00:00Et bienvenue, si vous nous rejoignez, j'accueille mes débatteurs pour cette deuxième partie d'Europe 1 Soir.
00:04Charlotte Dornela, journaliste au JDD. Bonsoir Charlotte.
00:06Bonsoir Hélène.
00:07Ainsi qu'Arthur de Vatrigan, directeur de la rédaction du magazine L'Incorrect.
00:10Bonsoir Arthur.
00:11Bonsoir Hélène.
00:12Nous accueillons Omar Youssef Souleymane, écrivain et journaliste, auteur des Héritiers de la haine aux éditions Plon.
00:18Bonsoir.
00:18Bonsoir.
00:19Alors votre livre s'intitule Les Héritiers de la haine.
00:23Qui sont-ils ? Quelle est cette haine ? Justement, de quelle haine ces jeunes ont-ils hérité ?
00:27C'est une haine qu'on a hérité malheureusement depuis les années 80-90 et je parle précisément d'une
00:33partie de la génération Z aujourd'hui
00:36qui ont hérité un discours séparatiste, islamiste parfois, homophobe ou sexiste
00:42et qui sont justement aujourd'hui, qui l'ont hérité de leurs parents ou parfois des profs même.
00:48Alors ces jeunes se définissent par leurs origines algériennes, marocaines, sénégalaises alors qu'ils ne connaissent pas le pays de
00:54leurs ancêtres.
00:54Ils sont nés en France, beaucoup d'entre eux évidemment sont bien sûr français.
00:57D'où vient cette crise identitaire ? Est-ce que c'est la famille ? Est-ce que c'est
01:01les réseaux sociaux ?
01:02Est-ce que c'est une ambiance au sein de l'école aussi peut-être ? Est-ce que c
01:05'est la mosquée ? D'où ça vient ?
01:06Vous voyez, toujours je leur pose cette question, parce que moi je viens de la Syrie, je suis intégré en
01:11France, je m'assimulé dans cette société.
01:13Je leur pose la question, s'il y a un problème qui arrive ici sur notre territoire, vous allez où
01:16?
01:17Eh bien elles me répondent, on va dans notre pays.
01:20Et quand c'est une réponse, c'est une des raisons d'ailleurs pour lesquelles j'ai écrit ce livre,
01:24une réponse qui me choque toujours depuis 2020 jusqu'à aujourd'hui, et ça devient de plus en plus large.
01:29Pourtant, ils ne savent rien de ce pays, ils ne savent rien, ils ne parlent pas la langue arabe, quasiment
01:34la plupart d'eux sont jamais allés dans les pays de Maghreb ou au Sénégal, etc.
01:40Ou même en vacances parfois.
01:41D'où ça vient ? Tout ce que vous avez cité, que ce soit le discours islamiste ou djihadiste sur
01:46les réseaux sociaux, notamment TikTok, parfois leurs parents, je pense que le moment de déclenchement de ce discours remonte aux
01:53années 2000, avec la deuxième antifada et les attentats en septembre.
01:59Oui, alors vous parlez d'antisémitisme, vous parlez de théorie du complot très présente sur TikTok, on sait que l
02:03'islamisme aussi s'y propage, c'est Gilles Kepel qui parle du djihadisme d'atmosphère, qui est notamment évidemment propulsé
02:09et propagé sur les réseaux sociaux.
02:11Est-ce qu'aujourd'hui c'est même le premier lieu d'éducation de la jeunesse ? Et c'est
02:14la raison pour laquelle vous avez énormément de jeunes qui en fait tombent dans cet endothraînement ?
02:17Oui, j'ai fait un sondage dans ce livre, combien d'heures passent nos jeunes aujourd'hui sur les réseaux
02:22sociaux ? On pose ensuite question aux élèves.
02:24Eh bien c'est entre 4 et 5 heures par jour et le week-end c'est entre 7 et
02:288 heures. Effectivement, c'est énorme, c'est leur tirant, surtout TikTok.
02:33J'ai fait une autre étude aussi sur la présence de discours islamistes, radicals ou même djihadistes français sur TikTok,
02:40c'est omniprésent.
02:41Et c'est très manipulateur. Par exemple, ils représentent les filles, les gamines avant et après avoir enlevé le voile,
02:48comme quoi la fille était malheureuse, était perdue, elle bouvait de l'alcool, etc.
02:53avant de mettre le voile. Une fois qu'elle est voilée, elle devient une femme désirable, une femme respectueuse.
02:57Ça c'est un discours essentiellement frère musulman.
03:02Charlotte Dornelas.
03:03Oui, comment est-ce que vous définiriez le vide que vient combler l'islamisme ? Parce que vous avez dit,
03:09ce qui vous a choqué, c'est que ces jeunes répondent,
03:11je dirais, dans mon pays, qui n'est donc pas la France, mais le pays d'origine de leurs parents,
03:18comment est-ce que vous expliquez, justement, qu'ils n'aient jamais adhéré, on va dire, à la France comme
03:24naturellement à leur pays ?
03:26Omar Youssef Souleymane.
03:26Merci. Je pense qu'ils ont, il y a, comme on dit en français, la nature à l'ordre du
03:31vide.
03:32Eh bien, ce vide où ces jeunes qui vivent dans des quartiers abandonnés par les intellectuels, par parfois des programmes
03:38culturels,
03:39par la gauche des années 80-90, qui sont censés, qui sont représentés comme des porte-parole ou ceux qui
03:47s'occupent de ces jeunes,
03:48ils ne l'ont jamais fait. Ou quand ils l'ont fait, ils ne l'ont pas fait bien.
03:51Vous voyez ? Et je parle de ma propre histoire, quand je suis arrivé en France en 2012, je ne
03:56parlais même pas en français.
03:58Eh bien, pour avoir la possibilité ou le droit d'avoir une carte de séjour, il m'a suffisait de
04:04passer une journée,
04:05la belle journée d'intégration, c'était à l'OFPRA, je n'ai rien compris.
04:09Cette journée, je n'ai pas ni de l'histoire française.
04:11J'étais très heureux d'avoir, comme quoi, que ce jour-ci, j'allais apprendre, mais rien, j'ai rien
04:16appris.
04:16Et quelques mois plus tard, j'ai eu une carte de séjour pendant 10 ans.
04:19C'est-à-dire, on est tellement généraux de porter ou de donner des paviers administratifs,
04:24on n'est pas généraux de faire des cours d'intégration qui doivent être aussi obligatoires, comme partout.
04:30Et alors, j'ajoute une petite question subsidiaire, mais comment est-ce que vous, vous avez trouvé les moyens auprès
04:36de qui ?
04:37Et comment vous avez trouvé les moyens de vous intéresser à la France ?
04:40Parce que j'adore ce pays, tout simplement. J'adore la langue française, j'adore les figures de l'histoire
04:45française,
04:46j'adore les poètes, les écrivains. Moi, c'était ça, la France.
04:48C'est ce qui m'a motivé à apprendre et la langue française, et la littérature, et l'histoire.
04:53Mais donc, la cinquième partie de votre ouvrage s'intitule « Être français, c'est ouf ».
04:56Ah oui, grave !
04:59Mais donc, du coup, c'est vrai, vous êtes la preuve que manifestement de cet endoctrinement, on peut y revenir.
05:04Mais donc, est-ce que vous préconisez des solutions, justement, à donner à cette jeunesse,
05:08qui maintenant est enfermée, parfois dans des carcans familiaux,
05:11et parfois enfermée, justement, sur leur téléphone, sur les réseaux sociaux ?
05:14Comment on fait ? On lâche le téléphone ? On lâche Internet ? On commence à lire ?
05:17Moi, je leur dis toujours que le discours de la citoyenneté,
05:19l'appartenance à la France, c'est aussi un sujet des jeunes, un sujet moderne.
05:24Ça ne vient pas de la sénécole.
05:25Et je pense que la solution, c'est d'envahir,
05:28ou même qui dans, disons,
05:30oui, envahir leurs réseaux sociaux, surtout TikTok,
05:33avec un discours républicain, un discours laïque,
05:35un discours de citoyenneté,
05:37et aussi en représentant la beauté de notre pays.
05:40C'est-à-dire, la France, c'est un des plus grands pays du monde,
05:44au niveau de diversité, on a une grande diversité culturelle, naturelle.
05:47Par exemple, quand je pose la question aux jeunes où vous souhaitez y aller,
05:51c'est Dubaï pour faire le ski,
05:52mais on n'a pas besoin d'aller à Dubaï pour faire le ski quand même.
05:55On est dans un des plus beaux pays du monde.
05:57Et donc, c'est votre pays, vous êtes chez vous,
05:59et je leur demande toujours d'oser le débat,
06:03c'est-à-dire poser des questions, avoir des doutes,
06:05y compris envers la religion, envers l'islam.
06:10Est-ce que la violence est un moteur dans cette jeune génération ?
06:14Comment expliquer que, pour ceux qui se revendiquent
06:16d'une identité liée directement ou indirectement avec une religion,
06:20comment expliquer qu'ils épousent la transcendance à coups de couteau ?
06:23Qu'ils applaudissent quand il y a un attentat,
06:25qu'il y a même des vagues de conversion lors d'un attentat ?
06:28Vous avez tout à fait raison.
06:29Quand je leur pose la question, par exemple,
06:31qu'est-ce que vous pensez de l'attentat de Samuel Paty,
06:33au-delà de 13 novembre ?
06:34Certains, et moi je trouve que c'est le plus grave,
06:37certains justifient, c'est pas seulement qu'ils justifient ces attentats,
06:41mais ils disent que c'était de la vengeance légitime,
06:44ou ils comprennent cette vengeance,
06:46parce que c'était pour le prophète ou pour l'islam.
06:49Je trouve que le plus grave de cette justification,
06:53c'est de le déclarer,
06:54de le déclarer tranquillement devant les autres élèves,
06:57devant les profs, sans avoir aucune crainte,
07:00c'est-à-dire banaliser la radicalisation.
07:02Alors d'où vient cette violence ?
07:04Il y a plein de raisons, vous voyez,
07:05il y a les réseaux sociaux, il y a le séparatisme,
07:07il y a qu'ils soient des biberonnés à la maison par la haine envers ce pays,
07:11comme quoi la France, c'est un pays colonialiste,
07:13un pays indésirable, un pays de lequel on doit être méfiant,
07:17ça vient de leurs parents,
07:18et comment ils ne peuvent pas être violents
07:21en entendant ce discours jour et nuit, vous voyez ?
07:24Et donc je pense que ça vient de là,
07:26et la violence vient aussi de l'ignorance.
07:28L'ignorance, c'est le moteur de la violence,
07:29et la violence, c'est le moteur de la séparatisme.
07:32Vous m'avez fait la transition avec Samuel Paty,
07:33il y a six ans, jour pour jour,
07:35il était assassiné par un islamiste
07:36pour avoir montré des caricatures de Mahomet.
07:38Invité d'Europe 1 ce matin,
07:40sa sœur, Mickaël, se réjouit de la projection
07:42dans un certain nombre d'établissements scolaires
07:44du film L'Abandon,
07:44qui retrace les derniers jours de son frère.
07:47Paty, un nom sous la menace permanente,
07:49désormais, je vous propose de l'écouter.
07:50C'est arrivé assez tôt, en fait.
07:52Que le nom de mon frère soit associé
07:53à une menace de mort.
07:54Maintenant, il faut vraiment
07:55que l'éducation nationale le comprenne,
07:57ce ne sont pas des paroles en l'air.
07:59Si un jour, un prof a été tué,
08:01il faut se dire qu'il y en aura forcément d'autres.
08:03La plupart des collégiens ou des lycéens
08:06étaient encore très jeunes au moment des faits.
08:08On leur a demandé souvent
08:09de faire une minute de silence,
08:10mais sans avoir l'explication.
08:12Par aussi des faux d'information des enseignants
08:15qui n'ont pas à tous les tenants et les aboutissants.
08:17Donc en fait, ce film,
08:18c'est l'outil pédagogique par excellence
08:20pour faire comprendre à notre jeunesse.
08:23Et vraiment, partout où nous allons,
08:25les réactions de ces jeunes
08:27nous étonnent par leur degré d'intelligence
08:29par rapport à la situation.
08:31Ils ont une analyse qui est parfois
08:32peut-être même plus pointue
08:34que certains adultes à l'heure actuelle.
08:36Omar Youssef Souleymane,
08:37Samuel Paty et Dominique Berna
08:39font partie des personnes que vous remerciez.
08:40À la fin de votre ouvrage, je vous cite,
08:42« À tous ceux qui ont donné leur vie
08:43pour nos valeurs universalistes,
08:45vous n'avez pas disparu.
08:46Vous êtes la lumière de chaque pensée qui résiste
08:48et nous continuons. »
08:50Ça fait six ans que Samuel Paty est mort.
08:51Dominique Bernard, c'était le 13 octobre 2023.
08:54A-t-on tirer ne serait-ce qu'une seule leçon
08:56de ces deux attentats ?
08:58On va continuer de se battre, en fait.
08:59C'est ainsi qu'on leur donne hommage.
09:03Ce qui m'a tellement choqué aussi
09:05que parfois, la minute de silence
09:06était à préciser qu'elle n'est pas appliquée
09:08par peur.
09:09Et ça, je trouve que c'est inacceptable.
09:11Et même parfois, les élèves,
09:13ils ne le respectent pas.
09:14Parfois, certains profs
09:15qui soutiennent la France insoumise
09:16ne le respectent pas.
09:17Et nous recevions d'ailleurs en première heure
09:19Bruno Gaillard, un enseignant,
09:20qui disait, en fait, aujourd'hui,
09:21le film « L'abandon »
09:22dont parle Michael Paty...
09:23Qui est excellent.
09:24Non mais non seulement il est excellent,
09:25mais le problème, c'est qu'en fait,
09:26vous ne pouvez pas le placer partout.
09:27Et en fait, vous avez des enseignants
09:28qui, évidemment, aujourd'hui,
09:29continuent de s'auto-censurer
09:31par peur qu'il se passe quoi que ce soit.
09:32Je salue Valérie Pécresse
09:33et toute l'équipe de la région de la France
09:34qui l'ont diffusée,
09:35malgré tous les risques.
09:36Et alors, pour rester sur le terrain politique,
09:38vous affirmez que l'éducation nationale
09:39baigne dans une ambiance LFiste,
09:41surtout chez les syndicats.
09:42Est-ce que vous avez des enseignants
09:44qui, justement, deviennent aussi complices
09:45de ce rejet de la France
09:46que véhiculent parfois une partie de la jeunesse ?
09:48Malheureusement, oui.
09:49Il y a certains...
09:50Dans le livre, j'ai interviewé
09:52des dizaines de profs
09:53qui ont tous témoigné par pseudo
09:56parce qu'il y a cette peur
09:57qui domine l'éducation nationale.
09:58Belle omerta dans l'éducation aussi.
10:00Exactement.
10:00Il y a l'esprit de l'omerta.
10:02Et ils m'ont confirmé
10:03et j'ai tout vérifié.
10:05C'est que certains profs
10:05ont même la combaine de la France insoumise.
10:08C'était fait pendant les élections municipales.
10:11Premièrement.
10:12Deuxièmement, il y a les syndicats
10:14de la France
10:15qui appellent régulièrement
10:18à manifester pour la France insoumise
10:19ou pour la Palestine
10:20à la place de défendre les droits de profs,
10:22leur salaire, leurs droits, etc.
10:24Et ils l'appellent à manifester pour la Palestine
10:27ou pour la France insoumise.
10:28Troisième mot.
10:30Une bonne partie d'élèves
10:32que j'ai posé la question
10:33si vous aviez le droit de voter
10:35l'année prochaine ou l'année suivante.
10:36Vous faites quoi ?
10:37Voilà.
10:37Ils m'ont confirmé
10:38qu'ils voteraient pour la France insoumise
10:40ou pour Mélenchon
10:41parce que pour eux,
10:42c'est la seule personne
10:43qui protège les musulmans
10:44contre les français.
10:45Je trouve que ça, c'est un discours terrible.
10:47Évoquons une dernière question d'actualité
10:49justement sur ces blocus.
10:50Vous parlez du nintifada.
10:51Le mot est extrêmement fort,
10:53mené par LFI
10:53en utilisant les jeunes.
10:55Ces blocus sont évidemment dégénérés
10:56en violences urbaines.
10:57Pourquoi nintifada ?
10:59Parce qu'il y a cet esprit de nintifada,
11:01c'est-à-dire brûler tout,
11:03casser tout.
11:03On a déjà vu les slogans,
11:05on a déjà vu les pancartes
11:06qui sont levées dans ces mobilisations.
11:10Bien sûr, moi je n'accuse pas tous les élèves.
11:12Il y a une bonne partie de ces jeunes
11:13qui ont des droits de manifester,
11:16mais on ne défend pas sa maison
11:18en brûlant la maison.
11:19C'est ce qui se passe parmi ces jeunes
11:22qui pourraient être une minorité,
11:24mais une minorité très dangereuse.
11:25Et là, il faut appuyer aussi
11:26sur l'instrumentalisation de la France insoumise,
11:28même les débutés
11:31qui ont hablé les élèves,
11:32et ça s'est enregistré,
11:33de les rejoindre en 2027.
11:35Sauf que c'est inacceptable.
11:36Le journal du dimanche
11:37révélait également des tracts
11:38qui étaient passés dans les cadres
11:39de la main de la France insoumise
11:41qui évidemment disaient
11:42comment il fallait se disperser
11:43et disaient à des personnes
11:44comment même casser.
11:45Un immense merci
11:46Omar Youssef Souleymane,
11:47écrivain et journaliste.
11:48Je rappelle votre ouvrage
11:49Les héritiers de la haine
11:50aux éditions Plon.
11:51Merci beaucoup d'être venu
11:52dans Europe 1 soir.