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  • il y a 10 heures
Plusieurs partis de différents pays de la Gauche européenne viennent de lancer une Initiative Citoyenne Européenne ( ICE ) pour obtenir la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. Cette procédure, prévue dans le fonctionnement de l'UE, vise à obliger la Commission européenne à appliquer des sanctions contre un pays qui ne respecte ni le droit international, ni les droits de l'homme. L'ONU a déjà dénoncé les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par Israël à Gaza et les atteintes répétées au droit international en Cisjordanie.

Pour que cette initiative aboutisse, il faut que la pétition européenne atteigne un million de signatures. Une semaine après son lancement, l'ICE en a déjà récolté 300 000. Les détails complets sur cette Initiative citoyenne et comment voter, avec la députée européenne Rima Hassan (La Gauche)

Signer la pétition : https://eci.ec.europa.eu/055/public/#/screen/home

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Transcription
00:00Rima Hassan, bonjour.
00:02Merci d'être une nouvelle fois sur le plateau de l'Humanité au Parlement européen, ici à Strasbourg.
00:06Je rappelle que vous êtes députée européenne du groupe La Gauche.
00:10On va parler avec vous de l'initiative citoyenne européenne pour la suspension de l'accord d'association Union européenne
00:15-Israël.
00:17Cette initiative a été lancée la semaine dernière, en début de la semaine dernière, depuis Bruxelles.
00:22Mais peut-être avant, je voudrais simplement vous poser une question sur la destruction hier.
00:26Alors, nous sommes mercredi, je le dis toujours pour ceux qui nous regardent, nous sommes mercredi après-midi,
00:34la destruction par l'armée israélienne du centre d'aide humanitaire de l'UNRWA, qui est un organisme de l
00:40'ONU.
00:41Rappelons-le une fois pour toutes, parce que parfois au confond, c'est un organisme de l'ONU qui est
00:45chargé de s'occuper des réfugiés palestiniens.
00:49Ça a été totalement détruit. Ça se passe à Jérusalem-Est. Comment réagissez-vous ?
00:56Alors, tout d'abord, peut-être dire que ça s'inscrit pleinement dans l'intention qui a été posée par
01:03Israël depuis le début.
01:04Alors, Israël a eu recours à différents procédés pour à la fois salir l'image de l'UNRWA,
01:09la discréditer aussi auprès de ses interlocuteurs européens.
01:12On se souvient des accusations infondées qui ont été formulées, notamment par les autorités israéliennes,
01:18visant à accuser l'UNRWA de travailler en proximité avec le Hamas, d'être liées à l'organisation du Hamas,
01:28ce qui a été démenti par divers rapports et diverses investigations.
01:34Et donc là, Israël passe par un autre moyen qui est effectivement scandaleux,
01:39qui est celui finalement de détruire les locaux même de cette institution, de cet organe onusien à Jérusalem.
01:46Et ça s'inscrit plus largement dans une politique qui est assumée là aussi depuis des décennies,
01:52c'est-à-dire qu'Israël a la volonté d'en finir avec la question du droit au retour,
01:59que ce soit pour les Palestiniens de l'extérieur ou les Palestiniens de l'intérieur,
02:02parce que l'UNRWA est en mandaté pour effectivement assister les réfugiés palestiniens.
02:08Et il y a deux dynamiques effectivement de déplacement,
02:11il y a eu deux dynamiques de déplacement pour les réfugiés palestiniens,
02:13à la fois à l'intérieur de la Palestine et puis à l'extérieur.
02:17Et donc l'UNRWA est en charge de tous ces Palestiniens.
02:20On les dénombre quand même au nombre de 6 millions.
02:23Il y a 6 millions de Palestiniens qui sont enregistrés auprès de l'UNRWA.
02:26Et autre chose également, pour ceux qui connaissent un petit peu Jérusalem,
02:30là ça se passe à Jérusalem-Est,
02:32et c'est aussi un des aspects qui consiste à déstructurer,
02:36donc Jérusalem-Est pardon je vais le dire,
02:40c'est le quartier qui est habité par les Palestiniens en grande partie.
02:45Et on est en train de déstructurer aussi ce quartier-là,
02:49par différentes méthodes juridiques,
02:52on prend les maisons des gens qui y habitent, etc.
02:54Et ça entre aussi dans ce cadre-là.
02:56Oui totalement, ce n'est pas anodin que ça soit...
02:59L'ONU insiste beaucoup là-dessus ce matin.
03:00Oui, oui, effectivement, puisque ça s'inscrit dans cette politique
03:02de colonisation et d'occupation qui s'accélère depuis octobre 2023
03:07et qui est de plus en plus ouvertement assumée par le régime israélien.
03:13Et donc la volonté c'est effectivement de récupérer ce qu'il reste
03:17des territoires palestiniens à travers différents procédés.
03:20Pour la bande de Gaza, nous l'avons vu,
03:22ça a été à travers ce génocide qui perdure encore aujourd'hui.
03:26Et l'annexion de près de 58% du territoire de la bande de Gaza par Israël,
03:31qui est délimitée par cette fameuse ligne jaune.
03:34Et pour les territoires en Cisjordanie et donc de Jérusalem-Est,
03:38ce sont ces procédés-là qui sont en cours.
03:41Et je regrette, il faut le souligner, l'absence.
03:43Il y a eu des réactions de différents interlocuteurs européens.
03:47C'est la question que j'allais vous poser.
03:47Quelles sont les réactions finalement ?
03:49Alors ce sont toujours les mêmes, c'est-à-dire des réactions de condamnation,
03:55avec plus ou moins de fermeté selon les réactions.
03:58D'Utelès a tout de suite réagi dans ce sens.
03:59Exactement.
04:00Mais j'insiste là-dessus, ça fera peut-être le lien avec la question de l'ICE sur l'accord
04:05d'association.
04:05Nous n'avons toujours pas de politique qui soit menée,
04:09de décision qui soit prise visant à sanctionner
04:12ce qui est encore défini comme un partenaire privilégié.
04:15En l'occurrence, c'est partenaire israélien.
04:17Donc il nous faut continuer à maintenir cette pression,
04:20à la fois en tant qu'élu, à la fois en tant que citoyen,
04:23sur ces décideurs européens, sur les dirigeants européens,
04:27pour enfin embrasser la voie des sanctions contre Israël.
04:31Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
04:33Initiative citoyenne européenne pour la suspension de l'accord d'association.
04:36Il sera laissé un peu loin à dire.
04:39Donc ça a été lancé par votre groupe, le groupe La Gauche,
04:43qui a changé de nom, qui s'appelle aujourd'hui l'Alliance de la Gauche européenne.
04:46C'est ça ?
04:46Alors ça n'a pas changé de nom, c'est une autre alliance parallèle
04:50qui réunit sept pays actuellement,
04:53et qui regroupe différents partis de la gauche européenne,
04:58et qui se sont coordonnés pour déposer cette initiative.
05:04Alors, ce qu'il faut dire, c'est que c'est une initiative qui est un...
05:07C'est pas une initiative extérieure qu'on prend comme ça en faisant...
05:11Ça prend la forme d'une pétition, on va le dire tout de suite.
05:14C'est pas une pétition qu'on fait comme ça, comme il y a des tas de pétitions.
05:17Elle est contraignante, oui.
05:18C'est ça, elle est contraignante.
05:19C'est-à-dire qu'elle entre dans le cadre des possibilités légales
05:23au sein de l'Union Européenne d'entreprendre ce type d'initiative.
05:27C'est pas simple.
05:28C'est lié à l'Union Européenne, à ses règlements.
05:30C'est-à-dire que l'Union Européenne doit, elle le fait d'ailleurs,
05:33elle doit prendre en compte cette initiative.
05:36En deux mots, est-ce que vous pouvez résumer un peu l'esprit de cette initiative ?
05:39Oui, bien sûr.
05:40D'abord, préciser que c'est un outil de démocratie participative directe
05:44puisqu'on mobilise et il y a un contrôle qui est fait notamment des signataires
05:49pour vérifier que ce sont effectivement des citoyens et citoyennes de l'Union Européenne.
05:54On va mobiliser, on va inviter les citoyens européens
05:58à se positionner sur un sujet donné.
06:00Donc là, en l'occurrence, c'est cette question de l'accord d'association UE-Israël.
06:04Pour que la Commission soit contrainte de traiter cette initiative citoyenne européenne,
06:11ce sujet, il faut qu'on puisse réunir un million de voix
06:15et le seuil minimum dans sept pays.
06:18C'est ça, il y a les contraintes par rapport à ce million.
06:20Ce n'est pas simplement un million sec, si on peut dire.
06:22Il faut qu'il y ait au moins un nombre de voix,
06:26un seuil minimum qui soit atteint pour au moins sept pays de l'Union Européenne.
06:33Et donc effectivement, cette dimension contraignante,
06:35très concrètement, ça veut dire que la Commission,
06:37à six mois après le dépôt de cette initiative,
06:44qui en recueillit un million de voix,
06:46pour répondre sur le sujet qui lui est posé,
06:50c'est-à-dire la non-suspension de l'accord d'association UE-Israël,
06:53malgré la violation répétée des droits humains,
06:57malgré le génocide, la politique de colonisation, d'occupation,
07:00et un certain nombre de crimes qu'on peut vraiment passer des heures
07:03à énumérer malheureusement.
07:05Et là, effectivement, il y a ces dimensions contraignantes
07:09à travers cette contrainte qu'elle impose à la Commission.
07:13Et donc, c'est un outil non négligeable
07:16qui peut à la fois obliger la Commission à rendre des comptes
07:19sur cet accord d'association,
07:21qui, je le rappelle, est conditionné par l'article 2
07:23au respect des droits humains,
07:26et qui peut l'obliger à effectivement réviser
07:30ou revoir les modalités de cet accord.
07:32Alors, vous avez évidemment beaucoup travaillé sur les arguments
07:38qui sont des arguments complexes de différentes natures.
07:42Il y a des arguments juridiques,
07:43des arguments qui ont rapport effectivement
07:45avec les questions de droits de l'homme, etc.
07:47En gros, quand même, vous les avez énumérés très rapidement,
07:50mais qu'est-ce qui vous semble le plus incontournable
07:53pour qu'on ne refuse pas de prendre ça en compte,
07:56que la Commission européenne ne refuse pas de prendre ça en compte,
07:58si je peux le dire négativement ?
08:00Qu'est-ce qui vous semble solide ?
08:02Il y a d'abord la place qu'occupe finalement cet accord d'association
08:07dans les relations entre l'Union européenne et Israël.
08:09Donc, je le rappelle, l'Union européenne est le premier partenaire commercial
08:13de l'État d'Israël, d'où la nécessité de se saisir finalement
08:16d'un outil qui peut changer la donne, qui peut vraiment peser.
08:20L'accord d'association EU-Israël, c'est plus de 42 milliards d'échanges.
08:24Ça représente plus de 42 milliards d'échanges sur l'année 2024.
08:28Donc, on est en plein génocide sur cette période.
08:30Et il y a donc tous les éléments, si vous voulez, d'ordre économique.
08:36Ça couvre énormément de volets, cet accord d'association.
08:42Mais l'argument principal qui doit être retenu par celles et ceux qui nous écoutent,
08:46c'est l'engagement de l'Union européenne, a priori, sur la défense des droits humains.
08:50C'est l'article 2, c'est la condition même.
08:51C'est-à-dire que nous n'ajoutons rien finalement à l'appréciation de cet accord.
08:55Ce que nous demandons la Commission, c'est de le faire respecter.
08:58Et dans cet article 2, il est explicitement noté que cet accord est conditionné finalement
09:03au respect des droits humains, aux principes démocratiques, etc.
09:07Et qu'Israël, au regard de tous les crimes qui ont été commis avant le 7 octobre
09:13et puis ensuite après octobre 2023, il y a matière pour énormément de citoyens,
09:19pour énormément d'interlocuteurs de la société civile, que ce soit des ONG,
09:24des acteurs qui militent finalement pour la défense des droits humains.
09:28Il y a matière aujourd'hui à suspendre cet accord ou à minima à demander à la Commission
09:34de rendre des comptes sur cette incohérence et sur ce deux poids deux mesures
09:36puisque nous rappelons souvent que nous en sommes au 19ème paquet de sanctions contre la Russie.
09:43Et c'est une politique qu'il faut maintenir, au regard des violations qui sont commises par la Russie
09:49sur le territoire ukrainien.
09:50Mais on ne peut pas tenir sur cette politique du deux poids deux mesures
09:55et qui nous fait aussi, en tant qu'Européens, perdre énormément de crédibilité
09:59sur la scène internationale en matière de politique étrangère
10:02puisque nous laissons faire Israël s'agissant des crimes qui sont commis contre les Palestiniens.
10:08C'est aussi une manière de montrer ce qu'a fait l'Union ou pas fait l'Union européenne,
10:13de réévaluer, j'allais dire un peu, ce qu'a fait ou pas fait l'Union européenne
10:17pendant ces deux années où effectivement les termes comme crimes de guerre
10:21et crimes contre l'humanité ont été officialisés au niveau de l'ONU.
10:26Même le génocide.
10:27Même génocide.
10:28Et donc c'est aussi une manière de réévaluer ce que n'a pas vraiment fait,
10:32pris en compte en tout cas l'Union européenne par rapport à cet événement incroyable, historique
10:39qu'est Gaza, que sont les massacres de Gaza.
10:41Oui, ou alors il y a eu, si vous voulez, un début de prise de conscience ou d'engagement.
10:46C'était notamment au moment où la Commission s'était engagée à revoir l'accord d'association
10:50mais uniquement sur son volet commercial qui était déjà une victoire malgré tout
10:55mais qui n'était pas une victoire suffisante.
10:58Et là où ça a été extrêmement problématique, c'est qu'ils sont revenus sur cet engagement
11:03en se cachant un peu derrière la division des États européens, ce qui est aussi une réalité
11:08mais qui ne nous empêche pas de travailler finalement à faire avancer cette question
11:12du respect du droit international et des droits humains et en tenant compte de l'évolution
11:18de la situation dans le cadre du cessez-le-feu.
11:20Mais ce cessez-le-feu, comme vous le savez très bien, n'est pas respecté par Israël.
11:25Il a été d'ores et déjà effectivement violé un certain nombre de fois.
11:30Les Palestiniens continuent à être ciblés.
11:32Il y a plus d'une soixantaine d'ONG qui ont été interdites d'accès sur le territoire,
11:36les territoires palestiniens par le régime israélien et la politique encore une fois
11:41parce que je le rappelle, la question des droits humains, elle ne se limite pas à Gaza.
11:44Donc c'est là où ça a été très problématique.
11:45C'est que finalement les prises de parole de cette commission consistaient à dire
11:47il y a un cessez-le-feu donc la situation va très probablement s'améliorer.
11:52Mais si on ne tient pas compte de la situation à Gaza, il y a aussi les territoires palestiniens en
11:56Cisjordanie
11:57où la politique de colonisation et d'occupation au quotidien s'inscrit en violation totale du droit international
12:05et de la défense des droits humains.
12:07Donc il y a une hypocrisie, il faut le dénoncer comme tel, dans les prises d'opposition de la commission
12:14qui d'abord ont fait des annonces sur la révision de cet accord sur le volet commercial
12:19et puis qui se sont un peu cachés, il faut le dire.
12:22Et ce ne sont pas les seuls.
12:23De nombreux dirigeants se sont cachés derrière ce cessez-le-feu.
12:27qui n'est pas une avancée politique.
12:30Le cessez-le-feu est un impératif humanitaire.
12:32Ce que nous avons demandé depuis plus d'un an et demi, ça a été simplement de faire cesser
12:39finalement les bombardements sur les palestiniens.
12:42Mais il y a un rôle majeur pour l'Union européenne à faire avancer la perspective politique
12:48pour les palestiniens au-delà de cet impératif du cessez-le-feu.
12:52Est-ce qu'on peut, alors au bout du compte, on va raisonner en hypothèses favorables,
12:57est-ce qu'au bout du compte les rapports économiques, les échanges économiques entre l'Union européenne et Israël
13:04peuvent concrètement, réellement, à la suite de la démarche que vous entreprenez là, être mis en cause tout simplement ?
13:10De manière ferme, quoi, claire.
13:12Oui, oui, et il le faudrait, encore une fois, c'est une question de cohérence.
13:16Et il y a effectivement cette contrainte.
13:19C'est-à-dire que la Commission doit traiter cette initiative citoyenne européenne
13:24dès lors qu'elle atteint un million de signatures.
13:27Elle doit rendre des comptes sur les questions qui lui sont posées.
13:30Et ça donne aussi une dimension, ce qui est intéressant finalement avec cet outil,
13:35c'est que ça donne aussi une dimension de mobilisation
13:38et de demander à des dirigeants européens de rendre des comptes
13:41en dehors de l'enceinte du Parlement
13:45ou de la députation des uns et des autres.
13:52C'est véritablement un million de citoyens européens
13:55qui ont des questions posées de manière quasiment directe, finalement, à cette Commission.
14:02Et on espère que ça pourra peser pour suspendre cet accord d'association
14:08et faire renoncer, finalement, effectivement, l'Union européenne à ses logiques commerciales.
14:15Mais je pense vraiment que ce n'est même pas ce qui se joue pour l'Union européenne.
14:17Je pense que là, le soutien quasi inconditionnel qu'est apporté à Israël
14:21est d'abord aussi idéologique.
14:23Nous avons eu l'occasion de le traiter dans d'autres interviews.
14:26Ce n'est pas seulement les dimensions commerciales, économiques
14:29qui lient l'Union européenne à Israël.
14:32D'ailleurs, Israël est plutôt gagnant, en fait, dans ce rapport.
14:36Ce n'est pas l'Union européenne qui en bénéficie très largement.
14:39C'est d'abord Israël qui en bénéficie.
14:41Donc, c'est plutôt stratégique et également idéologique.
14:47Alors, on l'a dit, ça a été lancé il y a une semaine, une petite semaine.
14:52Cette initiative citoyenne européenne.
14:54Et nous en sommes à plus de 300 000 voix.
14:56Voilà, c'est ça.
14:57À la comptabilité du jour, on est à 300 000.
14:59Oui, oui, un peu plus.
15:00Ce qui est quand même pas mal en quelques jours.
15:05Comment, mode d'emploi, alors comment on fait ?
15:07Ceux qui nous regardent, ceux qui nous écoutent,
15:09qui disent, moi, ça m'intéresse, je voudrais signer cette initiative.
15:13Comment ils font ?
15:13Alors, vous pouvez la retrouver en ligne, mais vous l'avez également sur nos différents comptes.
15:19Nous sommes plusieurs députés à l'avoir mis ce qu'on appelle dans les bio de nos réseaux sociaux.
15:24Et c'est très simple, ça se remplit vraiment comme une pétition.
15:28Vous inscrivez vos informations, noms d'identité, noms, prénoms.
15:33Les informations traditionnellement qu'on remplit pour une pétition.
15:36Et puis, il y aura bien sûr, c'est un système aussi qui permet de vérifier aussi,
15:42comme je vous le disais, l'identité pour s'assurer que ce sont bien des citoyens européens qui signent.
15:49Donc, ça signe vraiment comme une pétition.
15:51Et ce qui nous importe maintenant, c'est vraiment aussi d'élargir la campagne
15:55pour, comme je vous le disais, s'assurer que nous avons au moins les 7 pays,
15:59le seuil minimum de signatures recueillies dans 7 pays qui, comme je le disais, est la deuxième condition.
16:05Il y a deux conditions pour que cette ICE soit retenue et traitée.
16:08C'est d'avoir un million de voix et qu'il y ait un seuil minimum recueilli dans 7 pays.
16:14Sur les 300 000 qu'on comptabilise aujourd'hui, vous savez quels sont les pays qui ont démarré, entre guillemets
16:21?
16:21Alors, deux souvenirs. J'avais regardé il y a quelques jours.
16:26Donc, la France a atteint, mais il ne faut pas se décourager pour temps.
16:30Il faut continuer à signer parce que même si nous avons atteint notre seuil minimum,
16:34je crois que nous sommes à près de 180% des voix.
16:39Donc, il faut qu'on puisse pousser la campagne.
16:42Il me semble que la Belgique doit être autour de 90%,
16:45donc il manque 10% du nombre de signatures demandées pour avoir ce seuil.
16:53Il y a également l'Espagne, il y a la Suède.
16:59De souvenirs, ce sont les pays qui sont les plus engagés en termes de nombre de signataires.
17:05Petite question, est-ce qu'il y a une date butoir ?
17:09Non, nous n'avons pas de date butoir.
17:11On peut vraiment...
17:12Il ne faut pas signer avant le mois de février.
17:15Je ne sais plus, pardon, s'il y a une date butoir.
17:17On va vérifier.
17:18Un an ?
17:19Voilà, il y a un an, je ne l'avais pas en tête, pardon.
17:22Il y a un an, mais comme le délai est extrêmement long...
17:25D'accord, un an à compter du dépôt officiel ?
17:29Du dépôt, du dépôt, mais le temps, je pense que vous l'avez vu, il est assez long.
17:34Et donc, si nous avons une semaine recueilli plus de 300 000 voix,
17:41on ne s'est pas fait trop de soucis, si vous voulez, sur cette date butoir,
17:46dans la mesure où on nous espionne vraiment, dans les prochains jours, prochaines semaines,
17:50atteindre assez rapidement le million de voix.
17:53D'accord, juste une petite question supplémentaire.
17:55Vous avez déjà vu chez vos collègues autres qu'au sein du groupe La Gauche
18:01ou de l'Alliance de la Gauche européenne.
18:03Il y a d'autres groupes qui se sont montrés intéressés peut-être un petit peu
18:08par cette initiative ou pas ?
18:11Oui, oui, alors je pense que ça a été...
18:13On le voit dans les différents textes qu'on a été amenés à traiter.
18:16Cette question de l'accord d'association fait de plus en plus consensus
18:20dans, disons, les bords progressistes des groupes politiques représentés ici au Parlement.
18:28qui, alors nous ne sommes pas d'accord effectivement sur tous les éléments d'appréciation
18:34du sort des Palestiniens,
18:36mais il y a deux sujets qui font quand même globalement consensus.
18:39C'est la protection de l'UNO-Roi, la question de la colonisation en territoire occupé.
18:47Pas plus tard qu'aujourd'hui, il y a eu un amendement sur ce sujet qui a été adopté.
18:51Et il y a également cette question de l'accord d'association.
18:55Ce sont vraiment trois axes qui font globalement consensus dans les bords, disons, progressistes
19:03au sein du Parlement.
19:05Et vous pourrez regarder dans le détail, je pense que même au sein du PPE
19:08ou même au sein des partis, disons, auxquels on peut être opposé idéologiquement
19:14et sur les combats qu'on peut mener,
19:16il y a aussi une véritable lassitude de ce point de vue-là
19:20sur cette question du deux poids deux mesures
19:23et la nécessité finalement de dosser un peu le ton avec les interlocuteurs israéliens.
19:30Encore une fois, en matière, ne serait-ce que par crédibilité,
19:33c'est-à-dire que vous pouvez arriver en défense de cette question palestinienne
19:37au Parlement européen parce que vous êtes un militant sur cette question,
19:41mais j'observe qu'il y a aussi de plus en plus de gens
19:44qui adhèrent finalement à ces propositions que nous pouvons porter
19:49aussi par souci de crédibilité de l'Union européenne
19:53sur la scène internationale en matière de politique étrangère.
19:55C'est ça, et sur une question de droit international,
19:58puisque c'est dans ce cadre-là que ça se situe
20:00et qu'on voit bien que le droit international est en train de revenir
20:03sur la scène politique internationale aujourd'hui.
20:07On parle d'autres domaines, on ne va pas entrer dans ce débat-là,
20:09mais on voit bien que la référence au droit international
20:13et au droit de l'homme notamment aussi,
20:15est en train de remonter un peu dans l'opinion
20:17puisque forcément ça a été quand même sur Gaza,
20:20on en parlait plus loin, il y avait un silence important.
20:22Oui, je pense que c'est extrêmement important
20:24à un moment où nous avons face à nous Trump
20:27qui tente avec la création notamment de ce Conseil de paix
20:33de court-circuiter finalement l'ONU,
20:35de créer une autre instance parallèle
20:39pour gérer les affaires aussi internationales
20:42et ce qu'il appelle les zones sensibles,
20:45les conflits dans des zones sensibles.
20:46Et ce Conseil représente aussi un danger
20:49parce qu'il a vocation de manière très claire
20:52de sacrifier tout ce qui a été construit
20:54depuis la Seconde Guerre mondiale
20:56en multilatéralisme, en socle de droit international,
21:00de référence faite aux droits humains
21:01et qu'il nous faut effectivement se tenir en défense
21:09plus que jamais actuellement de ces normes internationales,
21:14de cet ordre international.
21:15C'est aussi une manière de dire que...
21:16Parce que ce n'est pas la seule initiative qui est prise.
21:19Je veux dire, ce n'est pas un truc tout à fait exceptionnel.
21:22Il y a d'autres initiatives citoyennes
21:24qui sont lancées dans l'Union européenne.
21:26C'est une manière de dire aussi que dans l'Union européenne,
21:28il y a quand même des outils juridiques...
21:32Démocratiques aussi.
21:33Démocratiques et administratifs entre guillemets
21:35qui permettent à des citoyens de porter le doigt
21:39sur quelque chose dont on ne parle pas forcément
21:42à fond ni en détail.
21:45Mais c'est possible.
21:46Je veux dire, cette initiative-là, elle n'est pas la seule.
21:47C'est ça que je veux dire.
21:48Il y en a d'autres qui sont en cours.
21:51Donc c'est important.
21:52Effectivement, c'est très important.
21:53Et vraiment sur cet aspect-là.
21:54C'est-à-dire qu'effectivement,
21:55c'est un outil de démocratie direct.
21:58Un moment où, en tant que citoyen, on peut se sentir frustré
22:01par la politique qui peut être menée,
22:02par les décisions qui peuvent être prises.
22:04Et le Parlement européen n'est pas toujours entendu aussi
22:07dans les votes qu'il peut émettre.
22:09Le vote du Mercosur qui a eu lieu pour engager un recours.
22:14On voit que ça marche quand même.
22:15On voit que ça marche.
22:16Mais je ne sais pas si vous avez vu la déclaration de la Commission
22:18qui a indiqué regretter le vote du Parlement.
22:21Donc vous voyez bien qu'on peut aussi être en conflictualité
22:24finalement entre les positions du Parlement
22:26et les décisions prises par la Commission.
22:29Et cet outil permet un peu de passer outre les blocages
22:32qu'on peut avoir au sein de ces institutions
22:35et avoir une expression directe formulée par un million de citoyens
22:39et qui oblige dans un délai de six mois la Commission à réagir
22:42et à rendre des comptes.
22:43Ce sont des points d'avancée, en tous les cas de lutte
22:47pour avancer sur les thèmes qui sont évidemment les thèmes chers.
22:50Vous rappeliez celui du Mercosur.
22:52C'est important que tout le monde le sache.
22:55Surtout en ce qui concerne l'Union européenne,
22:56c'est plus facile de s'en rendre compte à un niveau national
22:59parce qu'il y a des parlements nationaux et qu'on entend parler d'eux.
23:02Mais c'est vrai que dans l'Union européenne,
23:03on se demande des fois s'il y a moyen de faire autre chose
23:06ou de rien faire d'autre que la politique
23:07qui est affichée par la présidente de la Commission ou des commissions européennes.
23:11Tout à fait. Et puis c'est important aussi peut-être pour moi
23:12de conclure sur cette nécessité finalement.
23:17Je l'avais beaucoup portée pendant la campagne,
23:18mais de dire qu'il nous faut aussi investir la question palestinienne sur la durée
23:23et donc de saisir tous les procédés, tous les outils qui sont à notre disposition.
23:27Nous avons essayé pendant plus d'un an d'obtenir un texte
23:31qui soit à la hauteur des enjeux.
23:32On a fini par en avoir un, mais qui n'était pas du tout à la hauteur de nos attentes.
23:36On essaye de travailler amendement par amendement, texte sur texte,
23:40rapport sur rapport pour défendre cette question.
23:43Et puis le fait, la possibilité d'être au sein de ce Parlement
23:45nous permet aussi d'utiliser par exemple cet outil de l'ICE.
23:51Et donc c'est aussi important finalement que cette question palestinienne
23:54soit portée au sein de ces institutions
23:56et qui se fait en écho, en réponse aux attentes de la société civile.
24:01Merci beaucoup à vous, Ruben Hassan.
24:03On continuera à suivre bien sûr de très près le destin de l'initiative citoyenne européenne
24:09pour la suspension de l'accord d'association Union Européenne-Israël.
24:13Merci à vous.
24:14Merci.
24:14A bientôt.
24:15Merci de nous avoir regardés.
24:16A bientôt. Au revoir.
24:17Sous-titrage Société Radio-Canada

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