- il y a 1 heure
Le 7 juillet 2026 a marqué le lancement de la campagne présidentielle. Ce jour-là, Marine Le Pen a vu son horizon électoral se dégager, la justice ayant réduit sa peine d'inéligibilité. La favorite des sondages peut enfin se lancer dans la conquête de l'Elysée. Philippe, agent de sécurité à Hayange, est soulagé. Dans cette ville de Moselle naguère fief de la gauche, le RN suscite aujourd'hui un grand espoir.
A l'autre bout du pays, dans le Gard, les élus RN se mobilisent pour défendre les traditions taurines, ce qui leur vaut une certaine popularité. Dans cette région rurale, beaucoup de villages n'ont plus ni commerces, ni services publics. Julia, l'infirmière qui fait sa tournée quotidienne, est le dernier lien pour les personnes les plus isolées. Elle se bat aussi pour faire vivre une maison de santé dans la périphérie d'Uzès.
A Saumur, dans l'Ouest, Lionel, patron de PME, s'inquiète. Il sait que les affaires sont rarement bonnes en année présidentielle, beaucoup de commandes étant figées jusqu'au résultat. Sa priorité est donc de décrocher des contrats pour assurer la pérennité de son entreprise jusqu'en mai prochain.
A Alfortville, à l'heure de la rentrée scolaire "sans téléphone portable" pour les élèves, Françoise, enseignante de français, donne son premier cours aux secondes. Dans ce quartier très populaire de banlieue parisienne, elle met un point d'honneur à enseigner le latin et a choisi comme thème d'étude : "Vivre passionnément". Son seul regret, une classe de l'établissement a encore été fermée, comme l'an dernier.
A Lille, dans le Nord, Pierre, retraité de la SNCF, s'investit dans les Restos du coeur. Pour lui, comme pour les autres, la politique se vit au quotidien, loin des slogans et des intrigues de pouvoir. Cela ne l'empêche pas, comme Françoise, Julia, Lionel et Philippe, de suivre la campagne présidentielle et d'avoir, en tant que citoyen, son avis sur les candidats, sur leurs programmes et sur les débats qui agitent la société.
Année de Production :
A l'autre bout du pays, dans le Gard, les élus RN se mobilisent pour défendre les traditions taurines, ce qui leur vaut une certaine popularité. Dans cette région rurale, beaucoup de villages n'ont plus ni commerces, ni services publics. Julia, l'infirmière qui fait sa tournée quotidienne, est le dernier lien pour les personnes les plus isolées. Elle se bat aussi pour faire vivre une maison de santé dans la périphérie d'Uzès.
A Saumur, dans l'Ouest, Lionel, patron de PME, s'inquiète. Il sait que les affaires sont rarement bonnes en année présidentielle, beaucoup de commandes étant figées jusqu'au résultat. Sa priorité est donc de décrocher des contrats pour assurer la pérennité de son entreprise jusqu'en mai prochain.
A Alfortville, à l'heure de la rentrée scolaire "sans téléphone portable" pour les élèves, Françoise, enseignante de français, donne son premier cours aux secondes. Dans ce quartier très populaire de banlieue parisienne, elle met un point d'honneur à enseigner le latin et a choisi comme thème d'étude : "Vivre passionnément". Son seul regret, une classe de l'établissement a encore été fermée, comme l'an dernier.
A Lille, dans le Nord, Pierre, retraité de la SNCF, s'investit dans les Restos du coeur. Pour lui, comme pour les autres, la politique se vit au quotidien, loin des slogans et des intrigues de pouvoir. Cela ne l'empêche pas, comme Françoise, Julia, Lionel et Philippe, de suivre la campagne présidentielle et d'avoir, en tant que citoyen, son avis sur les candidats, sur leurs programmes et sur les débats qui agitent la société.
Année de Production :
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00:05Musique
00:15A la fête du Cochon de Hayange en Moselle, dans la région Grand Est,
00:20on déjeune au son de la fanfare.
00:23Et on renoue avec une vieille tradition des campagnes,
00:26le jambon rôti et le porcelet débité en tranches.
00:31Bon appétit, les sauces et les belles.
00:34C'est un peu les fêtes d'antan, on va dire,
00:38que j'ai pu connaître plus jeune, où mes parents y allaient.
00:41Tous les papys et mamies qui sont là, ils ont l'air hyper heureux.
00:44Ils retrouvent leur jeunesse, je pense.
00:47On y cultive la nostalgie de la France d'avant,
00:51celle du piquon bière et des copains de bistrot,
00:53quand les réseaux sociaux n'existaient pas.
00:57Hayange est dirigée par un maire Rassemblement National depuis 12 ans.
01:01Cette fête du Cochon était l'une de ses promesses de campagne.
01:04Ah, madame Rosselli, vous avez encore des nouvelles.
01:07Ce dimanche matin, à 7 mois du premier tour de la présidentielle,
01:11un journal titre Marine Le Pen, l'ultra-favorite.
01:15Ça fait plaisir de vous revoir.
01:17C'est gentil, moi aussi.
01:18Philippe Hattie-Déglas, sympathisant du Rassemblement National,
01:21est trop flatté de poser avec son député, Laurent Jacobelli,
01:25qui est aussi l'un des porte-paroles du RN.
01:28Merci, merci.
01:30On va le sauver, ce beau pays, vous allez voir.
01:33La campagne démarre, après un été de canicules et d'incendies
01:37sur fond de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient.
01:40Jamais scrutin n'a semblé aussi incertain,
01:43avec un remodelage complet du paysage politique.
01:49Pendant l'effervescence de la présidentielle,
01:52nous suivrons cinq citoyens dans leurs difficultés quotidiennes,
01:55que nous allons confronter au discours des candidats
01:59et au rebondissement de la campagne.
02:01Philippe, un ancien militaire devenu agent de sécurité.
02:05Julia, infirmière, visite chaque jour des dizaines de patients
02:09dans une zone rurale en manque de médecins.
02:12Lionel, chef d'entreprise, tente de faire face à la crise économique.
02:18Françoise, enseignante en banlieue parisienne,
02:21s'inquiète pour l'avenir de l'école publique.
02:23Et Pierre, un ancien cheminot, très engagé dans les restos du cœur.
02:29Ces cinq citoyens ne se connaissent pas.
02:31Ils n'ont pas les mêmes idées politiques.
02:33Mais partagent une certitude,
02:36l'issue de cette élection aura une incidence sur nos vies.
02:40Pour la première fois depuis la libération,
02:43les partis de gouvernement traditionnels pourraient perdre l'Elysée.
03:08Le début de la campagne va être marqué par un coup de théâtre.
03:12Deux mois avant la fête du cochon, au début de l'été,
03:15la victoire est loin d'être assurée pour Marine Le Pen.
03:18Elle n'est même pas sûre d'être candidate.
03:21Son avenir politique se joue au tribunal.
03:23À la une de ce mardi 7 juillet, le jour J, pour Marine Le Pen.
03:27Oui, dans quelques heures, elle saura si elle peut être candidate
03:30à l'élection présidentielle de 2027.
03:32La cour d'appel du tribunal de Paris rend son jugement
03:35dans l'affaire des assistants parlementaires,
03:38des eurodéputés et du Front National.
03:41Marine Le Pen a été condamnée à quatre ans d'emprisonnement,
03:45dont deux fermes et cinq ans d'inéligibilité.
03:49Si sa peine est confirmée en appel, un plan B est annoncé.
03:54Jordan Bardella, président du parti, la remplacera.
03:58À midi aujourd'hui, le RN sera fixé sur qui sera le candidat
04:02de l'extrême droite en France.
04:03Demain, la campagne démarre.
04:06Bardella ou Le Pen ? L'incertitude est totale.
04:10La journée sera riche en rebondissements.
04:13Nous allons la suivre entre Paris et Ayange.
04:22Au matin de ce 7 juillet, Philippe et son épouse Valérie
04:26attendent l'annonce de la décision de justice.
04:29Lui est agent de sécurité, elle vendeuse dans un magasin de bricolage.
04:36Vous préféreriez que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella à votre candidat ?
04:39Aucune préférence.
04:42Pour moi, ce sont les mêmes.
04:44Ils incarnent la même idée principale pour la France, pour le bien-être de la France.
04:49Donc les juges en décideront.
04:51Moi, je ne crois pas que ce soit possible de faire campagne avec un brasier électronique.
04:56Au même moment, à Paris, nous avons rendez-vous avec Johan Gillet,
05:00l'un des directeurs de campagne du Rassemblement national.
05:03Il dédramatise.
05:04Aujourd'hui, c'est une journée décisive pour le Rassemblement national.
05:07Normalement, vous allez savoir qui est votre candidat.
05:09C'est quoi l'état d'esprit ?
05:11Écoutez, on est serein, on était en réunion de groupe.
05:13On a traité les sujets parlementaires comme chaque semaine.
05:17Et là, écoutez, nous attendons tout simplement le résultat du tribunal cet après-midi.
05:21Merci beaucoup, à tout à l'heure.
05:24Bonne réunion.
05:25La suite du tournage est prévue dès que la justice sera prononcée.
05:29Mais rien ne va se passer comme prévu.
05:32À la mi-journée, la décision tombe.
05:35Pour Marine Le Pen, inéligibilité réduite à 15 mois.
05:39Un an de prison ferme, la détention pourra être remplacée par un bracelet électronique.
05:45Elle s'esquive sans faire aucun commentaire.
05:50Mais Marine Le Pen a toujours dit qu'elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique.
05:53Marine Le Pen prendra sa décision et vous la fera connaître.
05:58Pendant ce temps, à Hayange, Philippe rentre de son travail.
06:04Il n'a pas suivi les derniers événements de la journée.
06:07Salut, va !
06:09Ça va ?
06:09Et toi ?
06:10Ouais.
06:11Ça s'est bien passé ?
06:13Ouais, nickel, je sais pas.
06:14Et alors, que ça donne ?
06:16Bah, j'ai pas regardé, justement.
06:17Ah, ok.
06:18J'ai pas regardé.
06:19Ok.
06:20Bah, t'allumes la télé qu'on voit ?
06:23Yes.
06:28Philippe et Valérie essaient de comprendre les conséquences du jugement prononcé contre Marine Le Pen.
06:33Quasemois ferme.
06:36Donc, elle va en prison.
06:38Non, mais elle va en prison.
06:41Oh, j'y crois pas.
06:47L'avocat de Marine Le Pen se dit partiellement satisfait de la...
06:50Ah, sous-bracet électronique.
06:50Oui, oui, oui.
06:51Ça, j'ai entendu.
06:52Moi, j'avais compris qu'elle avait pris 15 mois ferme de prison.
06:55Oui, c'est comme ça qu'on peut comprendre, c'est vrai, moi aussi.
06:58Mais t'as vu en dessous ?
06:59Mais quand même.
07:00Urgent, l'avocat de Marine Le Pen se dit partiellement satisfait de la décision.
07:04Dans quel sens il est partiellement satisfait ?
07:06Je pense que toute la question est savoir si elle se présentera ou pas à la présidentielle.
07:12Oui, je pense pas.
07:12Elle l'avait dit.
07:13Son bracelet, elle se présentera pas.
07:15Votre réaction quand vous voyez que l'inigibilité est confirmée sur 15 mois ?
07:20Écoeurée.
07:22Écoeurée malgré la non-surprise.
07:24Oui, voilà.
07:25Mais pour vous, c'est une peine injuste ?
07:27Oui.
07:28Pour moi, oui.
07:30Il y en a d'autres qui ont fait la même...
07:32Je pense que dans le cadre de détournements d'argent, d'autres, comme dit Valérie, en ont fait au moins
07:43autant.
07:44Mais elle paye beaucoup plus. Marine paye beaucoup plus ce geste.
07:51Au QG parisien du Rassemblement national, Marine Le Pen s'est enfermée avec ses conseillers.
07:56Plus rien ne filtre.
07:57Alors, Johan Gillet, le directeur de campagne que nous devions pourtant filmer, ne veut plus nous voir.
08:04Consigne officielle au RN, personne ne doit s'exprimer avant Marine Le Pen, aux 20 heures de TF1.
08:12Et personne ne sait ce qu'elle va annoncer.
08:16Le coup de théâtre a lieu en direct.
08:20Je suis candidate à l'élection présidentielle.
08:23Et vous ne changerez pas d'avis ?
08:25Non, je ne changerai pas d'avis, non.
08:26Elle a l'air vidée quand même.
08:30Marine Le Pen se pourvoit en cassation pour suspendre sa peine d'emprisonnement.
08:38De savoir qu'elle se présente, qu'elle doit aller jusqu'au bout des choses pour prouver son innocence.
08:45Moi, ça me satisfait en espérant que ça fonctionne.
08:48Il n'y a plus de scénario où je ne pourrais pas me présenter en 2027, sinon, monsieur Goulot, je
08:53ne serais pas là.
08:55J'avais assombri le tableau parce que, par rapport à ce qu'elle avait annoncé vis-à-vis de son
08:59bracelet électronique,
09:00j'avais peut-être mal compris.
09:02Mais a priori, elle va se présenter malgré tout.
09:05Et comme elle l'a dit et répété, elle laisse les Français choisir.
09:11C'est quand même une bonne surprise.
09:13Oui, oui.
09:15Je suis content.
09:17On va boire un coup.
09:20Le lendemain, à Hayange, le journal local titre « Condamnée, Marine Le Pen éligible et candidate ».
09:28À l'hôtel de ville, Fabien Engelmann, le maire RN, est soulagé.
09:34Je suis très satisfait.
09:35Vous savez, j'ai adhéré à l'époque au FN, puisque c'était le FN à l'époque.
09:39J'ai adhéré pour Marine Le Pen.
09:41Et je suis très content qu'elle soit de nouveau notre candidate aux élections présidentielles.
09:46Avec ce ticket, je pense qu'il peut être gagnant, avec Jordan Mardella, Premier ministre.
09:51Et je pense que nous pouvons effectivement l'emporter avec une belle campagne,
09:57des meetings, des grandes réunions publiques, être sur le terrain,
10:00et avec un programme qui rassemble.
10:02Je crois qu'il faut rassembler les Français si on veut gagner au deuxième tour avec 50% plus une
10:09voix.
10:09Est-ce que rassembler, ça ne veut pas dire mettre de l'eau dans son vin et renoncer à certaines
10:12idées ?
10:14Tout dépend renoncer à quelles idées.
10:16Si on doit renoncer à notre politique pour réduire l'immigration incontrôlée, non.
10:24Je crois qu'on ne va pas revenir sur cet engagement.
10:28Mais oui, je pense qu'il y a des compromis à faire.
10:30La politique, c'est des compromis.
10:32Marine Le Pen le sait bien.
10:34Je ne suis pas triste.
10:35Commencez ma poule.
10:37La candidature de Marine Le Pen a remobilisé les militants.
10:41Philippe et Valérie reçoivent des voisins et des amis pour un café.
10:45Ça fait 40 ans, gauche, droite, droite, gauche, on a le ping-pong.
10:51Moi, je dis le Rassemblement national, il faut essayer ces gens-là.
10:56Et franchement, moi, je parle avec mon cœur, là.
10:58J'ai vraiment confiance.
11:00Et j'espère ne pas me tromper.
11:02Voilà.
11:03Maintenant, quand on discute avec les gens, moi, je le dis tout de suite,
11:05moi, je ne suis pas au Rassemblement national.
11:08Mais je n'ai rien contre leurs idées.
11:09Comme je dis, on est en démocratie.
11:11Ils s'expriment, je les écoute et après, moi, je décide pour qui je vote.
11:13C'est tout.
11:14Et les gens n'ont plus peur de dire maintenant, moi, je suis du Rassemblement national.
11:17Et pour moi, c'est un point positif parce que, comme je dis,
11:20à partir du moment où on ose dire, moi, je suis LFI,
11:22je ne vois pas pourquoi on ne dirait pas, je suis au Rassemblement national.
11:25Il faut...
11:26Et sans mettre les deux sur un pied d'égalité.
11:28Pas du tout.
11:29Pas du tout.
11:30Je pense que la France, à l'heure actuelle,
11:33le pronostic vital, il est entamé.
11:36Largement.
11:37Donc, maintenant, il faut que ça bouge.
11:39On a un espoir, c'est l'an prochain.
11:40Parce que si on ne fait rien...
11:43Puis alors, comme je disais à un monsieur tout à l'heure,
11:45le désarroi des Français.
11:47C'est...
11:48Avec...
11:49Hein ?
11:49On est d'accord ?
11:50Tu discutes avec n'importe qui, les gens en ont marre.
11:52Le pouvoir d'achat qui a complètement chuté.
11:56On ne parle même pas de la sécurité parce qu'alors là...
11:59Bonjour.
12:00Il faut arrêter la politique, et je ne suis pas raciste, attention, la politique migratoire.
12:05Parce que la France, ce n'est pas un guichet social.
12:08Et ce que j'aime beaucoup dans le Rassemblement national, et Marine Le Pen est pour, les référendums.
12:14Et ça, c'est formidable.
12:16Au moins, on a la parole.
12:17On peut s'exprimer.
12:18Et ça, c'est important.
12:21Cette montée du Rassemblement national à Hayange, vieille terre ouvrière, a été alimentée par la crise industrielle.
12:28Le haut fourneau, symbole de la prospérité d'autrefois.
12:32Depuis son arrêt par la multinationale ArcelorMittal, il rouille doucement, en attendant d'être définitivement démantelé.
12:40Pourtant, lors d'une campagne présidentielle précédente, un candidat était venu jusqu'ici, et il s'était engagé à maintenir
12:47l'activité s'il était élu.
12:50Ce qui compte, c'est de parler et de tenir parole, parce que c'est ça qui fera la différence
12:55au moment du choix, je l'espère, de l'élection présidentielle.
13:00Je ne dirais pas que la gauche a abandonné les ouvriers, elle les a trahis.
13:04C'est pire.
13:05Elle les a trahis, puisque François Hollande était venu à Florenges, alors les haut fourneaux sont sur Hayange.
13:11Il avait promis, si je suis élu, je sauverai votre outil de travail.
13:16Ça n'a pas été le cas.
13:18Donc dans ce cas-là, il ne faut pas faire des promesses qu'on n'arrive pas à tenir quelques
13:22mois plus tard.
13:23C'était François Hollande qui était venu à Hayange.
13:26Il avait promis, on ne toucherait pas la petite sidérurgie qui restait.
13:32Fermé, terminé.
13:33On a fermé la sidérurgie, mais on n'a rien mis d'autre.
13:37Parce qu'à Hayange, je me rappelle prendre le bus, aller au prisonnier qu'à Hayange, pour faire les courses
13:42avec ma mère de Famec, et puis ainsi de suite.
13:45Ben, Hayange, c'était là où... Moi, je ne connaissais même pas de Chonville.
13:48C'était à Hayange.
13:50Voilà, il y avait tout à Hayange.
13:52Les premières télés noir et blanc qu'on a eues, elles venaient de chez Sosy.
13:56Petit magasin d'Hayange.
13:57Quand on voit ça, ça fait mal au cœur, franchement.
14:00Et ça faisait travailler combien ? 20 000 personnes à l'époque, non ?
14:0440 000 ?
14:05Tu vois, je suis à côté, là.
14:06Et heureusement, ici, dans notre région, on a à côté, on est pour ou pas, mais enfin, le Luxembourg, où
14:13vous avez des générations de jeunes qui vont travailler, des familles entières qui travaillent au Luxembourg.
14:18Donc, ça a permis quand même de maintenir une économie...
14:22Oui, voilà.
14:24Le Luxembourg, à à peine 40 kilomètres de Hayange, c'est la terre promise des Lorrains frontaliers.
14:30Le SMIC y est le double dans France, 2700 euros.
14:34Les droits à la retraite, trois fois plus élevés.
14:37L'épouse de Philippe, Valérie, y travaille comme vendeuse depuis 20 ans.
14:41J'en arrive juste à me demander comment ils font, les gens qui travaillent en France.
14:46Mais comment ils font, quoi ?
14:47Je me souviens des 20 ans où j'ai travaillé en France, mais c'était tellement galère.
14:52Je faisais mes courses en me disant, bah, viande, faut pas que tu dépasses ça, nanana.
14:57Je faisais mes courses comme ça, quoi.
14:59Et maintenant, je me dis, mais comment ils font les gens qui travaillent en France et qui ont le SMIC
15:03?
15:03Comment ils font, quoi ?
15:04À 15 du mois, il n'y a plus d'argent.
15:06Je ne sais pas comment ils font.
15:07Ils survivent ?
15:07Oui.
15:11La peur du déclassement, les craintes et les angoisses sont palpables.
15:16Comment les candidats à la présidentielle vont-ils y répondre ?
15:20En zone rurale, la disparition des services publics et des commerces de proximité plombe le quotidien.
15:27Ces difficultés, Julia les constate tous les jours sur le terrain.
15:32Infirmière libérale, elle sillonne les environs d'UZES dans le Gard, 7 jours sur 7, pour ses patients.
15:38Elle ne sait pas encore pour qui elle va voter.
15:40Pour se décider, elle attend de voir ce que les candidats proposeront pour un secteur majeur, celui de la santé.
15:48L'épisode de canicule se poursuit demain mercredi et la nuit s'annonce difficile avant l'arrivée du soleil,
15:54des l'eau demain et des températures encore élevées dès votre réveil entre 18 et 27 degrés sur la moitié
16:00nord.
16:00Coucou ! Comment allez-vous ?
16:04Ça va ?
16:05On va prendre l'attention.
16:07Il fait frais chez vous.
16:10Oui ?
16:11Il fait frais.
16:11On n'a pas encore allumé la clim.
16:14Il n'y a pas la clim, là ?
16:16Non.
16:17Il fait super bon chez vous.
16:18Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? On met les bandes de contagion ou pas ?
16:22Non, on ne les met pas.
16:23Et nous ?
16:25La copie est plutôt bonne.
16:27Ça va.
16:27Qu'on appelle le médecin, il ne vient pas tout de suite.
16:30Il vient quand il peut.
16:33Voilà.
16:33Donc, même pas dans la journée.
16:34Des fois, c'est le lendemain.
16:36Donc, quand on a une infirmière qu'on peut contacter, on peut les appeler.
16:43Oui.
16:44Oui.
16:45On peut compter sur elle.
16:46Allez.
16:49C'est ça, c'est Déborah.
16:50Ciao, ciao.
16:51Merci beaucoup.
16:52Julia a monté son cabinet avec deux autres infirmières.
16:56Elle travaille à tour de rôle par période de dix jours, non-stop.
17:00Le job est bien payé, mais les journées sont denses.
17:04On commence à peu près vers 5h30.
17:08On commence très souvent par nos patients diabétiques,
17:12puisqu'on les voit trois fois dans la journée.
17:16Et c'est des lèvres tôt.
17:17Je fais à peu près une petite quarantaine à 50 passages par jour,
17:24jusqu'à à peu près 18h.
17:27Ça fait à peu près 100 km entre tous les allers-retours autour de notre cabinet.
17:35Les prix de l'essence et du diesel flambent à nouveau,
17:38conséquence du blocage du détroit d'Ormousse,
17:40en plein conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran.
17:47100 km par jour, le prix de l'essence représente un budget important pour l'infirmière.
17:52En ce début d'été, sa profession ne bénéficiait pas encore d'une aide gouvernementale pour les gros rouleurs.
17:59Mon budget essence, en travaillant dix jours, c'était à peu près 400 euros.
18:05Là, j'avais pris plus de 200, 250 euros quasiment, quand on était au plus fort du prix.
18:11On est sur la route tous les jours avec nos activités de libéral,
18:16donc oui, forcément, ça a un impact sur notre comptabilité.
18:25Au niveau du poids, on est à combien aujourd'hui ?
18:28On a 6,9 kg tout pile, elle a perdu un peu par rapport à hier.
18:31J'étais pas sûre du poids hier, donc...
18:34On avait 935.
18:36Ok, ouais.
18:376,9 kg.
18:38On a perdu 35 grammes.
18:40Ok.
18:40Pas trop chaud, toi ?
18:42Si.
18:43Et hier, elle a eu fait...
18:44Vous avez la clim ici ?
18:45Non, on a que les ventilos.
18:47Mais du coup, hier, je l'ai baigné dans...
18:49En plus des soins que Julia apporte à ses patients avec ses tournées quotidiennes,
18:53elle recrée aussi du lien.
18:55Là où on vient de passer, en dehors de leur mairie,
19:00des services de la poste,
19:02il n'y a pas d'installation de cabinet,
19:05il n'y a pas de restauration,
19:08il n'y a pas de boulangerie,
19:11en fait, il y a très peu de services de proximité.
19:14On est souvent confronté à être une des rares professions
19:18à oeuvrer sur la commune tous les jours, quoi.
19:24Julia assure aussi depuis un an des permanences de soins
19:27dans une maison de santé en périphérie du Zès.
19:31Sanilac Sagriès, 842 habitants,
19:34dispose désormais de 2 médecins et 5 infirmières.
19:38Et on vient de loin pour consulter.
19:40Vous avez fait un peu de route pour vous y voir ?
19:42Oui, super.
19:45En même temps, c'est vrai que de votre côté, il n'y a pas de médecin là-bas ?
19:47Non.
19:49À part peut-être aller sur Alès.
19:51Alès, c'est le désert médical, encore pire qu'ici, je crois.
19:53C'est vrai ?
19:53Ok.
19:54Je pense, oui.
19:55Pour ma fille, on a mis plus de 6 mois à trouver un médecin.
19:58Ah oui, quand même.
20:01Alors, mademoiselle !
20:01Cette maison de santé a été créée à l'initiative d'une femme médecin,
20:05le docteur Pantenne Chalot, originaire de la région.
20:10Salut, eh oui.
20:11Ça, c'est très important qu'on arrive à croiser nos regards dans le miroir.
20:15Et tu y arrives très bien.
20:17Et ça te fait même sourire.
20:19Et ça, c'est très chouette.
20:20Elle assure des consultations pédiatriques,
20:23gynécologiques et le suivi des grossesses.
20:26Comme toutes les maisons de santé,
20:28la sienne a connu un succès foudroyant.
20:31On a en permanence des demandes de nouveaux patients.
20:34Là, on a stoppé, parce qu'on a pris quand même 700, 800 patients
20:37depuis l'installation de la maison de santé,
20:38en plus de ma patientèle.
20:40Donc c'est beaucoup pour le coin, mais c'est pas suffisant.
20:44Mais elle est hospitalisée, là, depuis 3 semaines ?
20:47Oui, tout à fait.
20:48Deux semaines ?
20:48Deux semaines.
20:50Ok.
20:50Oui.
20:51Bon, à voir à la sortie.
20:52On fera une visite ensemble, à la limite, quand elle sort.
20:57Après sa longue journée de travail,
21:00Julia a un rituel, retrouver ses chevaux.
21:12C'est une façon aussi de décompresser.
21:15C'est un exutoire hyper sympa.
21:18Les situations un peu compliquées, en journée, au travail, au cabinet,
21:24du coup, le soir, en scellant nos chevaux, en allant balader,
21:28ça nous fait du bien.
21:33Julien est gardien.
21:35Elle surveille les troupeaux d'un ami éleveur.
21:37En semi-liberté, ces taureaux camarguais sont trop dangereux pour être approchés à pied.
21:43La plupart des gardiens sont bénévoles.
21:45On vit notre passion au travers de ces élevages.
21:50On vient avec nos propres chevaux, nos propres équipements, sur notre teinte de libre.
21:56Et on aide, en fait, l'éleveur, le manadier, à faire, en fait, on va dire, les activités propres à
22:04la manade.
22:06Ces taureaux ne sont pas destinés à la corrida.
22:09Tous les week-ends, ils participent à des courses traditionnelles très populaires dans les villages.
22:14Les gardiens encadrent les taureaux au galop pour les guider.
22:18Parfois, des spectateurs sont percutés par les bêtes.
22:22Et de temps en temps, des accidents sont mortels.
22:25L'assureur de Julia ne veut plus couvrir ce risque.
22:28Elle a été contrainte de résilier son contrat.
22:31On s'est retrouvés dans l'impasse, puisque nous, notre passion, c'est avant tout de monter dans les élevages,
22:38dans les manades.
22:39Et bien entendu, on ne peut pas le faire sans assurance.
22:44Les éleveurs professionnels sont confrontés au même problème.
22:48Renaud Vinuesa est un manadier important de la région.
22:51Il possède 200 taureaux et 70 chevaux Camargue.
22:55Il vit des spectacles de rue, organisés chaque week-end par les communes.
23:01Nous, on est très inquiets, parce qu'on est dans une situation où les assurances nous ont lâchés, nous, l
23:06'année dernière.
23:06Elles sont en train de lâcher les organisateurs aussi, les mairies, les clubs taureaux, les comités des fêtes.
23:13Et faire ce travail-là sans assurance, c'est juste pas possible.
23:18La défense des traditions locales, un cheval de bataille du Rassemblement national, qui a pris fête et cause pour les
23:25manadiers.
23:26On a beau tirer la sonnette d'alarme, alerter les ministres, essayer de sensibiliser les parlementaires qui ne sont pas
23:36de cette région-là et qui ignorent tout de nos traditions,
23:39eh bien, pour l'instant, le sujet peine à intéresser à l'Assemblée.
23:44Il y a presque deux Frances qui se regardent.
23:46Un peu la France des villes et la France des champs.
23:50Ici, on est dans la France des champs, la France millénaire.
23:55Ce discours peut-il se traduire en voix dans les urnes ?
23:59On ne fait pas de la politique.
24:01Chez nous, on dit que les taureaux sont noirs et les chevaux sont blancs et puis ça s'arrête là.
24:05Mais les seuls et ceux qui ont été les plus réactifs à nos problématiques, celles-là et d'autres,
24:12ce sont les élites du Rassemblement national.
24:14Donc forcément, il y a des conséquences derrière.
24:17Oui, bien sûr.
24:17On sait que ça peut avoir un impact politique, un impact électoral ?
24:21Oui, je pense que ça peut soulever des voix.
24:24Maintenant que ce parti-là s'empare de la totalité des voix qu'il y a au niveau régional,
24:32je ne pense pas à des gens qui vivent avec des instincts politiques et des convictions politiques propres.
24:38Que ce soit ce parti-là ou d'autres qui s'en emparent,
24:43le principal, c'est sauver nos traditions et surtout sauver nos élevages.
24:51Julia a trouvé un nouvel assureur, ce qui lui offre un sursis.
24:55Mais elle redoute une résiliation définitive.
24:58150 manadiers professionnels de la région sont menacés.
25:02En Petite-Camargue, Naguère, terre de gauche, le RN sans racine, élection après élection.
25:14La droite est aussi sous forte pression.
25:17Le pouvoir d'attraction de Marine Le Pen fragilise le parti Les Républicains.
25:23Dans cette campagne présidentielle, les questions économiques sont au cœur du débat.
25:29Dettes de la France, réforme des retraites, hausse des salaires.
25:32C'est même le sujet prioritaire pour les chefs d'entreprise.
25:39Je m'appelle Lionel Dujardin, je suis marié, trois enfants.
25:42J'ai créé mon entreprise, la première entreprise en 2005, c'était le 5 octobre.
25:46J'avais 24 ans.
25:47J'ai commencé dans un garage avec zéro client, une caisse à outils.
25:52Pas forcément l'envie d'avoir beaucoup de salariés.
25:54Et au fur et à mesure, avec la confiance des clients, on a continué à grandir.
25:58Sur le site ici, on a eu une petite trentaine de salariés.
26:01On peut cette partie-là, cette traverse-là.
26:03Par contre, ce que j'ai besoin, c'est vraiment que tu puisses bien avancer là-dessus.
26:06Parce que derrière, on a le délai vraiment pour le chantier.
26:09Lionel Dujardin a 45 ans.
26:11Parti de rien, il dirige trois sociétés, 32 salariés au total.
26:16Autour de 4 millions d'euros de chiffre d'affaires chaque année.
26:19Là, il va venir faire les trous ici.
26:20Il fabrique des structures en métal et en aluminium.
26:25Du sur-mesure pour les particuliers et les professionnels.
26:32Une très grande moitié ouest du pays est placée par Météo-France en vigilance rouge canicule,
26:37avec des températures attendues entre 32 et 43, voire 44 degrés localement.
26:42Vos conditions de travail, aujourd'hui, il fait un peu plus de 37 degrés.
26:45Oui, on a l'aménagement, on commence à 6h et on finit à 15h15.
26:49Avec une petite coupure après lundi pour se rafraîchir.
26:52Pour moi, on a tout ce qu'il faut pour se rafraîchir dans la journée.
26:55On est très bien.
26:56C'est compliqué quand même de travailler sur cette chaleur.
26:58Est-ce que c'est un sujet pour vous aussi, les conditions de travail dues à la canicule et au
27:05changement climatique ?
27:06Bien sûr.
27:07Bien sûr.
27:07Et aujourd'hui, on a des projets encore de faire des travaux dans l'atelier.
27:10Nous laisser un peu plus les moyens, ça serait déjà fait.
27:12On remettrait du confort, ça serait un peu plus isolé.
27:14On arriverait peut-être à climatiser les ateliers.
27:17C'est quelque chose qui me tient à cœur et que j'aimerais mettre en œuvre assez rapidement.
27:23Les affaires de la PME marchent plutôt bien.
27:25Mais la conjoncture internationale menace l'activité.
27:30Depuis 2020, on a quand même subi le Covid.
27:34On a subi après, en 2022, la guerre en Ukraine.
27:38On a subi aussi le blocage du canal de Suez, à un moment ou à un autre.
27:41On l'oublie vite, mais c'était quand même un problème de plus à gérer.
27:45Le conflit israélo-palestinien.
27:48Après, c'est l'Iran.
27:51À chaque fois, on ne peut pas s'adapter à un problème et à une crise.
27:54Dès qu'on commence un peu à s'habituer, il y a quelque chose qui arrive derrière.
27:57Moi, j'appelle ça subi.
28:02Lionel part inspecter l'un de ses plus gros chantiers,
28:05avec l'angoisse de ne pas décrocher de nouveaux clients dans les prochains mois.
28:10Quand on voit le nombre d'entreprises qui sont fragiles,
28:12le nombre d'entreprises qui mettent la clé sous la porte,
28:15dans une conjoncture instable,
28:16on se donne à fond pour ne pas que ça nous arrive à nous.
28:18Ça, c'est important.
28:20On a quand même des familles derrière à faire vivre.
28:23C'est beaucoup d'humains.
28:24À travers une entreprise,
28:26quand je vois les familles, on connaît les enfants de nos collaborateurs,
28:28on connaît leur épouse, leur époux.
28:30On a la chance de pouvoir faire des sorties à l'année,
28:33de se retrouver ensemble.
28:34On ne peut pas être insensible à ça.
28:36Donc, dans les moments les plus durs,
28:38on se donne tout le mal possible pour se dire
28:41tenir, c'est une chose, mais c'est surtout durer,
28:43parce qu'on va revivir des bonnes périodes.
28:45Mais en attendant, il faut tenir.
28:48Le seul mot que l'État peut avoir
28:49dès qu'il veut alléger quelque chose, c'est taxer.
28:51C'est toujours taxer, taxer, taxer.
28:53Donc, nous, c'est plus difficile aujourd'hui.
28:55La masse salariale, c'est un vrai sujet.
28:57Donc, je pense qu'on peut nous taxer,
28:59mais si on ne sait pas gérer, c'est gaspiller.
29:02Moi, de payer pour être défendu
29:03et payer pour être soigné, oui.
29:05Sauf que demain, dans quelques années,
29:07je ne sais même pas si je serai soigné
29:08et si ma famille sera en sécurité.
29:11Il est là le vrai problème, en fait.
29:19Ce chantier, l'extension du bâtiment
29:22des urgences de l'hôpital de Saumur
29:24est capital pour son entreprise.
29:27Lionel est aussi élu au conseil municipal
29:30de son village.
29:31Il s'investit dans l'action politique locale,
29:34mais il ne croit plus vraiment au parti
29:36ni aux idéologies.
29:37J'étais militant LR dans les années 2010-2012.
29:41J'ai arrêté ensuite.
29:43Pourquoi ?
29:45Parce que, quand on est chef d'entreprise
29:47avec une multitude aussi de salariés,
29:50il y a un moment, notre avis personnel
29:51ne doit pas influencer l'ensemble des personnes
29:53avec qui on travaille ou avec qui on échange.
29:56Et j'ai remarqué que, bien souvent,
29:57on peut avoir une même vision,
29:59mais sans être du même parti politique.
30:00Et je trouve qu'il faudrait
30:02une personne, je ne sais pas,
30:04qui serait capable de rassembler
30:05sans être d'une étiquette politique.
30:08Je trouve que ce serait le plus fort, en fait,
30:10où les gens pourraient se retrouver
30:11avec les problèmes d'immigration,
30:12les problèmes de revenus,
30:13les problèmes de sécurité,
30:14les problèmes de santé.
30:15Pour moi, il n'y a pas de gauche ou de droite
30:17sur ces éléments-là.
30:18C'est vers où on va,
30:19et avec qui, et comment.
30:2240 ans, 50 ans de politique,
30:24rien changé entre la gauche et la droite.
30:26Je pense qu'on a 40 ans, 50 ans de politique
30:28que les gens ne veulent plus
30:28et j'en fais partie, ça c'est sûr.
30:30Il y a une forme de déception ?
30:32Ah oui, bah oui, totalement.
30:34Les présidentielles vont arriver,
30:35souvent on dit que c'est des années de rien,
30:36les années présidentielles,
30:37donc il faut qu'on arrive à rentrer
30:38du carnet de commande,
30:39rentrer du travail pour nos collaborateurs
30:41et d'être plus sereins
30:44si on a du boulot jusqu'à juillet 2027.
30:47Lionel a suivi le rapprochement
30:49avant l'été du Rassemblement national
30:51avec les milieux économiques.
30:53Jordan Bardella voulait rassurer
30:55sur le futur programme du parti.
30:57Si le RN arrivait au pouvoir,
30:59quelle serait votre réaction ?
31:00Bah moi ça ne me dérangerait pas du tout
31:02parce que je fais partie des gens
31:04qui aiment notre drapeau,
31:06je fais partie des gens
31:06qui le défendent
31:08et je fais partie des gens
31:09et des entrepreneurs
31:10qui font l'économie du pays.
31:13Donc je ne suis pas inquiet moi
31:15que des gens comme ça
31:16pourraient arriver au pouvoir,
31:17peut-être bien au contraire.
31:20Marine Le Pen va-t-elle continuer
31:22à séduire une grande partie
31:23de l'opinion ?
31:26À l'autre bout du spectre politique,
31:28Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise
31:31attirent aussi de plus en plus de militants.
31:34À droite s'il vous plaît !
31:35Pour prendre l'ascendant sur la gauche,
31:38les Insoumis organisent une démonstration de force
31:41à la fin du mois d'août.
31:45Leurs universités d'été
31:47attirent une foule assez spectaculaire.
31:49C'est féminin ?
31:50Oui, c'est féminin, c'est tout féminin.
31:54Et derrière ?
31:54Et derrière, il y a le nom.
31:59Antoine Léaumant
32:00est l'un des stratèges de la campagne.
32:03Si vous avez chaud sur le site des amphithes
32:05et que vous pouvez protéger du soleil,
32:07vous avez en accès
32:08ces deux casquettes absolument incroyables.
32:10La première, c'est la casquette Tortue.
32:13La deuxième, c'est la casquette M27.
32:16Et vous vous dites, c'est quoi ce truc M27 ?
32:18Figurez-vous que M27, c'est Mélenchon 2027 évidemment,
32:21mais c'est aussi une nébuleuse qui se trouve.
32:25Contrairement aux apparences,
32:26Antoine Léaumant n'est pas influenceur,
32:28mais député
32:29et surtout conseiller digital de Jean-Luc Mélenchon
32:32avec qui il anime des forums sur la plateforme Twitch.
32:36Comment on gère concrètement
32:37de faire du protectionnisme avec les traités européens
32:40et dans le cadre de l'Europe
32:41de libre circulation de marchandises ?
32:42Voilà.
32:43Je demande Zéla Dotex.
32:44Non, mais vous avez donc parfaitement raison
32:46de poser cette question.
32:48Les médias digitaux,
32:49une manière efficace d'aller chercher de nouveaux électeurs,
32:52les moins de 30 ans et pas seulement.
32:58Est-ce qu'aujourd'hui, les réseaux sociaux,
33:00c'est plus important que les médias traditionnels
33:01pour faire campagne ?
33:02À mon avis, si vous faites le tour des universités d'été
33:05et que vous demandez aux gens
33:07s'ils suivent les réseaux sociaux
33:08et s'ils suivent des députés
33:09ou Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux,
33:11je pense qu'il n'y a pas une personne
33:12qui va vous dire non.
33:13Je pense que tout le monde,
33:14100% des gens,
33:15regarde des choses sur les réseaux sociaux
33:17de la France insoumise.
33:18Et je vais même aller plus loin,
33:19je pense qu'ils ne seraient pas là
33:19si jamais il n'y avait pas les réseaux sociaux.
33:21Les questions de l'avenir, de l'écologie,
33:24de la démocratie et de comment on apprend
33:28des erreurs du passé,
33:30des questions des luttes sociales, antiracistes,
33:33elles sont présentes dans le programme
33:35de la France insoumise.
33:37Et pour moi, elles sont partagées par...
33:40C'est des préoccupations partagées par la jeunesse.
33:42Et vous pensez que Jean-Luc Mélenchon
33:43peut gagner cette présidentielle ?
33:45Ah oui, il doit.
33:46Il doit ?
33:47C'est une question de doule-morte,
33:49sinon après on vend tout,
33:49on parle étranger.
33:51On demande la nationalité espagnole.
33:53L'élection de Marine Le Pen
33:55à la prochaine présidentielle,
33:56est-ce que c'est quelque chose
33:56qui vous fait peur ?
33:59Oui, je ne peux pas dire
34:00que ça ne fait pas peur.
34:03C'est bien pour ça que...
34:05Pour ne pas rester simplement
34:06dans la sidération de on attend,
34:08on voit ce qui se passe,
34:09on décide de se réunir.
34:12Chaque année aux universités d'été,
34:14Antoine Léoman fait un discours
34:16sur la déclaration des droits de l'homme.
34:18Cette année, c'est un peu différent.
34:20C'est une année d'élections présidentielles.
34:23Donc on ne va pas seulement parler
34:24des droits qu'on a,
34:25on va parler des droits qu'on va gagner.
34:29Nous allons rétablir la retraite à 60 ans.
34:34Et chez nous, c'est clair, c'est carré.
34:3660 ans !
34:38Et nous allons aussi faire
34:41la sixième semaine de congés payés.
34:46Vive la révolution !
34:48Vive la République !
34:50Et vive la Nouvelle-France !
34:58Les militants défient le Rassemblement national
35:01en reprenant même un vieux slogan d'extrême droite.
35:04HLM !
35:04HLM !
35:07HLM !
35:08Ça les agace !
35:09Ça les agace quand on les a !
35:11La garçon !
35:13En août,
35:15Jean-Luc Mélenchon est à 15% selon les sondages.
35:18Pas assez pour accéder au second tour.
35:21Mais bien plus que lors de ses trois candidatures précédentes,
35:24à même époque.
35:26En fait, je t'explique.
35:28Oh, waouh !
35:28Incroyable !
35:29On lance un jeu de cartes...
35:31Trop stylé, j'adore !
35:32Pour la Nouvelle-France,
35:33c'est la Nouvelle-France,
35:35le jeu de cartes à collectionner.
35:36Combien coûte une carte ?
35:37On fera au maximum le plus accessible.
35:40Et puis surtout, tous les bénéfices,
35:42s'il y en a, partiront dans la campagne de Mélenchon.
35:46Sur scène, les militants défilent.
35:48L'un d'eux retient notre attention.
35:50Un syndicaliste qui dénonce l'abandon de la sidérurgie en France
35:54et met en cause ArcelorMittal.
35:56En 2006, il y avait 30 000 salariés dans le groupe.
36:00Aujourd'hui, on est 15 000.
36:01Ils ont déjà réduit de moitié les effectifs
36:04par des licenciements,
36:06par des plans sociaux,
36:07par des restructurations.
36:08Figurez-vous qu'il y a 15 jours,
36:09j'étais à Ayange
36:11et qu'aujourd'hui, à Ayange,
36:13ça vote à 72% pour le Rassemblement National.
36:15Angel Manuel, tout à fait.
36:17Comment vous réagissez quand vous voyez
36:18que l'abandon de la sidérurgie
36:20finalement fait basculer toute la population
36:22au Rassemblement National ?
36:23Oui, alors, c'est pas que l'abandon de la sidérurgie,
36:26c'est l'abandon des industries sur les territoires.
36:29Donc, on le constate aujourd'hui,
36:32quand les salariés n'ont pas de perspective,
36:34leur vote, il va vers l'extrême droite.
36:36Alors, en sachant que l'extrême droite
36:38n'est pas du tout du côté du travailleur,
36:39c'est un parti capitaliste.
36:42Alors que nous sommes en plein tournage,
36:45le service de presse de la France Insoumise
36:46nous alerte.
36:48Jean-Luc Mélenchon va sortir.
36:50Le leader insoumis apparaît.
36:53A sa gauche, pour l'image,
36:55l'écologiste Cyril Châtelain.
36:58C'est une personnalité importante.
37:00Elle préside le groupe des 38 élus verts
37:03à l'Assemblée Nationale.
37:04Pas d'interview autorisée,
37:06l'image est formatée pour les chaînes d'info.
37:09Et ça marche.
37:11Jean-Luc Mélenchon se pose
37:13en rassembleur de la gauche
37:15et il enfonce le clou en consacrant
37:17la majeure partie de son discours
37:19à l'écologie.
37:21Avec Jean-Luc Mélenchon !
37:25La France des éco-régions
37:29sera découpée à partir des bassins versant
37:32des cours d'eau.
37:33Pourquoi l'eau ?
37:34Parce que c'est la matière première
37:36de tout le vivant.
37:37Notre victoire ne sera pas seulement
37:40une victoire politique,
37:43mais un jour nouveau sur le monde
37:45qui est attendu de la France.
37:48Après cette démonstration de force,
37:50Jean-Luc Mélenchon gagne 3 points
37:51dans les sondages.
37:52Il est désormais à 18%
37:54en position de se qualifier
37:56au second tour
37:57contre Marine Le Pen.
37:59À Blois, la rentrée des socialistes
38:01a déjà un goût de présidentiel.
38:02Réunis pour leurs universités d'été,
38:04les militants PS se préparent
38:06à la primaire du mois d'octobre.
38:07Des militants, peu nombreux
38:09pour ce tour de chauffe présidentiel,
38:11mais beaucoup de médias.
38:12Les 4 candidats déclarés
38:14à la primaire socialiste
38:15défilent devant les caméras.
38:17Monsieur Glucksmann ?
38:18Monsieur Glucksmann ?
38:19Paris-Fille ?
38:20Monsieur Glucksmann ?
38:22On a devant nous une mission.
38:25Et cette mission,
38:26on va la remplir.
38:28Cette mission,
38:28c'est de montrer
38:29aux Françaises et aux Français
38:30qu'on n'est pas condamnés
38:31à la victoire de l'extrême droite.
38:33Moi, je veux incarner
38:34cette gauche républicaine
38:36digne, crédible.
38:39Quand soudain,
38:41la forêt de micro s'agite.
38:43Ségolène Royal est de retour,
38:4520 ans après son échec
38:46à la présidentielle de 2007
38:48contre Nicolas Sarkozy.
38:51Pour s'imposer à gauche,
38:53le PS courtise aussi les verts.
38:56Olivier Faure s'affiche à son tour
38:58aux côtés de la députée écologiste
39:00Cyrielle Châtelain,
39:01mise en scène
39:02qui en rappelle une autre
39:03une semaine plus tôt.
39:05Chez les socialistes,
39:06le pouvoir d'attraction
39:08de Jean-Luc Mélenchon,
39:09c'est la question qui gêne.
39:11Et si à la veille du premier tour,
39:13Jean-Luc Mélenchon est devant,
39:14est-ce que vous vous ralliez à lui
39:15pour se faire réunir la gauche ?
39:16Je donne ma langue au chat.
39:18Je préfère quand même
39:19qu'il ait un candidat socialiste.
39:21Quand même,
39:22même si c'est Mélenchon,
39:24on fera avec.
39:25Je pense que là-dessus,
39:26c'est trop tôt pour se prononcer
39:28complètement.
39:29Et pour l'instant,
39:30on est au Parti socialiste
39:32et on va se battre
39:33pour ce qu'on croit être juste
39:35et pour un rassemblement
39:36de la gauche.
39:37Et donc, voilà.
39:39À quelques rues de là,
39:41visite surprise de François Hollande.
39:43Il boycotte les universités d'été
39:46et la primaire de son parti.
39:49Officiellement,
39:50il rend simplement visite au maire.
39:54Mais personne n'est dupe.
39:57Où est ma place ?
39:59À votre avis.
40:00Peut-être à l'Elysée ?
40:02Est-ce que vous espérez le crash
40:04de celui qui gagnera
40:06comme certains
40:06qui disent que vous espérez
40:07le crash pour pouvoir
40:08vous vous présenter ?
40:09Mais non,
40:09on n'espère jamais
40:11quelque catastrophe que ce soit.
40:12Donc non.
40:13Nous en profitons
40:14pour l'interroger
40:15sur sa promesse de 2012.
40:17Dans votre campagne de 2012,
40:18vous avez fait des promesses
40:19aux sociétés rougistes
40:20et vous en veulent encore
40:21parce qu'ils décident
40:21que vous ne vous avez pas tenus.
40:23Je l'ai tenu
40:23parce que c'était pour
40:27le four,
40:28je ne voulais pas reprendre,
40:29mais c'était
40:29qu'il n'y aurait aucun licenciement
40:30et qu'il n'y aurait aucun plan social.
40:33C'est ce qui a été le cas.
40:34Vous considérez
40:34que vous avez tenus vos promesses ?
40:35Là-dessus, oui.
40:37Et effectivement,
40:38il n'y a pas eu de plan social.
40:40Les ouvriers ont été reclassés.
40:42Mais le site a ensuite été fermé.
40:44C'est ce que les salariés
40:45lui reprochent encore aujourd'hui.
40:57Olivier Faure,
40:58le premier secrétaire du PS,
41:00annonce à son tour
41:01sa candidature à la présidentielle.
41:05Le parti socialiste,
41:07qui a fait moins de 2%
41:08au scrutin de 2022,
41:10a désormais 5 têtes d'affiches
41:13pour sa primaire.
41:14Au total,
41:15tous partis confondus,
41:16ils sont une trentaine
41:17à briguer la fonction suprême.
41:20Une fragmentation inédite
41:22à 8 mois du scrutin.
41:24Ça fait toujours mal de le dire,
41:26mais ça y est,
41:27finis les vacances.
41:28C'est l'heure de la rentrée.
41:29Pour 11 600 000 élèves de France,
41:31des écoliers,
41:32des collégiens
41:32et des lycéens
41:33qui retournent en classe,
41:34une nouveauté,
41:35l'interdiction du portable au lycée.
41:37Bonne rentrée.
41:41Françoise Cahen
41:42enseigne le français
41:43au lycée Maximilien Perret
41:45d'Alfortville
41:46dans le Val-de-Marne.
41:481300 élèves
41:49dans un quartier populaire
41:51de banlieue parisienne.
41:53Il y a toujours le trac,
41:55on fait quelques cauchemars.
41:58Par exemple,
41:59cette année,
42:00j'ai rêvé que je faisais
42:01ma rentrée à Taïwan.
42:02C'est quand même original.
42:05Donc on a beau avoir
42:06une trentaine d'années
42:08d'enseignement,
42:09on fait toujours
42:09des petits cauchemars
42:11la veille de la rentrée.
42:13Tout premier cours
42:14avec les secondes six.
42:17Bonjour,
42:18vous pouvez vous installer.
42:21C'est ma 29e rentrée.
42:24Je suis là
42:24depuis la construction du lycée.
42:27Donc vous voyez,
42:28c'est un lycée
42:29où il fait vivre
42:32puisque j'y suis
42:33depuis aussi longtemps.
42:35Pour les téléphones,
42:36vous remarquez qu'ici,
42:38j'ai une petite boîte.
42:41Voilà,
42:42une petite boîte à portables.
42:44Alors,
42:45il n'est pas question,
42:46dans un premier temps,
42:48si vous vous comportez bien,
42:50je ne compte pas
42:51vous faire mettre
42:53à chaque cours
42:54vos portables ici.
42:55Elle me sert
42:56si je vois un téléphone
42:57sorti alors qu'il était interdit.
43:00L'école est au cœur
43:02de nombreux programmes présidentiels.
43:04Plusieurs candidats
43:05promettent d'augmenter
43:06les salaires des profs.
43:07Mais pour l'instant,
43:09Françoise constate surtout
43:10qu'une classe
43:11a encore fermé
43:12dans son lycée public.
43:14Une chose qui m'a attristée
43:18en cette rentrée,
43:19c'est dans mon établissement,
43:22voir la section générale
43:23se réduire
43:25alors qu'à côté,
43:28dans des établissements
43:29qui ont des profils
43:30plus bourgeois,
43:31les établissements
43:32ont des classes en plus.
43:33C'est quelque chose
43:35de politique
43:35qui se joue aussi.
43:37On va fragiliser
43:38certains établissements
43:40plus populaires
43:40au profit d'autres
43:42qui ont déjà des privilèges.
43:44Pour lutter
43:45contre les inégalités sociales,
43:47Françoise met un point d'honneur
43:49à continuer
43:50à enseigner le latin.
43:51Elle regrette
43:52que son métier
43:53ne fasse plus rêver.
43:54Je viens d'une famille
43:55où personne n'avait le bac
43:57et quand j'ai commencé
43:59d'enseigner,
43:59je n'en revenais pas
44:00d'être prof.
44:02Et maintenant,
44:04c'est vrai que je vois
44:05des jeunes
44:06qui,
44:08quand on leur présente
44:09le métier de prof,
44:11se disent
44:11« je ne vais quand même
44:12pas faire seulement prof. »
44:15Et ça,
44:16c'est vrai que ça me fait
44:17un petit pincement au cœur.
44:20Françoise Cahen
44:21prépare avec ses élèves
44:22un concours d'éloquence
44:23et un atelier théâtre
44:25sur la citoyenneté.
44:27Cette année,
44:28elle a choisi
44:28comme thème d'études
44:29« vivre passionnément ».
44:31Tout un programme.
44:35Après la rentrée des classes,
44:36rentrée politique.
44:38Cette année,
44:38elle se déroule
44:39dans le Nord.
44:44Bonjour Christian,
44:45ça va ?
44:47Bonjour.
44:48C'est aussi
44:49une rentrée difficile
44:50pour les restos du cœur.
44:52Pierre,
44:53retraité de la SNCF,
44:55y est bénévole
44:56depuis 19 ans.
44:57Il gère
44:58tous les approvisionnements
44:59pour les repas.
45:01Pourquoi vous vous êtes proposé
45:03au Réseau du cœur ?
45:03C'était important pour vous ?
45:04Parce que je trouve
45:05que déjà,
45:06ça crée du lien social.
45:07On voit
45:09d'autres personnes.
45:10Et puis,
45:11c'est toujours intéressant
45:12de voir différentes cultures
45:13et différents métiers.
45:15Parce que,
45:16outre le fait
45:17de voir des bénéficiaires,
45:18on rencontre aussi
45:19des bénévoles
45:20de différents métiers.
45:22et ça,
45:22c'est très riche.
45:23Alors aujourd'hui,
45:25Marie-Josée est aux patates ?
45:26Une centaine de bénévoles
45:27se relaient ici
45:28toute la semaine.
45:29Ils aident 600 familles,
45:31ce qui représente
45:32un total de 1500 personnes.
45:34Dans le département du Nord,
45:36les besoins sont énormes.
45:38Il y a 85 centres
45:39comme celui-ci.
45:41Plus de 100 000 personnes aidées.
45:48Les deux tiers des produits distribués
45:50sont achetés à des grossistes.
45:52Seul un petit tiers
45:53provient des dons
45:54des particuliers.
45:55Les moyens de l'association
45:57sont en baisse.
45:59savoir qu'aujourd'hui,
46:00on donne pour une personne seule
46:02sept repas,
46:03sept portions,
46:05et on va sûrement descendre
46:07à cinq
46:07pour nous permettre
46:08de tenir toute la saison
46:10de campagne d'hiver.
46:12À partir du moment
46:13où on distribue moins,
46:15il y a des moments
46:16où on se pose des questions.
46:17Que va-t-on donner ?
46:18Que va-t-on avoir à donner ?
46:21Vous êtes étudiant encore ?
46:24Non ?
46:25Oui.
46:26Pour vous,
46:26c'est une manière aussi
46:27de s'engager autre part
46:29que la politique,
46:30l'associatif ?
46:30Tout à fait.
46:31Tout à fait.
46:33Jamais, moi,
46:33j'avais envie de faire le politique
46:35alors que du bénévolat, oui.
46:44Ce week-end-là
46:46se tient la braderie de Lille.
46:48Deux millions et demi
46:49de visiteurs.
46:505 000 exposants.
46:51C'est l'un des plus gros
46:52événements populaires de France.
47:02J'aime bien tout ce qui est ancien
47:04ou des trucs à retaper,
47:06à rénover,
47:06tout ça,
47:07ça m'intéresse assez.
47:09Bon, là,
47:09ce sont des véhicules
47:12ferroviaires en modélisme,
47:13mais ils sont très abîmés.
47:16Sur la braderie,
47:17les militants de tous bords
47:19montent des stands
47:20chaque année,
47:21ce qu'on appelle
47:21la rue politique.
47:23Tous les partis y sont représentés,
47:25sauf un,
47:25le RN,
47:26qui fait profil bas
47:27dans cette ville de gauche.
47:29Je vais voter parce que je n'ai jamais loupé une élection,
47:32quelle qu'elle soit,
47:33parce que je pense qu'il y a des gens qui se sont battus pour,
47:37et il est normal,
47:38on a un autre mot à dire,
47:40c'est le seul moyen que l'on a
47:43pour dire ce qu'on pense
47:44et mettre le bulletin dans l'urne.
47:46Plusieurs candidats à la présidentielle
47:48viennent déambuler dans la rue politique
47:50et commenter les premiers faux pas
47:52du Rassemblement national.
47:54On a vu Louis Alliot,
47:55qui est un des principaux émissaires de Marine Le Pen,
47:58annoncer que si le Rassemblement national l'emporte,
48:00la France arrêtera d'aider l'Ukraine.
48:03Le Rassemblement national montre son vrai visage.
48:06C'est-à-dire que pour eux,
48:07une possible victoire de Poutine en Ukraine
48:10n'est pas un problème,
48:11c'est même plutôt ce qu'ils recherchent,
48:12c'est leur alliance naturelle en réalité dans ce conflit.
48:18Jean-Luc Mélenchon a carrément organisé un meeting.
48:22Une autre proposition controversée de Marine Le Pen
48:24fait réagir l'interdiction du voile
48:27dans l'espace public.
48:30Moi, ça me choque,
48:31mais je pense que cette loi
48:32ne pourra pas rentrer en vigueur,
48:34comme elle l'a dit,
48:35parce qu'un bêtement ne peut pas prendre une amende.
48:37Moi, je ne m'inquiète pas,
48:38je ne m'inquiète pas parce que je sais que dans tous les cas,
48:41ce ne sera pas possible,
48:42ce sera inapplicable
48:43et que dans tous les cas,
48:44il y aura forcément d'autres personnes
48:45qui vont venir,
48:46qui vont nous soutenir
48:47et qu'on ne sera pas seuls.
48:53Une semaine plus tard,
48:55nouvelle braderie, plus petite.
48:57Et Nain Beaumont est le fief électoral de Marine Le Pen.
49:00Chaque année, elle y fait une apparition.
49:04Marine Le Pen doit faire une déambulation aujourd'hui,
49:06vous êtes au courant ?
49:06Oui, oui.
49:07Et vous l'attendez ?
49:08Oui, toujours.
49:10Alors, a priori, à cause de la pluie,
49:11elle a annulé ?
49:12Ah, j'étais pas au courant, ça.
49:16Déçu ?
49:17Quand même, mais bon,
49:18après, on la verra plus tard.
49:23Pour voir Marine Le Pen,
49:24il faut se rendre à son meeting de rentrée
49:26dans la salle polyvalente.
49:282 000 militants,
49:30ambiance surchauffée.
49:36Paris, Marie, Marie, Marie, Marie, Marie.
49:42À l'automne 2026,
49:44Marine Le Pen est encore la grande favorite des sondages.
49:49Mais les 5 citoyens que nous suivons depuis le début de l'été ne croient toujours pas en sa victoire.
49:55On est à 6 mois d'élection présidentielle. Selon vous, qui va gagner l'élection ?
49:58Edouard Philippe.
49:59Je dirais le Parti des Républicains.
50:03J'en ai aucune idée.
50:04Quand je vois le nombre de candidats qu'il y a, c'est impossible.
50:08Je ne le ferai pas. Je n'ai pas de pronostic.
50:11Je suis incapable de le prévoir.
50:15Les prochaines semaines s'annoncent indécises, surtout pour la droite et le centre.
50:20Qui va s'imposer ? Edouard Philippe, Gabriel Attal ou Bruno Rotaillot ?
50:24Ils sont 3 pour un seul fauteuil.
50:27Pour les citoyens, les préoccupations sont tout autres.
50:30Julia, l'infirmière, doit épauler son mari qui monte un élevage de vaches au braque.
50:36Françoise participe au mouvement lycéen qui bouscule la campagne électorale.
50:42Lionel cherche de nouveaux marchés et organise le déménagement de ces 3 sociétés.
50:48Pierre se bat avec son équipe pour assurer les stocks des Restos du Coeur avant l'hiver.
50:55Et Philippe, comment va-t-il réagir aux graves accusations sur le passé de Jordan Bardella ?
51:02Personne n'imagine alors que plusieurs villes en France vont être en proie à des émeutes,
51:06en marge des cortèges de lycéens qui défilent pour demander des moyens,
51:10et de gilets jaunes qui manifestent contre la vie chère.
51:13Commerce pillé, bâtiment public, symbole de l'Etat attaqué,
51:17comment ces événements vont-ils peser sur la suite du scrutin ?
51:21La campagne présidentielle est lancée avec ses protagonistes et ses intrigues,
51:26une élection historique pour notre pays.
51:28libertine et scientifique pour notre pays,