00:00FM Bourse maltraite aussi, mais maltraite uniquement les clichés et les idées toutes faites sur la bourse.
00:07Et vous êtes nombreux à vous succéder autour de ce plateau pour le faire.
00:10C'est la rubrique Le Mytomètre et on retrouve David Crutte de la financière de l'échec.
00:15Bonjour, Sabrina.
00:16Bonjour.
00:17Merci d'être avec nous.
00:19Ah bah oui, on va parler du fameux réflexe.
00:22Good news is bad news, bad news is good news.
00:24Bref, les mauvaises nouvelles font baisser les indices boursiers.
00:27Bah non, c'est faux.
00:28Oui, c'est faux.
00:29C'est surtout systématiquement une opportunité d'achat, on l'a vu depuis le Covid.
00:33C'est un gros mytho, Fabien.
00:34Oui.
00:35Ah oui.
00:36Voilà, il fallait que l'éclair passe, sinon les auditeurs sont déboussolés.
00:41Mais oui, c'est pas quelque chose de systématique, on va dire.
00:44Et c'est même une mécanique qui se fait et qui se défait parfois.
00:48C'est exactement ça, c'est depuis le Covid, on le voit, ça a été encore plus visible.
00:51On a eu des baisses, on a eu des baisses quand même depuis le Covid.
00:54Mais systématiquement, ça a entraîné des hausses beaucoup plus importantes derrière.
00:58Du coup, on se retrouve avec des rebonds qui sont de plus en plus forts et des baisses de plus
01:02en plus faibles.
01:03Je serais tenté de dire, finis les baisses, vive les rotations.
01:06Parce qu'on n'arrive même plus à avoir des baisses, on n'a finalement que des rotations.
01:09On a davantage assisté à des rotations internes qu'à une véritable réduction du risque.
01:15L'argent circule, j'aime bien le dire, il ne s'évapore pas.
01:17C'est toujours un terme que j'aime bien employer.
01:20Mais en tout cas, octobre est justement un mois qui l'a montré, démontré.
01:24On n'a eu que des rotations, d'effet d'une baisse extrêmement faible.
01:29Si on regarde, le S&P n'a corrigé que de 2,46% seulement entre son pic et son
01:35point bas.
01:35C'est quand même, on est à 1% des plus hauts.
01:38Donc, malgré le fait qu'on ait eu trois sources classiques de baisse des marchés,
01:42qui sont des sources d'angoisse, qui sont liées à la géopolitique,
01:46qui sont liées aux banques centrales, qui sont liées bien sûr au financement de l'IA,
01:51finalement, encore une fois, ça n'a été que des rotations et des baisses extrêmement faibles sur les marchés.
01:57David, j'ai beaucoup aimé votre expression, l'argent circule, mais il ne s'évapore pas.
02:02Je trouve que vous êtes un peu l'avoisier des marchés financiers.
02:04C'est ça, rien ne se perd.
02:06Rien ne se perd, tout se transforme.
02:07Mais, alors, comment on explique un peu ce phénomène contre-intuitif ?
02:12C'est vrai, parce que c'est certainement un marché de plus de traders que d'investisseurs.
02:16D'ailleurs, il y a un point qui est assez amusant, c'est le point du CAC 40.
02:19En octobre, on a eu quand même beaucoup de mauvaises nouvelles sur la France.
02:22Et finalement, le CAC, il est quand même en hausse de 0,1%, peut-être même plus maintenant,
02:26sur le mois d'octobre.
02:27Il a surperformé l'Eurostock de plus de 1%.
02:30C'est quand même symptomatique d'une économie qui a des difficultés, d'un marché qui a des difficultés,
02:35mais d'un marché qui a perdu 1000 points et qu'on rachète en trading,
02:38parce qu'enfin, on a une baisse qui est intéressante.
02:41Alors, pour répondre à votre question, Sabrina, c'est comment on explique ce phénomène ?
02:44Premièrement, c'est parce qu'il y a une croissance dans le monde qui est extrêmement forte,
02:48parce qu'on a des résultats qui sont probants.
02:50On est, encore une fois, au troisième trimestre consécutif de hausse de plus de 25%,
02:55huitième trimestre consécutif, c'est-à-dire deux ans de plus de 10%, bien sûr, sur le marché américain.
03:00Le deuxième point, c'est les acheteurs qui sont résilients.
03:03On a des share buy-back, des rachats d'actions de plus de 5 milliards de dollars par jour,
03:08à partir de maintenant, puisque maintenant, on est sortis de la blackout période,
03:12qui vont être vraiment des montants très importants.
03:15Les investisseurs particuliers ont pris énormément confiance dans ces marchés,
03:19et c'est eux qui dirigent un peu les marchés, ils sont systématiquement très acheteurs.
03:23Et puis, on a un M&A, des fusions acquisitions, qui sont très actives.
03:28Donc, on a une équation mathématique qui est très en faveur de la hausse du marché.
03:33Donc ça, c'est le deuxième point.
03:35Et le troisième point, c'est ce qu'on appelle le wealth effect.
03:38Donc, c'est vrai que c'est devenu extrêmement important dans le monde.
03:42L'inflation est élevée et les salaires ne montent pas.
03:45Donc, comment on fait, Antoine, pour s'acheter une nouvelle montre ?
03:47Si on n'a pas de hausse de salaire, il faut bien essayer de trouver de la performance quelque part.
03:53Et en tout cas, les investisseurs l'ont bien compris.
03:55La performance, elle est dans les marchés financiers.
03:57Encore une fois, c'est là où vous pouvez arriver à dégager des sources de revenus suffisamment intéressantes.
04:03Et c'est la troisième raison qui fait qu'en tout cas, on a systématiquement des acheteurs récurrents
04:10qui regardent toute baisse des marchés pour s'investir.
04:14Alors, qu'est-ce qui pourrait quand même remettre en cause la mécanique et l'optimisme ?
04:19C'est une bonne question.
04:20C'est vrai que j'ai souvent du mal à trouver en moi-même une nouvelle négative
04:25qui pourrait me faire passer pessimiste sur les marchés.
04:27Il y a peut-être une seule chose quand même qui m'inquiète, c'est le mot systématiquement récession.
04:32Alors, vous pouvez me dire, Antoine, on en est très loin.
04:34Mais effectivement, si après mi-terme, on avait une guerre qui reprenait de façon très intense
04:40et un baril qui allait à 120 dollars, 150 dollars, qui est un peu récessif,
04:45qui allait entraîner probablement une récession, je pense que là, les marchés seraient quand même...
04:48Le pétrole, il reste encore une fois la clé.
04:51La façon est importante.
04:52Donc, le mot qui me ferait passer négatif, c'est le mot vraiment récession.
04:56Et à travers un prix du baril qui augmenterait de façon très importante,
05:00je pense qu'on pourrait s'en inquiéter.
05:01Donc, on va regarder, on va attendre.
05:03On est dans un moment attentiste.
05:04Les mi-termes, c'est dans quelques jours maintenant.
05:07On verra le week-end après si Trump a envie de repartir au combat.
05:12Effectivement, personne ne le souhaite aujourd'hui.
05:14Mais en l'occurrence, la hausse du prix du baril à des niveaux vraiment importants serait quelque chose de négatif.
05:21Maintenant, on est quand même dans une saisonnalité des marchés qui est très favorable.
05:25On a encore une fois des rachats d'actions qui vont se redéployer de façon très forte.
05:29On a des investisseurs particuliers qui sont là.
05:31Les nouvelles sont bonnes.
05:32Maintenant, peut-être la question, c'est est-ce que les bonnes nouvelles font monter les marchés ?
05:35Ils n'ont pas l'inverse.
05:37C'est ce que vous disiez en préambule de cette intervention.
05:41C'est peut-être presque ça.
05:43On aime vraiment dans les marchés avoir des mauvaises nouvelles
05:45parce qu'on sait qu'on va avoir des faiblesses qu'on va pouvoir racheter systématiquement.
05:49Et clairement, du coup, c'est un marché de traders plus qu'un marché d'investisseurs.
05:53Exactement.
05:55Et comme les investisseurs particuliers sont vraiment là,
05:58ils sont plutôt des traders qu'ont autre chose,
06:00on voit ce remonté d'actions malgré parfois, comme au mois d'octobre, autant de mauvaises nouvelles.
06:05Et je peux comprendre que ça déconcerte un certain nombre d'auditeurs
06:08de voir autant de mauvaises nouvelles et des marchés qui finalement progressent ou sont en rotation,
06:13mais ne baissent finalement jamais.
06:15passionnant. David Cruc, financier de l'échiquier,
06:17merci infiniment de nous avoir démonté ce mythe de l'effet des mauvaises nouvelles sur les marchés.
06:23Bad news is good news, good news is bad news.
06:25Tout dépend du cycle quand même, il faut faire attention,
06:27mais pour l'instant, c'est vrai qu'on a des marchés extrêmement, extrêmement résilients.
06:31Sabrina Sadegui, bfmbusiness.com, on retrouve tous vos papiers sur le site.
06:35Total, Lectra, Merced.
06:37Merced, avec ce carbone Lorraine, avec ses très bons résultats, le titre qui vienne quasiment 11%.