00:04Il est 17h46, quelques minutes encore pour être avec Jean-Claude Bourrelier qui est un patron particulier, ex-patron de
00:12Bricorama avec une histoire singulière.
00:15Vous avez commencé à travailler à 12 ans, à 13 ans, vous êtes fils d'un ouvrier menuisier, vous avez
00:20travaillé très tôt, d'abord dans une boulangerie, puis dans une charcuterie,
00:24et puis vous avez monté, vous nous avez raconté une partie de votre parcours bien sûr, et puis dans la
00:29dernière partie de notre émission, vous allez nous dire ce que vous pensez pour la France,
00:33ce qui serait bon, notamment en matière économique, pour favoriser l'emploi et les entrepreneurs.
00:37Mais avant cela, vous connaissez Astérix et Obélix, les célèbres personnages gaulois, et bien aujourd'hui Astérix fait de ses
00:4367 ans, le 29 octobre 1959,
00:47le héros gaulois apparaissait dans le magazine Pilote, et à cette occasion, une chanson inédite, produite par les éditions Albert
00:54René,
00:55et chantée par Roland Karl, et dévoilée aujourd'hui son titre Joyeux Gaulois Anniversaire.
01:02– Gaulois Anniversaire, oui. – Je l'ai bien dit ? – Oui, Gaulois Anniversaire.
01:05– Joyeux Gaulois Anniversaire, le titre est disponible sur toutes les plateformes, un clip vidéo a été tourné au parc
01:10Astérix.
01:11– C'est ton anniversaire, joyeux anniversaire, si on sent les bougies, c'est parce qu'aujourd'hui,
01:19c'est ton anniversaire, ton anniversaire, la potion est prête, rien n'arrêtera ta fête d'anniversaire.
01:27– Est-ce que vous pouvez me citer quelques personnages d'Astérix ? – Oh là là, Obélix.
01:32– Oui, bah oui. – Abracourix.
01:35– Abracourix, si, bravo. – Idéfix.
01:37– Idéfix. – Panoramix.
01:38– Vercingétorix ? – Ah, c'est rentré.
01:40– Non, pas Vercingétorix.
01:41– Non, pas Vercingétorix.
01:42– H-Canonix.
01:44– Assurance-Torix.
01:45– C'est Automatics, c'est le forgeron.
01:48Ordre alphabétique, c'est le poissonnier.
01:51Bon, Jean-Claude Bourrelier, avant la présidentielle,
01:53vous voulez parler au nom des entrepreneurs.
01:56Quelles sont, à votre avis, les mesures phares que l'économie française devrait prendre ?
02:01– Si on veut qu'il va falloir qu'on se remette tous au travail,
02:09et puis si on veut que…
02:10– Ça veut dire quoi, ça, concrètement ?
02:12Là, on est à 35 heures, parce qu'il faut être concret.
02:14– Moi, je voudrais qu'on soit heureux comme des Suisses.
02:19Heureux comme des Suisses, ça veut dire qu'il faut travailler comme des Suisses.
02:23Alors, vous savez, moi, j'avais beaucoup de magasins qui n'étaient pas très loin de la frontière
02:27et qui allaient travailler en Suisse.
02:29Je disais, mais vous êtes heureux, on est le plus heureux en France.
02:33Ah, quand même, ils faisaient le choix d'aller travailler en Suisse.
02:36En Suisse, ils travaillent davantage, ils ont moins de charge.
02:39Alors, naturellement, il y a une distorsion de concurrence entre la Suisse et la France,
02:45dans la mesure où la prise en charge, les couvertures sociales,
02:50sont beaucoup plus légères en Suisse.
02:53– J'entends bien, mais par exemple, pour le nombre d'heures hebdomadaires,
02:56on est à 35, vous pensez qu'il faut travailler ?
02:59– Ça, c'est une discussion qu'il doit y avoir à l'intérieur des entreprises
03:03pour que chacun y retrouve son compte.
03:05Si on travaille plus, on doit gagner plus.
03:08Mais pour gagner plus, il faut moins de prélèvements sociaux.
03:11Il ne faut pas que le…
03:13Comme je dis là, en ce moment, il est question d'une augmentation sur le SMIC.
03:17Je dis, ok, c'est nécessaire, mais je ne vois pas pourquoi
03:20on augmente les cotisations à la même concurrence.
03:24Si on veut que le travail soit mieux équilibré,
03:29il faut que les salaires naîtent, ceux que le touchent les collaborateurs,
03:33il faut que le travail paye plus.
03:35Il faut que tout le monde, de celui qui gagne peu à celui qui gagne davantage,
03:40soit encouragé à travailler davantage.
03:43Que les cadres, par exemple, il n'y a plus de mobilité.
03:46Pourquoi ?
03:47Les cadres, ils se disent, bon, pour ce que je gagne,
03:50je n'ai pas envie de prendre le risque de déménager.
03:52Je n'ai pas envie…
03:54Il faut, si on veut que la société se remette en mouvement,
03:57pour moi, il n'y a qu'une seule solution.
04:00Il faut que le travail soit mieux rémunéré.
04:02– Mais moi, je suis bien d'accord avec vous,
04:04mais tout le monde est d'accord là-dessus.
04:05Mais l'argent n'est pas magique.
04:08Donc, il y aura moins de redistribution.
04:10Par exemple, vous estimez que les salariés n'ont pas à supporter
04:12les cotisations famille ou chômage.
04:15Ça veut dire quoi ?
04:16Qui va payer le chômage si ce n'est pas les cotisations salariales ?
04:19Est-ce que c'est vraiment les salariés qui sont coupables du chômage ?
04:23– Non, mais c'est une assurance.
04:24– C'est une assurance.
04:25– Ou ça l'était, d'ailleurs.
04:26– Oui, mais la responsabilité…
04:28Celui qui est responsable du chômage,
04:30il doit payer pour ce qui est…
04:32Il est responsable.
04:33Le responsable du chômage, c'est le consommateur.
04:36Quand le consommateur décide…
04:37Moi, je parle de la distribution.
04:39Quand le consommateur, il décide d'aller acheter à l'étranger
04:43plutôt que d'acheter en France,
04:44il a une partie de responsabilité sur le chômage.
04:50Quand les politiques prennent des mauvaises mesures
04:54qui ne sont pas en faveur du travail,
04:56bon, c'est aux politiques d'assumer…
04:59– Mais qui va financer le chômage ?
05:00– Il faut que ce soit pour l'ensemble de la société.
05:03– Mais qui finance, qui paye ?
05:05Je ne comprends pas, parce qu'aujourd'hui,
05:06c'est les salariés, c'est ceux qui travaillent qui payent.
05:09– Mais qui finance le chômage ?
05:10– Moi, pour moi, on est passé,
05:11on est en train de changer de société.
05:13Quand j'ai commencé à travailler,
05:15il y avait beaucoup de travail,
05:17il n'y avait pas beaucoup de fonds.
05:18Il n'y avait pas…
05:19La France n'était pas aussi riche,
05:21il n'y avait pas autant de…
05:23Les finances n'étaient pas aussi importantes que maintenant.
05:26Maintenant, il y a moins de travail,
05:30plus de finances.
05:31Alors, il faut arrêter de faire peser sur le travail,
05:34quitte à faire peser sur autre chose.
05:36– Moi, je suis pour l'augmentation de la TVA.
05:40Surtout la TVA à 20%,
05:42où ce sont principalement des produits d'importation,
05:45et qui en bénéficient.
05:49Donc, je suis partisan de l'augmentation de la TVA.
05:52Et puis, naturellement, la première des mesures,
05:54c'est quand même qu'il faut remettre un petit peu
06:01de responsabilité individuelle et collective.
06:04Sinon, on ne s'en sortira pas.
06:05– Mais ça, ça veut dire quoi précisément,
06:07la responsabilité individuelle ?
06:08– Ça veut dire, par exemple,
06:10pour une entreprise.
06:11Moi, en Hollande,
06:13alors vous savez que la Hollande
06:14était un pays très pauvre dans les années 60.
06:17Il y avait eu des inondations terribles
06:19qui avaient envahi la Hollande.
06:21La Hollande était un pays très pauvre.
06:23Ils se sont mis à travailler,
06:25à assainir le pays,
06:27à construire des liés, tout ça.
06:29Et maintenant, c'est un pays qui est riche.
06:32Parce que toute la société
06:33c'est relever les manches pour…
06:36– Vous trouvez qu'il y a un état d'esprit en France
06:38qui ne favorise pas le travail ?
06:39– Exactement.
06:40– Par exemple, vous avez un jeune qui est là.
06:43Alors, quand on échange avec lui,
06:44effectivement,
06:45on ne voit pas forcément la vie
06:47de la même manière
06:48sur le rapport au travail.
06:51– Ah oui, oui, oui,
06:51sur le rapport au travail, bien sûr.
06:53– Peut-être que, M. Bourrelier,
06:54vous pouvez exprimer un point de vue
06:56de votre génération,
06:57au-delà de ce que vous entendez.
06:59– Non, mais dans ma génération,
07:01le travail, c'est très important,
07:02mais il n'y a pas que ça,
07:03ce n'est pas ultra central.
07:05C'est-à-dire que,
07:06parmi les amis que j'ai autour de moi,
07:07même moi, je le pense,
07:08on peut travailler,
07:09mais on peut aussi avoir des activités à côté,
07:12et il faut aussi privilégier l'actualité.
07:14– Mais pour avoir des activités à côté intéressantes,
07:16il faut de l'argent.
07:17– Ce n'est pas central.
07:17– Il faut de l'argent.
07:20– Qu'est-ce que j'ai dit ?
07:21– Le travail, pardonnez-moi,
07:24c'est ultra central.
07:26C'est ce qui nous,
07:27par exemple, depuis l'âge de 23 ans,
07:30c'est ce qui m'aura le plus, évidemment…
07:35– Parce que vous avez un métier passion,
07:36ce n'est pas le cas de tout le monde.
07:37– Mais pour tout le monde.
07:38– Non, non, pas pour tout le monde.
07:39– Mais tous ceux qui travaillent…
07:40– Non, pas tous un métier passion,
07:41c'est ça que je veux dire.
07:42– Non, mais tous ceux qui travaillent
07:43passent plus de temps au travail
07:44qu'à s'occuper d'un enfant.
07:46– Oui, c'est comme ça.
07:48– Non, mais on dit la vérité,
07:49ce n'est pas pour des magos du tout.
07:50Si j'étais à l'usine,
07:51franchement, je compterais des heures,
07:53me dire « Ok, je pars dans 1h20, 1h19, 1h18,
07:56et j'aurais hâte d'être en vacances,
07:58j'aurais hâte de vivre d'autres choses. »
08:00– Mais ce n'est pas bien de dire ça.
08:01– Mais ce n'est pas bien de dire ça.
08:02– Parce que j'ai de la chance.
08:03– C'est pour ça que je dis
08:05qu'on retient trop sur le…
08:08Celui qui travaille à l'usine,
08:10on lui retient 20% entre le salaire brut
08:12et le salaire net.
08:13Et moi, je dis que le salaire net
08:17soit le salaire brut,
08:18qu'on lui donne 20% en travaillant.
08:20Autant, il aura 20% de plus.
08:22– Moi, j'ai envie de voyager,
08:22j'ai envie de faire d'autres choses que travailler.
08:24– Rien n'empêche pas,
08:24mais moi, je suis comme vous.
08:26– J'ai envie de voyager,
08:27j'ai envie de profiter de ma famille aussi,
08:29j'ai envie de vivre d'autres choses que le travail.
08:31– Oui, mais en règle,
08:32tous ceux qui ont beaucoup de loisirs
08:34veulent beaucoup d'argent
08:35parce qu'on sait qu'avoir des loisirs,
08:37ça coûte cher.
08:38– Monsieur Bourglier, c'est terminé.
08:40– Ah oui, ça va bien.
08:4117h50.
08:42– C'est quoi ?
08:42On va dîner tous les deux.
08:44– Et moi, je vais aller acheter une ponceuse.
08:47– Oui, bien sûr, pour faire quoi.
08:50– C'est vrai que je ne sais même pas planter un clou.
08:53Donc, je suis un drame.
08:55– Et qui va payer ?
08:56– Vous, c'est vous qui payez.
08:56– 17h55.
08:58– Vous voulez faire payer le travailleur.
08:59– C'est terminé.
09:00– Il veut faire payer le travailleur.
09:01– Mais non, mais c'est un jeune.
09:03– C'est toujours les autres qui doivent payer.
09:06– Mais bien sûr,
09:06il est 17h55,
09:07Pierre de Villeneau,
09:08passez une excellente soirée.
09:10– A demain, c'était Pascal François et Repas.
09:12– Sous-titrage Société Radio-Canada