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  • il y a 4 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0113h, 14h, Europe 1 Info.
00:03Avec Lili Mathias sur Europe 1, c'est chroniqueur Hélène Roué, Sébastien Lillier et Michel Fagliador.
00:08Et avant d'en venir à mai 68, est-ce qu'on est en train de revivre un nouveau mai
00:1368 ?
00:14Je voudrais juste vous faire écouter Ségolène Royal qui s'est exprimée.
00:18Elle est candidate à la primaire socialiste, je vous le rappelle.
00:20Elle a affirmé qu'elle participera peut-être à la manifestation des lycéens.
00:23Elle était ce matin sur France Info.
00:24J'irais peut-être à un lycée à côté de chez moi s'il y a en effet des mobilisations
00:28d'adultes,
00:30vous savez, qui ont décidé de faire un peu force d'interposition, casque blanc,
00:36entre les forces de l'ordre et les lycéens.
00:39Et c'est vrai que ça a manqué les premiers jours, mais on a été tellement surpris de la violence
00:42et de la cruauté,
00:43de la répression sur les jeunes, que c'est quand même un spectacle très triste.
00:48Je l'ai fait d'ailleurs il y a quelques années, il y avait déjà eu des manifestations il y
00:52a un certain temps.
00:53On avait créé les casques blancs avec des amis.
00:57Je pense que l'idée est bonne parce que ce qui se passe est invraisemblable.
01:02On est triste pour la France.
01:04Hélène Rouet.
01:04Non mais Clélie, vous vous êtes trompée, elle n'est pas candidate à la primaire socialiste.
01:08Elle est candidate à la primaire de la France Insoumise.
01:11Je ne savais pas que Ségolène Royal avait viré à la France Insoumise.
01:14Qui a parlé de casques blancs ?
01:15C'est Jean-Luc Mélenchon qui a commencé à en parler s'il y a en marge des fiertés, bien
01:19sûr.
01:19Non mais ça n'a aucun sens.
01:21Vous avez également Ségolène Royal qui sur France Inter hier, nous en a fait une très belle,
01:24quand elle dit à Benjamin Duhamel qu'elle refuse de qualifier, parce que ce ne serait pas elle de le
01:28faire,
01:29elle refuse de qualifier le régime algérien d'un régime autoritaire.
01:33Et elle dit, mais en revanche, non mais la France, vous appelez ça comment vous ?
01:36Un régime qui met des menottes à des enfants de 14 ans.
01:37Donc si vous voulez, l'avis de Ségolène Royal à partir du moment où vous dites ce genre de choses,
01:42moi je suis désolée, mais en fait je ne la casse même pas dans la case partie sociale,
01:44je la casse dans la case à la fille désormais.
01:46Mais Hélène Roy, vous seriez mère d'un enfant de 15 ans qui va manifester,
01:49est-ce que vous iriez devant le lycée porter un casque blanc pour protéger les enfants ?
01:54Ah non, mais non seulement déjà jamais de la vie,
01:56mais surtout je pense que je prendrais mon gamin de 15 ans par la peau
01:59et je le foutrais dans le coffre de la voiture pour le ramener fils à la maison.
02:03Bon, ça n'est pas évident.
02:04D'accord, Michel Fayad.
02:06Je ferais pareil qu'Hélène.
02:08Qu'est-ce que tu fais ? Va faire tes devoirs.
02:11C'est ça, mais il faut quand même se rappeler que même Ségolène Royal,
02:13en 2007 aux élections présidentielles,
02:15elle a proposé la création de centres militaires
02:17pour mettre les jeunes délinquants à l'intérieur.
02:19Il est loin ce temps-là.
02:20Il est loin, en effet.
02:21Alors forcément, on se dit, est-ce qu'il y a un nouveau mai 68 dans l'air du temps
02:26?
02:26Écoutez l'analyse de Jérôme Fourquet,
02:27directeur du département Opinion et Stratégie de l'IFOP,
02:30qui estime qu'il n'y a plus de retenue lors de ses manifestations,
02:32qui ont été ce matin sur Europe 1 ?
02:34La capacité à se retenir, à se maîtriser,
02:36semble avoir disparu.
02:39Ce jeune interpellé à Belfort,
02:41après avoir roué de coups,
02:43un policier a dit, je ne sais pas ce qui m'a pris,
02:45sans doute j'étais débordé par mon adrénaline,
02:47comme s'il n'était plus en capacité de se maîtriser lui-même.
02:51Et puis l'autre élément, c'est le fait que
02:53les figures d'autorité ne sont absolument plus respectées et craintes.
03:00On a vu un phénomène absolument nouveau dans les mobilisations lycéennes et étudiantes,
03:05des personnels de l'éducation nationale, des proviseurs, des enseignants,
03:09être molestés ou agressés.
03:11Ce qu'on n'avait pas vu, par exemple,
03:13dans les mobilisations contre la loi Fillon,
03:16contre le CPE, la loi de Vaquet,
03:18ou même la référence des références.
03:20En mai 68, il y a plusieurs dizaines de proviseurs
03:22et autant d'enseignants qui ont été agressés.
03:25Sébastien Ligné, cette référence des références mai 68,
03:28est-elle pertinente aujourd'hui ?
03:30Non, je ne pense pas,
03:32mais c'est peut-être la plus grande réussite des esprits de mai 68 et de la gauche,
03:36c'est d'avoir réussi à mettre dans l'esprit collectif
03:40cette idée que mai 68 reste le totem absolu à poursuivre.
03:44C'est-à-dire qu'en effet,
03:45dans ce pays,
03:46dès qu'il y a un début de mobilisation,
03:48notamment étudiants,
03:49tout de suite,
03:49on invoque mai 68 comme repère.
03:51Cette idée finalement que si les étudiants
03:54avaient pu réussir à renverser le pays,
03:57c'est un peu l'image qu'on essaie d'installer.
04:00Finalement, on peut le refaire,
04:00en oubliant totalement au passage
04:02que mai 68 a très rapidement dépassé simplement
04:05la contestation étudiante
04:06et que si mai 68 s'est conclu par les accords de Grenelle
04:11qui en effet ont augmenté les salaires,
04:13ont augmenté le SMIC,
04:14ont rajouté une semaine de congés, etc.
04:16Ce n'est pas parce qu'il y avait simplement des révoltes à la Sorbonne,
04:18c'est que mai 68 est devenu un mouvement de contestation générale.
04:22Mais ça, c'est une réussite de la gauche.
04:23En effet, c'est de mettre dans la tête des étudiants
04:25« Vous pouvez changer ce pays si vous contestez ».
04:28C'est le déclic, en fait.
04:29Évidemment.
04:30Et moi, je l'ai vu même quand j'étais à la fac,
04:32et c'est là où c'est extraordinaire,
04:34c'est qu'on se retrouve avec des jeunes
04:35qui sont nés fin des années 90,
04:38aujourd'hui début des années 2000,
04:39et qui ont encore comme référentiel absolu
04:41mai 68,
04:42une date qu'ils n'ont pas connue
04:43et parfois que même leurs parents,
04:45voire pour la plupart,
04:45leurs parents n'ont même pas connu
04:47ou n'ont connu que tout petit.
04:48Et c'est très fort, ça.
04:49C'est un marqueur de la gauche, mai 68.
04:51Le problème, c'est qu'il faut se replonger
04:53dans ce qu'était mai 68,
04:54dans l'époque et dans la société de cette époque-là,
04:57et ça n'a rien à voir avec aujourd'hui.
04:58Et en effet, la violence, en revanche,
05:01est beaucoup plus forte qu'en mai 68.
05:03Il y a eu de la violence, quand même, en mai 68.
05:05Oui, mais là, c'est totalement débridé.
05:06C'est peut-être ça qui est inquiétant.
05:08C'est qu'en termes de violence,
05:08on a déjà dépassé ce qu'on avait pu voir en 68.
05:11Et surtout, en mai 68,
05:12peut-être qu'ils s'attaquaient parfois à des policiers,
05:14peut-être que ça a pu arriver,
05:15quelques cas sporadiques de journalistes, enseignants.
05:17Là, on a un peu le sentiment,
05:18dans les blocus en tout cas,
05:19aujourd'hui, je ne sais pas avec les manifestations,
05:21mais dans les blocus,
05:21ils s'attaquaient à tout le monde.
05:23C'est-à-dire que vous êtes n'importe qui,
05:25uniforme, pas uniforme, pompier, policier,
05:27enseignant, proviseur, auxiliaire de vie.
05:29Rappelez-vous ce jeune à Marseille
05:30qui a foutu un spray enflammé
05:31dans la tête d'une femme sur un arrêt de bus.
05:34Donc, on a un peu le sentiment,
05:35c'est horrible, mais de purge, quoi.
05:38Et en fait, ils s'attaquent à n'importe qui
05:39qui se trouverait sur leur chemin.
05:44On peut leur reprocher ce qu'on veut,
05:45mais il y avait un corpus idéologique,
05:47intellectuel, philosophique extrêmement fort,
05:49un courant, 68ars,
05:50ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui.
05:52Qui est capable de me citer
05:53une revendication sérieuse de ces lycéens ?
05:55Oh si, il y en a quand même,
05:56que ce soit l'absentéisme des profs,
05:58que ce soit le délèbrement.
05:59Il y a le port des crocs, c'est de la baïa aussi.
06:01Vous pensez certainement que les lycéens,
06:02ils sont en train de manifester
06:03pour que leurs professeurs soient remplacés.
06:05En brûlant les écoles.
06:07Michel Fayad.
06:08Oui, et puis c'est vrai qu'en 68,
06:09il y avait quand même la pensée trotskiste derrière.
06:12Là aussi, vous me direz quand même
06:14qu'il y a quelques trotskistes,
06:15mais il y a aussi d'autres courants.
06:16Il y a les anarchistes,
06:17il y a les islamistes,
06:18il y a un peu tout qui se présente.
06:20Et c'est là aussi où il y a une différence
06:21avec mai 68.
06:22Parce que mai 68, finalement,
06:24c'était assez trotskiste,
06:25c'était assez gauchiste,
06:26alors que là,
06:28étant donné qu'il y a l'influence des islamistes,
06:30il y a les black blocs,
06:31et ça fait que le mouvement,
06:33à mon sens aujourd'hui,
06:34s'il perdure,
06:35peut-être plus dangereux
06:36que celui de mai 68.
06:37Parce qu'il y a des courants qui cherchent
06:40et qui ont peut-être les moyens
06:41d'abattre réellement l'État.
06:43Regardez, avec la police,
06:45lors de l'affaire Naël,
06:46il a fallu la mobilisation
06:48de la moitié de la police
06:49et de la gendarmerie nationale.
06:51Là, aujourd'hui,
06:51ils ne veulent mobiliser que 2000,
06:52mais demain,
06:53si jamais le mouvement
06:55prend encore plus d'ampleur,
06:56on va mobiliser combien
06:57de policiers et de gendarmes ?
06:59Donc, je pense que le danger
07:00est aujourd'hui beaucoup plus important,
07:02et surtout parce que notre État régalien
07:04s'est beaucoup plus affaibli qu'en 68.
07:06À l'époque du général de Gaulle,
07:07c'était un tout autre État
07:08qui avait des services forts.
07:10Aujourd'hui,
07:11on a des services faibles.
07:12Sébastien Ligné,
07:13Hélène Rouet et Michel Fayad
07:14dans le débat d'Europe 1 Info.
07:16On continue évidemment
07:17de parler de cette révolte lycéenne
07:20et studentine,
07:21ces manifestations aujourd'hui,
07:22l'acte 3, comme ils disent.
07:24Et nous sommes à 7 mois
07:25d'une élection présidentielle.
07:27On avait peut-être oublié
07:27qu'il y avait une campagne aussi.
07:29À tout de suite.
07:29Il est 13h39,
07:30vous écoutez Clélie Mathias,
07:31excellent après-midi sur Europe 1.
07:3313h, 14h,
07:35Europe 1 Info.

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