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Mythomètre : "Les entreprises du CAC 40 ne sont pas mises assez à contribution pour soutenir les finances publiques"

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00:0116h48, chaque jour un expert de marché vient combattre le consensus et les idées reçues.
00:04Aujourd'hui François Meunier, directeur de la rédaction d'Investir, nous rejoint.
00:08Bonjour François.
00:09Bonjour à tous.
00:09Ravi de vous retrouver.
00:10On va parler des sujets qui fâchent et de la France, les budgets français qui sera présenté, détaillé après-demain,
00:16les taux français 4,76 le 10 ans français.
00:18Du coup en plein budget 2027, une partie de la classe politique assure que les grandes entreprises,
00:23les boîtes du CAC, ne sont pas assez mises à contribution, qu'elles devraient participer davantage à l'effort budgétaire.
00:28C'est ce qu'ils pensent, vous vous dites que c'est des gros mythos.
00:33Vous foudriez cette idée que nos entreprises pourraient faire plus pour le budget de la nation François ?
00:37Oui d'abord il faut noter quand même qu'en France on est bien critiqué nos champions
00:41et on trouve bien sûr qu'ils ne payent jamais assez d'impôts.
00:44Alors pour combattre cette idée, quelques faits, quelques chiffres.
00:50On a la FEB qui a sorti une très bonne enquête sur ce qui s'est passé en 2025
00:55et ça nous donne des idées sur 2026 et probablement 2027.
00:59La FEB c'est l'association française des grandes entreprises
01:03et elle représente 117 membres, 42% des grandes entreprises familiales,
01:10la quasi-totalité des entreprises du CAC 40.
01:14Et ces 117 membres, 117 entreprises,
01:18elles, elles représentent à peu près 12% de l'emploi privé en France.
01:22Et avec ces 12% d'effectifs, de collaborateurs,
01:26ils arrivent à générer 14% du PIB marchand.
01:30Parce qu'ils font le non-marchand, ce sont les hôpitaux, l'administration, etc.
01:33Mais dans ce qu'ils vendent dans biens et services, c'est 14%.
01:36Avec 12% d'effectifs, ils font 14% de la richesse du PIB marchand
01:40et avec 14% de la richesse, ils assurent 24% de l'impôt sur la société.
01:46Donc la contribution, elle est assez significative.
01:49Et cette contribution, ça c'est ce qu'on a vu en 2025,
01:52elle a progressé fortement parce qu'en 2024, c'était 18%.
01:56Qu'est-ce qui s'est passé entre-temps ?
01:58On leur a demandé de payer une surtaxe exceptionnelle
02:01qui aurait dû durer uniquement en 2025.
02:05Mais on l'a vu, elle s'est prolongée, hélas, en 2026.
02:09Et là, au moment où on discute, on envisage de la prolonger en 2027.
02:12Alors, on a des acteurs déjà qui ont une compétition mondiale
02:17et on leur dit, vous allez payer plus de taxes sur les biens,
02:19les services que vous réalisez en France,
02:21surtout si vous êtes une grande entreprise,
02:22si vous réalisez plus de 3 milliards de revenus en France.
02:25Et donc, qu'est-ce qu'on obtient aujourd'hui ?
02:27On a des grandes entreprises qui sont taxées à plus de 36%,
02:3136,1%, alors qu'en moyenne, en Europe, vous êtes à 22%.
02:36Alors, quand vous êtes davantage taxé, il y a un impact mécanique,
02:39c'est sur le cours de bourse, puisque si on vous prélève plus de charges,
02:43votre bénéfice net par action, qui est vraiment le carburant d'un cours de bourse,
02:48eh bien, elle s'en sort ressent.
02:49Et on le voit, si on prend l'exemple depuis l'annonce de la dissolution juin 2024,
02:55le CAC 40, les grandes entreprises françaises,
02:57elles n'ont rien fait en bourse depuis 2024.
02:59En Europe, on a un gain de 20%.
03:02Aux États-Unis, la progression moyenne des entreprises, c'est 40%.
03:06Au Japon, c'est 60%.
03:08Donc, on voit, il y a un impact à vouloir toujours taxer plus,
03:12alors que c'est déjà des entreprises qui sont sous pression.
03:16Et même quand elles font des efforts, on critique encore nos champions.
03:19On le voit avec Total Energy, qui a été le premier producteur de pétrole
03:23à vouloir bloquer les prix.
03:26Ça ne s'est jamais fait dans les autres pays,
03:27et il a été beaucoup critiqué.
03:30Là, ça vient d'être copié en Italie par Eni,
03:32qui a annoncé qu'il bloquait les prix,
03:34en s'aspirant, justement, des fameux seuils des chiffres de Total Energy.
03:37Donc, on est plutôt aux précurseurs.
03:39On a des sociétés qui font plutôt corps avec leurs concitoyens,
03:44avec leurs pays.
03:45Mais ce n'est jamais assez.
03:47Et à un moment donné, il y aura une facture à payer,
03:50puisque si vous taxez davantage d'entreprises qui se développent,
03:53qui produisent et qui vendent en France,
03:55à 36%, alors que la moyenne en Europe est à 22%,
03:57vous avez tendance à vouloir dire, allons ailleurs.
04:01Allons nous développer ailleurs.
04:02Allons travailler ailleurs.
04:05Allons discuter avec les investisseurs ailleurs.
04:07Qu'est-ce qui s'est passé aujourd'hui ?
04:09Aujourd'hui, on a eu une grande entreprise du CAC 40 qui s'appelle Le Grand.
04:12Le Grand, où est-ce qu'elle a tenu sa réunion avec les investisseurs ?
04:16À Singapour.
04:17Il y a quelques années, où est-ce qu'elle faisait ses réunions ?
04:19À Limoges.
04:19Puis à Paris.
04:21Puis à Londres.
04:22Et maintenant, tout se passe à Singapour.
04:24Où Schneider Electric, qui est un autre acteur
04:26dans le domaine des biens d'équipement électrique,
04:29est installé et réalise une grosse partie du business.
04:32Donc, on le voit, l'activité a tendance à se déplacer.
04:36Et nous, plutôt que d'essayer de les retenir,
04:40d'essayer de montrer que…
04:42On leur reproche de regarder ailleurs,
04:44mais en fait, on les pousse à regarder ailleurs.
04:46Et donc, résultat, vous avez une entreprise
04:49qui se développe, qui a relevé à la hausse ses prévisions.
04:52Mais, on le voit bien, le centre de gravité
04:56est en train de se déplacer.
04:57Et ce n'est plus à Limoges,
04:59contrairement aux autres années où tout se passait.
05:01C'est à Limoges que Le Grand faisait venir
05:03la communauté financière.
05:04Et tout le monde allait à Limoges.
05:06C'est sans doute le seul vol Limoges-Singapour, ceci dit.
05:08Je ne sais pas si il y a une ligne régulière Limoges-Singapour.
05:13Déjà, faut-il que celle Paris-Limoges fonctionne bien ?
05:15Bien sûr, mais on voit que…
05:18Et la transition est tout trouvée.
05:20En tout cas, sur les transports, là aussi, nouvelle taxe.
05:23Et oui.
05:24Du coup, c'est pour ça que Vinci, aujourd'hui,
05:27Groupe ATP et Fage, prennent le bouillon
05:30parce que c'est toujours les victimes un peu expiatoires
05:33de la créativité fiscale de nos chers dirigeants.
05:35Le gouvernement réfléchit à taxer, effectivement,
05:37les revenus des autoroutes et des aéroports.
05:39Absolument.
05:39Alors qu'on a déjà une surtaxe.
05:41Là, on se dit, finalement,
05:43on va peut-être voir si on peut en prendre un peu plus.
05:46Donc, sur les bénéfices,
05:48on va quasiment doubler la taxe
05:51pour récupérer la manne financière.
05:53Le problème de ces actions-là,
05:55d'abord, c'est qu'on change les règles du jeu.
05:57Donc, c'est toujours gênant
05:58quand vous prenez un acteur privé
06:00en lui disant,
06:00ben voilà, prenez une concession sur du long terme,
06:03voilà la règle du jeu
06:04et on change la règle du jeu.
06:05C'est pareil pour les placements,
06:06pour les particuliers.
06:07Lorsqu'on fait un investissement,
06:09je vous rappelle qu'au départ,
06:10le PEA, il n'y avait aucune taxe
06:14au moment de la création.
06:15Donc, ça a bien changé.
06:17Donc, voilà, on incite
06:19et il va falloir surveiller le PER.
06:21Le PER, il y a une incitation fiscale,
06:22mais vous vous engagez sur plusieurs années,
06:24voire plusieurs décennies.
06:26Si à la fin, on rechange les règles du jeu,
06:27vous n'auriez peut-être pas fait cet investissement.
06:29Donc, on voit cette volonté de taxer,
06:31ça déstabilise tout l'écosystème
06:33et je pense que de temps en temps,
06:34il faut se dire,
06:35on est peut-être allé trop loin.
06:37Bon, du coup, comme on se pose la question
06:40pour investir tous les matins,
06:41c'est comment on protège son portefeuille ?
06:43Là, on le voit.
06:45D'abord, les investisseurs,
06:46qu'est-ce qu'ils ont fait ?
06:47Ils ont réduit le risque France.
06:49Ils ont réduit les positions
06:51sur les valeurs françaises,
06:53les valeurs qui réalisaient
06:54le plus d'activités en France,
06:56c'est le premier point.
06:56Ils se posent aussi beaucoup de questions
06:58en ce moment sur les valeurs
06:59qui sont détenues par l'État.
07:01On le sait, Orange, Engie,
07:04l'État a à peu près 23% du capital.
07:06Donc, on va chercher des recettes,
07:08on va chercher des capitaux.
07:11Donc, c'est toujours la rengaine,
07:13on va vendre des bijoux de famille.
07:14Même si les entreprises génèrent
07:15des rendements, des dividendes,
07:18on est pressé par le court terme.
07:20Donc, peut-être qu'on va vendre
07:21ces participations.
07:22Donc, ce sont des titres qui,
07:23dans des périodes
07:25comme celles qu'on vit aujourd'hui,
07:28risquent de souffrir.
07:29Et à cela s'ajoute, bien sûr,
07:31le fait qu'on veut taxer davantage,
07:33mais comme on creuse toujours les déficits,
07:35même s'il y a eu une surtaxe,
07:36ça fait trois ans que notre déficit,
07:38il est de plus de 5%.
07:39Et bien, résultat, aujourd'hui,
07:40nos entreprises françaises
07:42doivent payer des taux d'intérêt supérieurs,
07:45notamment aux Allemands
07:46et au reste du monde.
07:48Puisque même si on a une croissance molle,
07:49on a quand même des taux
07:50qui se sont tendus fortement.
07:52On parle de spread.
07:53On a 3,60 en Allemagne,
07:564,75 en France.
07:58Et comme les entreprises françaises
08:00et surtout les PME, les ETI,
08:03lorsqu'ils empruntent,
08:04ils ont emprunté par rapport
08:06au taux de l'État
08:07dans lequel ils vivent.
08:08Leur taux augmente.
08:09Là, pour le coup,
08:10les grandes entreprises
08:11arrivent à trouver des solutions
08:12pour ne pas être trop dépendantes.
08:14D'ailleurs, quand elles empruntent,
08:15maintenant, elles ont des notes
08:16et elles arrivent à emprunter
08:17moins cher que l'État français,
08:19ce qui est un peu un paradoxe
08:20pour les banques.
08:21Mais les autres grandes entreprises
08:22arrivent à emprunter moins cher
08:24parce qu'elles sont plus développées
08:26à l'international.
08:27Mais la petite PME, ETI,
08:29elle, elle subit le plein fouet
08:31de cette logique
08:32de vouloir taxer les grandes
08:34sans réduire les déficits
08:36et tout en laissant dériver
08:38notre dette publique.
08:39Sauf si ces small caps,
08:41par exemple,
08:42parce que vous parlez
08:42de cet univers-là,
08:44sont leaders sur leurs deux niches
08:46et ont une activité très recherchée
08:49et elles peuvent s'exporter
08:50à l'international.
08:50Il faut surtout que dans leur bilan,
08:51elles aient plutôt une trésorerie
08:53que de l'endettement.
08:54Bien sûr.
08:54D'où peut-être la volonté
08:55de faire des augmentations de capital
08:58pour ne pas trop dépendre
09:00des frais financiers.
09:01On a le secteur bancaire
09:02qui recule aussi aujourd'hui.
09:03BNP Paribas perd 0,7%
09:05avec ses taux français.
09:06L'écart d'auto entre la France
09:07et l'Allemagne, 116.
09:08Aujourd'hui, 116 points
09:09le spread France-Allemagne.
09:11Il y a six mois,
09:11on était à 60.
09:12On a doublé en l'espace de ce point.
09:14Oui.
09:14Oui.
09:14Sous-titrage Société Radio-Canada

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