00:01Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Benjamin Glaze.
00:05Soyez libre, elle est libre. Bonjour Elisabeth Lévy.
00:08Bonjour Benjamin, bonjour à tous.
00:10Ce matin, on vient sur cet appel lancé par 14 patrons de journaux qui veulent défendre la liberté d'informer.
00:16Eh oui, les chapeaux à plumes de la presse en sortent les mots des grands jours.
00:20S'en prendre un journaliste parce qu'il fait son métier, c'est s'en prendre à la liberté d
00:24'informer.
00:25C'est toute notre profession qui doit faire fond.
00:27Alors, toute notre profession, c'est-à-dire la presse de gauche.
00:31Il y a le monde, l'humanité, Libération, l'Obs, Politis, Mediapart, Ouest, France et même Public Sénat.
00:36Alors, j'aimerais savoir s'ils l'ont proposé au Figaro, au Point ou à quelques autres.
00:41En tous les cas, à cause de rien.
00:42Pour faire partie de toute notre profession, il faut sans doute avoir une belle âme en bandoulière.
00:48Alors, la raison de cette alerte générale, Benjamin, c'est que 3 journalistes, 2 de Mediapart, 1 de Politis,
00:54sont, semble-t-il, étaient exfiltrés sans ménagement du congrès du RN à Orléans,
00:58pendant qu'ils filmaient, vous savez, l'éruption, c'est le folklore habituel,
01:02l'éruption de militants du SES raciste dans la salle.
01:05Alors, l'un de ces journalistes dit avoir entendu, en plus des injures racistes venues de la salle.
01:11Alors, heureusement, je vous rassure, les confrères n'ont pas eu d'ITT, pas d'interruption de travail,
01:16mais, oui, bien sûr, on imagine le trauma psychologique, Benjamin.
01:21En tous les cas, après ces graves violences, les patrons de presse expriment leur indignation et leur solidarité,
01:28le tout assaisonné de démocratie engendée, en danger, pardon, etc.
01:35Et, en prime, ces comiques écrivent, je cite,
01:39qu'un journaliste présent pour couvrir un événement politique n'est pas un militant de cet événement,
01:44ni de ceux qui le contestent.
01:45Alors, ça doit être pour ça que tous ces titres se font, mais alors, tous les jours,
01:50une gloire de faire barrage au RN, parce qu'ils ne sont pas militants.
01:55Bon, Elisabeth, il n'empêche, un journaliste opposé au RN, anti-RN,
01:58a le droit de couvrir le congrès du RN.
02:00Ah oui, alors là, absolument, là, je suis sérieuse, absolument, à six mois,
02:04je les cite encore, les confrères, à six mois de l'élection présidentielle,
02:08les journalistes doivent pouvoir couvrir librement les activités de tous les partis politiques,
02:14sans intimidation, sans discrimination.
02:16Et alors là, Benjamin, je signe dès demain.
02:19Si des journalistes ont été secoués avec, en plus, des injures racistes,
02:23c'est effectivement inexcusable.
02:25Mais, quand même, je me pose une petite question.
02:28Où étaient donc ces estimés confrères, après l'attaque du ciel de CNews,
02:33par une centaine de types cagoulés, qui certainement voulaient dialoguer ?
02:36Où étaient-ils, quand Ali Rabé a interdit sa conférence de presse à Elodie Ouichard ?
02:41Toujours de CNews, il paraît que tout le monde doit pouvoir tout couvrir.
02:44Mais bon, où sont-ils, je pourrais citer plein d'exemples,
02:48mais où sont-ils, quand Jean-Luc Mélenchon menace et insulte les journalistes de BFM,
02:53où, depuis hier soir, Anne-Laure Coudray, de tête ?
02:57Où sont-ils, quand ils laissent planer, comme ça, la menace d'une grande mise au pas ?
03:03S'ils arrivent au pouvoir, pourquoi ne sont-ils pas là ?
03:06C'est-à-dire, pourquoi la liberté de la presse, pour eux, se divise à ce point ?
03:10Alors, remarquez, pour Mélenchon, c'est pas seulement de l'adhésion idéologique.
03:14C'est parce que, c'est de la peur.
03:17Tout simplement, Mélenchon fait peur, c'est terrible, mais c'est comme ça.
03:21Et l'intimidation, ça marche.
03:22Quant à CNews, je n'y reviens pas, c'est leur obsession.
03:26Ils voudraient la fermer, mais attention, sans violence, pour eux,
03:29l'épuration, ça doit plutôt être bureaucratique.
03:32Eux, ils ne veulent pas attaquer avec des matraques.
03:35Bon, la conclusion, cher Benjamin, c'est que la liberté d'informer, c'est bon pour les journalistes de gauche.
03:40Et bien, pour les autres, c'est, je ne partage pas vos idées, je me battrai pour que vous ne
03:44puissiez jamais les exprimer.
03:46Alors, cher confrère, pardon, mais vos leçons sur la liberté de la presse, vous pouvez vous les garder.