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  • il y a 3 heures
Dans l'émission "Ça ira !" vous retrouvez tous les mois Cemil Şanlı pour sa chronique reportage, Contrechamp. Ce mois-ci, direction l'Assemblée nationale où on se demande comment éviter de banaliser le RN malgré son poids dans les institutions républicaines.

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Transcription
00:00De quoi est-ce que tu as choisi de nous parler aujourd'hui ?
00:02Eh bien d'une superbe recette de gnocchi que j'adore.
00:05Pas du tout en fait, c'est pas la bonne émission, mais je vais vous parler de politique.
00:09Pas beaucoup de surprises, c'est moins surprenant je sais, mais pourtant nous surprendre,
00:12c'était le projet d'Emmanuel Macron, souvenez-vous il y a quelques jours,
00:15la surprise d'Emmanuel Macron, vous vous souvenez sur France Info, on avait eu l'information.
00:18On a été surpris.
00:19Voilà, c'est ça, on a été surpris par...
00:21On est tombé de notre tête.
00:22Voilà.
00:23Noël à côté, c'est rien du tout.
00:24Bon, j'aurais préféré un gnocchi de mon côté.
00:26Bon, ce mois-ci aura été marqué par la censure du gouvernement Barnier
00:31et la nomination d'un quatrième Premier ministre en moins d'un an,
00:34témoin record d'une crise de régime, disent certains ou certaines,
00:38dont la censure serait un symptôme.
00:39Aujourd'hui, je vous propose de faire un pas de côté de cette actualité
00:42en posant une question qui me semble centrale,
00:44quel est le rôle de l'extrême droite dans le jeu politique français actuel ?
00:47Car sans elle, sans l'extrême droite, pas de censure du gouvernement,
00:50sans elle, pas de Macron élu et réélu président.
00:52Je veux avoir un mot pour les Français qui ont voté
00:56simplement pour défendre la République.
00:59Face à l'extrémisme, je protégerai la République.
01:03Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi,
01:08non pour soutenir les idées que je porte,
01:12mais pour faire barrage à celles de l'extrême droite
01:15et leur dire que j'ai conscience que ce vote m'oblise.
01:18Ça fait toujours un peu bizarre de revoir six images,
01:20on grince un peu tous des dents autour de la table.
01:22En tout cas, oui, c'est un peu bizarre,
01:23mais ça nous rappelle que l'extrême droite a d'abord été
01:25l'épouvantail électoral idéal pour forcer des gens de gauche
01:28à élire et à faire élire des présidents de droite.
01:30On se souvient du score de Chirac, mais les choses ont évolué.
01:34Regardez ce petit graphique que j'ai préparé pour vous ce soir,
01:36où on voit l'évolution du nombre de députés d'extrême droite
01:38à l'Assemblée nationale depuis 45.
01:41Alors, mis à part les quelques élus,
01:42les 52 élus d'extrême droite ici...
01:45Montez un peu la feuille.
01:46Ah, la caméra est par là-bas.
01:47Voilà, à part les 52 élus qui sont ici issus d'une poussée
01:51du mouvement poujadiste en 1956,
01:53et la trentaine de l'eupéniste ici,
01:56résultant en 1986 de l'introduction stratégique,
01:58ce n'est pas le sujet par Mitterrand,
02:00de la proportionnelle aussitôt supprimée après,
02:03eh bien la représentation nationale est restée globalement protégée
02:06de toute intrusion de l'extrême droite.
02:07Grâce au scrutin majoritaire ?
02:09Grâce au scrutin majoritaire, tout à fait.
02:11Mode de scrutin qui favorise les grands partis
02:13bien installés dans les régions
02:14et qui a contribué à évacuer l'extrême droite de l'Assemblée,
02:17mais de façon artificielle.
02:19Car dans le monde réel, la société réelle,
02:21le vote FN puis RN n'a fait que croître
02:23pour finir par passer au-dessus de la digue en 2017
02:26avec l'élection d'un certain banquier d'affaires,
02:30ni de gauche, ni de gauche.
02:31Alors, à partir de Hollande,
02:33vous aviez deux élus d'extrême droite,
02:35puis 88 sous Macron 1,
02:3889 sous Macron 2,
02:39et 124, 124 lors de la dernière législative anticipée
02:44voulue par le président.
02:45Un tsunami absolument historique
02:46dont les causes sont complexes et multiples.
02:49Et pour aller en parler avec certains députés
02:51à l'Assemblée nationale,
02:52nous nous sommes allés avec Lyons Alénor
02:54qui est à la caméra avec moi.
02:55On commence dès maintenant avec Alexis Corbière.
02:57Et ça, ça fait partie de toutes ces petites digues
02:59progressivement que l'on voit
03:01où on est passé d'une situation
03:03où au fur d'un temps,
03:04l'extrême droite, le Front National
03:05étaient vraiment dans la marginalité de la vie politique.
03:08Et non seulement il y a une conversion politique,
03:10il faut une heure d'émission
03:11tous les deux pour analyser.
03:12Pourquoi ?
03:12Parce que la gauche qui déçoit la fin du gaullisme.
03:16Moi, ma thèse, c'est qu'il y avait toujours eu
03:18un électorat populaire de droite
03:19à une époque où elle défendait quand même
03:21un modèle d'état social.
03:22Et cet électorat populaire de droite,
03:23il vote extrême droite essentiel.
03:25C'est-à-dire que la droite, aujourd'hui,
03:26c'est vraiment devenu la droite et Macronine.
03:28Le bloc bourgeois, sociologiquement, j'entends,
03:31des ceux qui votent.
03:32C'est fini, les gens populaires ne votent pas Macron.
03:35Par contre, ils votent pour prendre un réel bel.
03:37Bref, tout ça, c'est une évolution.
03:39Alors, analyse pertinente de l'ex-insoumis
03:41sur les comportements des électeurs et électrices,
03:43mais moi, ce qui m'intéresse,
03:44c'est aujourd'hui, ensemble,
03:45c'est leur comportement à eux,
03:47aux élus, aux politiques,
03:48notamment dans la séquence censure
03:50où la gauche a eu besoin
03:51des voix de l'extrême droite
03:52pour faire tomber le gouvernement Barnier.
03:54C'est ce que je rappelle
03:55à l'écologie Sandrine Rousseau
03:56et l'insoumis Pierre-Yves Caladin
03:58que je croise dans les couloirs de l'Assemblée.
04:00Regardez.
04:01Non, non, moi, j'ai jamais appelé
04:02les voix du Rassemblement National.
04:03Après, ils sont souverains dans leur vote.
04:05Ils sont élus dans l'Assemblée Nationale,
04:07dans l'hémicycle,
04:08et donc, ils appuient
04:08comme ils veulent sur leur bouton.
04:10On ne peut pas...
04:11Mais, en tout cas, moi,
04:11je n'ai jamais espéré leur vote
04:13et j'espérais même
04:13qu'il puisse y avoir une motion de censure
04:15qui passe sans eux.
04:16C'est impossible, mathématiquement.
04:17Je sais que c'est difficile,
04:18mais en fait,
04:19ça aurait été la situation la plus saine.
04:22Ce qui est certain,
04:23c'est que quand on dépose
04:24une motion de censure,
04:25c'est pour qu'elle soit votée
04:26puisqu'on estime
04:26que la politique d'un gouvernement
04:27doit s'arrêter.
04:28Au sens où il est évident
04:30que leur politique produit du malheur partout,
04:32dans tous les services publics,
04:33que la politique économique
04:34qu'ils ont promue pendant des années
04:36est un échec cuisant.
04:37Et donc, aujourd'hui,
04:38la nécessité,
04:39c'est une nécessité politique de fond,
04:40de passer à une autre politique.
04:42Et de ce point de vue-là,
04:43le Rassemblement National
04:44ne sert à rien.
04:45Le Rassemblement National est inutile.
04:47Après, il faut être vigilant et ferme.
04:48Vous avez parfaitement raison
04:49sur le fait qu'on ne dépose pas
04:51de textes communs avec eux,
04:52on ne mène pas de campagne commune
04:53avec eux,
04:53on ne partage pas.
04:54Vous savez,
04:55à l'Assemblée,
04:55on pourrait être par moments
04:56amené à faire des initiatives
04:58un peu communes,
05:00transpartisans,
05:00comme on dit,
05:01surtout pas jamais
05:02avec l'ex-amorat, jamais.
05:03Jamais, mais,
05:04car on le sent venir,
05:05n'est-ce pas, le mais.
05:06Écoutons la suite.
05:07Voilà, bon,
05:08et après,
05:08il y a les jeux parlementaires
05:09qui sont le reflet
05:10de ces contradictions.
05:11Moi, je serais cash,
05:12ça ne me pose pas de problème
05:13de voter avec les députés du RN
05:15pour l'abrogation
05:16de la réforme des retraites.
05:17Et ce serait,
05:18au contraire,
05:18la pire des choses
05:19que de refuser de le faire
05:20au nom du fait
05:21qu'éventuellement,
05:21nos voix se mêleraient
05:22dans le cadre de l'hémicycle.
05:24Ah ben, c'est intéressant, ça.
05:25Est-ce que là,
05:25c'est que vous me dites
05:26que selon texte par texte,
05:28je veux bien...
05:29Non, mais sur la base,
05:30c'est nous qui avons porté
05:31l'abrogation de la réforme des retraites.
05:32Je veux dire,
05:33ce serait folie
05:33de s'interdire
05:35d'abroger
05:36ce recul social
05:37au nom du fait
05:38qu'éventuellement,
05:39on va se retrouver
05:39dans le même vote
05:40que l'extrême droite.
05:40On va juger les lieux populaires
05:41quand on va craindre.
05:42Et pour autant,
05:43c'est d'une fermeté totale
05:44vis-à-vis des idées d'extrême droite.
05:46On a quand même
05:46un peu l'impression
05:46d'être dans une forme de...
05:48en même temps ?
05:48Oui, et surtout
05:49aux yeux des plus éloignés
05:50du jeu parlementaire.
05:51Car même si voter une censure
05:53de concert
05:54n'est pas la même chose
05:55que de bâtir
05:56un texte de loi en commun,
05:57à la fin,
05:57une voix est égale à une voix,
05:59erraine ou pas.
05:59C'est une gymnastique périlleuse
06:01pratiquée par les macronistes,
06:03peu importe le gouvernement.
06:04Regardez,
06:05c'était en février dernier.
06:06Bonjour la ministre.
06:06Bonjour.
06:07Jimmy Stanley du Média TV.
06:08Alors, vendredi dernier,
06:10M. Macron,
06:10le président de la République
06:11a dit, et je cite,
06:13« Il est tout à fait normal
06:13d'avoir des discussions
06:14avec le Rassemblement national
06:16dans l'objectif
06:16de constituer texte par texte
06:18des majorités
06:19qui peuvent parfois
06:20être complétées
06:20ou grossies de leur voix. »
06:22M. Macron qui était élu,
06:23je le rappelle,
06:24vous le savez,
06:24deux fois pour faire barrage
06:25au Front national,
06:27désormais le Rassemblement national,
06:28a-t-il finalement cédé
06:29pour aujourd'hui
06:30travailler avec celui-ci ?
06:32Merci beaucoup
06:33de revenir sur cette phrase
06:35et je pense que
06:36quand on cite,
06:38en tout cas,
06:39c'est ce que je m'attache
06:39à faire en général,
06:40il faut citer dans sa globalité.
06:42Vous avez effectivement
06:44cité de façon très juste
06:45la deuxième partie
06:46en oubliant peut-être
06:47la première partie
06:47qui éclaire grandement
06:49et précisément
06:50et sans ambiguïté
06:51la position qui est celle
06:53du président de la République,
06:54du Premier ministre
06:55et de l'entièreté
06:56du gouvernement
06:56suivi de la majorité.
06:57Ok, bon, j'abrège
06:58car elle va continuer comme ça
06:59pendant une minute
07:00et 12 secondes
07:01sans jamais faire référence
07:02aux 10 morceaux de phrases
07:03que j'aurais omis de citer
07:04car il n'existe pas.
07:06J'ai toujours le micro
07:07sous le bec à ce moment-là
07:08donc je relance et recentre.
07:09Comment du coup
07:09on peut justifier
07:10cette espèce de deux poids,
07:12deux mesures
07:12qu'on peut analyser,
07:13qu'on peut constater
07:13où à la fois
07:14vous dites ce que vous dites,
07:15c'est-à-dire que
07:16vous n'allez pas construire
07:17le texte avec eux
07:17mais vous comptez,
07:19l'exécutif compte
07:20sur les voies
07:20du Rassemblement national
07:21pour grossir parfois
07:22texte par texte,
07:23c'est exactement
07:24ce que le président dit
07:24et en même temps
07:25nous rassurer
07:26sur le fait
07:26que vous ne vous inquiétez pas
07:28on fait en sorte
07:28de ne pas travailler avec eux.
07:29Il y a quelque chose
07:30qui est un peu ambiguë justement.
07:31Aucune ambiguïté.
07:32Je préfère vous le dire.
07:33Merci pour cette question
07:34à nouveau
07:35et à votre entière disposition
07:36pendant des heures
07:37et des jours
07:38à vous répondre dessus.
07:39Je vous tire au mot.
07:39Non mais vraiment,
07:40si je me suis engagée
07:41en politique,
07:43c'est justement
07:44pour continuer
07:44à dévendre
07:45des valeurs
07:45qui sont les nôtres.
07:46À dévendre
07:47les valeurs
07:48qui sont les nôtres.
07:48Je ne sais pas très bien
07:49ce que ça veut dire.
07:49En tout cas,
07:49c'est un beau lapsus.
07:50Effectivement,
07:55Chris Catevenot
07:56sous Macron Attal.
07:57Écoutez maintenant
07:57Maude Bréjean
07:58sous Macron Barnier.
07:59C'était quelques jours
08:00avant la censure.
08:01On le lit un peu partout.
08:02On entend
08:02que Marine Le Pen
08:03elle-même
08:04est identifiée
08:05comme la personne
08:06qui pourrait ou non
08:07appuyer sur le bouton.
08:08Est-ce que ce n'est pas
08:09quelque part
08:10un message envoyé
08:10aux Français
08:11de dire
08:12finalement on ne fait plus
08:13barrage au Front National
08:13mais on travaille avec eux
08:15et c'est normal.
08:16C'est un parti normalisé.
08:17Alors,
08:17il ne faut pas confondre les choses.
08:19Combattre les idées
08:19du Rassemblement National,
08:21combattre le projet
08:21du Rassemblement National,
08:23ce n'est pas
08:25et puis elle rappellera
08:26mettre un point d'honneur
08:27sur le respect
08:28des votes
08:29des Français
08:30et des Français
08:31donc aux 124 élus
08:32d'extrême droite
08:32à l'Assemblée.
08:33Une logique démocratique
08:34implacable
08:35mais non applicable
08:36aux 182 élus de gauche.
08:37Il ne faut pas pousser non plus.
08:39En plus,
08:39tu t'es fait recadrer
08:40en coulisses
08:40pour avoir posé
08:41cette question, Jemil.
08:42Oui, car elle a,
08:43je cite,
08:43irrité la ministre
08:44selon Matignon
08:45ce qui illustre bien
08:46la tension
08:47de la situation politique
08:48en cours
08:48avec l'extrême droite.
08:49Le pouvoir macroniste
08:50semble jouer
08:51à un jeu dangereux
08:52et s'arranger
08:52avec ses contradictions
08:53un peu comme
08:54le Rassemblement National
08:55lui-même de son côté.
08:56Écoutez plutôt l'échange
08:57avec l'un de ses porte-parole
08:59Laurent Jacobelli
09:00que j'ai aussi croisé
09:01à l'Assemblée.
09:01On ne peut plus dire,
09:02on ne peut plus nier aujourd'hui
09:03qu'il y a une volonté
09:04de polissage
09:04depuis quelques années,
09:05de changement,
09:06certains disent
09:07de respectabilisation.
09:08On vous voit aujourd'hui,
09:09alors pas forcément vous
09:10mais tout du moins
09:11les costards,
09:11les cravates, etc.
09:12Une tenue plus retenue
09:15un petit peu
09:15des membres du parti
09:16alors que nos confrères
09:18de Mediapart,
09:18vous le savez,
09:18pendant les législatives,
09:19ont révélé
09:20une centaine
09:20de candidats
09:21et de candidats
09:21mais vous ne pouvez pas
09:22le nier non plus,
09:23les profils sont sortis
09:23avec des propos
09:24clairement haineux
09:25ou complotistes
09:26et je vous traite
09:27quelques exemples.
09:27Vous avez Philippe Lauture,
09:28vous connaissez tout le monde
09:29et le dernier,
09:29par exemple,
09:30j'ai noté,
09:30il y en a un qui a été
09:31condamné pour discrimination
09:32raciale et religieuse,
09:33c'est Joël Villemotte
09:34qui a été élu,
09:34pas en titulaire
09:35mais en suppléant
09:36mais il a été élu quand même.
09:37Donc,
09:38est-ce que ce n'est pas
09:38une contradiction ça ?
09:40Alors,
09:40depuis 2011,
09:41depuis que Marine Le Pen
09:42a pris la présidence
09:43du Rassemblement National,
09:44Front National à l'époque,
09:45il y a eu effectivement
09:46un vrai changement
09:47dans les cadres,
09:48dans beaucoup de choses
09:49parce que nous voulons
09:50être un parti de gouvernement
09:50et nous voulons demain
09:51pouvoir diriger notre pays
09:52parce que nous avons,
09:53je crois,
09:54les solutions pour cela.
09:55Alors,
09:55vous citez un certain nombre
09:57de cas,
09:57alors il y en a qui n'étaient
09:58franchement pas des cas très...
09:59Voilà,
10:00c'était un peu tiré les cheveux
10:01en quatre.
10:01Selon vous ?
10:02Il y avait une quinzaine
10:03de cas effectivement
10:04qu'on a vus.
10:04Une centaine selon le média.
10:05Mais c'est faux.
10:06Je vous dis une quinzaine
10:07et on les a virés tout de suite.
10:08Ils les ont virés tout de suite.
10:09Alors oui,
10:10il y a bien eu des exclusions
10:11du parti,
10:11mais que dire
10:12de Laurent Gnadig
10:14qui a affirmé
10:15que les propos
10:15de Jean-Marie Le Pen
10:17sur les chambres à gaz
10:18n'étaient, je cite,
10:19pas une remarque antisémite
10:20ou encore Florence Joubert
10:21accusée d'avoir tweeté
10:22des propos racistes
10:23sur les réseaux sociaux.
10:24Pareil pour René Lioré
10:25ou encore Joseph Martin
10:27initialement suspendu
10:28pour avoir tweeté,
10:29je cite encore,
10:30le gaz a rendu justice
10:31aux victimes de la Shoah
10:32et finalement réinvesti
10:34par le parti,
10:35tous siègent actuellement
10:36à l'Assemblée.
10:36Je vois que vous êtes
10:37très en pointe
10:37sur l'antiracisme
10:38et vous avez raison.
10:39Ah !
10:40Et vous avez raison.
10:41Le RN est antiraciste ?
10:42Bien sûr.
10:43Ah bon ?
10:43Parce que pour nous,
10:44ce qui fait que nous sommes
10:45une nation,
10:46c'est le fait d'appartenir
10:47à la nation française.
10:47C'est pas l'origine,
10:48c'est pas la couleur,
10:49c'est le fait d'adhérer
10:50au projet de la nation française.
10:52Et vous savez,
10:52moi je viens de l'immigration.
10:54Jacob Eli,
10:55c'est pas d'origine française.
10:56Tout à fait.
10:56Bon, donc c'est pas ça la question.
10:58Vous ne pouvez pas nier
10:58qu'il y a des problèmes
10:59de votre côté.
11:00Des problèmes graves
11:01de racisme,
11:01d'exclusion.
11:02C'est de Vorand
11:03dont on a attendu
11:04sous la dernière législature
11:05qu'il est retourné en Afrique.
11:06Des personnes sont encore...
11:08Non, non, honnêtement.
11:09Quand même, vous ne pouvez pas...
11:10Je pense que ces paroles
11:12ont mal été interprétées
11:13à dessein.
11:14Vous niez donc.
11:14Mais non,
11:15je n'y pas les paroles,
11:16je lis l'interprétation des paroles.
11:17Mais ce que je vous dis,
11:18et ça, c'est ça qui est important.
11:19Et s'il n'y a pas de majorité aujourd'hui,
11:20c'est parce qu'il y a eu
11:21des alliances contre nature.
11:22Tout cela n'a aucun sens.
11:23Vous étalliez aussi
11:24avec M. Ciotti ?
11:25Donc, contre nature, bon...
11:26Bon, non, c'est un peu moins
11:28contre nature quand même
11:29que LFI et le centre,
11:30si je peux le permettre.
11:31Vous n'avez pas l'histoire
11:31de votre parti à vous
11:32et du leur,
11:34de Gaulle et puis pas de Gaulle,
11:35c'est peut-être un peu
11:36contre nature, vous pouvez l'admettre.
11:37Si vous saviez le nombre
11:38de gaullistes qu'il y a aujourd'hui
11:39au Rassemblement National,
11:40vous seriez très étonnés.
11:41Le RN, c'est la nouvelle droite classique ?
11:43Je ne dirais pas ça.
11:44On ne dira pas ça non plus.
11:46En tout cas, je vois que ça fait réagir
11:47dans les commentaires
11:48et sur le plateau,
11:48on en parlera après.
11:49En tout cas, n'empêche
11:55député que la droite
11:56dise républicaine,
11:57ça dit quelque chose.
11:58Va-t-elle finir
11:59cette droite républicaine
12:00par être grand placée
12:01par un FN en plein de mutation
12:02qui a l'Elysée dans le viseur ?
12:04En tout cas, ce changement,
12:05il prend racine
12:07dans l'éclatement
12:07des partis traditionnels
12:08achevés par Macron
12:09qui portent alors en lui
12:10une grande responsabilité
12:11dans cette entreprise
12:13de normalisation
12:13de l'extrême droite.
12:14Mais pourtant,
12:15Emmanuel Macron a récemment déclaré
12:16ne plus vouloir
12:17dépendre du RN.
12:18Effectivement, il l'a dit
12:19justement à Madame Tondelier
12:21qu'on va recevoir tout à l'heure
12:21ici même.
12:22Et pourtant, le choix
12:23qu'il a fait, M. Macron,
12:24sans doute contraint
12:25par la situation
12:26d'isolement de son camp,
12:27de nommer Bayrou à Matignon,
12:28le contredit ce choix
12:29puisque François Bayrou
12:30ayant lui-même
12:31changé d'opinion,
12:32tout au moins de changement
12:33de position sur le RN,
12:35donnant son parrainage
12:36à Marine Le Pen en 2022,
12:37refusant la même année
12:38de qualifier d'extrême droite
12:40le parti de Marine Le Pen
12:41et allant jusqu'à défendre
12:42cette dernière
12:43face à ces problèmes judiciaires
12:45qu'elle essayait peut-être
12:46de cacher
12:46en votant la censure de Barnier.
12:48La présence centralisée
12:50inédite de l'extrême droite
12:51donc chamboule tout.
12:52Certains s'en accommodent,
12:54d'autres semblent regarder
12:55ailleurs, le minimiser.
12:56Alors peut-on toujours
12:57faire barrage à l'extrême droite
12:58en France,
12:59le mot de la fin
13:00ou presque aux élus de gauche ?
13:01L'idée c'est,
13:02alors il faut les combattre,
13:04les battre,
13:05et bien en proposant
13:07une politique alternative,
13:08en faisant en sorte
13:09qu'elle soit victorieuse,
13:10en disant que la force
13:12qui répond aux besoins,
13:13c'est-à-dire aux salaires,
13:15à la crise environnementale,
13:16à la nécessité de refonder
13:17démocratiquement nos institutions,
13:19et bien c'est la France insouise
13:20et le nouveau Front populaire.
13:21Donc en fait pour moi
13:22il y a vraiment un enjeu
13:23très fort à regagner
13:24de la bataille culturelle
13:25parce qu'en fait
13:26ce qui se passe
13:27et notamment avec l'aide
13:28de leurs bras armés
13:30qui est Bolloré
13:30qui avec tous ces médias
13:32installe quand même
13:33une musique,
13:34on perd du terrain culturel.
13:37Et nous là-dedans
13:37il faut essayer évidemment
13:38de les combattre.
13:39Alors il y a plusieurs conditions
13:41déjà de rester unis.
13:42La question de l'unité
13:43est importante.
13:44On est dans un moment politique
13:45qui n'est pas le même
13:45de la vie politique.
13:47L'unité est une ligne stratégique,
13:48pas un truc ponctuel
13:49sur une élection,
13:50une ligne stratégique de fond.
13:51Il faut qu'on reste unis
13:52sur un programme de rupture
13:54dans le sens
13:54pas de retour
13:55des échecs de la gauche.
13:57Suivez mon regard.
13:58Si on ne fait pas ça
13:58c'est bien que la liste en droite
13:59elle va continuer
14:00à avancer fortement.
14:02En effet,
14:03chez nos voisins
14:04elle est déjà au pouvoir
14:05à l'extrême droite
14:05comme en Italie,
14:06en Hongrie,
14:07en Pologne,
14:08elle progresse aussi
14:08en Autriche,
14:09aux Pays-Bas,
14:10en Suède.
14:10et les raisons
14:11sont à chaque fois
14:12similaires.
14:13L'insécurité sociale
14:14et économique,
14:15le rejet de la mondialisation
14:16des élites,
14:16des partis historiques
14:17ainsi que la montée
14:18du racisme
14:19et des discours identitaires
14:20via les médias,
14:21des médias,
14:22aux mains de forces
14:23marquées à droite.
14:24En cause aussi,
14:25une gauche inaudible
14:26est dispersée.
14:27En Suisse,
14:28l'UDC,
14:29sorte de RN local,
14:31a réussi à dominer le pays
14:32en termes de voix
14:33et au Parlement
14:34en jouant sur les peurs
14:36identitaires.
14:36On se souvient de cette affiche
14:37qu'en France,
14:38on a beaucoup entendu
14:39et beaucoup vu
14:39qui date de 2007.
14:41Le parti lui-même
14:42a fait une opération
14:43de relifting
14:43un peu comme le RN en France
14:44et sur les désirs souverainistes.
14:46Mais le système politique
14:47suisse décentralisé,
14:49ses institutions fédéralistes
14:50et sa tradition
14:51de coalition
14:51et de consensus
14:52empêchent toute hégémonie
14:53politique quelle qu'elle soit.
14:55Une sorte de maxi-barrage
14:57anti-dictature
14:57mais qui ne freine pas
14:59pour autant
14:59les idées politiques.
15:01En somme,
15:01la stratégie du barrage
15:02présente ses limites
15:03partout.
15:04Pour finir,
15:04en France,
15:05une crise de régime
15:06ultra-présidentiel
15:07semble venir
15:08pointer le bout de son nez
15:08ce qui remet sur le tapis
15:10les débats
15:11sur le changement
15:12de république
15:13ou d'institution
15:14pour tenter de redonner
15:15de l'air
15:15et de la souplesse
15:16à la pratique du pouvoir
15:17par et pour le peuple
15:18plutôt qu'à travers des partis,
15:20une guerre de partis
15:21parfois éloignée
15:21de la population.
15:22Mais pour tendre vers cela,
15:23il semble encore difficile
15:25de prendre le pouvoir
15:26dans le cadre
15:26des règles du jeu actuel
15:27et ça semble compliqué,
15:29je pense.
15:30Effectivement,
15:30très compliqué.
15:31Merci beaucoup,
15:32Jemil,
15:32je vois que ça a
15:32beaucoup fait réagir
15:33dans le chat.
15:34J'en profite aussi
15:35pour remercier Mediapart
15:36qui nous a raides
15:37avec 300-400 personnes.
15:38Merci beaucoup
15:39à toutes celles et ceux
15:40qui arrivent.
15:41Installez-vous bien
15:42confortablement.
15:42Lumi,
15:43qu'est-ce que ça t'inspire
15:43la chronique de Jemil ?
15:45J'ai trouvé ça super intéressant
15:47et effectivement,
15:47la question aussi
15:48de ce qu'on appelle
15:49la stratégie de la cravate,
15:50le fait de lisser
15:52leur image le plus possible,
15:53c'est vrai que c'est
15:53quelque chose
15:54sur lequel on revient
15:54très souvent.
15:55Mais on parle plutôt
15:56de ce qu'ils appellent
15:57les brebis galeuses,
16:02et dit qu'ils ne pensaient
16:03pas que Jean-Marie Le Pen
16:04avait tenu des propos
16:05antisémites, etc.
16:06Et Marine Le Pen,
16:07il y a un truc
16:07qu'on oublie aussi
16:08très souvent,
16:09c'est que Marine Le Pen,
16:09ça a quand même été
16:10une militante de son parti,
16:12du Front National.
16:13Mais c'est quelque chose
16:14qui aujourd'hui,
16:15c'est pas seulement,
16:16c'est aussi, disons,
16:17les concernés,
16:18les chefs de ce parti-là
16:20qui, vraiment,
16:21ça fait partie
16:22de leur idéologie
16:23et c'est vrai
16:23qu'on a tendance
16:24à les pointer certains
16:26qui sont beaucoup
16:27plus maladroits,
16:28mais même eux,
16:29il faut vraiment
16:29garder ça en tête,
16:30quoique,
16:31mais ils cachent,
16:32ils cachent,
16:33puisque je me souviens
16:33de leur entrée
16:34au Parlement,
16:36vous savez,
16:36quand ils ont été élus
16:37beaucoup plus nombreux,
16:37les 124,
16:38je suis allé au Parlement
16:40avec d'autres journalistes,
16:41on essayait de les interviewer
16:43et ils avaient reçu
16:44l'ordre,
16:45tout du moins,
16:46la consigne
16:46de ne pas répondre aux journalistes.
16:47Ils étaient là présents
16:48pour qu'on puisse les filmer,
16:49qu'on puisse commenter,
16:50mais on ne pouvait pas
16:51leur parler,
16:52alors que,
16:52comme je le rappelle dedans,
16:53il y avait une centaine
16:54de candidats
16:55dont certains ont été élus
16:56avec des propos
16:56bien plus que problématiques.
16:58On le sentit au nom
16:58de la casquette,
17:01elle a abandonné le truc,
17:02mais il y a vraiment...
17:03C'est pour ça qu'il faut en sorte
17:03qu'ils ne parlent pas.
17:05de tenir les rangs,
17:06donc elle a une responsabilité,
17:07comme tu le dis à l'instant.
17:08Merci beaucoup,
17:08tous les deux,
17:09merci beaucoup,
17:10Jemille,
17:10pour ta chronique.
17:11Merci.

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