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  • il y a 2 heures
« On peut nous taxer, mais si on ne sait pas gérer, c’est gaspiller » Dans Cap sur l’Élysée, Lionel Dujardin, patron d’une PME raconte son quotidien de chef d’entreprise à quelques mois de la présidentielle : Covid, guerre en Ukraine, guerre en Iran — « à chaque fois, on ne peut pas s’adapter à un problème qu’une crise arrive derrière ». Et quant à son entreprise, il expose ses difficultés face au coût de sa masse salariale et à la taxation qui en résulte : « On peut nous taxer, mais si on ne sait pas gérer, c’est gaspiller », et conclue : « je ne sais même pas si demain je serai soigné, si ma famille sera en sécurité ». Un témoignage à retrouver dans Cap sur l’Élysée, sur publicsenat.fr.

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Transcription
00:00Je pense qu'on peut nous taxer, mais si on ne sait pas gérer, c'est gaspiller.
00:03Moi, de payer pour être défendu et payer pour être soigné, oui.
00:07Sauf que demain, je ne sais même pas si je serai soigné et si la famille sera en sécurité.
00:10Dans cette campagne présidentielle, les questions économiques sont au cœur du débat.
00:14Dettes de la France, réforme des retraites, hausse des salaires.
00:18C'est même le sujet prioritaire pour les chefs d'entreprise.
00:21Je m'appelle Lionel Dujardin, je suis marié, trois enfants.
00:24J'ai créé mon entreprise en 2005.
00:26J'avais 24 ans, j'ai commencé dans un garage avec zéro client, une caisse à outils.
00:30Pas forcément l'envie d'avoir beaucoup de salariés et au fur et à mesure, avec la confiance des clients,
00:35on a continué à grandir.
00:36Parti de rien, il dirige trois sociétés, 32 salariés au total.
00:41Autour de 4 millions d'euros de chiffre d'affaires chaque année.
00:44Là, on va venir faire les trous ici.
00:45Il fabrique des structures en métal et en aluminium.
00:49Les affaires de la PME marchent plutôt bien, mais la conjoncture internationale menace l'activité.
00:54Depuis 2020, on a quand même subi le Covid.
00:58On a subi après, en 2022, la guerre en Ukraine.
01:01On a subi aussi le blocage du canal de Suez, à un moment ou à un autre.
01:05On l'oublie vite, mais c'était quand même un problème de plus à gérer.
01:09Le conflit israélo-palestinien.
01:12Après, c'est l'Iran.
01:15À chaque fois, en fait, on ne peut pas s'adapter à un problème, à une crise.
01:18Dès qu'on commence un peu à s'habituer, il y a quelque chose qui arrive derrière.
01:21Moi, j'appelle ça subir.
01:23Lionel part inspecter l'un de ses plus gros chantiers,
01:25avec l'angoisse de ne pas décrocher de nouveaux clients dans les prochains mois.
01:30Quand on voit le nombre d'entreprises qui sont fragiles,
01:32le nombre d'entreprises qui mettent la clé sous la porte,
01:35dans une conjoncture instable,
01:36on se donne à fond pour ne pas que ça nous arrive à nous.
01:38Ça, c'est important.
01:39On a quand même des familles derrière à faire vivre.
01:41C'est beaucoup d'humains.
01:42À travers une entreprise, quand je vois les familles,
01:45on connaît les enfants de nos collaborateurs,
01:46on connaît leur épouse, leur époux.
01:49On a la chance de pouvoir faire des sorties à l'année,
01:51de se retrouver ensemble.
01:52On ne peut pas être insensible à ça.
01:55Donc, dans les moments les plus durs,
01:57on se donne tout le mal possible pour se dire
01:59tenir, c'est une chose, mais c'est surtout durer,
02:01parce qu'on va vivre des bonnes périodes.
02:03Mais en attendant, il faut tenir.
02:05Nous, c'est plus difficile aujourd'hui.
02:06La masse salariale, c'est un vrai sujet.
02:07Donc, je pense qu'on peut nous taxer,
02:10mais si on ne sait pas gérer, c'est gaspiller.
02:12Moi, de payer pour être défendu
02:14et payer pour être soigné, oui.
02:16Sauf que demain, dans quelques années,
02:18je ne sais même pas si je serai soigné
02:19et si ma famille sera en sécurité.
02:21Il est là le vrai problème, en fait.

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