00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Tiens, on va parler d'investissement dans la santé à présent.
00:09Beaucoup d'experts nous disent, oui, il y a la tech, mais la santé aussi offre beaucoup de potentiel.
00:13Et dans la santé, les enjeux de santé mentale.
00:15Ils montent en puissance, ces enjeux de santé mentale, et c'est évidemment aussi un marché.
00:18Jérôme Berton nous rejoint, cité gestion, docteur Berton, c'est comme ça qu'on aime à vous appeler.
00:22Bonjour Jérôme.
00:22Bonjour Guillaume.
00:23Bienvenue.
00:23La France particulièrement touchée d'ailleurs par les soucis de santé mentale.
00:27C'est une grande cause nationale depuis l'an dernier.
00:28Après des décennies sans innovation majeure, on observe maintenant des découvertes intéressantes,
00:33et notamment le retour du LSD.
00:34Vous allez nous en parler déjà.
00:35Quelle est la taille de ce marché de la santé mentale ?
00:38Alors un chiffre pour commencer, 1,2 milliard.
00:411,2 milliard c'est quoi ?
00:42C'est le nombre de personnes dans le monde qui souffrent d'un trouble mental.
00:46C'est une personne sur sept.
00:48Donc c'est vraiment colossal.
00:50On dénombre quatre types de pathologies mentales, pour faire très simple.
00:54Les troubles de l'anxiété, les syndromes bipolaires,
00:58la dépression évidemment, et la schizophrénie.
01:01L'impact sur l'espérance de vie est variable selon les pathologies et le niveau de gravité.
01:05Mais pour les cas sévères, on compte une espérance de vie diminuée de 10 à 15 ans,
01:10selon les études.
01:12Le suicide en fait évidemment partie, mais ça n'est pas la cause majeure.
01:15Les causes majeures sont plutôt de l'ordre des maladies cardiovasculaires et des maladies respiratoires.
01:22Donc tabac, alcool, sélentarité, prise de poids.
01:26La France, vous l'avez dit, malheureusement est particulièrement touchée.
01:30Si on compte les personnes de plus de 15 ans,
01:34on dénombre que 11% d'entre elles souffrent d'une dépression.
01:38En Europe, c'est 6%.
01:39Donc c'est deux fois plus en France.
01:41Si on se réfère à la consommation d'anxiolytiques comme les masodiazépines,
01:46on se classe malheureusement deuxième derrière l'Espagne.
01:50Les raisons de ces mots sont multiples, économiques, familiales, professionnelles, personnelles, etc.
01:57Selon l'OMS, la crise du Covid a fait progresser de 25% les cas de dépression et d'anxiété
02:05dans le monde.
02:05L'impact économique, lui, est considérable.
02:09À l'échelle mondiale, on compte environ 12 milliards de journées de travail perdues par an.
02:16C'est 1 000 milliards de dollars de productivité qui sont perdus.
02:20Et les moyens sont limités.
02:22Seulement 2% en moyenne des dépenses, des budgets de santé sont alloués à la santé mentale.
02:28Et l'accès aux soins est lui aussi compliqué,
02:30puisqu'on ne note dans le monde que 13 professionnels de santé mentale pour 100 000 habitants.
02:36Mais j'allais vous dire, c'est assez contre-intuitif,
02:39parce que quand on voit l'impact immense de tout ça sur la vie au quotidien,
02:45ça devrait être un des premiers besoins sur lequel travaille l'industrie pharmaceutique.
02:51Or non, on le dit même sur les services de santé,
02:55la psychiatrie et la psychologie sont vraiment mises de côté et en déshérence.
03:00Est-ce qu'il y a des solutions nouvelles qui apparaissent pour changer un petit peu le paradigme autour des
03:05maladies mentales ?
03:06En fait, un constat intéressant Antoine, c'est vrai que pendant des décennies,
03:11on n'a pas eu d'innovation dans le domaine.
03:14Donc les psychiatres avaient à leur disposition dans leur arsenal thérapeutique des vieux médicaments génériqués,
03:22qui avaient des problèmes d'efficacité, d'effets secondaires, d'accoutumance.
03:27Et on voit une véritable innovation arriver.
03:30Je citerai trois axes.
03:31On voit des nouveautés arriver dans le domaine de la dépression,
03:34des nouveautés arriver dans le domaine de la schizophrénie
03:37et, Guillaume le disait en préambule, le grand retour du LSD,
03:41on en parlera, dans le domaine des traitements psychédéliques.
03:44Si on prend les traitements dans la dépression,
03:47on a Johnson & Johnson qui vient du reste de publier, il y a deux jours de cela, ces chiffres.
03:52Donc c'est une méga cap américaine.
03:54On parle de 600 milliards de dollars de market cap,
03:56de plus de 100 milliards de dollars de vente annuelle,
03:59en progression de 7% sur les trois prochaines années,
04:02une progression des EPS de 10%.
04:04Donc une société bien implantée, avec un PE de 24 fois,
04:10ce qui n'est pas donné, mais qui reflète le profil,
04:13le business model récurrent de ses revenus.
04:17Et G&G, donc Johnson & Johnson, commercialise depuis peu
04:20un médicament qui s'appelle Spravato, qui est un spray nasal
04:23et dont la molécule active est un dérivé de la kétamine.
04:27La kétamine qui est utilisée à la fois dans le domaine de la dépression,
04:30mais également dans le domaine de l'anesthésie générale.
04:32Donc autant vous dire que la prise de ce médicament
04:34nécessite un encadrement médical important.
04:38Et ce produit a délivré au troisième trimestre,
04:42donc il y a deux jours, plus de 600 millions de dollars
04:44de chiffre d'affaires, en progression de plus de 30%.
04:47C'est un produit qui devrait délivrer des ventes annuelles
04:51de plus de 4 milliards.
04:52Signé Johnson & Johnson, voilà.
04:53C'est une idée, ce n'est pas un conseil d'investissement,
04:55mais voilà, Johnson & Johnson, côté bien sûr à Wall Street.
04:58Vous évoquez aussi le renouvellement des traitements
05:00dans la schizophrénie en l'occurrence.
05:02D'ailleurs, il y a une bonne nouvelle pour Médincelle aux Etats-Unis
05:04il y a quelques jours.
05:05Comment on participe à travers nos investissements
05:07à lutter contre cette maladie qu'est la schizophrénie ?
05:10Alors on a là aussi des sociétés qui sont intéressantes
05:13tant au niveau large cap qu'au niveau small cap.
05:15Au niveau large cap, on a notamment une société
05:17qui s'appelle Bristol-Myers-Quibb.
05:19C'est plus de 100 milliards de market cap,
05:21des ventes annuelles de 50 milliards de dollars,
05:23avec pour le coup un PER qui est inférieur à 10 fois,
05:27donc qui est à l'ordre de 9 fois.
05:28Donc là, pour le coup, ça n'est pas très cher.
05:31Et ils viennent de lancer un nouveau médicament
05:33qui s'appelle Cobenfi,
05:34qui s'attaque à des récepteurs
05:37qui sont différents des traitements
05:40antipsychotiques habituels.
05:41Et c'est un médicament qui devrait délivrer
05:44plus de 250 millions de dollars de ventes
05:46cette année,
05:47et dont on attend d'ici 5 ans
05:49plus de 2 milliards de ventes
05:51de ce médicament.
05:54Donc une multiplication quasiment par 10.
05:56On a aussi Abvi, qui est là aussi une méga cap,
05:59qui est un business model intéressant Abvi,
06:01parce qu'elle est à la fois leader dans la pharma
06:02et leader dans l'esthétique.
06:04C'est d'ailleurs ceux qui commercialisent le fameux Botox
06:06que tout le monde connaît.
06:07En revanche, ce que beaucoup de personnes ignorent,
06:09c'est que la moitié des ventes de Botox
06:11sont liées à des indications médicales,
06:13pas du tout de l'esthétique,
06:14des indications médicales telles que le traitement
06:16des migraines chroniques.
06:17Alors si on revient par rapport à ce qui nous intéresse,
06:20au sujet qui nous intéresse,
06:21ils commercialisent eux aussi un médicament
06:23de façon assez récente,
06:25qui s'appelle Vrelart,
06:26et qui a délivré au dernier trimestre
06:28plus de 1 milliard de dollars de ventes
06:34au deuxième trimestre.
06:35On ne pourrait pas vous aider Géraud.
06:36Voilà, encore une fois.
06:37Et au niveau des small cap,
06:39on a une société qui est de petite biotech américaine
06:42qui est intéressante,
06:43qui s'appelle Alkermes.
06:44Qui agit contre la schizophrénie également.
06:46Qui agit également contre la schizophrénie
06:47et qui commercialise deux produits
06:50qui génèrent des ventes annuelles
06:52de l'ordre de 800 millions de dollars.
06:54Et on le disait au début,
06:55c'est aussi le grand retour du LSD
06:56pour résoudre les maladies mentales.
06:59Et c'est aussi en bourse le LSD, en l'occurrence ?
07:02Ça va arriver sur le marché.
07:05C'est en bourse, oui.
07:07Alors le LSD, ce dont il faut se souvenir,
07:09c'est que...
07:10Alors moi, on est tous un peu trop jeunes
07:12pour se souvenir de ça,
07:13mais au début des années 60,
07:15il y a eu un fort développement du LSD
07:16dans le domaine de la psychiatrie.
07:18C'est l'ergot de seigle, c'est ça ?
07:20Alors c'est un dérivé, oui, tout à fait.
07:22Et donc au début des années 60,
07:24c'était très fortement développé
07:27dans le domaine de la psychiatrie.
07:29Et à la fin des années 60,
07:30on a arrêté son utilisation pour...
07:32Enfin, son développement pour des raisons
07:35liées à une utilisation quelque peu
07:37récréative de la molécule.
07:39Ça revient en force,
07:40c'est vraiment un domaine d'innovation
07:42qui est l'un des plus importants dans le segment.
07:45Le président Trump a signé un executive order
07:48en avril dernier
07:49pour accélérer le développement
07:50de cette classe thérapeutique.
07:51Et on a une société,
07:53Définium Thérapeutique,
07:54une petite biotech américaine,
07:555 milliards de market cap,
07:57qui développe un nouveau produit,
08:00donc un comprimé,
08:02qui a la spécificité d'agir
08:04en une prise sur trois mois.
08:07Il a délivré des résultats positifs
08:09sur trois phases 3.
08:11La société prévoit de développer
08:12une demande de commercialisation
08:14auprès de l'AFDA
08:15au premier semestre de l'année prochaine.
08:17C'est un produit qui pourrait arriver au marché
08:18en fin d'année prochaine.
08:20Et le marché a beaucoup d'espoir
08:21sur cette molécule
08:22puisqu'il table sur 3 milliards de dollars
08:24de vente d'ici 5 ans.
08:27Définium Thérapeutique.
08:29Voilà, 5 milliards de dollars de capitalisation.
08:31Exact.
08:31Jérôme Berton, docteur Berton,
08:32merci beaucoup de nous avoir accompagné
08:34cet après-midi.
08:35Les clés et les valeurs
08:35pour investir dans ces traitements
08:37des maladies mentales
08:38qui sont un marché, hélas, croissant.
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