00:01Exactement Thierry, nous sommes à bord de Place République, donc vraiment juste à côté des affrontements qui ont lieu en
00:08ce moment même où nous vous parlons.
00:10Et vous voyez sur les images les dégâts de cette boutique de téléphones qui a été entièrement saccagée.
00:17On va pouvoir rentrer avec le commerçant. Je laisse d'abord mon collègue rentrer pour faire les images.
00:23Et voilà, on rentre aussi avec le commerçant. Monsieur, vous pouvez me suivre.
00:27Et on vous montre ces dégâts. Monsieur, quand vous voyez tout ça, quand vous voyez l'état de votre boutique,
00:32qu'est-ce que vous pensez ? Qu'est-ce que vous ressentez ?
00:35Vous voyez, c'est depuis hier soir vers 18h30. Je suis commerçant depuis 10 ans, 7 quartiers.
00:41Et je travaille par le quartier de Yacou Point-Rollet. J'ai une boutique de téléphonique ici.
00:47Je suis en mode plutôt téléphone, accessoire, télé-réparation, surtout Yacou Point-Rollet.
00:52Donc hier soir, c'était un coup. À partir de 18h30 à peu près, 17h-18h30, ça rentrait un coup.
00:59Ils ont réussi à casser la porte.
01:01Ils peuvent rentrer tôt un coup. Et puis, tout est vidé en même temps. Voilà.
01:07C'est dans 10 minutes, c'est dans 10, 15 minutes, ça va vider complètement.
01:11Après, ils ont resté jusqu'à 22 heures. Plusieurs reprises sont rentrées. Ils ont récupéré tout ce qu'il est
01:18récouperable.
01:19Et justement, quand vous voyez tout ça, quand vous voyez l'état de votre boutique, vous me parliez aussi tout
01:24à l'heure de beaucoup de tristesse.
01:26C'est votre travail. Qu'est-ce que vous racontez-nous ?
01:28Vous savez, c'est franchement, c'est assez de stress. Moi, je n'ai pas attendu pour cet état.
01:34En fait, je viens tous les jours. Je ferme la boutique tranquillement.
01:40Mais hier soir, c'était terrible. Une soirée vraiment terrible.
01:44Je n'ai jamais pensé à un cerveau comme ça.
01:46J'ai vécu ici à l'époque de gilets jaunes.
01:50Mais c'était plusieurs fois, ils ont cassé les vitrines, tout ça.
01:53Mais ils n'ont pas rentré à l'intérieur.
01:54Je n'ai jamais eu un accident aussi fort et aussi violent.
01:59Et voilà, ils ont récupéré à un moment donné tous les marchandises.
02:04Vous savez, autant marcher autant commerçant.
02:08Je peux, voilà, je suis annoncement tous les tristesse.
02:12Puis voilà, je n'ai rien.
02:14Je ne sais pas comment je peux refaire en boutique et comment je peux recommencer.
02:18C'est vraiment, c'est pour moi, c'est un coup de chemin.
02:21Voilà.
02:21Et en plus, vous l'avez dit, vous avez même eu presque l'habitude avec les gilets jaunes.
02:26Mais là, vous êtes juste à côté de la place de la République.
02:28On l'entend encore, les sirènes, il y a encore beaucoup de personnes, des gaz lacrymogènes.
02:32C'est un climat aussi qui est très anxiogène.
02:34Vous, vous êtes là, vous essayez mine de rien de protéger les derniers éléments de votre boutique, c'est ça
02:39?
02:40Oui, c'est ça, exactement ce que je vous dis.
02:42Même depuis hier soir, quand ils ont tout récupéré.
02:45Moi, je reste jusqu'à 3h du matin.
02:48Le combattir est ouvert.
02:49Et j'ai l'impression qu'ils voulaient mettre le feu à l'intérieur.
02:52À chaque fois, 5-6 fois, ils ont pris l'initiative pour mettre le feu à l'intérieur.
02:56J'ai annoncé avec les gars, il n'y a rien à approcher, il n'y a rien à récupérer.
03:02Donc si vous laissez le feu à l'intérieur, ça va plus compliqué pour moi, autant commerçant.
03:07Donc je sais, pour moi, c'est déjà compliqué.
03:10Et si vous mettez le feu, c'est pour moi encore plus compliqué.
03:12Donc vous avez même essayé de négocier.
03:15J'ai déjà tapé plusieurs fois.
03:18Ils ont mis, même moi et mon collègue, même mon société.
03:21Ils vous ont tapé ?
03:22Voilà, on était presque assassinés à peu près.
03:25Ils ont été nombreux.
03:27Ils ont énormément.
03:27Il y a 10, 15, à la fois, ils ont 30, 50.
03:32Et vous, devant cette foot, vous ne faites rien.
03:35Et moi, à un moment donné, je l'ai laissé faire parce que je suis une famille.
03:39Voilà, j'ai une famille des enfants.
03:41Donc voilà, je pense aussi, moi-même aussi.
03:43Donc je dis, si c'était matériel, voilà.
03:46Est-ce qu'il y a un sentiment d'impuissance quand on voit tous ces jeunes arriver, cagouler ?
03:49Il y a une violence ?
03:50Après, c'est vrai, c'est les gens qui ont un âge de 15 et 25 ans.
03:55Donc ils n'ont pas de sentiment.
03:56Ils n'ont rien à approcher, en fait.
03:59Ils arrivaient, ils rentraient, ils récupèrent.
04:01Ils ont... Comment en fait ?
04:03Vous me disiez, alors qu'ils ont récupéré la caisse, même les colis, vous étiez à un point relais.
04:07Il y a énormément de colis qui ont été récupérés.
04:09Vous en aviez reçu 160, vous m'aviez dit.
04:11Et tout a été ouvert, en fait.
04:13Voilà, en fait, c'était...
04:14Je suis à la base de ma réserve téléphonique.
04:16J'ai au moins 150 téléphones et 50 de l'ordinateur.
04:21Et toutes les marchandises sont récupérées.
04:23Et je suis à la base d'un point relais.
04:26C'est un bon point relais sur le quartier.
04:29Donc les gens, ils sont sous commande, voilà.
04:31Et puis voilà, ils ont tout récupéré.
04:34Ils ont tout récupéré.
04:35Parfait.
04:35Merci beaucoup, monsieur, pour votre témoignage.
04:37Vous l'entendez, Thierry.
04:38Des commerçants qui n'ont absolument rien à voir avec ces manifestations et ces revendications.
04:44Et pourtant, qui sont pris pour cible.
04:46Et vous le voyez sur les images, sa boutique a été entièrement saccagée.
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