00:007h24, c'est votre rubrique, et si c'était vous le président ?
00:04Voilà une idée qui pourrait bien être reprise par d'autres municipalités
00:08lorsqu'il s'agit de lutter contre le fléau des dépôts sauvages.
00:13Nous sommes avec Benoît Frimont-Richard, qui est maire d'Aiglie dans l'Essonne.
00:17Bonjour M. Frimont-Richard.
00:20Bonjour M. Cardoz.
00:21Vous avez mis en place une idée très intéressante que vous allez nous expliquer.
00:26Vous avez fait de la pédagogie, mais aussi installé un certain nombre de dispositifs,
00:32et ça a eu des effets. Alors racontez-nous.
00:35Oui, bonjour. En effet, on a une large problématique des dépôts sauvages,
00:39comme tout le territoire français.
00:40C'est une incivilité qui touche les métropoles, les banlieues, les zones périurbaines ou la ruralité.
00:46Donc l'idée, nous, c'était de pouvoir agir sur cette question-là.
00:49Dès le début du mandat, on a axé notre stratégie sur trois axes.
00:52La première, c'était un axe de pédagogie avec l'installation de panneaux
00:55qui explique que les dépôts sauvages, c'est un délit.
00:59On fait aussi, par exemple, des vidéos sur les réseaux sociaux
01:01pour sensibiliser sur cette problématique.
01:03Moi, ma commune fait 7000 habitants, et mes vidéos ont fait 9000 vues
01:07pour vous montrer un petit peu l'impact que ça a.
01:09Et par ailleurs, nous faisons des articles sur nos bulletins municipaux
01:12pour pouvoir montrer le coût que ça représente pour la collectivité,
01:15avec des quiz, la photo du dépôt sauvage, d'après vous, combien ça coûte.
01:19Donc ça, c'est pour sensibiliser.
01:22Ensuite, nous avons la partie nettoyage, qui, elle, c'est un petit peu la théorie du premier carreau cassé,
01:26c'est-à-dire l'objectif, c'est de faire place nette,
01:29d'essayer de faire en sorte qu'il y ait le moins de dépôts sauvages.
01:31Pourquoi ? Parce que le dépôt appelle au dépôt.
01:33C'est toujours la problématique.
01:35Donc nous avons augmenté les moyens du service technique,
01:37et nous avons fait en sorte qu'il y ait deux ramassages par semaine.
01:40C'est un choix politique assez fort, parce que ça peut se faire au détriment d'autres tâches
01:44en lien avec le service technique.
01:45Mais on a fait le choix de mettre les moyens sur ces problématiques-là,
01:50pour faire en sorte que nos quartiers soient plus propres.
01:52Mais Benoît François-Richard, maire d'Eglis, vous avez, c'est là où vous avez innové,
01:57vous envoyez des lettres lorsque les auteurs commettent cette infraction.
02:02Exactement.
02:03Enfin, en fait, il y en a un choix, c'est la répression.
02:05C'est d'essayer de créer une forme de peur du gendarme.
02:07Et la problématique, c'est que la gendarmerie nationale, comme la police,
02:12aujourd'hui ont d'autres priorités, que ce soit sur les atteintes aux personnes,
02:16que ce soit sur le trafic de drogue, et c'est normal.
02:19Mais du coup, on a quelque peu impuissants.
02:21Donc nous utilisons le pouvoir de police administrative du maire pour pouvoir agir.
02:25En fait, ce qui se passe, c'est que nous utilisons une plateforme gouvernementale
02:28qui s'appelle Protect Envie, qui nous permet de générer une lettre type
02:32que nous envoyons aux habitants.
02:33Et les habitants ont 10 jours pour justifier de la présence de leur dépôt sauvage.
02:38Ce qui se passe, c'est que quand nous constatons un dépôt sauvage,
02:40mon service technique va aller chercher des éléments d'identification
02:44via les caméras de protection, comme, ça, ça sera pour moi,
02:48comme pour eux chercher, je vous donne un exemple très concret,
02:52on avait eu par exemple des affaires d'école qui avaient été laissées dans un dépôt sauvage.
02:55On avait le nom et le prénom des parents dans un des cahiers de correspondance.
02:59On a pu retrouver comme ça une personne qui avait laissé une quantité très importante
03:02de fourniture scolaire des années passées sur la voie publique.
03:05Et ça marche ? Les résultats sont là ?
03:07Oui, on a commencé à constater une baisse des dépôts sauvages,
03:11c'est-à-dire que, très concrètement, quand les gens reçoivent la lettre,
03:15ils ont 10 jours pour venir se justifier.
03:16Donc, pour le moment, on est toujours dans cette phase de pédagogie,
03:18on a mis en place.
03:19Alors, à l'ici des 10 jours, pour le moment, nous ne faisons rien
03:22parce que nous venons de mettre en place le dispositif depuis le début de l'été,
03:27mais à terme, c'est-à-dire d'ici la fin de l'année,
03:29on ira jusqu'à une amende.
03:30L'idée, ce n'est pas d'atteindre le 15 000 euros d'amende
03:33que nous propose le gouvernement.
03:34L'idée, c'est de faire une amende qui soit suffisamment dissuasive
03:37pour se dire, le jeu n'en vaut pas en chandelle,
03:39d'autant que, dans notre commune, nous avons une déchetterie
03:42à moins de 3 km, et nous avons la gratuité des encombrants.
03:46Donc, vraiment, il y a juste à faire preuve d'un minimum de bon sens
03:49pour ne pas avoir cette amende.
03:51Merci infiniment, Benoît Frimont-Richard, maire d'Aigli,
03:54pour cette idée, cette initiative, cette lettre envoyée
03:58à ceux qui commettent des infractions
04:00et qui commencent à produire des effets.