12:01Et sur le modèle cloud associé à notre technologie joule. En fait, dans 60% des cas sur ce qu
12:10'on a testé, les réponses étaient fausses pour cloud.
12:15100% de réponses exactes dans le contexte de cloud plus joule.
12:20Joule qui est globalement le portail conversationnel et puis surtout ce qui va accéder à vos données d'entreprise, à
12:30vos données critiques.
12:32Donc ça, c'est important. Et puis un autre élément, on parle beaucoup aujourd'hui de la consommation des tokens.
12:38Personne ne connaissait ce mot il y a quelque temps, mais maintenant, tout le monde sait que beaucoup d'entreprises
12:42consomment peut-être trop de tokens.
12:43Ça peut coûter cher.
12:44Ça peut coûter très cher. Donc ça veut dire qu'il faut que ce soit gouverné.
12:47Ça veut dire que l'entreprise, elle doit comprendre ce que fait cette IA, combien elle coûte et pouvoir identifier
12:54les problèmes potentiels.
12:57Dernière question, Olivier. La France, où est-ce qu'elle se situe dans l'ensemble de cette stratégie SAP?
13:02On n'est pas en retard quand vous voyez les entreprises françaises?
13:06Alors, évidemment, selon les secteurs, la taille d'entreprise, mais voilà, si on a une photographie moyenne.
13:12Non, ce que je constate, c'est qu'on n'est pas en retard.
13:15Quand je discute avec mes différents collègues et particulièrement sur la zone Europe Moyen-Orient, bien évidemment, certains pays vont
13:25plus vite que nous.
13:25On a toujours cette petite tradition française pour aller un peu plus lentement que les autres.
13:30Mais aujourd'hui, on a aujourd'hui, nous, on travaille très concrètement avec des industriels de l'industrie pharmaceutique dans
13:38le domaine du retail sur sur des scénarios IA.
13:42Les entreprises françaises ne sont pas en retard. Par contre, en effet, on a un moment où il faut il
13:46faut y aller.
13:47Il faut accélérer. Il ne faut pas perdre de temps parce que les autres aussi avancent.
13:51Donc, il ne faut pas qu'on prenne de retard.
13:55Merci, Olivier Nong. Je rappelle vous être directeur général France de SAP.
13:58Merci de nous accueillir ici au SAP.
14:00et puis voilà, on va poursuivre toute cette émission avec beaucoup de témoignages clients.
14:05Merci d'être venu ici sur ce plateau de BFM Inès.
Commentaires