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  • il y a 17 heures
Ce soir-là, ils pensaient être au courant de toutes les surprises. Jusqu’à découvrir le tweet d’Emmanuel Macron, encore dans la tribune officielle, d’un culot tel qu’il fait enrager l’équipe artistique à l’origine de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024. « Mais le mec se fout de notre gueule ! » hallucine l’un des architectes.

Comment ne pas rouler des yeux devant les trois mots choisis par le chef de l’État pour célébrer la performance d’Aya Nakamura, accompagnée des déhanchés un poil rigides de la Garde républicaine ? « En même temps », slogan censé encapsuler l’essence du macronisme.

Une récupération qui passe d’autant plus mal lorsqu’on sait que ce tableau, l’un des plus marquants pour ce qu’il raconte d’une France « en même temps » universelle et plurielle, a bien failli finir à la poubelle. Florent LE DU et Théo Bourrieau racontent les coulisses inédites de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024.

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Transcription
00:00Il y a un an, les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris s'ouvraient avec une cérémonie d'ouverture qui
00:04restera dans l'histoire pour sa qualité et ses messages progressistes.
00:07Mais est-ce que vous saviez que Michel Sardou a failli remplacer Aya Nakamura ?
00:11Que les élections législatives ont bousculé le programme ?
00:14Que le groupe de K-pop Blackpink aurait pu être à l'affiche de la cérémonie ?
00:17Emilio Mellet, qui est aussi en politique avec toi, et Florent Ledoux se sont plongés dans les coulisses de cet
00:22événement.
00:22On avait un peu envie, un an après, de se replonger là-dedans.
00:25D'abord parce que c'est un sujet plus léger, je sais pas, mais quand même, ça permet un peu
00:31de prendre du recul l'été, de prendre un peu de temps là-dessus.
00:35Donc je crois que ça a été publié lundi, il me semble, hier ou avant-hier ?
00:40Non, cette enquête a été publiée jeudi dernier, le 24, avec cette très belle lune.
00:47Je pensais pas un jour pousser pour mettre Aya Nakamura en une de l'humanité, mais en fait j'en
00:52suis fier.
00:53Si t'as accompli quelque chose à l'humanité, c'est ça Florent.
00:57Pourquoi est-ce que vous avez eu envie de vous replonger dans les coulisses de la cérémonie un an après
01:01?
01:01C'était parce que vous vous ennuyez, c'est l'été, y'a rien à faire ?
01:04Pas du tout, en plus ça nous a pris beaucoup de temps.
01:07J'imagine.
01:09Déjà parce qu'on l'aime en fait cette cérémonie, on aime ce qu'elle raconte, on trouve que c
01:16'est une cérémonie très politique.
01:18C'est une cérémonie qui a quand même rendu hommage à la Révolution française, qui plaide pour la libération sexuelle,
01:29pour le fait de pouvoir aimer qui l'on veut.
01:34Pour le mélange des genres, pour la diversité, c'était une cérémonie très forte, qui en plus, pour moi comme
01:40pour Emilio, en fait regroupe...
01:43Tu parles d'extrême droite, c'est pas vraiment une passion pour moi, mais pour le coup regrouper pratiquement trois
01:51de nos plus grandes passions,
01:52c'est-à-dire le sport, la culture et la politique. On a vraiment ces trois-là dans cette cérémonie.
01:58Et puis on se disait aussi que probablement tout n'avait pas été raconté et que c'était intéressant de
02:04revoir les acteurs de cette cérémonie.
02:07On a vu une vingtaine des architectes, des concepteurs de la cérémonie d'ouverture, que ce soit les auteurs qui
02:15étaient au tout début du projet,
02:18jusqu'au préfet des régions, Marc-Guillaume, qui gérait tout ce qui était sur la scène, les bateaux, etc.
02:26Pas le côté sécurité, mais voilà. Et on a appris pas mal de choses quand même.
02:31Oui. On va revenir sur plein de choses que vous avez appris, que vous révélez. Voilà l'article dont tu
02:36parles.
02:37Alors il est un peu long, mais je vous invite vraiment à le lire parce que c'est très agréable
02:42à lire.
02:42D'abord ça rappelle plein de souvenirs, on apprend des choses, c'est un peu rigolo, des fois il y
02:46a des petites anecdotes sympas,
02:48donc je vous invite vraiment à le lire. C'est évidemment disponible sur le site de l'humanité.
02:52En plus maintenant vous pouvez vocaliser les articles, c'est-à-dire si vous êtes abonné, vous pouvez...
02:55Quelqu'un ou quelqu'un, enfin une voix artificielle, vous lit l'article.
03:01Vous commencez votre papier en rappelant ça. Le tweet d'Emmanuel Macron, le soir de la cérémonie, à presque 22h,
03:09en même temps en mettant une vidéo de la performance d'Ayana Kemoura pendant la cérémonie.
03:16Pourquoi vous avez décidé de ressortir ce tweet ?
03:20Parce qu'il a énormément énervé les auteurs de la cérémonie.
03:25Tout simplement parce qu'Emmanuel Macron, il célèbre ce moment vraiment iconique de la cérémonie d'Ayana Kemoura avec la
03:34garde républicaine.
03:35Cette séquence, en tout cas telle qu'elle a été au final, Emmanuel Macron n'en voulait pas.
03:42Et il a mis pression pour qu'elle n'ait pas lieu.
03:45Alors, pour être tout à fait exact, ce n'est pas qu'il ne voulait pas Diana Kemoura, ni qu
03:50'elle soit avec la garde républicaine.
03:52En fait, il ne voulait pas qu'elle chante ses propres chansons.
03:57Ce qu'on nous a expliqué, c'est qu'à ce moment-là, la règle, c'était qu'aucun interprète,
04:04aucun top artiste, comme ils les appellent,
04:06ne chante une chanson de son propre répertoire.
04:11Alors voilà, Juliette Armanet chante du John Lennon, Lady Gaga chante du Zizi Jean-Mère, etc.
04:18Sauf que pour Ayana Kemoura, évidemment, ça a du sens.
04:22Tout dans cette séquence a du sens, tout dans cette séquence est politique.
04:27Donc évidemment que c'était fort.
04:28Mais Emmanuel Macron, il restait vraiment là-dessus.
04:34Pourquoi ? C'est quand même assez étrange, mais en tout cas, c'était ça.
04:38Et pratiquement jusqu'au bout, il a mis pression.
04:41Les auteurs ont eu très très peur, même qu'au dernier moment, il s'aborde cette séquence.
04:47Si bien que le début, quand Ayana Kemoura sort, officiellement sort de l'Institut de France,
04:54où il y a l'Académie française, cette porte, elle n'est ouverte normalement que pour le Président et les
05:03papes.
05:04Là, il y a eu normalement une dérogation, justement pour le symbole,
05:11et puis c'est la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques.
05:13Mais en fait, les auteurs ont eu très très peur que jusqu'au dernier moment, Emmanuel Macron décide de ne
05:19pas ouvrir la porte.
05:20Ah ouais !
05:21Et finalement, en fait, quand on regarde, la porte est déjà ouverte.
05:24Enfin, la porte est déjà ouverte, non pardon, c'est pas ça.
05:27Ayana Kemoura est devant la porte.
05:29Il y a eu une espèce d'illusion parce qu'ils ont eu cette crainte-là.
05:32On le voit dans cette séquence ou pas ?
05:33Je pense que là, ils ont commencé déjà.
05:39Ah, ils sont déjà devant.
05:40Tant pis, j'aurais bien aimé voir cette image.
05:42C'est fou les petits détails comme ça.
05:43Vous pouvez le regarder, mais si on voit, la première apparenition d'Aiyana Kemoura, en fait, elle est déjà un
05:47petit peu devant.
05:48Parce qu'en fait, ils avaient trop peur.
05:51Imaginez, ça s'ouvre pas et Yana Kemoura ira se bloquer.
05:53Ça aurait pu arriver qu'Emmanuel Macron vienne mettre un petit coup de clé pour empêcher que la porte sort.
05:56Elle ne la donne pas ou donne la consigne de pas l'ouvrir.
06:00On ne sait pas s'il a vraiment menacé de ça, mais il y a eu une vraie crainte.
06:07Mais en t'écoutant, on a l'impression que Emmanuel Macron avait vraiment son mot à dire à ce moment
06:10-là.
06:10Parce qu'on peut entendre qu'il est un droit de regard assez léger sur la cérémonie d'ouverture qui
06:16va être regardé par plusieurs millions de personnes.
06:18Mais est-ce qu'il avait cette force de frappe ?
06:21Est-ce qu'il avait le pouvoir de dire, ben non, en fait, ça, ça, ça me plaît pas, ça,
06:24je veux pas.
06:26Alors, c'est difficile vraiment à mesurer.
06:28Nous, ce qu'on nous a dit, c'est qu'à part ça, où ça a été vraiment très tendu,
06:32on nous parle même de guerre.
06:34À part ça, il les a laissés tranquilles.
06:38Voilà, il y a eu quelques recommandations.
06:41Alors, on ne sait pas trop si c'est lui ou ses conseillers.
06:43Tu parlais de Michel Sardou.
06:45A priori, ce serait plutôt un conseiller qui a glissé comme ça.
06:48Ça serait pas mal, Michel Sardou, pour l'ouverture.
06:51Ils ont dit non.
06:53C'était pas trop l'idée.
06:54Est-ce que ça a failli arriver ? Est-ce qu'on est passé à côté de Michel Sardou à
06:57la cérémonie d'ouverture ?
06:58Je crois pas.
06:59Non, ça n'a jamais été une idée vraiment retenue.
07:02On parlait de Michel Sardou.
07:03Il y a d'autres grands noms qui circulaient pour être un peu la tête d'affiche internationale de la
07:08cérémonie d'ouverture.
07:10J'ai vu passer plein de noms.
07:12J'ai vu passer les Blackpink.
07:14J'ai vu passer Adèle.
07:16Il y a plein de noms comme ça.
07:18Est-ce que tu peux nous faire un petit récap de qui on aurait pu avoir à la cérémonie d
07:22'ouverture ?
07:23Alors déjà, je pense qu'à peu près tous les chanteurs et chanteuses connus ont été évoqués.
07:29C'est ce qu'on nous a raconté.
07:31Parce que vous dites, dans le papier, il y en a qui ont vraiment été dans la liste et d
07:34'autres, ils ont été évoqués comme ça.
07:36Mais finalement, on serait très vite et mis de côté.
07:37Je pense que même nous, de notre côté, si on réfléchissait à la cérémonie d'ouverture, on était là.
07:43Qui est-ce que tu aimerais ? Ce serait super, un duo entre machin et machin.
07:46Entre qui et qui ? On veut savoir qui tu espérais, Florent.
07:51Moi, il me va très bien comme ça.
07:52Mais eux, voilà, ils l'ont fait forcément avec, en plus, ce côté, c'est possible.
08:01On va le tenter.
08:02Et donc, il y en a, il y a effectivement les Blackpink, une des chanteuses des Blackpink dont je ne
08:07me souviens plus du nom.
08:08Je vous avoue que je ne connaissais même pas le groupe avant de me lancer.
08:11Tu n'es pas encore tombé dans la K-pop.
08:13Je suis vieux maintenant.
08:16Il y a eu plusieurs idées.
08:17Il y avait l'idée au départ de réunir une chanteuse plutôt par continent.
08:23Ah oui.
08:26À la fin, ce qui, finalement, ça n'a pas fait.
08:28C'est pour ça qu'ils avaient envisagé sérieusement Angélique Kidjo, par exemple, et la chanteuse des Blackpink.
08:36Il y a eu des noms comme Beyoncé, comme Pharrell Williams.
08:40Alors, il y a plusieurs égéries de LVMH.
08:42Je ne sais pas si c'est un hasard ou pas.
08:45Mais en tout cas, LVMH, je ne sais pas si on y reviendra.
08:47On peut y revenir maintenant.
08:50On peut faire une petite séquence là-dessus.
08:51Une petite dégrossion.
08:53LVMH a donné, je n'ai plus le chiffre, je crois que c'est 250 millions d'euros pour l
08:58'ensemble des Jeux Olympiques.
09:02Et a conclu une sorte de marché pour qu'il y ait un clip promotionnel quand même de LVMH qui
09:09faisait un peu tâche dans cette cérémonie.
09:11Même si les auteurs l'ont voulu l'englober dans le tableau qui s'appelle Synchronicité et qui met en
09:18avant l'artisanat.
09:21Ils voulaient au départ quelque chose qui soit vraiment sur ce qu'ils appelaient les premières lignes, les travailleurs.
09:29Donc voilà, ils l'ont fait un petit peu comme ça, avec des échanges qui avaient l'air assez savoureux
09:36avec les représentants de LVMH.
09:38Par exemple, au début, ils avaient envisagé, je ne sais pas si c'est à la manière d'Astérix et
09:42Obélix ou vraiment Astérix et Obélix,
09:44qui, comme dans Astérix chez Cléopathe, se passent les mâles comme ça.
09:50Et très sérieusement, les représentants de LVMH l'ont dit, mais on ne lance pas une mâle.
09:56Encore moins une mâle LVMH.
09:57On ne lance pas un sac Louis Vuitton.
09:58C'était très sérieux, donc parfois très compliqué, je pense, pour les auteurs de faire ça.
10:04À noter que Damien Gabriac, un des auteurs de cette cérémonie, nous dit, c'est à la fin du papier,
10:10il dit, nous, on a fait le braquage du siècle, en fait.
10:12On a pris l'argent de LVMH pour faire une cérémonie de gauche.
10:16Beau braquage.
10:17Oui, tu parlais des égéries de LVMH, on parlait de Blackpink, il y a une des quatre qui est une
10:22égérie de LVMH.
10:23Je crois que c'est Jisoo.
10:25Je ne le crois pas.
10:26Ah oui ? Parce qu'il y a Lisa, Jenny.
10:29C'est Lisa.
10:29Ah, c'est Lisa ?
10:30Oui.
10:30Ok, désolé.
10:32En tout cas, qui a été envisagé.
10:33Ok.
10:34Parce que je crois que Jisoo est géré d'une autre grande marque, mais je ne m'y connais pas
10:39assez en K-pop pour parler de ça.
10:43Tout ce que tu nous racontes, là, vous avez demandé un peu à l'Élysée ce qui était vrai, ce
10:47qui n'était pas vrai, etc.
10:48Qu'est-ce qu'ils vous ont répondu ?
10:50Que ce n'était pas vrai.
10:52C'est tout ? Il n'y a rien à voir ?
10:53Non, que Thomas Joly et ses équipes avaient totale liberté à propos de l'apport de l'Institut de France.
11:03On considérait que nos questions étaient orientées et qu'en tout cas, il n'a jamais été question de ça.
11:12Ils ont été très clairs sur leur démenti.
11:15Nous, on maintient nos versions parce qu'on a eu suffisamment de monde pour nous expliquer, pour nous raconter l
11:23'attention qu'il y a eu autour des chansons d'Aïana Kamoura.
11:26Ce qui fait que nous, on peut l'affirmer après l'Élysée des démons.
11:31Très bien, le massage est passé, l'Élysée des démons.
11:33Mais on maintient tout ce que vous avez écrit.
11:36Vous parlez dans l'article de plein d'idées qui ont été évoquées mais qui n'ont jamais vu le
11:40jour.
11:41Il y en a beaucoup, je ne sais pas si on va pouvoir toutes les lister, mais il y en
11:43a quand même certaines qui sont un peu croustillantes, je trouve.
11:48Une énorme carte vitale sur les quais.
11:50Qu'est-ce que c'est que cette idée ?
11:52Ils ont voulu construire ça.
11:53En fait, ça fait partie des choses où plusieurs concepteurs du spectacle sont un petit peu déçus de par être
12:02allés au bout.
12:03Ils voulaient vraiment un grand hommage au service public.
12:06Et à travers ça, la carte vitale et plus largement le remboursement des frais médicaux, en plus, a été une
12:17des stars des Jeux.
12:18Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais il y avait plein d'athlètes qui trouvaient ça dingue, de
12:22comment ça marche dans les hôpitaux, qui trouvaient ça génial.
12:26Et donc, ça aurait été un beau symbole de faire une carte vitale.
12:28Alors, je ne sais pas exactement pourquoi ça ne s'est pas fait.
12:31Est-ce que c'était trop compliqué ? Est-ce que esthétiquement, c'était pas top ?
12:34Ce que ça représente, c'est incroyable.
12:35Mais esthétiquement, une carte vitale, c'est un verre un peu criard.
12:39C'est ça.
12:40A priori, ils n'ont pas trouvé la bonne solution pour que ça fonctionne.
12:44Dans la même idée, une idée qui n'a pas abouti, c'était de faire une grande manif ou une
12:51grande grève, dans l'idée que c'est très français et qu'on en est fier.
12:55Mais même une manif en direction de la tribune officielle.
12:57C'est ça.
12:58Après, ce qui a été envisagé, c'était une manif dansée, en fait, qui donne une impression de mouvement, de
13:09colère, de revendication.
13:10Après, il y avait la question, si on arrive, quelle est la revendication qu'il y a ? Est-ce
13:16qu'on a une revendication ? Est-ce que c'est juste une évocation, finalement ?
13:19Est-ce qu'on peut arriver avec une pancarte Macron d'émission dans la tribune présidentielle ?
13:22Peut-être pas.
13:26C'est un peu dommage.
13:28La manière dont on nous l'a raconté, on l'imaginait vraiment, d'une foule en mouvement et d'une
13:34danse, d'une chorégraphie.
13:36Pour le coup, ça, c'est très esthétique.
13:37C'est assez facile de chorégraphier tout ça.
13:40Ça, on imagine bien.
13:41Ils ne pouvaient pas tout faire.
13:42Non.
13:42Une nuée de ninjas qui grimpaient sur la conciergerie en flamme avant d'enfiler deux bonnets phrygiens sur les tours
13:48de la prison pour figurer la Révolution française.
13:50Une nuée de ninjas.
13:51Je pense qu'ils sont allés très très loin sur le délire Révolution française.
13:53Oui.
13:54Parce que c'est déjà génial ce qu'ils ont fait avec Gojira et Marina Viotti.
13:59Donc, sur la conciergerie où était enfermée Marie-Antoinette.
14:03Ce qui explique d'ailleurs pourquoi il n'y a que la tête de Marie-Antoinette qui est comme ça
14:09et pas celle de Louis XVI.
14:11Louis XVI n'était pas ici.
14:12Donc, voilà, ils ont voulu s'en tenir à l'histoire.
14:17En fait, oui, ils ont voulu aller beaucoup plus loin.
14:19Il y a une idée, c'était ça, d'avoir des centaines de gens déguisés en ninja qui portent d
14:28'immenses bonnets phrygiens qu'ils allaient mettre sur le haut des tours de la conciergerie.
14:33Dans le même temps, on aurait toujours les Marie-Antoinette.
14:35On aurait toujours les métalleux de Gojira.
14:38Mais qui, eux, auraient été sur une plateforme dans laquelle en dessous, il y aurait une lame de guillotine.
14:44J'allais y venir après ça.
14:45Et contre la façade, ça aurait fait comme ça avec les lames qui coupent.
14:50Je crois qu'ils se sont dit à la fin, c'est too much.
14:52Ça fait trop, ouais.
14:53Il y a en plus une scène qui avait fait le tour de Thomas Barre, le président du CIO, qui,
15:00quand on lui présente le tableau Révolution, dit pas de guillotine.
15:04Donc, bon, peut-être que ça clôt le débat là-dessus.
15:08La tête coupée de Marie-Antoinette, ok, mais c'est l'histoire.
15:11Des guillotines, aujourd'hui, on ne veut plus voir que ça renforce.
15:14Parce que je pense qu'on avait compris le message et qu'il n'avait peut-être pas besoin d
15:17'aller au-delà.
15:18Mais ça montre, en fait, qu'il y a une chose qui est hallucinante.
15:23C'est qu'ils ont envisagé, ils l'ont écrit, ils l'ont évalué, le fait de construire une route
15:31au milieu de la scène.
15:32Une vraie route, sur six kilomètres, pour permettre à la cavalière, à la toute fin de la cérémonie, qui a
15:41le drapeau olympique sur son dos.
15:43En fait, ils voulaient un vrai cheval, qui remonte toute la cérémonie.
15:46Et donc, ils se sont dit, on construit une route ?
15:49Ils ont dit, non, vous êtes fou, c'est que vous êtes beaucoup trop cher.
15:52Et puis même, on ne fait pas ça, en fait.
15:54Et après, ils se sont dit, mais pourquoi pas ?
15:56En fait, ils ont exhumé un vieux projet du début du XXe siècle, qui était une sorte de tapis roulant.
16:04Ils se sont dit, on peut poser ça sur la scène, mais ça coûtait un fric fou.
16:11Et finalement, d'ailleurs, juste sur l'argent, en fait, la plupart des idées qui ont été remodonnées, c'était
16:17à cause de ça.
16:17Parce qu'évidemment, elle a coûté cher, la cérémonie.
16:20On n'a pas le chiffre exact autour de 50 millions.
16:23On nous dit, mais on ne sait pas exactement du niveau artistique.
16:27Ça a coûté très cher.
16:28Et en même temps, ce n'était pas non plus quelque chose d'illimité.
16:34Si on prend bout à bout tout ce qui a été fait, il y a 20 000 personnes, quand même,
16:38athlètes compris.
16:40Mais qui sont concernées par cette cérémonie.
16:44Donc, évidemment, que ça a un coût énorme.
16:49Bon, on a un peu rêvé avec des idées qui n'ont jamais vu le jour.
16:52Il y a un autre truc qui n'a pas vu le jour, et heureusement, c'est un plan B
16:55au Stade de France.
16:55Souvent, dans les cérémonies d'ouverture, on dit toujours, si jamais il y a un problème,
16:59que ce soit des forces intempéries ou un problème, une menace, etc.,
17:03on a toujours une solution de repli, un peu.
17:07Mais là, il n'y avait pas de plan B qui était prévu au Stade de France.
17:09Pourquoi ? Pourquoi ce n'était pas envisageable ?
17:11Alors, il y avait un, pour être tout à fait exact, il y avait ce qu'ils appellent un plan
17:15de contingence.
17:16C'est-à-dire, si, mais jusqu'à 15 jours avant la cérémonie,
17:19s'ils voyaient qu'il y avait une alerte terroriste maximale,
17:24ils auraient fait autre chose.
17:26Probablement, je crois, alors je ne sais plus si c'était au Trocadéro ou à la Concorde, mais voilà.
17:31Et, par contre, un plan B au Stade de France, il n'a jamais été vraiment envisagé.
17:36Ce que nous explique Thierry Reboul, qui est celui qui est vraiment une grosse cheville ouvrière de cette cérémonie,
17:45qui a tout le côté production, et c'est lui qui a eu l'idée de cette cérémonie sur la
17:50scène.
17:50Lui, ce qu'il nous explique, c'est que si il avait écrit un plan B en disant,
17:55bon, bah, on pourra faire tel tableau, il y a Nakamura, machin, ça sera possible ici,
18:00dit la préfecture, les institutions auraient tout de suite dit, ok, on fait ça.
18:04On ne prend pas le risque, on fait ça.
18:07Lui, il dit, je suis sûr que si j'avais présenté un plan B, ils auraient dit,
18:10c'est parfait ça, c'est très bien, on va faire ça, on va arrêter les bêtises avec la scène.
18:16Donc, lui, jusqu'au bout, il s'est dit, voilà, on fonce tel baissé, on prend le pari, et ça
18:23va fonctionner.
18:24Il a pris le pari aussi sur autre chose, c'est qu'il n'y a pas de plan pluie.
18:29Il nous a dit, Thierry Reboul, mais moi, jusqu'à deux ans avant, je racontais à tout le monde,
18:36il ne pleuvra pas le 26 juillet, c'est le jour de l'année où il pleut le moins.
18:40Donc, il n'y a pas d'autre plan pluie, ce qui explique que c'est le jour même qu
18:43'ils doivent décider.
18:44Bon, ben, finalement, les BMX, on ne les met pas.
18:47Bon, ben, finalement, les danseurs sur les toits, il y en a qui ne vont peut-être pas monter,
18:51parce que ça peut être glissant et dangereux.
18:53Voilà, c'était très risqué, ça a marché pour l'un, un peu moins pour l'autre.
18:59Après, on ne va pas revenir sur la pluie, parce qu'on en a déjà beaucoup parlé dans d'autres
19:02médias,
19:02mais il y a plein de gens aussi qui disent que le côté pluie a ajouté une dimension un peu...
19:07Alors, il y a des choses qui n'ont évidemment pas pu être faites,
19:09mais ça a ajouté une dimension un peu fin du monde, enfin, je ne sais pas comment dire,
19:12mais un peu un aspect un peu comme ça.
19:15Oui, il y a de la poésie dans la pluie.
19:17Après, je t'avoue qu'hier soir, j'étais, par hasard, sur un pont de la Seine,
19:25avec le soleil couchant, et je me disais,
19:27mais cette cérémonie avec ce temps-là, ça aurait été quand même magnifique.
19:32Ça et les gouttes de pluie sur les caméras.
19:35Ah oui.
19:36Juliette Armanet, elle est floue.
19:38Tout le truc.
19:40Bon, voilà.
19:41Mais ça fait partie, en fait, ça fera partie de la mythologie, un petit peu, de cette cérémonie.
19:46Pour Aya, ça rendait trop bien la pluie, par exemple.
19:48C'est vrai.
19:51Et sur le catwalk, c'est vrai.
19:52Et toute cette séquence de danse et de défilé,
19:57avec des flaques d'eau et les danseurs dessus, c'est assez magnifique.
20:03Voilà, tu vois, finalement, on peut trouver du positif.
20:07Vous écrivez, il y a eu des relations tendues avec le préfet de police d'Alors, Didier Lallement.
20:11Est-ce que tu peux nous parler de ces relations tendues ?
20:13Pourquoi ?
20:13Pourquoi on n'était pas content, Didier ?
20:15On n'a pas eu, nous, Didier Lallement, donc je n'ai pas sa version.
20:20Mais ce qu'on nous a dit, lui, était farouchement contre cette idée de faire la cérémonie sur la scène.
20:30Il a vraiment poussé contre.
20:33Et ce qu'on comprend, c'est que c'est quand même débloqué quand il est parti,
20:37que Laurent Lugnès est arrivé à sa place, avec beaucoup plus de bonne volonté,
20:42des inquiétudes, évidemment.
20:45Mais on nous parle d'un déclic.
20:47Alors, je ne sais pas si c'est à ce moment-là, si c'est un peu plus tard.
20:50Plusieurs personnes nous parlent d'un déclic à un moment où, en fait, tout le monde se dit...
20:55Au début, ça se tire à la bourre.
20:58Et les autres, ils arrivent, ils me disent,
21:00« Ah oui, au fait, on ne vous a pas dit, mais on va mettre aussi sur une espèce de
21:04petit radeau
21:06un chanteur, un pianiste, et puis le piano, il sera en feu. »
21:10Les autres, ils ont 200 bateaux à gérer, 200 000 spectateurs, etc.
21:15Donc, ils deviennent fous, en fait.
21:17Donc, il y a une espèce de confrontation.
21:19Et au bout d'un moment, tout le monde va dans le même sens,
21:20parce que les uns ne peuvent pas faire sans les autres.
21:23Et ils ont intérêt de travailler ensemble.
21:27Il y a un mot qui revient souvent quand on regarde cette cérémonie,
21:30quand on en entend parler, c'est l'inclusion.
21:34Pourquoi ce mot revient souvent ?
21:35Et quelle forme ça prenait, l'inclusion dans la cérémonie et dans les discussions ?
21:39Je crois que ça a vraiment été une obsession pour tout le monde.
21:43C'est-à-dire, là, on parlait des auteurs tout à l'heure,
21:47il y a aussi ce qu'ils appelaient la core team,
21:49avec un référent par discipline, on pourrait dire.
21:53Il y a quelqu'un pour la musique, Victor Le Mans,
21:55pour la danse, Maud Le Pladec,
21:57pour les costumes, Daphné Burki.
22:00Et donc, tout le monde, en fait, a cette obsession de la diversité.
22:06Donc, ça passe par la mode, avec montrer différents styles,
22:10par la danse, montrer différents styles.
22:11Et puis, le choix des artistes, ils se sont vraiment pris la tête,
22:14se dire, en fait, il faut que tout le monde soit représenté,
22:17en même temps qu'elle ait le message
22:20de mettre telle personne sur telle chanson.
22:24Faire attention, est-ce qu'on n'essentialise pas les gens
22:26de mettre une chanteuse noire sur cette chanson ?
22:29Quel est le message ?
22:31Est-ce qu'on n'essentialise pas non plus ?
22:33Il y a plein de questions qui s'opposent comme ça.
22:36Et en fait, le moindre détail, de toute façon,
22:38a été réfléchi, scruté.
22:40Il y a ce qu'on raconte à un moment aussi,
22:42je crois que c'est la veille,
22:43en tout cas, peu de temps avant la cérémonie,
22:47Damien Gabriac, qui est un des auteurs,
22:49mais qui est aussi un peu le maître des horloges,
22:52comme dirait l'autre,
22:53c'est-à-dire qu'il sait précisément
22:56où doit arriver chaque bateau à telle seconde
23:00pour que tel spectacle, tel tableau soit déclenché
23:03et que tout marche bien.
23:06À un moment, il se rend compte,
23:07quelques heures, je crois, la veille de la cérémonie,
23:10qu'au moment de le passage de la délégation sénégalaise,
23:14c'est la chanson « Douce France » qui est censée passer.
23:17« Douce France » avec une ancienne colonie qui passe.
23:22Il a été pris de panique.
23:23Le message, pour le coup, pas ouf.
23:25C'est pour montrer le point de précision ultime
23:28qu'il y a eu tout le temps.
23:33Il y a un truc dont on n'a pas encore parlé,
23:34c'est la mobilisation des intermittents,
23:36parce qu'on ne s'en rappelle plus trop,
23:37mais ça a un peu fait l'actu,
23:38quelques jours, semaines avant la cérémonie d'ouverture,
23:40c'est que les intermittents étaient mobilisés.
23:42Est-ce que tu peux nous rappeler
23:44pourquoi ils étaient mobilisés
23:45et est-ce que ça a influencé ou pas la préparation,
23:48mais aussi la cérémonie en tant que telle ?
23:52Ça concerne les danseurs,
23:55principalement, même je crois exclusivement,
23:57du tableau « Synchronicité ».
24:00La plupart des danseurs qui étaient sur le toit
24:03et les danseurs qui dansent dans de l'eau,
24:06je ne sais pas si vous vous souvenez,
24:07avec un décor doré derrière eux.
24:10Et eux, il y a énormément de danseurs,
24:13il y a ceux des ballets nationaux
24:14qui, eux, sont en CDI, tout ça,
24:16et je crois environ 200 danseurs
24:20qui sont, eux, intermittents,
24:22qui sont payés par la société Paname 24,
24:25qui est la société de production des Jeux Olympiques.
24:29Et, en fait,
24:30eux sont payés entre 200 et 300 euros le cachet
24:35suivant leur rôle.
24:38Sauf que, en fait, dans le détail,
24:40ils n'avaient pas le détail entre la part de cachet
24:41et ce qu'on appelle les droits voisins,
24:43qui sont liés à la propriété artistique,
24:46aux droits d'auteur.
24:48Je ne vais pas être très précis,
24:49mais dans l'idée, c'est ça.
24:51Et ils ont vu que, en fait,
24:53ça ne fonctionnait pas,
24:55qu'ils n'avaient pas assez
24:57de ces droits voisins-là
25:00si on avait le détail.
25:02Il y a ce côté-là.
25:04Et, en plus,
25:05ne respectez pas,
25:07en tout cas, c'est le point de vue
25:09des syndicats,
25:11ne respectez pas
25:11la convention collective,
25:15excusez-moi,
25:17qui veut que, sur un déplacement,
25:20les danseurs soient défrayés
25:22de leurs frais
25:24d'hébergement,
25:26de bouche et de transport.
25:28La réponse de Paname 24,
25:30ça a été de dire
25:31« Mais en fait, nous,
25:32notre société, elle est à Paris.
25:34La cérémonie, elle est à Paris.
25:35Ce n'est pas un déplacement. »
25:38Alors qu'eux, évidemment,
25:39se déplacent.
25:40Un autre argument,
25:41parce qu'ils ont joué la montre
25:42vraiment ce qui explique
25:44pourquoi il y a eu
25:44un préavis de grève,
25:45on va y venir.
25:48Plusieurs fois,
25:49on leur a fait comprendre
25:50qu'ils avaient déjà
25:52bien de la chance
25:52de participer à la cérémonie
25:54d'ouverture,
25:55qu'ils n'allaient pas en plus
25:56se plaindre d'être sous-payés.
25:57Sous-payons en visibilité,
25:58c'est bien.
25:59Donc finalement,
26:00il y a eu un préavis de grève,
26:02ce qui a forcé
26:04Paname 24
26:05et Paris 2024,
26:06qui a fait un peu
26:07l'intermédiaire,
26:09d'engager
26:09des vraies négociations.
26:12Il y a eu,
26:12dans le même temps,
26:13une action
26:14à une des répétitions
26:15qui s'est faite
26:16le point levé.
26:17Et on avait vu
26:19des images
26:20quelques temps avant,
26:21je crois que c'est
26:22une semaine avant.
26:24Et à ce moment-là,
26:25en fait,
26:26ça se débloque.
26:28Les cachets
26:29vont être quasiment
26:30doublés.
26:31Mais il reste
26:32toujours cette question
26:34des défraiements,
26:36qui n'a pas été
26:37réglée.
26:38Il y a dix danseurs
26:39qui sont actuellement
26:40en procédure
26:42au prud'homme.
26:42Là,
26:43c'est toujours pas fini.
26:45Et la société
26:47Paname 24
26:48reste sur ses positions
26:50pour l'instant.
26:50Donc,
26:51c'est pas fini.
26:55Vous écrivez
26:55« Le sens d'une œuvre
26:56dépendre sans contexte »,
26:57c'est quelque chose
26:58qui m'a beaucoup parlé.
27:00Il faut se rappeler
27:01que 15 jours avant
27:02la cérémonie,
27:03il y avait
27:03les élections législatives,
27:04puisqu'il y avait
27:05la dissolution
27:05début juin,
27:06après les élections européennes.
27:09Donc,
27:09il y avait
27:10le danger
27:10de l'extrême droite,
27:12il y avait tout ça.
27:14Comment ça a
27:15influencé
27:16la cérémonie
27:17d'ouverture ?
27:17Est-ce que
27:17les concepteurs,
27:18conceptrices
27:19avaient en tête
27:20le fait
27:20qu'on soit passé
27:21pas très loin
27:22d'avoir un Premier ministre
27:24d'extrême droite ?
27:25Oui.
27:27Tous ceux
27:27à qui on en a parlé
27:28nous ont dit
27:29qu'au minimum,
27:30ils étaient terrifiés
27:31et certains
27:33même paralysés.
27:34En fait,
27:35à l'idée
27:35qu'il puisse y avoir
27:38Jordan Bardella,
27:39Premier ministre
27:39dans la tribune officielle
27:40à ce moment-là,
27:41que cette cérémonie
27:42qui célèbre la France
27:43célèbre une France
27:44qui vient délire
27:45l'extrême droite.
27:48Et après,
27:49ils sont,
27:49en fait,
27:50immédiatement,
27:50ils sont allés regarder
27:53tout leur tableau,
27:54tout le spectacle
27:55à l'aune de ça,
27:58de si c'est
27:59l'extrême droite
27:59ou le pouvoir,
28:00qu'est-ce que ça raconte ?
28:01Est-ce que ça raconte
28:02autre chose ?
28:03Ils se rassurent
28:04assez vite
28:04en se disant
28:05Aya Nakamura,
28:07Gojira,
28:08le petit clip
28:09avec le trouple,
28:10des choses comme ça.
28:12On va leur mettre
28:12dans la gueule.
28:14Difficilement possible
28:15de le reprendre
28:16par un angle
28:17extrême droite.
28:18Difficilement.
28:18Et au contraire,
28:19ils se disent
28:20finalement,
28:21en fait,
28:21ce serait un acte
28:22de résistance
28:22presque,
28:23cette cérémonie.
28:24Il y a quand même
28:25le côté
28:26« Ouais,
28:27mais est-ce qu'on leur sert ? »
28:28il y en a un des auteurs,
28:30Damien Gabriel,
28:31qui nous dit
28:32que lui,
28:33il serait parti.
28:35Ah oui.
28:35Ce qui aurait été compliqué
28:37pour eux,
28:37parce que c'est lui
28:37qui gérait tous les petits timings,
28:39tout ça.
28:40Mais lui disait
28:41« Moi,
28:41je ne peux pas en fait,
28:43je ne peux pas participer
28:44à ça,
28:45à faire une grande fête
28:46alors que l'extrême droite
28:46vient de gagner
28:48comme si de rien n'était. »
28:51il y a ça.
28:52Et ce qui les a
28:54pas mal inquiétés aussi,
28:56c'est la cavalière
28:58avec le drapeau olympique
29:00qui est une évocation
29:00de Jeanne d'Arc.
29:02Jeanne d'Arc,
29:02l'extrême droite,
29:04le Front National,
29:05depuis des années,
29:07essaye de récupérer.
29:09Alors que,
29:10on peut dire plein de choses,
29:12elle serait peut-être
29:12même de gauche,
29:13Jeanne d'Arc.
29:15mais en tout cas,
29:17ce symbole-là,
29:19de cette évocation
29:20de Jeanne d'Arc
29:21qui arrive devant
29:23Jordan Bardella,
29:23Premier ministre
29:24à la tribune,
29:25ça,
29:26il ne savait pas trop
29:27comment changer ça,
29:29comment ça aurait pu
29:29être perçu.
29:31Mais à tous les niveaux,
29:32en fait,
29:32ça a inquiété.
29:34Du côté de la mairie de Paris,
29:36on nous expliquait
29:37qu'il y a une campagne
29:40qui était,
29:40je crois,
29:42« Venez accueillir la flamme. »
29:43Donc,
29:44il devait y avoir
29:44des affiches partout,
29:45sauf que la flamme,
29:47évidemment,
29:47c'est la flamme olympique,
29:48mais ça peut être
29:48la flamme du Rassemblement
29:50National aussi.
29:51Donc,
29:51finalement,
29:52ils n'ont pas sorti
29:52cette communication.
29:55Les anneaux,
29:57les gros anneaux olympiques
29:59devaient être
29:59à la Bastille
30:01des semaines avant.
30:03Finalement,
30:04ils ont eu peur
30:06qu'en fait,
30:06ce soit un endroit
30:08qui cristallise
30:10à la fois
30:12le geo-bashing
30:13qui était légitime
30:15sur plein d'aspects
30:16et la lutte
30:17contre l'extrême droite
30:18qui est aussi
30:19un amalgame
30:20entre tout ça
30:21et donc,
30:22ils n'ont pas sorti,
30:23en fait,
30:23ils ont planqué
30:24les anneaux olympiques
30:25pendant plusieurs semaines
30:26alors qu'ils devaient être
30:28sur la place de la Bastille.
30:30Je vois beaucoup
30:30de nouveaux nouvelles
30:32dans le chat.
30:32Bienvenue à toutes celles
30:33et ceux qui nous rejoignent.
30:34Tu commences à parler
30:35du geo-bashing.
30:36Je te propose
30:37qu'on termine
30:37sur cette question.
30:40C'est vrai
30:41que la cérémonie d'ouverture
30:41a été une gigantesque fête,
30:43une gigantesque fête progressiste,
30:45etc.,
30:46que les JO en tant que telles
30:47étaient aussi,
30:48en termes sportifs,
30:49etc.,
30:50il y avait plein de belles choses,
30:52mais il faut se rappeler
30:53qu'avant les JO,
30:54il y avait aussi
30:54beaucoup de critiques,
30:55beaucoup de critiques légitimes
30:56en termes environnementaux,
30:57en termes sociaux,
30:58il y avait beaucoup de critiques.
30:59Est-ce que tu n'as pas l'impression
31:00que cette cérémonie d'ouverture
31:03a balayé d'un coup
31:03toutes les critiques
31:04qu'on pouvait faire aux JO
31:05et que même les gens
31:06de gauche qui étaient critiques
31:08se sont dit
31:08« Oh, quand même,
31:09c'était un bon moment,
31:10on va quand même en profiter. »
31:11Et est-ce qu'on n'a pas
31:12un peu oublié
31:13toutes les problématiques
31:14que ça posait,
31:15des problématiques
31:15très concrètes quand même ?
31:17Si, si,
31:18c'est sûr qu'à partir de...
31:19En fait,
31:20cette cérémonie,
31:20elle a vraiment lancé
31:24ces jeux
31:24et a mis à peu près...
31:26J'allais dire,
31:26tout le monde est d'accord.
31:27Non, il y a beaucoup de gens
31:28qui n'ont pas aimé
31:28cette cérémonie.
31:30Mais en tout cas,
31:32ça a donné un élan
31:33qui fait, je pense,
31:35que les jeux
31:36se sont aussi bien passés.
31:37Mais évidemment,
31:38le revers,
31:39c'est qu'après,
31:40tous les sans-abri
31:41qui ont été déplacés
31:43aussi pour cette cérémonie,
31:45pas que...
31:46Mais qui ont été déplacés,
31:48on n'en a plus parlé.
31:50Il y a plein de choses
31:51comme ça,
31:51l'impact environnemental,
31:53on n'en a pas énormément parlé.
31:56Et ensuite,
31:57on a même,
31:58voilà,
31:59relayé,
31:59enfin, je dis nous,
31:59pas dans l'humanité,
32:01mais relayé
32:03cette espèce
32:03de greenwashing
32:04des jeux
32:05avec des choses
32:06qui, évidemment,
32:07étaient bien.
32:07Le village olympique,
32:08il est pensé
32:09pour 2050,
32:11pour que ce soit
32:12un écoquartier,
32:13tout ça,
32:13très bien.
32:14Mais en fait,
32:15évidemment,
32:16que les jeux
32:17ont un impact environnemental
32:19encore,
32:20que ce sera encore pire,
32:21probablement,
32:22dans 4 ans.
32:24qu'on ne va pas franchement
32:27dans le bon sens,
32:28en tout cas,
32:29qu'il n'y a pas encore
32:31une énorme prise de conscience
32:33là-dessus.
32:33Et effectivement,
32:34ça,
32:34on l'a un peu oublié.
32:37Il faut faire le bilan.
32:39Il faut faire le bilan.
32:41Merci beaucoup,
32:41Florent.
32:42Je crois qu'on a fait le tour.
32:43Sous-titrage Société Radio-Canada

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