- il y a 6 heures
Christine Kelly et ses invités débattent de l’actualité dans Face à l'Info Le 18H30.
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00:0118h30 pour le 18h30 de Face à l'Infossard, vous êtes décollés Michel et Gabriel, vous étiez un peu côte
00:07à côte là, un peu...
00:08Le francois-monnaie croyant !
00:10Non, non, non, ils sont en train de se pousser par rapport aux souverainistes qui portent du pouvoir au Québec
00:17!
00:17Pas plus belle chose qu'on peut me dire !
00:20Vous allez passer une nuit particulière.
00:22La nuit la plus chaude de ma vie, on l'emporte !
00:25A ce point là, dites-moi...
00:26L'enthousiasme politique c'est plus fort que tout !
00:28Alors disons tout aux téléspectateurs, ce soir, une élection capitale au Québec !
00:33L'élection la plus importante depuis des décennies, en trois secondes, l'élection la plus importante depuis des décennies,
00:38le parti indépendantiste, le parti québécois, est premier dans les sondages pour réemporter un gouvernement majoritaire,
00:43et si tel est le cas, d'ici la fin du mandat, il y a un référendum sur l'indépendance
00:45du Québec,
00:46donc je dirais, vive le Québec libre, à nouveau, souvent, très souvent !
00:49Et Mathieu Bocoté retourne au Québec !
00:51Non, on reste avec moi !
00:54Il est excité comme pas deux !
00:56Au sommaire ce soir !
00:58Les perturbations liées aux manifestations sont en recul,
01:02selon le ministre de l'Éducation nationale qui s'est exprimé cet après-midi,
01:06mais à la veille d'une grande journée de mobilisation,
01:09le ministre de l'Enseignement supérieur dénonce, lui, des images abominables
01:13et redoute un embrasement national.
01:16La France, c'est Milan de jacquerie !
01:19Faut-il pour autant s'habituer à cette violence ? Le regard de Marc Menand.
01:24Coup de projecteur sur trois élections ce soir.
01:27Le Brésil promeut en tête du premier tour le conservateur Flavio Bolsonaro.
01:33Au Québec, les souverainistes sont aux portes du pouvoir, comme le disait Mathieu Bocoté.
01:37En Espagne, malmené politiquement, Sanchez convoque les élections anticipées au 29 novembre.
01:44Du Brésil au Québec jusqu'à l'Espagne, une même exigence traverse les urnes.
01:49Rester maître chez soi, sécurité, immigration, logement, l'analyse de Michel Fayard.
01:54Et si les violences actuelles dépassaient la seule contestation du gouvernement,
01:58pourquoi la gauche rêve-t-elle d'une guerre civile ?
02:01Jusqu'où cette radicalité peut-elle menacer la paix civile ?
02:05L'édito de Mathieu Bocoté.
02:07Plus de 400 lycéens fermés, 190 élèves blessés depuis le début.
02:15Un d'entre eux a eu la main arrachée par une grenade à l'Anse.
02:18Une passante a perdu un oeil à Aix-en-Provence à cause d'un jet de pierre lancé par des
02:23lycéens.
02:23Celui qui avait brûlé une jeune fille au visage à Marseille est en détention provisoire
02:28pour acte de barbarie, 40 ans de politique de la ville.
02:32Pour quel bilan ? Les émeutes sont-elles le signe d'un gâchis annoncé ?
02:36Nous recevons Naïma Mfadel, qui dénonce dans son livre Le Peuple Sacrifié,
02:43le renoncement des pouvoirs publics et la trahition des élites.
02:46Naïma Mfadel est notre invitée à 18h45.
02:52Ce soir en exclusivité, nous recevons Éric Moriot, journaliste.
02:57Il a interviewé Laurent G, l'un des principaux témoins de l'enquête de Mediapart sur Jordan Bardella,
03:03accusé d'antisémitisme.
03:05Cet ancien responsable du FNJ affirme aujourd'hui avoir été manipulé
03:09et que ses propos ont été déformés.
03:12Pourquoi parle-t-il maintenant ?
03:14Faut-il relire toute l'affaire à la lumière de ce témoignage ?
03:17Éric Moriot nous dit tout dans Face à la Foy à 19h40.
03:20Voilà pour l'Essentiel, c'est parti pour le 18h30.
03:35On va commencer avec vous, Marc Menon, avec toute l'actualité.
03:40Aujourd'hui, à la veille d'une grande mobilisation légitime,
03:44tient à préciser le ministre de l'Éducation nationale,
03:47on a ce ministre de l'Enseignement supérieur qui dénonce, lui, des images abominables
03:52et redoute un embrasement national.
03:55Alors, je le disais en titre, la France est mille ans de jacquerie.
03:57Est-ce qu'il faut s'habituer à cette violence pour autant ?
04:00Alors, la violence a été une constante, c'est vrai.
04:03Ce qui est amusant, c'est qu'on parle beaucoup des jacqueries,
04:06parce que c'était les paysans, ils arrivaient avec les faux,
04:09ils arrivaient avec un tempérament qui, dès lors qu'ils s'affranchissaient des lois,
04:17les portaient à commettre le pire.
04:20Mais la première révolte étudiante, elle existe.
04:23Dès 1229, on est au quartier latin, il y a l'Université de Paris.
04:29L'Université de Paris, c'est une élite de jeunes nobles
04:33qui ont plusieurs matières, les mathématiques, la théologie,
04:38qui leur sont enseignées.
04:40Et il y a des traditions, les quelques tavernes qui parsèment le quartier,
04:45on s'y donne rendez-vous pour, de temps en temps,
04:48on appelle boc côté et hop, on lève le coude
04:51et on se laisse enchanter aux chansons dignes de Rabelais,
04:56donc les chansons gaillardes.
04:58Et à Pâques, les voilà qui festoient.
05:01Et au moment de l'addition, le tavernier leur présente la note
05:05et celle-ci est beaucoup trop importante.
05:09Il a augmenté les prix.
05:10Alors ça tourne au désordre, ils reviennent le lendemain,
05:14ils bousculent le tavernier, renversent les tables
05:17et les sergents royaux se précipitent.
05:20Mais là, ce n'est pas de la petite répression.
05:24On dit, selon les chroniqueurs,
05:26qu'on aurait plus de 300 morts chez les étudiants.
05:30Et n'oubliez pas, ils sont quoi ?
05:31C'est presque le quart de l'effectif qui disparaît ainsi,
05:35dont une partie dans la scène.
05:38Blanche de Castille estime que les étudiants avaient tort
05:43et elle s'enracine dans la défense des sergents royaux.
05:50À ce moment-là, les étudiants quittent l'université.
05:54Quand je dis quittent l'université, ce n'est pas tout à fait vrai,
05:56car à cette époque-là, il n'y a pas encore de mur en tant que tel.
06:00Les professeurs reçoivent dans leurs appartements
06:03et les cours se donnent ainsi selon les matières
06:08chez les uns et chez les autres.
06:10Et les professeurs se mettent du côté des étudiants,
06:13il n'y a plus d'enseignement.
06:15Et là, c'est une véritable fuite.
06:17C'est terrifiant parce que notre pays est déjà théoriquement
06:20un exemple en matière intellectuelle.
06:22Et si cette université de Paris n'a plus cours,
06:26eh bien, c'est l'image même de la royauté qui se trouve en péril.
06:33Et les voilà qui se retrouvent à Oxford,
06:35qui se retrouvent à Bologne pendant deux ans.
06:38Et qui les soutient ?
06:40Eh bien, de façon étrange, ce n'est pas Léon XIV,
06:43mais c'est le pape Grégoire IX.
06:47Le pape Grégoire IX estime que les étudiants ont raison
06:52et que les professeurs ont le droit de grève.
06:55Et il demande à Blanche de Castille de les réhabiliter.
07:00Et ça va plus loin que cela encore,
07:02puisqu'il exige, alors qu'Aristote n'avait pas à être enseigné
07:07dans les cours de philosophie,
07:10qu'Aristote apparaisse dans les programmes.
07:13Voilà la première grande lutte
07:15qui se traduira quelques décennies plus tard, en 1253,
07:20par l'érection des premiers murs de la Sorbonne.
07:24C'est donc Henri de Sorbonne,
07:26qui est le confesseur de Louis IX,
07:29qui crée cet établissement
07:33où les étudiants seront accueillis.
07:36Il y aura même 30 boursiers
07:38pour que les plus pauvres aient accès à la connaissance.
07:41Merci beaucoup, Marc Menon, pour ce regard depuis l'histoire.
07:46Avant de recevoir Naïma M. Fadel,
07:48d'abord Michel Fayad, on le disait tout à l'heure,
07:51avec ses élections au Brésil,
07:53le fils Bolsonaro arrive en tête devant Lula.
07:56Le bolsonarisme est toujours là,
07:58juste avant votre réponse.
08:00On va écouter Flavio Bolsonaro,
08:02parce qu'on a eu la chance de le recevoir ici.
08:04c'était le 9 février 2026.
08:07Écoutez Flavio Bolsonaro,
08:09qui est en tête du premier tour
08:10aux élections présidentielles du Brésil.
08:12C'est important que le français ait une bonne connaissance
08:16de la situation au Brésil,
08:18qu'il n'est pas une démocratie de droit.
08:21Le président Bolsonaro a été condamné
08:23par ses ennemis.
08:25L'ancien avocat du président Lula
08:29a jugé le président.
08:31Bolsonaro, un autre juge
08:33du tribunal suprême
08:37a également jugé
08:39Jair Bolsonaro,
08:40Alexandre de Moraes,
08:42quelqu'un qui poursuit
08:43la droite brésilienne.
08:50Donc, Jair Bolsonaro
08:52a été ici la source
08:54d'un complot
08:56monté au fil des ans.
08:57Alors, il était avec nous,
08:59mais est-ce que le bolsonarisme
09:00est toujours là avec Flavio Bolsonaro ?
09:02Plus que jamais.
09:03Je ne suis pas sûre,
09:04il est quand même en rupture avec son père.
09:05Je vous laisse faire votre avis.
09:08Sur l'essentiel,
09:09en tout cas politiquement,
09:11il est aligné
09:12puisque justement,
09:13on ne peut pas écarter un homme
09:14et on n'efface pas 56 millions de voix.
09:19Flavio Bolsonaro,
09:20justement à droite,
09:21a fait 47%.
09:22Lula, le président sortant de gauche,
09:24a fait 45%,
09:25contrairement à ce que les sondages prédisaient.
09:28Pourquoi cette droite progresse ?
09:29Parce qu'un électeur vit avec son salaire,
09:31sa rue, sa sécurité.
09:33Au Brésil, être maître chez soi,
09:35c'est déjà pouvoir rentrer chez soi
09:36sans avoir peur.
09:38Et le vote chrétien lui-même est partagé.
09:40Dans les sondages de campagne,
09:41Lula dominait chez les catholiques,
09:42tandis que Flavio dominait chez les évangéliques.
09:46Alors, au Québec,
09:48parlons maintenant de Mathieu Bocoté.
09:50On vote aujourd'hui,
09:51les indépendantistes peuvent revenir au pouvoir.
09:54Oui, et comme l'a dit Mathieu,
09:56le Parti québécois veut moins d'immigration,
09:59davantage de Français.
10:00Son idée est simple,
10:01on ne peut pas accueillir plus
10:03qu'on ne peut loger,
10:03soigner, instruire et intégrer.
10:05Une frontière n'est pas un mur,
10:07c'est la porte d'une maison.
10:08Sans langue commune,
10:09sans maîtrise des arrivées,
10:11sans transmission,
10:12on ne vit plus ensemble.
10:13On habite simplement au même endroit.
10:15En Espagne,
10:16Pedro Sanchez convoque des élections
10:18anticipées le 29 novembre.
10:20Pourquoi ?
10:22Eh bien, parce que sa majorité est morte.
10:24Et regardez l'image,
10:25il y a cinq jours,
10:26Emmanuel Macron lui a porté la poisse,
10:27il était à Madrid,
10:28aux côtés de Sanchez.
10:30C'est même depuis Madrid
10:31qu'il répondait aux émeutes
10:32dans les lycées français,
10:33vous vous souvenez ?
10:34Cinq jours plus tard,
10:35Sanchez dissout.
10:37Deux textes sur le logement sont tombés.
10:38Junts,
10:39qui est l'allié indépendantiste catalan
10:41dont il dépendait,
10:42l'a abandonné.
10:43La plupart des sondages
10:44donnent plus de 200 députés
10:45au Parti populaire et à Vox,
10:47c'est-à-dire la droite
10:48et la droite nationale.
10:49La majorité est à 176.
10:51Et dans cette histoire,
10:52je retiens une image.
10:54Marie-Carmen, 87 ans,
10:56elle vivait depuis 70 ans
10:57dans le même appartement.
10:59Après le rachat de son immeuble,
11:00son loyer est passé
11:01de 500 à plus de 1 600 euros.
11:03Elle a dû partir.
11:04Une nation doit protéger
11:06ses frontières.
11:07Elle doit aussi protéger
11:08le seuil derrière lequel
11:09vivent ses anciens.
11:10Brésil, Québec, Espagne.
11:12Une même exigence,
11:13rester maître chez soi,
11:15dans sa rue,
11:16dans son pays,
11:17jusque derrière sa porte.
11:18Et elle est aussi la nôtre.
11:20Merci beaucoup, Michel Fayad,
11:22pour ce regard.
11:24On voit que ça a été très violent
11:27sur le terrain.
11:28Regardez cette femme
11:29qui s'est fait brûler le visage
11:32à Marseille.
11:33L'homme qui a été à l'origine,
11:36ou plutôt le jeune lycéen,
11:38est en détention provisoire
11:40en ce moment pour acte de barbarie.
11:56Les images sont très violentes
11:58et il y a beaucoup de violences
12:00effectivement sur le terrain.
12:02Nous allons recevoir maintenant
12:03Naïma El-Fadel,
12:04ravie de vous accueillir.
12:05Installez-vous,
12:06vous êtes essayiste,
12:07experante en politique
12:08de la ville
12:09et femme politique franco-marocaine.
12:12On vous connaît bien
12:13sur les plateaux de CNews.
12:15Votre livre,
12:15Le peuple sacrifié,
12:16la trahison des élites.
12:17Elle fait le tour du plateau.
12:18Enchantée.
12:20Votre livre qui paraît
12:21donc le 14 octobre,
12:24Peuple sacrifié,
12:25la trahison des élites.
12:28Le 14 octobre,
12:29chez Fayad,
12:30il clôt votre carrière
12:31de plus de 40 ans
12:33dans les quartiers
12:33de villes emblématiques
12:34de, je cite,
12:36la politique de la ville.
12:38Dreux, Trappes,
12:39Mantes-la-Jolie,
12:41Chanteloup-les-Vignes,
12:42Île-de-France,
12:43vous y dénoncez
12:44plus de 40 ans
12:45de politique
12:46du renoncement.
12:47Avec Michel,
12:48on va vous interroger.
12:49D'abord,
12:49première question,
12:50Lémaï Fadel,
12:51lorsqu'on voit
12:51ce qui se passe
12:52concrètement,
12:53qui fait mal au cœur,
12:54lorsqu'on voit
12:55ce peuple sacrifié
12:56pour reprendre
12:57votre titre,
12:58les émeutes
12:59qui se déroulent
13:00sous nos yeux
13:00ne sont-elles pas
13:01finalement la chronique
13:02d'un gâchis
13:02annoncé
13:03il y a plus de 40 ans ?
13:04Oui,
13:05effectivement,
13:05les premières émeutes
13:07c'était Vénissieux,
13:09les Maguettes,
13:10et je me souviens
13:11que ça fait aussi
13:12l'objet d'une marche
13:13pour la citoyenneté,
13:14je reviendrai dessus.
13:16Après,
13:16suite à ces émeutes,
13:18il y a eu effectivement
13:18la politique de la ville
13:19avec,
13:20pour reprendre les propos
13:21du président de la République,
13:23un ponure de dingue.
13:24Donc,
13:25dans cette politique de la ville,
13:26effectivement,
13:26il y a eu la rénovation urbaine
13:28importante,
13:29il y a aussi
13:29des centres socioculturels,
13:30des centres de loisirs,
13:32des médiathèques,
13:34des terrains de basket.
13:35Moi,
13:35je me souviens,
13:36quand j'étais à Mont-la-Jolie,
13:37j'avais reçu un stagiaire
13:38de l'ENA qui m'a dit
13:39mais je n'en reviens pas,
13:40il y a des terrains de basket
13:42par sous-quartier,
13:44même pas par quartier,
13:45par sous-quartier.
13:46Donc,
13:46la dotation,
13:46elle était importante
13:48et malheureusement,
13:50on a eu d'autres émeutes.
13:51Il y a eu Sartrouville,
13:52Villiers-le-Bel
13:54où c'était plus localisé
13:55mais vous avez eu
13:56en 2005,
13:57par exemple,
13:58ce qui s'est passé
13:59suite à la mort
14:01de Zied et Bouddha
14:02où là,
14:03tous les quartiers
14:04se sont enflammés.
14:06Et moi,
14:06j'étais chef de projet
14:07sur un quartier,
14:08le quartier
14:09des Bâtes-Adreux
14:10et je me souviens
14:11que ce qu'on a chopé
14:12en train de brûler,
14:13de brûler à côté de chez eux,
14:15de brûler leurs centres sociaux,
14:17leurs maisons de quartier,
14:18leurs écoles,
14:19c'était souvent des mineurs,
14:21des gens parlaient des mineurs
14:22et souvent des gamins
14:23de 12-13 ans
14:24qui avaient rempli
14:25des bouteilles
14:26avec de l'essence
14:27et qui allaient brûler.
14:29Et on a eu aussi,
14:30et là aussi,
14:31excusez-moi Christine,
14:32on a répondu,
14:33encore une fois,
14:34il y a le désœuvrement,
14:35vous comprenez,
14:36alors qu'on avait déjà mis
14:37un pognon de dingue
14:39et on a continué comme ça
14:40en remettant encore
14:41des financements
14:42dans ces quartiers
14:44QPV.
14:45Et je voudrais juste rappeler
14:45une chose aussi,
14:46ma chère Christine,
14:47c'est qu'en 1983,
14:50quand on a mis en place
14:51la politique de la ville,
14:52vous aviez 16 quartiers QPV,
14:53ce qu'on appelait
14:54quartiers prioritaires.
14:55Aujourd'hui,
14:56il y en a plus de 1500.
14:57Ça veut dire que
14:58nos politiques,
14:59nos élites politiques
15:01se sont entêtées
15:02et ils n'ont pas rendu service
15:04non seulement
15:05aux habitants
15:05de ces quartiers
15:06qui eux,
15:06voulaient vivre
15:08paisiblement
15:08dans leur quartier,
15:10mais aussi
15:10à l'ensemble
15:11de ces Français.
15:13C'est pour ça
15:13que je parle aussi
15:14du peuple sacrifié,
15:15c'est que quelque part,
15:16les Français
15:17ne pouvaient même pas
15:18en fait
15:19se plaindre
15:20de cette situation
15:21et notamment aussi,
15:22j'en parle dans mon livre,
15:23de la ruralité
15:24parce que la ruralité,
15:25parfois,
15:26elle rencontre
15:26beaucoup plus de difficultés
15:27que dans les quartiers
15:29mais elle ne brûle pas.
15:31Alors avant de donner
15:31la parole à Michel Fayad,
15:32c'est intéressant de voir
15:33comment vous mettez
15:34dans la balance
15:34ce pognon de dingue,
15:35ces dépenses qu'on a faites
15:36pour les quartiers
15:37et à la fois effectivement
15:38le fait qu'ils demandent
15:39plus de moyens.
15:41Vous dites,
15:41ce livre est un cri du cœur,
15:42on appelle sans détour
15:43à regarder la réalité.
15:44En face,
15:45la France a échoué
15:46dans sa promesse
15:48d'assimilation.
15:49Michel Fayad.
15:49Justement,
15:50la réalité en face,
15:51la question c'est
15:52le problème n'est-il pas
15:53que l'État
15:53a surtout détourné
15:55le regard face
15:56à la récurrence
15:56de toutes ces émeutes ?
15:58Oui,
15:58effectivement,
15:59parce que regardez,
16:01moi j'étais vraiment
16:02scandalisée,
16:03consternée
16:04et je dirais même
16:05attristée
16:05quand le président
16:06de la République
16:07en juin 2023,
16:08vous avez vu,
16:09auparavant c'était localisé
16:10dans les quartiers,
16:11après c'était sur
16:12l'ensemble du pays
16:14et notamment dans
16:14des petites communes,
16:15voire des petits villages.
16:17Et quand le président
16:18de la République
16:19a dit
16:19c'est le désœuvrement
16:20parce qu'il ne vend pas
16:22la mer,
16:23mais c'est un scandale,
16:24vous ne pouvez pas savoir
16:25le pognon qu'on met
16:26dans l'action sociale,
16:27l'action culturelle,
16:28les médiathèques,
16:29le tout gratuit,
16:30je le dénonce
16:31parce qu'encore une fois,
16:32ce n'est pas gratuit,
16:33c'est que l'incontribuable
16:34qui paye.
16:35Mais si on ne dit pas
16:36aux gens
16:36que ce n'est pas gratuit,
16:37ils ont le sentiment
16:38qu'en fait c'est gratuit.
16:39Je vais vous raconter
16:40juste une anecdote,
16:41Michel.
16:41Quand j'étais directrice
16:43des centres sociaux
16:43de la ville de Trappes,
16:44quand je suis arrivée,
16:45le maire socialiste
16:48avait mis en place
16:49une politique
16:49de départ en voyage
16:52pour les familles.
16:53On partait,
16:54tout était pris en charge,
16:55c'est-à-dire le transport,
16:57la nourriture,
16:58les différentes visites,
16:59etc.
17:00Vous savez combien
17:01ça coûtait par semaine ?
17:0230 euros.
17:03Et quand j'ai voulu,
17:04avec les animateurs,
17:05j'ai demandé aux familles
17:06combien ils payaient,
17:07ils me disaient
17:07on ne paye que 30 euros.
17:09Oui.
17:09Mais vous savez combien
17:10ça coûte ?
17:11Ça coûte entre 500 et 600 euros.
17:13Vous voyez ?
17:14Et tout est comme ça.
17:16À chaque fois,
17:16au lieu de répondre,
17:18encore une fois,
17:19par l'autorité,
17:20par le devoir,
17:22on a répondu par des droits,
17:24par des droits,
17:24par des droits.
17:25Et on a répondu aussi
17:28par le dénigrement
17:29de ce pays,
17:30par le dénigrement
17:31de ce peuple de France.
17:33Parce que moi,
17:34je l'ai connu,
17:34ce peuple de France,
17:35en 68,
17:35quand je suis arrivée.
17:36Je vous le dis avec émotion.
17:38Ce peuple de France,
17:39il rayonnait
17:40par sa fierté
17:41de sa culture,
17:43de ses racines chrétiennes,
17:45il faut le dire.
17:46Tout était invitation
17:49à rentrer dans
17:50l'esprit de la maison
17:52pour en prendre le pas.
17:53Pourquoi ça vous émeut ?
17:54Écoutez,
17:55alors là,
17:55je vais revenir à 1983,
17:58la marche pour l'égalité
17:59des droits.
17:59Ce qui était une marche citoyenne
18:01avec Toumi Djedja.
18:03C'est une marche citoyenne,
18:04j'incite parce qu'il l'a redit
18:06quand la gauche
18:07a fait une OPA
18:08sur cette marche
18:08en l'appelant
18:09la marche des beurres.
18:10Moi,
18:11je me souviens,
18:11puisque je les avais
18:12accueillis dans ma ville,
18:15et je me souviens
18:15de notre tristesse
18:16de se faire appeler
18:17des beurres
18:17parce qu'en fait,
18:18c'était insultant.
18:20Mais l'OPA
18:21était faite.
18:22Et à un moment,
18:23vous avez une démarche
18:23citoyenne
18:24et on en fait une démarche
18:27ethnique,
18:28une démarche racialiste.
18:30Déjà,
18:31Christine,
18:32on était des racisées.
18:33Déjà,
18:34on avait mis en place
18:35ce séparatisme
18:36entre le « i » et le « nous ».
18:38Comment ?
18:39Vous mettez dans le lot,
18:40là.
18:40Oui,
18:41on est des racisées.
18:43C'est ça qui est terrible.
18:44Alors que nous,
18:45on veut juste
18:45être des Français
18:46apparetières.
18:47Et quand on aime trop
18:48ce pays,
18:49c'est encore pire,
18:50j'allais dire.
18:51Et dans votre livre,
18:52vous parlez d'enclavement
18:53et d'assignation identitaire
18:55plutôt que d'assimilation
18:57républicaine.
18:57Qu'est-ce que vous voulez dire
18:58par là ?
18:58Parce que dans ces quartiers,
19:01on a aussi,
19:02alors là,
19:03je reviens aussi
19:04dans mon livre
19:04sur la politique
19:05du logement
19:06qui était l'habitat
19:08à loyer modéré,
19:09qui accueillait tout le monde
19:10et quel que soit
19:11d'ailleurs son travail,
19:13ses ressources,
19:14etc.
19:14Et qui était,
19:15pour les Français,
19:16c'était un peu une culture,
19:17un parcours résidentiel.
19:19Malheureusement,
19:19petit à petit,
19:20on en a fait
19:21des quartiers
19:22ethnico-culturellement
19:24homogènes.
19:25Et puis,
19:25ça met en place aussi
19:27des actions
19:27qui confortaient,
19:30renforçaient
19:30cette ethnicité.
19:31Je vous donne un exemple.
19:32Auparavant,
19:33dans ces villes
19:33où j'ai travaillé,
19:34vous aviez,
19:35par exemple,
19:36des activités sociales,
19:37culturelles,
19:38sportives,
19:38qui concernaient
19:39l'ensemble de la ville.
19:40Eh bien,
19:41l'État a décidé
19:42à un moment,
19:42et j'étais déléguée
19:44du préfet,
19:44donc je le dis franchement,
19:46de déléguer
19:47aux habitants
19:47du quartier.
19:48Donc,
19:48vous vous imaginez
19:49un peu
19:49le millefeuille
19:52dans lequel
19:53on met les habitants
19:54et les enclaver.
19:55C'est-à-dire
19:55qu'on se dit,
19:56ils ne peuvent pas
19:58avoir,
19:59pour travailler
19:59avec eux,
20:01des Français de souche,
20:03excusez-moi l'expression,
20:04mais c'est une réalité,
20:05mais il faut leur mettre
20:05des gens
20:06qui leur ressemblent.
20:07Et ils ne peuvent pas
20:08aller vers le centre-ville
20:09pour participer
20:10à toutes les activités
20:11dans le cadre
20:12d'une mixité sociale
20:13et culturelle
20:13et dans aussi
20:15le souci
20:15d'une altérité,
20:17eh bien,
20:17on va les laisser
20:17dans leur quartier.
20:18Donc,
20:19vous voyez un peu,
20:19c'est pour ça qu'aujourd'hui,
20:20ce qui se passe,
20:21et juin 2023
20:23était pour moi
20:24une révélation,
20:24c'est que ça,
20:26ces émeutes
20:27n'étaient plus localisées.
20:29Ça,
20:30ça explosait
20:30dans tout le pays.
20:31Et c'est pour ça
20:32que je mets en garde
20:33aujourd'hui.
20:33parce que ce qui se passe
20:35est extrêmement important
20:37et je rappelle
20:38par rapport
20:38à l'assignation identitaire,
20:40la gauche
20:41a ethnicisé,
20:42a racisé,
20:43elle a fait
20:44un boulevard
20:44à LFI.
20:45Et aujourd'hui,
20:46LFI
20:47instrumentalise
20:48ces jeunes
20:48qu'il appelle
20:49les racisés
20:50à une démarche
20:52de sédition.
20:53Et moi,
20:54ça me met hors de moi.
20:55Vous savez,
20:55j'ai rencontré
20:55des mamans
20:56qui me disent
20:56mais vous vous rendez
20:57compte,
20:58Naïma,
20:58moi,
20:59j'élève mes gamins,
21:00je les ai bien
21:00élèves d'ailleurs
21:01comme les miens
21:01pour qu'ils soient
21:02complètement français
21:03et pas des français
21:04à part.
21:05Et aujourd'hui,
21:06LFI,
21:06il en fait
21:07des français
21:08à part.
21:09Et moi,
21:09ce qui me fait
21:10mal au cœur,
21:11c'est que des gamins
21:11qui veulent s'en sortir
21:12soient amalgamés
21:13à cette racaille.
21:14Dans un instant,
21:15avec Mathieu Bocoté,
21:16on parlera justement
21:17du rôle de la gauche
21:18qui veut aller peut-être
21:19jusqu'à un rêve
21:20d'un côté révolutionnaire
21:22et d'une guerre civile.
21:23On en parle dans un instant.
21:24Michel Fayad.
21:24Et par rapport justement
21:26aux français de souche
21:27que vous appeliez,
21:28comment expliquez-vous
21:29l'insécurité culturelle
21:31qu'ils vivent aujourd'hui ?
21:32Écoutez,
21:34encore une fois,
21:34tout ça,
21:35cette idéologie
21:36a voulu effacer
21:38tout ce qu'était
21:38la France
21:39et surtout
21:40les français de souche
21:42parce que je vois
21:42qu'on remet même
21:43le fait de dire
21:43français de souche.
21:45C'est hallucinant,
21:46on ne le dirait jamais
21:46pour des Marocains de souche,
21:48des Libanais de souche
21:48ou des Algériens de souche.
21:50Mais on le dit
21:50volonté
21:51pour des français.
21:52Voilà.
21:53Et ils sont empêchés
21:56aussi de dire
21:58qu'aujourd'hui,
21:59ils veulent la continuité
22:01de leurs racines,
22:02de leur culture,
22:03de leur identité.
22:04Et on vient leur dire
22:05non,
22:05vous n'avez même pas
22:06le droit de le dire
22:06parce qu'on va leur brandir
22:08le nazisme,
22:09le fascisme,
22:10la xénophobie.
22:11Alors moi,
22:12qui pour ces moments-là
22:13est une racisée,
22:15je le dis,
22:16la France,
22:16les français
22:17ont la nécessité,
22:19doivent défendre aussi
22:20leurs racines,
22:21leurs cultures,
22:21etc.
22:22Et les politiques
22:23qui les ont trahies,
22:24parce que je parle
22:25de la trahison des élites,
22:27d'ailleurs,
22:27la trahison des élites,
22:29gauche et droite,
22:30parce que la gauche,
22:31elle a été idéologue
22:32et la droite
22:33a été suiveuse.
22:35Charlotte ou Mathieu,
22:36peut-être une dernière question,
22:37peut-être à Naïma El-Fadel.
22:38Alors,
22:39est-ce qu'il n'y a pas
22:39une contradiction
22:40un peu dans votre propos
22:41quand vous dites
22:41que vous reconnaissez
22:42la légitimité
22:42des Français de souche ?
22:44Dès lors,
22:44vous reconnaissez
22:44une catégorie ethnique.
22:46Est-ce que par effet
22:46de contraste,
22:49si vous appelez
22:49les racis,
22:50il n'y a pas aussi
22:50une dimension ethnique
22:51chez eux ?
22:52Je ne dis pas
22:52qu'il faut la sécraliser,
22:53l'embrasser,
22:54tout ça,
22:54mais s'il y a
22:55des Français de souche,
22:55il y a évidemment
22:56des gens d'autres
22:56souches qui arrivent
22:57en France.
22:57Non,
22:58moi je pense
22:58qu'on rentre,
22:59moi je suis rentrée
23:00dans la maison,
23:01j'aimerais bien
23:02ce que dit le pape
23:05Léon XIV,
23:06moi je suis rentrée
23:07naturellement,
23:08paisiblement,
23:08dans l'esprit
23:09de la maison,
23:10France.
23:10Vous savez pourquoi ?
23:11Parce que quand je suis
23:12arrivée en France,
23:12j'avais 8 ans,
23:13je n'avais jamais été
23:14scolarisée au Maroc,
23:15je ne savais ni lire
23:16ni écrire,
23:16je ne parlais pas
23:17un mot de français,
23:17et vous savez
23:18ce qu'on m'a appris ?
23:19Vos ancêtres les Gaulois.
23:20Je vais vous dire,
23:21j'en étais fière
23:21qu'on me dise ça.
23:23Vous voyez,
23:23aujourd'hui,
23:23ce n'est pas ce qu'on
23:24apprend aux gamins,
23:25depuis que la gauche
23:26a sévi,
23:26et je le redis,
23:27depuis que la gauche
23:27a sévi.
23:28Et selon vous,
23:28c'est fini ?
23:30Moi je pense que...
23:32Vous qui avez été
23:33sur le terrain.
23:34Moi je l'écris,
23:36je fais des pistes
23:37dans mon livre,
23:38je pense qu'il faut
23:41reprendre les choses
23:42en main,
23:43il faut crier fort
23:45ce que c'est ce pays,
23:46cette France,
23:47il faut,
23:48moi je dis carrément
23:49qu'il faut inscrire
23:49la race chrétienne
23:50de la France
23:51dans la Constitution,
23:53et je dis qu'il faut
23:54restaurer aussi
23:55cette assimilation,
23:56cette transmission,
23:57après il faut aussi
23:58une gestion
23:59de l'immigration,
24:00parce qu'on n'a plus
24:00la capacité
24:01d'accueillir
24:02des personnes.
24:03On peut intégrer
24:05des individus
24:05mais pas des masses
24:06d'individus.
24:07Merci beaucoup
24:08Naïma El Fadel,
24:09le peuple sacrifié
24:10qui sort le 14 octobre
24:12chez Fayard.
24:12Vous dénoncez
24:13le clientélisme
24:14et les subventions
24:14communautaires,
24:15vous dénoncez
24:16le double renoncement
24:17des élites à gauche
24:18par l'idéologie,
24:19à droite par la lâcheté.
24:20Merci infiniment
24:21d'avoir été avec nous.
24:22Dans un instant,
24:23une exclusivité,
24:24la contre-enquête
24:25sur l'affaire
24:26Jordan Bardella.
24:27Il y a quelqu'un
24:28qui témoigne
24:29de manipulation
24:30de la part
24:30de Mediapart.
24:32On en parle
24:32dans un instant.
24:33On marque une pause,
24:34on revient pour
24:34Face à l'Info.
24:36sur l'Info.
24:37Sous-titrage Société Radio-Canada