00:00Il ne serait d'ailleurs pas anormal si l'on demande à un simple manifestant de payer pour l'abribus
00:05qu'il n'a pas cassé,
00:06d'exiger du petit Mozart de la finance qu'il rembourse les 1 000 milliards de dettes qu'il va
00:11nous laisser en partant
00:12et qui ont notamment été constituées de cadeaux fiscaux à ses 1 000 milliardaires.
00:18Résumons donc. En Macronie, quand on manifeste, cela ne change rien.
00:23Quand on pétitionne, cela ne change rien.
00:26Quand on vote, il ne se passe rien.
00:28La Macronie est comme une tâche.
00:31Plus on frotte pour qu'elle s'en aille, plus elle s'étale.
00:41Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, mes chers collègues,
00:45il flotte dans notre hémicycle comme un goût de déjà-vu
00:51qui n'est pas sans rappeler le règne de Nicolas Sarkozy.
00:54A chaque événement, le Parlement a été convoqué sous la pression de l'actualité
00:59pour voter un texte de circonstances souvent mal ficelé juridiquement.
01:05Vous reprenez cette recette avec la loi Casseur-Payeur,
01:08conçue à la fin mai dans la foulée de la victoire du PSG
01:11et inscrite à l'ordre du jour pour détourner l'attention de vos responsabilités
01:16dans un moment où la mobilisation lycéenne bat son plein.
01:20Légiférer sous le coup de l'émotion conduit toujours au même résultat,
01:26une dérive liberticide qui ne règle aucun problème de fond.
01:30Ce texte n'est qu'une résurgence de la loi Marcelin-Pleven de 1970
01:35qui prévoyait une responsabilité collective pour l'ensemble des personnes manifestantes
01:41avant d'être heureusement abrogées lors de l'accession de la gauche au pouvoir en 1981.
01:47Et surtout, où est la nécessité à faire passer ce texte ?
01:52Depuis la loi Rotaillot de 2019,
01:55l'Etat dispose déjà d'une action récursoire
01:59contre les auteurs des faits dommageables lors des manifestations.
02:02Alors quoi ?
02:04Avez-vous l'impression que la réponse policière et pénale n'a pas été assez ferme
02:09alors que nous traversons l'un des moments les plus répressifs de la Ve République ?
02:14En compte par dizaines des jeunes mutilés,
02:17par milliers les personnes arrêtées
02:18et par centaines les peines d'emprisonnement,
02:21notamment pour des personnes qui n'avaient jamais eu un casier judiciaire.
02:26De quoi avez-vous encore besoin pour réprimer la population ?
02:30Monsieur le ministre,
02:32Pendant que vous vous enfermez dans une réponse sécuritaire et liberticide,
02:38l'urgence est à répondre à la colère populaire et aux revendications sociales.
02:43Mais sur ce point, vous n'avez aucune solution à apporter.
02:48Dans un système démocratique,
02:50il existe différentes droits pour exprimer son désaccord,
02:53comme autant de moyens indispensables pour surmonter et résoudre les difficultés.
02:58Le problème, c'est que vous les avez toutes manipulées,
03:02maltraitées ou piétinées,
03:03comme d'ailleurs tous les corps intermédiaires de ce pays.
03:06Le problème, c'est que depuis dix ans,
03:09le macronisme glisse vers l'autoritarisme et l'illibéralisme.
03:13Quand on manifeste, comme l'ordre des mobilisations des Gilets jaunes contre la réforme des retraites pour le climat,
03:19les agriculteurs, les seules réponses sont soit la répression sanglante
03:23ou l'organisation de concertation factice destinée à enterrer toute revendication sociale.
03:30Quand on pétitionne, comme pour les deux millions de personnes contre la loi du plomb,
03:36c'est le mépris à l'Assemblée et le passage en force au Sénat.
03:39Et le pire, c'est qu'avec vous, les promesses n'engagent même pas ceux qui les croient.
03:45Car lorsque le peuple souverain se rend aux urnes,
03:49comme en 2024, voulu par le seul président de la République,
03:52vous perdez les élections et vous restez en place et vous poursuivez la même politique.
04:00Et comme vous n'avez honte de rien, vous inventez même le principe de l'arc républicain
04:05pour mieux banaliser l'extrême droite et exclure la gauche
04:09qui a pourtant voté pour Emmanuel Macron dans l'unique objectif de faire barrage à la peste brune.
04:15Et comme vous osez tout, vous nous appelez à sauver les institutions
04:19en votant une nouvelle purge austéritaire de 53 milliards d'euros.
04:24Un comble.
04:26Résumons donc.
04:27En Macronie, quand on manifeste, cela ne change rien.
04:31Quand on pétitionne, cela ne change rien.
04:34Quand on vote, il ne se passe rien.
04:37La Macronie est comme une tâche.
04:39Plus on frotte pour qu'elle s'en aille, plus elle s'étale.
04:43Monsieur le ministre, l'un des principes républicains,
04:47premier, c'est que lorsqu'on perd les élections, on s'en va.
04:52Sinon, on bascule dans un autre système,
04:55mais cela ne s'appelle ni plus la République, ni la démocratie.
04:59Pour notre part, je le redis,
05:01nous ne partageons ni la casse, ni les vols,
05:05qui permettent surtout à votre gouvernement
05:07d'appeler au retour à l'ordre et à la sécurité,
05:11comme le chantait Renaud déjà dans Hexagone.
05:14Mais il n'y a qu'un véritable responsable à ce chaos.
05:18Votre gouvernement, qui provoque et nourrit la colère,
05:22et nous appelle ensuite à condamner un jour LFI
05:25et Jean-Luc Mélenchon,
05:26le lendemain l'ultra-gauche
05:28et le surlendemain l'extrême-gauche.
05:31Mais plus personne ne vous croit
05:33dans votre récit alternatif.
05:35Pendant ce temps, vous enterrez les revendications
05:38des lycéens et des lycéens
05:39qui demandent des conditions d'instruction décentes,
05:42un prof devant chaque classe
05:43et la brogation de parcours sup.
05:45Et surtout, un nouveau modèle de société
05:47où ils ne seront ni de la chair à patron,
05:50ni de la chair à canon.
05:52Vous procédez avec eux de la même manière
05:54qu'avec les millions de salariés
05:56qui se mobilisent pour vivre dignement
05:59du fruit de leur travail
06:00et pour pouvoir d'ailleurs s'y rendre
06:02sans avoir à payer le prix des dividendes.
06:05des actionnaires de Total Énergie.
06:07Monsieur le ministre,
06:10ce texte vous permet surtout
06:12de masquer vos errements
06:13et votre défaillance
06:15dans la stratégie du maintien de l'ordre.
06:17Pourquoi le 17 octobre
06:19les manifestants se sont-ils vus
06:21nasser, gazer et matraquer
06:24pendant que les boutiques
06:25ont été laissées sans surveillance
06:27et ont pu être pillées ?
06:29A qui ont profité ces images ?
06:31Qui ont tourné en boucle
06:32sur les chaînes d'information continue ?
06:35En tout cas, pas au mouvement social.
06:37J'espère d'ailleurs que les commissions d'enquête
06:39feront toute la transparence
06:41sur les consignes ponédictiques
06:43données ce jour-là.
06:44Je veux d'ailleurs à cet instant
06:46apporter tout mon soutien
06:48à toutes celles et ceux
06:49qui depuis plusieurs semaines
06:51subissent la répression policière.
06:53Aux jeunes qui ont été mutilés
06:55par des grenades
06:56et par des tirs de LBD.
06:58Aux personnes traumatisées
06:59par leur interpellation violente
07:02et leurs conditions de détention indignes.
07:04Et à toutes celles et ceux
07:05qui auront leur vie brisée
07:07par les réponses pénales politiques
07:09et totalement disproportionnées.
07:12Monsieur le ministre,
07:13si j'étais taquin,
07:14ce que je ne suis pas,
07:16je dirais que le principe
07:17casseur-payeur,
07:19il faudrait déjà commencer
07:20par l'appliquer
07:21à ceux qui détruisent notre pays
07:23depuis des décennies.
07:24Car qui a cassé l'école
07:26ou l'hôpital public
07:27en le sous-finançant,
07:29en fermant des classes,
07:30en supprimant des lits,
07:32en précarisant les fonctionnaires,
07:34qui a cassé les transports
07:36et les services publics de proximité,
07:38qui a cassé et laissé prospérer
07:40la spéculation immobilière
07:41et les loyers explosés,
07:43qui a offert sans contrepartie
07:45211 milliards aux entreprises,
07:48c'est votre gouvernement.
07:49Il ne serait d'ailleurs pas anormal
07:51si l'on demande
07:52à un simple manifestant
07:54de payer pour l'abribus
07:55qu'il n'a pas cassé,
07:56d'exiger du petit Mozart de la finance
07:58qu'il rembourse
07:59les 1 000 milliards de dettes
08:01qu'il va nous laisser en partant
08:02et qui ont notamment été constituées
08:04de cadeaux fiscaux
08:06à ses 1 000 milliardaires.
08:08Monsieur le ministre,
08:09ce texte,
08:10votre texte,
08:11est une forfaiture juridique
08:13qui confond volontairement
08:14manifestants et casseurs.
08:16Tout le monde serait donc
08:17co-responsable jusqu'à 10 000 euros,
08:19voire plus selon les amendements
08:21déposés en cœur par la droite
08:23et l'extrême droite.
08:24Même si vous n'avez rien cassé,
08:26même si vous n'avez rien brûlé,
08:28même si vous étiez là
08:29pour manifester
08:30et que vous avez été
08:31dans l'incapacité
08:32de vous disperser
08:33après les sommations,
08:35car elles n'ont jamais eu lieu,
08:37car nous vous les avez pas entendues,
08:39car vous n'avez pas pu
08:40quitter les lieux,
08:40car il y a une nasse.
08:41Surtout,
08:42vous transformez
08:43la présomption d'innocence
08:45en présomption de culpabilité,
08:47ce qui est contraire
08:48à notre droit.
08:49Chers collègues,
08:50ce n'était pas la peine à droite,
08:52je vous le dis,
08:53de verser des larmes de crocodile
08:54il y a un mois.
08:55Oh !
08:56Il y a un groupe RN
08:58au Sénat,
08:59si c'est pour reprendre
09:00le programme
09:01des années 80
09:03du lepénisme.
09:04Louis Chevalier écrivait
09:05« Classe laborieuse,
09:07classe dangereuse
09:08dans les années 50. »
09:09Cela n'a jamais été
09:10au temps d'actualité.
09:12Double peine
09:13pour les personnes étrangères
09:14et pour les personnes
09:15les plus précaires
09:16à l'initiative
09:17de la Commission des lois.
09:19Saisine des allocations
09:20familiales des APL
09:21et du RSA,
09:23voire même
09:23des allocations
09:24en lien avec le handicap.
09:26Cela traduit
09:27votre idéologie,
09:28une justice de classe
09:30au service des dominants.
09:32Car oui,
09:32dans ce pays,
09:33lorsqu'on s'appelle
09:34Vincent Bolloré,
09:35on peut dealer
09:36avec Bercy
09:37une ristourne
09:38de 320 millions d'euros
09:39sur une fraude
09:40fiscale massive.
09:41Mais lorsqu'on est cheminot,
09:42gazier électricien,
09:43fonctionnaire,
09:44salarié,
09:45on pourra être tenu
09:46responsable de vitrines
09:47que l'on n'a même pas cassées.
09:49Ce texte
09:50est une atteinte frontale
09:51aux droits de manifester.
09:52Un droit à valeur
09:53constitutionnelle
09:54inscrit
09:55dans la déclaration
09:56des droits de l'homme
09:57et du citoyen
09:57fondateur de notre République.
09:59Vous voulez,
10:00par la peur,
10:01par la dissuasion,
10:02casser le mouvement social
10:04et contraindre
10:05les personnes
10:05qui résistent
10:06à courber les Chines.
10:07Paris perdu.
10:09Nous étions encore
10:10800 000 personnes
10:11à déferler pacifiquement
10:13dans les rues
10:13et,
10:14je vous l'annonce,
10:15nous allons continuer.
10:16J'en finis par un message
10:18à celles et ceux
10:19qui nous écoutent.
10:20Ce gouvernement
10:21est à bout de souffle.
10:23Il est fini,
10:24rincé,
10:25aux abois
10:26et s'apprête seulement
10:27à être le marchepied
10:28du Rassemblement national
10:29pour 2027.
10:30Ne tombons pas
10:31dans le piège
10:32de la division
10:32et du pourrissement
10:33qu'ils nous tendent.
10:34Restons unis,
10:36pacifiques,
10:36rassemblés
10:37et à partir
10:38de ce week-end
10:39et du 5 novembre
10:40à l'appel
10:40de l'intersyndical,
10:41faisons grève
10:42et manifestation
10:43partout dans le pays.
10:44Nous allons gagner.
10:46Applaudissements