00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Et pour ça on retrouve Bertrand Lamiel chez Portes en part.
00:09Bonjour Bertrand, on va peut-être commencer par la douche froide du jour.
00:13Alors on parlait de la bourse de Sao Paulo, on a expliqué que la réélection de Lula da Silva
00:18avait provoqué quand même une très très forte baisse de l'ensemble des valeurs brésiliennes.
00:23L'autre douche froide, bon, plus près de nous, c'est quand même celle autour des résultats de GTT.
00:27Et c'est vrai que ça a de quoi étonner parce qu'on est dans un secteur, précisément les projets
00:30énergétiques,
00:32où vraiment on a une demande énorme, on a des cours élevés.
00:36Et pourtant, la publication des chiffres trimestriels du groupe est l'occasion d'une forte baisse.
00:41On est en repli de 12,9% en ce moment à 178,40 euros.
00:46Bertrand, qu'est-ce qui se passe autour de GTT ?
00:50Alors déjà des éléments de contexte, on est dans un marché qui est très exigeant
00:54parce qu'en fait il faut vraiment des résultats top et un discours qui accompagne ces résultats,
01:00qui ne laisse pas de faille parce que sinon il y a des sanctions qui sont très fortes.
01:04On l'a vu depuis une dizaine de jours.
01:08Donc sur GTT, on a un sujet.
01:10C'est une société qui est historiquement chère, très chère payée.
01:14Donc là, le moindre décalage entraîne ce moins 12, moins 13.
01:21Là, le carnet de commande, il n'y a rien à dire.
01:23Il est plein, on a une visibilité.
01:26Sauf que là, en fait, il y a eu un phénomène technique qui conduit à un décalage du chiffre d
01:31'affaires
01:31et c'est ça qui a crispé le marché.
01:33Qui se dit, tiens, est-ce que l'histoire finalement n'est plus aussi belle que ce qu'on nous
01:37disait ?
01:38Nous, on pense que c'est cher payé ce qui est en train de se passer.
01:40Il faut avoir en tête qu'en avril 25, elle avait déjà eu ce type de séance
01:44où elle avait perdu jusqu'à 15% en séance, traversé une moyenne mobile 200
01:48qui est un repère technique que pas mal de monde suit.
01:52Donc ça ressemble un peu à ces séances-là.
01:54Finalement, le titre avait fini par reconquérir le cœur des investisseurs
01:58et faire des nouveaux plus hauts.
02:00Il faut l'avoir en tête.
02:01C'est un dossier d'un point de vue fondamental.
02:03On a des carnets de commande tranquilles.
02:07On a de la visibilité de ce point de vue-là.
02:09Malgré ça, ça n'empêche pas le marché de temps en temps de taper dessus.
02:13Je pense que c'est le corollaire au fait qu'en termes de valorisation,
02:16on l'a rarement payé aussi cher.
02:19Donc le moindre faux pas, la virgule mal placée dans une communication,
02:23ça se traduit par un moins 12, moins 13.
02:25C'est étonnant ça, Bertrand, parce qu'on est un petit peu dans la même configuration
02:28que la tech ou que les autres secteurs qui sont très valorisés en bourse.
02:33Il y en a quand même un paquet.
02:34Est-ce que vous pensez que, justement, dans ce secteur de l'énergie,
02:39qui est très très bien valorisé depuis pas mal de mois,
02:42on risque peut-être d'avoir, alors pas une avalanche,
02:45peut-être pas un cycle de mauvaises nouvelles,
02:48mais peut-être justement ce genre de déception ponctuelle des marchés
02:51face à des titres qui ont beaucoup beaucoup progressé ?
02:56Oui, c'est possible, parce qu'en fait, il y a des attentes qui sont énormes.
02:59Alors les chiffres eux-mêmes sont énormes.
03:03Vous m'aviez demandé de regarder du côté de chez Bolloré,
03:05qui présentait aussi ses résultats, la division Bolloré Energy, par exemple,
03:09c'est 61% de croissance de chiffre d'affaires, dû notamment au prix.
03:13Donc on est sur le secteur du pétrole, sur des chiffres qui sont monstrueux.
03:19Quand on prend, si on va voir aux États-Unis,
03:21aux États-Unis, on attend 30% de croissance des bénéfices sur le S&P 500.
03:27Sur ces 30% de croissance, il y en a 10, c'est un S&P 490-495,
03:33et le reste, on va retrouver évidemment des valeurs de la tech,
03:36mais on va retrouver aussi les valeurs pétrolières.
03:38C'est la revanche des pétrolières en ce moment,
03:40qui profitent des prix très hauts sur le brut,
03:43mais aussi des marges de raffinage à des niveaux jamais vus,
03:46pour encaisser des bénéfices exceptionnels.
03:49Pour autant, elles ne sont pas forcément toutes à la fête,
03:52parce qu'il y a déjà eu un mouvement d'anticipation,
03:54et donc le marché est assez exigeant en ce moment.
03:56De manière assez générale, je pense que ça devrait arriver à une fin.
04:00On va revenir sur une saisonnalité qui va être plus profitable
04:02pour les investissements boursiers,
04:04mais dans un premier temps, oui, effectivement, c'est dur,
04:07et objectivement, le moins 12, le moins 15, même, qu'on a vu en séance,
04:12ça nous paraît un peu décorrélé des fondamentaux,
04:15mais malheureusement, comme je vous le disais,
04:17c'est des choses qu'on a déjà vues dans l'histoire du titre.
04:19Ça ne l'empêche pas de repartir par la suite,
04:21mais il faut pouvoir encaisser ces chocs de volatilité.
04:24Alors, vous parliez de Bolloré, précisément,
04:26c'est une de nos valeurs du jour,
04:27alors qu'on voit que le titre a quand même pas mal commencé la journée,
04:31et puis finalement, ça s'étiole.
04:32Là, on est sur une petite hausse de plus 0,16.
04:35Alors, c'est vrai que vous nous parliez de revenus,
04:36notamment dans l'activité énergie,
04:38qui sont en très, très forte hausse.
04:39Bon, parallèlement, c'est un groupe assez compliqué à évaluer
04:44en termes de holding, en termes d'actifs.
04:47C'est toujours un groupe qui est difficile à lire.
04:50Qu'est-ce que vous voyez dans les chiffres
04:52qui ont été publiés par Bolloré ce matin, Bertrand ?
04:56Il y a la division, évidemment,
04:58c'est la division énergique qui a retenu toute notre attention
05:00avec la croissance,
05:01parce que nous, on aime bien globalement le secteur énergétique.
05:04C'est vrai qu'on est allé sur des valeurs
05:06qui étaient plus faciles à lire
05:08et directement liées au raffinage,
05:10puisque je vous disais qu'on a des marges de raffinage
05:11qui sont à des niveaux stratosphériques.
05:13Donc, on est allé se positionner plutôt
05:14sur une Repsol en Espagne
05:16ou sur un marathon pétroléum aux Etats-Unis.
05:20Dans Bolloré, certes, il y a cette division qui va bien.
05:22Bon, la division film et industrie,
05:24elle a fait le job,
05:25mais on est sur des croissances plus classiques.
05:28Et pourquoi on est neutre sur Bolloré ?
05:31En fait, c'est ce que vous disiez.
05:32Il y a quand même une difficulté à lire correctement
05:36ce qui se passe à l'intérieur,
05:39puisqu'il y a toujours quelque chose qui va très bien.
05:42Donc, Bolloré, énergie, comme on l'a en ce moment,
05:44un autre qui va moins bien.
05:45Donc, ce côté holding, probablement,
05:47pèse un peu sur la dynamique du cours.
05:49Donc, on a préféré, nous, dans l'énergie,
05:51aller se positionner sur des purplayers.
05:54Alors, autre thématique du jour,
05:56et on en parlait quand même,
05:57cette douche froide sur la bourse brésilienne
05:59avec un indice Bovespa,
06:01la bourse de Sao Paulo,
06:02qui est en baisse de 16,2%
06:03après la réélection de Lula da Silva
06:08et une réaction extrêmement violente des marchés.
06:12On l'a expliqué, d'ailleurs,
06:13avec Xavier Ovas de Carmignac,
06:15un petit peu plus tôt dans USA Today.
06:17Il était vraiment très clair là-dessus.
06:19Maintenant, on voit que...
06:21Alors, JP Morgan a abaissé son opinion
06:23sur l'ensemble des valeurs brésiliennes,
06:25sur le réel, également la monnaie brésilienne,
06:27en expliquant qu'il y avait des risques,
06:29quand même, à court terme
06:30et des risques budgétaires, financiers,
06:33notamment, du côté du Brésil,
06:35qui devait être pris en compte.
06:36Est-ce qu'il y a des valeurs,
06:38du côté de la bourse de Paris,
06:39qui sont plus ou moins touchées par ce phénomène ?
06:42On voit Carrefour, qui est très, très actif,
06:43côté brésilien,
06:45qui perd un peu de terrain,
06:46moins 0,6% à 13,75%.
06:47On voit que le secteur automobile, aussi,
06:49pourrait potentiellement être touché,
06:51parce qu'il y a des parts de marché,
06:52du côté de Stellantis
06:53et du côté de Renault au Brésil,
06:54qui sont très, très importantes.
06:56Malgré tout, on voit que la réaction
06:57n'est pas forcément très, très forte.
07:00Est-ce qu'il y a des valeurs
07:02plus particulièrement touchées
07:03qui vous viennent à l'esprit
07:05quand on parle du Brésil ?
07:09Nous, on avait regardé du côté de AB Inbev,
07:12qui n'est pas côté à Paris,
07:14mais Amsterdam,
07:16le brasseur des parts de marché importantes
07:19au Brésil et en Amérique du Sud,
07:21à travers sa filiale Ambev,
07:22et donc, je crois qu'il était en recul
07:24de 2 ou 3%,
07:26un peu en...
07:28alors qu'elle avait fait
07:28un beau parcours auparavant.
07:30Donc là, typiquement,
07:30on peut lire assez facilement
07:33un impact brésilien.
07:35Ce que le marché n'a pas apprécié,
07:37notamment au Brésil,
07:38je pense qu'en fait,
07:39c'est le contre-pied,
07:40puisqu'il y a quelque temps,
07:41début octobre,
07:42il y avait eu des sondages
07:44qui donnaient Bolsonaro sortant.
07:46Ça avait permis,
07:47notamment aux taux longs
07:49qui sont le 10 ans brésilien,
07:50il était quand même perché
07:51à 14-15%,
07:53revenir du côté des 12%.
07:54Donc là, aujourd'hui,
07:55il est en train de remonter à 13%.
07:56On avait eu le même mouvement
07:57sur la monnaie.
07:59Donc là, le fait que ce soit Lula
08:01qui sorte des urnes,
08:04donc, contrairement à ce que le marché
08:06avait prévu,
08:06il y a un effet de backlash
08:09assez important.
08:11Pour les investisseurs européens,
08:15on a vu à BNBF,
08:17mais il n'y a pas grand-chose
08:17qui soit directement touché,
08:19directement imparté.
08:20Donc, heureusement,
08:21pour les portefeuilles
08:21de nos investisseurs européens,
08:23il n'y avait pas grand-chose là-dessus.
08:24Moins de 6% pour à BNBF,
08:26effectivement,
08:27qui est coté à Bruxelles,
08:28Euronext Bruxelles.
08:29On termine, Bertrand,
08:32par Atos.
08:34Ça passe complètement inaperçu.
08:35Moi, je trouve l'histoire
08:37extrêmement intéressante.
08:38Le titre gagne 9,5%
08:39à 25,50 euros.
08:41Évidemment, Atos, très volatile.
08:42Il faut voir d'où ça revient.
08:44Malgré tout,
08:45le groupe annonce
08:46la sortie d'une suite logicielle
08:50composée avec
08:51et en coopération
08:52avec l'IA.
08:53Est-ce que là,
08:54on n'a pas un point définitif
08:56de la part du secteur
08:57des logiciels
08:57et des sociétés d'intégration
08:58de dire,
08:59bon, vous allez nous lâcher,
09:00maintenant,
09:01personne ne va nous détruire
09:02et l'IA ne va pas nous détruire.
09:03On bosse très bien avec elle
09:04et la preuve,
09:05on crée des produits
09:06un petit peu comme Salesforce
09:07il y a quelques semaines.
09:08Est-ce que Atos
09:09n'est pas en train de monter
09:12de démontrer
09:12un point décisif
09:13à ce niveau-là ?
09:16Si, probablement.
09:17Il faudra probablement
09:18d'autres voies
09:19pour les faire,
09:20enfin,
09:20faire revenir
09:21les valeurs de logiciels
09:22sur le devant de la scène.
09:24Donc, voilà,
09:24nous, typiquement,
09:25sur le cas d'Atos,
09:26il faut savoir que,
09:27voilà,
09:28elle est en dessous des radars
09:28pour pas mal de gestion.
09:30On est à 400 millions
09:31de capives,
09:31rendez-vous compte.
09:32donc, comment ça a fondu ?
09:34Le sujet,
09:35c'est surtout la dette
09:36qui pèse encore
09:37et donc le futur,
09:38probablement,
09:38augmentation de capital.
09:39Il y a une dilution terrible
09:40pour les actionnaires historiques.
09:42Donc, enfin,
09:42pour ces différentes raisons,
09:44pour nous,
09:44il me semble que la société
09:45n'est pas investissable.
09:47Par contre,
09:48sur la thématique,
09:48effectivement,
09:49sur les logiciels,
09:51enfin,
09:51les valeurs de logiciels
09:52qui ont été clouées au pilori
09:54parce que l'intelligence artificielle
09:56arrivait et donc
09:56allait les remplacer,
09:57on s'aperçoit que non,
09:59finalement,
09:59elles bossent ensemble.
10:00Et donc là,
10:00on commence à avoir
10:01plusieurs voix
10:02qui viennent là-dessus.
10:03Donc,
10:04on a eu des résultats
10:05sur SAP.
10:07Donc là,
10:07ça remonte en août
10:08mais elle avait gagné,
10:09je crois,
10:09entre 17 et 20%
10:10dans la journée.
10:11Et donc,
10:12on a d'autres noms
10:12qui sont venus
10:17derrière SAP.
10:19Dans les logiciels,
10:20on va dire juridiques,
10:21on a Wolterscruvers
10:22qui a sorti une suite
10:23qui a dit
10:23« Oui,
10:23nous,
10:24on sert de l'IA
10:24et accessoirement,
10:25nos bases de données
10:26sont protégées,
10:26ne sont pas accessibles.
10:27Donc,
10:27de ce point de vue-là,
10:28n'importe qui
10:29peut demander
10:29n'importe quoi
10:30à une intelligence artificielle,
10:32elle n'aura pas accès
10:32à nos bases de données
10:33pour les réponses.
10:33Donc,
10:34il faut passer
10:34pour un homme
10:34pour le faire.
10:35On a vu des suites
10:37de logiciels
10:37comme Atlas Science
10:38ou les logiciels
10:38coopératifs
10:39aux Etats-Unis
10:40qui fonctionnent très bien
10:41et qui font
10:41un bon parcours.
10:43Et puis,
10:44les premiers
10:44qui étaient
10:45véritablement sortis,
10:46c'était les logiciels
10:47de sécurité
10:48avec des noms
10:49comme Palo Alto
10:50comme Octa
10:51puisque cette intelligence
10:52artificielle,
10:53il faut lui donner
10:54des endroits
10:54où elle peut aller
10:55et des endroits
10:55où elle ne peut pas aller.
10:56Donc,
10:57on a besoin
10:57de gérer les accès
10:58comme vous,
10:59potentiellement,
11:00dans votre immeuble,
11:00vous avez un badge
11:01pour rentrer à tel endroit.
11:02Il va falloir
11:03qu'il y ait cet équivalent
11:04de badge
11:04pour pouvoir accéder
11:05à telle ou telle base
11:06de données
11:06et éviter
11:07que elle se trimballe
11:08toute seule.
11:10Atos,
11:10plus 9%
11:11à 25,38 euros.
11:13Peut-être là,
11:14pour le coup,
11:15un point décisif
11:16après des Capgemini,
11:17des SAP,
11:18vous l'avez dit,
11:18qui ont vraiment rassuré.
11:20SAP,
11:20c'était la semaine dernière
11:21d'ailleurs.
11:22Il y avait des raisons
11:23d'être enthousiastes.
11:24Bertrand Lamiel,
11:24Portes en part.
11:25Merci infiniment.