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00:00Dans un instant, on va discuter, on va débattre le signé Consigny, justement, avec Ségolène Royal, avec Charles Consigny.
00:08On va revenir sur les propos tenus par Édouard Philippe, qui a fait, Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, un
00:14lien entre les émettiers et l'immigration.
00:15Bonsoir, Ségolène Royal. Bonsoir, Charles Consigny.
00:18Bonsoir.
00:18Bonsoir, si ce sont des propos racistes ou des propos, lui, qu'il assume être réalistes.
00:23Mais d'abord, l'actualité politique du jour avec le 20-27.
00:29Au cours de cette campagne présidentielle, un candidat a décidément bien du mal à trouver la bonne posture.
00:38On peut arrêter l'hypocrisie.
00:39Des dizaines et des dizaines de milliers de travailleurs sans-papiers construisent nos maisons, tiennent les cuisines de nos restaurants.
00:43A première vue, Raphaël Glucksmann ne nous a pas paru très réseau-sociaux compatibles.
00:49La tête, quasiment dans la caméra.
00:52Montage, éclairage, cadrage rudimentaire.
00:55Propos sérieux, sans fantaisie.
00:58On peut et on doit gagner.
00:59Et on va avoir besoin de vous.
01:00Est-ce pour cela qu'on a eu le droit à un candidat beaucoup plus 2.0 dans sa dernière
01:05vidéo ?
01:06Raphaël Glucksmann, c'est de vous.
01:07Oh, oh, oh, oh, oh.
01:08C'est pas du tout ce que disent les gens sur Twitter.
01:09Il est de droite, c'est un agent de la CIA, c'est un datant de guerre.
01:12Limite, c'est un facho, quoi.
01:14Sur la forme, il y a clairement une évolution.
01:17Sur le fond, on vous laisse juger.
01:19Les tâches de plus de 2 mois passent moins à 1 000 euros minimum par mois dès que je suis
01:22élu président.
01:26Dans la catégorie des candidats incertains, le roi, c'est quand même Dominique de Villepas.
01:33Plus de 30 ans de politique, mais surtout près d'un an à nous faire tourner en bourrique.
01:39Tu veux, tu veux pas.
01:40Est-ce que vous serez candidat à l'élection présidentielle ?
01:43Je le dirai le moment venu.
01:44Qu'attendez-vous ?
01:45Parce qu'aujourd'hui, nous vivons à l'heure des faux départs et laissons passer les plus pressés.
01:50Vous êtes en campagne, mais pas candidat déclaré, c'est ça ?
01:52Je ne suis pas candidat déclaré.
01:54Dominique de Villepas, on est bien d'accord que vous serez candidat à l'élection présidentielle.
01:57Que je veux être candidat, monsieur Daray, que je me bats pour être candidat.
02:02Bon, ce matin encore, l'ancien Premier ministre ne semble toujours pas prêt.
02:08Pourquoi est-ce que vous n'avez toujours pas annoncé votre candidature officielle ?
02:12Parce que ce n'est pas le moment, je ne pense pas qu'au milieu d'une situation de colère
02:17générale dans notre pays,
02:18ajouter une candidature apporte quelque chose.
02:21Mais je vous rassure, soyez patient.
02:23Il n'y a aucune espèce de doute sur le fait que vous serez candidat à l'élection présidentielle.
02:27Il n'y en a pas en ce qui me concerne.
02:29Certes, rien ne sert de courir, mais il faut quand même partir un jour.
02:33Pour rappel, en 2012, Dominique de Villepin avait dû renoncer, faute d'avoir les 500 parrainages.
02:43Eux n'ont franchement pas eu du mal à annoncer leur candidature.
02:48Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, un embouteillage dans le bloc centre droit.
02:54Le ministre de la Justice a lui choisi pour qui il va rouler.
02:59Il faut se rassembler derrière Edouard Philippe.
03:01Je trouve ça étonnant de ne pas aider quelqu'un qui fait entre 16 et 17% dans à peu
03:04près tous les sondages depuis maintenant quasiment deux ans.
03:06Les autres ne sont pas du tout capables de le faire.
03:08Il faut aider celui qui est capable de réussir, de se qualifier au second tour.
03:11Avoir pour copain Gérald Darmanin, est-ce une si bonne idée pour Edouard Philippe en quête d'éloignement avec le
03:17macronisme ?
03:23Voilà, 2027 signé Raphaël Redon et Bertrand Séguier.
03:27Venons-en maintenant à notre débat du jour.
03:30Débat du jour concernant les propos d'Edouard Philippe, l'ancien Premier ministre,
03:34qui a jugé la semaine dernière patente la surreprésentation des jeunes d'ici de l'immigration lors des pillages du
03:4017 octobre.
03:41Alors, c'est du racisme ou pas ?
03:45Je trouve très intéressant qu'on ait ce débat et qu'on ait à cette occasion une espèce de retour
03:54furieux d'un politiquement correct que je croyais disparu, moi.
03:58J'ai entendu hier, et je l'ai retweeté, une chronique incroyable de Salia Braclia sur le plateau de l
04:05'émission Quotidien,
04:06une excellente émission au demeurant, qui faisait la leçon à Edouard Philippe et qui, en gros, démentait le mot de
04:14Peggy cité par Edouard Philippe
04:16qui dit « il faut voir ce que l'on voit » et qui sommait Edouard Philippe de ne pas
04:21voir ce qu'il avait vu.
04:22Et qui sommait les Français de ne pas voir ce qu'ils avaient vu.
04:26Et qu'est-ce qu'ils ont vu ?
04:27Eh bien, qu'est-ce qu'ils ont vu ? Ils ont vu des jeunes.
04:30On les appelle comme on veut.
04:31Moi, je n'ai pas de problème à dire qu'il s'agit des jeunes qui ont un profil qu
04:35'on appelle « racaille ».
04:36« Racaille », c'est un mot qui est dans le langage courant.
04:39Vous voyez, je me suis même renseigné, j'ai même fait de la doctrine.
04:43J'ai été voir ce que dit, par exemple, le magazine Politis, qui est un magazine de gauche, voire d
04:48'extrême-gauche.
04:49Qu'est-ce que c'est qu'une racaille ?
04:50La figure du jeune de banlieue.
04:52Le mot « racaille » se confond désormais avec la figure du jeune de banlieue.
04:55« Chacun comprend parfaitement de qui l'on parle, ce sont les jeunes avec casquette et capuche, parlant vers l
05:00'an ».
05:00Il explique qu'il s'agit d'un terme utilisé de manière péjorative pour qualifier ces jeunes.
05:07Ce sont des jeunes de banlieue.
05:09Oui, ça ne fait pas plaisir à dire, c'est comme ça, issu de l'immigration.
05:13Et d'ailleurs, il n'y a pas que Édouard Philippe qui le dit.
05:15Il n'y a pas que Nathalie Loiseau.
05:17Il n'y a pas que Bruno Retailleau.
05:19Il n'y a pas que le président des États-Unis, Donald Trump, qui dit ça.
05:22Il y a aussi, j'ai été très intéressé de voir ça, d'abord le préfet des Alpes-Maritimes.
05:28Alors, je ne savais pas que c'était un nazi, M. Jean-Marie Girier,
05:31qui dit qu'un tiers des interpellés sont des personnes d'origine étrangère.
05:35Et il y a surtout, et j'en termine par là, Édouard Louis.
05:39Alors, c'est quand même intéressant.
05:40Édouard Louis, un écrivain d'extrême-gauche, qui d'ailleurs disait
05:44« Moi, je suis pour que l'on mette le feu aux rues de Paris.
05:46Faire de la politique, c'est avoir au nom du sang sur les mains. »
05:49Un écrivain, voilà, recommandable.
05:51Il écrit dans Libération le 20 octobre
05:53« Comment ne pas voir que ce week-end, ceux qui cassaient et pillaient
05:57avaient tous un air de familiarité ?
05:59Qu'ils semblaient tous, en tout cas très majoritairement,
06:02provenir de milieux populaires, qu'ils emportaient les vêtements,
06:04les casquettes, les baskets.
06:06Comment ne pas voir qu'ils étaient en grande partie des hommes racisés,
06:09noirs et arabes ? »
06:10Je cite Édouard Louis.
06:12Donc moi, je veux bien qu'on se bande les yeux.
06:14Et je pense d'ailleurs qu'à force de se bander les yeux,
06:19j'interromps pas, moi.
06:20On ne peut pas, non, non, mais je termine par là.
06:22Non, non, j'attends mon compte.
06:22À force de se bander les yeux, on ne traitera pas le sujet.
06:25Il se trouve que comme avocat, j'ai défendu de nombreux jeunes
06:30qui avaient ce profil de racaille.
06:32Je sais exactement ce que c'est.
06:34Donc qu'on ne me raconte pas d'histoire,
06:35après on peut débattre des solutions pour aider ces jeunes
06:37à sortir de cette spirale.
06:39Est-ce que vous êtes d'accord avec ce que dit Édouard Philippe
06:41et Charles Consigny, donc ?
06:42Je vous trouve sur la défensive.
06:45Car vous savez que ce que vous êtes en train de dire
06:47est un torrent de boue.
06:49Et ce qu'a fait Édouard Philippe est absolument indigne.
06:53Et c'est d'autant plus indigne dans le moment dans lequel il le fait.
06:57Il le fait au moment où l'on se recueille
07:00sur la victime d'un attentat terroriste raciste.
07:04Et on apprend que l'agresseur blanc
07:08avait déjà agressé une personne racisée,
07:11une personne noire,
07:12et qu'il l'avait laissée pour demi-morte au sol.
07:15Et quand la police est arrivée,
07:17elle a menotté la victime.
07:19Pourquoi est-ce qu'elle menotte la victime
07:21et laisse partir l'auteur des faits
07:22qui donc quelques instants, quelques jours après,
07:25va tuer et va blesser notamment une petite fille de 12 ans ?
07:29Pourquoi est-ce qu'il laisse partir l'agresseur blanc
07:31et qu'il menotte un homme noir
07:34à terre, à demi-mort,
07:35comme si c'était lui qui était victime ?
07:37Et vous savez pourquoi il fait ça ?
07:39Parce qu'il y a des discours tels que ceux
07:41que vous venez de tenir.
07:42Parce qu'il y a un ancien Premier ministre
07:44qui dit, en effet, comme vous venez de le faire,
07:46en allant citer Trump,
07:47il faut quand même oser le faire,
07:48ce que vous venez de faire,
07:48vous allez citer Trump pour justifier
07:50les propos d'Édouard Philippe,
07:52qui dit que les casseurs sont issus de l'immigration.
07:56Pas les casseurs, les pillards.
07:57Les pillards sont issus...
07:58Et pas tous, en grande partie.
07:59Je ne vous ai pas interrompé, laissez-moi finir.
08:01Oui, mais il ne faut pas le citer,
08:04attendez, les pillards sont issus de l'immigration.
08:06Si, un pillard, c'est un délinquant.
08:08Il suffit de le condamner sévèrement
08:10pour ce qu'il a fait.
08:11Pas d'aller rechercher les parents
08:12et les grands-parents.
08:13Qu'est-ce que ça veut dire ?
08:14Il est né en France, sûrement, en plus.
08:16Il est sans doute né en France
08:17et peut-être ses parents également,
08:19parce qu'Édouard Philippe est remonté
08:20à la deuxième génération.
08:22Un pillard est un pillard
08:23et il est condamné en tant que tel.
08:25Lorsqu'il y a des manifestations d'agriculteurs,
08:28ce ne sont pas des jeunes issus de l'immigration,
08:30ce sont des agriculteurs
08:31qui cassent les préfectures
08:32parce qu'ils sont en colère.
08:34Lorsqu'il y a eu les gilets jaunes
08:35qu'Édouard Philippe a éborgnés,
08:38ce n'étaient pas les jeunes des banlieues,
08:39c'étaient des jeunes du milieu rural,
08:41c'étaient des femmes retraitées.
08:42Édouard Philippe n'a pas éborgné les gilets jaunes.
08:45Il a éborgné les gilets jaunes.
08:46Il a pendant neuf mois, ça a duré.
08:48Donc, qui vient nous faire des leçons aujourd'hui,
08:50c'est justement insupportable.
08:52La conséquence de ce racisme débridé,
08:56de ces torrents de boue,
08:57c'est que vous mettez des cibles dans le dos
09:01des Français issus de l'immigration.
09:03Savez-vous dans combien de dos
09:05vous mettez des cibles en faisant ça ?
09:0712 millions de personnes.
09:09Savez-vous que parmi ces Français issus de l'immigration,
09:12parce que ce n'est pas n'importe lesquels qui sont visés,
09:14ce sont les Maghrébins
09:15et ce sont les Africains qui sont visés,
09:18si les Maghrébins et les Africains,
09:20moi je souhaiterais qu'un jour,
09:21ils arrêtent tous de travailler,
09:22ces Français issus de l'immigration.
09:24Et vous verriez des secteurs anti-ci,
09:27parce qu'en désignant les Français issus de l'immigration,
09:30du coup, vous suscitez en effet une méfiance
09:32à l'égard de tous ces Français issus de l'immigration.
09:35Mais si, et que du jour au lendemain,
09:37ils viennent...
09:37Alors, est-ce que vous stigmatisez toutes les populations ?
09:40Interrogez-les dans la rue,
09:42et que même là, le taxi qui m'a emporté ici,
09:44issu de l'immigration,
09:45il m'a dit madame,
09:46j'ai peur, et j'ai peur pour moi et pour mes enfants.
09:48Les aides-soignantes, j'ai peur pour moi...
09:50C'est-à-dire qu'on ne peut plus parler d'immigration ?
09:52Mais on parle de la délinquance.
09:53Est-ce qu'on peut parler d'immigration ?
09:55Il y a des délinquants,
09:56on les réprime en tant que têtes.
09:58Il y a des délinquants en col blanc.
10:02Il y a 100 milliards de fraude fiscale en France.
10:04Donc c'est du vol.
10:06Donc ce sont des voleurs.
10:08Ce sont des voleurs en col blanc.
10:09Mais qui ne sont pas issus de l'immigration.
10:12De toute façon, le mal blanc de plus de 50 ans,
10:13c'est le seul dont on a le droit de dire la couleur de peau
10:16et qu'on a le droit de détester.
10:16Attendez, laissez-moi finir.
10:18Je ne sais pas s'il y a du temps.
10:20Mais laissez-moi finir.
10:22Ce qui doit être réprimé, c'est la délinquance.
10:26Ce n'est pas de rechercher les parents et les grands-parents.
10:28Attendez, je termine juste là-dessus.
10:29La délinquance fiscale,
10:31c'est plus grave,
10:33parce que c'est du détournement de fonds publics.
10:36C'est plus grave que de voler un commerçant ?
10:38En termes de volume.
10:39Je peux répondre, madame Royal.
10:40Je dirais qu'un bon commerçant.
10:41C'est très grave, c'est l'agression des commerçants,
10:43les casses, etc.
10:44Si ça ne vous embête pas, je terminerai là-dessus.
10:46Je terminerai sur une chose.
10:48Je terminerai.
10:49Aller stigmatiser, aller rechercher
10:52les jeunes issus de l'immigration.
10:54Ça empêche aussi de mettre le doigt
10:56sur ce qu'un certain nombre de vos collègues journalistes
10:58ont révélé.
10:59C'est les milices d'extrême droite
11:01qui ont frappé,
11:03qui ont cassé,
11:04qui se sont réfugiés derrière les candons de police.
11:07Mais ça vous dérange ?
11:09Bien sûr qu'il y a eu des milices d'extrême droite
11:13qui ont cassé.
11:14Il y a une grande différence entre vous et moi,
11:15madame Royal.
11:16C'est que moi, j'essaye d'être de bonne foi.
11:18Et je ne fais pas de la petite politique.
11:21Non, non, non.
11:21Vous ne dégradez pas ce que j'ai dit.
11:23Je ne vous l'ai pas dit.
11:23Si, si, si.
11:24Vous faites une...
11:25Vous êtes dans ce qu'on appelle
11:26la démagogie la plus crasse.
11:28Ça vous dérange.
11:29Parce que vous pensez que vous pariez
11:31non pas sur l'intelligence des gens
11:33qui nous écoutent.
11:34Ils sont très intelligents, les gens.
11:35Vous pensez qu'ils sont plus idiots
11:36qu'ils sont en réalité.
11:37Pas du tout.
11:37Alors pardon, moi,
11:38je ne vois pas le problème
11:40qu'il y a à dire la vérité.
11:41D'abord, franchement,
11:42essayez d'excuser ce qui s'est passé.
11:44Où on était au bord de la guerre civile.
11:47Peut-être que vous ne l'avez pas vu.
11:48Je ne sais pas où vous étiez à ce moment-là.
11:49Moi, je l'ai vu.
11:50J'ai eu des magasins cassés en bas de chez moi.
11:53J'ai vu ces bandes de jeunes
11:54qui cassaient les magasins,
11:55qui interpellaient les passants,
11:57qui agressaient les femmes
11:58dans la rue, une féministe comme vous.
12:00Ça devrait vous interpeller.
12:01Bon.
12:01Eh bien, j'ai vu ces scènes de guerre civile.
12:04C'est pas possible d'aller rechercher
12:05les parents, les grands-parents.
12:06Franchement, pensez que vous avez été
12:07au second tour de l'élection présidentielle.
12:09Pour l'ordre juste.
12:10Le pays était à feu et à sang.
12:12C'est pas un débat, ça.
12:12Le pays était à feu et à sang.
12:14Et c'est ça, votre réaction ?
12:15C'est pas un débat.
12:15Si, je trouve ça inquiétant.
12:16Moi, je voudrais citer deux exemples.
12:18Quand on est mal à l'aise,
12:19on attaque sur le plan personnel.
12:20Non, c'est pas personnel.
12:21C'est que ça m'inquiète pour la France.
12:22Au torrent de boue.
12:23C'est pas personnel.
12:24Il n'y a pas de torrent de boue.
12:25C'est vous qui avez utilisé le torrent de boue.
12:27Oui, c'est moi qui l'utilisait.
12:28Ça continue.
12:28D'abord, d'abord, d'abord.
12:30Sur les chiffres du ministère de la Justice.
12:32Le ministère de la Justice,
12:33aux dernières nouvelles,
12:34il n'est pas tenu par je ne sais quel extrémiste.
12:39Sur les incarcérations postérieures
12:41au 17 et 18 octobre.
12:4230% d'étrangers.
12:45Sur les Français interpellés,
12:47les personnes déférées.
12:48Ça, c'est Jérôme Fourquet qui le dit.
12:49Alors, Jérôme Fourquet, c'est peut-être un nazi.
12:51Il est parti d'un échantillon assez réduit.
12:5470 personnes.
12:55D'accord.
12:56Sur l'échantillon Fourquet,
12:58qui est un sociologue quand même émérite,
13:00vous avez 75% de porteurs de prénoms
13:03arabo-musulmans ou d'origine africaine.
13:05Alors, je sais.
13:06Moi, je vous dis ça.
13:06Ça ne veut rien dire, ça.
13:07C'est pas pour ça.
13:08Quand il y a des émeutes d'agriculteurs,
13:09il n'y a pas de prénoms.
13:10Il n'y a pas de prénoms arabes.
13:12Je vous dis ça pour qu'on s'attaque aux causes.
13:13Moi, je me souviens de notre auditrice au grande gueule,
13:15Fatma, commerçante à Marseille,
13:17qui dit qu'elle s'est fait frapper,
13:20qu'elle a vécu une guerre civile,
13:21que les voleurs avaient des couteaux,
13:22qu'il y avait des milliers de personnes.
13:24Et qu'est-ce qu'elle dit ?
13:24Je la cite.
13:25C'est malheureux.
13:26Je suis de confession musulmane.
13:28Mais 80%, c'est ma communauté.
13:30Et j'ai honte de le dire.
13:30C'est ça qu'elle dit, Fatma.
13:32Elle a vécu la réalité un peu plus durement
13:34que vous, Mme Royal, dans cette histoire.
13:36Donc, moi, ce que je dis simplement...
13:37Et encore une fois, ces jeunes, je les connais.
13:39Je les ai défendus.
13:40J'ai fait mon travail d'avocat pénaliste à fond.
13:43Je les connais, je pense, plus intimement que vous.
13:46C'est qu'est-ce qu'on fait une fois qu'on a ça ?
13:48Une fois qu'on ne se bande pas les yeux
13:49et qu'on accepte de regarder le réel tel qu'il est.
13:53Qu'est-ce qu'on fait ?
13:53Moi, je pense qu'il faut rétablir, par exemple,
13:55le service militaire.
13:57Je pense qu'il faut, par exemple,
13:58créer ce système que j'ai proposé il y a quelques semaines,
14:01un système de parrainage
14:02pour que des gens qui sont inclus dans la société
14:05parrainent des gens qui s'en sentent exclus.
14:07Je pense qu'il faut qu'on réfléchisse
14:09à comment on peut continuer à former tous ensemble un pays.
14:12Mais ça n'est pas en nous bandant les yeux,
14:14en refusant de voir la réalité
14:15et en essayant de censurer ceux qui acceptent de voir
14:19et de dire les choses,
14:20comme la gauche essaye de le faire depuis plusieurs semaines,
14:23qu'on arrivera à trouver la moindre solution.
14:27Il y a 12 millions de Français,
14:29de parents ou de grands-parents immigrés.
14:32En faisant ça, en désignant...
14:35Pourquoi est-ce que les gens,
14:36ceux qui sont au pouvoir et vous qui les soutenez,
14:39désignent comme ça tout d'un coup
14:40des Français issus de l'immigration,
14:42alors que la délinquance en elle-même,
14:46cassée, volée, etc.,
14:48c'est déjà suffisamment grave ?
14:49Ils sont condamnés en tant que tels.
14:51Ce n'est pas la peine d'aller rechercher
14:52les parents et les grands-parents.
14:53Première chose.
14:54Parce qu'en faisant cela, je le répète,
14:57vous mettez une cible
14:58sur tous ces Français issus du Maghreb
15:00et issus d'Afrique.
15:01Et ça, c'est proprement scandaleux.
15:04Ils ne sont pas capables
15:05de faire la différence comme Fatma ?
15:07Mais tout d'un coup,
15:08ils se sentent suspects
15:10et ils ont peur d'être agressés
15:13et même tués comme ça vient d'être fait.
15:15Il y a un amalgame, en fait.
15:16Il y a un amalgame.
15:16Et on voit ce que donnerait
15:17l'arrivée de l'extrême-droite au pouvoir.
15:20Ça serait le permis de tuer
15:21sur tous ces gens,
15:22puisqu'ils, par définition,
15:23ils sont désignés comme délinquants.
15:25Mais personne ne dit ça.
15:25Et je le répète,
15:27quand c'est des agriculteurs qui cassent,
15:29ce sont des agriculteurs.
15:30Quand ce sont des gilets jaunes,
15:33ce sont des gens des périphéries
15:34qui ne supportent plus les uns et les autres.
15:37On ne dit pas que tous les agriculteurs
15:39sont des agriculteurs.
15:40Quand ce sont des gilets jaunes,
15:41on essaie de savoir
15:42quel est leur conflit.
15:42Ils se révoltent tout simplement
15:44contre l'injustice,
15:47contre la violence, etc.
15:48Oui, mais là, on les disait
15:49par leur prénom et leur couleur de peau,
15:50c'est ce que dit la royale.
15:51Les violences et les manifestations,
15:54les centaines de milliers de manifestants
15:56qui ont manifesté calmement.
15:58Le fait de se focaliser, effectivement,
16:01sur les fins de cortège,
16:02où il y a de toute façon
16:02toujours les casseurs.
16:0330 000 pillards le 17 octobre,
16:06c'est quand même quelque chose
16:07de jamais vu.
16:07Il faut trouver des solutions
16:08pour empêcher cela.
16:09Ça ne doit pas supprimer
16:12la responsabilité de ceux
16:14qui sont au pouvoir aujourd'hui
16:15et qui ne sont pas capables
16:17de gérer correctement
16:18les affaires de l'État
16:19pour qu'il n'y ait pas
16:20de manifestations,
16:21pour qu'il n'y ait pas
16:22de révolte sociale,
16:24et donc pour qu'il n'y ait pas
16:25de casseurs.
16:25Pour avancer un peu dans le débat,
16:27est-ce qu'il n'est quand même
16:28pas intéressant de savoir
16:29pourquoi il y a-t-il
16:30autant de casse et de pillage ?
16:33Et qui font ça ?
16:34Alors, Laurent Nunes,
16:35tout à l'heure,
16:36Laurent Nunes disait
16:36c'est à la fois l'ultra-gauche
16:38qui a été très organisé
16:39ce 17 octobre
16:40et beaucoup plus organisé
16:41d'ailleurs que les forces de police,
16:43mais aussi des gens
16:44venus déciter
16:45par opportunité
16:47pour voler
16:48parce qu'on voyait bien
16:50qu'il y avait moyen de faire.
16:51C'est un coup classique.
16:53La responsabilité politique
16:54de ceux qui veulent se dédouaner,
16:55qui sont au pouvoir,
16:56qui veulent se dédouaner
16:57de leurs responsabilités
16:58et qui sont incapables
17:01de gérer correctement le pays
17:02au point où les gens
17:03sont obligés de se révolter,
17:04de descendre dans la rue
17:05parce qu'ils sont incapables
17:07de baisser les taxes
17:07sur l'essence,
17:08parce qu'ils sont incapables
17:10de maîtriser les prix de l'énergie,
17:11parce qu'ils sont incapables
17:12de bloquer un certain nombre
17:14de prix,
17:14parce qu'ils sont incapables
17:15de répondre aux inégalités sociales,
17:17parce qu'ils sont incapables
17:18de lutter contre la fraude fiscale
17:20et donc contre la délinquance
17:22des plus riches.
17:22Et ces gens-là, finalement,
17:24ont besoin de boucs émissaires.
17:25Alors, un coup,
17:26c'est l'ultra-gauche,
17:27un coup,
17:28c'est les descendants
17:28des étrangers.
17:29Mais même l'ultra-gauche,
17:31madame Royal,
17:31vous ne voulez pas l'avoir
17:32l'ultra-gauche ?
17:33Elle n'existe pas non plus ?
17:34C'est les mêmes l'ultra-gauche ?
17:36Non, ce n'est pas les mêmes.
17:37Il y a eu des casseurs
17:38et il y a eu des piliers.
17:39Et tout le monde l'a vu,
17:40madame Royal.
17:40Tout le monde l'a vu.
17:41Moi, ils sont de gauche,
17:42ce que dit Jérôme Fourquet.
17:43Et il n'y a jamais l'ultra-droite.
17:45Parce que ça m'intéresse.
17:45Il n'y a jamais l'ultra-droite.
17:46Il n'y a jamais les milices.
17:48Il n'y a pas de billets de magasin.
17:49Prends, prends le temps.
17:50Les milices ultra-droites
17:51s'y sont allés piller,
17:53c'est pareil.
17:53Jérôme Fourquet.
17:54Oui, mais qui lui-même a relativisé,
17:56parce qu'il a dit
17:56que ce n'était pas une étude.
17:57Alors, sur son échantillon,
17:59qu'est-ce qu'il dit
17:59sur son échantillon ?
18:01Je vais vous donner deux sources.
18:07Un reportage de France Inter
18:08du 21 novembre
18:10qui cite des jeunes
18:12qui ont comparu en correctionnel.
18:14On l'a entendu déjà.
18:16On a vu les gens casser tout ça.
18:18Nous aussi, on s'est mis à casser.
18:20Aucun regret, pas le moindre remord.
18:21On ne va pas bouger.
18:22On est né en France.
18:23Un troisième menace,
18:24c'était le début.
18:26On va continuer encore pire.
18:28Et le journaliste précise
18:29que les pillards sont issus de l'immigration.
18:30Mais il supprime ça
18:32ensuite, sur le site de France Inter,
18:34ça reste dans la bande audio
18:36que dit Fourquet.
18:37Et c'est là que la gauche
18:39a une responsabilité énorme,
18:41pas que la gauche,
18:42je vous l'accorde,
18:43mais notamment la gauche.
18:44Parce qu'il parle
18:46d'un ressentiment post-colonial
18:48vis-à-vis de la France.
18:49Des comptes à régler
18:50avec un État,
18:51une police
18:51qui pratiquerait
18:52le contrôle au faciès,
18:53qui discriminerait,
18:54qui aurait colonisé
18:55leurs ancêtres.
18:56Je suis désolé,
18:57ça c'est quoi ?
18:58C'est le discours de la gauche
19:00qui ne cesse
19:02de jeter des torrents
19:03debout sur la France.
19:04Et de faire croire
19:05à ces jeunes
19:05que c'est pour eux
19:06une malédiction
19:07d'être en France.
19:08Que c'est un pays
19:09qui doit indéfiniment
19:10présenter des excuses.
19:12Et que c'est un pays
19:13qui ne leur tend pas la main.
19:14Alors, je suis d'accord,
19:15la société sans doute
19:16est trop fermée
19:17et ne tend pas suffisamment
19:18la main à ces jeunes.
19:19Mais ce discours
19:20qui enfonce ces jeunes
19:21dans leur marasme,
19:23à mon sens,
19:24leur fait beaucoup de mal.
19:25Alors, ce poison
19:26qui se déverse
19:27comme ça,
19:28que vous êtes en train
19:28de déverser,
19:30et qui fait croire
19:32dans ce torrent
19:34de haine
19:35que tous les jeunes...
19:36Le mot torrent
19:37est beaucoup utilisé ce soir.
19:38Mais c'est ça.
19:38Zéro haine.
19:39C'est un truc écœurant.
19:41C'est à vomir.
19:42Je vais vous dire
19:43pourquoi c'est à vomir.
19:44C'est des faits.
19:46Parce qu'en disant cela,
19:47vous mettez
19:48dans l'oreille
19:49des gens qui écoutent
19:50que tous les jeunes
19:52issus de l'immigration
19:53sont des délinquants.
19:53Ils sont moins bêtes
19:54que ce que vous pensez.
19:54Et vous ne parlez jamais
19:55de ceux qui réussissent.
19:57Mais tout le temps.
19:57Et je ne vous souhaite pas...
19:58Mais tout le temps,
19:59j'en ai défendu plein.
19:59Mais je ne vous souhaite pas...
20:00Je ne vous ai pas interrompu.
20:01Je ne vous souhaite pas un jour
20:03d'aller à l'hôpital public
20:05où il y a 6 000 médecins
20:07issus du Maghreb.
20:08Vous m'entendez ?
20:096 000 médecins issus du Maghreb.
20:10Mais tant mieux.
20:11Qu'un jour,
20:11ils vous reconnaissent
20:12et qu'ils vous disent
20:13vous êtes sûrs
20:14que vous voulez
20:14que je vous soigne, monsieur ?
20:15Mais ils feront jamais ça.
20:16Tous nos anciens
20:17et tous nos anciens
20:18qui sont les aides-soignantes
20:20et dans tous les métiers
20:21du bâtiment
20:21et tous les gens
20:22qui ont nettoyé
20:23les rues de Paris.
20:24Quelle couleur ils étaient
20:25les gens qui ont nettoyé
20:26les rues de Paris ?
20:27Je ne sais pas,
20:27on n'a pas le droit de le voir.
20:28Ça vous dérange ?
20:29Alors vous m'interrompez.
20:30Vous n'êtes pas démocrate.
20:31Je ne vous ai pas interrompu.
20:32Ça vous dérange
20:33alors que vous m'interrompez.
20:35Tous les gens
20:36qui ont nettoyé
20:37les rues de Paris,
20:38c'était ceux
20:39que vous désignez
20:39issus de l'immigration.
20:41Tous les gens
20:41qui font tourner le bâtiment.
20:43Tous les gens
20:47ingénieurs, informaticiens
20:48que l'on va chercher
20:49dans les pays du Maghreb.
20:51Ils sont dans les entreprises
20:52ici aussi.
20:53Donc sur 12 millions
20:54de personnes
20:55issues de l'immigration,
20:56il n'y a pas 12 millions
20:57de délinquants.
20:58On est d'accord.
20:59Arrêtez de déverser
21:01cette boue immonde
21:04qui préfigure bien
21:05ce que sera la France
21:07lorsque l'extrême droite
21:10est au pouvoir.
21:10Merci Charles Consigny.
21:11Merci Ségolène Royal.
21:13La campagne présidentielle
21:14a commencé.
21:15Vous allez soutenir
21:16Raphaël Glucksmann.
21:17C'est une certitude.
21:18Oui.
21:20Déjà, je le pousse
21:21à faire l'alliance
21:22comme prévu
21:23avec les autres
21:24partis de gauche.
21:25D'accord.
21:25Mais vous serez
21:26en campagne avec lui.
21:27Avec l'extrême gauche.
21:28Je serai là
21:29où il aura besoin
21:30que je sois.
21:30à faire l'extrême droite.
21:31J' 협