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  • il y a 2 heures
Les 18 avril et 2 mai prochains, nous sommes appelés aux urnes pour élire notre futur Président ou Présidente de la République. En vue de ce moment crucial de notre démocratie, nous avons décidé de suivre pendant 6 mois des Français de tous territoires, de tous bords politiques et de recueillir leur sentiment sur la campagne en cours, sur les tendances dans les sondages, et sur leurs préoccupations du quotidien. Puisque les enquêtes la donnent gagnante pour le moment, que pensent-ils de Marine Le Pen¿? Malgré les polémiques, a-t-elle gagné le pari de la dédiabolisation¿? LFI est-elle en train de capter les voix de la jeunesse¿? Y a-t-il aujourd'hui 2 France¿?

Rebecca Fitoussi et ses invités ouvrent le débat. Année de Production :

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Transcription
00:00Cap sur l'Elysée, premier épisode d'une série exceptionnelle réalisée par Stéphane Aumant.
00:05Nous retrouverons Philippe, Julia, Lionel, Françoise et Pierre dans quelques semaines pour savoir où ils en sont.
00:12Le film s'arrête effectivement sur les colères lycéennes et sur les images sidérantes de pillages des commerçants et de
00:18casses dans plusieurs villes du pays.
00:20On peut penser que les opinions auront évolué lors du prochain épisode.
00:25En attendant, on va déjà analyser ce qui a été dit dans le film que nous venons de voir avec
00:29nos invités.
00:30Laure Salvin, bienvenue.
00:31Vous êtes directrice générale de Vériant France, cabinet d'études et de conseil en opinion publique.
00:35Avec l'Institut Montaigne, vous proposez une nouvelle manière de mesurer la capacité des réformes à être comprises, jugées justes
00:42et acceptées.
00:42C'est l'indice d'acceptabilité citoyenne.
00:45Le film que l'on vient de voir est aussi un indice intéressant de ce point de vue.
00:49Nathalie Moret, bienvenue.
00:50Reporter politique au groupe Ebra.
00:52Ebra, ce sont plusieurs titres.
00:54Le progrès, l'Est républicain, les dernières nouvelles d'Alsace.
00:57Vous avez suivi sur le terrain tous les grands rendez-vous politiques des dernières semaines et on en parlera.
01:02Pascal Perrineau, bienvenue.
01:03Politologue, spécialiste de la sociologie électorale, professeur des universités à Sciences Po Paris
01:08et co-auteur avec Anne Muxel de Inventaire des peurs françaises paru chez Odile Jacob.
01:14Roland Quairol, bienvenue à vous également.
01:15Politologue, directeur de recherche associé au Cevipof.
01:18Je vais citer deux de vos ouvrages.
01:19« Alerte mondiale, démocratie en danger » aux éditions de l'Aube.
01:23Et cet autre livre co-écrit avec Arnaud Mercier, « Mon voyage au cœur de la Ve République » aux
01:27éditions Calman-Lévy.
01:29Merci à tous les quatre d'être ici.
01:31Avant d'entrer dans le détail et d'analyser extrait par extrait les propos de ces Français que nous suivons,
01:37je voudrais recueillir vos impressions sur l'humeur générale qui ressort de ce documentaire.
01:41On sent d'abord des gens très concernés par ce scrutin, par cette élection, très impliqués,
01:46qui se tiennent au courant des déclarations politiques, des grands rendez-vous politiques.
01:50Alors peut-être que c'est pour le film ou peut-être pas.
01:52Lors, Salvin, les gens sont-ils investis et concernés par ce scrutin plus que d'habitude ?
01:59Oui, c'est vrai que quand on demande aux Français aujourd'hui s'ils s'intéressent à cette élection,
02:05à l'élection présidentielle, et bien effectivement, vous avez quasiment 80% des Français qui nous disent
02:10qu'ils s'y intéressent, beaucoup plus effectivement que les années précédentes.
02:15Pourquoi ? Parce qu'ils ont le sentiment finalement qu'il peut se passer vraiment des choses
02:18et que les choses peuvent évoluer.
02:20Il y a un fort sentiment, une forte demande de changement.
02:23Je crois qu'on l'a vu ces derniers jours.
02:28Pas forcément de rupture radicale, et c'est là où effectivement,
02:32on voit qu'il y a différentes aspirations au sein de la population française,
02:36avec, pour l'extrême droite, pour l'extrême droite, pour les sympathisants d'extrême droite et d'extrême gauche,
02:41effectivement ce sentiment plus de changement radical.
02:45Et au centre, effectivement, une évolution, en tout cas un changement dans la façon de faire de la politique,
02:54utiliser ou faire fonctionner la démocratie, avec un certain nombre effectivement de revendications et de critiques.
03:02Aujourd'hui, on a pu le voir dans le reportage sur les services publics, sur l'école, etc.
03:09Pascal Perrineau, est-ce que cette élection a quelque chose de particulier ?
03:13Est-ce que l'enjeu est différent cette fois ?
03:16Oui, indépendamment de l'intérêt qui semble être élevé,
03:19il semble bien qu'on n'a jamais eu une opinion d'aussi mauvaise humeur.
03:25Quand vous prenez, par exemple, l'enquête Opinion Way-Sevipov,
03:29qui régulièrement, sur le même échantillon, recense l'évolution des attitudes des Français,
03:35vous apercevez que lorsqu'on demande aux Français quel est leur premier sentiment,
03:38c'est la colère et l'inquiétude.
03:40La colère et l'inquiétude, qui marquent très fortement le début de campagne présidentielle que nous connaissons.
03:46C'est ce qu'un sociologue, au fond, appelait jadis Jean-Louis Messica, la politisation négative.
03:51Les gens ont envie de dire leurs mots, ont envie de rentrer en politique,
03:55mais avant tout pour en découdre.
03:57Ce qui se traduit, du moins pour l'instant, dans les sondages d'intention de vote,
04:02par des niveaux recensés par les extrêmes, extrêmement élevés,
04:06que ce soit Jean-Luc Mélenchon, mais surtout Marine Le Pen.
04:10De mauvaise humeur et clivée, Roland Quairolle,
04:12vous diriez que l'opinion est particulièrement divisée en ce début de campagne présidentielle ?
04:19Je crois qu'elle est plus clivée qu'elle ne l'a jamais été.
04:22Je crois qu'on ne se parle plus d'un camp à l'autre,
04:26sinon par l'invective à laquelle nous avons droit sur l'ensemble de nos petits écrans
04:31ou dans les réseaux sociaux.
04:34Même dans les familles, on nous dit qu'il vaut mieux souvent ne pas se parler
04:39plutôt que de continuer à se crêper le chignon de façon inutile.
04:44Oui, on est dans un moment de polarisation extrêmement fort
04:48et avec le sentiment que ça va durer,
04:51que ce n'est pas juste une colère du moment,
04:54mais que quelque chose s'est mis à enquister la société française.
04:59Ça ne fonctionne pas bien.
05:01Ça ne marche pas.
05:03Et on ne sent pas d'issue politique très claire à cette crise.
05:09Tout le monde dit qu'il y a une crise, ça ne va pas.
05:11On attend de quoi ? Quelque chose.
05:14Pas grand-chose en vérité.
05:15Alors on dit que la présidentielle va sans doute éclairer les choses.
05:21La présidentielle, c'est plusieurs mois.
05:24C'est très court, mais c'est en même temps très long.
05:27Et en général, ça se prépare un peu à l'avance.
05:29Et donc, il y a ce sentiment que décidément,
05:33oui, oui, quelque chose va bien finir par se passer,
05:35mais qu'on est sur un espèce de faux plat dans lequel ça s'éternise un peu.
05:40Vous dites polarisation, Nathalie Mauret,
05:42est-ce qu'on peut le dire avec précaution, évidemment,
05:44mais radicalisation des opinions ?
05:46Sans doute au sens où, moi, je sens très fort
05:50une incapacité des gens à se parler,
05:53non seulement à faire consensus,
05:54mais aussi à débattre ensemble.
05:57Là, on le voit avec la colère lycéenne.
06:00Vous êtes pour ou contre les lycéens.
06:02Vous êtes pour ou contre la police.
06:05Vous êtes pour ou contre les casseurs.
06:08En tous les cas, vous n'êtes pas...
06:09C'est difficile d'avoir un propos nuancé.
06:12Moi, j'étais très frappée, là,
06:15sur les discussions que j'ai pu avoir
06:18avec plusieurs personnalités politiques,
06:21l'incapacité qu'elles avaient elles-mêmes
06:23à avoir un propos nuancé sur ce qui se passait.
06:27Effectivement, je pense qu'on peut avoir,
06:29par exemple, sur Parcoursup, un propos nuancé.
06:31Oui, il y a des choses qui fonctionnent,
06:33des choses qui ne fonctionnent pas.
06:34Et ça, c'est plus audible.
06:35On ne peut plus le dire.
06:36C'est plus audible.
06:37C'est-à-dire qu'à part...
06:38C'est ce que vous disiez, Rebecca.
06:40On est dans une telle polarité,
06:42dans une telle radicalité
06:43qu'il y a de moins en moins de place pour la nuance.
06:46Et à six mois d'une présidentielle,
06:48ça me semble inquiétant.
06:49Puisqu'effectivement, il n'y a pas un côté qui a tort,
06:51il n'y a pas un côté qui a raison.
06:52On peut faire débat.
06:54Faire débat, c'est échanger des convictions,
06:57en disant, bon, là, t'as peut-être tort,
06:58là, j'ai peut-être raison, etc.
06:59Et ça, ça me semble,
07:00à six mois de la présidentielle,
07:02extrêmement difficile.
07:03Est-ce que ce qu'on vit en ce moment
07:04rend les choses encore plus difficiles ?
07:06Il me semble.
07:07Qu'est-ce qui nous a amenés à cette situation,
07:10d'après vous ?
07:11On a entendu Emmanuel Macron nous dire
07:12les réseaux sociaux abîment nos démocraties.
07:14Est-ce qu'on peut le dire simplement ?
07:16La faute aux réseaux sociaux, Pascal Perrineau ?
07:18Non, les réseaux sociaux, c'est un symptôme.
07:20Ce qui, en effet, provoque
07:22cette situation extrêmement difficile,
07:24c'est deux mandats du président de la République
07:27qui l'ont amené à un record d'impopularité.
07:30quand on regarde les dernières cotes,
07:32aux environs de 18% de jugements favorables.
07:36Autant le premier mandat a pu être perçu
07:39par certains milieux sociaux
07:40comme un mandat relativement réussi,
07:44autant le second mandat,
07:45et en particulier depuis la dissolution,
07:49ce second mandat est perçu même comme catastrophique.
07:53Il n'y aurait rien à retenir.
07:54Vous rajoutez à cela
07:55l'extraordinaire instabilité gouvernementale.
08:00Trois premiers ministres en à peine un an.
08:03Les Français considèrent que le politique a perdu la main,
08:06que sur les grands enjeux, il n'est plus efficace.
08:10Le grand enjeu aujourd'hui,
08:11quand on regarde toutes les enquêtes d'opinion,
08:13c'est la hausse du pouvoir d'achat.
08:15Et les Français se disent,
08:17ben voilà, au contraire,
08:18ça va peut-être même dans le mauvais sens.
08:21Donc, c'est tout ce contexte
08:23qui a créé la situation actuelle.
08:25Alors, Salvin, vous êtes d'accord ?
08:26C'est ce que disent les études.
08:27Il y a un raté de ce deuxième mandat d'Emmanuel Macron
08:30qui peut-être nous amène à cette situation de polarisation.
08:33Je pense que les causes,
08:34elles sont évidemment multiples.
08:37Il y a effectivement la politique.
08:39Il y a aussi le contexte économique
08:40qui est très pesant.
08:41Il y a le contexte international
08:43qui est très angoissant aussi pour les Français.
08:46Quand ils nous parlent effectivement de leur état d'esprit,
08:49la situation internationale les inquiète.
08:52et ils se demandent effectivement
08:53si on est suffisamment préparé aux crises
08:56et à des potentielles crises militaires.
08:59Et puis, moi, je remonterai un tout petit peu.
09:01Je pense qu'il y a quand même un traumatisme,
09:04comment dire, initial
09:07sur la façon de faire de la politique
09:08et sur l'écoute des Français.
09:10Comme c'est un peu notre métier aussi,
09:11je crois que c'est important de le rappeler.
09:13C'est le référendum de 2005.
09:15Et ça, je crois que...
09:16Ah, vous remontez jusque là.
09:17Je remonte là parce qu'en fait,
09:19quand on interroge les Français...
09:22Le rejet de la Constitution européenne.
09:24C'est ça, le rejet de la Constitution européenne.
09:25Mais pas écouté.
09:26Mais pas écouté.
09:27Et effectivement,
09:28beaucoup de candidats aujourd'hui
09:29parlent de référendum, etc.
09:31Et quand on creuse ces propositions-là
09:35avec les Français,
09:36les Français disent
09:36mais en fait,
09:37même les référendums ne sont pas écoutés.
09:38Et la preuve,
09:39alors évidemment,
09:40ce ne sont pas les plus jeunes
09:41qui se souviennent de 2005,
09:43mais quand même,
09:44si vous voulez,
09:44c'est la première fois où...
09:45C'est inscrit dans l'inconscient collectif.
09:47C'est inscrit dans l'histoire collective.
09:49Voilà.
09:49L'histoire politique.
09:51Et je pense effectivement
09:52qu'on n'a pas réussi à dépasser ça
09:53ou à prouver,
09:54au contraire,
09:55effectivement,
09:56qu'on pouvait encore
09:58écouter la population
09:59et que chaque Français
10:01avait bien une voix
10:02et sa voix
10:04dans l'histoire collective.
10:05Ce à quoi on pourrait répondre
10:06que cette radicalité,
10:07on la retrouve peut-être
10:07dans le monde entier,
10:08Roland-Cairol.
10:09C'est français ?
10:10C'est particulièrement français ?
10:11Non, c'est assez transversal
10:14dans le monde occidental.
10:16Il y a au fond cette idée,
10:18ce paradoxe
10:19qui est que dans les grands événements,
10:22comme une présidentielle en France,
10:24comme une présidentielle aux États-Unis,
10:26comme pour l'élection
10:28numéro un dans chacun des pays,
10:31alors ça soulève
10:31un intérêt politique réel.
10:33Et les gens disent
10:34ça m'intéresse
10:35et ils ont envie d'y participer.
10:36Et en même temps,
10:38par rapport à la façon
10:39dont se déroule
10:40jour après jour
10:41la politique,
10:42ils sont de plus en plus éloignés,
10:44ils se sentent
10:45de plus en plus éloignés,
10:47voire écoeurés,
10:48voire c'est leur faute
10:50à tous là-haut.
10:52Et donc,
10:53on a un mouvement
10:54assez rude
10:56dans l'ensemble
10:57du monde occidental
10:58contre la politique,
11:00contre ces gens
11:00qui nous gouvernent
11:01et qui, à l'évidence,
11:03gouvernent contre nous,
11:04qui ne sont pas capables
11:05de nous tirer
11:06des crises,
11:07notamment des crises financières,
11:09budgétaires, économiques.
11:10C'est ça qui est
11:11le cœur du drame,
11:12le fameux pouvoir d'achat,
11:14la façon de vivre.
11:15Ils ne sont pas capables
11:16de nous en tirer.
11:17On les voit
11:17comme des incompétents.
11:19Incompétents
11:19et en plus arrogants.
11:20Ils font comme s'ils avaient
11:22le droit de venir
11:23se pavaner
11:24sur nos écrans de télévision
11:26alors qu'ils sont
11:27la cause du mal.
11:28Et donc,
11:29il y a une aigreur
11:32réelle
11:32contre l'ensemble
11:33de ces gens-là,
11:35contre ceux d'en haut.
11:36Et on se sort
11:37beaucoup plus difficilement
11:38de ça
11:39que d'un combat politique
11:40ordinaire.
11:41– Nathalie Moret,
11:42dans ce film,
11:42on retient aussi
11:42que les préoccupations
11:43des Français
11:43sont très différentes
11:44selon les métiers,
11:45les histoires,
11:46les formations.
11:47L'infirmière
11:47qui garde des taureaux
11:48en Camargue
11:49n'attend pas la même chose
11:50évidemment que l'agent
11:51de sécurité de Moselle
11:52qui lui-même
11:53n'attend pas la même chose
11:54que l'enseignante
11:55du Val-de-Marne.
11:55est-ce qu'il y a quand même
11:57quelque chose
11:57qui les rassemble ?
11:59Est-ce qu'il y a
11:59une attente commune
12:00d'après ce que vous observez ?
12:02– C'est vrai
12:03qu'ils attendent tous
12:03des choses différentes.
12:05Je pense que les candidats
12:06à la présidentielle
12:07sont conscients,
12:10en tous les cas,
12:11ils sont conscients
12:11du rejet
12:12dont ils font l'objet.
12:13Et s'il y a quelque chose
12:14qui les rassemble,
12:15je suis tout à fait d'accord
12:15avec vous,
12:16c'est le rejet
12:17de la classe politique.
12:18Et je vois que
12:19dans la pré-campagne
12:21qu'on est en train
12:21de vivre,
12:22il y a plusieurs candidats
12:23qui essayent d'insister
12:25sur le côté positif.
12:28Marine Le Pen,
12:30par exemple,
12:31ce week-end,
12:32le week-end dernier
12:33en meeting à Orléans,
12:36a fait disparaître
12:37la flamme de son parti,
12:39qui était quand même
12:40un signe très radical,
12:42pour faire apparaître
12:43un soleil
12:43qui se lève à l'horizon.
12:45Donc on voit bien
12:45qu'elle tente
12:46d'impulser une image positive
12:49de quelque chose
12:49qui se lève d'un renouveau.
12:51D'ailleurs,
12:51son slogan,
12:52c'est Renaissance.
12:53Gabriel Attal aussi.
12:54Gabriel Attal,
12:55dans sa campagne,
12:56insiste,
12:57comme d'ailleurs
12:57Édouard Philippe,
12:58sur tout ce qui peut être
12:59positif.
13:00On voit bien
13:01qu'ils essayent tous
13:02d'inverser le récit
13:03qui n'est
13:03on n'est pas contre
13:05quelque chose,
13:05on est pour quelque chose.
13:07Pour l'instant,
13:08ces récits-là
13:09n'impriment pas.
13:10Mais,
13:11moi j'entends
13:12que les candidats
13:13à la présidentielle
13:13ont entendu
13:14qu'ils étaient
13:15massivement rejetés,
13:16tous,
13:16le fait juste,
13:17ce n'est pas une étiquette
13:18contre l'autre,
13:19c'est vous êtes politique,
13:20on ne vous croit pas,
13:21et par leur récit de campagne,
13:22ils essayent d'impulser
13:24des idées positives.
13:26Pour l'instant,
13:26on n'en est pas
13:27à ce que ces idées-là
13:28crantent,
13:29mais en tous les cas,
13:30ils en ont la volonté.
13:30Et puis,
13:31c'est le début de la campagne.
13:32Plusieurs passages intéressants
13:33dans ce film,
13:34des propos qui vont nous permettre
13:34de voir si les stratégies
13:35justement des partis politiques
13:37fonctionnent ou pas.
13:38Je pense,
13:39par exemple,
13:40à l'opération
13:40de dédiabolisation
13:42du RN.
13:43Récoutons Lionel
13:44dans le documentaire,
13:44il est chef d'entreprise
13:45à Saumur
13:46et on lui demande
13:47comment il réagirait
13:49si le RN
13:50arrivait au pouvoir.
13:51Moi,
13:52ça ne me dérangerait pas du tout
13:52parce que
13:54je fais partie des gens
13:55qui aiment notre drapeau,
13:56je fais partie des gens
13:57qui le défendent
13:59et je fais partie
14:00des gens
14:00et des entrepreneurs
14:01qui font l'économie du pays.
14:03Donc,
14:03je ne suis pas inquiet
14:05que des gens comme ça
14:06pourraient arriver au pouvoir.
14:07Peut-être bien au contraire.
14:10Alors,
14:10Nathalie Moray,
14:11je reviens vers vous.
14:11On a l'impression,
14:12en écoutant ce chef d'entreprise,
14:14que le RN
14:14est un parti comme les autres.
14:15Est-ce que le RN
14:15est devenu un parti comme les autres ?
14:17Est-ce que le pari
14:18de la dédiabolisation,
14:19de la normalisation
14:20est gagné ?
14:21Il est en partie gagné
14:22parce que quand on voit
14:23que Marine Le Pen
14:24est à plus de 35%
14:27dans les intentions de vote,
14:28forcément,
14:30avec 155 000 adhérents,
14:33c'est un parti de masse
14:34aujourd'hui
14:35avec un groupe très important
14:37à l'Assemblée
14:38et maintenant au Sénat.
14:39Donc,
14:39oui,
14:39c'est un parti comme les autres.
14:41Et en même temps,
14:43si j'ose dire,
14:44moi,
14:44j'étais à Orléans
14:45ce week-end,
14:47le RN a réussi
14:49un meeting
14:50avec quasiment 10 000 personnes,
14:528 500.
14:53C'était un meeting
14:54extrêmement réussi,
14:56avec une ferveur populaire réelle.
14:58Et en même temps,
14:59la ville d'Orléans
15:00était totalement
15:01sous cloche sécuritaire.
15:02Il était très difficile
15:05d'arriver
15:06jusqu'au lieu du meeting.
15:08Il fallait avoir
15:08des QR codes.
15:10C'était très,
15:11très,
15:11très,
15:11vraiment très,
15:12très sécurisé.
15:14si vous décidiez
15:15au dernier moment
15:15d'aller au meeting,
15:17c'était impossible
15:17quasiment d'y aller.
15:18Et il y a eu
15:19plusieurs milliers
15:21de personnes
15:22qui ont,
15:24samedi,
15:24défilé
15:25contre le Rassemblement
15:26national
15:26et les idées
15:27qu'il génère
15:29dans le centre-ville
15:30d'Orléans.
15:30Donc,
15:31on voit que d'un côté,
15:32oui,
15:32ce parti est normalisé
15:33parce qu'il est en tête
15:34des intentions de vote
15:35et d'honnez gagnant
15:36au second tour.
15:37Et de l'autre côté,
15:38il est rare
15:39qu'un parti
15:39suscite autant
15:40de manifestations
15:41contre lui.
15:42Donc,
15:43il y a encore
15:44des freins
15:45pour l'arrivée
15:46au pouvoir
15:46du Rassemblement
15:47national.
15:47On n'en est qu'au début
15:49de la campagne
15:49à voir comment ça va se passer.
15:50Roland Quairol,
15:51qu'un chef d'entreprise
15:52assume,
15:53face caméra,
15:54qu'il pourrait accepter
15:56voire voter
15:56le RN aux élections.
15:58Est-ce que c'est
15:58un phénomène nouveau ?
16:00Oui,
16:01mais vous aurez remarqué
16:02qu'il assume
16:02avec des phrases
16:04toujours négatives.
16:06Je ne serai pas opposé
16:08à ce que...
16:09Voilà,
16:10on a du mal
16:11chez ses nouveaux
16:12potentiels électeurs
16:14du RN
16:15à trouver
16:16des phrases positives
16:17de soutien
16:18et de renaissance.
16:19Et écoutez,
16:20finalement,
16:21même moi,
16:22si c'est comme ça,
16:23je vais finir
16:24par voter pour eux.
16:26Plus une menace
16:27qu'une attention
16:28de vote.
16:29Et ça montre,
16:30je crois,
16:31ça clairement
16:31que le mouvement
16:32des diabolisations,
16:34il n'est pas terminé.
16:36qu'il y a toujours
16:37quelque chose
16:39qui distingue
16:40ce parti-là
16:41des autres,
16:42que ça n'est pas
16:44absolument un parti
16:45comme les autres.
16:46On peut quitter
16:47le vote socialiste
16:48et se mettre
16:49à voter républicain,
16:50ou le contraire.
16:51Bon,
16:52ça se dit volontiers,
16:55c'est pas une transgression
16:56spéciale.
16:57Dès l'instant
16:58qu'il s'agit
16:59du RN,
17:00c'est un tout petit peu différent.
17:02on a le sentiment
17:04que c'est une étape
17:06qui est franchie,
17:07qu'on passe de l'autre côté
17:08d'un rubicon
17:09qu'on ne définit pas bien.
17:13On ne dit plus
17:14que c'est ce qui sépare
17:16les partis démocratiques
17:17du parti fasciste,
17:18non ?
17:19Mais quelque chose
17:21qui fait que
17:22ce n'est pas tout à fait
17:24non plus
17:24dans l'arc-en-ciel républicain.
17:26Et elle a profité
17:29de cette ambiguïté.
17:30– Marine Le Pen ?
17:30– Et elle en souffre,
17:31Marine Le Pen.
17:32Et elle en souffre
17:33parce que,
17:34comme on le dit toujours
17:35dans le marathon,
17:36c'est le dernier kilomètre
17:37le plus dur
17:39à franchir.
17:39On est suffisamment crevé
17:41d'avoir fait des efforts
17:42pour faire les 41 premiers kilomètres
17:44et le dernier
17:45devient très dur.
17:46Et elle en est là.
17:48C'est-à-dire qu'elle n'a jamais
17:49été aussi proche du pouvoir
17:51mais ce dernier kilomètre
17:53il pèse de plus en plus
17:54terriblement.
17:54– Et dans les enquêtes
17:55d'opinion,
17:55Laure Salvin,
17:56moi j'ai connu l'époque
17:57où il y avait un vote caché
17:58pour le Front National
18:00à l'époque.
18:00On n'osait pas trop dire,
18:01même dans les enquêtes d'opinion
18:02face à un enquêteur
18:03qu'on allait voter FN.
18:04Est-ce que tout cela
18:05est en train de changer ?
18:06A changé ?
18:07– Oui, ça a clairement changé.
18:08Alors les méthodes
18:09d'interrogation aussi
18:10ont changé,
18:11c'est-à-dire que
18:11les enquêtes online
18:13où on répond
18:14directement,
18:15effectivement,
18:16on n'a plus
18:17le contrôle social
18:18qu'on pouvait avoir
18:19avec des enquêteurs
18:21ou ne serait-ce que même
18:22la confidentialité.
18:23donc ça,
18:24ça a évidemment
18:25beaucoup changé
18:25mais même
18:26à méthodologie
18:29identique,
18:30effectivement,
18:31il y a eu
18:31une libération
18:33de la parole
18:34et on le voit
18:34dans les indicateurs
18:35d'opinion.
18:36On suit
18:37dans l'opinion française
18:38l'image
18:39du FN
18:40et du RN
18:40aujourd'hui
18:41depuis
18:41une vingtaine d'années,
18:43même quasiment
18:4430 ans aujourd'hui
18:46pour le journal
18:47Le Monde,
18:48pardon,
18:49et donc on voit
18:50bien effectivement
18:52cette évolution
18:53de l'opinion
18:53où le parti
18:54était considéré
18:55comme un parti
18:55dangereux
18:56pour la démocratie
18:57très majoritairement.
18:58Aujourd'hui,
18:58ce n'est plus le cas.
18:59Aujourd'hui,
19:00les Français considèrent
19:01que c'est un parti
19:02comme les autres.
19:03Ils considèrent
19:04effectivement que
19:05le parti le plus
19:06dangereux pour la démocratie
19:07aujourd'hui,
19:08c'est LFI,
19:09la France insoumise
19:11de Jean-Luc Mélenchon.
19:11Donc on voit bien
19:12que les choses
19:13ont évolué
19:14et quand on regarde
19:16effectivement,
19:17finalement,
19:18ces primo-votants,
19:20on les appelle
19:20les primo-votants,
19:21ceux qui pourraient,
19:21donc c'est plutôt
19:22des sympathisants
19:22de droite,
19:23ex-les républicains
19:25qui pourraient voter
19:27Rassemblement national,
19:28on voit effectivement
19:29quand même
19:29que cette dimension
19:31quelque part
19:32de doute
19:34sur le racisme,
19:36l'antisémitisme,
19:37la xénophobie
19:37du parti
19:39reste encore active
19:41effectivement
19:41chez cette partie
19:42de la population
19:42alors que
19:43c'est beaucoup estompé
19:45dans le reste
19:46de l'électorat.
19:47Et les affaires,
19:48les polémiques
19:48ne semblent rien
19:49y changer.
19:50Pascal Perrineau,
19:51on a quand même
19:51l'affaire Bardella,
19:52la condamnation
19:52de Marine Le Pen,
19:54alors elle a fait appel
19:56de sa condamnation,
19:57on a quelqu'un
19:58dans le documentaire
19:58qui nous dit
19:59il y en a d'autres
19:59que Marine Le Pen
20:00qui ont détourné
20:00de l'argent,
20:01donc ça compte plus ?
20:02Bien sûr,
20:03ça a énormément
20:04banalisé
20:04ce qu'on appelle
20:05les affaires.
20:06Quand on regarde
20:08les codes d'opinion
20:09et les intentions
20:09de vote,
20:10on s'aperçoit
20:11que l'affaire
20:13Le Pen
20:14des dépenses
20:16indues
20:17au Parlement européen,
20:19puis ensuite
20:20l'affaire
20:20Bardella
20:22sur l'antisémitisme
20:24n'a pas laissé
20:25dans l'opinion
20:26de traces
20:28véritablement
20:28importantes
20:30et en cela
20:31c'est presque différent
20:33des affaires
20:34sous Jean-Marie Le Pen
20:35père.
20:37Quand Jean-Marie Le Pen
20:37faisait un dérapage,
20:39il y avait une sanction
20:40dans l'opinion.
20:41Il reprenait
20:42assez vite
20:43le niveau
20:44qu'il avait abandonné
20:45quelques semaines plus tôt
20:47avant le dérapage.
20:48Mais symboliquement
20:48il se passait quelque chose.
20:49Mais symboliquement
20:50il se passait quelque chose.
20:51Alors que là
20:52Jordan Bardella
20:52a été réélu
20:53président du parti
20:54sans encombre.
20:55Voilà,
20:55mais là ça correspond
20:56certainement
20:57à une opinion
20:57qui,
20:58comme le disait Roland
20:59Carroll tout à l'heure,
21:01condamne tous les gens
21:02d'en haut,
21:02les met tous
21:03dans le même sac.
21:04Donc pourquoi
21:04s'indigner
21:05de ce qui arrive
21:06au Rassemblement National ?
21:07Donc plus ou moins,
21:07peu importe,
21:08Nathalie Moret,
21:09ça compte plus ça ?
21:10Comment dire,
21:11elles sont mises
21:11très à l'écart
21:13par les...
21:14Mais qu'est-ce qu'on peut
21:15remettre en question
21:15les médias peut-être ?
21:16On remet finalement
21:17en question
21:17le porteur du message
21:19que...
21:20Alors pour une certaine partie
21:21oui,
21:22par exemple pour l'affaire
21:23Bardella
21:23ça n'existe pas.
21:25L'affaire Bardella
21:26est une manipulation
21:28des médias
21:29pour faire chuter
21:31Marine Le Pen
21:32qui est aux portes
21:33du pouvoir.
21:34Et ça,
21:34je l'ai entendu
21:35de façon absolument
21:37systématique
21:39sur tous les militants
21:41que j'ai pu rencontrer.
21:42Donc l'affaire Bardella
21:44n'existe pas,
21:45il n'y croit
21:46tout simplement pas.
21:46En revanche,
21:47c'est différent
21:49sur la condamnation
21:50de Marine Le Pen
21:51et d'un certain nombre
21:52d'élus du Rassemblement
21:53Une décision de justice
21:54pèse encore ?
21:56En fait,
21:56elle pèse au sens
21:57où
22:00ils reconnaissent
22:01qu'elle a été condamnée,
22:02c'est-à-dire que
22:03l'élément de langage
22:03du Rassemblement national
22:05qui consiste à dire
22:06que Marine Le Pen
22:06est innocente
22:07n'est pas arrivé jusqu'à eux
22:08au sens où
22:09ils sont convaincus
22:10qu'effectivement
22:11il y a eu
22:13des détournements d'argent.
22:14En revanche,
22:16le RN a détourné de l'argent
22:17mais pas au profit
22:19de Marine Le Pen
22:20et tous le font.
22:21Pas d'enrichissement personnel ?
22:22Oui,
22:22et puis tous le font.
22:23C'est-à-dire que
22:24là intervient encore
22:26une manipulation
22:27si ça sort
22:28sur le Rassemblement national
22:31c'est parce que
22:32c'est pour l'empêcher
22:33d'aller au pouvoir.
22:34Donc il y a une sorte
22:34d'excuse
22:35du Rassemblement national
22:36qui encore une fois
22:37et là on voit
22:38que la dédiabolisation
22:40n'est pas complètement terminée
22:42c'est-à-dire que
22:43on s'attaque
22:44au Rassemblement national
22:45pour l'empêcher
22:46d'arriver au pouvoir.
22:47Et ça c'est de toute façon
22:49massive.
22:49Et puis
22:51tout ça
22:52c'est des combats
22:53de chiffonniers.
22:54Donc on va les laisser
22:55se taper sur
22:56les uns sur les autres
22:57comme des chiffonniers
22:59et on a le droit
22:59du coup nous aussi
23:00d'employer
23:02le même vocabulaire
23:03que ceux qui comptent
23:04ce sont les positions
23:05les convictions.
23:06Les convictions
23:07et les opinions
23:08sont plus importantes
23:09que les faits
23:10et que la façon
23:11dont réellement se passent
23:13les déclarations
23:14des uns et des autres.
23:15Alors du côté
23:15de l'extrême-gauche
23:16on a LFI
23:17ce qu'on observe
23:17en termes de stratégie
23:19depuis des mois
23:20et le mouvement lycéen
23:21est d'ailleurs venu le confirmer
23:22c'est que le parti
23:23de Jean-Luc Mélenchon
23:24mise beaucoup
23:25sur la jeunesse
23:26sur le fond
23:28apparemment
23:28il serait plus proche
23:29de leurs préoccupations
23:30c'est ce que nous dit
23:31un militant
23:32dans le documentaire.
23:32Écoutez
23:33Les questions
23:34de l'avenir
23:35de l'écologie
23:36de la démocratie
23:37et de comment
23:39on apprend
23:40des erreurs du passé
23:42des questions
23:43des luttes
23:44sociales
23:45antiracistes
23:46elles sont présentes
23:47dans le programme
23:48de la France insoumise
23:49et pour moi
23:51elles sont partagées
23:51par
23:52c'est des préoccupations
23:53partagées par la jeunesse.
23:54Laure Salvin
23:56LFI
23:56parle aux jeunes
23:57c'est très clair ?
23:58Oui clairement
23:59dans toutes les enquêtes
24:00d'opinion
24:01les enquêtes de popularité
24:03effectivement
24:03on voit que
24:04notamment Jean-Luc Mélenchon
24:06obtient des scores
24:07chez la jeunesse
24:07que les autres
24:09n'atteignent pas
24:10ou n'atteignent plus
24:11à un moment donné
24:12on s'est posé la question
24:16du RN
24:17et des jeunes
24:18parce qu'on sentait
24:19un frémissement
24:19aujourd'hui
24:20on voit bien
24:20effectivement
24:21que c'est plus du tout
24:23le cas
24:23et que finalement
24:24les jeunes
24:26sont très en ce moment
24:26quand on parle des jeunes
24:28les 18
24:30principalement
24:31les 18-24 ans
24:33qui effectivement
24:34soutiennent
24:35Jean-Luc Mélenchon
24:36et surtout soutiennent
24:37la vision
24:38de Jean-Luc Mélenchon
24:39parce qu'on parlait
24:40au début
24:41effectivement
24:42d'idées positives
24:43je pense aussi
24:43que ce qui manque
24:44quand même
24:45beaucoup
24:45dans ce débat
24:47c'est une vision
24:47or cette vision
24:48on l'a
24:49de la part
24:50de Jean-Luc Mélenchon
24:51de la part aussi
24:52de Marine Le Pen
24:53mais les autres candidats
24:54ont du mal
24:55à émerger
24:55sur une vision
24:56pour la France
24:56quelle vision
24:57effectivement
24:58on ne peut pas
24:59considérer
25:00que réduire la dette
25:01est un projet
25:02suffisamment
25:03motivant
25:04pour voter
25:05pour quelqu'un
25:06à une élection
25:07présidentielle
25:08Jean-Luc Mélenchon
25:09il propose
25:10une vision
25:11celle de la Nouvelle France
25:12notamment
25:13un projet collectif
25:15pour ces jeunes
25:17une ouverture
25:17quelque part
25:18je dirais
25:18alors que les autres
25:19sont très
25:21plutôt
25:21à gérer
25:22le quotidien
25:23et à proposer
25:24des choses
25:25pour régler
25:25les problèmes actuels
25:26et j'ajouterais
25:27qu'il a proposé
25:28une cause
25:29Pascal Perrineau
25:30il a beaucoup
25:30certains diront
25:32instrumentalisé
25:32Gaza
25:33et la cause
25:34palestinienne
25:34comme d'autres
25:35à une époque
25:36pouvaient proposer
25:37à la jeunesse
25:37la cause
25:38de touche pas à mon pote
25:39l'antiracide
25:39dans les années 80
25:40est-ce que c'est
25:41cette carte-là
25:42qui a bien fonctionné
25:43aussi ?
25:44Il touche
25:44dans la jeunesse
25:45il touche en effet
25:46beaucoup les 18-24 ans
25:48il faudrait nuancer
25:48dès que vous passez
25:50au-dessus de 24 ans
25:51chez les 24-34
25:52là vous apercevez
25:54que l'enracinement
25:56il existe
25:57l'enracinement
25:57de Jean-Luc Mélenchon
25:58est moins fort
26:00et ça tient peut-être
26:01au fait que
26:01c'est une jeunesse
26:02différente de la première
26:03c'est une jeunesse
26:04qui commence à être insérée
26:05avec grande difficulté
26:06dans le monde
26:08du travail
26:09alors c'est vrai
26:10que la cause de Gaza
26:11la cause de la Palestine
26:12reste extrêmement
26:14importante
26:15on le voyait encore
26:16et on le voit
26:16tous les jours
26:17dans les manifestations
26:18de lycéens
26:19et de collégiens
26:20le drapeau
26:21palestinien
26:22est très souvent présent
26:23le keffier
26:24est très souvent présent
26:26et ça donne
26:27à des jeunes
26:28qui ont une certaine
26:29générosité
26:30si vous voulez
26:31ça donne une occasion
26:32en effet
26:33de sortir dans la rue
26:34pour la bonne cause
26:36mais au-delà
26:37c'est vrai
26:38qu'il y a
26:38une conception du monde
26:40que véhicule
26:41Jean-Luc Mélenchon
26:42cette fameuse
26:43nouvelle France
26:44qui serait plus en phase
26:45avec la réalité
26:46de la France
26:47que les jeunes connaissent
26:48dans leur lycée
26:48et leur collège
26:49qui est mobilisatrice
26:50alors qu'en face
26:51sauf pour Marine Le Pen
26:52il n'y a pas en effet
26:54de projet mobilisateur
26:55mais est-ce que ça peut être
26:56payant de parier
26:57sur la jeunesse
26:58Roland Quairol
26:59est-ce qu'elle vote
27:00la jeunesse
27:00est-ce qu'elle se...
27:01la réponse est non
27:03électoralement
27:03ça n'est pas payant
27:05parce qu'il y a
27:06moins de jeunes
27:07que de vieux
27:07et il y a même
27:08de plus en plus
27:09de vieux
27:10et en effet
27:11si Pascal avait
27:12poursuivi
27:14son analyse
27:15jusqu'aux dernières
27:16tranches d'âge
27:17jusqu'aux plus âgés
27:18alors là
27:19LFI n'existe plus
27:20il fait 4 ou 5%
27:22des retraités
27:23or c'est devenu
27:25le groupe
27:26le plus important
27:27des électeurs
27:27c'est ça qui est très étonnant
27:29c'est qu'on voit bien
27:30qu'un pays
27:31ne peut rien faire
27:32sans sa jeunesse
27:34c'est la jeunesse
27:35qui apporte
27:35le changement
27:36c'est la jeunesse
27:37qui importe
27:39le dynamisme
27:40des nouvelles
27:41forces politiques
27:42mais statistiquement
27:44de surcroît
27:45dans des pays
27:46qui font de moins en moins
27:47d'enfants
27:48et où on meurt
27:49de plus en plus tard
27:50Dieu merci
27:52par ailleurs
27:54ça n'est pas payant
27:56mais est-ce que c'est toi
27:56ça pourrait être payant
27:57est-ce que ça pourrait
27:57faire la différence
27:59ces primo-votants
28:00ces jeunes là
28:00de 18 ans
28:01qui s'apprêtent à voter
28:02en 2027
28:03écoutez
28:03ça fait une différence
28:05ça veut dire que
28:05c'était en effet
28:06les gens
28:06mais d'abord ce sont
28:08avant d'être des gens
28:09qui votent plus à gauche
28:11et c'est le cas
28:11ce sont des gens
28:12qui s'abstiennent plus
28:13donc il faut d'abord
28:14aller les amener
28:15aux urnes
28:15et le premier boulot
28:17de Mélenchon
28:17et de LFI
28:18c'est celui-là
28:19c'est celui de les amener
28:20aux urnes
28:20et ça
28:21ils ne l'ont pas encore gagné
28:23il y a tout de même
28:24ce mur un peu
28:25infranchissable
28:25pour le moment
28:26de vos élections
28:28c'est tous du pareil
28:29au même
28:30c'est pas ça
28:31qui va changer nos vies
28:32donc il faut d'abord
28:33les emmener aux urnes
28:34et ensuite
28:35étendre ça
28:36à des catégories
28:37d'âge
28:37qui ne soient pas simplement
28:38les 18-30 ans
28:40et ça vraiment
28:42c'est pas gagné
28:42c'est pas gagné
28:43parce qu'au fur et à mesure
28:44que la vie politique
28:45se déroule
28:46s'ancre encore
28:48un peu plus
28:48le sentiment
28:49que décidément
28:50la politique
28:51le changement
28:52c'est pas fait
28:53pour les jeunes
28:54qu'on est devant
28:55des démocraties
28:58vieillissantes
28:58qui sont dirigées
29:00par des vieux
29:01combien maintenant
29:02y a-t-il d'octogénaires
29:03qui sont à la tête
29:05de pouvoir
29:07démocratique
29:08ou pseudo-démocratique
29:09dans le monde
29:10voilà ça
29:11c'est ça la réalité
29:13et c'est pas le renouvellement
29:14Dites-moi si je me trompe
29:15Nathalie Moret
29:16mais c'est un drôle de pari
29:17de penser finalement
29:18à cette jeunesse
29:19qui à long terme
29:20pourrait voter
29:21pour LFI
29:21quand on a 75 ans
29:22et qu'a priori
29:23c'est peut-être
29:24la dernière fois
29:24qu'il est candidat
29:25Jean-Luc Mélenchon
29:27C'est vous qui le dites
29:28parce que Lula
29:30vient quand même
29:31de gagner l'élection
29:33au Brésil
29:34et il a 80 ans
29:36bien 80 ans
29:37donc finalement
29:38dans 5 ans
29:39Jean-Luc Mélenchon
29:40aura l'âge de Lula
29:42mais pour élargir le débat
29:44en fait
29:44la France insoumise
29:45considère qu'effectivement
29:46il a gagné
29:47la bataille de la jeunesse
29:48mais que c'est une étape
29:50une étape en deux temps
29:51un
29:52la première chose
29:52c'est que maintenant
29:53ils vont avoir
29:54un certain nombre
29:54de sujets
29:56qui sont plus transversaux
29:58et qui vont décliner
29:59dans la campagne
29:59pour élargir
30:00leur base électorale
30:01et ensuite
30:02ils se servent
30:03de la jeunesse
30:04comme levier électoral
30:05c'est-à-dire
30:06un jeune
30:06il a des parents
30:07et des grands-parents
30:09et c'est vraiment
30:10pour eux
30:11et ils le disent tous
30:13ils le théorisent
30:14c'est-à-dire que
30:15les jeunes
30:16vont être
30:17le porteur
30:18de nos idées
30:20auprès
30:20des parents
30:21et des grands-parents
30:22et ils citent
30:23en exemple
30:24la constitutionnalisation
30:26de l'IVG
30:27il y a deux ans
30:28où effectivement
30:29la jeunesse
30:30avait parlé
30:31à leurs grands-parents
30:33notamment les sénateurs
30:34en disant
30:34là vraiment
30:35il y avait eu
30:36plusieurs exemples
30:38qui avaient été cités
30:38à l'époque
30:39où des sénateurs
30:40avaient changé
30:41leur vote
30:42sous l'influence
30:43de la nouvelle génération
30:45de leur petite fille
30:46et ils estiment
30:47que la société
30:50ne sert pas
30:51les jeunes
30:52parce qu'effectivement
30:53les jeunes
30:53et on le voit
30:54en ce moment
30:55dans la rue
30:55sont une génération
30:57qui sont très angoissée
30:58et ils font le pari
31:00que ces jeunes-là
31:02arriveront
31:03à être
31:03un vecteur
31:04de mobilisation
31:05pour les générations
31:06qui leur sont intéressées
31:07C'est une stratégie fine
31:08très très intéressante
31:10il nous reste deux minutes
31:10est-ce que
31:11on peut peut-être
31:13conclure
31:13sur votre sentiment
31:15de cette campagne
31:16qui est en train
31:17de s'ouvrir
31:17et de ce qui nous attend
31:19dans les mois à venir
31:21dans les semaines à venir
31:21sachant que peut-être
31:22on vous retrouvera
31:23pour l'épisode 2
31:24de ce documentaire
31:25et qu'on suivra
31:25les évolutions
31:26des personnages
31:27que nous avons
31:27dans ce documentaire
31:28Laure Salvin
31:29comment vous voyez
31:30les semaines à venir
31:31l'impact du mouvement lycéen
31:33évidemment aussi
31:34de l'attentat de Trappes
31:35de tous ces événements
31:36qui viennent percuter
31:36une campagne
31:37Moi j'ai surtout
31:38un espoir
31:39c'est qu'on arrive
31:40à dépasser
31:40effectivement tout ça
31:41et qu'on arrive
31:42à faire une vraie campagne
31:43sur des programmes
31:45sur des visions
31:46ce que nous disent
31:47les français
31:47c'est qu'ils ont le sentiment
31:48effectivement
31:49que ces dernières campagnes
31:50les deux dernières campagnes
31:51notamment présidentielles
31:53et bien ils ont le sentiment
31:54qu'on leur a volé
31:54pour différentes raisons
31:57pour la guerre
31:59en Ukraine notamment
32:00mais aussi
32:01d'autres affaires
32:02effectivement
32:03qu'il y a pu y avoir
32:04et ils ont eu le sentiment
32:05que ça fait
32:08un temps très long
32:09pendant lequel
32:10il n'y a pas eu
32:10de vrai débat
32:11sur finalement
32:12les choix qu'on veut
32:13pour notre société
32:14Tout est écrit
32:15ou rien n'est écrit
32:15Pascal Pérez ?
32:16Non rien n'est écrit
32:17parce que le système
32:18d'offre électorale
32:19va bouger
32:20pour l'instant
32:21j'allais dire
32:21c'est le trop-plein
32:22en termes de candidats
32:24une comptabilité
32:25avait été effectuée
32:27il y a quelque temps
32:28et on arrivait
32:28à 35 candidats
32:29bon à la fin
32:30il n'y aura pas
32:31les 35 candidats
32:31mais même
32:32les instituts
32:33aujourd'hui
32:34mesurent avec
32:34une douzaine
32:36et parfois
32:36beaucoup plus
32:37de candidats
32:38Or, étant donné
32:39la position
32:40extrêmement impressionnante
32:42de Marine Le Pen
32:44la question du second tour
32:46se pose
32:47avant le premier tour
32:48beaucoup plus
32:49que dans les présidentielles
32:51passées
32:51et peu à peu
32:53à partir peut-être
32:54de décembre
32:55janvier
32:55les différents candidats
32:57vont se poser
32:58la question
32:58du seuil
32:59et qu'il faut atteindre
33:01pour être le challenger
33:02de Marine Le Pen
33:04au second tour
33:06et là on voit
33:07en particulier
33:07dans ce qu'on a pris
33:08l'habitude
33:09d'appeler
33:10le bloc central
33:10élargi à LR
33:11et peut-être même
33:13à certains socialistes
33:14de sensibilité
33:15sociodémocrate
33:15qu'il faudra
33:16à la fin des fins
33:18si on veut
33:19aller plus loin
33:19si on veut
33:20aller plus loin
33:21et si le pire
33:22n'est pas possible
33:23le pire est toujours
33:24possible
33:25il faudra bien
33:26qu'il y ait
33:28certains
33:28parmi
33:29le trio
33:31Attal
33:32Philippe
33:33et le troisième
33:34m'échappe
33:36Rotaillot
33:39il faudra bien
33:40qu'il y ait
33:41une forme
33:41d'accord
33:42et de compromis
33:42Votre conclusion
33:43Roland Quairol
33:45La conclusion
33:46c'est que
33:46ça va être
33:47quand même
33:47compliqué
33:48de ramener
33:49la vie politique
33:50à des données
33:51de ce genre
33:52je crois
33:52qu'on est
33:54quand même
33:54à un degré
33:55de violence
33:56verbale
33:57et d'accrochage
33:58sur le fond
34:00qui n'était
34:01pas imaginable
34:02à ce point
34:03il y a encore
34:03un an ou deux
34:05c'est pas un spectacle
34:06purement français
34:06mais on a le sentiment
34:07que nos démocraties
34:09au plan mondial
34:10patauge comme ça
34:11dans cette incapacité
34:12à trouver
34:14Pascal parlait
34:15de la nécessité
34:16de débat
34:16c'est vrai que les gens
34:17sont partout
34:18demandeurs de débat
34:19on le voit sur les télés
34:20dès qu'il y a un débat
34:22on a une audience
34:23qui augmente
34:23les gens ont envie
34:24de voir un affrontement
34:26mais pas ces affrontements
34:28auxquels ils ont droit
34:29des choses auxquelles
34:29ils puissent
34:30comprendre quelque chose
34:31et qui est un rapport
34:33avec leur vie quotidienne
34:34et ça
34:35la politique
34:36s'en est malheureusement
34:37éloignée
34:38et moi je ne vois pas
34:39comment elle pourrait
34:40s'en rapprocher
34:40dans les mois qui viennent
34:42Nathalie Moret
34:42vous partagez cette inquiétude
34:44Oui moi je pense
34:44que cette présidentielle
34:45va être absolument passionnante
34:47pour une raison
34:47c'est qu'elle est hyper incertaine
34:50et si elle est incertaine
34:51c'est parce qu'il y a
34:51un changement de paradigme
34:52tout ce qu'on a vécu avant
34:54on peut le jeter
34:55on est dans un monde
34:56qui a changé
34:57et on ne sait pas
34:58vers où il va aller
34:59et bien on s'arrêtera là
35:00merci
35:00merci à tous les quatre
35:01d'avoir participé
35:02à cet échange
35:03documentaire
35:03que vous pouvez retrouver
35:04en replay
35:05sur notre plateforme
35:05publicsénat.fr
35:06l'épisode 2 arrive
35:07il sera diffusé
35:09le 12 décembre
35:10et on se retrouve
35:10évidemment d'ici là
35:11à très bientôt
35:12sur Public Sénat
35:12merci

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