00:01...
00:15On peut dire clairement que les violences sont systémiques,
00:18c'est dû aux missions de la police nationale.
00:21On voit bien qu'on a effectivement une police très martiale,
00:23une police très sécuritaire autour de l'ordre public
00:26et autour de l'encadrement des manifestations depuis la loi travail.
00:30Très clairement, où avant on avait une police qui prônait la désescalade de la violence.
00:35Très clairement, dans la police, c'est l'omerta,
00:37c'est-à-dire qu'il y a une minorité de policiers qui s'expriment
00:40avec des propos très difficiles, voire des propos racistes,
00:44comme on a pu le voir chez vos collègues de la presse.
00:48La grande difficulté dans la police, c'est qu'il y a une grosse partie des policiers
00:52qui se taisent, qui n'osent pas parler, qui n'osent pas dénoncer,
00:56parce que si vous dénoncez, vous passez pour l'aider la terre
00:59et donc vous êtes mis au banc, on sait très bien qu'on va vous placardiser
01:05et que vous ne ferez plus partie des bons effectifs.
01:08Donc il nous faut évidemment le soutien des citoyens, des politiques,
01:12de la presse qui s'emparent de ces sujets-là.
01:14Mais voilà, il faut s'emparer des sujets sans être clivant, sans être clannique.
01:19C'est ce que disait tout à l'heure M. le maire d'Eustin.
01:21Il ne faut pas faire de généralité et juste dire que la police est raciste.
01:24Ça ne fait pas le débat, ça, il faut expliquer.
01:26Et donc il faut faire intervenir effectivement des policiers sur ces questions-là
01:30et il faut mener un débat d'idées là-dessus.
01:34Pour nous, à la Ligue des droits de l'homme, tout ça c'est symptomatique de dérives sécuritaires
01:41qui sont portées au plus haut niveau.
01:43On a un pendant autoritaire qui vise à restreindre les libertés publiques
01:48et à mettre en cause l'état de droit.
01:50Quand on a un président de la République qui dit que les violences policières n'existent pas en démocratie,
01:57ça nous laisse pantois, je dirais.
02:00Parce que si, bien sûr, il peut y avoir des violences policières,
02:03ça ne veut pas dire qu'on dit que tous les policiers sont violents ou racistes.
02:06Ça veut dire qu'il y a des cas de violences policières
02:09et que ces cas de violences policières ne sont pas sanctionnés.
02:12Et comme ils ne sont pas sanctionnés, ils deviennent institutionnels,
02:15c'est-à-dire qu'ils sont de plus en plus nombreux.
02:17Et toutes les images qu'on a vues sur la répression des manifestations gilets jaunes
02:23va dans ce sens.
02:25Si on refait toute l'histoire de la police française,
02:27il y aurait beaucoup à dire au moment de la Deuxième Guerre mondiale,
02:30au moment de la guerre d'Algérie.
02:31Mais dans la période récente, c'était plutôt débat dur.
02:34Aujourd'hui, on constate qu'il y a des violences institutionnelles
02:37et ces violences institutionnelles sont racistes.
02:40Comment on le voit ?
02:41C'est qu'elles concernent d'abord et avant tout les quartiers populaires.
02:45Elles ont été expérimentées, disent certains sociologues,
02:48dans les quartiers populaires,
02:49à partir notamment des émeutes de 2005.
02:52Et ce qui a fait émerger le sujet des violences policières aujourd'hui,
02:56c'est le fait qu'elles s'en sont prises
03:00à des catégories de population beaucoup plus larges.
03:02On considère, nous, à la Ligue des droits de l'homme,
03:04que la démocratie est en danger
03:06quand les règles de l'état de droit
03:09et les droits de l'homme ne sont pas respectées.
03:12Le fait qu'il y ait autant de violences,
03:13c'est une façon aussi de dissuader.
03:16Il y a la criminalisation d'un côté,
03:18le fait de faire comme si on n'avait affaire qu'à des délinquants,
03:21et puis ensuite, il y a aussi les mutilations
03:24qui font qu'on a peur.
03:25On a peur d'aller dans certaines manifestations,
03:27on a peur de participer à de la contestation du gouvernement.
03:31Et c'est un but aussi, il me semble,
03:33faire peur pour dissuader.
03:34Quand je dis, il me semble,
03:35c'est parce qu'il y a eu des ordres de données.
03:38Ça a été révélé par des journaux
03:40qu'il y a eu des ordres de données.
03:42Allez-y, comme ça, ça va faire que d'autres
03:44ne viendront pas manifester.
03:46Donc c'est très clairement le fait de dissuader,
03:49alors que la liberté de manifester
03:50est une liberté fondamentale,
03:52qui est protégée par la Constitution
03:55et protégée par la Cour européenne
03:59qui applique la Convention de sauvegarde des droits de l'homme.
04:01On peut parler par exemple aussi
04:02d'un choix qui est fait
04:05de type de maintien de l'ordre.
04:07Par exemple, le fait de nommer
04:09comme préfet Didier Lallement
04:10qui venait de Bordeaux.
04:11Et là, l'Observatoire Girondin des Libertés Publiques
04:13a bien vu ce qui se passait
04:14avant son arrivée
04:16et après son départ.
04:18Donc ça veut dire qu'on sait
04:19qu'il y a aussi des choix de personnes,
04:22des choix de maintien de l'ordre
04:23qui génèrent des tensions et des violences.
04:26Et là, on va voir les petites choses.
04:26Et là, on va voir les choses.
04:27Et là, on va voir les choses.