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  • il y a 14 minutes
Une escalade commerciale secoue l’Atlantique : face à la menace d’une surtaxe de 30 % sur ses exportations dès le 1er août, l’Union européenne prépare une réplique massive de 72 milliards d’euros. C’est un véritable bras de fer : l’UE menace de cibler un large éventail de produits américains — aviation, automobile, bourbon, services numériques — tout en continuant de négocier. De Bruxelles à Washington, que se joue-t-il vraiment ? Une guerre commerciale ou un jeu stratégique ? Le point avec Christophe Deroubaix et Sarah Nedjar.

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Transcription
00:00Trump et les droits de douane. Une escalade commerciale secoue l'Atlantique face à la menace d'une surtaxe de
00:0530% sur les exportations des États-Unis dès le 1er août.
00:10L'Union européenne prépare une réplique massive de 72 milliards d'euros. C'est un bras de fer. L'Union
00:18européenne menace de cibler un large éventail de produits américains.
00:22On parle d'aviation, d'automobiles, d'alcool, de services numériques, etc. Tout en continuant de négocier. Et de Bruxelles
00:30à Washington, où est-ce que ça se joue vraiment cette guerre commerciale et quelles sont les stratégies employées ?
00:36On va vous parler de ces enjeux. Déjà, on a beaucoup parlé des droits de douane ici. Comme tu le
00:44disais, c'est un projet au long cours et peut-être que Trump ne s'imaginait pas ramer autant pendant
00:49des mois et de longues semaines.
00:52Cette menace de 30% déjà découle, comme tu le disais, de beaucoup de négociations. Pourquoi cette menace de 30
01:00% de droits de douane par Trump ?
01:03Oui. Alors là, pareil, il faut un peu revenir en arrière pour élargir et voir le paysage global. Il y
01:11a l'idée parmi une partie des élites américaines que le système de libre-échange mis en place dans les
01:20années 90,
01:22signé notamment par Bill Clinton, la création de l'OMC au début des années 90, l'accord de libre-échange
01:28avec le Mexique et le Canada signé en 94,
01:31aujourd'hui est contre-productif pour les États-Unis. C'est-à-dire que le système se retourne, du point
01:40de vue économique, se retourne contre ceux qui l'ont initié dans les années 90.
01:44Donc il faut en sortir. Donc Donald Trump n'est pas opposé au libre-échange. Il propose de rentrer dans
01:51un libre-échange différent.
01:53C'est-à-dire qu'il n'est plus multilatéraliste, à travers l'OMC par exemple, mais à travers des
02:01accords bilatéraux.
02:02Donc c'est un peu pareil sur le plan économique et sur le plan diplomatique. C'est-à-dire que
02:07je suis la principale, aujourd'hui et toujours, la principale puissance économique et diplomatique au monde,
02:12les États-Unis, et je veux imposer mes vues. Donc le monde se complexifiant, ce qu'on a évoqué tout
02:18à l'heure, je vais isoler chacun de mes interlocuteurs,
02:23qu'ils soient alliés ou pas. C'est ça que les Européens ont mis du temps à comprendre, je ne
02:27sais même pas s'ils l'ont encore compris.
02:28Peu importe le statut d'allié, peu importe le statut de voisin, même le Canada, les Canadiens l'ont compris.
02:34Donc je vais isoler, je vais dénoncer tous les accords globaux de libre-échange et renégocier pays par pays, isolé.
02:43Évidemment, le Vietnam, seul, et beaucoup plus faible, isolé, ne pèse pas.
02:48Donc, qu'ont fait les Vietnamiens, ils ont signé un accord, l'accord que souhaitait Donald Trump.
02:53Et donc, tout ça pour redistribuer les cartes, mais d'un jeu qui reste le même, quand même, pour la
03:00perte de vue.
03:01Parce que, je dis ça comme ça, en passant, on a la rhétorique de Donald Trump sur le libre-échange,
03:10la mondialisation,
03:13a fait perdre des emplois, a désindustrialisé, je ne ferai plus de guerre.
03:20Au fond, ça reste de la rhétorique.
03:22Et dans les faits, c'est un autre Donald Trump qui...
03:24Donc, il ne faut pas se laisser prendre au jeu.
03:25Bon, je ne dis personne ici, je ne dis personne en particulier, mais juste une réflexion générale,
03:32de ne pas s'en tenir qu'à la rhétorique de Donald Trump, mais à regarder concrètement ce qu'il
03:36fait et ses actes.
03:38C'est assez surprenant, mais il y a aussi des personnes qui font le lien entre les grèves automobiles et
03:42ses droits de douane.
03:46Je regardais une émission et qui disait, bon, ben voilà, c'est de la rhétorique, encore une fois, c'est
03:51de la rhétorique nationaliste,
03:52mais voilà, si le secteur automobile se casse la tête, c'est parce qu'on importe des voitures d'ailleurs,
03:57etc.
03:59Et ça va jusqu'à être tordu à ce point-là pour justifier des droits de douane sur des chaînes
04:07de droite, droite, droite.
04:09Oui, oui, oui, de droite, droite, droite.
04:11Ce que je ne me sens pas.
04:15Ok, riposte de l'Europe qui dit, voilà, 72 milliards, d'où ça sort, 72 milliards ?
04:23Est-ce que ça pèse ? Est-ce que les Etats-Unis peuvent être impressionnés par un chiffre aussi grand
04:28?
04:28Parce que pour l'Europe, bon, ben, c'est quand même énorme.
04:32Oui, oui, alors du coup, j'ai répondu à... pas totalement à côté de ta question, mais non plus pas
04:37précisément, sur pourquoi 30% ?
04:38Donc, Donald Trump menace d'ici au 1er août, ça peut encore changer.
04:42Mais là, il faut toujours considérer qu'on est dans une sorte de partie de rapport de force entre un
04:47bras de fer et une partie de poker menteur, un peu entre les deux, un sport hybride, vous voyez ?
04:52Et donc, ils disent, j'appliquerai 30%, 30% qui s'ajouteront pour certains secteurs aux droits de douane déjà
05:00existants.
05:01Donc, ça veut dire qu'on montrait, par exemple, j'ai noté, voilà, 55% pour les voitures et 80
05:05% pour l'acier et l'aluminium.
05:06C'est-à-dire que ça ferme clairement le marché américain à l'acier et l'aluminium et aux voitures
05:11européennes.
05:11Le surcoût est absolument inabsorbable, voilà.
05:17Donc, l'Europe, face à ça, tente de réagir.
05:20Donc, c'est quand même 500 milliards d'exportations qui sont visées au total.
05:24Donc, c'est quand même entre les deux gros marchés, entre guillemets, économiques mondiaux, ce sont les Etats-Unis et
05:31l'Europe.
05:31Donc, on est quand même au cœur de l'économie mondiale.
05:34Et les Européens, par rapport à ça, ont eu une réaction, dans un premier temps, de...
05:40Contrairement au Canada et à la Chine.
05:41Je prends le Canada et la Chine parce que la Chine est considérée comme le rival stratégique des Etats-Unis.
05:47Mais le Canada est le principal partenaire économique des Etats-Unis et c'est un pays allié.
05:53Ce qui n'est pas tout à fait le Mexique, vous voyez.
05:56Allié mais tendu, non, depuis le retour de Trump.
05:58Ah ben, c'est clairement tendu, vous voyez.
05:59Donc, qu'on soit le rival stratégique ou le pays le plus...
06:03À part la Grande-Bretagne, il n'y a pas plus proche des Etats-Unis.
06:05En fait, on est mis sur le même bio, d'une certaine façon.
06:10Et face à ça, l'Europe...
06:11Et donc, ces deux pays ont réagi de la même manière, en comprenant bien les enjeux.
06:14En disant, bon, ben, nous aussi, on va réagir, on va mettre des droits d'honneur supplémentaires.
06:20Et l'Europe, alors pour des raisons sur lesquelles on ira peut-être,
06:23a tenté de dire, oui, non, ben, on ne va pas tout à fait répondre tout de suite,
06:28prendre des représailles, on va peut-être un peu augmenter,
06:30et puis non, on va différer, et puis finalement, on ne va faire que 72 millions,
06:34et puis on va envoyer Mélanie là-bas, elle s'entend bien avec lui,
06:38et puis Macron va passer...
06:39J'ai eu cette rencontre, Mélanie, Trump.
06:41Au final, pourquoi ? Rien ?
06:45Ils s'étaient auto-congratulés sur leur gestion de la crise migratoire, mais à part ça...
06:51Ça coûte rien, mais ça n'a rien changé dans le rapport de force effectif.
06:54Mais il y avait même un petit souci, c'est qu'en fait,
06:56l'Union européenne n'est pas forcément derrière Mélanie dans son idée du libéralisme et de l'immigration, etc.
07:07Donc il y avait un côté où Mélanie essayait un peu de s'assurer une amitié un peu en marge
07:14de l'Union européenne.
07:15Là, on touche en fait au vrai problème fondamental de l'Europe tel qu'elle est aujourd'hui,
07:20c'est-à-dire que, que ce soit économiquement ou diplomatiquement,
07:24on l'a vu avec les annonces d'Emmanuel Macron d'augmentation du budget des armées et de piliers européens
07:28de l'OTAN,
07:29qui, ça fait dix ans qu'on parle de piliers européens de l'OTAN et ça n'arrivera pas de
07:33si tôt,
07:33pour une raison, c'est qu'il y a une partie des pays qui y sont opposés.
07:36Donc l'Europe aujourd'hui, l'Union européenne, n'arrive pas à être, peut-être ne le peut-elle pas,
07:42autre chose que la somme de ses intérêts divergents.
07:46C'est-à-dire l'Allemagne, qui est une puissance exportatrice,
07:50a intérêt à passer un accord au plus vite avec les États-Unis,
07:53d'autres pays ont moins d'intérêt.
07:54Donc il y a des intérêts qui sont tellement divergents au sein de l'Union européenne
07:57qui n'arrivent pas à avoir une position commune,
08:00avec une commission européenne en plus,
08:02et une présidente de la commission, Ursula Vanderyenne,
08:05qui est, je ne sais pas comment qualifier,
08:07je trouve qu'il est étonnamment pusillanime.
08:11On va dire pusillanime, tiens, c'est un mot que je n'ai jamais utilisé dans un tchat.
08:16Mais explique-le.
08:17Pusillanime, taper pusillanime, je ne sais jamais définir les mots que j'utilise.
08:22Je vais vous dire ça, attendez. Je suis là pour vous, et pour moi aussi.
08:25Le moment nécessaire du docteur Cyclopède.
08:29Pusillanime, il n'y a pas un Y.
08:31Il manque d'audace, craint le risque et les responsabilités.
08:34Voilà, c'était ça que je voulais dire, c'est très bien.
08:38Voilà, alors je ne sais pas si elle est vraiment naïve,
08:40mais bon, ça ne fonctionne pas.
08:42Ça ne fonctionne pas.
08:44Voilà, et donc bon, il faudra voir,
08:47on est le 15 juillet, le 1er août, il y a 15 jours,
08:50et en diplomatie, les jours comptent double ou triple.
08:53Donc, on verra à la fin.
08:55Salut, merci Hugues de t'être abonné avec Prime.
08:59Coucou, si vous avez envie de vous abonner, n'hésitez pas, encore une fois.
09:03Oui, mais du coup, on a parlé de la France,
09:05qui avait pas mal d'intérêt, du coup, à montrer les...
09:09En fait, au final, on a tellement parlé des droits de douane
09:11que je ne vous ai même pas demandé si c'était acté pour tout le monde.
09:16Comment fonctionnent les droits de douane ?
09:18Ce que ça signifie ? Pour quelle industrie ?
09:21On peut peut-être refaire un petit point pour ceux qui ont peur d'être un petit peu perdus.
09:24Il y a Bruce qui nous dit, ça ne va pas faire baisser le prix de mon bœuf séché, tout
09:28ça.
09:30Oui, alors, le principe des droits de douane.
09:34Le droit de douane, c'est la taxe à l'importation qu'impose un pays sur des produits qui viennent
09:40de l'étranger.
09:43Donc, par exemple, une voiture Ford qui est importée en France,
09:48a un droit de douane, un taux de 5, 10, 20, 30%.
09:52Donc, il s'ajoute au prix initial.
09:54La voiture est importée, elle coûte 20 000 dollars.
09:57Oui, puisque c'est en dollars, puisque c'est la monnaie du commerce international.
10:01Et la France applique une taxe de 5, 10, 20%.
10:05Donc, tout le mouvement des années 90, après la fin de la guerre froide,
10:08et de la fin de l'histoire et du triomphe du capitalisme,
10:12c'est de dire, on va généraliser la mondialisation.
10:15Donc, ça va être le libre-échange.
10:16On imposera des droits de douane à personne, quasiment,
10:21ou le plus bas possible, de telle sorte que les marchandises pourront circuler librement entre les pays.
10:29Concurrence libre et non faussée.
10:32Donc, mécaniquement, quand vous imposez un droit de douane de 30%,
10:36la voiture Ford qui était à 20 000 dollars,
10:39elle va passer à un calcul rapide à 26 666 dollars.
10:43Donc, déjà, c'est plus pareil, elle devient moins concurrencière.
10:45Et après, quand vous êtes à des taux, donc là, par exemple, vous voyez, 55% de voitures,
10:48c'est ça, mais rien que Ford continue à envoyer ses voitures.
10:51Enfin, Ford ou Renault de l'autre côté de l'Atlantique, ou Volkswagen, plutôt, qui vend plus.
10:57Voilà.
10:57Donc, c'est une arme économique pour privilégier ses propres produits,
11:04à la condition que l'autre en face ne prenne pas de représailles.
11:09Et donc, là, il y a une guerre qui peut être sans fin,
11:14où, à la fois, c'est ça qu'il faut essayer de manier, nous, à l'humanité,
11:19c'est qu'on a bien conscience, évidemment, que le système de libre-échange mis en place dans les années
11:2390
11:24est un système qui visait à généraliser la mondialisation capitaliste,
11:29à faire baisser les droits sociaux, les droits environnementaux.
11:32Donc, ça, on est conscient de ça.
11:34De l'autre côté, la guerre commerciale pour augmenter les droits de douane
11:40n'est pas la porte de sortie à ça.
11:43C'est l'entrée dans une autre cellule de la prison, si je puis dire.
11:49Merci pour le prime, Anthony.
11:50Purée, on a plusieurs primes aujourd'hui, c'est vraiment cool.
11:52Et il y a Franck qui nous dit bonjour, salut, comment ça va ?
11:55Est-ce qu'on peut parler du gros retour, du protectionnisme, nous demande Cavernes,
12:00Healthy Cavernes ?
12:01Est-ce qu'on peut parler de ça ?
12:03Après, j'aurais une question sur ce qu'on vient de se dire.
12:08Je vais peut-être rebondir plutôt sur ce que tu viens de dire
12:10et ensuite, on prendra ta question avec les Cavernes.
12:11Reste avec nous.
12:13On parle de ce qu'une voiture Ford pourrait coûter en plus en Europe.
12:20Mais la réplique de l'Europe aussi, elle doit faire un peu trembler.
12:22des grands industriels européens sur leurs exportations aux Etats-Unis.
12:28Oui, oui, oui, bien sûr, bien sûr.
12:31Si Trump décide, je prends un exemple, Airbus, qui est le grand concurrent de Boeing.
12:39Si jamais demain, il y a une surtaxe de 50% ou 80% sur les Airbus,
12:46il n'y a plus aucune compagnie américaine qui va acheter d'Airbus.
12:52Et donc, ça rejoint un peu la question sur le protectionnisme.
12:54J'entends ça.
12:56C'est un peu ce que je vais essayer de redire, ce que j'ai dit.
12:58C'est-à-dire qu'évidemment, le protectionnisme...
13:02Bon, on ne va pas faire un débat sur le protectionnisme.
13:04En plus, je ne suis pas armé pour ça.
13:05Ce n'est pas ma spécialité ou mon secteur.
13:07Mais on voit bien qu'il y a une montée du protectionnisme
13:09comme étant quelque chose qui pourrait nous protéger
13:13des effets de la mondialisation capitaliste
13:15telle qu'on la connaît depuis les années 90.
13:18Je ne suis pas certain que le protectionnisme auquel on peut aspirer
13:24s'incarne dans cette guerre débridée des droits de douane.
13:29Je me suis même un peu persuadé de l'inverse.
13:33C'est-à-dire, Donald Trump, la visée de son protectionnisme,
13:36c'est pas...
13:37Alors, il y a tout un débat sur...
13:39Oui, je vais vous redonner des emplois industriels
13:43aux travailleurs américains.
13:45Bon.
13:46Et en même temps, il refuse que des gens viennent travailler
13:50sur le marché du travail.
13:52Enfin, des gens qui viennent de l'étranger
13:53via sa chasse aux migrants.
13:56Or, le...
13:57Enfin bon, je rentre dans un autre débat.
13:59Voilà, j'ouvre notre porte, je la referme.
14:00On en parlera à une autre occasion.
14:02C'est une décontradiction de Donald Trump.
14:04Non, non, je vois pas clairement le...
14:09Comment cette guerre pourrait déboucher
14:11sur quelque chose de positif pour les salariés
14:14dont les dirigeants prétendent défendre les droits.
14:17Et tu penses qu'il peut parvenir en arrière ?
14:19Trump, il va pas botter en touche en disant
14:21bon, bah, my bad.
14:23Bah, c'est un peu l'appareil, ce que je disais sur l'Ukraine.
14:25Je le dirais aussi un peu sur le droit d'ouane.
14:27Aujourd'hui, Donald Trump n'en est pas là...
14:29Il s'attendait pas à être...
14:30Où il pensait être, il y a 3 ou 4 mois.
14:34Donc, il y a un certain nombre d'économistes
14:36qui alertent sur...
14:37S'il va jusqu'au bout,
14:38il y a un certain nombre d'économistes
14:39qui alertent sur la possibilité
14:40d'une grave crise économique,
14:42d'une récession
14:44dont certains estiment qu'elle serait équivalente
14:46à celle des années 30.
14:49Honnêtement, je peux pas faire de prédiction.
14:51On verra d'ici le 1er août.
14:53Mais enfin, pour l'instant,
14:55il y a combien d'accords de signés ?
14:56Il y a un accord avec le Vietnam.
14:58Il y en a encore avec la Grande-Bretagne
14:59qui est l'allié historique.
15:03Donc, il n'y avait pas beaucoup de suspense ?
15:05Non.
15:05À part pour les...
15:06Pour le reste, la Chine a répondu très fortement.
15:09L'Europe, on verra
15:10quelle sera la nature de sa position finale.
15:13Et qui sont ses opposants à Trump
15:16concernant sa politique des droits de douane ?
15:18Bon, j'imagine que du côté démocrate,
15:21on est un peu opposant par essence.
15:24Mais pareil, encore une fois,
15:26est-ce qu'il se retrouve un peu
15:27à devoir parlementer
15:30avec différentes idées du groupe MAGA ?
15:37Oui. Alors, dans la coalition républicaine,
15:39c'est un peu pareil sur tous les sujets, d'ailleurs.
15:41Dans la coalition républicaine,
15:42il y a des intérêts divergents.
15:43À chaque fois,
15:44Trump et son administration
15:45sont obligés d'arbitrer.
15:47Donc, il y a clairement une frange
15:52isolationniste, protectionniste
15:54qui est pour les droits de douane
15:55et une frange plus traditionnelle, républicaine,
15:59pro-business.
16:00Donc là, il doit arbitrer entre les deux.
16:02Sur les démocrates,
16:04c'est un peu plus complexe.
16:08D'abord, parce que ce sont les démocrates
16:09qui ont signé dans les années 90
16:11tous les accords de libre-échange.
16:12Donc, ils sont un peu les pères fondateurs,
16:16enfin, Bill Clinton, en tout cas,
16:17les pères fondateurs
16:18de ces accords de libre-échange.
16:20Joe Biden a utilisé en partie
16:21les droits de douane.
16:22Les droits de douane,
16:23encore une fois,
16:24je ne suis pas économiste.
16:24Donc, les droits de douane
16:27peuvent être une arme
16:30si elles sont utilisées,
16:32ils sont utilisés,
16:33de manière ciblée
16:35et précise,
16:37voire temporaire.
16:39Pas en rafale,
16:40comme ça,
16:41comme le fait Donald Trump.
16:44Et donc,
16:45et dans la coalition démocrate,
16:47il y a aussi une frange
16:49de la coalition démocrate
16:50qui est...
16:51Par exemple, c'était le débat,
16:52tu parlais tout à l'heure de l'automobile,
16:53c'est un exemple intéressant,
16:55quand Donald Trump
16:56a décrété des droits de douane
16:57sur l'automobile
17:01du Canada
17:03et du Mexique.
17:04Des automobiles...
17:05Et il y a une partie
17:06du mouvement syndical
17:07qui a félicité Donald Trump
17:09pour ça.
17:09Et il y a une autre partie
17:10du mouvement syndical,
17:12notamment,
17:12c'est le syndicat
17:13de l'automobile,
17:14l'UOW,
17:15qui a mené la grande grève
17:16victorieuse de septembre 2023
17:19pour l'augmentation des salaires
17:20et l'approfondissement
17:21des droits sociaux.
17:22Et il y a une autre partie
17:23qui dit,
17:23on ne gagne rien
17:25à opposer
17:25les ouvriers canadiens
17:27aux ouvriers américains.
17:29Donc là aussi,
17:30il y a des divisions.
17:32Merci pour le Prime,
17:34Shango.
17:34Mais décidément,
17:35c'est un festival aujourd'hui,
17:36je suis très contente.
17:37On nous dit,
17:38après, pour le coup,
17:38il me semble que Boeing
17:39est un peu dans une crise existentielle
17:40due à la perte,
17:41du savoir-faire,
17:41dans la course au profit.
17:44avec tous les incidents
17:45qu'il y a eu,
17:46les révélations sur les manquements
17:48à la sécurité,
17:49clairement.
17:49C'est ça,
17:50compliqué.
17:50On nous dit,
17:51tant que le prix du sirop d'érable
17:52ne bouge pas,
17:53ils peuvent tout cramer,
17:54je m'en fiche.
17:55Juste,
17:55non,
17:55mais merci,
17:57je ne vois pas avec mes...
17:58Je suis une IA.
18:00Sur Boeing,
18:01oui.
18:02Pour Boeing,
18:03Non,
18:03j'ai oublié de préciser ce point.
18:07Toute la stratégie de Donald Trump,
18:08ce n'est pas de défendre,
18:09à mon sens,
18:09le salarié américain,
18:11c'est de défendre
18:11les grandes compagnies américaines.
18:13D'ailleurs,
18:13quand l'Europe prend
18:15quelques mesures d'encadrement
18:16sur le numérique,
18:17tout de suite,
18:18lui et le vice-président
18:19crient au scandale
18:22et mettent en oeuvre
18:25des droits de douane.
18:26Donc,
18:26c'est vraiment pour défendre
18:26les champions,
18:27ce qu'on appelle
18:28les champions économiques,
18:29c'est-à-dire les grands groupes,
18:30les multinationales,
18:30en fait.
18:31Et comment ils le prennent,
18:32eux ?
18:32Mettons,
18:33je suis Ford,
18:36Donald Trump dit,
18:37on va mettre
18:39des droits de douane
18:42assez forts
18:42pour éviter
18:43d'importer
18:43des automobiles
18:44de l'étranger.
18:47Mais en tant que Ford,
18:48je comprends très bien
18:49qu'il va y avoir
18:49une réplique
18:50de la part de l'Europe
18:51et j'ai peut-être
18:51un peu peur
18:51pour l'exportation
18:52de mes propres autos.
18:53Alors,
18:54si je suis Ford,
18:55si je suis le PDG de Ford,
18:57parce que je ne serai jamais,
18:59mais non,
18:59je suis inquiet,
19:00je suis inquiet,
19:01parce que je ne suis pas américain.
19:02Mais oui,
19:02non mais justement...
19:04Non mais je suis inquiet,
19:04alors à la fois pour l'Europe,
19:06mais peut-être moins
19:06pour l'Europe
19:08que pour le Canada
19:09et pour le Mexicain.
19:11Je prenais l'exemple de Ford,
19:12ce n'est pas forcément...
19:13Je pense que Boeing
19:14est un exemple
19:15qui s'applique mieux
19:16à l'Europe.
19:18Mais parce que
19:18tous les composants
19:19dans une voiture,
19:20aujourd'hui,
19:20il n'y a aucune voiture produite,
19:22même la voiture Ford
19:23qui est produite
19:24sur le site
19:27historique de Ford
19:27à Dearborn,
19:28qui s'appelle Rivière Rouge,
19:29d'ailleurs,
19:30c'est joli comme nom,
19:32grand usine historique,
19:33aucun composant...
19:34Enfin,
19:35il n'y a aucune voiture
19:36100% américaine.
19:37Il y a des composants
19:38qui viennent du Mexique.
19:40Donc,
19:40chaque composant
19:41est imposé,
19:43mais absolument
19:44sur tout.
19:45Et donc,
19:46forcément,
19:47même une voiture
19:49construite
19:49à Dearborn
19:50va être impactée,
19:52seulement,
19:52il n'est pas français,
19:53impactée,
19:53mais enfin,
19:55par l'augmentation
19:57des taux
19:57des droits de douane
19:59sur l'aluminium
20:00ou le caoutchouc
20:02au Canada
20:03et au Mexique.
20:04Les économies sont tellement
20:05intégrées,
20:05ce n'est pas moi
20:06qui les choisis,
20:07c'est la situation
20:07qui a été créée
20:08par 30 ans de politique.
20:10Donc,
20:12pas tout à fait officiellement,
20:13mais quand même,
20:14il y a eu des articles
20:14dans la presse étatsunienne
20:17disant que les PDG
20:18des grands groupes
20:18étaient très inquiets.
20:19Et si je suis le PDG
20:20de Boeing,
20:21je suis encore plus inquiet
20:21parce qu'il y a
20:22tous les problèmes
20:23liés aux affaires récentes
20:25de sécurité.
20:27Et si en plus,
20:28il y a des droits de douane
20:29qui s'appliquent
20:30sur tel ou tel pays
20:32de 30,
20:3340 ou 50%,
20:34ça rend un prix
20:35d'un Boeing
20:36absolument prohibitif.
20:38Mais du coup,
20:38est-ce que les patrons
20:40des grands groupes
20:40finalement deviennent
20:41un peu plus frileux
20:42par rapport à Trump
20:43qui était quand même,
20:44on va dire,
20:44le président
20:47qui avait une aura
20:48en tout cas
20:48pour son premier mandat
20:51pro-industrie,
20:54pro-patron un peu ?
20:56Alors,
20:57oui,
20:58surtout,
20:59il y a tout ce discours
21:00sur ce pays
21:02a été saigné à blanc,
21:04on a désindustrialisé,
21:05il faut faire revenir
21:05des emplois
21:09dans notre pays.
21:12On peut vraiment dire
21:13que la politique,
21:14les grands groupes
21:14industriels
21:15ne sont pas forcément
21:17au cœur de la politique
21:18de Donald Trump.
21:19Les grands groupes
21:20qui sont au cœur
21:20de la stratégie économique
21:22et diplomatique
21:22de Donald Trump
21:23sont les GAFAM,
21:25vraiment.
21:26ça se passe en Californie
21:28la plupart des gens.
21:29Amazon,
21:30Facebook,
21:31d'ailleurs,
21:32on les a tous vus
21:32au premier rang
21:33de la cérémonie
21:34d'investiture.
21:34le M de GAFAM.
21:36C'est quoi le M de GAFAM ?
21:37Microsoft.
21:39On nous dit,
21:41Monsieur Dois
21:41qui nous dit,
21:42mais il donne l'impression
21:43de prendre des décisions
21:43en mode bourrin,
21:44qu'est-ce qu'il cherche ?
21:45À faire peur ?
21:45Ou prendre un peu
21:46la température
21:47pour voir comme
21:47le reste du monde
21:48et réagir et ajuster ?
21:50On en a un peu parlé,
21:51tu viens peut-être
21:51d'arriver,
21:52Monsieur Dois,
21:53on en a un petit peu
21:54parlé avant,
21:54mais toi,
21:56ton analyse,
21:56c'est qu'il ne s'attendait
21:57pas forcément
21:58à devoir négocier aussi longtemps ?
21:59D'abord,
21:59j'essaye toujours
22:00de ne pas me filer
22:02ma première impression.
22:03Quand quelqu'un
22:03m'apparaît comme un bourrin,
22:04je me dis peut-être
22:05qu'il est plus malin.
22:06Ou même s'il m'apparaît bourrin,
22:07quelle est sa stratégie derrière ?
22:08En effet,
22:10on a tous cette impression
22:12de quelqu'un
22:14totalement changeant d'avis,
22:16erratif.
22:16Il a quand même
22:18une...
22:19Il a conscience d'une chose,
22:21je pense,
22:21dans la façon
22:22dont il fait de la politique.
22:24C'est une notion
22:25qui est juste,
22:26qui est celle
22:26du rapport de force.
22:27C'est-à-dire qu'on ne peut
22:28pas gagner quelque chose
22:30sans créer un rapport de force
22:31qui va nous permettre
22:32de l'obtenir.
22:33Après,
22:34là,
22:34encore une fois,
22:35on rentre dans
22:37ces contradictions
22:39internes,
22:40ces erreurs.
22:41Il en a fait plusieurs,
22:43notamment une,
22:43on l'a cité tout à l'heure,
22:45avec Vladimir Poutine,
22:46il me semble.
22:49Non, non, non.
22:50Et du coup,
22:50s'ajuster par rapport à ça,
22:52ça va être compliqué,
22:52tu penses ?
22:57J'essaie toujours
22:58d'éviter
23:01de trop me projeter.
23:03Peut-être que
23:04dans 15 jours,
23:05je reviendrai ici,
23:06parce qu'on aura encore
23:07une revue de presse
23:08et j'expliquerai,
23:09ou ce sera plutôt
23:10Vadim Kamenka,
23:11qui est titulaire
23:12du secteur
23:12et qui est chef
23:13du service national,
23:14qui viendra expliquer
23:15pourquoi il y a un accord
23:15de paix entre la Russie
23:17et l'Ukraine.
23:17Donc, comme en plus
23:18on est filmé,
23:19c'est des archives,
23:19je ne veux pas m'avancer
23:20à dire des bêtises,
23:21j'en écris suffisamment.
23:23D'ailleurs,
23:23en parlant d'écriture,
23:25quels sont tes articles
23:26à venir,
23:26avant qu'on passe
23:27au sujet suivant
23:28et qu'on change
23:29complètement de continent ?
23:30Et c'est quoi
23:31la prochaine fois
23:32que tu vas aux Etats-Unis ?
23:32Tu le sais ?
23:34Non, pas encore.
23:35Je vais discuter de ça
23:36aujourd'hui d'ailleurs
23:37avec ma hiérarchie.
23:38Le prochain article
23:39est publié demain.
23:42Affaires Epstein,
23:43livraison d'armes
23:43à l'Ukraine,
23:44chasse aux migrants,
23:45pourquoi le torchon brûle
23:46entre Donald Trump
23:47et sa base MAGA.
23:48Ça, c'est dès aujourd'hui
23:49sur le web et demain
23:50dans la version print.
23:52Alors, ce qu'on appelle
23:53la version print,
23:54c'est l'anglicisme.
23:55C'est du papier.
23:56C'est du papier,
23:57vous savez,
23:57le truc que j'aime bien
23:58avec de l'encre.
23:59Et le sujet suivant
24:00sur lequel je travaille,
24:02c'est un retour
24:03sur l'élection
24:05municipale à New York
24:05avec la victoire
24:06du démocrate socialiste
24:08de 33 ans,
24:10Zoran Mamdani.
24:11Et donc,
24:12il y a des leçons
24:12à tirer un peu
24:13de ce qui s'est passé,
24:14d'autant que celui
24:14qui a été défait
24:15dans le cadre de la primaire,
24:17Mario Como,
24:17a annoncé
24:18qu'il se présenterait
24:19quand même
24:19en troisième candidat.
24:20Donc, ils ont quand même
24:21tous décidé
24:22de faire perdre
24:23Mamdani.
24:24Je vais essayer
24:24de tenter d'expliquer ça.
24:25Ça sera plutôt
24:25au début de semaine prochaine.
24:27Toute petite dernière question
24:28avant qu'on change
24:31de sujet.
24:32Mais on dit
24:32« Bonjour,
24:33le comportement de Trump
24:34n'est pas en train
24:35de ruiner la confiance
24:36qu'on peut accorder
24:36à la parole étatsunienne
24:37sur le plan international. »
24:41Vaste question.
24:42Mais on a dit « Bonjour »,
24:43alors quand on est poli,
24:44on vous répond.
24:46Alors,
24:47comment tu vois la suite
24:50par rapport à Trump
24:51qui,
24:51tu le trouves,
24:52décrédibilisé
24:53par rapport
24:53à ses difficultés actuelles
24:55sur la scène internationale
24:57des négociations ?
24:58Oui, oui.
24:58Donc, de fait,
24:59il y a une dimension
25:00de cet ordre.
25:01C'est-à-dire,
25:02quand vous changez de pied
25:05et encore une fois,
25:06moins par comportement erratique
25:07que par complexité stratégique
25:09et par obstacle.
25:11Toutes les semaines,
25:13au bout d'un moment,
25:15votre parole n'est plus crédible.
25:16Et donc,
25:16quand vous êtes même
25:17un allié des États-Unis,
25:19comme le Canada,
25:20vous êtes plutôt enclin
25:22à vous construire
25:24en confrontation
25:25plutôt qu'en collaboration.
25:26Donc, clairement,
25:28ça ne sert pas...
25:29Mais ça,
25:29c'est aussi un...
25:32C'est une vieille leçon
25:32qu'on peut tirer
25:33des relations internationales
25:34et je vais terminer là-dessus
25:35pour laisser la place
25:36à mon collègue ensuite
25:37sur la kanaki.
25:40Les tentatives de restauration,
25:42parce que c'est ça en fait,
25:43Trump prétend restaurer
25:44la puissance américaine
25:45qu'il estime
25:45en recul sur la scène internationale.
25:47Ce qui est fortement discutable,
25:48au moins du point de vue diplomatique.
25:50C'est juste le monde
25:50qui change.
25:51Mais les États-Unis,
25:52c'est toujours 25%
25:52du PIB mondial,
25:53comme dans les années 80.
25:55Le meilleur moyen
25:56de prouver
25:58le recul
25:59de la puissance
25:59est de tenter
26:00de restaurer
26:01cette même puissance.
26:02C'est ce qui était arrivé
26:03à Bush en 2004
26:04en disant
26:05notre puissance a été contestée
26:06par les attentats
26:07du 11 septembre.
26:08Je vais montrer
26:08par ces guerres
26:09que nous sommes
26:10la puissance incontournable.
26:12Et en fait,
26:12il n'a fait que prouver
26:13que c'était une puissance
26:14au pied d'argile
26:15puisqu'ils ont perdu
26:15de fait ces deux guerres.
26:17Et les États-Unis
26:18ont été décrédibilisés aussi.
26:19Bon, encore un peu tôt
26:20pour chroniquer
26:22les deux présidents Trump
26:23de ce point de vue-là.
26:24Mais enfin,
26:24on peut l'avoir à l'esprit.

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