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  • il y a 9 minutes
Ce mercredi 30 septembre, la hausse de l'inflation en septembre, l'écart entre les taux français et allemands, la hausse des prix de l'énergie, et l'intention du gouvernement d'emprunter 340 milliards d'euros en 2027, ont été abordés par Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste du cabinet d'audit BDO France et professeur à Panthéon-Sorbonne, Guillaume Dard, président de Montpensier Arbevel et vice-président de l'AFG, et Sylvain Orebi, président d'Orientis et de Kusmi Tea, dans l'émission Les Experts, présentée par Laure Closier sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec nous aujourd'hui Guillaume Dard, bonjour.
00:02Bonjour.
00:02Président de Montpensier, Bevel, vice-président de l'AFG.
00:05En face de vous, Sylvain Aurébi, bonjour.
00:07Bonjour Laure.
00:08Président d'Orientis et de Cosmity, je ne vous présente pas tous les deux,
00:11je pense que vous êtes déjà croisés dans un certain nombre d'émissions.
00:14À côté de vous, Anne-Sophie Alsif, chef économiste du cabinet d'audit BDO France.
00:19Vous êtes professeur à Paris 1, Panthéon, Sorbonne.
00:22Je commence juste avec vous et Sylvain.
00:23Ce matin, vous m'avez dit que vous aviez cédé le contrôle de Cosmity.
00:26Expliquez-nous juste en quelques mots.
00:28Eh bien, rien, c'est la vie d'une entreprise.
00:30J'ai cédé le contrôle majoritaire à mes associés de Next World
00:34qui sont avec moi depuis une dizaine d'années.
00:36Je reste actionnaire minoritaire, président du board,
00:40toujours actif chez Cosmity, mais ça va me laisser un petit peu de temps
00:43pour faire d'autres choses.
00:44Et pour faire quoi ?
00:44Je vais d'abord conseiller les entrepreneurs, ce que j'adore faire depuis longtemps.
00:48J'ai une structure de conseil pour faire ça.
00:51Et surtout, je rejoins une boutique de M&A qui s'appelle CFI France
00:55en tant que senior advisor.
00:56et je vais les aider à travailler sur les sujets que je connais,
00:59c'est-à-dire le food and beverage, le consumer, le retail.
01:03Et je vais les aider à faire les deals qu'ils font au quotidien
01:09avec toutes les entreprises françaises et étrangères.
01:11C'est une boutique qui travaille dans tous les pays du monde.
01:14Il restera des marques de retail françaises ?
01:15Il restera des marques de retail françaises ?
01:18Oui, il en restera, mais écoutez, on va essayer de les aider à survivre
01:22dans ce monde difficile.
01:24On commence avec les chiffres macroéconomiques.
01:26Cette inflation qui grimpe à 3% sur un an en septembre.
01:29Anne-Sophie Alcif, ce n'est pas une surprise au vu des prix de l'énergie.
01:33Ce qu'il y a, c'est que c'est encore une mauvaise nouvelle.
01:35Oui, alors bien évidemment, dans les prévisions, on était vraiment sur cette hausse.
01:39On avait une hausse qui était assez modérée en début d'année.
01:41On a une accélération qui va sûrement continuer jusqu'à la fin de l'année.
01:45Après, quand on regarde au niveau européen, on a un des taux les plus bas,
01:48notamment par rapport à l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne,
01:50grâce à notre mix énergétique.
01:51Donc ça, ça nous protège.
01:52Et vous allez me dire, oui, c'est bien les autres, mais nous.
01:55Donc en effet, accélération de l'inflation.
01:57Et ce qui est plus préoccupant, c'est qu'on est un peu dans la deuxième phase.
02:00C'est pour ça que la Banque centrale européenne a augmenté ses taux.
02:02Augmentation des prix d'énergie.
02:04Et maintenant, on a eu les engrais.
02:06Maintenant, on est sur les industries, sur l'industrie manufacturière.
02:08Donc dans un premier temps, l'industrie baisse ses taux de marge
02:12pour absorber l'augmentation des coûts.
02:14Et là, on va être après dans une seconde phase
02:16où elle va augmenter ses prix auprès du consommateur final
02:18pour retrouver des marges de manœuvre.
02:20Donc c'est ça qui est plus embêtant.
02:22On voit qu'on est maintenant dans cette phase.
02:23C'est pour ça que la Banque centrale a intervenu
02:25pour essayer de casser ces anticipations.
02:27Ce n'est pas forcément le niveau de l'inflation.
02:28On n'est pas au niveau de crise Ukraine et autres.
02:30Mais casser ces anticipations.
02:32Et que ça n'aille pas après sur les services, sur les prix.
02:35Et puis qu'on soit un petit peu dans cette boucle inflationniste.
02:37On n'y est pas encore, pas du tout.
02:38Les Etats-Unis sont beaucoup plus dans cette situation.
02:40Nous, non.
02:41C'est principalement de l'inflation énergétique importée.
02:44Mais c'est un risque.
02:45Enfin, avec un consommateur, Guillaume, qui a du mal à suivre quand même.
02:48Oui, le consommateur a du mal à suivre.
02:51Mais ce qui est très grave, c'est la conjugaison de tous ces phénomènes à la fois.
02:56C'est-à-dire que cette montée des taux d'intérêt qui se produit en ce moment,
02:59on dirait un accident de train au ralenti.
03:02Vous savez, dans les films à sensation,
03:04où on voit un train déraillé, des wagons tournés.
03:08Et donc là, on a une simultanéité d'une dette qu'on n'arrive plus à contrôler,
03:15de taux d'intérêt dont, à mon avis, très très peu de gens pensaient
03:19qu'elle se retrouvait à des taux tels qu'aujourd'hui,
03:22avec en France la double peine,
03:24puisqu'on a la hausse des taux internationales qui est très rapide.
03:27On a le disant américain qui donne le la, mais qui ne donne pas une jolie musique,
03:31puisqu'on est passé à peu près à 5,20.
03:34Et j'imagine qu'il y a peu de gens qui pensaient qu'on serait à 4,80%
03:39sur le taux d'intérêt à 10 ans,
03:40ce qui veut dire qu'on a, durant l'été, pris presque 1% de taux d'intérêt.
03:46Vous savez, 1%, ça se divise en bips, 0,01.
03:50Et là, on prend, aujourd'hui c'est un peu mieux ce matin,
03:52mais on verra ce soir, on prend 4, 5 bips, et 4, 5 bips, ça n'a l'air de
03:57rien,
03:57sauf que ça se traduit à terme par des centaines de millions,
04:02voire des milliards de frais financiers à payer chaque année.
04:05Mais on entend Guillaume des gens dire, on va passer à 6, 7 ?
04:09Le sujet, le niveau pivot, c'est 5%.
04:13D'ailleurs, c'est à très long terme, c'est ce qu'on appelle le denier 20,
04:17c'est le taux, c'était un peu le taux qui était un cap, un maximum,
04:22c'est le taux auquel on peut encore arriver à fonctionner.
04:25Et quand on passe au-dessus de 5%, ça veut dire qu'on est dans une période inflationniste extrêmement forte.
04:30Alors, on voit les soucis que ça pose aujourd'hui,
04:32donc ça veut dire qu'on aurait une inflation à 5, 6, 7.
04:35Parce qu'on ne peut pas payer des taux d'intérêt à 7, même avec une inflation à 3.
04:39Donc là, ce serait une catastrophe.
04:41Donc on est dans cet état d'accident qu'on regarde,
04:44et normalement, il devrait y avoir partout dans le monde des cris d'alarme,
04:48et on ne les a pas encore.
04:50C'est silencieux quand même, Sylvain, ça vous inquiète ou pas ?
04:54Non, ça ne m'inquiète pas particulièrement,
04:55d'autant plus que les taux courts sont toujours à 2,25 ou 2,50,
05:00et ce sont juste les taux longs qui sont à 4,50.
05:16On reste autour de 2, et je ne vois pas d'ailleurs pourquoi la BCE s'inquiète de cette inflation,
05:21parce qu'il y a tellement de choses desquelles on devrait s'inquiéter aujourd'hui,
05:24en dehors de l'inflation, parce que l'inflation, on va en parler,
05:28c'est la dette, typiquement, et c'est la moleste de l'économie européenne,
05:34face aux Asiatiques et aux Américains.
05:37On est extrêmement mous, et ce n'est pas la hausse des taux de la BCE qui va nous redonner
05:40de la croissance.
05:41Ça, c'est le vrai sujet.
05:42Donc, augmenter les taux de 25 points de base pour, soi-disant,
05:47empêcher les industriels de casser et de remonter leurs prix,
05:51je ne vois pas le rapport aujourd'hui.
05:53Donc, ce que vous disiez tout à l'heure est vrai, le consommateur ne suit pas.
05:57Et il ne suit pas, ce n'est pas l'inflation qui ne suit pas,
05:59c'est que juste son pouvoir d'achat ne lui permet pas de suivre.
06:03Et si je reviens sur l'inflation, on a encore moins de craintes à l'avenir
06:08parce qu'il n'y aura pas de boucle hausse des prix-salaire,
06:12parce que les entreprises ne sont pas en mesure d'augmenter les salaires, tout simplement.
06:15Donc, il n'y aura pas, au 1er janvier prochain, dans l'ENAO,
06:18d'augmentation forte des salaires.
06:21Il y aura une augmentation certainement limitée.
06:24Et donc, on n'aura pas de problème d'inflation automatique.
06:28Anne-Sophie, quand Christine Lagarde dit, je pense que ça suffit finalement les 0,25,
06:32elle dit qu'elle ne voit pas l'inflation monter, alors finalement, elle a raison.
06:36Alors, oui, parce que c'est une inflation, encore une fois, importée.
06:39Ce n'est pas la même inflation qu'aux États-Unis qu'on a par rapport aux logements en plus,
06:43et en effet, aussi une inflation importée avec les droits de douane.
06:46Par contre, le mandat de la Banque Centrale Européenne,
06:48c'est quand même d'avoir un taux d'inflation à 2%.
06:50Donc ça, on est d'accord ou pas, mais c'est quand même son mandat.
06:52Donc, c'est normal qu'elle agisse en conséquence.
06:55Et sur la hausse des salaires, il faut toujours regarder les données historiques.
06:58Quand vous avez une boucle salaire ou des augmentations de salaire,
07:00ce n'est pas un ou deux ans après.
07:02C'est en moyenne entre 3 et 5 ans.
07:03On l'a vu quand on est dans la crise avec la Russie.
07:06On a eu des effets de rattrapage, surtout en 2024.
07:09C'est très décalé quand même.
07:10Voilà, c'est décalé.
07:11Donc, c'est pour ça qu'il y a cette hausse des taux.
07:13C'est vraiment pour casser ces anticipations,
07:15parce qu'une fois que vous êtes dans cette boucle-là,
07:17c'est beaucoup plus difficile ensuite.
07:18Vous pouvez augmenter les taux, c'est un petit peu fini.
07:21Donc, il faut quand même rappeler son mandat,
07:23stabilité de la zone euro, les 2% d'inflation,
07:26et en effet, éviter qu'on ait un emballement.
07:28Donc, à mon sens, elle est dans son mandat.
07:30Après, on peut critiquer son mandat, dire l'élargir, etc.
07:32Mais je pense qu'elle est dans son mandat.
07:34Moi, il y a un autre élément qui m'inquiète plus,
07:36puisqu'on voit que les taux augmentent.
07:37Et à mon sens, il n'y a pas beaucoup de réactions
07:39parce que tout le monde est surendetté,
07:40tout le monde est dans cette situation.
07:42Par contre, dans le cas de la France,
07:43quand on voit le spread par rapport à l'Allemagne,
07:45on voit que là, historiquement...
07:48Là, on voit que ça, c'est, à mon sens, assez compliqué.
07:52Quand on regarde toutes les données historiques,
07:53même après crise financière, etc.,
07:55on n'était pas à ces niveaux.
07:57Donc, moi, à mon sens, le risque qu'on a,
08:00en plus de les autres qui vivent la même chose que nous,
08:02c'est qu'on a un peu ce décrochage sur l'investissement.
08:05On le voit, nos perspectives de croissance,
08:06on perd 0,3 point à cause de l'investissement
08:08des entreprises, des ménages et des consommations publiques.
08:12Donc, on a les trois parties de l'investissement
08:14qui sont en berne, alors que le reste de l'Europe investit.
08:18On sait qu'on a l'Allemagne,
08:19on a le plan d'investissement en Europe
08:20qui finit pour l'Italie et l'Espagne,
08:23mais ils ont quand même trois années
08:24de taux d'investissement énormes.
08:25Le Royaume-Uni aussi réinvestit.
08:28Donc, on a ce décalage de la France.
08:29Et on n'a pas fini de se décaler.
08:30On a cette problématique, l'année prochaine,
08:32de la présidentielle où les marchés anticipent
08:34qu'on n'aura pas de majorité absolue.
08:35Donc, ça, c'est encore un risque supplémentaire.
08:37Et surtout, on a, en effet, ce spread, à mon sens,
08:39qui est inquiétant parce que là, on a un décalage,
08:42historiquement, quand vous regardez les deux...
08:44120, Guillaume, on disait à 100, à 100,
08:46c'est déjà dingue.
08:47On a connu une pointe à 200 en 2011.
08:50C'était quand, en 2011 ?
08:52Oui, oui, vous avez raison,
08:53mais elle était ponctuelle.
08:55C'est au moment où l'Italie a explosé en vol,
08:58où Berlusconi a été sortie du gouvernement
09:00et où l'Europe a repris les choses en main,
09:05a mis une pression terrible sur l'Italie.
09:06Donc, 120, c'est effectivement le plus important
09:10en dehors de cette période-là.
09:12Et donc, le risque, c'est de savoir si on va aller à 200.
09:14Et à 200, ça veut dire que là,
09:16l'Europe va réagir par rapport à nous
09:18puisqu'il y aura un débat.
09:20Qu'est-ce qui se passe pour la France ?
09:21Est-ce qu'elle est capable de se gérer elle-même ?
09:23Est-ce qu'il faut faire une pression ?
09:25Est-ce que la Banque centrale va lui...
09:26l'aider à baisser son spread ?
09:28Vous vous souvenez, au moment de l'arrivée
09:29de Christine Lagarde,
09:32elle a dit que la Banque centrale n'est pas là
09:33pour gérer les spreads.
09:34Le spread d'Italie, à ce moment-là,
09:35avait bondi, etc.
09:36Il y a eu immédiatement des communiqués.
09:38C'était son baptême du feu.
09:40C'était très difficile.
09:41On ne peut pas lui en vouloir.
09:42Mais on voit que la capacité de réaction des marchés
09:45est incroyablement rapide.
09:46Et quand tout d'un coup,
09:47on rentre dans des zones de risque très fortes...
09:49Il faut qu'on s'en balle, quoi.
09:50Et je voudrais dire,
09:52sur les taux longs qui montent,
09:53je vais donner à quelque chose de très concret.
09:56Imaginez quelqu'un qui...
09:58Vous êtes propriétaire de votre maison,
10:01de votre appartement.
10:02Toutes choses égales par ailleurs,
10:03s'il n'y a pas plus de demandes
10:05ou plus de ventes dans votre région.
10:06La valeur de votre appartement,
10:08si les taux montent de 1 %,
10:10ils baissent de 8 %.
10:12Il faut bien avoir ça en tête.
10:141 % de hausse des taux,
10:16c'est 8 %.
10:17Ça veut dire que la dette coûte 8 %.
10:19Et ça veut dire que votre appartement vaut 8 %.
10:22Comme on est passé de 1 % à 4,80,
10:25ça veut dire que l'immobilier
10:27a toutes choses égales par ailleurs,
10:29sauf la loi de l'offre et la demande,
10:30perdu 25-30 % de sa valeur théorique.
10:33Je ne dis pas que tout a perdu 100 %.
10:34Et donc là, le risque qu'on a
10:36avec ces taux d'intérêt,
10:37on va voir comment les banques font.
10:39Pour l'instant, les banques n'ont pas été
10:41très rapidement pour suivre le taux de l'OAT,
10:43mais en théorie, il est difficile
10:45que le taux d'emprunt d'un particulier
10:48puisse être inférieur au taux d'emprunt
10:51de son pays.
10:52Donc ça veut dire que si les taux sont à 4,80,
10:555 %, vous voyez ce qui va se passer
10:57sur le marché immobilier,
10:58pour l'ancien, pour le neuf.
11:01Et donc c'est ça, la crise.
11:02C'est pour ça que je dis,
11:04c'est incroyable ce qui se passe,
11:06parce que personne ne se rende compte
11:07de la gravité,
11:08parce que tout le monde espère
11:09que c'est temporaire,
11:10que ça va s'arrêter.
11:11Mais qu'est-ce qu'il pourrait faire
11:12que ça s'arrête, là ?
11:13Parce que, je ne sais pas,
11:14ce n'est pas la mission.
11:15Une élection présidentielle
11:16qui se passe bien.
11:17C'est dans longtemps, quand même, Sylvain ?
11:18Non, une baisse du prix du pétrole
11:19très très fort.
11:20Ah, une baisse du prix du pétrole.
11:21Les bateaux passent, là.
11:22Il y a quand même une corrélation
11:23avec la baisse du prix du pétrole
11:25sur l'inflation,
11:25comme l'a dit Anne-Sophie.
11:27Ça joue sur l'inflation.
11:29Les taux longs et l'inflation
11:30ne sont pas corrélés, franchement.
11:32Quand même.
11:33On le voit.
11:35Si le pétrole tombe très fort,
11:37à ce moment-là,
11:37les banques centrales
11:38auront moins la pression
11:38pour monter les taux courts.
11:39S'ils montent moins les taux courts,
11:41les gens auront envie
11:42d'acheter du taux long
11:42parce que ce sera plus rentable
11:43que le taux court.
11:44C'est l'arbitrage du marché.
11:46Notre crise financière
11:47se joue à Hormuz.
11:48Oui.
11:49Ça nous fait beaucoup
11:50de sa terre extérieure.
11:51C'est là qu'on se dit
11:52si on était moins dépendant
11:53des énergies fossiles
11:53et si on avait eu un plan
11:54d'électrification sur 10 ans,
11:56on aurait beaucoup moins d'impact.
11:58Sylvain, vous, vous n'êtes pas inquiet.
12:00Je vous trouve...
12:01Non, mais moi, je vous savais...
12:02Ce n'est pas que je veux vous rentrer
12:03dans le camp des pessimistes,
12:04mais je vous trouve optimiste.
12:05Je ne suis pas inquiet
12:06parce que je suis entrepreneur
12:09et rien ne m'inquiète plus.
12:10Vous n'êtes pas drogué quand même.
12:12Non, je ne suis pas drogué,
12:13mais je regarde les choses
12:13avec un peu de relativité.
12:16Non, ce qui m'inquiète,
12:17effectivement,
12:17c'est que le spread avec l'Allemagne
12:20était de 60 il y a 6 mois.
12:21Il y a 120 aujourd'hui.
12:22C'est le rythme qui est inquiétant.
12:23Ce n'est pas le spread en lui-même.
12:25Parce qu'à 4,80,
12:26les gens vont se régaler.
12:27Les financiers à 4,80,
12:28la France, à 10 ans,
12:30honnêtement,
12:31vous êtes mieux qu'en bourse.
12:32Enfin, vous,
12:32si vous devez faire des investissements
12:34et que vous avez besoin
12:34d'avoir un banquier...
12:35Je ne parle pas de moi,
12:36parce qu'il y a des gens
12:37qui achètent cette dette française.
12:38Bien sûr.
12:38On est en train de nous dire
12:39non, non, mais c'est la catastrophe.
12:40Mais pas du tout.
12:41Les gars se régalent.
12:42À 4,80 sur 10 ans en France,
12:44vous êtes très heureux.
12:45Très heureux.
12:46Parce que la France remboursera.
12:47On a beau dire
12:48que la France va faire faillite,
12:49jamais.
12:49La France a les moyens de rembourser.
12:51La France lève bien l'impôt.
12:52La France a une économie qui est solide.
12:54La France a beaucoup de richesses.
12:55Donc, il n'y a aucune crainte.
12:57Et la dette française
12:58est souscrite à 2, 3 fois,
13:00je ne sais pas.
13:00Donc, on peut monter à 6, à 7 ?
13:02Oui.
13:02On finira par plus payer
13:03que des intérêts de la dette ?
13:04Non, mais bien sûr.
13:05On pourrait.
13:06Je ne dis pas que ce n'est pas inquiétant.
13:07Je dis qu'il faut regarder les choses
13:08un peu avec un angle différent.
13:11Mais il va se passer une chose
13:13qui est l'élection présidentielle française
13:14dans les mois qui viennent.
13:16Clairement, ça va jouer contre
13:18le taux d'intérêt de la dette française
13:21parce que, pendant des mois,
13:23on va avoir une incertitude absolue
13:25sur qui va être élu,
13:26qui va être au second tour
13:27et quelle politique sera menée
13:29à partir du mois de mai prochain.
13:31Donc, mécaniquement,
13:33les choses ne vont pas s'améliorer.
13:34Même si le pétrole rebaisse,
13:35les choses ne vont pas s'améliorer
13:37pour la France.
13:37Le spread va continuer à augmenter.
13:39On est à 15 ou 20 points de plus
13:40que les Italiens
13:41et ça ne va pas cesser.
13:42Alors que l'économie italienne
13:44n'a, objectivement,
13:45rien de mieux que la nôtre.
13:47Simplement, on a cette incertitude
13:48qui plane sur la politique française
13:51et sur les cinq prochaines années
13:54économiques et politiques de la France.
13:56Et ça, on ne peut rien y faire
13:59sauf si Emmanuel Macron
14:01démissionne demain
14:02et qu'on a une élection plus rapide.
14:05Juste, Anne-Sophie,
14:06sur le budget,
14:08sur les 54 milliards
14:08qui sont prévus
14:09avec notamment
14:11ces 340 milliards d'emprunts
14:12qui sont prévus
14:13l'année prochaine,
14:14l'hypothèse,
14:14c'est de se dire
14:15que les taux sont entre
14:164,1 et 4,3.
14:17On n'y est même pas.
14:18Donc, c'est comme si
14:19déjà ce qu'on a prévu
14:20était bon à mettre à la poubelle.
14:22Pas à la poubelle,
14:23mais de toute façon,
14:24comme on l'a dit,
14:24la situation politique
14:25fait qu'on ne peut pas
14:26avoir autre chose.
14:27Donc là, l'idée,
14:27c'est de faire passer ce budget
14:28dans la douleur
14:29la moins pire,
14:31on va dire,
14:31et puis d'aller
14:32vers les présidentielles.
14:33Donc, il n'y a pas
14:34d'objectif de réforme.
14:36Il y a bien sûr
14:36des objectifs d'économie,
14:38de façade,
14:38parce qu'il faut en effet rassurer.
14:40Mais on sait très bien
14:41que dans le fond,
14:41vu la situation politique,
14:42ce sera très compliqué.
14:43Donc, à mon sens,
14:44c'est vraiment un budget,
14:45pas sacrifié,
14:46mais un budget en attente
14:47de l'élection présidentielle
14:49et il n'y aura pas
14:49de grande réforme de fond.
14:51C'est juste, je pense,
14:52peut-être, entre guillemets,
14:52limiter la casse
14:53de l'explosion des dépenses
14:55avec les aides carburants,
14:56etc.,
14:56pour ne pas avoir encore
14:57un budget qui dérape.
14:58Mais bon, à part ça,
14:59on a revu notre
15:00révision de croissance
15:01de déficit publiée
15:02à 5,2.
15:02Donc, là,
15:04on est largement
15:05au-dessus des 5 points.
15:06Sauf que c'est dans 6 mois
15:07et en attendant,
15:08le match continue.
15:10Et donc,
15:10les conséquences
15:11de cette situation,
15:12elles sont,
15:13on vient de le dire,
15:14sur l'immobilier,
15:15c'est extrêmement dangereux.
15:18Deuxièmement,
15:19ça réveille,
15:19le gouvernement fait ce qu'il peut,
15:21mais enfin,
15:21ce qu'on comprend,
15:22c'est qu'il a réouvert
15:23la machine à taxer
15:24à toute vapeur
15:25avant même
15:26les discussions
15:27avec l'Assemblée.
15:28Ce qui veut dire
15:29que ça ne va pas donner
15:30un enthousiasme formidable
15:32pour investir
15:33de façon générale.
15:34Les coûts de l'investissement
15:35devenant,
15:36même si on peut
15:37emprunter à court terme
15:38et quand à court terme,
15:39c'est un peu moins cher,
15:40mais enfin,
15:40si on veut avoir quand même
15:42un cap sur ces taux d'intérêt,
15:44ça coûte beaucoup plus cher.
15:45Donc, ça veut dire
15:45que les entreprises
15:48vont moins investir.
15:49Et quant aux entrepreneurs
15:50sur lesquels,
15:51à la fois,
15:52on dit que c'est formidable
15:53les entrepreneurs,
15:54mais en même temps,
15:54on essaye en permanence
15:56de les taxer
15:57de toutes sortes de façons
15:58en essayant
15:59comme si un entrepreneur,
16:01c'était un espèce de...
16:02un ange qui était différent,
16:04c'est-à-dire que l'entrepreneur,
16:05il était uniquement heureux
16:06d'entreprendre,
16:06mais que jamais
16:07il voulait gagner de l'argent.
16:08Donc, on est quand même
16:10dans un monde économique.
16:11donc, c'est bien loin,
16:14cette élection.
16:15C'est bien loin,
16:17plus la possibilité de l'accident
16:18ou plus la possibilité
16:20de la bonne nouvelle
16:20sur une baisse du pétrole
16:21qui détende un peu
16:22la situation américaine
16:23parce qu'on a un accident supplémentaire
16:27par rapport à un accident mondial, global.
16:29Qu'est-ce qui se dit, Guillaume,
16:30de la France
16:31sur les marchés financiers ?
16:32Il y a un papier ce matin
16:33dans le Figaro de Bertil Bayard
16:34qui disait que les investisseurs étrangers,
16:36certains lui parlaient
16:37des actions françaises
16:38comme du vomi.
16:39C'est quand même...
16:40C'est Bertil Bayard
16:41qui écrit ça dans le Figaro.
16:42Alors, je ne sais pas.
16:43Ce n'est pas du vomi,
16:45mais ce qui a été intéressant,
16:46c'est que les investisseurs étrangers
16:47ont eu beaucoup de mal
16:49à comprendre la séquence.
16:50C'est-à-dire que nous,
16:51on s'est inquiétés
16:51depuis au moins un an,
16:53si j'ose dire,
16:54enfin, même pratiquement
16:55depuis la dissolution.
16:57Et les investisseurs internationaux
16:59n'ont pas acheté
17:01beaucoup d'actions françaises,
17:02mais ils n'étaient pas
17:02extrêmement inquiets.
17:04Mais quand, par exemple,
17:05il y a la taxe,
17:07c'est pour ça que je dis
17:07quand la machine à taxes
17:08française formidable
17:09se déclenche,
17:10elle a des effets,
17:12surtout...
17:12Alors, les taxes
17:13sur les concessions d'autoroutes
17:14qui sont très importantes,
17:16bon, regardez le cours de Vinci.
17:17Parce qu'ils ne peuvent pas
17:18répercuter les prix.
17:19C'est une très belle valeur,
17:20mais ce n'est pas du vomi.
17:21Et d'ailleurs, c'est intéressant
17:22parce que sur l'autoroute,
17:23on entend la même histoire
17:24que sur le pétrole,
17:24c'est qu'en fait,
17:25la moitié de ce qu'on paye,
17:26c'est des impôts.
17:28Je ne sais pas si c'est vrai,
17:29je l'ai lu...
17:30Je ne sais plus où j'ai lu,
17:32mais est-ce que vous pensez
17:33que c'est vrai ou pas ?
17:34Je ne sais pas.
17:34Si c'est la moitié d'impôts,
17:36quand on passe au pH,
17:37ce serait de la moitié des impôts.
17:39C'est pas mal, ça.
17:40Mais en tout cas,
17:40ils ne peuvent pas
17:41répercuter le prix.
17:42Donc, pour revenir sur le vomi,
17:44comme vous l'avez dit,
17:45entre guillemets,
17:45ou Bertil,
17:45c'est Berthi.
17:47Non, mais sauf que
17:48le marché français
17:49est moins bon
17:50que tous les autres marchés européens
17:52et que depuis un mois,
17:54depuis la rentrée,
17:56il y a effectivement
17:57beaucoup de papiers
17:58de banques internationales
17:59qui disent
18:00jouer le spread,
18:01c'est-à-dire jouer
18:02l'écartement,
18:03la situation française
18:07va s'empirer davantage.
18:09Et l'autre chose,
18:10on a eu les agences de rating
18:11qui ont été assez sympathiques
18:13avec la France.
18:13Ils n'ont pas tellement dégradé.
18:15Et là, on dit
18:15que ça y est,
18:16les dégradations vont arriver.
18:18Mais vous gardez le moral,
18:20Sylvain Aurémi.
18:21Alors du coup,
18:21pourquoi est-ce que vous avez
18:22gagné de l'argent ?
18:22Parce que Guillaume disait
18:23qu'il faut quand même
18:24gagner de l'argent.
18:24Non, mais on va continuer
18:26à se battre
18:27et à gagner de l'argent.
18:28Mais avant de jeter la France
18:30avec l'eau du bain,
18:31il faut quand même regarder
18:32les entreprises qu'on a
18:33qui sont des entreprises
18:34internationales,
18:35qui ne travaillent pas
18:35que sur le marché français.
18:37C'est pour ça qu'elles ont le moral.
18:39Et quand on dit
18:40que le CAC 40
18:41sous-performe
18:42l'Eurostox,
18:43oui,
18:43mais il faut voir aussi
18:45que le luxe
18:46a beaucoup souffert
18:47et que quand même
18:48le luxe,
18:49c'était le top du CAC 40.
18:51Dans le top 10,
18:52il y a 5 ou 6 boîtes de luxe.
18:53Bon, ils ont sous-performé
18:55donc ça a eu
18:56une incidence sur le CAC.
18:57Donc, ne jetons pas
18:59le BD avec le 20.
19:00CAC,
19:02Kering,
19:02L'Oréal,
19:04Hermès,
19:05NBMH,
19:06etc.
19:06C'est un peu dur
19:07le luxe quand même.
19:08Donc, ça a contribué
19:10à la sous-performance
19:10du CAC.
19:11Mais les entreprises françaises,
19:12regardez Schneider,
19:13regardez...
19:13Le Grand.
19:14Oui, Le Grand.
19:15Enfin, toutes ces entreprises
19:16fonctionnent très bien.
19:17Elles sont très en avance.
19:18Ça, c'est les deux grands bénéficiaires
19:19de l'IA.
19:19Oui, mais d'autres
19:21aussi sont là.
19:22Ça fait des prises.
19:23Donc, on ne jette pas
19:24l'économie française.
19:26Cela dit,
19:27comment est-ce que les entrepreneurs
19:28vont gagner leur vie ?
19:29Eh bien, en innovant.
19:30On va continuer d'innover
19:31parce que c'est la seule façon
19:33de gagner sa vie aujourd'hui.
19:35C'est d'être en avance.
19:36C'est d'imaginer des choses
19:37auxquelles les gens
19:37n'ont pas pensé.
19:38Ce n'est pas de refaire
19:40ce qu'on a fait
19:41les dix dernières années.
19:42C'est vraiment
19:43d'aller sur des nouveaux terrains,
19:44de conquérir de nouveaux marchés,
19:45de créer de nouveaux produits,
19:47d'avoir de nouvelles idées.
19:48Voilà.
19:48Il faut que les entrepreneurs français...
19:50Mais c'est ce qu'ils font,
19:51en fait.
19:51je ne vous apprends rien
19:52et je ne leur apprends rien.
19:53Il faut qu'on ait
19:54de nouvelles idées.
19:55Il faut qu'on se réinvente constamment.
19:56Et il faut qu'on soit
19:57plus malin que le marché
19:58et plus malin que nos gouvernants.
20:00Vous allez me dire ça.
20:00Mais plus malin que Chine ?
20:02Non, on est beaucoup plus malin
20:04que Chine.
20:04Vous regardez leurs résultats.
20:05Ils se sont écroulés en bourse hier.
20:08Ils ont un modèle économique
20:09qui flanche un peu.
20:10Parce qu'on a mis la taxe
20:11sur les petits colis
20:12et qu'on a rendu
20:12leurs produits plus chers.
20:13Ah non, vous ne dites pas ça.
20:14Si, c'est un peu ça.
20:15Mais enfin, la réalité,
20:17c'est qu'ils vendent
20:18des produits dégueulasses.
20:20Et qu'à la fin,
20:21les gens se rendent compte
20:22que ce qu'ils achètent
20:23à deux balles
20:24est un produit vraiment à deux balles.
20:26Vous ne pensez pas
20:26que les gens veulent
20:27des trucs à deux balles ?
20:27Non, mais les gens,
20:28ils veulent.
20:29Mais quand vous voyez
20:29à la fin de la journée
20:30ce que vous avez comme produit,
20:32quand vous l'avez trois fois
20:33et que vous perdez deux tailles,
20:35je pense que les gens veulent...
20:37C'est pour commander les plus grands ?
20:38Non, mais c'est pourquoi
20:40la fast fashion fonctionne beaucoup mieux.
20:43La fast fashion européenne
20:45ou japonaise,
20:45les Uniqlo, les Zara
20:47marchent très bien,
20:48les H&M,
20:48parce que ça reste de la qualité,
20:50parce que ça reste à des prix
20:51qui sont raisonnables.
20:52Et ça fonctionne beaucoup mieux
20:54qu'un Shein
20:54qui vient avec des produits
20:55qui ne sont pas de bonne qualité.
20:57On l'a vu au BHV,
20:58ils n'ont attiré personne,
20:59ils ont dû fermer.
21:00Donc, il y a un problème de qualité.
21:02Le consommateur français
21:03n'est pas un idiot.
21:04Il veut bien acheter pas cher,
21:05mais il veut bien
21:05que le produit qu'il achète
21:08soit de bonne qualité à la fin.
21:10Donc, le rapport qualité-prix
21:12est très important
21:13et c'est le problème de Shein.
21:15Je pense qu'il est aussi là.
21:17Anne-Sophie ?
21:18Alors, moi,
21:19je serais peut-être plus nuancée
21:19sur l'optimisme,
21:21pourtant, on essaie de l'être.
21:22Elle n'est pas pessimiste,
21:23elle est plus nuancée sur l'optimisme.
21:24Oui, oui, oui.
21:25Oui, c'est déjà mieux.
21:26Voilà.
21:27Mais, bon, je pense qu'on a en effet
21:28cette augmentation des taux.
21:30Quand vous regardez l'innovation,
21:31c'est un sujet intéressant.
21:33Quand vous regardez l'investissement
21:34en innovation en Europe,
21:35là aussi,
21:36on est vraiment en deçà
21:37de la Chine et des États-Unis.
21:38Avec la hausse des taux,
21:40ça va être assez compliqué.
21:41Et puis, vous avez quand même
21:42la concurrence internationale.
21:43Vous dites,
21:43on a beaucoup d'entreprises
21:45internationales.
21:45On a nos amis allemands
21:46qui, de plein fouet,
21:47se prennent cette concurrence
21:48internationale
21:49sur leurs deux secteurs clés
21:50avec des conséquences énormes.
21:53Parce que là,
21:53on parle d'écart de coût
21:55de 40 %
21:55parce qu'on a une concurrence
21:57asiatique
21:57qui est subventionnée
21:58à quasiment 10 fois plus.
21:59Donc là,
22:00vous pouvez faire
22:00toute la compétitivité
22:01que vous voulez.
22:02Ce n'est pas possible.
22:03et on est quand même
22:04sur une tendance
22:05depuis 2-3 ans
22:06où les usines
22:07ferment plus
22:08qu'elles s'ouvrent
22:09alors qu'on avait
22:09une bonne tendance avant.
22:11Donc là aussi,
22:11sur la réindustrialisation,
22:13on a eu quasiment
22:1470 000 défaillances
22:15d'entreprises.
22:16Alors,
22:16on avait un stock
22:17et on a un stock
22:18qui est normal.
22:19Mais on a quand même
22:20des entreprises industrielles,
22:22souvent de taille intermédiaire,
22:24qui ont vraiment
22:25des difficultés importantes.
22:26Et ces entreprises-là,
22:27après,
22:27c'est très difficile
22:28de les recréer,
22:29que ce soit en région,
22:30que ce soit sur le secteur.
22:31Dans l'industrie,
22:32un secteur,
22:33c'est entre 15 et 20 ans
22:35si vous voulez avoir
22:35une vraie filière structurée.
22:37Donc,
22:38c'est très compliqué
22:38après de recréer ça
22:39malgré l'innovation,
22:41malgré toute la bonne volonté.
22:42Donc,
22:42je pense qu'aussi,
22:43ce contexte aussi international
22:45de concurrence,
22:46de subvention,
22:47de protectionnisme,
22:48il faut aussi l'avoir en tête,
22:50qui explique aussi
22:51pourquoi le potentiel
22:52de croissance européen
22:52est beaucoup plus faible.
22:54La Chine a l'industrie
22:56et les États-Unis
22:57ont la tech.
22:58Nous,
22:58on est un peu entre les deux,
22:59on n'a pas ce moteur
23:00pour les deux autres
23:01en raison de cette situation.
23:02Nous,
23:03on a Sylvain,
23:03on a des entrepreneurs
23:05extrêmement intelligents.
23:06Il y a une remontée de pays,
23:07Sylvain !
23:07Je ne me présente pas
23:08à l'élection présidentielle,
23:09soyons clairs.
23:10Pour l'instant,
23:11on le sait.
23:11On verra en janvier.
23:12Sylvain a raison de dire
23:13que les entrepreneurs individuellement,
23:14ils peuvent aller vers l'innovation.
23:15Et Anne-Sophie,
23:16ce qu'elle explique,
23:17oui,
23:17mais enfin,
23:17les gros bataillons,
23:19ils ont besoin, eux,
23:20que l'économie fonctionne globalement.
23:22Et,
23:22puisqu'on parle de Chine,
23:24et on ne va pas reparler de Chine
23:25tout de suite,
23:26sur la Chine,
23:27ça ne va pas si bien la Chine.
23:29Et d'ailleurs,
23:29c'est ça le sujet.
23:30C'est que si vous regardez,
23:31d'ailleurs,
23:31la cotation des grandes valeurs chinoises,
23:34elle est très basse.
23:35Et la Chine,
23:36le plan du président,
23:38c'est véritablement de développer l'industrie,
23:40puisque pour compenser
23:42l'énorme problème immobilier
23:44auxquels ils sont confrontés,
23:46ils poussent l'industrie,
23:47mais l'industrie ne gagne pas énormément d'argent en Chine.
23:50C'est-à-dire que,
23:51subvention ou pas subvention,
23:53ils ont maintenant un appareil de production,
23:55je ne sais pas comment ils l'ont fait exactement
23:56en termes de subvention,
23:57mais ils ont un appareil de production
24:00incroyablement plus productif que le nôtre.
24:02Enfin,
24:03si on parle de voitures,
24:05on voit bien ce qui se passe.
24:06Et donc,
24:07ça n'est que la première vague de la Chine.
24:10Et la seule chose qu'il faut espérer,
24:12c'est qu'éventuellement,
24:13la monnaie chinoise remonte
24:14et qu'ils soient un peu moins compétitifs,
24:15ce qui n'est pas complètement exclu.
24:17Mais sinon,
24:19dans un moment
24:20où on va avoir des taux très élevés
24:23pour investir,
24:26enfin,
24:26beaucoup trop cher pour investir,
24:27deuxièmement,
24:28le coût du travail,
24:28il n'est absolument pas baissé,
24:30enfin,
24:31il est comme il est
24:31par rapport à notre modèle social,
24:32donc pas de compétitivité.
24:34On a l'avantage,
24:35effectivement,
24:36d'un peu d'énergie
24:37moins chère sur EDF,
24:38mais on sait
24:39qu'il y a beaucoup de paramètres
24:40qui entrent en compte
24:41par rapport à l'Europe
24:42et puis que surtout,
24:44ça ne se construit pas
24:44du jour au lendemain,
24:45une centrale nucléaire.
24:46Donc là,
24:48on est vraiment dans la seringue
24:49et ce qui est à craindre,
24:51c'est que la deuxième vague chinoise
24:52arrive l'année prochaine.
24:54Bon,
24:54vous ne bougez pas,
24:55il est 9h57,
24:56les experts en reviennent.
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