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  • il y a 12 heures
Avec Geneviève Legay, porte-parole Attac 06, gilet jaune blessée, Arié Halimi, avocat, responsable LDH, Jérôme Rodrigues, gilet jaune blessé, Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT.
Débat à la Fête de l'Humanité le dimanche 15 septembre 2019, animé par Lola Ruscio, journaliste à l’Humanité.

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Transcription
00:00Vous Geneviève Leguay et Jérôme Rodriguez. Comment allez-vous aujourd'hui ? On va commencer par vous Geneviève.
00:07Ce qui concerne ma santé, j'ai toujours des séquelles à vie au cerveau, donc je vois un neurologue à
00:12la fin du mois.
00:13Je n'ai toujours pas d'odorat, ah pardon, j'ai toujours pas d'odorat, zéro, j'ai le goût
00:19sale et sucré.
00:20J'ai perdu 35% de l'oreille droite au niveau de l'audition et j'ai toujours des vertiges.
00:25Je vois toujours deux kinés deux fois par semaine. Et puis, fin juillet, je ne m'y attendais pas du
00:32tout.
00:33Je me suis mise à pleurer, pleurer, pleurer, pleurer et je suis chez un psychiatre.
00:55Alors, comment je vais ?
01:00Il y a des jours sans, il y a des jours avec.
01:01Donc, l'histoire, vous la connaissez.
01:04Deux attaques subies, une grenade dans un premier temps et un tir de LBD, plein oeil.
01:10Donc, aujourd'hui, le bilan de santé, il est le suivant, c'est que je ne vois rien à droite.
01:13Pour vous donner un ordre d'idée, là, à partir de là, je ne vois plus ce qui se passe
01:15par ici.
01:17Ça, c'est le résultat concret.
01:19Vous avez la primeur aujourd'hui de voir que j'ai un nouvel oeil.
01:23Je voudrais remercier les docteurs et l'Institut qui me permet d'avoir une autre face.
01:29Parce qu'avant ça, ce que j'ai dit l'autre jour, c'est que je suis aujourd'hui, avec
01:3625 autres copains, le visage ensanglanté de la répression.
01:39Et c'est ce que je regarde tous les matins dans le miroir.
01:41Voilà.
01:50Alors, durant ce mouvement des gilets jaunes, il y a eu, je le rappelle, deux morts, 315 blessures à la
01:56tête, 24 éborgnés, 5 mâts arrachés,
02:00selon le recensement du journaliste indépendant David Dufresne.
02:05Selon les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur, au 29 août, il y a eu 19 000 tirs de
02:11LBD, 2448 blessés et 561 signalements à l'IGPN.
02:18Mais pourtant, le chef de l'État a déclaré le 26 août dernier qu'il n'y avait pas eu
02:23de violence, je cite, « irréparable ».
02:30Alors, vous qui avez été blessé dans votre chair, je m'adresse à toi, Jérôme, et également à toi, Geneviève.
02:39Que pensez-vous de cette déclaration ? Comment vous réagissez ? Quel est votre sentiment vis-à-vis de cette
02:44déclaration du président de la République ?
02:51Qu'est-ce que je veux que je vous dise ? Il garde le cap dans sa connerie ? De
02:56la médiatricité humaine. Il n'est pas humain, ce mec-là.
02:59Donc le jour où il se prendra un LBD dans la tronche, il comprendra les conséquences et il saura de
03:03quoi il parle.
03:04Il vit en haut perché, il n'en a rien à foutre. Donc je n'ai même pas envie de
03:07parler de lui parce qu'il n'est pas intéressant.
03:08Mis à part faire mal aux citoyens et faire mal à son peuple, c'est la seule chose qu'on
03:12retiendra de lui.
03:13Macron les bornieurs. Donc ce qu'il peut dire, je m'en contrefous.
03:24Oui, moi, comme Jérôme, je n'ai pas envie de parler de lui, mais enfin, quand même, il faut souligner
03:28son mépris.
03:29Je suis en train d'écrire un livre que m'ont demandé les éditions Sileps et je suis allée sur
03:34Internet.
03:35Quand même, sur Internet, il y a marqué, il y a dix fois, dix fois, il a méprisé le peuple
03:40et souvent à l'étranger en nous traitant de tous les noms.
03:43Donc on a un président de la République. Alors les autres aussi nous méprisaient, mais en fait, il ne le
03:47disait pas vraiment parce que lui, vraiment, c'est une honte.
03:51Il est perché, comme dit Jérôme. Il est perché. Il travaille pour les riches. Il travaille pour les riches, pour
03:57le patronat et pas du tout pour son peuple.
04:07Alors dans ces deux affaires qui m'étaient très médiatisées, que ce soit celle de Jérôme Rodriguez ou de Geneviève
04:12Leguay,
04:13le gouvernement avait immédiatement assuré qu'il n'y avait eu aucun lien entre les blessures des victimes et l
04:20'intervention des forces de l'ordre.
04:22Alors je m'adresse à vous, à Rialimi, pardon. Est-ce que c'est étonnant que le gouvernement ait agi
04:31ainsi ? Est-ce que c'est fréquent ? Comment ?
04:34Je pense qu'on peut dire que la communication mensongère est systématique quand il s'agit de violences policières.
04:42A chaque fois qu'il y a une violence policière illégitime, on a une parole, d'abord une absence de
04:48parole, souvent, lorsque les victimes sont invisibles,
04:51lorsqu'il n'y a pas de vidéo. Et la plupart d'ailleurs des victimes du mouvement des Gilets jaunes,
04:56qui ont été frappées au moment de charges, à coups de matraque ou qui ont pris des LBD, la plupart
05:02de ces victimes vont rester invisibles.
05:05Et bien évidemment, il n'y aura pas de communication du gouvernement.
05:08Quand il y a des vidéos, ils sont obligés de réagir. Et en particulier lorsqu'il y a mort d
05:13'hommes ou lorsqu'il y a des blessés graves ou des mutilés,
05:17ils ont l'obligation de réagir. Et la plupart du temps, on le voit par exemple pour Zineb Redouane,
05:23mais également pour Jérôme et pour Geneviève, la plupart du temps, on a une communication de déni au départ.
05:31Pour Geneviève, c'est pas tant. Au début, Macron a tout simplement dit que les fonctionnaires de police ne l
05:40'avaient pas touché.
05:41On a un procureur de la République qui a menti aux yeux de toute la population en disant qu'il
05:48n'y avait pas de contact entre la police et Geneviève Leguay.
05:52Et pourtant, dès les premiers moments, ils avaient toutes les vidéos et ils savaient pertinemment que c'était un policier
05:58qui avait poussé Geneviève
05:59et qui lui avait commis, qui avait causé autant de dégâts.
06:02Donc c'est un mensonge avéré et délibéré. Et à chaque fois, c'est la même chose.
06:07Pour Jérôme, la communication, elle était un peu plus subtile puisqu'on avait une vidéo, on le voit sur la
06:14place de la Bastille en train de filmer
06:15de manière totalement pacifiste les fonctionnaires de police. Et on le voit être visé par une grenade qu'on voit
06:23sur la vidéo,
06:24ainsi qu'un LBD 40 qu'on entend sur la vidéo. Et la communication, ça a été de dire «
06:30il n'y a pas de LBD ».
06:32Et toute la communication consiste à détourner l'attention de la réalité ou de l'évidence.
06:37Ce n'est pas dur. De manière générale, pour toutes les violences policières, que ce soit Macron, Castaner ou Brigitte
06:44Julien,
06:44la directrice de l'IGPN, l'Inspection Générale de la Police Nationale, tous ont déclaré que les violences policières n
06:53'existent pas.
06:57Vous voyez Jérôme, vous voyez Geneviève, vous voyez les centaines et les milliers de victimes,
07:03que ce soit dans les quartiers populaires, que ce soit dans les manifestations, dans le mouvement des Gilets jaunes,
07:09ce sont tous des victimes de violences policières. Cette communication est une communication indigne de la République
07:16et c'est la raison pour laquelle on se bat judiciairement pour faire révéler ce qui se passe vraiment.
07:30Il est également frappant de constater que les enquêtes de l'IGPN sont toujours lentes
07:37et exonèrent très souvent les policiers soupçonnés de violences policières à l'encontre de manifestants
07:45et même de jeunes issus des quartiers populaires. La Ligue des droits de l'homme appelle à supprimer cet organe
07:55de contrôle interne.
07:56Pour quelles raisons ?
07:59J'ai appelé à supprimer l'IGPN pour la simple et bonne raison que l'IGPN c'est la police.
08:06L'IGPN c'est l'organe qui va enquêter sur les policiers lorsqu'ils commettent un délit et notamment une
08:13violence policière.
08:14L'IGGN, l'Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale, c'est pareil mais pour les gendarmes.
08:19Autant dire qu'on va toujours choisir des personnes du même corps pour enquêter sur des policiers ou des gendarmes.
08:26Autant dire qu'il y a un problème de conflit d'intérêts, pas tant.
08:29Autant dire que, et d'ailleurs on le voit dans la plupart des affaires,
08:32récemment encore dans l'affaire des lycéens de Mante-la-Jolie dont on s'occupe également,
08:37récemment dans l'affaire du décès de Steve Maya Canissao
08:41où l'IGPN s'est encore rendu coupable d'un mensonge délibéré pour essayer d'exonérer le gouvernement
08:48en disant que son téléphone avait borné longtemps avant la charge des policiers
08:54pour dire qu'il n'y avait pas de lien entre la charge de la police et le décès de
08:59Steve Maya Canissao.
09:00Fort heureusement il y a une enquête judiciaire et on voit que l'IGPN a menti
09:03puisque le téléphone borne juste avant la charge et s'arrête de borner après.
09:08Pour tous les dossiers !
09:11Dans tous les dossiers, l'IGPN joue un rôle visant à étouffer les affaires
09:18et c'est la raison pour laquelle il y a un problème structurel qu'il faut changer,
09:24faire disparaître, supprimer l'IGPN qui n'a pas vocation à permettre une enquête impartiale et objective.
09:31Donc ce que l'on souhaite, notamment avec la Ligue des droits de l'homme,
09:35c'est qu'il y ait une commission indépendante composée de personnes
09:39qui n'ont pas de lien avec le gouvernement ou avec les fonctionnaires de police,
09:43avec éventuellement des enquêteurs policiers ou de la gendarmerie,
09:47parce qu'il faut quand même des professionnels,
09:48mais qui soient supervisés par des gens qui n'ont aucun lien et aucun conflit d'intérêt.
09:52C'est la seule manière pour qu'il y ait un état de droit qui soit restauré
09:57et que toutes les victimes de violences policières aient droit à leur vérité.
10:09Alors, durant le mouvement des Gilets jaunes, il y a eu énormément de journalistes
10:13qui ont été frappés, blessés, qui ont vu leur matériel confisqué,
10:19voire brisé par les forces de l'ordre.
10:22Des syndicats de journalistes, dont le SNJ-CGT, ont interpellé le ministère de l'Intérieur
10:27sur ces violences à l'encontre de journalistes.
10:30Je me tourne vers vous, Emmanuel Vire.
10:33Où en sont les discussions avec Christophe Castaner ?
10:37Et y a-t-il eu des avancées notables durant l'été sur ces dossiers ?
10:43Bonjour. Je voudrais d'abord commencer quand même,
10:46on est à la fête de l'Huma, par un hommage à ce journal L'Humanité
10:51qui est aujourd'hui menacé de mort et qui est au tribunal de commerce.
10:54Le dernier quotidien indépendant.
10:57Je voudrais d'abord un mot pour tous ces journalistes,
11:00tous ces salariés qui luttent, voilà,
11:05et qui nous permettent d'avoir une une comme lundi dernier,
11:12secret des affaires, le journalisme baïonné,
11:14qui nous permet d'avoir un peu une info différente aussi sur les gilets jaunes,
11:19sur le mouvement des gilets jaunes,
11:20qui nous permet de couvrir nos luttes, nous à la CGT, au quotidien, partout en France.
11:26Donc aussi, soutenons l'Huma,
11:28c'est pas possible que l'Huma puisse disparaître en soi au tribunal de commerce.
11:41Alors après, sur les violences, c'est très étonnant pour nous, journalistes,
11:45qu'il s'est passé pendant ce mouvement des gilets jaunes.
11:47Parce que là aussi, il y a eu une opération de communication.
11:51On est passé au départ, les gilets jaunes maltraitent les journalistes.
11:55Les gilets jaunes sont violents avec les journalistes.
11:58Alors il y a eu quelques cas, effectivement, que nous avons aussi condamnés,
12:03de débordements, il n'y a pas de soucis.
12:05Mais on s'est très vite aperçu que le problème, il n'était pas là.
12:09Un, le premier problème, c'était comment les violences policières
12:13n'étaient pas traitées par les médias dominants.
12:15C'était ça, notre premier problème.
12:24Alors, évidemment, on a tout de suite interpellé les syndicats de journalistes,
12:28les sociétés de journalistes, le gouvernement.
12:30On a été reçus une première fois, et je voudrais revenir sur cette rencontre
12:34qui avait eu lieu, je pense, en février, avec M. Rister,
12:38qui là s'est pris un coup dans la tête, dans la figure,
12:41comme il n'avait jamais pris, je pense, avec des journalistes.
12:43Il nous a convoqués pour nous dire, pour en gros, nous appeler à la solidarité de classe.
12:49Comment ? Il y a des méchants gilets jaunes qui violentent les journalistes.
12:53Tous ensemble, on va réagir.
12:55L'État va vous défendre.
12:57C'est totalement inacceptable qu'il y ait des faits contre les journalistes
13:01de la part de ces méchants gilets jaunes.
13:03Et là, il s'est retrouvé avec des sociétés de journalistes,
13:07dont celle de BFM TV.
13:09C'est ça qu'il faut voir.
13:10Dont celle de TF1, qui lui ont dit,
13:13« Mais M. le ministre, notre problème, ce n'est pas les violences des gilets jaunes,
13:17c'est les violences policières contre les journalistes,
13:20qui sont maintenant, depuis, totalement documentées.
13:23On en est à 60 journalistes blessés,
13:26150 incidents graves.
13:28Et évidemment, ce sont des incidents qui touchent les plus précaires d'entre nous.
13:32Parce que ce sont les photographes indépendants,
13:34les JRI.
13:35Et évidemment, je soutiens tout le travail qui est fait par Arié,
13:38et la Ligue des droits de l'homme.
13:39Nous aussi, syndicats de journalistes,
13:42avec un autre syndicat de journalistes,
13:44avec 15 photographes indépendants,
13:46nous avons attaqué l'État,
13:48nous avons porté plainte avec Maître Assousse,
13:50et nous sommes là-dessus pour que ces violences ne soient plus acceptables
13:55et soient dénoncées autant.
13:56Et surtout que la manipulation qui a fait essayer de mettre les journalistes
14:00contre les gilets jaunes,
14:01on arrête avec ça.
14:02Le problème, c'est la violence de l'État et la répression policière.
14:17Juste pour te donner une idée,
14:19il y a un mec qui m'a, quelque part, sauvé la vie,
14:24si tu veux, c'est un journaliste,
14:26qui n'avait pas les images du policier qui me tire dessus,
14:29mais qui avait le son,
14:30parce qu'il a une caméra spéciale avec un outil son
14:32qui permettait d'enregistrer le fameux POC.
14:35Ce journaliste, il s'appelle Florent Marcy,
14:38il a fait la Roumanie en 89,
14:40il a fait la Syrie,
14:41il est revenu avec ses deux jambes, ses deux bras,
14:43son corps en entier.
14:45Il fait une manif sur Paris,
14:46il se fait déglinguer par un LBD au niveau de la joue ici.
14:49Voilà, ça c'est pour parler du journaliste
14:51et qui m'a donné un coup de main en tout cas pour la faire.
14:53Moi j'aimerais aussi rajouter un truc,
14:55parce que, ouais, vous avez Geneviève,
14:57vous m'avez moi,
14:58vous avez l'ensemble des mutilés
15:00qui marquent physiquement ce que peut être la répression
15:03aujourd'hui en France,
15:05mais vous avez aussi cette répression silencieuse
15:07dont on parle peu.
15:09La première, c'est la répression médiatique
15:12de par le traitement qui est fait des Gilets jaunes.
15:15Parce que ça aussi, c'est une répression.
15:17Se prendre tout un tas d'assultes,
15:19être discrédité par des simili-consultants,
15:21experts en flicaillerie ou autre politologie,
15:24ça s'appelle aussi de la répression.
15:26Vous avez un autre style de répression,
15:28c'est-à-dire on s'en prend à ma famille.
15:30Contrôle d'Ursaf,
15:31contrôle d'impôts,
15:32on vient emmerder mes parents,
15:33ça aussi c'est la répression.
15:35Mais aussi la répression de,
15:37je suis un vendeur de shit,
15:38je suis un mec qui a volé dans les magasins,
15:40puis aujourd'hui je tape ma femme.
15:41Ça aussi c'est une répression qu'on ne voit pas.
15:43Puis vous avez la répression aussi,
15:45que je me balade le 14 juillet,
15:46que je me prends une garde à vue pour rien,
15:48que je me prends des gardes à vue aujourd'hui
15:49parce que je me balade dans la rue.
15:50Et ça c'est continuellement,
15:53tous les jours,
15:54jusqu'à avoir un camion de CRS
15:56en bas de chez moi,
15:58à ma porte.
15:59C'est ça aussi la répression,
16:01c'est celle qu'on ne voit pas.
16:02Parce qu'il y a celle qui est physique,
16:03mais il y a celle qui vous mine.
16:13La répression gouvernementale,
16:14la répression policière,
16:16la répression médiatique,
16:17et il y a une dernière répression
16:18qui celle-ci est encore plus dégueulasse,
16:21c'est, je n'ai pas de mots,
16:22c'est la répression, je ne sais pas moi,
16:24du cyber,
16:25des réseaux sociaux,
16:28où vous avez des gens aujourd'hui,
16:30comme j'ai coutume de dire,
16:31qui ont une telle énergie,
16:32une telle créativité
16:34dans la méchanceté et la dégueulasserie,
16:36que s'ils la mettraient au bénéfice du bien,
16:38je ne serais pas en train de vous parler.
16:40Parce que celle-ci,
16:40je la subis de poulain fouet,
16:42les insultes,
16:43les menaces de mort,
16:44les photos avec un oeil sur le front.
16:46C'est me manquer de respect,
16:48c'est me manquer de respect
16:49à tous ceux qui ont été mutilés
16:50pendant les manifestations,
16:51c'est manquer de respect
16:52à tous ceux qui ont été blessés
16:53et à ceux qui sont morts,
16:55que d'avoir des merdes pareilles,
16:56parce que, excusez-moi du terme,
16:57je suis désolé,
16:58mais moi je parle français,
16:59les mecs qui s'amusent
17:00à saloper sur internet,
17:01à insulter sous couvert
17:03de leurs petits claviers,
17:04ce sont vraiment des réelles merdes,
17:06et ces gens-là,
17:06je les emmerde.
17:08Alors, les petits copains à Macron
17:11qui se font un malin plaisir
17:12et les petits flics
17:14qui se branlent derrière leurs claviers
17:15pour raconter leur obscénité,
17:17moi je les attends en face,
17:19parce que là,
17:19ils joueront les bonhommes.
17:20Je les attends en face.
17:21Continuez à vous cacher
17:22derrière vos claviers,
17:23on s'occupera du reste.
17:31Je voulais avoir deux réflexions
17:33sur les violences
17:34et pourquoi est-ce qu'il y a
17:34autant de violences policières aujourd'hui.
17:37Je pense que les violences policières
17:40sont devenues un véritable outil de gouvernement.
17:43Et si c'est devenu un outil de gouvernement,
17:46c'est justement parce que
17:47le pouvoir politique est fragile
17:50et qu'il n'a pas d'autre moyen
17:52pour contenir sa population
17:54que la violence
17:56des par les forces de l'ordre.
17:57Ça, c'est une première réflexion.
18:00Ça veut dire...
18:04Ça veut dire que
18:05si le pouvoir est fragile,
18:07qu'il n'y a pas de fatalité
18:10et qu'il faut pouvoir observer
18:12ces violences policières.
18:13C'est la raison pour laquelle
18:14les journalistes sont aussi importants.
18:17C'est aussi la raison pour laquelle
18:19ils sont délibérément visés
18:20par les forces de l'ordre
18:22pendant les manifestations
18:23ou de manière générale.
18:25Je parlerai d'un autre journaliste
18:27dont je m'occupe,
18:28Taha Bouhafs,
18:29qui a fait l'objet
18:30d'une interpellation
18:32et de violences simultanées
18:34alors qu'il était en train de filmer
18:35l'action des forces de l'ordre.
18:37La seule chose que le parquet de Créteil
18:39a pu trouver à faire,
18:41c'est de prendre son téléphone
18:42qui avait permis de filmer la scène
18:44pour l'empêcher
18:45de révéler ce qui s'était passé.
18:47Je voudrais également parler,
18:48pas uniquement des journalistes,
18:50parce que justement quand les journalistes
18:51ne sont pas assez nombreux,
18:53qu'ils sont visés par les violences policières
18:54et qu'ils font également l'objet
18:56d'interpellations et de poursuites judiciaires,
18:59parce que le pouvoir
19:00et l'institution judiciaire en est là,
19:03il y a également tous les citoyens,
19:05vous, qui êtes en mesure d'agir,
19:07et notamment dans le cadre
19:09de ce que l'on appelle communément aujourd'hui
19:11les observatoires des pratiques policières.
19:14C'est quelque chose qui est en train
19:16de se développer énormément
19:18dans de nombreuses villes de France
19:20et que tout le monde peut rejoindre.
19:22A Paris, l'Observatoire des pratiques policières
19:24a été créé,
19:25avec notamment la Ligue des droits de l'homme,
19:27mais avec d'autres organismes,
19:28souvent avec le syndicat des AVE4 France
19:33ou avec d'autres ONG comme Amnesty.
19:37Ces observatoires,
19:38c'est tout simplement des personnes
19:39qui vont sur les lieux de manifestation
19:42pour observer les pratiques policières
19:44et les violences policières,
19:45pour empêcher justement
19:46que ces violences ne soient réalisées,
19:48avec des caméras,
19:49avec des signes distinctifs.
19:51Il se trouve que ça commence à déplaire également.
19:54Et à Toulouse ou à Montpellier,
19:56il y a des observateurs
19:59qui sont visés par la police
20:00parce que ça leur déplait qu'on les regarde
20:02et qu'on puisse vérifier
20:04et montrer à tout le reste de la population
20:06que ces violences policières sont multiples.
20:08On a par exemple,
20:09et je vous engage à le faire,
20:11une jeune observatrice
20:14de la Ligue des droits de l'homme,
20:15Camille Allu,
20:16qui a été interpellée à Montpellier
20:18et qui va être jugée simplement
20:21pour avoir observé
20:22les fonctionnaires de police
20:24dans l'exercice
20:25et dans les violences qu'ils commettent.
20:26On a une pétition qui est signée
20:28et auquel 50 organisations
20:32ont appelé à signer.
20:33Vous avez la possibilité
20:34de la signer à gauche
20:36à l'issue de ce débat
20:37et je vous engage vivement
20:38à signer cette pétition
20:39parce qu'elle sera jugée le 1er octobre
20:41simplement pour avoir voulu observer
20:44ces violences policières.
20:46Aujourd'hui, le gouvernement nous dit
20:48vous ne pouvez même pas observer
20:50ce que l'on fait
20:51et on vous appêchera d'observer.
20:53Moi, ce que je peux vous dire,
20:54c'est que le contre-pouvoir,
20:55il est citoyen
20:56et je vous engage tous
20:58à rejoindre les observatoires
20:59des pratiques policières
21:01pour que ça puisse s'arrêter.
21:02Je voudrais rebondir
21:06sur ce que dit Harrié.
21:08Justement, ce matin,
21:09la première personne que j'ai croisée
21:11en arrivant à la fête de l'Huma,
21:12je l'ai vue dans le public,
21:13mais excusez-moi,
21:13j'ai un petit problème de zoom,
21:14vous comprendrez pourquoi,
21:17qui m'a parlé
21:17qu'elle faisait partie
21:18de l'observatoire de Paris,
21:20justement,
21:20donc si elle se reconnaît,
21:22voilà.
21:23Hop, hop, bouge pas, bouge pas !
21:25Regardez-la bien.
21:26Ils ne sont que 10
21:27pour la manif de samedi prochain.
21:30s'il y en a qui sont d'accord
21:31pour intégrer justement
21:32ce fameux observatoire,
21:34je vous invite à rejoindre madame
21:36et ce serait sympa
21:37qu'il soit plusieurs
21:38parce que je crois que tu m'as dit
21:39que tu as quoi ?
21:40Deux équipes,
21:40deux, trois personnes,
21:41c'est ça ?
21:41Pour samedi prochain ?
21:43Voilà.
21:44S'il y en a qui veulent bien
21:44s'engager bénévolement
21:46pour justement observer
21:47les policiers samedi prochain,
21:48je vous invite à rejoindre madame
21:49qui s'est présentée à vous
21:50il y a deux minutes.
21:52Je suis heureuse.
21:57Alors...
22:00La France qui se présente
22:02comme le pays des droits de l'homme
22:03a mutilé la population
22:05durant le mouvement
22:06des Gilets jaunes.
22:08Comment en est-on arrivé là ?
22:10Je m'adresse à vous,
22:13à Rialimi.
22:16Parce que c'est un long processus.
22:19Il y a déjà eu
22:20pendant très longtemps
22:21des violences,
22:22notamment à l'égard des ouvriers,
22:25pendant les manifestations ouvrières.
22:27Et puis, il y a eu un moment
22:28d'acalmie en France.
22:30Mais ceux qui ont été
22:31les premières victimes
22:33des violences policières,
22:34le lieu d'expérimentation
22:36de cet outil de gouvernement,
22:38ce sont les quartiers populaires.
22:41Ce sont les banlieues,
22:43ce sont les Noirs,
22:45les Arabes,
22:46toutes les personnes
22:47issues de l'immigration,
22:49tous ces invisibles
22:50qui pendant trop longtemps
22:51ont été délibérament visés,
22:53qui ont permis
22:54aux fonctionnaires de police,
22:56au gouvernement,
22:57au ministère de l'Intérieur,
22:58d'expérimenter les nouvelles armes.
23:00Et je parle des flashballs
23:01qui ont été remplacés
23:02par le LB des Garantes.
23:03On voyait énormément
23:04de victimes de flashballs
23:06pendant très longtemps
23:07dans les quartiers populaires,
23:08jusqu'à ce que les centres
23:11de grandes villes
23:12soient visés,
23:12notamment à l'égard
23:13des militants
23:14ou des manifestations.
23:16Donc c'est comme ça
23:17que c'est arrivé.
23:18Il y a eu ce terrain
23:18d'expérimentation.
23:20Et puis, il y a eu
23:21les militants
23:21qui ont été visés.
23:22Je pense bien évidemment
23:23aux militants écologistes
23:25de la zone de Sivins,
23:26de Notre-Dame-des-Landes.
23:27Je pense bien évidemment
23:28à Rémi Fraisse.
23:30Je pense...
23:33Je pense beaucoup
23:34à Rémi Fraisse.
23:36Tout le temps.
23:37Parce que...
23:38Il est mort uniquement
23:39parce qu'il voulait protéger
23:40une zone humide
23:41et quelques fleurs.
23:43Il est mort
23:44parce qu'il s'est pris
23:44une grenade
23:45au FF1,
23:46une grenade contenant
23:47de la TNT,
23:48une grenade qui est tirée
23:49par des gendarmes,
23:49une grenade qui a été ordonnée
23:51par le préfet,
23:52donc par l'État,
23:53pour essayer
23:54d'empêcher des personnes
23:55simplement
23:57de protéger
23:58des fleurs.
23:59Et là,
24:00vous voyez la disproportion
24:01entre l'usage
24:02de ces armes
24:03et l'action
24:04de ces militants.
24:06Je vous ai dit simplement
24:07et je vous indique
24:07pour vous donner
24:08un repère,
24:08c'est que le 11 octobre,
24:11il y aura l'audience
24:12devant la Chambre
24:14de l'instruction
24:14à Toulouse
24:15contre l'ordonnance
24:16de non-lieu.
24:17Ça va être un moment
24:18important
24:18pour Rémi Fraisse,
24:20pour sa famille,
24:20pour tous les zadistes,
24:21pour tous les militants
24:22qui ont essayé
24:23de protéger cette zone.
24:24Mais c'est également
24:25un moment important
24:27pour toutes les victimes
24:28de violences policières.
24:29Et puis ensuite,
24:30pour finir,
24:31bien évidemment,
24:32c'est pendant les lois travail
24:33et enfin pendant
24:34les mouvements
24:35des Gilets jaunes
24:36qu'il y a eu
24:36une visibilité complète
24:37de cette violence policière
24:39que le gouvernement
24:40a décidé,
24:42justement parce qu'il
24:42était fragile,
24:43d'user de cette violence
24:44de manière inconsidérée,
24:46de manière disproportionnée
24:47et qu'il a détruit
24:48toutes ses vies,
24:49qu'il a mis en souffrance
24:50des personnes
24:51qui voulaient simplement
24:52s'exprimer.
24:54Vouloir manifester,
24:55c'est un droit absolu
24:56et on ne doit pas répondre
24:57à ce droit de manifester
24:59par des armes
24:59et par des blessures
25:00et par des morts.
25:08Jean-Yves, tu voulais rajouter
25:09quelque chose ?
25:12Merci, Arié,
25:13d'avoir précisé
25:15par rapport
25:16au banlieue.
25:18Depuis quelque temps,
25:19je regarde
25:20les soutiens
25:20que j'ai eus.
25:22Je commençais
25:23qu'en juillet
25:23parce qu'avant,
25:24je ne pouvais pas.
25:24Je n'arrivais pas à voir
25:25parce que je ne vous ai pas dit
25:26que j'avais l'œil droit
25:27qui était touché aussi.
25:28Donc, j'ai vu par exemple
25:30une jeune femme
25:31qui s'appelle Myriam
25:32à Bordeaux
25:34qui fait partie
25:35du collectif CLAP
25:37et qui explique bien
25:38qu'après être passée
25:41après attaque,
25:42FSU, CGT,
25:43tout ça,
25:44elle arrive,
25:44cette personne
25:45qui est du collectif CLAP
25:46et elle dit
25:47mais arrêtez
25:49Macron, Macron, Macron.
25:50Ça a commencé
25:51depuis très longtemps
25:51et elle situe vraiment
25:53en 2005
25:55l'attaque dans les banlieues
25:57et que nous,
25:58je regrette de le dire
25:59ici aujourd'hui
26:00parce que je suis de gauche,
26:01que nous,
26:01les gens de gauche,
26:02on n'a pas réagi.
26:03On n'a pas réagi
26:04et on paye ça.
26:11Et aujourd'hui,
26:13aujourd'hui,
26:14on paye ça.
26:15Quand on voit
26:16que la CGT,
26:17depuis plus d'une centaine
26:19d'années,
26:20défile légalement
26:21le 1er mai
26:22et que Martinez
26:23a reçu de grenade,
26:25vous dites
26:26où on est
26:27et ça a enchaîné
26:29avec les...
26:30Depuis les gilets jaunes,
26:31ça a commencé
26:31le 17 novembre,
26:33vous voyez,
26:33mais on paye
26:34de ne pas avoir bougé.
26:36Ensuite,
26:37alors,
26:37les policiers
26:38sont très mal vus
26:42dans les gilets jaunes
26:43et ailleurs
26:44et ça commence
26:45à être normal.
26:46Je leur ai écrit
26:47une lettre ouverte
26:48et j'ai demandé
26:49aux forces de l'ordre,
26:51encore dignes
26:52de cette fonction,
26:52de réagir
26:54parce qu'il ne faut pas
26:55mettre tout le monde
26:55dans le même sac non plus.
26:56Je pense qu'il y a
26:57des policiers.
26:58Hier,
26:58je faisais le même débat
26:59mais avec un policier
27:00à ma gauche
27:01de la CGT
27:02et eux,
27:03ils sont contre ces violences.
27:04Ils les dénoncent
27:05mais il faudrait
27:06qu'on les entende
27:06un peu plus.
27:08Et je voudrais aussi,
27:08là ici,
27:09que vous sachiez
27:10que je remercie
27:11le capitaine de gendarmerie
27:12le jour de mon matraquage,
27:15je ne sais pas comment dire,
27:16qui a refusé
27:17d'obéir
27:17aux ordres du commissaire
27:19Soushi
27:20et qui a écrit,
27:21il a refusé,
27:22donc son commandant,
27:23c'était le commissaire Soushi,
27:24il a refusé d'obéir
27:25et donc il a écrit,
27:27c'était le 23 mars,
27:28il a écrit le 25 mars
27:30un rapport
27:30pour dire pourquoi
27:32il avait refusé
27:33de me matraquer.
27:36Donc il dit
27:37que c'était
27:38complètement disproportionné,
27:39il dit que c'était calme,
27:41ce qui était vrai,
27:42c'était calme,
27:42il ne se passait rien,
27:43j'avais un drapeau de la paix,
27:45je disais liberté de manifester.
27:47Donc lui,
27:48il a refusé
27:48de charger
27:50et ce rapport,
27:52il a été caché
27:53pendant trois mois
27:54à mes avocats
27:55et il a été caché
27:56pendant trois mois
27:57à la justice.
27:59Mais c'est très grave,
28:00autour de cette affaire,
28:01moins mis à part,
28:03c'est une affaire d'État,
28:04je veux dire,
28:05mensonge,
28:06sans mensonge
28:07et puis on cache des rapports
28:09et c'est Mediapart
28:10qui le sort,
28:11trois mois après,
28:12vous voyez,
28:12c'est abominable.
28:14Donc je remercie ce gendarme
28:15parce que quand même,
28:16c'est vrai que nous,
28:17les fonctionnaires,
28:17j'étais fonctionnaire,
28:18j'ai désobéi dans ma vie
28:19de fonctionnaire
28:20et c'est vrai que nous,
28:22les fonctionnaires,
28:22il y a dans le statut
28:24qu'on peut désobéir
28:25si l'ordre est illégal.
28:26Mais il faut le faire
28:27quand on est capitaine
28:28de gendarmerie quand même.
28:29Et je trouve que,
28:30pour vous dire
28:31qu'ils ne sont pas tous pourris,
28:33excusez-moi.
28:34Voilà.
28:34Et alors,
28:35ce que je voudrais ajouter,
28:41ce que je voudrais ajouter,
28:42c'est qu'il faut qu'on comprenne,
28:44qu'on se mette tous ensemble.
28:46Je vous assure,
28:47je vois les débats
28:48qui se profilent
28:50pour les municipales.
28:52J'ai envie de pleurer.
28:53J'ai envie de pleurer
28:54parce que,
28:55à gauche,
28:55moi,
28:56je parle à gauche du PS,
28:57je ne parle pas du PS,
28:58mais à gauche du PS,
28:59normalement,
28:59on devrait se rassembler.
29:04Mais faisons en sorte,
29:06nous,
29:06les citoyens de la base,
29:08de leur dire
29:08mais arrêtez,
29:09arrêtez.
29:10On a un minimum commun.
29:12Donc,
29:12prenons ce minimum commun.
29:13Tous ensemble,
29:14soyons nombreux
29:14et faisons des listes ensemble.
29:17Arrêtons de nous tirer
29:18dans les pattes.
29:18Parce que si on ne fait pas ça,
29:20on est foutus,
29:20à gauche.
29:32Je rebondis
29:33sur ce que vient de dire
29:34Geneviève Leguay.
29:35Ne pensez-vous pas
29:36qu'il y a des initiatives communes
29:38à mener ensemble
29:40avec plusieurs organisations
29:41pour lutter,
29:42justement,
29:43contre ces violences policières
29:44dans les manifestations
29:45et ailleurs ?
29:47Qui souhaite ?
29:50Terminer sur ces violences policières
29:51et ces effets
29:53sur la profession de journaliste.
29:54Parce que c'est quand même
29:55nous ce qu'on vit,
29:56c'est un truc
29:57qu'on n'avait pas vécu
29:59depuis...
29:59Là, je ne vais pas essayer
30:00de fixer une date
30:01sur la répression policière,
30:03mais je vais vous lire
30:05une déclaration
30:06d'un président
30:07d'un collectif indépendant
30:08qui regroupe 500 photographes.
30:10Il nous dit
30:11« Ces violences policières
30:12ne sont en tout cas
30:12pas sans conséquence
30:13sur la profession.
30:14Ce ne sont pas seulement
30:16les photographes
30:16sérieusement blessés
30:17qui s'arrêtent de travailler
30:18le temps de leur ITT.
30:20De nombreux journalistes
30:21aguerris des zones de conflit
30:22le constatent.
30:24Couvrir une manifestation
30:25de gilets jaunes
30:26à Paris, Toulouse ou Nantes
30:27équivaut en termes de stress
30:29à celui expérimenté
30:31en zone de conflit.
30:32Certains photographes
30:33sont tellement éprouvés
30:34qu'ils préfèrent renoncer
30:36à une commande
30:37et se mettre au vert.
30:39La tension n'est pas seulement physique.
30:41Certains sont traumatisés
30:42par les blessures graves
30:43qu'ils photographient,
30:45des membres arrachés,
30:46des yeux crevés.
30:47Et pour ceux qui continuent
30:48d'aller sur le terrain
30:49tous les samedis,
30:50ils ont appris
30:51à s'adapter
30:52et adopter des comportements
30:53typiques de travail
30:54en terrain hostile.
30:55Il faut désormais travailler
30:57en ayant en permanence
30:58une réflexion
30:58sur le temps
30:59et le degré d'exposition.
31:01Et surtout,
31:02sortir avec des équipements
31:03de protection renforcée
31:05en ayant à l'esprit,
31:06comme le résume
31:07un journaliste,
31:08et alors c'est là
31:08le plus fort,
31:09que nos cartes de presse
31:11ne nous protègent plus,
31:12mais au moins,
31:13elles nous permettent
31:14de conserver
31:15nos matériels de protection.
31:17parce qu'on n'enlève pas
31:18les matériels de protection
31:19aux journalistes
31:20qui ont la carte de presse.
31:22Parfois,
31:22on leur confisque
31:23leur matériel
31:23ou on leur cache.
31:24Je suis d'accord
31:24avec toi, Jérôme.
31:25Voilà.
31:26Donc je voulais vous dire
31:26que pour nous aussi,
31:28ça a été extrêmement compliqué.
31:29Et alors,
31:30pour un syndicat de journalistes
31:31de la CGT
31:32qui se bat
31:33contre les médias dominants
31:34depuis des années,
31:35des années,
31:36je vois des camarades
31:38expérimentés en face de moi
31:39qui l'ont fait avant moi,
31:41avant que je sois
31:42secrétaire général,
31:43on a,
31:44et je voyais Jérôme
31:45qui parlait
31:46de répression médiatique,
31:47ce que je comprends tout à fait.
31:48On a quand même
31:49un président
31:51élu par les médias dominants,
31:52des médias dominants
31:54qui l'ont fabriqué,
31:55et un président
31:56qui dit
31:57l'audiovisuel public,
31:59c'est la honte de la République.
32:00Les journalistes
32:01sont la honte de la République.
32:02Un président
32:03qui dit
32:04le bien public,
32:05ce n'est pas
32:07le caméraman de France 3,
32:09le bien public,
32:10c'est l'information
32:11sur BFM,
32:12sur LCI,
32:13sur TF1
32:14et partout.
32:15il faut s'assurer
32:16qu'elle est neutre,
32:17financer des structures
32:18qui assurent la neutralité.
32:20Voilà,
32:21on marche sur la tête.
32:24On marche sur la tête.
32:25On a un président
32:26qui a été élu
32:27par les médias dominants
32:28qui l'ont fabriqué
32:29et en même temps
32:30un président
32:30qui n'est pas content
32:31des rares espaces de liberté
32:33qu'on a réussi à conserver
32:34et c'est pour ça
32:35que je faisais
32:35mon introduction
32:36sur l'humanité
32:37et la nécessité absolue
32:39de le conserver.
32:47Jérôme ?
32:50Que tu souhaites réagir
32:52sur les initiatives
32:53à mettre en place,
32:55en mouvement
32:55pour lutter
32:56contre ces violences
32:58policières
32:58dans les rues
32:59et ailleurs ?
33:02Comment lutter
33:02contre ça concrètement ?
33:04Là,
33:05à l'instant T ?
33:07Non,
33:07non,
33:07mais là,
33:07à l'instant T,
33:08c'est simple,
33:08samedi prochain,
33:10le nombre.
33:10Il y a 100 000 flics
33:11en France,
33:121 million de personnes
33:13sur Paris,
33:13les mecs,
33:13ils ne vont pas bouger.
33:15Les mecs,
33:15ils ne vont pas bouger.
33:17Ils ont suscité la peur.
33:19Ils ont fait en sorte
33:20que les gens aient peur.
33:21Mais les gars,
33:221 plus 1,
33:23plus 1,
33:24plus 1,
33:24plus 1,
33:25on n'aura pas peur.
33:26On n'aura plus peur.
33:28D'accord ?
33:28Ce n'est pas 8 000 flics
33:29sur Paris
33:29qui vont nous foutre la douille
33:30quand même.
33:31Venons à 1 million de personnes,
33:33vous allez voir les mecs,
33:34ils vont rentrer dans leur camion,
33:35ils vont rentrer à la maison.
33:36C'est ça la seule solution.
33:38Ensemble,
33:39tous ensemble.
33:41On n'a pas d'armes,
33:42on n'a pas de LBD.
33:43Allez,
33:44de temps en temps,
33:44il y a un petit pavé
33:45ou deux qui volent.
33:46Ok,
33:46mais on est le nombre.
33:48L'union fait la force.
33:50Donc,
33:50main dans la main,
33:51allons leur mettre des pains à eux
33:53au lieu d'en recevoir
33:54parce qu'ils auront
33:54beaucoup plus mal que nous.
33:57Applaudissements
34:03Pendant très longtemps,
34:06la politique,
34:07ça a été de surveiller
34:08de manière généralisée
34:09toute la population.
34:11Aujourd'hui,
34:12on a tous un téléphone.
34:17On peut tous observer la police.
34:20Avant,
34:20c'était un policier par habitant
34:21ou une caméra
34:22pour tous les habitants.
34:23Maintenant,
34:24il peut y avoir un citoyen
34:25derrière chaque policier
34:27pour observer ces pratiques.
34:29Attention,
34:30je ne dis pas que c'est que la police
34:31qui est concernée.
34:33Loin de là même.
34:34D'ailleurs,
34:35il y a beaucoup de policiers
34:35qui, à force d'être
34:36les instruments
34:38d'une politique
34:39qui consiste
34:40à exprimer la répression
34:41de citoyens
34:42ou des manifestants,
34:43on a beaucoup de policiers
34:44qui se suicident
34:45et qui n'en peuvent plus
34:46parce que les policiers,
34:47ils ne se sont pas engagés
34:48pour taper sur les citoyens.
34:51Ils se sont engagés
34:52pour être au service
34:53des citoyens.
34:55Simplement,
34:55on leur demande aujourd'hui
34:56de taper sur les citoyens.
35:00Oui,
35:00mais il y a surtout
35:01une responsabilité politique.
35:07Et ça n'a pas commencé
35:09avec Macron.
35:10Ça a commencé avec Valls
35:12et avant lui,
35:12avec Sarkozy.
35:13Et ça fait déjà trop longtemps
35:15qu'on a cette responsabilité politique.
35:20Alors l'action,
35:21elle est effectivement collective.
35:23Il faut qu'un jour,
35:25tous les gens de gauche
35:27se réunissent
35:28et disent
35:29ça suffit,
35:30on ne peut plus
35:31continuer comme ça,
35:32on ne peut plus avoir
35:33un état de droit
35:34qui se restreint progressivement.
35:36Et puis l'action,
35:37elle est dans la rue
35:37comme le disait Jérôme.
35:39Parce que si on y va tous
35:40et qu'on observe tous
35:41et qu'on regarde tous,
35:43ils ne peuvent plus bouger,
35:45ils ne peuvent plus réprimer,
35:46ils ne peuvent plus frapper
35:48et ils ne peuvent plus violenter.
35:50C'est la seule raison
35:51pour laquelle
35:52il faut tous
35:52rejoindre ces observatoires
35:54et observer l'action de la police.
36:00Merci.
36:02Alors on va passer
36:03aux questions-réponses
36:04avec la salle.
36:05Est-ce que...
36:07Voilà.
36:08Pour le micro,
36:09comment...
36:28Bonjour.
36:30Justement pour rebondir
36:32sur ce que vous...
36:33Pardon.
36:34Pour rebondir sur ce...
36:36Sur quoi vous avez terminé,
36:38Maître Halimi,
36:39si on avait été
36:40dans un pays
36:41autre que la France,
36:42genre vers l'Afrique,
36:44et qu'il y avait eu
36:45les mêmes répressions
36:47policières
36:47envers les citoyens,
36:50est-ce que
36:51dans la presse,
36:52même vous,
36:52la gauche et tout,
36:53est-ce que vous auriez parlé
36:54plus de répression policière
36:56que de répression étatique,
36:58voire gouvernementale,
36:59voire de régime ?
37:00Ça serait tout le temps ça.
37:02On le sait très bien.
37:03Ça aurait été tout le temps ça.
37:05Et ce qui est bien
37:06dans cette appellation,
37:07parce que ça structure
37:08notre pensée,
37:10les mots,
37:10c'est ce que j'ai appris,
37:13c'est que ça épargne aussi
37:14les pauvres policiers
37:15qui ne sont pas
37:18majoritairement violents.
37:19Et ça épargnerait aussi
37:21le sentiment de culpabilité,
37:23de suicide,
37:24tout ce que vous avez évoqué là.
37:25Donc pourquoi vous n'arrêtez plus,
37:27ou pas,
37:27de parler de répression policière
37:29et marteler tout le temps,
37:32tout le temps,
37:32pour que ça reste
37:33dans nos esprits
37:34que c'est une violence
37:36gouvernementale
37:37de régime,
37:37de ceci et de cela.
37:46La responsabilité,
37:47elle est d'abord politique,
37:48parce que les policiers,
37:49ils obéissent
37:50aux responsables politiques.
37:52Ils obéissent
37:52au ministère de l'Intérieur,
37:53ils obéissent au préfet
37:54au moment d'une manifestation
37:56qui est l'autorité civile
37:57de commandement.
37:59Les policiers,
38:00ils obéissent.
38:01C'est la première problématique.
38:04Je vais modérer quand même
38:05ce que j'ai dit
38:05par rapport aux policiers.
38:06Bien sûr,
38:07la plupart des policiers
38:08n'ont pas cette volonté
38:10de commettre des violences
38:11sur les manifestants.
38:13Maintenant,
38:13à force d'avoir
38:15une frustration
38:15dans la police,
38:16on observe un phénomène
38:18qui est particulièrement dangereux.
38:20C'est un phénomène
38:21qui consiste à voir
38:22des groupuscules
38:23et des syndicats de police
38:25qui se radicalisent
38:26vers l'extrême droite
38:27et de plus en plus
38:28de groupuscules
38:29au sein de la police
38:30qui sont à l'extrême droite.
38:31Et là encore,
38:32le monde parlait
38:33hier ou avant-hier
38:35de groupuscules informelles
38:36qui voulaient commettre
38:37du terrorisme
38:39d'extrême droite
38:39contre des musulmans.
38:41Je pense que c'est malheureusement
38:43cette dérive
38:43à laquelle nous assistons.
38:45Donc il y a
38:46une responsabilité politique
38:47qui aujourd'hui
38:48trouve un impact
38:50au sein de la police
38:51et il faut agir
38:52sur les deux terrains.
38:53S'agissant de ce qui se passe
38:55dans des pays africains,
38:57malheureusement,
38:57vous me dites
38:58on va en parler,
38:59malheureusement,
38:59on n'en parle pas assez
39:00parce que ça n'intéresse
39:01pas grand monde
39:02à part quelques médias
39:03spécialisés.
39:04Mais effectivement,
39:05vous avez raison de dire
39:06que lorsqu'on en parle,
39:07on parle plutôt
39:08d'une répression étatique
39:09que d'une répression policière.
39:11Voilà pour la réponse.
39:13J'espère y avoir
39:14à apporter une réponse.
39:18Juste un mot pour...
39:19Je rejoins Mada.
39:20Moi, je passe mon temps
39:22à dire que c'est
39:22une répression gouvernementale
39:24qui utilise notre police
39:25pour nous faire mal.
39:28Oui, je pense que là-dessus,
39:29on sera tous d'accord.
39:30Mais deux points déjà.
39:32Sur les forces de police,
39:34loin de nous,
39:34l'idée,
39:34puisque vous savez d'ailleurs,
39:35tu as débattu
39:36avec un syndicaliste
39:38policier CGT,
39:39loin de nous
39:39de vouloir stigmatiser
39:41un corps
39:42et de fonctionnaires,
39:43de salariés.
39:44Mais c'est vrai
39:45qu'on assiste
39:45à une réelle radicalisation.
39:46Et nous, journalistes,
39:47on le vit.
39:48C'est-à-dire qu'il n'y a plus
39:50très peu de respect
39:51pour les journalistes
39:52aujourd'hui.
39:52Et les remarques qu'on entend,
39:54et je vous ramène
39:55à l'étude qui a été faite
39:56sur le vote des policiers
39:58à partir des bureaux de vote
40:00où ils sont très fortement représentés.
40:02On sait comment,
40:02en particulier les gendarmes.
40:03Et on voit une radicalisation
40:05d'extrême droite très forte.
40:06Donc ça,
40:06il ne faut pas non plus le nier.
40:08Après,
40:08sur la répression d'État,
40:10on est totalement d'accord.
40:11Mais d'ailleurs,
40:12je pense qu'en France,
40:13on ne se rend pas compte
40:13de comment c'est vécu
40:14à l'étranger.
40:15On a été reçu,
40:16j'ai encore le mail
40:17qui me tombait sous l'usion,
40:18on a été reçu
40:19par le Conseil économique
40:20et social européen
40:21qui rentrait d'une visite
40:23en Biélorussie.
40:24Vous connaissez la situation
40:26en Biélorussie
40:27de la liberté de la presse
40:28qui est totalement niée,
40:29etc.,
40:30avec un dictateur
40:31et compagnie.
40:31Ils sont venus faire
40:33une visite en France
40:34suite aux difficultés
40:35qu'avaient les journalistes
40:37pour couvrir
40:37les manifestations
40:38de gilets jaunes.
40:39C'est que même en Europe,
40:40il y a aussi beaucoup de gens
40:41qui commencent à se dire
40:42mais qu'est-ce qui se passe
40:43en France ?
40:44Que fait l'État ?
40:46Donc il faut aussi qu'on...
40:47Et là-dessus,
40:48c'était pour répondre à la question
40:49que je n'avais pas répondu
40:50tout à l'heure.
40:51Évidemment,
40:51nous,
40:51on alerte.
40:52Il y a une plateforme
40:53du Conseil de l'Europe
40:54sur les violences policières.
40:56Elle est,
40:57mais je peux vous montrer,
40:58j'ai un dossier comme ça.
40:59Et à chaque fois,
41:00l'État répond « Ah non,
41:01nous, nous défendons
41:01les libertés d'expression,
41:02nous défendons
41:03la liberté de manifestation. »
41:04Mais c'est quelque chose
41:05qui commence à se savoir
41:06à l'étranger.
41:06Il fallait voir
41:07les unes du New York Times
41:08pendant les samedis.
41:10Enfin,
41:10on a souvent une vision
41:11franco-française
41:12mais je pense qu'à l'étranger...
41:16Ouais, exactement.
41:17Exactement.
41:18Voilà.
41:20Quand Poutine,
41:23au moment du G7,
41:24se fout de la gueule
41:25de Macron
41:25par rapport à la situation
41:26qu'a vécu la France
41:28pendant le mouvement
41:28des gilets jaunes
41:29et des violences policières,
41:30on peut se dire
41:31qu'on a été très très loin.
41:34Quand on a le Conseil de l'Europe
41:37avec la haute commissaire
41:38aux droits de l'homme
41:39qui tape sur la France
41:40en disant
41:40« C'est inadmissible
41:41ce qui s'y passe. »
41:43Quand on a le Parlement européen
41:44qui émet une résolution
41:46visant la France
41:47par rapport à la situation
41:49du droit de manifester
41:50et des violences policières.
41:52Lorsqu'on a l'ONU
41:54avec la haute commissaire
41:55aux droits de l'homme,
41:56Mme Bachelet
41:57qu'on a traité
41:58comme moins que rien
41:59après qu'elle se soit
42:00permis de dire
42:01que la situation
42:02devenait préoccupante
42:03en France.
42:05Quand on a des rapporteurs
42:06spéciaux de l'ONU
42:07qui émettent un rapport
42:08disant
42:08« La France a franchi
42:11les lignes jaunes
42:12de l'état de droit
42:13et nous sommes
42:16aujourd'hui
42:17dans un régime
42:18autoritaire. »
42:23Il faut qu'on arrive
42:25à comprendre,
42:26à intégrer
42:26le fait
42:27que nous sommes
42:28dans un régime
42:28autoritaire
42:30et toutes les voies
42:31politiques,
42:32collectives,
42:33juridiques
42:33doivent être utilisées
42:34pour pouvoir
42:36retourner
42:37vers l'état de droit
42:38parce que sinon
42:39on va aller
42:40bien plus loin
42:41la prochaine fois.
42:46Est-ce qu'il y a
42:47une autre question ?
42:57Désolée.
42:58Alors,
42:58bonjour à tous.
42:59Donc voilà,
43:00je suis gilet jaune
43:01comme vous avez pu le voir.
43:03Désolée Jérôme,
43:04je suis sur ton côté droit.
43:06Désolée.
43:08Moi,
43:08au début du mouvement
43:10des gilets jaunes,
43:12j'ai fait quelques manifestations
43:15avant
43:16et mon point de vue
43:18a radicalement changé
43:20au fur et à mesure
43:21des manifestations.
43:23Clairement,
43:25quand je voyais,
43:26parce qu'on va parler,
43:26est-ce que vous condamnez
43:27les violences
43:28question BFM TV ?
43:29C'est ça dont je vais parler.
43:31Quand vous voyez
43:32qu'il y a des violences commises
43:34un peu révolutionnaires,
43:35des petits feux de poubelle
43:36où c'est Paris qui brûle
43:37à cause de 2-3 poubelles
43:39et que derrière,
43:39il y a un gazage
43:40de lacrymo
43:41pas possible,
43:43voilà,
43:43oui,
43:43il y a des violences
43:44qui se passent,
43:44mais il faut voir
43:45les violences
43:46qu'il y a en face.
43:47Et clairement,
43:48moi,
43:49je suis là pour vous dire
43:50un truc.
43:50Chez moi,
43:51j'ai un parapluie,
43:52chez moi,
43:53j'ai un masque
43:54anti-pollution
43:54et des lunettes de piscine.
43:56À Hong Kong,
43:57je suis,
43:57selon TF1,
43:59un gentil révolutionnaire
44:00qui se bat
44:01contre le régime
44:02autoritaire et machin
44:03de la Chine,
44:04ici,
44:04je suis un terroriste,
44:06tout ce que vous voulez.
44:07On a les mêmes causes.
44:11Et ce que je voulais dire,
44:14merci,
44:16ce que je voulais dire
44:17par rapport aux violences
44:18en manifestation,
44:18et si vous voulez réagir
44:19là-dessus,
44:20ça m'intéresserait aussi,
44:21par rapport aux violences
44:21en manifestation,
44:22oui,
44:23il y a des violences
44:23en manifestation,
44:24ça s'appelle
44:24des violences révolutionnaires.
44:27Il ne faut pas avoir peur
44:28des mots.
44:29Notez bien les RG,
44:30qui sont dans la salle.
44:33Révolutionnaires.
44:33Et ces violences-là,
44:35croyez-moi,
44:35on est gentils.
44:36Notre fête nationale,
44:37c'est la prise
44:39d'une prison
44:40avec des gens
44:41qu'on a mis
44:42sur leur tête
44:43au bout d'une pique.
44:45Notre guerre,
44:45où il y a des bâtiments
44:46aux morts
44:47sur toutes les mairies,
44:49c'est des gens
44:50qui ont attaqué
44:51des forces de l'ordre
44:52qu'on appelait alors
44:52des nazis,
44:53qui ont abrité
44:54des gens
44:56chez eux
44:56qui étaient des ennemis
44:57qu'on appelait des juifs.
44:58Et qui ont fait dérailler
44:59des trains.
45:00Et ces gens-là,
45:00ils ont des mots
45:01immunement morts partout.
45:03Donc ça s'appelait
45:04des violences,
45:05sauf que l'histoire
45:05leur a donné raison.
45:06Nous, on ne nous a pas
45:07encore donné raison
45:08parce que c'est encore
45:09trop jeune.
45:10Mais il ne faut pas
45:11avoir peur des mots,
45:12il ne faut pas avoir
45:13peur de la violence.
45:15Oui, il y en a.
45:15Et moi, ma manif idéale,
45:17pour moi,
45:18c'est le groupe de tête,
45:19c'est les Black Blocs
45:20qui font ce qu'ils veulent
45:21parce qu'ils ont envie
45:22de casser.
45:23Et si la police a envie
45:24de les réprimer,
45:25ils les réprimeront,
45:26eux.
45:27Si les gens ne veulent
45:29pas casser,
45:29ils seront derrière,
45:30ils ne seront pas attaqués
45:31normalement dans un état
45:32de droit par les flics.
45:34Et ainsi de suite,
45:35ainsi de suite.
45:35Pour moi, c'est ensemble.
45:37Voilà ce que je veux dire.
45:43Est-ce qu'il y a
45:44une dernière question ?
45:53Oui, moi, je ne suis pas
45:55d'accord avec une chose
45:55qui a été dite tout à l'heure
45:56par Mme Le Guet,
45:58c'est qu'il y a des policiers
45:59qui ne sont pas des pourris.
46:02Peut-être qu'il y en a
46:02qui sont moins pourris
46:03que d'autres.
46:04Mais bon, pour moi,
46:06je ne suis pas seul à le dire
46:07moins de là,
46:08il y a deux faces
46:09à l'action de la police.
46:10Il y a une phase
46:11qui n'est pas critiquable
46:13ou peu,
46:14qui est défendre
46:15les bons usages
46:16entre les gens,
46:17faire respecter
46:18des lois toutes simples
46:19telles que faut pas vouler
46:20les sacs des filles vieilles.
46:21Moi, je n'aurais pas
46:22de scrupules
46:23à demander à la police
46:24d'intervenir
46:25si je vois qu'il y a
46:26une scène de ménage
46:27qui tourne trop mal
46:28chez mes voisins,
46:29par exemple.
46:30Mais il y a une autre phase
46:31de l'action de la police
46:32et qui a toujours existé
46:33dans toutes les polices
46:34du monde,
46:35qui est d'être
46:37du côté des puissants
46:38et d'assurer
46:39le pouvoir des puissants.
46:41De les assurer
46:44en réprimant
46:45l'action syndicale,
46:46en réprimant
46:47les jeunes des banlieues,
46:48etc.
46:48J'en passe,
46:49c'est pas la peine,
46:49vous connaissez.
46:50Ce que je veux dire,
46:51c'est que tout jeune
46:52qui s'engage
46:53dans la police,
46:53il est bien conscient
46:54qu'il aura ses deux rôles
46:55à exprimer.
46:57Et pourquoi il le fait ?
46:58Eh bien, il le fait
46:59pour du fric,
47:00pour une retraite
47:00et pour une sécurité
47:02du travail.
47:03Je veux dire,
47:03quelque part,
47:04c'est quand même
47:04un salaud.
47:05Voilà.
47:10On peut prendre
47:11une dernière question
47:12s'il y en a.
47:15J'ai l'impression...
47:23Geneviève souhaite répondre.
47:24Vas-y, Geneviève.
47:27C'est pas vraiment
47:27une réponse,
47:28mais je pense que
47:30si on monte
47:31les travailleurs
47:31les uns contre les autres...
47:33Alors, c'est vrai
47:33que les policiers,
47:34c'est des travailleurs
47:34un peu spéciaux,
47:35mais je pense pas...
47:37Excusez-moi,
47:37j'ai la chair de poule partout
47:38parce que mon grand-père
47:40était policier
47:40et je pense pas...
47:42Et j'ai un neveu policier
47:43aussi,
47:44une nièce aussi policière
47:45et je vous assure
47:46qu'il participe pas à ça.
47:47Et que si on monte
47:49les gens,
47:50les travailleurs
47:50les uns contre les autres,
47:51on n'y arrivera pas.
47:54Merci.
47:57Jérôme,
47:57rapidement.
48:05...m'arrête dans la rue,
48:07qui regarde en l'air
48:08s'il n'y a pas trop de caméras,
48:09qui me sortent
48:10leur carte de police
48:11et qui s'excusent.
48:12Il y en a
48:12qui existent aussi.
48:18Bonsoir.
48:19Ou plutôt bonjour.
48:21Voilà,
48:22je suis d'accord
48:22avec la plupart des choses
48:23qui ont été dites.
48:25Et à propos de solutions,
48:27il y en a certaines
48:27qui ont été dites.
48:28Je veux en dire d'autres
48:30que la population,
48:33on organise ça,
48:33ce sera pas facile,
48:35contrôle la police
48:36et qu'il y ait
48:37un meilleur,
48:39comment dire,
48:40un meilleur recrutement
48:42des policiers
48:43qu'on arrête
48:43de recruter
48:44n'importe qui.
48:46Et je veux dire aussi,
48:47sur un plan
48:47beaucoup plus général,
48:48que la faite de l'humanité
48:50et dans beaucoup
48:50d'autres endroits
48:52où on dénonce
48:53à juste titre
48:54la répression policière,
48:56eh bien,
48:56on oublie souvent
48:57de parler
48:58d'une autre violence
49:00qui est tout aussi grave,
49:01qui n'a rien à voir
49:02avec le gouvernement,
49:03mais qui est insupportable.
49:04c'est les truands
49:06qui n'hésitent pas
49:07à tuer
49:08pour ne pas se faire arrêter
49:10et la petite délinquance
49:12qui,
49:12tout comme la moyenne délinquance,
49:14qui incite
49:15à la répression policière.
49:17Ça m'agace,
49:18ça m'agace.
49:20Voilà.
49:21Merci.
49:23Alors,
49:25je voulais remercier
49:28tous les invités.
49:30Merci beaucoup
49:31à Geneviève Leguay,
49:35à Emmanuel Vire,
49:37à Rialimi
49:37et Jérôme Rodriguez.
49:48N'hésitez pas
49:50à signer la pétition
49:51en soutien
49:52à Camille Allu.
49:54Voilà.
49:56Et nous allons accueillir
49:57maintenant sur scène
49:58Assa Traoré,
50:00qui va prendre la parole
50:01en hommage
50:02à Zineb Redouane.
50:05Zineb Redouane,
50:06c'est cette femme
50:08de 80 ans
50:09qui a été tuée
50:10par une grenade lacrymogène
50:12qu'elle a reçue
50:12en plein visage
50:13le 1er décembre dernier
50:15alors qu'elle se tenait
50:16à sa fenêtre.
50:18Merci.
50:38Il faut défendre l'humain.
50:41L'humanité,
50:42il faut défendre l'humain.
50:45Ça me paraît évident.
50:49La bataille se fait toujours
50:51sur qui contrôle les médias.
50:55Normalement,
50:55si on contrôle les médias,
50:56c'est parce que
51:12simplement,
51:13tu prends la une d'aujourd'hui.
51:14Les gueules cassées
51:16demandent...
51:16...
51:19...
51:20...
51:22...
51:24...
51:25...

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