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  • il y a 11 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Bonsoir à tous, bienvenue dans BFM Grand Soir, c'est une journée à haut risque et je pèse mes mots,
00:06ce sont les déclarations du ministre de l'Intérieur
00:09qui s'est exprimé en fin de journée depuis Rouen alors que des épisodes de violences urbaines comparables à ceux
00:15du 17 octobre sont redoutés demain tout au long de la journée.
00:21A cela vient s'ajouter un imbruglio judiciaire autour du parcours du cortège parisien, ça se passe en ce moment
00:30avec une audience qui est prévue à 22h au Conseil d'Etat, on pourrait donc être fixé dès ce soir.
00:37L'idée tout au long de cette émission de BFM Grand Soir est de donner la parole à ceux qui
00:42vont se mobiliser, ceux qui redoutent ces mobilisations, même ceux qui y sont opposés justement en raison de ces risques
00:50sécuritaires
00:51et ils sont en train de s'installer autour de moi sur ce plateau. Nous avons tout d'abord Sophia
00:56Tizaoui qui est là, bonsoir, ancienne présidente de l'union syndicale lycéenne.
01:02Chloé, ancienne figure des Gilets jaunes, bonsoir, bienvenue sur ce plateau. Hélène Lecomte évidemment pour le service police-justice de
01:10BFM TV.
01:11Colonel Bruno Caïzac, bonsoir. Ancien commandant d'unité de gendarmerie mobile. Cyril Lamas, secrétaire confédéral de force ouvrière, bonsoir, bienvenue
01:21à vous.
01:21Et Romain Deliège chargé de promotion et auto-entrepreneur apparu. Bienvenue sur ce plateau.
01:27Stéphane Manigol qui est patron de PME et président du groupe Eclore va aussi nous rejoindre dans un instant sur
01:33ce plateau.
01:34La dernière information donc, c'est que le préfet de Paris a fait appel de la décision du tribunal administratif
01:42qui avait donc décidé de lever l'interdiction.
01:46Le tribunal administratif, pardon, on va essayer d'être tout à fait clair parce que c'est compliqué, c'est
01:51difficile la suivre.
01:51Et en plus c'est la justice administrative qui n'a pas tout à fait les mêmes règles et les
01:55mêmes usages que la justice pénale donc on y est moins habitué.
01:58Le tribunal administratif a donc décidé de lever l'interdiction de manifester entre Bastille et Nation comme le souhaite la
02:06CGT.
02:06Et voilà ce que dit ce soir Laurent Nunes, on en parle Hélène juste derrière.
02:12Pour la décision qui a été prise à Paris, c'est à ma connaissance, la plupart des décisions prises par
02:18les préfets prévoyant des cortèges qui avaient lieu en dehors des centres-villes,
02:23la plupart de ces décisions avaient été validées par les tribunaux administratifs.
02:25Effectivement, on me dit que le tribunal a suspendu la décision du préfet de police sur un cortège Bastille Nation.
02:31Dans notre pays, on peut faire appel. Donc voilà, moi je vais regarder pour qu'on puisse faire appel.
02:35Il y a des risques de trouver leur public important.
02:36C'est ma vision comme ministre de l'Intérieur, c'était celle du préfet de police.
02:40Donc on va faire appel. L'intention qui est celle du préfet de police quand il prend sa décision, c
02:44'est d'éviter des troubles à l'ordre public.
02:46C'est tout. Il n'est mu que par cette volonté-là.
02:48Bon, je ne vois pas en quoi c'est à toi, à toi, aux libertés.
02:51Maintenant, si un juge en a décidé autrement, moi je respecte la justice.
02:54On fera appel pour que le droit soit clairement tranché et clarifié sur ce point.
02:58Hélène Lecomte, pour plusieurs raisons, elle est très importante cette décision.
03:01Oui, d'abord parce que le tribunal administratif ne dit pas qu'il n'y a pas de risque manifeste
03:06de trouble à l'ordre public.
03:07Mais ce que regarde le tribunal administratif, c'est, on entend beaucoup parler de proportionnalité dans le maintien de l
03:12'ordre,
03:12c'est la proportionnalité entre la décision qui a été prise par la préfecture de police
03:16et puis les arguments qui sont avancés aussi par les différentes associations ou en l'espèce par les syndicats.
03:23Est-ce que le tribunal administratif dit, sincèrement, on peut dire que c'est un camouflet pour la préfecture de
03:29police
03:29parce que chacun des arguments qui a été avancé est retoqué par ce tribunal administratif.
03:36Oui, il y a un trouble à l'ordre public, mais cela n'empêche pas que la manifestation se tienne
03:40entre Bastille et Nation, par exemple.
03:43Et il faut préciser qu'à cette heure-ci, et il y a une audience dans un peu moins d
03:48'une heure maintenant, devant le Conseil d'État,
03:52puisqu'il y a eu un appel en effet annoncé par Laurent Nunez, à cette heure-ci, le cortège devrait
03:58partir de Bastille pour aller à Nation,
04:01sauf décision contraire du Conseil d'État.
04:03C'est ça qui est important aussi, l'appel n'est pas suspensif quand on forme un appel après une
04:08décision du tribunal administratif.
04:10On va aller justement retrouver Camille Borin, qui est l'une des reporters de BFMTV,
04:15qui se trouve sur ce trajet entre Bastille et Nation.
04:20Et ce qu'il faut dire, en fait, Camille, c'est que vous n'avez pas croisé de commerçants ce
04:23soir,
04:23puisqu'ils se sont tous barricadés, ils ont tous fermé boutique, ils ont tous pris leur disposition.
04:31Oui, absolument, et vous allez le voir, nous sommes sur la place Félix-Éboué, dans le 12e arrondissement, vous l
04:36'avez dit Alice,
04:36là où va passer le cortège de main. Et regardez sur les images de Margot Sèvres, cette banque qui est
04:42complètement barricadée.
04:44Alors il faut savoir que la banque fait tout le tour de l'angle de cette rue, et que c
04:48'est comme ça, sur tous les côtés.
04:50Il n'y a plus une seule issue possible pour pénétrer dans cette banque.
04:55Vous allez même voir, regardez, le distributeur automatique, qui est complètement, lui aussi, complètement cloisonné.
05:03C'est impossible d'y toucher, impossible, évidemment, de le casser et de, on imagine que c'est pour ça
05:08que ça a été fait, de retirer l'argent.
05:10Et en fait, Alice, vous l'avez dit, on n'a pas croisé beaucoup de commerçants, tout simplement parce qu
05:14'ils sont presque tous barricadés.
05:17C'est vrai que c'était un petit peu mort ce soir, on s'attendait peut-être à avoir des
05:20commerçants qui étaient en train de se barricader.
05:21Mais la vérité, c'est que dans ce quartier, on a l'habitude des manifestations.
05:26Et depuis, en fait, le 17 octobre, la plupart sont restés barricadés, ce qui fait qu'en fait, beaucoup de
05:32commerces sont fermés à 7h.
05:33Il est tard, vous allez me dire, c'est normal, mais beaucoup surtout sont barricadés, puisque, vous l'avez dit,
05:37c'est la nouveauté, le feuilleton de la journée,
05:39avec ce cortège qui est finalement autorisé pour l'instant, avant la décision du Conseil d'État entre Bastille et
05:44Nation.
05:45Et donc, cette place, Félix et Boué, et tout le long du cortège, le long du parcours que va emprunter
05:50possiblement le cortège demain,
05:51c'est partout pareil, on se barricade et tout, absolument, tout est fermé, comme sur cette place où on se
05:58trouve actuellement avec Margot Seff.
06:00Merci Camille Bourin et merci à Margot Seff. Bastille, Nation, c'est donc à ce stade le parcours de cette
06:05manifestation.
06:06C'est là où vous serez demain, Chloé, en tant qu'ancienne figure des Gilets jaunes ?
06:10Je serai dans la rue, ou je ne sais pas encore, mais dans la rue assurément.
06:14C'est-à-dire ? Vous ne savez pas encore quel sera votre parcours à vous ?
06:17Oui, ça va dépendre de beaucoup de choses, mais en tout cas, je serai dans la rue, comme beaucoup de
06:21Français,
06:22et je pense que c'est important qu'on soit massivement demain dans la rue.
06:24Parce que, pour le coup, les Gilets jaunes, eux, voulaient un autre parcours qui a été refusé, on est bien
06:29d'accord ?
06:30Oui, mais après, encore une fois, je ne représente pas les Gilets jaunes, je suis juste une citoyenne,
06:36et ce que l'on veut, c'est manifester, et pas dans le bois de Vincennes, je ne sais pas
06:39où, mais toujours plus loin.
06:40Mais vous dites sur le parcours autorisé, ou pas forcément ?
06:44Dans Paris, voilà.
06:46Même là où ce n'est pas possible de manifester ?
06:48Il y a un moment où on veut être entendu, en fait.
06:50Donc, quel que soit le lieu, on veut être entendu, et ce n'est pas en étant à l'extérieur
06:54de Paris qu'on sera entendu.
06:55Mais Bastille Nation, par exemple, pourrait être un parcours qui vous conviendrait ?
06:59Vous aviez demandé si il concorde, notamment, si je ne m'abuse, parmi les trajets qui ont été rejetés.
07:05On va dire que c'est déjà mieux que de nous mettre en périphérie.
07:08Mais en attendant, je pense que demain, beaucoup de gens ont envie d'exprimer leur colère, et quel que soit
07:13le parcours.
07:14Sophia Thizey, oui, vous serez où, vous ? Vous serez dans la rue demain ?
07:16Oui, bien sûr.
07:17Alors, moi, je me joindrai au cortège jeune, qui est avec les syndicats étudiants et lycéens,
07:23parce que, tout simplement, c'est aussi le combat qu'on mène depuis plus d'un mois maintenant.
07:26Et oui, effectivement, c'est important qu'on soit massivement dans les rues demain,
07:29parce que, en fait, c'est dans la continuité, à la fois, de ce que nous, on a commencé en
07:33tant que jeunes lycéens, étudiants, étudiantes,
07:35et à la fois, en solidarité avec ce qui s'est passé le 17 octobre,
07:39c'est-à-dire la convergence des luttes qu'on a commencé à établir, et qu'il faut absolument continuer
07:42demain.
07:42Mais du coup, vous serez avec le parcours de la CGT ?
07:45Oui, alors, je serai avec le parcours de la CGT, en espérant que ce soit celui qu'on a demandé,
07:49parce qu'en fait, le but, nous, c'est de manifester nos droits,
07:54et le but du gouvernement, en théorie, c'est de nous assurer le parcours.
07:59Donc, en fait, si vous voulez, ce n'est pas parce qu'il y a un risque qu'il faut
08:02interdire une manifestation,
08:03ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
08:05Ce n'est pas d'ailleurs l'idée d'interdire les manifestations.
08:07Oui, mais au final, ça s'est fait dans plusieurs villes.
08:10Donc, il y a un problème quand même aussi.
08:12C'est-à-dire qu'on enfreint les libertés fondamentales, aujourd'hui, des Français et des citoyens qui veulent revendiquer
08:17leurs droits.
08:17Alors, si vous voulez, et c'est ce que je disais, ce n'est pas parce qu'il y a
08:19un risque qu'il faut absolument tout fermer.
08:21Quand on prend le volant, on sait très bien qu'il y a un risque de faire un accident.
08:24Est-ce que pour autant, on interagit les voitures ? Absolument pas.
08:26Leur travail à eux, c'est de sécuriser les manifestants en priorité.
08:30Mais on voit aussi qu'il y a quelques failles, parce que ce n'est pas le cas aujourd'hui.
08:35Moi, je ne me sens pas insécurité quand je vais en manifestation, à tel point où on se prépare aussi,
08:38nous aussi.
08:39Enfin, tout comme les commerçants, nous, on se prépare à aller en manifestation.
08:42Donc, aujourd'hui, on prend obligatoirement du sérum physiologique, qui vous est même parfois confisqué, à certains moments.
08:47On prend des masques chirurgicaux, parce qu'on sait qu'on va forcément se faire gazer à un moment ou
08:50à un autre.
08:51Certains même ramènent des lunettes de piscine pour se protéger des gaz lacrymogènes.
08:54Donc, en fait, c'est toute une préparation.
08:56Et oui, dans tous les cas, on sera prêt pour demain.
08:58Et on ira manifester, que ce soit par le trajet autorisé ou que ce soit ailleurs.
09:03Qu'est-ce qui se profile du côté de la force ouvrière ? Est-ce que vous aussi, vous allez
09:07emprunter le trajet de la CGT s'il reste le même demain matin ?
09:11Et est-ce que vous vous félicitez à ce stade de cette décision du tribunal administratif ?
09:17Il y a deux questions.
09:19La première, je vais y répondre non.
09:21La force ouvrière n'appelle pas à manifester demain.
09:23On appelle à manifester le 5 novembre sur les revendications des travailleurs et des salariés avec d'autres organisations syndicales.
09:31En revanche, nous nous sommes exprimés sur l'interdiction de manifester.
09:35Nous avons fait plusieurs communiqués de presse et nous sommes intervenus à différents niveaux pour contester justement cette remise en
09:41cause de la liberté fondamentale qui est celle de pouvoir manifester.
09:45C'est important pour nous de nous exprimer par rapport à cette journée, aux journées d'hier ou aux parcours
09:50qui sont un peu chaotiques visiblement,
09:54puisqu'on saura dans la soirée effectivement si c'est Bastille Nation.
09:58Mais nous soutenons en revanche cette liberté fondamentale constitutionnelle de pouvoir manifester.
10:05Bastille Nation ou Bagnolet, porte de Charenton, c'est le parcours en l'occurrence que voulait privilégier la préfecture de
10:13Paris.
10:14Je vais vous lire une réaction, Sophia Tizaoui.
10:17C'est la présidente de la région Île-de-France qui réagit et qui dit
10:20Incompréhension totale devant la décision du tribunal administratif suspendant donc cet arrêté du préfet qui visait à protéger les quartiers
10:27républiques Bastille Nation.
10:29Les commerçants vandalisés le 17 octobre, les habitants de ces quartiers ont déjà suffisamment souffert.
10:33Ils doivent être protégés par la puissance publique.
10:36Le droit de manifester n'implique pas de choisir son parcours.
10:40Est-ce que vous entendez que dans le contexte actuel, vu le risque sécuritaire, on ne puisse pas forcément demain
10:47choisir son parcours ?
10:48Non, parce que justement c'est le travail de l'État encore une fois de sécuriser les manifestants et à
10:53la fois les Français tout court.
10:55Je ne vais même pas aller plus loin que ça parce qu'on est tous des Français.
10:57Donc c'est juste son travail.
10:58Et aujourd'hui la sécurité c'est un devoir d'État.
11:00Et il ne faut pas que ce soit un prétexte pour imposer des mesures liberticides.
11:04Et aujourd'hui c'est ce qui se passe.
11:05C'est-à-dire qu'on prend le prétexte de la sécurité pour nous empêcher de choisir notre parcours.
11:09Mais sauf qu'à la base ça ne fonctionne pas comme ça.
11:11C'est que les Français veulent manifester d'un point A à un point B et on fait en sorte
11:15que ça se passe bien.
11:16Et on met tout ce qu'il faut.
11:18Et il ne faut pas qu'aujourd'hui des gens ont peur de manifester parce que c'est majoritairement le
11:22cas aussi.
11:22Il ne faut pas qu'aujourd'hui des jeunes se retrouvent avec des mains arrachées ou des yeux éborgnés.
11:26Mais qu'est-ce que vous dites aux commerçants que vous vous représentez par exemple qui ont peur et qui
11:30se barricadent ?
11:31Mais moi je les comprends.
11:32Et bien sûr que nous-mêmes, nos méthodes d'action, moi en tant qu'ancienne présidente d'un syndicat lycéen
11:37ou même actuellement les syndicalistes étudiants, lycéens, la CGT, etc.
11:41n'ont jamais appelé à la violence.
11:43Ce n'est pas dans nos moyens d'action.
11:44Après vous voyez bien que ça se passe aussi.
11:46C'est systématiquement de la violence.
11:48C'est un climat assez malsain quand même aujourd'hui une manifestation.
11:51Parce que vous savez aussi que les policiers, ils ont peut-être besoin de se reposer un petit peu.
11:55Et qu'effectivement moi je ne vais pas me joindre à une manifestation.
11:57Où je sais que d'un côté on aura des gens qui seront extrêmement énervés,
12:00qui vont essayer de provoquer des policiers.
12:01Et de l'autre côté des policiers qui n'ont peut-être pas pris de vacances depuis six mois,
12:05qui sont à bout.
12:06Donc c'est trop malsain l'ambiance, c'est trop malsaine.
12:09Vous vous dites ça suffit maintenant.
12:10Non mais c'est-à-dire que moi je comprenais les revendications aujourd'hui.
12:12J'ai trouvé au début et j'ai trouvé plutôt assez clair.
12:15On parlait du nombre de professeurs à remplacer.
12:17On parlait de parcours sup et de ces ambiguïtés.
12:21On parlait des moyens que vous aviez au niveau des lycées.
12:24Enfin je pouvais vraiment les comprendre.
12:25Et puis on a vu, mais je pense comme tout le monde,
12:28que la manifestation et cette revendication aggloméraient trop de gens autour
12:34qui étaient là uniquement justement pour aller provoquer les forces de l'ordre,
12:37qui se réjouissent de la casse.
12:39Moi je ne sais pas quand ça va s'arrêter en fait.
12:41Du coup on est d'accord, on peut se mettre d'accord sur un point,
12:43c'est que c'est une minorité.
12:44Les 800 000 personnes qui étaient dans la rue la semaine dernière,
12:47ce ne sont pas 800 000 casseurs.
12:48Oui mais vous avez une responsabilité à partir du moment où les gens voient que ça met autant de gens
12:52qui cassent.
12:53Laisse-moi finir.
12:53Déjà tout d'abord dans un mouvement social, on est en France, on connaît notre histoire,
12:57il y a toujours eu son lot de casse.
12:58Ce n'est pas une surprise.
12:59Donc ça c'était une question que je voulais vous poser.
13:01Vous vous considérez que pour obtenir gain de cause ça doit passer par la casse ?
13:04Ce n'est pas ce que je suis en train de dire,
13:05c'est que juste quand on fait l'analyse aujourd'hui de nos mouvements sociaux,
13:08comment ils fonctionnent,
13:09c'est qu'aujourd'hui on a une histoire française qui fonctionne comme ça.
13:12Peut-être qu'il faut qu'on progresse,
13:14peut-être qu'il faut qu'on décide que ça se passe différemment.
13:16Bien sûr, mais à un moment donné,
13:16en fait, il faut aussi chercher l'origine.
13:18Ce n'est pas une justification du tout.
13:20Mais quand vous avez un pouvoir qui ne vous écoute pas,
13:22quand vous allez aux urnes NFP 2024,
13:25quand on remporte une majorité relative à l'Assemblée nationale,
13:28et que le président décide de ne pas nommer quelqu'un de cette coalition-là,
13:31donc quand même on va aux urnes, on ne nous écoute pas,
13:34et bien force est confrater...
13:34Donc en fait on est d'accord pour dire qu'on ne peut pas attendre six mois ?
13:36On ne peut pas attendre six mois.
13:37On est d'accord ou pas ?
13:38Je veux dire, l'échéance de la prochaine élection présidentielle,
13:43en fait, est beaucoup trop tard.
13:44Et là, c'est chaque semaine.
13:45On remet ça demain, on remet ça...
13:48Qu'est-ce que vous dites à celles, par exemple,
13:50qui sont là sur ce plateau et qui veulent manifester ?
13:52Faites une pause !
13:53Faites une pause, bien sûr,
13:54parce que tout le monde a le droit un petit peu d'avoir du calme dans ce pays.
13:57Je veux dire, on ne peut pas continuer à vivre comme ça.
13:58C'est trop anxiogène.
14:00Est-ce que vous pensez sincèrement que nous,
14:02on aurait aimé manifester ?
14:04Ce que je veux vous dire, c'est qu'aujourd'hui...
14:05Oui, je pense qu'il y a des gens qui prennent plaisir à manifester.
14:07Il y a aussi des gens qui prennent plaisir à les casser,
14:09à foutre le bordel.
14:10Et ce n'est pas seulement sur un parcours bien défini,
14:12puisqu'aujourd'hui, en traversant Paris,
14:14les magasins du 8e se barricadent,
14:17du 15e, du 16e, c'est partout.
14:19Ce n'est pas le job de commerçant
14:20d'aller chez Castorama ou Laura Merlin aujourd'hui,
14:22acheter des planches et les fixer.
14:23Ils ont autre chose à faire.
14:24Je suis d'accord, et ce n'est pas notre job aussi à nous,
14:26en tant que jeunes.
14:26Votre job, c'est d'aller à l'école.
14:28C'est de bosser.
14:28C'est votre boulot.
14:29Très bien, mais comment est-ce qu'on fait
14:30quand on veut aller à l'école,
14:32mais qu'en fait, l'État ne nous donne pas les moyens ?
14:33Donc, on n'a pas le choix que d'aller dans les rues,
14:35parce que depuis des années, on parle,
14:36depuis des années, on fait des pétitions,
14:37depuis des années, on alerte,
14:38et il ne se passe rien.
14:39Donc, nous, ça ne nous fait pas plaisir aujourd'hui.
14:41Oui, alors, n'excluz pas également.
14:42Ça ne nous fait pas plaisir.
14:43N'excluz pas, parce que j'ai l'impression
14:43quand même que dans les manifestations qu'on a,
14:45et je vois les panneaux qui sont inscrits derrière,
14:47j'ai l'impression qu'il y a des gens
14:48qui sont exclus de ces manifestations.
14:50Par exemple, est-ce que vous appelez
14:51les électeurs du Rassemblement National
14:53à vous rejoindre dans les manifestations demain
14:56en soutien des lycéens
14:57ou en soutien des gilets jaunes ?
14:59Mais, alors, je vous explique.
15:01Alors, je ne vois pas le rapport, là, pour le coup.
15:02Moi, c'est-à-dire que cette...
15:03Et je pense que tout le monde le voit un petit peu.
15:06On a une partie de...
15:07Enfin, une partie non, mais on a l'extrême-gauche
15:09qui s'est vraiment joint à ces manifestations.
15:12On le voit.
15:13Et alors, excusez-moi, pendant les manifestations,
15:15on entend des gens qui vont passer leur temps à crier.
15:16Alors, attendez.
15:17Ne partons pas dans tous les sens.
15:18Ce que vous dites, c'est que...
15:19D'une certaine manière, vous dites
15:21qui sont manipulées politiquement
15:23par l'extrême-gauche.
15:23Est-ce que quelqu'un qui aime la police
15:23doit les manifester demain ?
15:24Attendez, juste, on veut qu'on reste sur le parcours.
15:26Stéphane Manigold vient de nous rejoindre.
15:28C'est pas ce que j'entends dans les manifs.
15:29Patron de PME, s'il vous plaît.
15:31Je voudrais qu'on reste sur le parcours
15:32et après on ira sur le rôle des politiques
15:34et les revendications.
15:36Vous êtes patron de PME,
15:38président du groupe Éclore.
15:39Tout d'abord, votre première réaction, Stéphane Manigold,
15:41à ce qui se joue ce soir
15:42autour du cortège parisien.
15:44On est encore dans l'incertitude.
15:46Je ne sais pas si vous avez vu cette bataille judiciaire
15:48entre le préfet et le tribunal administratif.
15:53On saura ce soir, peut-être,
15:54ou demain matin,
15:55si oui ou non la CGT peut manifester
15:57entre Bastille et Nation.
15:59À ce stade, c'est la CGT
16:01qui a eu le dernier mot.
16:03Est-ce que ce serait une si mauvaise nouvelle
16:05que ça, selon vous ?
16:06Écoutez, moi, quand je vois le désastre
16:08du 17 octobre,
16:10je ne peux pas me féliciter
16:13qu'il y ait des mouvements,
16:16c'est une chose,
16:16des manifestations, c'est une chose,
16:18mais qu'il y ait des casseurs
16:19qui en profitent
16:20et de ce que j'ai compris,
16:21les signaux sont plutôt négatifs,
16:23qu'il y a un certain nombre de casseurs
16:25qui voudraient refaire le match,
16:26finalement, qui a été perdu
16:27le week-end dernier avec la police,
16:30qui a retrouvé de l'autorité
16:32et on ne pouvait que s'en féliciter.
16:33Je trouve que c'est à pari risqué
16:35que le magistrat a pris.
16:36Je suis républicain, je respecte la loi,
16:38mais je trouve que c'est à pari risqué
16:41que de laisser cette manifestation
16:43devant des commerces
16:44qui ont déjà été pillés,
16:46saccagés, massacrés
16:48pour une bonne partie.
16:49Donc, je ne trouve pas très responsable.
16:52Je n'ai pas lu,
16:52je n'ai pas trouvé la décision de justice.
16:53Je voulais la lire pour voir
16:54un peu les moyens
16:55qui avaient été soulevés
16:56par le magistrat
16:57pour rejeter, finalement,
16:59le parcours du préfet
17:00qui nous semblait plutôt bon
17:01puisque ça s'est bien passé.
17:03Donc, je ne vois pas pourquoi
17:03on changerait quelque chose
17:04qui s'est bien passé
17:05pour revenir au début
17:06où là, ça a été un désastre, quoi, finalement.
17:08Pourquoi ne pas faire, effectivement,
17:09comme la semaine dernière
17:10alors que ça s'est globalement bien passé ?
17:12Pourquoi vous tenez à tout prix
17:14à avoir le dernier mot
17:15sur le tracé du parcours ?
17:16Ça, c'est par un principe de liberté.
17:18Il y a aussi quelque chose
17:18en fait, à qui profite le crime ?
17:20Là, vous voyez bien,
17:21sur le plateau,
17:21on ne parle que, du coup,
17:23des casseurs,
17:24de la casse,
17:25de la peur...
17:25Non, non, non, non.
17:26On a 40 minutes d'émission
17:27et je peux vous dire
17:28qu'on va parler du reste aussi.
17:29Mais dans les médias,
17:29en général,
17:30on ne parle que de ça.
17:31Moi, j'étais à République...
17:33Il y avait un forum hier
17:34sur BFM TV,
17:35ils ont parlé pendant à peu près
17:36deux heures des revendications aussi,
17:38pas que de la casse.
17:38Le 17,
17:39J-État-République,
17:40ils ont passé
17:42à une rue près,
17:43il y avait le canon à eau
17:43qui arrosait tout le monde
17:45et il gazait tout le monde,
17:46dont, du coup,
17:47un orchestre.
17:48Par contre,
17:48la rue d'après,
17:49ils cassaient un franc prix.
17:51Pas de force de l'ordre.
17:52Pendant plus de 20 minutes,
17:53aucune action des forward.
17:54Il y a un laisser-faire,
17:55parce que je dis
17:56à qui profite le crime.
17:57Il y a un laisser-faire,
17:58parce que s'ils n'agissent pas,
18:00on ne va parler
18:00que ce sont les médias.
18:01Si les manifestations
18:02étaient 800 mits dans la rue
18:03et que tout se passait bien,
18:04on devrait parler de nous,
18:05de nos revendications,
18:06nous écouter.
18:07Ça n'est pas profiter.
18:08Ça s'est bien passé la semaine dernière ?
18:10Quel est le problème ?
18:10Ça vous gêne que ça soit bien passé ?
18:12Parce que moi,
18:12j'étais en plateau
18:14le samedi dernier
18:15et dimanche dernier,
18:16et j'étais plutôt content
18:17de pouvoir parler
18:18de vos revendications.
18:19Puisque finalement,
18:20un commerçant,
18:20quand il ouvre son rideau le matin,
18:22sa préoccupation,
18:23c'est quoi ?
18:23C'est de pouvoir payer ses salariés,
18:25pouvoir payer ses fournisseurs,
18:26pour pouvoir vivre dignement.
18:28Savez-vous, madame,
18:28combien gagne un artisan
18:30qui ouvre ceux qui ont décassé ?
18:32Quand il démarre,
18:33au mieux,
18:34il arrive à 1 400 euros par mois.
18:36Au mieux,
18:36c'est-à-dire moins que le schmick.
18:37Vous savez combien de travail
18:38un artisan ?
18:39C'est de France qui se lève tôt.
18:40Vous pensez que nous,
18:41on se réjouit
18:41que finalement,
18:42on n'arrive pas à mieux payer...
18:43Mais parce que vous pensez
18:43qu'en manifestation,
18:44ce n'est pas la France qui se lève tôt non plus ?
18:45nous, on n'arrive pas à mieux payer notre...
18:47Pardon ?
18:47Vous êtes étudiante, madame ?
18:49Non, je suis un petit peu plus vieille que ça.
18:50Vous êtes étudiant de vous ?
18:51Combien vous payez votre école chaque année ?
18:54Ah bah, pour le coup...
18:54Non, non, mais juste,
18:55question simple.
18:56Je suis dans une école publique.
18:56Non, mais combien vous payez ?
18:58Étant donné que je suis bourricelle,
18:59je ne paye rien.
19:00Bah d'accord,
19:00vous ne payez rien.
19:01Pourquoi ?
19:01Parce qu'il y a des gens comme nous
19:03qui payons l'impôt.
19:03Et l'impôt,
19:05des gens comme nous,
19:06ceux qui payent l'impôt,
19:07ceux qui payent l'impôt.
19:08Et je suis très fier
19:09de l'école La République,
19:10mais ceux qui payent l'impôt,
19:11c'est-à-dire les commerces,
19:13les entreprises,
19:14celles que vous dénigrez régulièrement,
19:16elles vous permettent
19:18de, sur ce plateau...
19:19Pourquoi vous dites
19:19qu'elles vous dénigrent ?
19:20Pourquoi vous dites
19:21qu'elles vous dénigrent ?
19:21Vous parlez du nouveau
19:22fort populaire tout à l'heure
19:23lorsque je suis arrivé,
19:24vous parlez du nouveau fort populaire.
19:25Donc vous avez un discours
19:26quand même plutôt d'ultra-gauche.
19:28L'ultra-gauche a souvent tendance
19:29à taper...
19:30Il y avait des socialistes
19:30à l'intérieur,
19:31les écolos,
19:32la France Insoumise,
19:33le PS...
19:33C'est pas l'ultra-gauche,
19:34c'est juste la gauche tout court.
19:35Donc si on en revient...
19:37Je voudrais juste vous dire
19:38que s'il y a l'école gratuite
19:40aujourd'hui,
19:41c'est parce qu'il y a des gens
19:41qui payent l'impôt.
19:42Et donc...
19:42Et donc,
19:43priver finalement
19:44ceux qui payent de l'impôt,
19:46de la TVA,
19:47de l'URSSAF,
19:48des cotisations,
19:49des taxes sur les salaires,
19:50des taxes d'apprentissage,
19:52Mais tout le monde,
19:52il y a un salarié,
19:54il y a un Français sur deux
19:55qui ne paye pas d'impôt.
19:57Vous stigmatisez les manifestants,
19:58en fait,
19:58moins d'un manifestant.
20:00Mais c'est là où vous voulez en venir,
20:02M. Manigogne.
20:03Est-ce que vous comprenez
20:05ce mouvement ?
20:06Est-ce que vous comprenez
20:06ces revendications
20:07contre la vie chère ?
20:08Oui, mais j'aimerais que réciproquement...
20:10Moi, je comprends
20:11ceux qui ont envie de gagner plus.
20:13J'ai 180 salariés dans mon groupe.
20:14Vous pourriez que ça me fait plaisir
20:15de ne pas pouvoir les augmenter
20:17parce que nous sommes dans une période
20:18où l'activité n'est pas bonne.
20:19Il y a des mouvements de colère.
20:21Les banques ne prêtent plus aux entreprises,
20:22donc on ne peut pas racheter.
20:23Il n'y a pas de croissance.
20:24Il suffit d'aller devant
20:25les tribunaux de commerce
20:26pour voir à quel point
20:26les entreprises ferment.
20:27Donc les salariés se retrouvent sur le carreau.
20:29Et accessoirement,
20:29si le taux de chômage remonte,
20:31c'est parce qu'il y a des entreprises
20:32qui ferment.
20:33Donc oui, je comprends ce mouvement.
20:35Donc vous pourriez être avec elle
20:36dans la rue demain, finalement ?
20:37Je demande une réciprocité
20:38de la compréhension.
20:39Et que si vous avez des revendications,
20:41chose que je ne doute pas,
20:43ce n'est pas le parcours
20:44qui fait la revendication,
20:45c'est la qualité de la revendication.
20:46Non, mais c'est là où on en revient
20:48très bien.
20:48On en revient,
20:49c'est là où on en revient
20:49à notre sujet.
20:50C'est ce que dit M. Madigold,
20:52c'est que vous n'êtes pas obligé
20:53de vous braquer sur le parcours
20:55et que vous pourriez effectivement
20:57accepter un parcours un peu différent
20:59pour pouvoir préserver
21:00un maximum de commerce.
21:01C'est ce que les autorités
21:03essaient de faire.
21:03Et vous ne voulez pas
21:04en entendre parler ?
21:05Non, mais parce qu'il y a deux choses.
21:07C'est que déjà,
21:07il y a une volonté d'obstruer aussi
21:09la liberté du choix, en fait,
21:11de la manifestation.
21:12Et ensuite, pour ce qui est
21:14de la manifestation...
21:14Pourquoi vous n'y voyez pas aussi
21:15une volonté de vous protéger ?
21:17De vous protéger des casseurs ?
21:18Des casseurs ?
21:20Ou de protéger aussi les commerçants ?
21:21Ça fait 20 ans que je manifeste,
21:22je n'ai jamais été agressée
21:23par un casseur.
21:24Par contre, j'ai trois plaintes
21:24à l'EGPN.
21:25Donc moi, c'est plus me protéger
21:26de la police
21:27que des casseurs, personnellement.
21:28Mais dites pas non !
21:29Mais dites pas non !
21:32On a un gendarme sur ce plateau.
21:33Non, attendez, excusez-moi.
21:34Juste le mépris.
21:35Parce que là, vous parlez
21:36des manifestants.
21:36Quel mépris, madame ?
21:37Je vous ai écouté tout à l'heure,
21:38vous avez dit
21:39quand Mme Darfeu
21:40qui vous a posé la question.
21:41Est-ce que vous allez manifester
21:42sur les tracés ?
21:43Vous avez indiqué
21:43que vous avez tracé par...
21:44Est-ce que vous pouvez me laisser
21:45tenir ma trace ?
21:46Effectivement, si vous êtes
21:47en infraction,
21:48la police a fait son travail, madame.
21:50Non, pas les manifestations.
21:51Je parle de vous.
21:52Je vous écoutais, madame,
21:53tout à l'heure,
21:54en venant sur la route.
21:55Je vous écoutais.
21:56J'ai écouté-vous par même temps.
21:57Vous avez clairement dit
21:58sur ce plateau
21:59que lorsque Mme Darfeu
22:01vous a posé la question,
22:02est-ce que vous allez manifester
22:04sur le tracé ?
22:05Vous avez indiqué...
22:06Non, moi, je manifesterai à Paris.
22:07Oui, chère madame,
22:08si vous allez manifester
22:09là où il y a un couvre-feu,
22:10vous finirez face à des policiers
22:13qui vont vous signifier
22:15le fait que vous n'êtes pas
22:16dans un endroit
22:17où vous pouvez être.
22:18Point.
22:18Enfin, je dirais à un moment,
22:19moi, quand Mme Darfeu
22:20me pose la question
22:21est-ce que la décision de justice
22:22me plaît ?
22:23Non, elle ne me plaît pas.
22:24Je suis républicain.
22:25Est-ce que c'est bien marrant ou pas ?
22:26Et si, dans quelques heures,
22:28ce tracé est confirmé,
22:30c'est comme ça,
22:31je m'y plierai.
22:33Je peux répondre.
22:34Juste, par rapport au mépris,
22:35moi, dans les manifs,
22:36il y a mon père
22:37qui a plus de 60 ans,
22:38qui est artisan,
22:39qui trime au quotidien
22:40et qui est épuisé
22:41et qui va manifester.
22:42Moi, quand je vois mon père
22:43qui, à une fin de manifestation,
22:44est blessé à la tête,
22:45pisse le sang,
22:46tombe au sol
22:46et que les flics ricanent,
22:48l'empêchent de sortir
22:48parce qu'on est nassé.
22:50Vous ne savez pas ce que c'est
22:51d'être violenté par la police
22:52en manifestation.
22:53Donc, il y a un moment,
22:54là, vous avez un mépris
22:55et mon père ne va pas me dire
22:56que c'est un dangereux casseur,
22:58je ne sais pas quoi.
22:59Donc, oui,
22:59j'ai peur de la police.
23:01Papa, je parlais de vos propos.
23:02Ce sont des milliers de personnes.
23:03Vous avez peur de la police.
23:04J'ai peur, oui,
23:05et j'ai peur de mort du coup
23:06de vie, en fait,
23:06en manifestation.
23:07Mais est-ce la bonne solution,
23:08du coup,
23:09d'aller manifester demain
23:10là où ça n'est pas autorisé ?
23:11Si vous avez peur.
23:13Parce que,
23:13même quand c'est autorisé,
23:15il y a eu,
23:15depuis le début du mouvement,
23:178 éborgnés,
23:175 amputés,
23:182 visages fracassés,
23:1914, bien sûr, graves
23:20et 1 mort
23:21dans le silence médiatique
23:22le plus total.
23:22Et combien de policiers
23:23blessés ?
23:24Je me souviens savoir,
23:25les vrais blessures,
23:26parce qu'il me semble
23:26qu'il n'y a pas eu de déborgnés.
23:27C'est vrai que c'est des faux
23:28blessés, les policiers.
23:29Alors, ils se gazent eux-mêmes.
23:30Monsieur Kézak,
23:31Bruno Kézak,
23:32je voudrais qu'on entende
23:33le chiffre exact
23:34des blessures.
23:35Non, des blessures précises.
23:37Parce que nous,
23:37moi, je peux vous dire
23:37les blessures précises.
23:38Vous êtes médecin,
23:39donc du coup,
23:39vous allez pouvoir
23:40faire un diagnostic
23:40des policiers qui ont été blessés.
23:42Et quelqu'un qui a un bleu,
23:42excusez-moi,
23:43il y a une différence.
23:43Alors, pour le coup,
23:44on ne sait pas exactement
23:46quelle est la nature
23:46des blessures.
23:47C'est bien la force de l'ordre.
23:48C'est toujours une blessure
23:49de trop, madame.
23:49Ce qui ne veut pas dire
23:50un bleu, excusez-moi,
23:51parce que moi,
23:51c'est quand même
23:52un bleu, on va le balancer.
23:53Vous vous rendez compte
23:54de la banalisation
23:54de la violence physique
23:56que vous faites ?
23:56Un bleu, ce n'est pas grave.
23:58Mais pardon, madame,
23:59ce sont des pères
24:00et des mères de famille.
24:02Ces policiers,
24:02vous savez combien ils gagnent,
24:03madame ?
24:04Combien ils gagnent,
24:05ces policiers ?
24:06Vous parlez du pouvoir d'achat,
24:07mais vous êtes,
24:08pardon,
24:08vous êtes d'un égoïsme terrible.
24:10Et vous expliquez
24:11que finalement,
24:11quand une fille
24:12va voir son papa
24:13avec un petit bleu,
24:15ça ne va pas lui faire
24:15quelque chose.
24:16Vous pensez
24:17que ces policiers
24:19qui ont des enfants,
24:19des cœurs qui battent
24:20quand ils voient leurs parents,
24:21leur mère ou leur père
24:22avec des bleus
24:23et vous,
24:24vous banalisez ça
24:25en disant
24:25mais ce n'est pas grave.
24:26Donc, les trois plaintes
24:27à l'IGPN que j'ai,
24:28pour vous,
24:29c'est aussi grave.
24:31Mais par contre,
24:31un policier qui est papa,
24:33je voudrais qu'on entende
24:33le par des policiers.
24:37Les trois plaintes à l'IGPN
24:39et qui n'ont jamais été suivies.
24:40Madame, je ne suis pas magistrat,
24:41si les magistrates
24:41ont fait le choix
24:42de ne pas suivre.
24:42Donc, les bleus des policiers
24:43c'est grave
24:43mais pas ceux des manifestants.
24:44Chloé, on a entendu
24:45votre crainte.
24:46Vous dites aujourd'hui
24:47j'ai peur des policiers.
24:48Nous avons un ancien gendarme
24:49sur ce plateau,
24:50Bruno Kézac.
24:51Est-ce que toute cette incertitude
24:52ce soir
24:53et cette complexité
24:54autour du parcours parisien
24:56va compliquer demain
24:58la tâche des forces de l'ordre ?
24:59Est-ce que ça commence mal
25:00dès ce soir ?
25:03Le choix,
25:03on comprend bien
25:04la portée symbolique
25:05du parcours
25:06que les syndicats affectionnent
25:08de longue date.
25:10Bastille,
25:11Bastille-République,
25:12Bastille-Nation
25:12sont des parcours
25:13hautement symboliques.
25:14Le problème,
25:15c'est que depuis
25:15une quinzaine d'années,
25:16on assiste à une montée
25:18de la violence
25:19en fin de manifestation.
25:22Parfois,
25:22pendant le déroulement
25:23de la manifestation,
25:23on arrive un peu mieux
25:24à le juguler,
25:25notamment le service
25:26d'ordre des syndicats
25:26qui, généralement,
25:28accompagnent les manifestations
25:29de façon tout à fait
25:31performante.
25:32Mais on assiste quand même
25:34à une élévation
25:35du niveau de violence
25:36à l'égard de tout
25:37ce qui incarne l'État.
25:38Je n'ai pas le souvenir
25:39depuis cinq ou six ans
25:41d'une manifestation
25:42qui s'est terminée
25:43dans le cas de Ma Nation.
25:44Donc, on peut présumer
25:45que le parcours
25:47qui est validé
25:48actuellement
25:49est suspendu
25:50pour les forces de l'ordre.
25:52c'est une situation
25:53qui va probablement
25:55leur compliquer la tâche
25:57ou en tout cas
25:58profondément modifier
25:59le dispositif
26:00qu'ils avaient prévu
26:01sur le parcours
26:02initialement proposé
26:03par la préfecture.
26:04Après,
26:05encore une fois,
26:07on a en France
26:08des unités
26:08qui sont formées
26:09pour le maintien de l'ordre.
26:11Elles sont formées
26:12de longue date,
26:13toute l'année.
26:13Elles s'entraînent pour ça.
26:15Le parcours,
26:16quel qu'il soit,
26:17sera pris en compte
26:18dans les meilleures conditions
26:19possibles,
26:20que ce soit par les escadons
26:21de gendarmerie mobile
26:22ou par les compagnies
26:22républicaines de sécurité.
26:25Après,
26:25moi,
26:26je suis un petit peu...
26:27Mais vous entendez
26:28ce qui se dit quand même ?
26:29Oui, oui, oui.
26:30Enfin,
26:30je suis habitué.
26:32Oui, mais ça reflète
26:33aussi quelque chose ?
26:35Oui, oui, oui.
26:36Ça reflète...
26:37C'est une question pour ce monsieur.
26:38Allez-y, on est là pour échanger.
26:40Je vais terminer.
26:41Ça reflète
26:42ce que j'ai entendu
26:43pendant pratiquement
26:4430 années de carrière
26:46en gendarmerie.
26:47C'est-à-dire qu'en France,
26:48on a oublié
26:49qu'il y a eu
26:49une violence légitime
26:50qui est celle de l'État
26:51et que même
26:52dans un État démocratique,
26:53il faut quand même
26:54savoir accepter l'idée
26:55que lorsqu'on est confronté
26:57à des exactions
26:57de quelque nature qu'elle soit,
26:59l'autorité de l'État
27:00puisse s'affirmer.
27:01Moi, je me suis...
27:02C'est grave, là.
27:03C'est très très grave.
27:04Arrêtez.
27:04Arrêtez.
27:06Vous légitimiez
27:07la violence de l'État ?
27:07Donc, c'est légitime.
27:09Donc, les gens ne peuvent rien dire.
27:09Mais vous êtes dans quel monde, vous ?
27:11Dans un monde
27:12où les gens n'ont pas le droit de...
27:13Enfin, que l'État n'a pas le droit
27:14de maltraiter ou déborner, en fait.
27:15Vous savez ce que je vous suggère ?
27:16De sortir de votre canton
27:17et d'aller voir comment ça se passe
27:18dans le monde entier.
27:19Et vous verrez qu'en France,
27:20la façon dont on gère
27:21le maintien de l'ordre...
27:22Donc, on doit s'estimer heureux
27:23parce qu'ils nous tient pas
27:24à dire qu'il y a une triette.
27:24Attendez, monsieur...
27:27Qu'est-ce que vous appelez
27:27la violence légitime de l'État ?
27:31Dans tous les pays du monde,
27:33la violence légitime,
27:34c'est celle qui est incarnée
27:35par l'État,
27:36dans un cadre défini,
27:37juridiquement défini
27:38et sous le contrôle
27:40de l'autorité judiciaire.
27:42Et ce cadre,
27:42il est rarement respecté
27:44par ailleurs en ce moment.
27:44Bien sûr.
27:46Pardon, il y a combien
27:46d'enquête IGPN ?
27:4736 ?
27:48Mais ça, en fait,
27:48c'est le principe même
27:49qui vous dérange
27:50ou c'est la manière
27:51dont il est appliqué ?
27:52J'avais une question très précise.
27:53Comment ça se fait
27:54que le port...
27:55Une chose toute simple.
27:56Le Rio,
27:56le numéro du coup
27:57de matricule des forces de l'ordre
27:58qui est obligatoire.
28:00Le trois-quarts ne le porte pas
28:01ou il est dissimulé.
28:03Donc, on a face à nous
28:03des personnes qui sont armées,
28:05certains avec des armes létales
28:06ou en tout cas
28:07qui peuvent mutiler,
28:08donc des grenades,
28:09des LBD,
28:09avec des armes en face de nous
28:10qui sont cagoulées,
28:11donc on ne peut pas les reconnaître.
28:13Ils sont longuement armés.
28:14Les trois-quarts ne le portent pas,
28:15je pense que c'est factuellement
28:16faux pour le coup.
28:18Non mais je ne sais pas,
28:19vous avez des sources,
28:20vous avez...
28:21De ce que j'ai vu,
28:22en tout cas,
28:23c'est extrêmement rare.
28:24C'est un peu insuffisant de voir.
28:26Moi, vous savez...
28:28Ma question est,
28:29est-ce que c'est normal
28:30que du coup,
28:30des policiers ou des gendarmes
28:31qui importent le corps
28:33ne portent pas le Rio
28:35et soient cagoulés ?
28:36Est-ce que c'est normal ?
28:36Pour vous ?
28:37Des gendarmes cagoulés
28:38au maintien de l'ordre,
28:39moi, je n'en ai jamais eu.
28:40Des policiers, alors...
28:42Est-ce que c'est normal
28:43que des policiers armés
28:45ne portent pas le Rio
28:46et soient cagoulés ?
28:46J'aimerais bien une réponse claire.
28:47Madame, est-ce que c'est normal
28:49que des délinquants
28:52complètement camouflés,
28:53visage camouflé,
28:54alors que c'est interdit ?
28:55Est-ce que vous trouvez normal
28:56que dans nos rues,
28:58des gens se cachent le visage
28:59alors que c'est formellement interdit ?
29:00Excusez-moi,
29:01mais entre un voyou casseur
29:02qui cache son visage
29:02et un voyou policier
29:04qui n'a pas de brassard
29:05et qui me gagne,
29:06excusez-moi,
29:06c'est la loi de la voie mentale.
29:08Madame, je vous ai dit
29:08que je suis réellement mentale.
29:09Vous les mettez sur le même plan,
29:10en tout cas.
29:11Il y en a qui sont censés
29:11représenter l'ordre et l'État
29:12et l'autre, non.
29:13Donc, il y en a qui sont censés
29:14être, entre guillemets,
29:15irréprochables et pas l'autre.
29:16Un voyou policier
29:17n'a pas le sentiment
29:18d'être excessif,
29:18là, dans votre discours.
29:19Ben non.
29:20Alors, ce qui est intéressant,
29:21c'est que ça nous amène aussi
29:21à l'autre dimension importante
29:24de cette soirée
29:24et journée de demain,
29:25c'est qu'il y a Halloween
29:26qui sera célébré.
29:27C'est aussi ça
29:28qui va peut-être rendre
29:30la tâche des forces de l'ordre
29:31encore plus compliquée.
29:32Et puis, il y a ces appels aussi
29:34qui sont lancés
29:35sur les réseaux sociaux
29:36dont le ministre de l'Intérieur
29:37a beaucoup parlé
29:37et qui inquiètent beaucoup
29:38les autorités.
29:39Écoutez.
29:40Il a fallu partout
29:42que les forces de sécurité
29:43intérieure protègent
29:44les centres-villes
29:44car il y avait des individus
29:46essentiellement de la mouvance
29:47ultra-gauche,
29:47hexamuraux radicalisés
29:48ou parfois des individus
29:51des gilets jaunes radicalisés
29:52qui voulaient évidemment
29:52s'en prendre au centre-ville.
29:54Et demain,
29:54on a de nombreux appels
29:55qui florissent en ce sens,
29:57c'est-à-dire d'aller faire
29:58dégénérer les cortèges.
30:00Il y a des appels
30:00à commettre des pillages,
30:01des exactions
30:02et puis à faire le lien
30:03avec la soirée d'Halloween
30:04puisque demain,
30:05c'est le 31 octobre
30:06et on voit sur les sites
30:08de la mouvance,
30:08ultra-gauche,
30:09hexamuraux radicales,
30:11énormément d'appels
30:12à profiter de la soirée d'Halloween
30:13pour se réunir
30:14sur les places publiques,
30:15si possible masquées
30:16et commettre des exactions.
30:18Et il y a des appels
30:18qui sont extrêmement inquiétants
30:20avec des mots
30:21d'insurrection,
30:22de révolution,
30:23de nuit des ténèbres.
30:25Votre réaction,
30:26Amart Delioche,
30:26lorsque vous entendez ça ?
30:27En fait, j'ai une question.
30:29C'est-à-dire qu'il est clair
30:30que si c'est tous les week-ends
30:31jusqu'au mois de mai prochain,
30:33les commerçants
30:33ne pourront pas tenir.
30:34Ça, c'est une évidence.
30:36Est-ce que les policiers
30:37peuvent tenir à ce nombre-là
30:39tous les week-ends
30:40jusqu'au mois de mai ?
30:41Puisqu'on annonce
30:42une reprise des manifestations,
30:43je crois,
30:43dès lundi,
30:45en tout cas,
30:45en ce qui concerne les lycées,
30:46peut-être même
30:47jusqu'au mois de mai
30:48l'année prochaine.
30:49Est-ce qu'on peut tenir
30:50comme ça dans ces conditions
30:51jusqu'en mai
30:53en n'oubliant pas
30:53que ce n'est pas non plus
30:55protection à 100% ?
30:56Il y a toujours
30:56des dommages collatéraux.
30:57Vous disiez non ?
30:58Non, non, les policiers
31:00ne peuvent pas tenir
31:01effectivement dans ces conditions-là.
31:02Ils sont déjà épuisés.
31:04Ils sont soumis
31:06à un rythme inhumain.
31:08Ils ont des blessés.
31:09Donc, FO est la première organisation
31:11dans la police.
31:12Donc, on peut en parler.
31:14Et nous manifestons
31:15en aimant la police.
31:17Donc, je réponds
31:17à votre question.
31:18Mais du coup,
31:18en appelant à manifester
31:19le 5 novembre,
31:20vous leur donnez aussi
31:21plus de boulot.
31:21Les forces voyères manifestent
31:24et manifesteront sûrement
31:25le 5 novembre
31:26si on les laisse
31:27à ce moment-là
31:29se mobiliser
31:29puisque, effectivement,
31:31l'État...
31:31Et je crois que personne
31:32n'en parle
31:33et ça m'étonne beaucoup.
31:35Vous parlez d'urgence,
31:36vous parlez de plein de choses.
31:38C'est au gouvernement,
31:39en fait,
31:39à répondre
31:40pour arrêter ce mouvement.
31:42C'est au gouvernement...
31:43Quelle majorité ?
31:44Je parle du gouvernement.
31:45Mais d'accord,
31:46mais dans une république,
31:47pas une monarchie.
31:48Donc, il y a
31:49une Assemblée nationale,
31:50un Sénat.
31:51Vous n'avez pas échappé
31:52que le budget,
31:53ils ne sont pas fichus
31:53de le voter.
31:54Alors, je ne parle pas
31:54du budget 2027.
31:55Alors, le gouvernement
31:56n'est pas obligé
31:57de passer par le Parlement
31:59pour faire des mesures
32:00d'urgence,
32:01pour annoncer
32:01des mesures d'urgence,
32:02des mesures assez court-terme.
32:04Parcoursup,
32:05il a annoncé
32:053 000 remplaçons
32:07par les parlementaires,
32:09par une provision
32:11de loi parlementaire
32:12à l'Assemblée nationale.
32:12Le président de la République,
32:13il ne peut pas comme ça,
32:14il peut potentiellement
32:15le suspendre.
32:16Potentiellement.
32:16Je ne parle pas
32:17du président de la République,
32:19je parle du gouvernement.
32:20Je ne mêle pas
32:21l'exécutif dans son ensemble.
32:23C'est là où on a un sujet,
32:24c'est que par son sub
32:24Il y a des sujets
32:25qui sont évoqués par les lycéens
32:27et par les étudiants
32:28auxquels le gouvernement
32:29peut répondre.
32:30Il y a aussi
32:30la mobilisation des salariés,
32:32une colère profonde
32:33dans ce pays
32:34qui s'exprime.
32:35Et là, je fais un distinguo
32:36vraiment entre les manifestants
32:38qui, eux,
32:39ont des revendications,
32:40qu'ils soient lycéens,
32:41étudiants, salariés,
32:43fonctionnaires
32:43ou du privé,
32:45et des casseurs.
32:46Il y a des cortèges
32:47qui se passent très bien
32:48en France.
32:50Encadrés aussi
32:50par les organisations syndicales
32:52dont la nôtre.
32:53Et demain, à Paris,
32:54FO sera là pour encadrer,
32:56c'est-à-dire sécuriser
32:57au maximum les cortèges.
32:59Lequel, du coup ?
33:00Celui de la CGT ?
33:01Ce n'est pas celui de la CGT,
33:02c'est celui de la manifestation
33:04de demain.
33:04Le parcours de la CGT,
33:05c'est ça que je veux dire ?
33:06Vous allez encadrer
33:07le parcours de la CGT ?
33:08Par le Conseil d'État,
33:09effectivement.
33:10Donc ça vous concerne
33:11un petit peu aussi ?
33:11Notre organisation syndicale
33:12est présente
33:13à travers justement
33:14ces services d'ordre
33:15que nous mettons à disposition
33:16des manifestants
33:17pour sécuriser l'ensemble.
33:19Nous sommes habitués
33:20depuis de nombreuses années
33:21à manifester,
33:22donc on a un savoir-faire,
33:23une technicité
33:24qu'on peut mettre à disposition
33:25et c'est ce que nous avons fait
33:26depuis le début.
33:26Et pour répondre
33:28à M. Cahuzac,
33:30oui, la dégradation,
33:31elle est là
33:32depuis plusieurs dizaines d'années,
33:34depuis 25 ans,
33:36je manifeste.
33:37Depuis les ordonnances Macron,
33:39nous avons vu cette violence
33:40s'installer en parallèle
33:42des cortèges
33:43ou en amont des cortèges,
33:44en fin de cortège.
33:45Ce ne sont pas les manifestants.
33:47Nous, nous dénonçons
33:49toute violence.
33:50Nous ne sommes pas
33:51à opposer les salariés
33:52les uns aux autres, etc.
33:53Cette violence, en fait,
33:55elle exprime quelque chose
33:56qui ne nous concerne pas
33:57car ça ne concerne pas
33:58les manifestants.
34:00Mais personne n'a dit
34:00que c'était les manifestants
34:01ou du moins...
34:03Justement, là,
34:03on est sur ces violences,
34:04ces violences, ces violences.
34:05Non, mais le problème,
34:05c'est que ce qui semble se passer,
34:07c'est que ces manifestations
34:09s'y agrègent de la violence.
34:11Et d'ailleurs,
34:12ce qu'on voit, par exemple,
34:13dans les colonnes du Figaro aujourd'hui,
34:14selon un sondage Sodexa,
34:1662% des Français
34:18considèrent qu'il faut
34:19que cette contestation lycéenne
34:21s'arrête
34:22alors que le mouvement
34:23a été soutenu
34:23pendant des semaines.
34:2564%, pardon.
34:2659% considèrent
34:28que ce mouvement
34:29est manipulé.
34:29Mais ce qui m'intéresse surtout,
34:30c'est 64% favorable
34:33à l'arrêt du mouvement,
34:34Sophia Tizaoui,
34:36alors qu'il a été soutenu
34:37pendant des semaines
34:37parce que
34:38ces Français considèrent
34:40qu'à cette contestation
34:42s'agrègent de la violence
34:43et qu'il faut que ça s'arrête.
34:45Écoutez,
34:46il y a aussi
34:47une manipulation
34:48vraiment des médias,
34:49pour le coup.
34:50Il y a une représentation,
34:51une surreprésentation.
34:52Il n'y a aucune manipulation
34:53des médias.
34:53Je ne sais pas pourquoi.
34:54Je vous explique.
34:55Il y a une surreprésentation
34:56aujourd'hui des violences
34:57qui sont une minorité
34:58dans les manifestations
34:59et c'est qu'aujourd'hui,
35:01sur 4 heures de rassemblement
35:02ou de manifestation,
35:04tout ce qu'on retient,
35:04c'est les 30 dernières minutes.
35:06Et on ne se tarde pas
35:08à expliquer
35:09que tout s'est bien passé.
35:10On ne se tarde pas
35:10à montrer des belles images
35:12de jeunes.
35:12Là, je suis désolée,
35:13mais je ne peux pas
35:14vous laisser dire ça.
35:14Surtout vous,
35:15qui êtes régulièrement
35:16sur notre plateau.
35:17Écoutez-moi,
35:18la semaine dernière,
35:18Sophia Tizaoui,
35:19la journée s'est globalement
35:20bien passée
35:21et on l'a tous dit.
35:22On est tous revenus
35:22sur les revendications.
35:23Pourquoi là ?
35:24On parle de l'inquiétude
35:25parce qu'on a le ministre
35:26de l'Intérieur
35:27qui a évoqué plusieurs risques
35:29à plusieurs niveaux.
35:30Si vous êtes en mesure
35:31de me dire ce soir
35:33que tout va très bien se passer,
35:34tant mieux.
35:34Alors on prend.
35:35Mais est-ce que vous êtes
35:36vraiment en mesure de le dire ?
35:37Écoutez, moi,
35:37je ne fais pas partie
35:38des renseignements,
35:38donc je n'ai pas...
35:39Non, mais vous parlez
35:39de manipulation médiatique.
35:41Je trouve que les médias
35:42ont bon dos en ce moment-là.
35:44Franchement.
35:44Bon dos, mais désolé,
35:49mais vous vous rendez compte
35:50le climat que vous inspirez ?
35:51Vous êtes là ?
35:52Le climat, c'est...
35:53Pardon, mais le climat
35:55de violence, il n'est pas...
35:56Mais moi, je vous interrogeais
35:57juste sur le fait
35:58que le soutien des Français
35:59s'est souple à ce moment
36:00parce qu'ils ont peur.
36:01Mais c'est pour ça
36:02que je vous dis
36:02qu'il y a aussi
36:03ce qu'on montre
36:04qui influe sur le soutien
36:06que la population a
36:07sur une manifestation.
36:09Et à un moment donné,
36:10je suis désolée,
36:10mais encore une fois,
36:11quand on regarde notre histoire,
36:13rien, il y a des choses
36:14qu'on a acquis par la rue,
36:16par les mobilisations.
36:17Et donc vous vous dites
36:18qu'il faut continuer ?
36:19Mais bien sûr qu'il faut continuer.
36:20Parce qu'en fait,
36:21si on en arrive là aujourd'hui,
36:22c'est parce qu'on a essayé
36:22beaucoup de moyens.
36:23On a essayé de parler.
36:24Moi-même, quand j'ai été
36:25à l'époque présidente
36:27de l'Union syndicale lycéenne,
36:28le ministère n'ouvrait pas la porte.
36:29Il ne nous ouvrait pas la porte.
36:31Mais pardon...
36:31Donc, comment on fait ?
36:32On est obligé d'être dans les rues.
36:33Et nous, ça ne nous fait pas plaisir
36:34de ne pas aller en cours.
36:35Nous, tout ce qu'on voudrait aujourd'hui,
36:36c'est de reprendre les cours normalement,
36:37d'avoir aujourd'hui
36:38une abrogation de parcours sub
36:40parce que c'est un stress monumental
36:41pour les élèves,
36:42d'avoir des profs, des chaises, etc.
36:44Oui, mais maintenant, aujourd'hui,
36:44vous en êtes à sélectionner
36:46les journalistes
36:47à qui vous voulez parler.
36:48Mais bien sûr que oui !
36:49Mais vous vous rendez compte...
36:50Mais quand vous avez une chaîne...
36:51Alors, excusez-moi !
36:52Mais quand vous avez une chaîne
36:52comme CNews
36:53qui fait de la propagande
36:54à l'heure de journalistes...
36:55Non, mais par contre,
36:56par contre, bien évidemment,
36:56on ne peut pas parler...
36:57Le débat autour des médias,
36:58finalement, je ne suis pas sûre
36:59que ce soit ce qui intéresse
37:00vraiment ceux qui nous regardent.
37:01En revanche, ce qui est intéressant,
37:02c'est ce que soulève
37:02Sofia Tizaoui.
37:04En se mobilisant,
37:06ils ont obtenu des choses.
37:07Ils n'ont pas obtenu
37:08tout ce qu'ils voulaient,
37:09mais ils ont obtenu des choses.
37:10Donc, on peut comprendre
37:11que de leur point de vue,
37:12ils se disent qu'on continue.
37:13Oui, je suis d'accord.
37:14Et puis, c'est effectivement
37:15la méthode qui marche
37:16depuis 10 ans
37:17avec le président de la République.
37:18C'est effectivement
37:19d'arriver à un moment
37:20où il y a de la casse,
37:21il y a une exaspération telle,
37:22un climat tellement délétère.
37:23Enfin, je veux dire,
37:24c'est comme si on vivait
37:26en arythmie,
37:27c'est-à-dire avec un cœur
37:27qui battait à 250,
37:29plus à 100 minutes.
37:30Mais sauf qu'on ne peut pas
37:31tenir comme ça
37:32pendant des mois.
37:32Et comment les Français font...
37:34Comment tiennent les Français
37:35depuis des années maintenant
37:36quand ils n'arrivent même pas
37:37à finir le fin de mois ?
37:38Parce que pour certains,
37:39le 15 du mois,
37:40c'est déjà la fin du mois.
37:41Donc moi, je veux bien
37:41qu'on parle de ces mobilisations-là
37:43qui viennent de commencer
37:44et qu'on se demande
37:45comment est-ce qu'on va faire
37:45pour tenir jusqu'à mai.
37:46Mais comment font tous ces Français
37:47depuis plus de 10 ans maintenant
37:49pour tenir ?
37:49Comment est-ce qu'ils font ?
37:50Après, je suis d'accord avec vous.
37:51Il y a eu des élections
37:53qui ont...
37:53Le résultat n'a pas été respecté.
37:55Et à partir de ce moment-là,
37:57c'est parti en juge.
37:57Et bien donc, qui est-ce
37:57qui organise le chaos dans ce pays ?
37:58C'est le gouvernement.
37:59Du coup, Sophia Tizaoui,
38:01si vous obtenez ce que vous voulez
38:02dans votre domaine,
38:03mais que les gens continuent
38:04à souffrir,
38:05à ne pas pouvoir finir
38:07leur mois,
38:08à ne pas pouvoir payer leur essence,
38:09vous continuerez à vous mobiliser.
38:11Ça veut dire que votre combat,
38:12il va bien au-delà maintenant.
38:13Et c'est pour ça que, justement,
38:15la journée du 17 octobre,
38:17on s'y est accrochée
38:19parce que c'est aussi
38:19une journée de convergence des luttes.
38:20Quel est votre point commun
38:21à toutes les deux, par exemple ?
38:23Un avenir meilleur.
38:25Elle est plus jeune que moi,
38:26donc à plus grande échelle que moi.
38:28Moi, je suis hyper claire
38:29de cette génération-là.
38:30Vraiment, je remercie à eux
38:32de se bouger,
38:33d'oser s'affirmer,
38:34de mettre un cordon
38:35face à l'extrême droite aussi,
38:37il faut le dire,
38:38qui ose lutter pour un avenir meilleur,
38:40qui ose dire non,
38:41qui ose tout simplement
38:45demander des choses
38:45qui sont légitimes
38:46et qu'on a laissées faire,
38:47ma génération.
38:48Mais vous, vous avez fait partie
38:49du mouvement des Gilets jaunes.
38:51Ensuite, vous avez disparu.
38:53C'est-à-dire que vous avez arrêté
38:55de vous mobiliser
38:55et là, vous avez vu
38:56dans ce mouvement lycéen
38:57l'occasion ?
38:57J'ai fait la première retraite
38:58après aussi.
38:59Il y a un moment,
38:59les Gilets jaunes,
39:00on n'a pas disparu.
39:01On s'est fait défoncer.
39:02En fait, il faut aussi
39:03dire les choses.
39:03On s'est fait défoncer
39:05dans la rue,
39:05on s'est fait défoncer médiatiquement,
39:08juridiquement aussi.
39:09Donc voilà,
39:09il y a un moment où
39:10les gens,
39:11ça s'est épuisé,
39:11ça s'est essoufflé,
39:12mais il y a aussi eu,
39:13on a pris cher,
39:14il faut dire ce qu'il y a.
39:15On était épuisé.
39:25de revendiquer à nouveau
39:26ce que vous demandiez
39:27à l'époque.
39:27Mais la colère,
39:28elle est toujours là en fait.
39:29La précarité est là.
39:30Les gens aujourd'hui,
39:32les courses coûtent encore plus cher,
39:34l'essence coûtent encore plus cher.
39:36La précarité,
39:37elle augmente.
39:37On peut travailler,
39:38on est quand même précaire,
39:39que ce soit jeune,
39:40d'âge moyen ou âgé.
39:42C'est la galère
39:43pour tout le monde en fait.
39:44Donc bien sûr,
39:45et donc là,
39:46leur théorie de grand ruissellement,
39:48de on nous fait croire
39:48que demander un petit peu
39:50aux plus riches
39:51de partager un peu plus,
39:52c'est horrible.
39:52Mais à un moment,
39:53ça va en fait.
39:54On nous dit
39:55à ce télévisionnement
39:56alors qu'on nous pisse dessus,
39:57il y en a marre en fait.
39:57Il y en a juste marre.
39:58On se fout de nous,
39:59il y en a marre.
39:59Mais alors,
40:00on a bien compris
40:01qu'effectivement,
40:01la contestation,
40:02elle était là,
40:03qu'il allait falloir
40:04une réponse poétique.
40:05La semaine dernière,
40:06malgré les contraintes,
40:08malgré les interdictions,
40:08malgré les craintes aussi,
40:09il y avait plusieurs centaines
40:11de milliers de personnes
40:12dans les rues
40:13de toute la France.
40:14900 000 selon la CGT,
40:16moitié moins selon
40:17le ministre de l'Intérieur.
40:18Mais ce qui est quand même nouveau,
40:19c'est que là,
40:20il y a une inquiétude
40:21aussi sécuritaire.
40:22Quoi qu'on en dise,
40:22il y a beaucoup de Français
40:23qui se demandent
40:24en nous regardant
40:24si demain,
40:25ils vont pouvoir sortir
40:26dans la rue,
40:27s'ils vont pouvoir aller
40:27dans tel quartier,
40:29s'ils vont pouvoir aller
40:29dans le centre-ville de Rouen,
40:30dans le centre-ville de Limoges.
40:32Est-ce que le gouvernement,
40:33les autorités en font trop,
40:35Bruno Caïsac,
40:36quand ils disent
40:36demain, journée à haut risque,
40:38Halloween,
40:39fin de cortège,
40:41appel sur les réseaux sociaux,
40:43est-ce qu'ils en font trop
40:43ou effectivement,
40:44il y a quelque chose
40:45de particulier
40:45qui est en train
40:46de se profiler ?
40:47Très honnêtement,
40:48je ne vois pas
40:49quel serait l'intérêt
40:50du gouvernement
40:51et notamment
40:52du ministre de l'Intérieur
40:54d'exacerber une situation.
40:58Donc, je pense que les alertes
41:00qu'il est en train d'évoquer,
41:02elles sont réelles
41:03et elles se matérialisent
41:05sur des constatations
41:07qui ne remontent pas simplement
41:08au 17 octobre.
41:09Il y a une multitude
41:10d'actions diverses et variées
41:12qui sont constatées
41:12depuis une quinzaine d'années,
41:13comme j'évoquais tout à l'heure,
41:15et qui montrent bien
41:16qu'il y ait un durcissement
41:16des rapports dans notre société,
41:19y compris entre la population
41:20et l'État.
41:21C'est comme ça.
41:22Donc, au milieu,
41:22vous avez les gendarmes,
41:24vous avez des policiers,
41:26vous en avez d'autres
41:26puisqu'on agresse aussi
41:27des pompiers,
41:28on agresse des enseignants aussi.
41:31Donc, tout ce qui incarne
41:32l'État aujourd'hui
41:33est un peu le réceptacle
41:35de toutes ces tensions.
41:36Moi, je n'ai pas en apprécié
41:39la pertinence ou pas.
41:40Je sors de ce débat,
41:41débat qui me paraît d'ailleurs
41:43difficile d'avoir
41:44dans ce contexte-là.
41:45et à écouter ce qui se dit
41:46sur le plateau.
41:47Pourquoi ?
41:47Donc moi, je vais simplement
41:50dire que demain,
41:52les gendarmes et les policiers
41:53qui seront engagés
41:54au maintien de l'ordre,
41:55ils vont faire leur travail
41:56comme ils apprennent à le faire,
41:58c'est-à-dire encadrer
41:58les manifestations
41:59pour qu'elles se déroulent
42:00le mieux possible
42:01et faire en sorte
42:02que ceux qui viennent
42:03y nuire
42:03ou se livrer
42:05à des exactions
42:05qui n'ont pas leur place
42:06dans un pays civilisé
42:08soient interpellés
42:09dans les meilleures conditions possibles.
42:10Mais le problème,
42:11c'est qu'ils ne font pas
42:11la différence aujourd'hui.
42:12Mais si.
42:14Je ne vais pas chercher
42:15à vous convaincre,
42:16c'est votre point de vue.
42:17Vous êtes bardé de certitude.
42:21mais ce n'est pas ça,
42:21c'est qu'aujourd'hui...
42:22Mais si,
42:22mais si.
42:23On le voit.
42:23Je vous le dis,
42:24je suis sur le terrain
42:24en tant que manifestant.
42:25Non, mais moi,
42:25vous savez,
42:26je ne vois aussi
42:27qu'il ne fait pas la différence.
42:28Je vous rassure,
42:29je n'ai jamais été sur le terrain.
42:30Jamais.
42:30Ce n'est pas ça ma question.
42:31Non, mais moi,
42:32c'est ma remarque.
42:33Vous êtes en train de me dire
42:33que je suis sur le terrain.
42:34Moi, je vous dis,
42:35je ne suis jamais allé sur le terrain.
42:36Mais ce n'est pas ce que
42:38je suis en train de vous dire,
42:38c'est qu'aujourd'hui,
42:40il y a un maintien de l'ordre
42:41qui n'est pas à la hauteur.
42:42Stéphane Manigold.
42:43Et vous savez,
42:44la gendarmerie manque des mots.
42:46C'est à la hauteur
42:47quand on a des enfants épargnés.
42:48Quand la République,
42:49aujourd'hui,
42:49les bandes des enfants,
42:50vous pensez que le maintien de l'ordre
42:51est à la hauteur ?
42:51C'est à la besoin de votre expertise.
42:53Candidatez,
42:53on va vous accueillir.
42:54Stéphane Manigold.
42:54C'est pas la question du tout.
42:55Une question en suite.
42:56Mais Stéphane Manigold.
42:57Moi, vraiment,
42:58je comprends les préoccupations
42:59à la fois des lycéens,
43:00des lycéennes,
43:01des travailleurs.
43:02Je partage.
43:03Pas de débat.
43:04Mais comment vous organisez
43:06votre mouvement
43:08pour finalement collecter
43:10vos doléances,
43:12apporter des propositions,
43:13des solutions
43:14pour que la société française,
43:16puisque,
43:16vous le disiez tout à l'heure,
43:18ait une forme de rupture
43:19parce qu'on ne comprend pas.
43:20Vous venez,
43:21il faut abattre,
43:21Parcoursup,
43:22on est d'accord,
43:23mais peut-être,
43:25est-ce qu'il existe un site
43:26où vous avez vos revendications ?
43:27Oui,
43:2810mesures.fr.
43:29D'accord,
43:29vous voyez,
43:31juste après l'émission,
43:31je vais le regarder.
43:33Le Premier ministre
43:34vous a envoyé,
43:35par exemple,
43:35je sais qu'il a envoyé
43:36une grande consultation
43:37auprès des lycéens.
43:38Il y a plus de 100 000 lycéens
43:39qui ont répondu.
43:40C'est ça qui m'intéresse.
43:41J'ai compris qu'il vous a reçu
43:42également lundi.
43:44Qu'est-ce qu'on fait
43:45à un moment
43:45pour sortir de cette crise ?
43:47La situation économique,
43:48vraiment,
43:48croyez-moi,
43:49il n'y a aucun mépris
43:51à votre égard
43:52ni contre votre mouvement.
43:54Mais la situation économique
43:55du pays,
43:55elle va mal.
43:563 600 milliards de dettes,
43:58150 milliards
43:59chaque année
44:00d'excédents dans le budget.
44:01Il n'y a plus de latitude.
44:03Le chômage,
44:03il explose.
44:04Les entreprises,
44:04elles ferment à Marseille
44:06pour sortir un peu de Paris.
44:07Un commerce sur deux
44:08est fermé.
44:09Sur le Vieux-Port,
44:10c'est une catastrophe
44:11et les mouvements
44:12ne font que de guillotiner.
44:14Donc comment,
44:14à un moment,
44:15ensemble,
44:16on peut,
44:16de façon évidente,
44:17parce que la France
44:18n'est pas un tout petit pays
44:19et il n'y a personne autour.
44:20L'Allemagne ne va pas bien.
44:21L'Espagne aussi.
44:22L'Italie.
44:23Aux Etats-Unis.
44:23Partout,
44:25comment,
44:26à un moment,
44:27on peut arrêter
44:28de chercher à faire en sorte
44:29que l'autre ait tort
44:30et qu'on s'écoute
44:31et qu'on sort justement
44:32de cette société antagoniste ?
44:34Alors vraiment,
44:35mais malheureusement,
44:3630 secondes,
44:37Sofieati.
44:37C'est drôle parce que
44:38moi, je suis d'accord
44:39avec tout ce que vous dites
44:39parce qu'aujourd'hui,
44:40on est dans une France
44:40qui galère.
44:41Mais maintenant,
44:41vous ne parlez pas
44:42aujourd'hui des multinationales
44:43qui font des hyper-profits.
44:45Donc eux gagnent plus,
44:46mais par contre,
44:46personne ne voit sa fiche
44:47de paye augmenter.
44:47On a la réponse.
44:48D'ailleurs,
44:48tu as fait taxer les richesses,
44:49tout simplement.
44:50Et donc ça,
44:50c'est ça aussi qui est problématique.
44:52C'est qu'en fait,
44:52l'argent est mal réinjecté.
44:53On a une mauvaise répartition
44:54des richesses.
44:55Et aujourd'hui,
44:55si on avait une meilleure
44:56répartition des richesses,
44:57on aurait pu,
44:58et on le peut en fait.
44:59C'est juste qu'il faut aller chercher
45:00des nouvelles sources de profit.
45:01Et on peut aujourd'hui
45:02trouver ces 10 milliards.
45:03Pour la guerre,
45:04ils savent débloquer des fonds.
45:05Quand il fallait faire le SNU,
45:06il fallait débloquer des fonds.
45:07Ils l'ont fait, non ?
45:08Et bien la redistribution
45:09des richesses.
45:10La redistribution dans votre lycée
45:11ou finalement participer
45:12à la gestion économique du lycée.
45:20C'est une nouvelle journée
45:20de mobilisation
45:21et peut-être que la discussion
45:22va se poursuivre.
45:23Merci beaucoup à tous les six
45:24en tout cas d'avoir été
45:25sur ce plateau.
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