00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Florent Lielpau de Lombard, Rodier, IM.
00:07Alors je vous prends peut-être un petit peu au dépourvu, Florian, et je m'en excuse.
00:13Est-ce que vous avez, comment dire, un sentiment, quelque chose à nous dire autour de ce qui se passe
00:19au Brésil ?
00:20Parce que c'est vrai que ça commence à monter en sauce.
00:23On a un indice Bovespa de Sao Paulo qui est en baisse de plus de 16%.
00:27Et on a l'impression, finalement, d'une situation, d'une réélection de Lula da Silva qui a surpris un
00:35peu tout le monde.
00:35Ça faisait quand même partie des scénarios qui étaient envisagés.
00:38La bourse de Sao Paulo avait pris de l'avance en misant, elle, sur le fils Bolsonaro.
00:44Bon, finalement, on peut parler de l'effacement d'une certaine forme de prix.
00:47Mais là, on a l'impression d'une agitation qui n'était peut-être pas forcément anticipée.
00:52Est-ce que vous avez un sentiment là-dessus à nous donner, Florian ?
00:55Oui, bien sûr, il y a deux éléments.
00:56Évidemment, il y a le risque géopolitique et son reflet dans le cours des actions.
01:01Et l'autre élément, c'est quand le marché se retrouve pris à contre-pied.
01:05C'est-à-dire qu'on avait un scénario dominant, bien intégré dans le prix des actifs.
01:10Et soudainement, on se retrouve à réévaluer, en fait, le spectre des possibles.
01:14Et qu'est-ce que ça veut dire en termes de trajectoire de taux, en termes de trajectoire de financement,
01:17en termes de trajectoire, évidemment, de profit, de earnings globaux ?
01:21C'est un marché qui est aussi peut-être un peu moins liquide, un peu moins, disons, suivi, un peu
01:27moins arbitré que l'Asie aujourd'hui,
01:29qui est devenu le plus gros des blocs du monde des actions émergentes.
01:35Donc, le sentiment, c'est un, lorsqu'on est confronté à un choc géopolitique, comme c'est le cas,
01:42on a besoin d'attendre que la poussière retombe, c'est-à-dire que souvent,
01:45souvenez-vous de l'élection de Donald Trump, de la première élection de Donald Trump,
01:49on avait eu également d'énormes secousses intraday sur la journée,
01:52et finalement, à la fin de la journée, les marchés avaient fini plutôt positifs, voire très positifs.
01:57Donc, ce décalage-là peut jouer.
01:58Le risque géopolitique, il est généralement temporaire,
02:01et il faut lui laisser le temps, justement, de rentrer et de sortir du prix des marchés.
02:06Maintenant, entre les trajectoires des earnings, globalement, ce sont beaucoup de boîtes internationales,
02:10beaucoup d'entreprises internationales qui font ces grands indices.
02:14Est-ce que la situation politique doit être reflétée dans leur cours ?
02:18J'en doute. Pour le moment, on est plutôt sur une tendance de croissance positive un peu partout.
02:22Alors, du côté de l'Europe, on a vu que les taux, c'était un petit peu détendu.
02:25On est à 3,36 sur le disant allemand, à 4,95 sur le disant français.
02:31On a eu l'indice IFO en Allemagne ce matin.
02:36Qu'est-ce qu'il faut en retenir ?
02:37Et puis, est-ce que ce spread dont on parle toute la journée, à tort et à travers,
02:42va continuer à être véritablement le point chaud de l'économie européenne ces prochaines semaines ?
02:49Alors, premier élément sur l'IFO elle-même.
02:52L'IFO est un indicateur avancé du climat des affaires en Allemagne.
02:57Il a, de façon très pertinente, pointé vers le ralentissement allemand au cours des trois dernières années.
03:03Aujourd'hui, on a un nombre de lectures répétées du chiffre qui pointent vers une amélioration de croissance en Allemagne.
03:11L'Allemagne, aujourd'hui, est un pays qui est en train de rebondir, comme une grande partie de l'Europe.
03:15Il faut bien se méfier d'une lecture franco-française du destin euro, du destin économique européen.
03:21Il y a une dissension claire entre la croissance française aujourd'hui, affectée par l'incertitude,
03:26et la dynamique européenne et la dynamique mondiale à laquelle je faisais référence, dans le cas du Brésil également,
03:32qui, elle, pointe vers une amélioration de la croissance.
03:35Et c'est ce qui explique aussi en partie que les actions font si bien cette année.
03:39Maintenant, sur votre question des spreads, sur votre question du traitement que les marchés financiers, aujourd'hui, réservent à la
03:45France,
03:46oui, c'est un élément important.
03:48Et aujourd'hui, pour vous donner un peu des ordres de grandeur,
03:51une obligation simple A, elle est généralement traitée avec une prime de 0,7%.
03:57Globalement, une obligation triple B, 1,25%.
04:02Vous le voyez, la France, elle est un petit peu entre ces deux zones sur la partie 5 ans.
04:06C'est là qu'on peut faire des comparaisons les plus pertinentes sur la partie 5 ans.
04:11Donc, la France, aujourd'hui, elle est confrontée à, disons, un traitement plutôt négatif que les marchés lui réservent.
04:21Maintenant, devant nous, on a les deadlines du 3 novembre, du 17 novembre pour la loi de finances.
04:26Et cette loi de finances pourrait apporter, justement, ce que Moody's a sanctionné en ne baissant pas la note de
04:32la France,
04:33c'est-à-dire la perspective d'un meilleur contrôle des dépenses.
04:36C'est ça, à l'angle, et c'est ça, ce que les marchés réclament à Corse et à Cris.
04:40Florent, Ielpo, Lombard-Rodier, merci infiniment d'avoir été avec nous et pour tous ces commentaires.