Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 minutes
Christine Kelly et ses invités débattent de l'actualité dans Face à l'info Le 18H30.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:0018h30, ravi de vous retrouver ce soir pour le 18h32.
00:04Face à l'info sommaire ce soir, le préfet de police de Paris conseille de faire appel à des agents
00:11de sécurité à 48h du 24 octobre.
00:14Quand l'État conseille aux commerçants de payer pour leur protection, on se demandera ce soir que garantit encore le
00:21contrat social.
00:22La sécurité risque de devenir un privilège acheté alors qu'elle devrait rester une promesse commune.
00:30Et ceux qui n'ont pas les moyens, que font-ils ? L'édito de Mathieu Bocoté.
00:34Une vitrine brisée, c'est parfois une vie de travail qui vacille après les pillages.
00:39Les commerçants doivent-ils aussi payer les défaillances de leur protection ? Peuvent-ils demander réparation à l'État ?
00:45Nous serons en ligne avec Rachel Nakache, avocate, qui les accompagne pour leur indemnisation.
00:52Et on verra s'ils peuvent se retourner contre l'État ce soir.
00:57Des commerçants invités à financer donc eux-mêmes leur protection, on le disait.
01:01Les organisateurs confrontés à une facture de police, c'est ce dont il s'agit, avec le canon français.
01:07Pourquoi, dans leur cas, les impôts payés ne suffisent pas ?
01:10Jusqu'où faire payer ce qu'on menace ?
01:12Certaines prestations peuvent être facturées, mais quand l'intimidation alourdit la note,
01:18qui supporte finalement le coût du désordre, le décrépitage de Charlotte Dornéas.
01:2455% des Français voient un lien entre les émeutes et l'immigration.
01:28Selon un sondage CSA pour CNews Européen, on verra ce soir comment même le quotidien Libération le souligne dans une
01:36tribune.
01:36Je cite « Comment ne pas voir qu'ils étaient en grande partie des racisés, noirs et arabes, parqués dans
01:44des cités insalubres réduits à la pauvreté ? »
01:46L'analyse de Gabriel Cluzel.
01:48Et puis la CGT, France Télévisions, demande la démission de Laurent Delahousse et de son équipe.
01:54Pourquoi ? Ils accusent le présentateur d'avoir montré des images, des violentes émeutes.
01:59Le week-end dernier, l'analyse de Michel Fayad-Sus.
02:02Voilà pour l'Essentiel pour le 18h30, c'est parti.
02:19D'abord, a-t-on le droit de parler de la part d'une prise d'une population à l
02:26'origine immigrée des émeutes du 17 octobre ?
02:30Est-ce qu'on a le droit de dire que certains sont d'origine immigrée ?
02:35Pourquoi le discours de la gauche est-il particulièrement contradictoire ?
02:39On va le voir avec vous, Gabriel Cluzel.
02:42Ensuite, on va parler d'un sondage exclusif que nous venons de sortir.
02:46Alors, cette question est absolument cruciale.
02:49C'est l'éléphant au milieu du couloir.
02:51Et avec la meilleure volonté du monde, cet éléphant devient très, très encombrant.
02:55Alors, que faire ? Il y a deux solutions, nier ou excuser.
02:59Sauf que les deux propositions sont en principe incompatibles.
03:03Soit on nie, soit on excuse.
03:04Mais pas les deux.
03:05Vous voyez, c'est le fameux sophisme du chaudron raconté par Freud.
03:09Je vous refais ça en deux minutes.
03:11Monsieur B a emprunté un chaudron à monsieur A.
03:14Monsieur B est accusé par monsieur A d'avoir fait un trou au fond du chaudron.
03:18Alors, monsieur B, pour se défendre, qu'est-ce qu'il dit ?
03:20Tout d'abord, qu'il n'a jamais emprunté le chaudron, qu'il y avait déjà un trou et qu
03:24'enfin, il a rendu le chaudron intact.
03:25On voit que ces trois propositions sont incompatibles.
03:29Vous êtes d'accord ? Elles s'excluent mutuellement.
03:31Eh bien, c'est exactement ce que fait la gauche avec la participation d'une population issue de l'immigration
03:37aux émeutes.
03:38Il dit qu'elle n'était pas là.
03:40Mais en même temps, il faut la comprendre.
03:42Elle avait faim et elle est très malheureuse.
03:44Alors là aussi, on voit que le raisonnement ne colle pas, mais la gauche ne s'est jamais embarrassée de
03:49rationalité ni de logique.
03:51Alors, c'est Donald Trump un peu qui a lancé l'affaire.
03:53Lui, ce n'est pas l'éléphant au milieu du salon, c'est l'éléphant dans un magasin de porcelaine.
03:57Il ne fait pas dans la dentelle.
03:59Et il a affirmé, Michel l'avait dit, que la France a été prise d'assaut, pillée et incendiée par
04:05des migrants, des djihadistes et des communistes.
04:08Mais il n'est pas le seul.
04:09Il y avait le premier ministre hongrois, l'adversaire aux élections d'Orban, donc en principe un bon hongrois, aux
04:14yeux de la bien-pensance.
04:15Lui aussi, il établit un lien entre les scènes d'émeute et le contrôle des frontières.
04:19Donald Tusk, premier ministre polonais, on n'est jamais mieux que trahi que par ses amis,
04:23parce qu'il est réputé du centre droit et ami d'Emmanuel Macron,
04:26dit aussi que la Pologne ne répétera pas les erreurs des autres États européens et ne paiera pas pour celle
04:30-ci.
04:31Et il promet une politique impitoyable contre l'immigration illégale.
04:35Emmanuel Macron qualifie de stupide.
04:37ses accusations et en profite pour incriminer l'intelligence artificielle.
04:42Pourquoi sa déclaration fait-elle réagir ?
04:44Parce qu'elle est très insultante en réalité,
04:46comme si le pillage en règle avait été, pour les commerçants, une expérience virtuelle.
04:51Posez-leur la question.
04:52Et on reconnaît le même écran de fumée, la même stratégie qu'avec Ceuta en Espagne.
04:58Alors Emmanuel Macron veut bien incriminer l'ultra-gauche, il l'a fait du reste,
05:02mais il ne parlera pas de la dimension migratoire.
05:04Dimanche soir, il a dénoncé des factieux issus de groupuscules d'ultra-gauche,
05:09rejoints par de nombreux délinquants, mais nous n'en saurons pas plus sur ces délinquants.
05:14Et les politiques en France, comme Éric Zemmour, Marion Maréchal,
05:18ou encore Julien Audoul, qui font aussi un lien avec l'immigration,
05:21sont clouées au pilori.
05:23La journaliste, une des journalistes répond, mais vous vous basez sur quoi ?
05:27Vous vous fondez sur quoi d'ailleurs ?
05:29Les images que vous avez vues, quelles sont les preuves que vous avez ?
05:34Donc on sent qu'ils espèrent un dérapage.
05:37Julien Audoul répond, il suffit de regarder.
05:40Regardez quoi ? Rétorque le journaliste, etc.
05:42Pour eux, ils n'ont rien vu, rien remarqué.
05:46Sauf que cette presse se contredit, parce qu'elle fait quand même des déclarations factuelles,
05:51elle donne des informations factuelles,
05:53et donc elle s'est fait un écho d'une déclaration du préfet des Alpes-Maritimes,
05:57qui révèle qu'un tiers des interpellés sont des étrangers,
06:00et que quant à lui, il entend leur retirer leur titre de séjour.
06:05La Voix du Nord aussi évoque un trio dont le plus jeune est arrivé via l'Espagne il y a
06:0915 jours.
06:10Il a besoin d'un interprète de langue arabe.
06:13Libération, dans un article consacré aux jeunes majeurs interpellés le 17 octobre
06:17et remis en liberté en raison de procédures mal ficelées,
06:21donc de vices de procédures,
06:22eh bien, il donne l'exemple d'un jeune homme qui a dépassé d'une heure le délai de 20
06:25heures
06:26pour la garde à vue, qui est donc libéré,
06:28car l'interprète en langue arabe est pris ailleurs.
06:32Dans leurs analyses, certains intellectuels de gauche le reconnaissent quand même, d'ailleurs, Gabriel Kuzer.
06:38Oui, ils le reconnaissent, mais pour en dire du bien.
06:40Dans le registre des analyses, on peut lire dans Libération,
06:43sous la plume de l'écrivain Édouard Louis,
06:44« Comment ne pas voir que ce week-end, ceux qui cassaient et pillaient
06:48étaient en grande partie des hommes racisés, noirs et arabes,
06:51de ceux que la décennie de la société française, pardon,
06:54depuis des décennies, parquent dans des cités insalubres,
06:57réduits à la pauvreté,
06:58de ceux à qui l'on réserve des lycées dégradés,
07:01infestés de rats ou de cafards,
07:03de ceux qui ne peuvent traverser les villes
07:05sans être contrôlés et humiliés par la police. »
07:10Donc, il le reconnaît, voilà.
07:11Mais il faut savoir que c'est Édouard Louis,
07:13c'est intéressant d'en parler,
07:14dans une émission sur Radio-Canada,
07:17c'est French Carcan qui l'a publié,
07:20je tiens à le dire, qui l'a exhumé,
07:22une semaine avant les événements,
07:23a déclaré,
07:25« Adama Traoré a été tué par la police
07:27pour la seule bonne raison qu'il était noir. »
07:30Vous voyez, je rappelle que les gendarmes
07:32ont été relaxés.
07:33« Quand vous vivez ça,
07:35mettre le feu à la rue,
07:37j'ai envie de dire,
07:37c'est presque une continuité normale d'expression
07:40par rapport à la violence
07:42qui vous détruit tous les jours.
07:43Qu'est-ce que brûler un banc ou un autobus
07:46par rapport au fait d'avoir son frère tué
07:48parce qu'il est noir ?
07:49Moi, je trouve que cette violence
07:51est parfaitement légitime.
07:52Moi, je suis pour que l'on mette le feu
07:54aux rues dans Paris
07:55et pour casser des choses. »
07:58Donc, les journalistes écoutent gentiment
07:59en opinant du chef
08:00et mettent un petit rire parfois.
08:02Vous voulez qu'on écoute ?
08:04Pardon ?
08:04Vous voulez qu'on écoute ?
08:05Volontiers.
08:05Allez.
08:07Moi, je trouve qu'elle est parfaitement légitime.
08:09Je vais vous le dire.
08:10Moi, je suis pour
08:10qu'on mette le feu aux rues dans Paris.
08:12Je suis pour qu'on aille casser des choses
08:13parce qu'il faut transformer ce système
08:16et donc faire de la politique,
08:18c'est avoir ou non
08:20du sang sur les mains.
08:22Il n'y a pas de grande révolution
08:23sans débordement.
08:25Or, on a pu mettre à bas la monarchie
08:27et transformer la société
08:27parce qu'il y a eu des débordements
08:29et parce que, malheureusement,
08:30c'est la seule manière
08:31de se faire entendre par le pouvoir.
08:33Gabriel Cluzel.
08:34Alors, il faut savoir que cet écrivain,
08:35c'est la coqueluche de l'éducation nationale.
08:37Ses œuvres sont imposées
08:37par certains profs de français
08:39comme lecture obligatoire,
08:40ce fut le cas de l'un de mes fils au lycée,
08:41comme si c'était la comédie humaine de Balzac,
08:44comme Arnie Arnault,
08:45comme Laurent Godet.
08:47Chacun de ces trois compagnons de route
08:49de Mélenchon a été imposé,
08:50pardon de me raconter ma vie,
08:51à l'un de mes enfants,
08:52chacun à leur tour.
08:53Alors, j'entends déjà certains me rétorquer,
08:55mais s'ils ont du talent,
08:57vous n'allez quand même pas les censurer.
08:58Voilà, vous êtes une affreuse réactionnaire
09:00qui veut censurer le talent.
09:02Alors, moi, je ne veux censurer personne,
09:04mais je m'étonne.
09:04Pourquoi les fameux talents
09:05mis en avant par l'éducation nationale
09:08sont-ils toujours de gauche ?
09:09Puisqu'on renvoie dos à dos,
09:11toujours les extrêmes,
09:12vous savez, LFI et le RN.
09:13Jusitez-moi,
09:14mais je ne dis pas trois auteurs,
09:16je dis un auteur.
09:17Un auteur notoiement proche du RN
09:19qui ait exprimé son soutien à Marine Le Pen
09:22et qui soit proposé au lycée.
09:24Si vous le trouvez,
09:24je vous offre une bouteille de champagne.
09:26Ça vaut pour ceux qui nous écoutent.
09:27Le col est dangereux pour la santé,
09:28à consommer avec modération.
09:32Bouteille de dos !
09:34Il va y avoir moins de joueurs.
09:36Oui, c'est sûr.
09:37C'est un enthousiasme.
09:38Et donc,
09:40c'est proposé,
09:41tous ces auteurs,
09:42et dont Édouard Louis,
09:42dans les listes d'ouvrages,
09:44vous savez,
09:44il y a des listes,
09:44et du scol à destination des profs.
09:46Alors, ne vous étonnez pas ensuite
09:48que tant de jeunes biberonnés,
09:50endoctrinés,
09:50se prétendent LFI
09:51et ravagent tout dans la rue.
09:53Je suis toujours surprise
09:54de voir des gens dire
09:54« Ah, c'est bizarre,
09:55la jeunesse est LFI. »
09:57Et à ma connaissance,
09:58aucun ministre de l'Éducation
09:59de droite comme de gauche,
10:00d'ailleurs,
10:00ne s'est penché
10:02sur cette question.
10:03Alors,
10:04que comprend-on
10:04que l'on a droit de dire
10:06que le lien entre le pillage
10:08du 17 octobre
10:09et l'immigration est réel
10:10si c'est pour excuser les pillards ?
10:12Bref,
10:12en dire du bien.
10:13Sinon,
10:14c'est interdit.
10:15Alors,
10:15convenons que c'est une conception
10:16curieuse de la vérité,
10:18un fait peut-être
10:19au choix,
10:20vrai ou faux,
10:21selon l'analyse
10:22que l'on en fait ensuite.
10:23Je vais prendre une comparaison
10:24simple appliquée aux enfants,
10:26aux lycéens,
10:27parce que c'est eux
10:28qui sont visés
10:29par cette conception
10:30de la vérité.
10:31Un lycéen fait un devoir de maths.
10:32En principe,
10:33l'existence de ce devoir de maths
10:35est là,
10:36elle est indépendamment
10:37de la note
10:37qui lui sera attribuée.
10:38Imaginez qu'il décide
10:39que le devoir existe
10:41s'il a une bonne note,
10:42mais n'existe pas
10:43s'il a une mauvaise note.
10:44Vous voyez,
10:45c'est quand même
10:45assez particulier.
10:46La réalité n'est pas absolue,
10:48elle est relative.
10:50Donc,
10:51c'est la même chose
10:52pour l'immigration.
10:53Si on tire une analyse
10:53positive
10:54de l'immigration,
10:55on peut la constater.
10:56Si on en tire
10:57une analyse négative,
10:58on n'a pas le droit
10:59de la constater.
11:00Le même fait est donc
11:01une vérité
11:02pour Édouard Louis.
11:03Aucun journaliste
11:04ne le contredit,
11:05ne met en cause sa parole.
11:06Et un mensonge
11:07pour Julien Odoul.
11:09Et on peut donner
11:09un autre exemple
11:10pour finir,
11:11parce que c'est tout à fait
11:12similaire,
11:12la comparaison
11:13de la Nouvelle-France
11:14avec le grand remplacement.
11:16Fondamentalement,
11:17c'est la même chose.
11:18Ce qui dit Nouvelle-France
11:19implique qu'avant,
11:20il y a eu
11:21ancienne France.
11:22Sauf qu'un concept
11:24est bien admis,
11:25le premier,
11:26la Nouvelle-France,
11:26parce qu'il est une ode
11:27à l'immigration,
11:28quand le deuxième
11:29est décrié,
11:30qualifié de complotiste,
11:31parce qu'il est critique
11:33pour le phénomène migratoire.
11:35Merci, Gabrielle Cluzel.
11:36Dans un instant,
11:37on va avoir
11:37une avocate
11:38qui aide les commerçants
11:40dans tout leur déboire,
11:42mais aussi
11:42à se retourner
11:44contre l'État
11:45pour souligner
11:47la responsabilité
11:48de l'État.
11:49On en parle
11:49avec elle
11:50dans un instant.
11:51Vous êtes en ligne
11:51avec nous.
11:52On fait d'abord
11:52la chronique de Michel Fayad.
11:53Restez bien avec nous.
11:55Rachel Nakache,
11:56on vient vers vous
11:57dans un instant.
11:57D'abord avec vous,
11:58Michel Fayad.
11:59On a envie
11:59de comprendre
12:01ce qui se passe
12:02à France Télévisions.
12:02la CGT France Télévisions
12:06demande
12:06la démission
12:07de Laurent Delahousse
12:08et de son équipe
12:10après que le présentateur
12:11de France 2
12:12a montré
12:12les images
12:13des débordements
12:14lors des émeutes
12:14du week-end dernier.
12:15Qu'est-ce qui se passe
12:16concrètement ?
12:17Cette semaine,
12:18le service public
12:19a un nouveau ennemi
12:20numéro un,
12:21c'est Delahousse.
12:22C'est quand même
12:22assez surprenant.
12:23Après 19 ans
12:24aux 20 heures,
12:25l'homme au brushing
12:26le plus calme
12:27de la télévision française
12:28et en février,
12:29vous savez,
12:30il avait prêté serment
12:31devant la commission
12:32d'enquête
12:33de l'Assemblée nationale
12:34sur l'audiovisuel public.
12:35Il avait expliqué
12:36comment on fabrique
12:37le 20 heures
12:37avec du temps,
12:39de la réflexion,
12:39du débat.
12:40Il avait ajouté également
12:42aucune improvisation
12:43dans ce métier.
12:44Retenez bien cette phrase
12:45parce que samedi 17 octobre,
12:47lorsque des centaines
12:48de milliers de Français
12:48ont manifesté
12:49contre la vie chère
12:51et l'école,
12:52en marge des casseurs
12:52avaient pillé,
12:53comme vous le savez,
12:54incendier de Paris
12:55à Marseille
12:55jusqu'à Limoges.
12:57Et dimanche soir,
12:57donc l'édition spéciale
12:58sur France 2.
12:59Et pour la conclure,
13:00on avait prévu
13:01un documentaire
13:02sur Angèle,
13:03la chanteuse.
13:04Et l'interview
13:06était très bien
13:08et tout,
13:08mais c'était trop décalé
13:09donc ça a été déprogrammé.
13:11Alors à 20h44,
13:12Delahousse a lancé
13:13au cœur des violences
13:1412 minutes de pavés,
13:16de lacrymogènes,
13:16de poubelles en feu,
13:18presque sans un mot.
13:20Et là,
13:20ce n'est plus la rue
13:21qui brûle,
13:22c'est la maison.
13:23Le médiateur reçoit
13:24des e-mails indignés.
13:25La CFDT parle
13:26d'une ligne déontologique
13:27franchie.
13:28La CGT accuse le 20h
13:29d'être le porte-parole
13:31du ministre de l'Intérieur.
13:33Laurent Delahousse,
13:34donc un agent secret
13:36de la place Beauvau,
13:37il fallait l'imaginer.
13:38Et elle réclame
13:39la démission
13:40de toute l'équipe.
13:40La CGT qui demande
13:42des suppressions de postes,
13:43il faut retenir la date,
13:44je pense que c'est historique.
13:45Alors,
13:46est-ce que ces critiques
13:46sont fondées,
13:47selon vous,
13:48Michel Fayad ?
13:48Certaines, oui.
13:49Il faut quand même
13:50être honnête.
13:51Donc,
13:52écoutez le président
13:52de la Société des journalistes,
13:54l'association élue
13:55par les journalistes
13:55de la maison.
13:56Selon lui,
13:56ce sujet a été lancé
13:57à 15h le jour même,
14:00monté dans l'urgence,
14:01diffusé sans même
14:02être mixé.
14:03Aucune improvisation
14:04dans ce métier,
14:04nous avait dit
14:05Laurent Delahousse.
14:06Ce n'est pas un complot,
14:07c'est un bricolage.
14:08Plus grave encore,
14:09au milieu des pavés,
14:11surgit Jean-Luc Mélenchon,
14:12tout sourire
14:13qui compare le mouvement
14:13à mai 68
14:14en plus fort.
14:16Ces mots,
14:17tels que les syndicats
14:18les ont retranscrits,
14:19parlent de la jeunesse,
14:20pas des casseurs.
14:21Le coller
14:22entre deux incendies,
14:23c'est prendre le risque
14:24d'induire en erreur.
14:26Je combats Mélenchon,
14:27mais je le combats
14:28sur ce qu'il dit,
14:29pas sur ce qu'on lui fait dire.
14:31Et voici ce qu'on ne vous le dit pas.
14:33Cette colère
14:33ne date pas de dimanche.
14:34Début octobre,
14:35Acrimed,
14:36un observatoire
14:36des médias
14:37classé à gauche,
14:38a chronométré
14:39les JT de France 2
14:40sur quatre jours.
14:41Sur près de 25 minutes
14:42consacrées au mouvement lycéen,
14:44presque 20
14:45portent sur les violences.
14:46Les revendications,
14:47moins de deux minutes.
14:49Dimanche n'a été
14:50que l'étincelle.
14:51Puis la CFDT
14:52conclut que ce traitement
14:53fait le lit du RN.
14:55Là,
14:55on change de terrain.
14:56On ne discute plus
14:57d'un montage,
14:58mais de ses conséquences électorales.
15:00Depuis quand,
15:00juge-t-on un reportage
15:02au parti
15:02qu'il pourrait servir ?
15:04Si c'est la règle,
15:05il faudra bientôt
15:06demander au sondage
15:07la permission de filmer.
15:09Un fait n'est ni de droite
15:10ni de gauche.
15:11Et si une vitrine brisée
15:13profite à un parti,
15:14ce n'est pas la faute
15:15du caméraman,
15:15c'est la faute
15:16de celui qui l'a brisé.
15:18Alors,
15:18qui doit rendre
15:19un décompte
15:19dans l'affaire
15:20Laurent Delahousse ?
15:21Le service public
15:22n'appartient ni au gouvernement,
15:24ni au syndicat,
15:24ni à ses présentateurs.
15:26Il est financé
15:26par les Français
15:27et c'est devant eux
15:28qu'il doit répondre.
15:29Alors,
15:29qui a commandé ce sujet ?
15:31Qui l'a validé ?
15:31À ce jour,
15:32personne ne l'a dit publiquement.
15:34On sait qu'il venait
15:34de l'équipe des magazines
15:35et que la hiérarchie,
15:37selon la société
15:38des journalistes,
15:38a découvert trop tard
15:39qu'il serait sans commentaire.
15:43Delahousse a lancé,
15:44il porte sa part,
15:45mais exiger la démission
15:46d'une équipe entière
15:47sans savoir
15:48qui a décidé quoi,
15:49ce n'est plus de la critique,
15:50c'est un tribunal.
15:51La vraie question est ailleurs
15:53et elle est ancienne.
15:54En 2005,
15:55si vous vous souvenez,
15:55pendant les émeutes
15:56des banlieues,
15:57François avait cessé
15:58d'annoncer le nombre
15:59de voitures brûlées
16:00pour éviter un effet
16:01d'entraînement.
16:02Ne pas donner un chiffre
16:03pour éviter la surenchère,
16:05cela peut se défendre.
16:06Mais ne plus montrer
16:07la violence elle-même,
16:08ce serait autre chose.
16:09Car le téléspectateur
16:10n'est pas un enfant
16:11qu'on protège des images,
16:13c'est un citoyen.
16:14Le commerçant
16:15dont la vitrine a volé
16:16en éclat samedi
16:17n'a pas besoin
16:18qu'on lui cache
16:19ce qu'il a vécu.
16:20Il a besoin qu'on lui explique
16:21pourquoi c'est arrivé.
16:23Et dimanche,
16:24France 2 a montré
16:25sans assez expliquer.
16:26Le danger maintenant
16:27serait d'expliquer
16:28sans montrer.
16:29Le journalisme,
16:29c'est faire les deux.
16:32Réaction,
16:32Mathieu Bocoté,
16:33vous qui analysez souvent
16:35le récit,
16:37le récit
16:39par rapport au réel
16:40et le récit
16:41notamment de certains médias.
16:42Alors,
16:43il y a une séquence
16:43assez intéressante
16:44qui s'est passée
16:44chez une chaîne rivale,
16:46chez Darius Rochemin.
16:47C'est assez amusant.
16:48Donc,
16:48on parle des images
16:49et là,
16:50les commentateurs
16:51sur le plateau disent
16:52« Oh là là,
16:52l'intelligence artificielle
16:53a détourné significativement
16:55les choses.
16:55Il y a beaucoup
16:56de fausses images.
16:57Tout cela est inquiétant.
16:58Et Rochemin pose la question
16:59de manière assez amusante
17:00aux journalistes.
17:01Il dit « Bon,
17:01qu'est-ce qu'on aurait dû faire ?
17:02Ne pas montrer les images
17:03comme dans les dictatures ? »
17:05Surprise,
17:06comment s'il pose cette question ?
17:07Il dit « Non,
17:07c'est ce que je comprends.
17:08Si ça trouble le récit dominant,
17:10mieux vaut braquer la caméra ailleurs
17:11comme dans une dictature. »
17:13Et je pense qu'on ne sous-estime
17:14qu'on ne sous-estime à quel point
17:15la psychologie dominante
17:16d'une bonne partie de la caste,
17:17c'est une psychologie
17:18d'idéologue servile
17:19au service d'un régime
17:20comme dans une dictature.
17:22Voilà qui est dit.
17:22Merci Mathieu,
17:23de vos côtés.
17:23Merci Michel Fayad.
17:24On va être en ligne
17:26avec Rachel Naccage,
17:27vous êtes avocate.
17:28Bonsoir,
17:29avocate au Barreau de Paris.
17:30Vous défendez les commerçants
17:31dans ce qui se passe en ce moment
17:32depuis le 17 octobre.
17:34Vous les aidez
17:34à ceux qui sont pillés,
17:36ceux qui ont subi
17:37des détériorations
17:38à faire valoir leurs droits
17:39face à leurs bailleurs,
17:41face à leurs assureurs
17:42et aussi face à l'État.
17:44Alors,
17:44les commerçants,
17:45est-ce qu'ils peuvent
17:45se retourner contre l'État ?
17:48On voit justement aujourd'hui,
17:50et on va en parler
17:50dans toute la deuxième partie
17:52aussi de Face à l'Info,
17:53que le préfet de police de Paris,
17:55par exemple,
17:55a demandé aux commerçants
17:56de chercher à s'occuper,
18:00à payer leur sécurité privée.
18:02Exactement.
18:04La responsabilité de l'État
18:07peut être
18:08totalement recherchée
18:09et c'est une responsabilité civile
18:11sans faute.
18:12Ça veut dire que dès lors
18:13qu'un commerçant
18:14a été victime
18:15de détérioration,
18:16de pillage
18:17lors d'un attroupement,
18:18quel qu'il soit,
18:20eh bien,
18:20l'État est responsable,
18:21qu'il ait failli ou pas
18:23à protéger le commerçant.
18:27Ils sont concernés ?
18:29Alors,
18:30c'est une bonne question.
18:31La plupart des commerçants
18:33sont concernés.
18:33Il faudra déterminer
18:35si les pillages,
18:36si les pilleurs
18:37venaient de la manifestation
18:39qui était en cours,
18:40en l'occurrence,
18:41une émeute.
18:42Peu importe comment
18:42on va qualifier cet attroupement,
18:45manifestation, émeute,
18:46dès lors que les pillages
18:47venaient de cette manifestation-là,
18:49eh bien,
18:49les commerçants
18:49pourront demander
18:51la responsabilité de l'État
18:52sans faute.
18:53en revanche,
18:54il y a un cas d'exonération.
18:55L'État va invoquer
18:57le fait que ces pillages,
19:01détériorations,
19:02étaient finalement organisés
19:04bien en amont.
19:05Et ça,
19:06c'est une cause d'exonération
19:07de la responsabilité
19:09de l'État.
19:10Sauf que,
19:11pour ça,
19:12l'État doit rapporter
19:13la preuve
19:14que c'était organisé.
19:16Et là,
19:17finalement,
19:17on va tomber
19:18dans une responsabilité
19:19pour faute de l'État,
19:21puisque si l'État savait
19:23que ça allait arriver,
19:25qu'il allait y avoir
19:25des casseurs,
19:26qu'il allait y avoir
19:26des détériorations
19:27et des pillages,
19:29eh bien,
19:29l'État aurait dû prendre
19:30toutes les mesures nécessaires
19:31pour protéger les commerçants
19:33et pour protéger
19:34leur commerce
19:35qui est leur gagne-pain
19:36de chaque jour
19:36et qui fait vivre
19:37leur famille
19:38et des salariés
19:38et des centaines
19:40et des milliers de familles.
19:41Donc,
19:42finalement,
19:42on a deux fondements juridiques
19:43qui nous permettent
19:44d'aller chercher
19:45la responsabilité de l'État.
19:47Entre les assurances,
19:48entre le fonds de soutien
19:50annoncées par le gouvernement,
19:51est-ce que c'est bien nécessaire
19:53pour les commerçants
19:54d'agir contre l'État
19:55en plus ?
19:58Alors oui,
19:59effectivement,
20:00il faut absolument,
20:01dès lors que le commerçant,
20:04il a un contrat d'assurance
20:05et il y a le fonds de soutien,
20:07mais son indemnisation
20:09ne pourra être que partielle,
20:11puisque chaque cas est différent.
20:13Son assurance,
20:14déjà,
20:14il y a une franchise à payer,
20:16peut-être qu'il ne bénéficie pas
20:17de la garantie émeute,
20:18peut-être qu'il ne bénéficie pas
20:20non plus d'une perte d'exploitation
20:21à hauteur réelle
20:22du chiffre d'affaires
20:23qu'il faisait.
20:24Donc,
20:24finalement,
20:25même avec un contrat d'assurance,
20:27en fonction des conditions
20:28de garantie qui sont souscrites,
20:29le commerçant n'obtiendra pas
20:31une indemnisation
20:32à hauteur
20:33de ce qui l'aura
20:35réellement perdu.
20:37Et donc,
20:37pour ça,
20:38il faut agir contre l'État,
20:40encore une fois,
20:41pour faute ou sans faute,
20:42et l'État
20:43prendra à sa charge
20:44le reste,
20:45en fait,
20:46ce qui n'est pas indemnisé
20:47par l'assurance.
20:48Et le fonds d'urgence
20:50de l'État,
20:52c'est très bien,
20:53mais ça ne suffit pas.
20:54Et les commerçants
20:55ont droit à une rémunération,
20:57à une indemnisation,
20:58pardon,
20:58totale.
20:59Mathieu,
20:59Bocoté,
21:00vous pose une question,
21:01Rachel.
21:02Est-ce qu'il n'y a pas,
21:02à travers tout ça,
21:03une simple question de principe,
21:04c'est-à-dire que l'État
21:05ne se sent plus capable
21:06d'assurer la protection
21:08des commerçants,
21:09même la protection
21:10des individus,
21:11la garantie du droit
21:12de propriété,
21:12et dès lors,
21:13on multiplie les contorsions,
21:15les contournements juridiques,
21:16mais fondamentalement,
21:16l'État n'est plus capable
21:17de tenir sa première promesse.
21:21Ça, je pense qu'on est nombreux
21:23à l'avoir constaté.
21:25Et c'est très triste
21:26et c'est dommage.
21:28Et aujourd'hui,
21:28ce sont les citoyens
21:29qui subissent cette situation.
21:31Je suis tout à fait d'accord
21:32avec vous.
21:32Marc Menand.
21:33Alors, les commerçants,
21:35on les autorise
21:36à faire appel
21:37à des policiers privés,
21:39entre guillemets,
21:39mais alors ça signifie
21:40que le citoyen normal
21:42dans sa petite zone pavillonnaire
21:44se sent menacé
21:45au monde des milices ?
21:49Oui.
21:50Oui.
21:52Et finalement,
21:53le problème,
21:54c'est qu'on va arriver
21:56à une situation,
21:57je ne l'espère vraiment pas,
21:59mais on le voit partout
22:00sur les réseaux sociaux,
22:01dans les informations.
22:03Les commerçants,
22:03maintenant,
22:04disent,
22:05mais moi,
22:05je veux protéger mon commerce.
22:06Et d'ailleurs,
22:06ils ont essayé
22:07de protéger
22:07leur propre commerce.
22:08Bien sûr,
22:08par leur corps en défendant.
22:11Exactement.
22:11Mais la difficulté qu'on a,
22:12et on a déjà eu des exemples,
22:14mais qui n'ont rien à voir,
22:15un bijoutier
22:16qui s'est fait agresser
22:17plusieurs fois,
22:18on a volé plusieurs fois
22:19dans sa boutique,
22:20et bien finalement,
22:23il va...
22:23On vous voit un peu à l'envers.
22:24Mettez un peu peut-être
22:25à l'endroit,
22:26mais on vous entend quand même.
22:27Continuez.
22:27Je pense qu'on appelait
22:28en même temps,
22:29je vous prie de m'excuser.
22:33Et donc...
22:34En tout cas,
22:34ce que vous rappelez,
22:36Rachel Nacca,
22:36je vous rappelle,
22:37dernière question
22:37avec Gabriel Cluzel tout de suite,
22:39mais ce que vous rappelez surtout,
22:40c'est que les commerçants
22:41viennent vous voir,
22:43frappent à la porte
22:44et vous demandent
22:45de saisir l'État
22:46pour son irresponsabilité,
22:49et c'est ça qu'on veut retenir.
22:50Dernière question,
22:50Gabriel Cluzel.
22:51Oui,
22:52moi je suis heureuse
22:53pour les commerçants
22:54s'ils peuvent réussir
22:55à rentrer dans leurs fonds,
22:56tant que par l'assurance
22:58que par l'État,
22:58mais à la fin,
22:59c'est un peu leur propre porte-monnaie
23:00dans lequel on va puiser.
23:02C'est vrai que nous tous,
23:03nous disons,
23:03Français,
23:04est-ce que les délinquants,
23:06eux,
23:06vont payer,
23:07vont mettre la main en portefeuille ?
23:08Est-ce que ça va pas être finalement
23:09assez lénifiant
23:10pour que nous oublions tous
23:11ce qui s'est passé ?
23:13Rachel Nacca,
23:14dernière question.
23:15Alors,
23:16effectivement,
23:17tous les pilleurs
23:18qui vont être reconnus,
23:21identifiés,
23:21poursuivis,
23:22reconnus,
23:22coupables par la justice
23:24seront tenus
23:25de payer une indemnisation
23:26aux commerçants.
23:27Cela va de soi,
23:28tout ce qui n'est pas pris en charge
23:29par l'assurance,
23:30tout ce qu'on a dit.
23:31Le problème,
23:31c'est que si ces pilleurs
23:32ne sont pas solvables,
23:34et à mon avis,
23:35c'est le cas pour la plupart d'entre eux,
23:37eh bien,
23:37comment ça se passe
23:38en droit pénal ?
23:39Dès lors qu'on a une décision
23:40de justice de condamnation,
23:41eh bien,
23:42soit le civi ou servi
23:44qui sont pareils
23:45des fonds d'indemnisation
23:46de l'État,
23:47vont venir payer
23:48à la place du condamné
23:51les indemnisations
23:52qui ont été prononcées
23:53par le juge.
23:54Déjà,
23:54ce ne sera pas
23:55une indemnisation totale,
23:57puisqu'il y a des plafonds
24:00dans le cadre
24:01de ces fonds de garantie,
24:02et en plus,
24:05finalement,
24:05ces fonds de garantie
24:06sont alimentés par qui ?
24:07Bien sûr.
24:07Par les citoyens.
24:09Donc ce sont nos impôts
24:10qui vont payer.
24:11Oui, ça,
24:11on l'a bien compris,
24:12effectivement,
24:13et voilà le cercle vicieux.
24:14Merci beaucoup,
24:15Rachel Nacin,
24:16d'avoir répondu
24:16à nos questions.
24:18Et on rappelle,
24:18effectivement,
24:19que les commerçants
24:20viennent frapper à votre porte
24:21pour engager la responsabilité
24:22de l'État.
24:23Toute la question est là ce soir.
24:24Quel est le rôle de l'État ?
24:25Pourquoi ils ne protègent plus
24:26les Français ?
24:27Tout le monde se pose la question.
24:28On revient tout de suite
24:29dans le 19h de Face à l'Info
24:30avec beaucoup de sujets,
24:33avec Charlotte Dordellas,
24:35Mathieu Bocoté,
24:37Gabriel Cusel,
24:37Marc Menand,
24:38Michel Fayad.
24:38A tout de suite.
24:39C'est parti pour Face à l'Info.
24:40Merci.
24:42Merci.

Recommandations