Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 14 heures
Et si l’on pouvait mieux prédire la réponse du corps humain à un traitement avant même les essais cliniques ? C’est l’une des promesses des organes-sur-puce, des technologies innovantes qui pourraient faire évoluer la phase préclinique et transformer les méthodes de recherche. Adriana Toma, la responsable des partenariats stratégiques de NETRI, était l'invitée de La Pépite Santé

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:03Avant le passage en clinique, la qualité des modèles pré-cliniques est déterminante et c'est
00:09précisément sur ces modèles que de nouvelles approches se développent, parmi elles les organes
00:14sur puce. Pour en parler, j'accueille Adriana Thomas, responsable des partenariats stratégiques
00:20chez Netri. Bonjour et bienvenue dans Santé Futur Adriana. Bonjour, merci pour votre accueil. Pour
00:26commencer, tout bonnement, comment fonctionnent vos organes sur puce ? Vous êtes venue avec
00:30d'ailleurs. Je vais peut-être rappeler rapidement ce que Netri, je représente Netri, une société
00:37lyonnaise qui développe des organes sur puce. Nous avons été créés en 2018 et nous sommes
00:43basés à Lyon dans le biodistrict de Gerland. Nous développons des organes sur puce pour
00:48la recherche en santé. Nous développons des organes sur puce pour la recherche en santé
00:53et donc effectivement les organes sur puce font partie des nouvelles approches méthodologiques
00:59dont vous venez de parler, les NAMS. Et donc chez Netri, nous sommes une équipe de 40 personnes
01:06avec des compétences plus disciplinaires en ingénierie, biologie et analyse de données. Donc
01:12toute cette complémentarité de compétences nous permet de développer les dispositifs
01:18d'organes sur puce, mais aussi les applications. Donc qu'est-ce qu'un organe sur puce ? En fait,
01:22c'est une plaque de laboratoire comme celle-ci que nous développons, qui s'appelle un néo-bento.
01:27Et donc dans cette plaque, nous venons cultiver des cellules humaines, dans notre cas des neurones.
01:34Et nous venons avec les dispositifs. Je ne sais pas si vous pouvez voir s'il y a des électrodes
01:38ici pour venir. On devrait, je ne sais pas comment mettre pour les voir. Donc on devrait les électrodes
01:45qui nous permettent de mesurer l'activité électrique de ces neurones. Donc on expose les neurones
01:50à des molécules que les sociétés pharmaceutiques développent. Donc ces neurones vont agir de manière
01:57différente. Donc nous accueillons, nous enregistrons ce signal et ensuite avec des algorithmes
02:06d'intelligence artificielle, nous utilisons les données pour les analyser et les comparer entre elles.
02:13Qu'est-ce que ça permet de voir finalement que les méthodes classiques ne permettent pas plus exactement ?
02:20Donc notre technologie est un peu plus particulière qu'un puits classique de laboratoire parce
02:26qu'on a une compartimentalisation. Donc ça nous permet d'avoir, donc typiquement notamment
02:32pour les neurones, une séparation.
02:34Parce que vous utilisez les neurones comme capteurs.
02:36Comme capteurs, tout à fait, exactement. Donc le neurone est un capteur biologique.
02:40Donc le neurone, il a, pour ceux qui se rappellent un petit peu de la biologie du lycée,
02:45donc il a un corps cellulaire et après ce qu'on appelle un axone.
02:48Donc ça nous permet que cet axone, il passe à travers des micro-canaux et donc on sépare
02:55le corps cellulaire de l'axone. Donc on peut stimuler à la fois le corps cellulaire et
03:00regarder comment l'information est propagée au travers de l'axone ou on peut stimuler l'axone
03:05et on voit comment l'information est propagée vers le corps cellulaire.
03:09Et donc dans notre corps, les médicaments, ils peuvent toucher soit les terminaisons,
03:16si par exemple on a une peau innervée, s'il y a des neurones qui viennent innerver notre peau.
03:21Donc si on applique un médicament ou une crème, un traitement sur la peau,
03:27ça peut avoir une interaction en périphérie avec ces terminaisons de neurones.
03:31Et ça c'est tout à fait inédit.
03:32C'est tout à fait inédit parce qu'on a cette séparation entre l'axone et le corps cellulaire
03:38qu'on peut stimuler de manière séparée.
03:40Oui. Et alors pour un laboratoire pharmaceutique, qu'est-ce que ça change dans l'évaluation d'un médicament candidat
03:48?
03:49Donc nous intervenons sur deux aspects avec les laboratoires pharmaceutiques.
03:54Donc on recherche pré-clinique, donc avant les phases cliniques,
03:58donc avant d'aller étudier la molécule chez les patients.
04:03Donc c'est à la fois pour regarder l'efficacité du traitement, donc en drug discovery,
04:10et aussi dans ce qu'on appelle la pre-clinical safety, donc la sécurité pré-clinique,
04:16pour regarder si la molécule qui est en train d'être développée,
04:22on a peut-être vu qu'elle a une certaine efficacité contre telle ou telle maladie,
04:27mais ça se trouve qu'il y a des effets secondaires, des effets indésirables,
04:32qu'on ne voudrait pas que cette molécule passe en clinique chez les patients.
04:37Et est-ce que vous avez un exemple concret d'un médicament testé sur vos puces à nous donner ?
04:43Donc aujourd'hui, le programme le plus avancé, c'est ton oncologie.
04:47Donc on parle des neuropathies chimioinduites,
04:51donc des neuropathies induites par certains traitements chimiothérapiques.
04:57On connaît aujourd'hui beaucoup de molécules, donc des traitements qui sont donnés chez les patients,
05:01qui induisent ces neuropathies en clinique.
05:04Donc aujourd'hui, nous avons réussi à reproduire dans nos dispositifs
05:08et analyser les signaux de différentes classes de traitement.
05:15Donc ce sont des résultats connus.
05:17C'est pour prouver que notre méthode alternative aurait pu prédire
05:22certains effets secondaires en avance.
05:28Et là, vous avez déjà des résultats.
05:30Deux phases, et c'est des résultats qu'on commence à avoir.
05:35Pardon, ça c'est une application spécifique, donc NETRI avec les dispositifs que je vous ai montrés.
05:40Nous développons dans notre unité de production à Gerland ces dispositifs qui sont produits à Gerland.
05:46Et nous nous concentrons sur trois types d'applications,
05:50donc en oncologie, en neurologie et en dermatologie.
05:54Donc c'est à la fois développer les dispositifs et aussi des applications sur lesquelles nous n'avons pas les
06:03mêmes échelles de maturité.
06:08Donc les dispositifs sont matures, mais les applications en elles-mêmes n'ont pas le même niveau de maturité
06:13et le même niveau de preuves qu'on doit apporter.
06:15Et alors justement, dans quelle mesure cette meilleure prédictivité permet-elle de gagner du temps dans le développement ?
06:23Donc c'est gagner du temps à la fois en termes d'efficacité pour savoir si un médicament doit être
06:32avancé ou pas,
06:33s'il y a des risques associés.
06:35Mais ça permet de repérer plus tôt en fait un médicament à risque.
06:39Et donc il y a des exemples, de nombreux exemples dans différentes pathologies
06:44où des médicaments sont arrivés jusqu'à, par exemple, en phase 2 clinique.
06:49Et donc le coût du médicament pour arriver jusqu'en phase 2, il est très cher.
06:52Je n'ai pas de chiffre en tête pour vous dire exactement le coût que ça implique pour arriver en
06:56phase 2.
06:57Mais donc cette molécule a été retirée du marché par exemple.
07:01D'accord.
07:02A cause des effets secondaires et notamment l'honorapathie.
07:05Mais je ne vais pas le citer.
07:06Et qu'est-ce qui freine aujourd'hui ?
07:09Est-ce qu'on peut identifier des freins quant à l'adoption par l'industrie pharmaceutique ?
07:15C'est le coût, les habitudes, les besoins de preuves ?
07:18C'est les besoins de preuves principalement, mais ça vient de plus en plus
07:23parce qu'il y a les agences aussi réglementaires qui voient qu'il y a une limite
07:27entre les tests effectués aujourd'hui et les réponses obtenues sur les modalités utilisées aujourd'hui.
07:34Et donc ils encouragent aussi les discussions avec les développeurs de technologies comme la nôtre.
07:42Et donc il y a une passerelle entre l'industrie pharmaceutique qui est plus à l'écoute, on va dire,
07:50qu'avant.
07:54Et pour Netry maintenant, qu'est-ce qui va vous permettre de passer à l'échelle ?
08:00Donc aujourd'hui, on a trois grandes étapes pour suivre notre commercialisation à l'international.
08:10Pas seulement, donc continuer la commercialisation en France, en Europe, aux États-Unis et en Asie, notamment au Japon et
08:17au Singapour.
08:19Nous avons gagné l'été dernier le Golden Ticket de la société Amgen, qui a aussi une base R&D
08:29à Singapour, qui nous ouvre aussi des portes.
08:31Qui sont vos clients aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut en citer quelques-uns ?
08:35Non, on ne peut pas citer les...
08:36Très bien. Dernière question, qu'est-ce qu'on ne peut pas encore observer sur une puce ?
08:44Aujourd'hui, sur les puces, on regarde de la fonctionnalité, mais ça n'est pas un organe qui reste assez
08:54complexe.
08:55Donc on fait simplisme, mais sans rester simple, pour ne pas avoir une complexité biologique trop importante que nous n
09:05'arrivons pas à reproduire.
09:07Mais au moins, est-ce que vous projetez de pouvoir observer autre chose ? C'est quoi l'étape d
09:10'après ?
09:10On utilise une neurone, et peut-être avec d'autres organes, comme de la peau, la peau énervée par exemple.
09:15Donc aujourd'hui, les trois grands axes sont dans l'oncologie, l'application qui est la plus avancée, en dermatologie
09:23et aussi en neurologie.
09:28Donc pour le traitement des cancers, pour le traitement de maladies neurologiques ou dermatologiques.
09:34Merci beaucoup. Merci Adriana Thomas, responsable des partenariats stratégiques chez Netry.
09:41C'est la fin de cette émission. Merci de nous avoir suivis sur Be Smart for Change.
09:44Merci.

Recommandations