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  • il y a 3 heures
La stratégie de la « cravate » laisse la place aux attaques contre les toges. Ce dimanche place Vauban à Paris, le Rassemblement national (RN) tenait meeting pour « sauver la démocratie » et attaquer les « juges tyrans qui exécutent l’État de droit », selon les mots du député Jean-Philippe Tanguy, non loin de la place de la Concorde, où déjà, le 6 février 1934, ses prédécesseurs menacèrent la République. Notre journaliste Cyprien Caddeo analyse les images de ce meeting.

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Transcription
00:00Dimanche 6 avril, le Rassemblement National a tenu une manifestation avec le hashtag Sauvons la démocratie pour manifester contre la
00:10condamnation de Marine Le Pen et notamment contre la peine d'inégibilité de Marine Le Pen après sa condamnation.
00:17Donc je rappelle pour le détournement de fonds publics, on lui reproche d'avoir détourné 4,1 millions d'euros
00:21avec son parti pour en gros embaucher des assistants parlementaires qui étaient censés travailler pour les eurodéputés RN mais en
00:29fait qui travaillaient pour le parti sur fonds publics.
00:32Donc c'est un détournement de fonds publics tout simplement. Je rappelle l'affaire parce qu'encore une fois comme
00:35le RN ne veut pas qu'on en parle, je rappelle les faits.
00:40Et donc ils ont donc fait cette manifestation qui avait un peu vocation à mettre une espèce de démonstration de
00:44force, de dire mais regardez, il y a 11 millions de français qui nous suivent, 11 millions de français qui
00:49sont privés de bulletin de vote, c'est le narratif du RN.
00:52Et bien on va faire une manifestation pour vous prouver qu'on est là et qu'on ne se laissera
00:56pas faire.
00:57Et bien je vais vous en parler parce que voilà à quoi ça pouvait ressembler. Donc là je vous ai
01:03montré le tweet du Rassemblement National. Il y a eu une guerre d'images autour.
01:05Une guerre d'images pourquoi ? Parce qu'en gros tous les observateurs sont assez d'accord pour dire que
01:09c'était un flop.
01:10Un flop au sens où la place, on va voir les images tout à l'heure, mais la place Vauban,
01:14qui n'est pas très loin des Invalides, où a eu lieu la manifestation, n'était pas pleine.
01:18Et les chiffres, là vous voyez 10 000 patriotes revendiqués par le RN, ce chiffre là il est tout à
01:27fait galvaudé, tout à fait surestimé.
01:31Mais bon c'est un peu le jeu des manifestations, de gonfler les chiffres de toute façon, mais bon, ce
01:35qui m'intéresse c'est pas tant la guerre des chiffres.
01:37Donc en gros la guerre des chiffres, pardon c'est en gros 10 000 selon le RN, 7 000 selon
01:40la police, et selon certains médias c'est moins que ça.
01:44Mais moi ce qui m'intéresse c'est comment en fait la communication s'est faite autour de ça.
01:48Voilà, donc là je vais prendre les photos par exemple de ce premier tweet du Rassemblement National, qui est épinglé
01:53toujours sur le compte du RN d'ailleurs, donc c'est important pour eux.
01:55Donc on va regarder les photos, bon photos de famille on va dire, on a Eric Ciotti, on a Le
02:00Pen, bon ça ça m'intéresse pas trop.
02:02Moi ce qui m'intéresse c'est les photos de foule.
02:05Bon voilà, les photos cadrées, drapeaux français, vous l'avez compris.
02:07Et voilà, ce genre de photos là m'intéresse plus.
02:10Sur le cadras du RN et dans les photos qu'ils ont partagées, et bien vous avez l'impression qu
02:14'il y a une marée de militants et de drapeaux tricolores pour soutenir Marine Le Pen.
02:19Ok, photos cadrées judicieusement pour vous donner l'impression d'une marée humaine.
02:23On retrouve cette même rhétorique dans un tweet d'une députée européenne, Mathilde Androuet, une députée RN bien sûr.
02:32Voilà, les photos de foule pareil, bon bah voilà, oui effectivement, on se dit, ah bah oui il y a
02:36du monde là, ah oui oui il y a du monde.
02:39Photos pareil, cette photo là, voilà, on se dit, ah waouh la place est pleine.
02:43Sur cette photo on a l'impression que la place est pleine, donc la place vaut bon du coup.
02:49Donc, je vois qu'il y a des gens qui me parlent dans le chat de la manif de gauche,
02:53on va y revenir aussi.
02:55Donc voilà, sauf que bon ça c'est la, ça c'est la, ça c'est la, donc la communication
03:01du RN qui donc te donne l'impression d'une espèce de marée humaine.
03:04Et en fait il y a la vérité, donc c'est un, cette photo là qui a pas mal circulé,
03:08vous l'avez sans doute vu passer sur les réseaux sociaux.
03:09Elle est signée de Alison Tassin, ou Alison, je sais pas comment on le prononce, je crois que c'est
03:13Alison, qui est journaliste pour le groupe TF1 LCI.
03:16Et qui a pris cette photo vue du dessus, et effectivement vue du dessus, on se rend compte que la
03:19place Vauban, qui est censée effectivement contenir 10 000 personnes,
03:22bon bah vous voyez bien qu'elle est quand même largement clairsemée pour la bonne moitié de la place.
03:26Et donc il y a potentiellement à peine la moitié de ça.
03:30Tout ça n'est pas, n'est pas, tout ça est disputable.
03:34Enfin en gros, le chiffre se situe probablement entre, voilà, entre 4 000 et 6 000.
03:39Bon bref, là c'est à la louche, mais en tout cas il n'y a pas 10 000, ça
03:41c'est une certitude.
03:43Même le Parisien, je vous ai mis le Parisien, le Parisien a parlé de 1 500 personnes à 15 heures,
03:48selon une source policière.
03:49Donc bon, après à 15 heures ça commence à peine, est-ce qu'après il y avait plus de gens
03:53que ça ?
03:54Voilà, le Parisien dit quelques milliers pour pas trop s'avancer.
03:59C'est toujours difficile d'avoir un compte précis de gens dans une manifestation, c'est vrai tout le temps.
04:07Mais bon voilà, le chiffre se situe dans cette fourchette là.
04:12Et pourquoi ça m'intéresse ? Parce qu'en fait, là il y a bataille de chiffres.
04:16Et donc on se dit, on se dit, bah flop quoi.
04:19Ok les mecs ont revendu qu'il y ait 10 000, en fait c'était la moitié, ils sont nuls.
04:24Bah, alors, la question qu'il faut se poser en fait c'est, à quoi sert une manifestation ?
04:28Est-ce que cette manifestation avait vocation à, effectivement, envahir la place de monde
04:34pour faire une démonstration de force en termes de regarder la masse qu'on est ?
04:37Ça aurait pu être ça, et ça peut être ça.
04:38Et pour le fait, le fait qu'ils aient pas réussi à avoir une marée humaine,
04:42contrairement à ce qu'ils disent, dit quelque chose.
04:45Dit quelque chose de la force de mobilisation du RN.
04:47Alors j'ai vu qu'il y a des gens du RN qui disaient,
04:49oui mais c'était à Paris, nous nos militants ils sont pas parisiens,
04:52on n'a pas pu les faire monter tous à Paris,
04:54puis ça sécher le train, bon bref.
04:56Ok, très bien, admettons.
04:58L'argument est un peu bizarre, parce que généralement,
05:00pour un meeting de Marine Le Pen, ils arrivent à faire monter des gens en bus,
05:03il n'y a pas de problème, donc bon.
05:04Bon, voilà.
05:06Disons qu'on acte l'argument, on va dire.
05:11Mais, moi ce qui m'intéresse, c'est est-ce que vraiment la question,
05:14c'est d'avoir du monde sur place ?
05:17En fait, là où ça se joue, la communication,
05:19c'est précisément sur les images qu'on a montrées.
05:21Voilà pourquoi l'affrontement entre les deux photos que je vous ai montrées,
05:23c'est-à-dire la photo cadrée RN et la photo cadrée TF1,
05:27elle est très importante, parce qu'en fait, ce qui se joue là,
05:31c'est comment, c'est pas tant le réel de la manifestation,
05:34et c'est ça un peu aussi ce qu'on appelle l'ère de post-vérité,
05:36souvent, c'est ce qui se joue, c'est pas le réel de la manifestation,
05:38c'est comment on va la raconter, et quel récit va s'imposer.
05:41Si le RN arrive à s'imposer l'idée qu'il y avait du monde et que c'était un
05:44succès,
05:45en fait, ils ont gagné, peu importe que c'était pas le cas, en fait.
05:48Et de ce point de vue-là, dans la guerre des images,
05:51je note que BFM a joué un rôle.
05:57Pourquoi ? Parce que BFM a retransmis en intégralité
06:02la prise de parole de Marine Le Pen en direct sur BFM.
06:07Donc, quand bien même il n'y avait pas le monde ou pas,
06:09on peut dire qu'il y a eu 30 minutes de discours de Marine Le Pen en direct sur BFM.
06:14Et ça, c'est comme un...
06:16Objectivement, pour le RN, c'est quand même un sacré succès.
06:18C'est-à-dire qu'à 16h13, le RN a occupé l'actualité.
06:21C'était l'actualité. L'actualité, c'était le discours de Marine Le Pen.
06:24Je vous mets juste...
06:27Vous savez, moi, j'ai une petite passion pour les cadrages.
06:30Je vous mets le...
06:33Juste l'habillage de...
06:34Regardons l'habillage.
06:36Déjà, images fournies par le parti.
06:38Vous avez le bandeau.
06:39Donc, les images de retransmission de BFM,
06:41c'est pas une caméra de BFM,
06:43c'est les caméras du RN fournies à BFM.
06:47Donc, le cadrage et la mise en scène
06:50qui sera diffusée sur BFM,
06:52ce sera les images du Front National,
06:54enfin, du Rassemblement National.
06:55Et ça, c'est quand même pas important.
06:58Donc, par ailleurs, vous voyez le bandeau.
07:00Vous voyez, en bas à droite, 2027,
07:02le coup d'envoi avec Marine Le Pen en photo.
07:05Ils ont mis Bardella aussi au cas où.
07:06Mais enfin, vous voyez bien que, selon le narratif de BFM,
07:09la course d'un présidentiel se joue toujours avec Marine Le Pen,
07:11alors qu'à l'heure actuelle,
07:12elle est censée ne pas pouvoir se présenter.
07:14Encore une fois, choix discutable.
07:17Pourquoi ?
07:18Pourquoi il y a Bompard ?
07:18Pourquoi il n'y a pas Mélenchon ?
07:19Alors, actuellement, officiellement, le candidat, c'est Mélenchon.
07:22Pourquoi il n'y a pas d'autres gens de gauche ?
07:23Pourquoi il n'y a que Tondelier et Bompard comme candidat à gauche ?
07:26Pourquoi il n'y a pas le PS ?
07:27Pourquoi il n'y a pas le PCF ?
07:29Bref, pourquoi il n'y a pas Poutou ?
07:31Je ne sais rien, mais bref, vous voyez bien qu'il y a un problème.
07:33Mais bon, si on regarde,
07:36on ne va pas regarder le meeting,
07:36on ne va pas écouter le discours de Marine Le Pen,
07:38mais moi, ce qui m'intéresse,
07:39si on passe un peu tout ça, c'est
07:41quoi ça ressemblait sur BFM ?
07:49Voilà, par exemple, ce plan.
07:51Bon, ben, ce plan,
07:52si t'es un
07:55un spectateur lambda,
07:56que t'as pas suivi
07:57le débat sur Twitter, sur est-ce qu'il y a
08:0010 000, 5 000, machin,
08:01ben, t'as vu ça, tu dirais, ouais, il y a du monde.
08:03Il y a du monde, en plus, ça de la gueule, avec la coupole derrière, ça de la gueule.
08:06Bon, ben, voilà, t'as impressionné.
08:10Voilà, cette image aussi,
08:11cette image judicieusement cadrée.
08:13Encore une fois, c'est des images fournies par le parti,
08:15donc, à partir du moment où c'est des images fournies par le parti,
08:18tu peux pas t'attendre à ce qu'ils aient fait un cadrage
08:19sur le fait qu'il y avait personne.
08:22Mais voilà, c'est ce genre de plan qui va avoir lieu.
08:24Mais je ne connais pas le renoncement.
08:26Alors,
08:30on va regarder s'il y a d'autres plans.
08:31Mais vous voyez ce que je veux dire.
08:33Moi, ce qui m'intéresse, c'est que,
08:34ok, peut-être que Marine Le Pen,
08:35c'est un échec au sens où il y avait personne,
08:38mais c'est une réussite au sens où il y avait
08:40BFM qui leur a laissé une demi-heure de diffusion
08:41avec leurs images.
08:43C'est ce que nous raconte, d'ailleurs,
08:45si je ne me trompe pas,
08:46un article de Télérama
08:47que je vous conseille,
08:49qui raconte comment précisément
08:50les chaînes d'info,
08:51je crois qu'il n'y a même pas que BFM en plus,
08:53ont relégué les images filmées par le parti d'extrême droite
08:55d'une foule dense,
08:56un cadrage flatteur, nous disent-ils,
08:59qui interroge sur la diffusion de ces vidéos
09:00maîtrisées par les politiques.
09:02Est-ce qu'une chaîne d'info doit accepter
09:03de diffuser des images captées par un parti ?
09:05Et ça, c'est vrai pour tous les partis.
09:06Et pour tous les meetings,
09:07je pense que la réponse est non,
09:08parce que de toute façon,
09:09tu n'es pas maître de ta mise en scène médiatique.
09:12Et c'est aux médias de savoir
09:13comment ils veulent raconter ça.
09:14Évidemment, quand tu prends la photo,
09:14par exemple, de l'AFP,
09:15c'est déjà un peu plus...
09:17cette photo-là, donc,
09:18c'est déjà un peu plus réaliste.
09:21Mais voilà,
09:22donc, il nous raconte
09:25qu'on a eu une diffusion
09:28sur les chaînes d'info
09:29des images captées par le parti,
09:31comme on a pu le voir sur BFM,
09:32ce qui pose une question.
09:35Et par ailleurs,
09:36donc,
09:37quelqu'un parlait de la manif de gauche.
09:38La manif de gauche,
09:39ça n'a pas fait non plus
09:41le plein.
09:42Ça, c'est vrai.
09:42Mais en fait,
09:43la manif de gauche,
09:43elle avait quelle vocation ?
09:45Elle avait vocation
09:45à ne pas laisser précisément
09:46à Marine Le Pen
09:49l'actualité,
09:49elle est toute seule.
09:50Parce qu'en fait,
09:50s'il n'y avait eu que la manif
09:51de Marine Le Pen sur BFM,
09:52il y aurait juste une demi-heure
09:53de Marine Le Pen qui parle
09:54et point barre.
09:55Peut-être des gens
09:55pour commenter ça en plateau.
09:57Mais parce qu'il y a eu
09:58la manif de gauche,
09:59il y a eu aussi des extraits,
10:00alors moins long, certes,
10:01mais il y a eu des extraits,
10:02des prises de parole
10:03de Manuel Bompard
10:04ou de Marine Tondelier,
10:05par exemple,
10:06ou d'Assaut,
10:06qui ont été diffusés
10:07sur les chaînes d'info.
10:08Donc,
10:09ça veut dire que
10:10ce jour-là,
10:11dans le récit médiatique,
10:13on a aussi parlé
10:14de la contre-offensive de gauche
10:15et pas uniquement
10:16de la manif du Rassemblement National
10:18avec les images
10:19slatos du RN.
10:20Donc,
10:20ça ne règle pas la question
10:23tout à fait
10:24de la guerre de récits,
10:25mais ça montre
10:26en quoi c'est l'enjeu,
10:28en fait.
10:28L'enjeu,
10:28ce n'est pas
10:29qu'il y ait un million de personnes
10:31à la place de la République,
10:31en fait.
10:32C'était qu'il y ait
10:33juste une manifestation
10:34pour qu'il y ait
10:35des caméras,
10:36en fait.
10:36Des caméras.
10:37Parce que,
10:38ça pose,
10:38encore une fois,
10:39c'est la question
10:39de à quoi sert une manif.
10:40Une manif,
10:41ça sert à se compter,
10:41c'est vrai.
10:42Ça sert aussi,
10:43dans la guerre des récits médiatiques,
10:45à faire information,
10:46en fait,
10:47à faire événements.
10:48Et,
10:49à partir du moment
10:49où il y a une manif,
10:50combien même elle n'est pas réussie,
10:51combien même il n'y a pas trop de monde,
10:52il y a quand même une manif
10:53et donc il y a quand même
10:54un truc dans l'actualité
10:54et donc il y a quand même
10:55on en parle, quoi.
10:57Et c'est ce que nous raconte
10:58dans l'Humanité
11:00Romain Huret,
11:01qui est historien
11:02et à qui on a posé
11:03des questions
11:03pour comparer
11:05la stratégie de Marine Le Pen
11:06à celle de Trump,
11:08notamment sur
11:09la rhétorique anti-juge.
11:11Et il est assez intéressant,
11:12notamment sur,
11:14en fait,
11:15il prend la,
11:15enfin,
11:15c'était un retient
11:16qu'on a fait avant la manif,
11:18mais il prend de l'avance
11:20un peu sur ce qui se passe
11:21et il nous dit,
11:22il faut que je retrouve
11:23l'extrait,
11:24c'était où ?
11:30Ouais, c'est ça.
11:32Voilà,
11:33en gros,
11:34ce qui est un des marqueurs
11:35de fascisme,
11:36on lui demande
11:37et il nous dit,
11:39aujourd'hui,
11:39un autre modèle
11:40est en train de naître,
11:41le fascisme,
11:42donc le fascisme historique,
11:43s'est déployé
11:44dans l'espace public,
11:46donc effectivement
11:47par l'effet de masse,
11:47etc.,
11:48quand Donald Trump
11:49et le RN
11:49sont portés
11:50par la démocratie numérique,
11:51entre guillemets,
11:52la virtualisation
11:53de la vie politique
11:54change la donne,
11:55d'une certaine manière,
11:56les gens qui manifesteront
11:57dimanche à Paris
11:57seront beaucoup moins
11:59nombreuses,
12:00effectivement,
12:00que celles qui ont pris part
12:01au tremblement de terre
12:02qui secoue les réseaux sociaux
12:03depuis la condamnation
12:04de lundi.
12:05C'est là où une grande partie
12:06du débat
12:06continuera de se jouer
12:07plutôt que dans la rue,
12:07donc c'est très exactement
12:08ce qu'on a raconté,
12:10le débat,
12:11en fait,
12:12l'enjeu de la manif
12:14pour Marine Le Pen
12:15et pour la gauche
12:16aussi d'une certaine mesure,
12:17c'est pas tant d'avoir
12:17des millions de personnes
12:19au meeting,
12:20c'est sûr que s'il y en a,
12:21ça n'a plus de gueule,
12:22mais c'est de pouvoir
12:24contrôler les récits
12:25et faire récits
12:26à partir de cette manifestation
12:27et la manifestation
12:28a servi de point d'appui
12:30pour une guérilla
12:31sur les réseaux sociaux,
12:32côté extrême droite
12:33et une contre-offensive
12:34à gauche,
12:35donc de toute façon,
12:36ça a vécu sa vie
12:37en dehors de la simple
12:38question de la manifestation.
12:39Voilà.
12:40Je voulais vous en parler
12:41parce que ça me paraît
12:41important sur la mutation
12:43de la stratégie politique.
12:44Une manif,
12:45maintenant,
12:45c'est plus uniquement
12:46une question de faire nombre,
12:49c'est une question
12:50de faire récit.
12:51Voilà.
12:51Et c'est pour ça,
12:52d'ailleurs,
12:52que dans les manifs de gauche,
12:54on est autant énervé
12:55quand les médias libéraux
12:58se concentrent sur les poubelles brûlées
12:59et les vitrines éclatées
13:00au lieu de se concentrer
13:01sur le côté festif,
13:04familial,
13:06nombre massif
13:06et sur le fond,
13:08notamment,
13:08des revendications
13:09d'une manifestation.
13:11Voilà.
13:13C'était tout ce que je voulais vous dire
13:14sur la question
13:15de la manifestation.
13:16Évidemment,
13:16on va continuer à suivre
13:17l'épopée complotiste
13:19de Marine Le Pen
13:20sur la question
13:20de sa condamnation.

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