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  • il y a 3 minutes
Ce vendredi 30 octobre, Michel Ruimy, partner de Levy Capital Partners, a abordé le maintien des taux de la Fed et le recul de 0,1 % du PIB français au troisième trimestre dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Michel Ouimil, Lévy Capital Partners. Bonjour Michel, très heureux de vous retrouver.
00:07Bonjour Antoine.
00:08On va peut-être essayer de faire en quelques mots un bilan de la semaine aux Etats-Unis,
00:11mais enfin ça a été totalement dingue, entre données économiques, décisions monétaires.
00:16Au milieu de tout ça, et malgré les remous boursiers,
00:19la trajectoire en termes économiques et en termes taux
00:23semble quand même à peu près balisée jusqu'en mars, on va dire.
00:27Oui, tout à fait, parce qu'en fait on s'attendait à une semaine agitée
00:32et puis finalement l'agitation n'est pas venue de la Banque centrale,
00:35elle est venue du prix du risque.
00:38Et en fait, comme vous l'avez dit, la croissance américaine est très solide,
00:43mais il y a un revers, c'est que l'inflation n'est pas vaincue,
00:47elle revient par les prix de l'énergie,
00:50et dans ce contexte, la Fédérale Réserve a conservé ses taux.
00:55Mais ce qu'il faut y voir, c'est que cette décision n'a pas été aussi consensuelle
01:00que l'on peut l'imaginer, puisqu'elle a été prise à 10 voix contre 2.
01:04Et le message est clair, en fait, c'est que la Fédérale Réserve ne panique pas,
01:08elle observe et elle attend, elle veut être certaine en fait
01:12que l'inflation revienne durablement vers les 2% pour baisser ses taux.
01:16Et donc le problème américain n'est pas la croissance, c'est le prix de cette croissance.
01:20Autrement dit, pour la Fédérale Réserve, la question n'est plus seulement de savoir
01:24quand baisser les taux, c'est aussi de savoir s'il faudra qu'elle les remonte.
01:28Donc c'est pour ça qu'elle n'a donné aucun engagement pour décembre,
01:32alors que le marché, lui, envisage plutôt une hausse des taux.
01:36Et donc plus ou moins, c'est un peu balisé pour les prochaines semaines, on va dire ça.
01:40– Michel, difficile de ne pas revenir sur les chiffres de la croissance française,
01:44donc bon, la campagne électorale, la campagne présidentielle
01:48va encore prononcer le mot de récession,
01:50alors qu'on est juste sur une croissance négative sur un trimestre.
01:56Mais voilà, les signaux de faiblesse quand même
01:58semblent s'accentuer du côté de l'économie française.
02:00– Oui, tout à fait, le chiffre qui a été publié est mauvais.
02:04La France n'est pas officiellement en récession.
02:08– Bien sûr que c'est. – En récession technique.
02:11Mais économiquement, nous sommes déjà dans une dynamique
02:14de sous-croissance durable.
02:17Les entreprises investissent moins,
02:19les exportations ne jouent pas leur rôle de moteur,
02:22et puis l'inflation repart à la hausse.
02:24Et dans ce cadre-là, il n'y a que la consommation,
02:26et encore, des ménages qui résistent.
02:29Donc ça ne suffit pas.
02:30Et ça, c'est le scénario le plus inconfortable qu'on peut dire.
02:35En fait, ça me donne l'impression que la France
02:38ne s'effondre pas, s'enlise en fait.
02:40Et c'est une économie qui s'enlise,
02:42finit par, finalement, perdre sur tous les tableaux,
02:46c'est-à-dire moins de croissance, moins de recettes fiscales,
02:48moins de marge budgétaire et plus de tension sociale.
02:51Donc la priorité, à mon sens, est claire,
02:53c'est restaurer la productivité,
02:56relancer l'investissement et améliorer la compétitivité.
02:59Et du coup, le débat électoral ne devrait pas porter
03:03uniquement sur les promesses de nouvelles dépenses.
03:06La récession va, elle aussi, s'inviter dans le débat
03:09de la campagne électorale.
03:11Et du dernier, le débat devrait porter, à mon sens,
03:16et si on est bien conscient de la difficulté,
03:19c'est, devrait porter sur une question, à mon sens,
03:22qui est fondamentale.
03:22Et comment la France peut-elle recommencer à produire,
03:26à investir et à financer son modèle social ?
03:29Merci infiniment, Michel Aurémy, Lévy Capital Partners.
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