00:03Drôle d'époque, bonjour Françoise de Gouard.
00:05Bonjour mon cher Benjamin Glaze.
00:07Bon c'est une semaine cruciale qui s'ouvre aujourd'hui pour le gouvernement, Françoise.
00:11Oui Benjamin, parce que le calme relatif, je dis bien relatif, on en parlait avec votre invité à l'instant,
00:17de samedi masque peut-être la tempête de la semaine à venir.
00:20Ce sont les facs et les lycées demain qui appellent à nouveau à la grève.
00:24Puis ce sera la grande journée du 5 novembre, jeudi, c'est-à-dire, et la grève générale.
00:30Quand on voit le niveau de mobilisation encore samedi dernier, week-end de vacances, je le rappelle,
00:35dans toute la France et à Paris, on se dit tout simplement Benjamin que la colère ne retombe pas.
00:40Et pourtant le gouvernement a tout de même annoncé des mesures.
00:42Oui mais les jeunes ne sont dupes de rien.
00:44Benjamin a repoussé la suppression de Parcoursup en 2028 quand cette équipe évidemment ne sera plus là
00:49ou autorisé les régions à faire 4 milliards de prêts pour rénover les lycées.
00:53Alors que les régions sont à l'os financièrement, c'est une sorte de marché de dupes pour la jeunesse.
00:59Bien sûr, il y a les embauches des profs supplémentaires ou les places supplémentaires en BTS.
01:04Mais ça ne peut pas suffire aux organisations syndicales qui veulent obtenir plus de garanties.
01:09Bon, on connaît l'état actuel de nos finances publiques.
01:12Que peut faire dans ce contexte-là le gouvernement, Françoise ?
01:14Il peut choisir et gouverner c'est choisir, mettre le paquet sur l'éducation nationale dans le budget qui arrive,
01:19écouter et surtout répondre.
01:21Vous savez Benjamin, je ne crois pas une minute que les jeunes sortent dans la rue pour le simple plaisir.
01:26Bien sûr, quand on est jeune, on aime être plus ou moins rebelles.
01:29Mais là, c'est un mouvement tellement massif.
01:32Regardez ce qui se passe en Italie.
01:332 millions de manifestants autour de la jeunesse italienne.
01:37Vendredi, dans les rues, c'est 3 fois plus, si vous voulez, 4 fois plus même qu'en France.
01:41Regardez la Serbie où c'est la jeunesse qui a littéralement renversé Alexander Vucic.
01:46Toujours les mêmes revendications.
01:48La dignité, les moyens d'étudier et un refus de la façon dont ils sont traités lorsqu'ils sont diplômés.
01:54Que ce soit en France d'ailleurs ou en Italie, je lisais les reportages dans La Repubblica ce week-end.
01:59Des stages, quand vous avez Bac plus 5 à 500 euros, c'est inacceptable.
02:03On est donc face ici, selon vous, Françoise, à une crise majeure.
02:06Oui, crise politique et sociale.
02:08Et personne ne sait combien de temps, surtout Benjamin, peut tenir l'exécutif à ce régime.
02:12Surtout pour contenir les violences des black blocs totalement furieux qui ont envie d'en découdre,
02:18comme on l'a vu encore à Paris samedi.
02:20Violences telles qu'on balance des engins incendiaires sur un gendarme qui aurait pu mourir.
02:25Voilà, c'est totalement inacceptable.
02:27Mais on a évité le pire.
02:28Le pire, en fait, c'était le parcours intramuros dans Paris, dans la capitale.
02:33Ce truc fou qui va de Bastille à Nation avec le bonheur des casseurs, tous les magasins.
02:38Ce sera évidemment le cas jeudi.
02:40Le cas de quoi ? Du bras de fer encore entre les organisations syndicales pour le parcours de la manifestation.
02:45Vous savez, le 17 octobre est dans toutes les têtes.
02:48C'est devenu le 17 octobre la balise du mouvement, comme l'ont été, je vous rappelle,
02:52le saccage de l'Arc de Triomphe et l'incendie de la préfecture du Puy-en-Velay.
02:56C'était le 1er décembre 2018 pour la crise des Gilets jaunes.
03:00On s'est toujours basé ensuite pour mesurer le niveau de violence sur ces deux dates.
03:05Et bien là, on se bat sur le 17 octobre.
03:08Emmanuel Macron, vous vous en souvenez, à l'époque avait encore du ressort pour calmer la crise des Gilets jaunes.
03:14Là, il ne l'a absolument plus.
03:15C'est un président finissant.
03:17Et moi, j'ai une seule question ce matin, que tout le monde se pose d'ailleurs, pas simplement moi.
03:21Comment arrive-t-on à la présidentielle dans ce climat ?
03:23Merci beaucoup, Françoise Degoy.
03:25Et la question, je la poserai tout à l'heure à Manon Aubry, l'eurodéputée insoumise,
03:30qui sera mon invité politique tout à l'heure, à 8h30.
03:33On parlera aussi du choix des parcours pour les manifestations.
03:36Est-ce que le 5 novembre prochain, il faudra aussi mettre en place des parcours en dehors des centres-villes
03:41?
03:41Manon Aubry nous le dira donc à 8h30.
03:44D'ici là, dans un instant...
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