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Retrouvez le replay de Signé Consigny sur BFMTV.

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Transcription
00:00Dans un instant, même tout de suite, vous allez laisser la place à Charles Consigny et à son débatteur,
00:05Emmanuel Morel, député, candidat gauche républicaine et socialiste, à la primaire de la gauche.
00:10Merci Madame Morancet, bonsoir Monsieur Morel, merci d'être avec nous, bonsoir Charles Consigny.
00:16Avant de vous écouter débattre de la primaire socialiste, je vous propose de prendre connaissance de l'actualité politique du
00:23jour, c'est le 2027.
00:27Quelques jours après avoir dépeint Raphaël Glucksmann en stagiaire,
00:32Ségolène Royal rhabille une nouvelle fois son adversaire de la primaire socialiste.
00:37Est-ce que vous estimez que Raphaël Glucksmann est de gauche ?
00:38Il a le droit de dire qu'il est de gauche, mais c'est un itinéraire qui n'est pas
00:42de gauche.
00:43Il s'est plaint du mutérandisme, il a soutenu Nicolas Sarkozy.
00:48Locasse sur ses concurrents, beaucoup moins sur ce sujet de fond.
00:52Est-ce que l'antisémitisme c'est la faute des juifs ?
00:54Je vais parvenir en deux phrases sur ce sujet.
00:56Est-ce que vous distinguez les juifs de France, d'Israël ?
00:59Je ne reviendrai pas sur cette question.
01:01Mais moi je pose les questions que je veux à Ségolène Royal.
01:03Oui, et moi je fais les réponses que je veux.
01:04Merci Ségolène Royal d'avoir répondu à certaines de mes questions, mais pas à toutes.
01:10À moins de deux semaines de la primaire socialiste,
01:13l'ancienne finaliste à la présidentielle nous a enfin fait découvrir sa chanson de campagne mardi soir.
01:31Bon, on ne va pas se le cacher, l'intelligence artificielle y est pour beaucoup.
01:36Mais est-ce que c'était vraiment mieux avant les chansons de campagne des candidats ?
01:40C'est l'heure de la cassette du 20-27.
01:43Pour commencer, on se rappelle tous du tube en l'honneur de Jacques Chirac en 1981.
01:58Face à lui, François Mitterrand y était allé aussi de sa bande-son,
02:03face son dessin animé.
02:11Je vous remercie d'accueillir Marine Le Pen.
02:17Encore loin des larges fauteuils du palais présidentiel,
02:21cet après-midi, Marine Le Pen était venue tenter d'asseoir ses idées.
02:32Faudra-t-il aussi un deuxième siège à l'Elysée si Marine Le Pen était élue ?
02:37La candidate du Rassemblement national n'a pas hésité à envoyer Jordan Bardella
02:42à une réunion stratégique la semaine dernière.
02:45Je fais une campagne présidentielle en binôme.
02:48C'est une des qualités de ce binôme
02:51que de pouvoir envoyer celui qui sera Premier ministre
02:56lorsque je n'ai pas la capacité d'être présente.
02:59En cas de victoire de sa patronne,
03:01Jordan Bardella sera-t-il chargé aussi d'encaisser les coups durs ?
03:05Attends, c'est un jour.
03:06Attends, c'est un jour.
03:08Oui, oui.
03:13Le 20-27 préparé par Raphaël Redon et Simon Terassier.
03:17Emmanuel Morel, vous avez votre chanson ?
03:19Non, je n'ai pas de chanson.
03:21Ce que j'espère, c'est qu'on chantera tous ensemble
03:22la Marseillaise à la fin quand on aura gagné.
03:25À condition que vous sortiez gagnant de la primaire de la gauche,
03:27elle est mortifère, elle est mortelle, cette primaire de la gauche, Charles Consigne ?
03:31Je ne sais pas si elle est mortelle.
03:32En tout cas, j'ai regardé des extraits
03:34et j'avais l'impression de regarder Jurassic Park.
03:38Je m'en connais bien, là.
03:40Il y avait des dinosaures qui manient des concepts d'avant-guerre,
03:47complètement décalés, à mon sens, avec ce dont la France a besoin.
03:51Je suis, moi, fasciné de voir ce retour du socialisme
03:55à la faveur de Lecornu, finalement.
03:58C'est lui qui a remis en selle le Parti Socialiste.
04:00C'est très étonnant.
04:01Mais oui, avec son budget, avec son deal, avec Fort,
04:04qui a s'abordé la seule réforme utile du deuxième quinquennat de Macron
04:08qui était la réforme des retraites.
04:10Et là, je vous ai écouté tous débattre.
04:13Alors, c'est peut-être Ségolène Royal qui me projetait 20 ans en arrière.
04:17Mais, c'était...
04:18Parce que, pardon, il n'y a pas que des...
04:21Je reprends votre... des dinosaures.
04:22Il y a des candidats qui ne se sont jamais présentés.
04:26C'est les idées qui m'ont fait cette épreuve-là.
04:28Raphaël Glucksmann.
04:29C'est des idées jurassiques, par contre.
04:30C'est des idées préhistoriques, à mon sens.
04:33C'est vraiment très, très, très en décalage avec le monde d'aujourd'hui.
04:37Voilà.
04:37Et avec ce dont, à mon sens, la France pourrait avoir besoin.
04:41Nonobstant, quelques phrases creuses qui, alors là, ne sont pas votre œuvre.
04:44Mais, dans le genre, le jeune Glucksmann est pas mal.
04:47La République, c'est ce qu'on a de plus précieux.
04:49Blablabla.
04:50Mais, bon...
04:50En même temps, ce n'est pas fou.
04:52Oui.
04:52Ce n'est pas fou.
04:53Non, je ne pense pas que ce soit vrai.
04:55Je pense que la France, c'est ce qu'on a de plus précieux.
04:56Vous pensez que la République, ce n'est pas ce qu'on a de plus précieux ?
04:58Non, pas du tout.
04:58Mais la République et la France, c'est la même chose.
05:00La France, c'est ce qu'on a de plus précieux.
05:01Ben non, pas exactement.
05:02En tout cas, depuis la Révolution française, c'est un acte fondateur, cher monsieur.
05:04Moi, je ne suis pas franc-maçon, donc je ne suis pas là à me palucher sur la République,
05:08pardon de vous le dire.
05:09Donc, voilà ce que j'ai pensé.
05:11Laissons la franc-maçonnerie là où elle est.
05:13J'ai regardé après votre programme, on va y venir dans un instant.
05:15Je suis allé sur votre site, j'ai regardé le détail des propositions.
05:18Alors, réponse quand même sur les idées jurassiques.
05:22Oui, c'est une remarque assez classique de la droite libérale dans tous les pays.
05:26Millet fait ça, Trump fait ça.
05:28La réalité, c'est que, je vous ai doté,
05:30moi, je pense que le socialisme n'a jamais été aussi pertinent qu'aujourd'hui.
05:33Pourquoi ?
05:34Pourquoi ? Parce qu'il y a une énorme concentration des richesses,
05:37parce qu'il y a une explosion des inégalités,
05:39parce qu'il y a une hyper-consommation qui est en train de bousiller la planète,
05:42parce que la mondialisation libérale s'est soldée par un échec.
05:46C'est pour ça que moi, je propose de démondialiser.
05:48Et puis parce que je pense que les gens, ils n'ont pas envie d'une société
05:51où tout s'achète, tout se vend, tout se jette,
05:53une espèce de montagne de déchets.
05:54Moi, je suis aussi écolo.
05:55Et je pense d'ailleurs que le mérite de ce débat
05:59qu'on a entre nous à l'occasion de cette primaire,
06:01c'est de montrer qu'on peut faire à la fois la redistribution des richesses,
06:04produire mieux, partager plus,
06:08et en même temps préserver la planète, la biodiversité.
06:11Moi, je trouve ça très moderne.
06:12Est-ce qu'il y a des idées nouvelles ?
06:14Moi, alors, des idées nouvelles, oui, il y en a tous les jours,
06:18des idées nouvelles, mais moi, par exemple,
06:21ça, ce n'est pas révolutionnaire, ce que je propose.
06:24Mais je pense que le problème auquel on est confronté,
06:27c'est qu'on doit absolument investir massivement
06:29pour la transition écologique, pour la réindustrialisation,
06:32pour la formation et la recherche.
06:34Et pour ça, j'ai une proposition qui est en réalité
06:38ni de gauche ni de droite,
06:39qui est de dire qu'il faut un grand emprunt citoyen.
06:43Aujourd'hui, on a plus de 6 000 milliards d'épargnes disponibles.
06:46Les deux tiers de l'épargne, elles sont disponibles.
06:48Vous allez chercher l'épargne des Français ?
06:50Non, mais attendez, c'est un emprunt volontaire.
06:52Mais moi, ce que je dis, parce qu'en fait,
06:54deux tiers de l'épargne, c'est détenu par des gens
06:55qui ont plus de 65 ans.
06:56Je leur dis, écoutez, vous vous préoccupez légitimement
06:59de l'avenir de vos enfants, de vos petits-enfants,
07:01puis de la France, parce qu'on a ça en commun,
07:03quand même, l'amour de la France.
07:04Moi, ce que je vous propose, c'est qu'on lève un emprunt
07:07pour financer l'électrification, la décarbonation,
07:09la transition écologique.
07:11J'ai l'impression, parce qu'il y a beaucoup de tensions dans ce pays,
07:14et en même temps, c'est paradoxal,
07:15parce qu'il y a aussi une aspiration à l'unité.
07:17Moi, je le sens comme ça.
07:19À l'harmonie.
07:21Cette proposition, ça permet, à mon avis,
07:22d'unir autour d'un projet commun.
07:24Vous voyez ?
07:24Ce n'est pas si jurassique que ça, finalement.
07:27L'emprunt moral.
07:28Oui, non, mais ce n'est pas une mauvaise idée.
07:30C'est une grande obsession en ce moment.
07:32Qu'est-ce qu'on va faire de cette épargne des Français ?
07:35Non, ce n'est pas une obsession.
07:37Je pense que quand on sera sous monitoring de la Banque Centrale Européenne,
07:43l'épargne des Français, moi, si j'ai eu lieu...
07:44Non, mais ça, c'est votre fantasme.
07:46Ça n'arrivera pas.
07:46Ça va arriver.
07:47Est-ce que vous savez, cher monsieur,
07:49la dernière fois que la France a fait défaut ?
07:51Ce qui me choque...
07:52Non, je repose ma question.
07:53Forcément, parce qu'on est le pays qui est le plus fort pour recouvrer l'impôt.
07:57Donc, forcément, on ne fait pas défaut.
07:59C'était le directoire.
08:00Donc là, c'est vous qui êtes du côté de la préhistoire.
08:02On fouille dans les poches des Français.
08:03Oui, mais on a des voisins qui étaient à la limite du défaut.
08:06Oui, mais ce n'est pas notre cas, nous.
08:07Ce n'est pas notre cas, nous.
08:09Si on faisait défaut sous les rois de France, aussi.
08:11Je ne sais pas si c'est votre modèle, mais Philippe Lebel, tout ça,
08:13eux, ils annulaient la dette.
08:14Mais nous, depuis la fin du 18e, on n'a jamais fait défaut.
08:17Oui, parce que comme l'État vole les gens pour payer les idées de monsieur Morel...
08:21Vous vous sentez volé ?
08:22Oui, absolument.
08:23Ah oui, c'est vrai.
08:24Expliquez-moi, alors dites-moi.
08:25Ah bah, vous voyez, quand on donne plus de la moitié de ce qu'on gagne à l'État,
08:28on se sent volé.
08:29Oui, tout à fait.
08:29Alors, vous ne donnez pas la moitié de ce que vous gagnez à l'État.
08:31Ou alors, vous gagnez beaucoup.
08:33Non, ce n'est pas que je gagne beaucoup, c'est que je me fais tondre,
08:36comme toutes les professions libérales de ce pays,
08:38comme tous les indépendants, comme tous les autres entrepreneurs,
08:41comme tous les gens.
08:43Souffrez un peu de contradictoires.
08:44Je sais que vous avez été candidat sur une liste communiste au derrière européen,
08:47mais on n'est pas au politburo, donc un peu de contradictoires.
08:50Non, vous ne me connaissez pas, je suis hyper démocrate.
08:52Qui me choque, M. Morin ?
08:53Oui, mais c'est vrai.
08:54Oui, oui, la démocratie, le sourire, c'est bien.
08:57Quand on a des idées bien dures, on les avance avec ce visage souriant.
09:01Moi, ce que je vois, quand vous parlez d'hyperconsommation,
09:03d'une société où tout s'achète, etc.,
09:05les Français ne peuvent plus rien acheter aujourd'hui.
09:08Il n'y a plus d'hyperconsommation.
09:10Pas en France, il n'y a pas d'hyperconsommation.
09:12Moi, je trouve ça dingue.
09:13Est-ce que je peux vous donner un contre-exemple ?
09:14Vous écrivez dans votre programme,
09:16je ne propose pas de rapprocher le net du brut,
09:20parce que le salaire net, c'est pour le mois,
09:22et le salaire brut, c'est pour la vie.
09:24Toute baisse des cotisations sociales vide les caisses de la Sécurité sociale.
09:28Donc ça, oui, les Français...
09:29C'est du salaire différé.
09:30Voilà, c'est ce qu'on appelle soi-disant le salaire différé.
09:32Moi, je vais vous donner une autre proposition nouvelle.
09:35Je serais pour qu'on choisisse la caisse à laquelle on s'affilie.
09:39Vous voyez ?
09:40Qu'on choisisse son salaire différé.
09:42J'aimerais bien que la Sécu, ce soit au choix.
09:45Que la retraite, ce soit au choix.
09:47Et vous verrez que, comme par hasard,
09:49vous aurez une bonne grosse érosion
09:51de beaucoup de gens qui ne voudront plus souscrire à cette arnaque.
09:54Parce que c'est une arnaque organisée par les gens comme vous
09:58qui irriguent toutes les politiques de ce pays depuis des années.
10:01Moi, je pense qu'il faut ouvrir ces systèmes à la concurrence.
10:04Ça, c'est une autre idée.
10:07Ça existe déjà.
10:08Ah ben non, ça n'existe pas.
10:09Ça existe aux États-Unis, cher monsieur, par exemple.
10:12Et alors, je termine par là.
10:14Vous citez Milley.
10:15Il a plus de 4% de croissance.
10:18Il a durablement enterré l'inflation en Argentine.
10:22Il est plus populaire que jamais.
10:24Vous parlez des États-Unis.
10:25On est aujourd'hui durablement,
10:28et ça, même les experts de gauche le remarquent,
10:31relégués, mis dans les choux par les Américains
10:34qui nous regardent comme nous on regarde les habitants des pays pauvres.
10:37Donc, pardon de vous dire qu'effectivement,
10:39les exemples que vous n'aimez pas,
10:41moi, je pense qu'on ferait bien de s'en inspirer.
10:42En fait, ce n'est pas des exemples que je n'aime pas.
10:44C'est qu'on a, vous et moi,
10:46ce n'est pas une histoire de préhistoire.
10:48On a chacun une idée très différente de la société dans laquelle on veut vivre.
10:53Quand je dis que ça a l'air différé,
10:54c'est parce que moi, je veux, par exemple,
10:55contrairement aux États-Unis,
10:57que quand vous arrivez à l'hôpital,
10:58si vous voulez vous faire soigner...
10:59Je suis désolé, c'est une réalité.
11:01On le convoque.
11:02Vous êtes allé récemment à l'hôpital ?
11:04Je suis allé récemment à l'hôpital, absolument.
11:06Vous trouvez que ça marche bien ?
11:07Écoutez, je trouve que ça ne marche pas si mal.
11:10Surtout quand on voit les conditions de travail des soignants.
11:12Oui, c'est vrai.
11:13C'est curieux.
11:14Alors, comment ça se fait que ça marche comme ça,
11:16malgré...
11:17Si vous voulez bien me laisser juste répondre.
11:20Pourquoi ?
11:21Parce qu'il y a ce qu'on appelle l'ondame,
11:22c'est-à-dire que la progression des dépenses de l'hôpital,
11:24ça va très vite.
11:25Pourquoi ?
11:25Parce qu'il y a un vieillissement de la population.
11:27parce qu'il y a de plus en plus de maladies au travail.
11:30Ça, c'est une réalité.
11:31Et que l'hôpital a besoin d'investissement.
11:35Ils n'en font pas assez.
11:36Pourquoi aussi ?
11:36C'est parce que les soignants,
11:37parfois, ils n'en peuvent plus.
11:39J'ai dans ma famille des gens qui travaillent à l'hôpital.
11:41Je peux vous dire que...
11:42J'en ai aussi.
11:42C'est un métier...
11:43Oui, mais je ne sais pas pour vous dire...
11:45Vous, vous n'en avez pas.
11:46Je vais vous prendre un exemple personnel.
11:47Je vois ce que c'est concrètement que faire des gardes,
11:50les contraintes que c'est,
11:51la difficulté d'être confronté à cette situation.
11:53Mais je finis.
11:55La grande fierté pour nous du modèle français,
11:57c'est qu'on soigne tout le monde.
11:59Oui, on soigne même les habitants de pays étrangers.
12:02C'est un autre sujet.
12:04Mais si vous avez un cancer...
12:06C'est une belle fierté.
12:07Si vous avez un cancer en France,
12:08et c'est quand même 30% des gens,
12:10vous êtes pris en charge.
12:11Ce qui est formidable avec le système français,
12:13c'est que même si vous avez un cancer dans un pays étranger,
12:16vous êtes pris en charge en France.
12:18Ça, je suis désolé, je ne suis pas...
12:19Mais alors, revenons...
12:20Ce qui était notre point de discussion,
12:22la primaire socialiste aussi.
12:24Qu'est-ce que vous êtes allé faire dans cette galère ?
12:26C'est pour vous faire connaître, M. Morel ?
12:28Vous êtes un outsider ?
12:29Non, non, mais là, vous citez Molière,
12:30mais en fait, comme Homère est à la mode,
12:33c'est surtout le retour à Ithaque,
12:34parce que moi, j'ai été 25 ans militant en partie socialiste,
12:37donc d'une certaine façon, c'est ma famille.
12:39Vous l'aviez quitté ?
12:40J'ai quitté parce que j'ai été fâché
12:41après le quinquennat de François Hollande.
12:43C'est la vérité.
12:44Vous étiez dans les frondeurs.
12:46Alors en fait, ce n'est pas seulement que j'étais frondeur,
12:49c'est qu'on avait fait une campagne formidable en 2012,
12:53et j'y ai cru moi-même,
12:54comme quoi, même quand on a des expériences politiques,
12:56on se fait avoir,
12:57et j'étais quand même déçu par la fin du quinquennat,
13:00notamment, surtout, la loi travail.
13:01Parce que moi, j'ai un principe de base,
13:03ça ne vous plaira pas,
13:03mais pour moi, une expérience de gauche au pouvoir,
13:05c'est les conditions de vie matérielle des gens
13:08qui nous font confiance,
13:09les classes populaires, les classes moyennes,
13:10elles doivent s'améliorer à l'issue d'un quinquennat.
13:12Elles ne votent pas pour vous.
13:13C'est bien le problème, il faut qu'on les retrouve.
13:14Mais justement, ce que je ne comprends pas,
13:15c'est pourquoi aller dans une primaire socialiste,
13:17pourquoi vous n'avez pas rejoint Mélenchon,
13:18si vous voulez un PS plus à gauche, en fait, en gros ?
13:21Mais j'ai des désaccords profonds avec Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui.
13:25Pas seulement sur le programme,
13:26qui est en effet un peu maximaliste,
13:27mais c'est surtout la vision de la société.
13:29Maximaliste.
13:30Moi, je ne crois pas qu'il faille mettre
13:36continuellement la société en tension.
13:38Ce côté, il faut tout conflictualiser,
13:40je trouve que c'est épuisant.
13:40Et puis ce côté, si vous n'êtes pas d'accord avec moi,
13:42vous êtes d'extrême droite ou réac,
13:44c'est épuisant aussi.
13:45C'est-à-dire qu'il y a quelque chose de contradictoire
13:47dans la société française,
13:48il y a à la fois de la colère qui s'exprime,
13:49c'est incontestable,
13:50il suffit d'écouter votre émission,
13:53les grandes gueules,
13:54on voit bien que les gens sont en colère.
13:56Et en même temps...
13:57C'est marrant, ils ne réclament pas
13:59les idées exprimées hier.
14:00Et en même temps, c'est le paradoxe français,
14:02c'est qu'il y a une aspiration quand même à l'unité,
14:04à quelque chose qui nous rassemble.
14:05Regardez, je vous donne un exemple.
14:07– Je n'ai pas vu beaucoup d'unités hier dans votre débat.
14:10– Laissez-moi vous donner un exemple.
14:11Le succès du film De Gaulle.
14:13On y est tous allés,
14:14enfin moi j'y suis allé en famille avec mes enfants, tout ça.
14:16Ce qui est quand même fascinant dans cette histoire,
14:18c'est que tout d'un coup,
14:19les gens redécouvrent cette histoire extraordinaire
14:22de Français venant de tous bords
14:24qui s'engagent pour une idée qui les dépasse.
14:27Moi, ça, ça prouve quoi ?
14:29C'est que les gens ont envie d'un sursaut,
14:31un sursaut français.
14:33Et moi, je pense que la gauche,
14:34elle peut être au rendez-vous du sursaut français.
14:35– Non, mais hier, la primaire,
14:36ce n'était pas vraiment l'unité.
14:38– Bon, d'abord, on ne s'est pas trop tapé dessus.
14:40– Non, elle était amusante.
14:41Moi, j'ai trouvé que c'était un spectacle amusant,
14:43mais honnêtement, je pense que vous êtes,
14:45encore une fois, très, très, très décalés
14:47par rapport à la situation actuelle de la France.
14:50– Mais vous savez, vos préconisations à vous
14:51sont très décalées par rapport à beaucoup de Français.
14:54– Oui, mais pas par rapport à…
14:55– Et c'est peut-être qui fait votre charme, justement.
14:57C'est votre liberté de penser.
14:59– Monsieur Morel, vous essayez en gros de nous endormir,
15:03vous parlez d'apaisement, etc.
15:05– Mais je suis désolé, le système qui existe aujourd'hui en France
15:08et qui appauvrit ce pays,
15:10toutes les mauvaises décisions ont été prises ces dernières années,
15:14peut-être depuis 50 ans par la gauche.
15:16Les 35 heures, la retraite à 60 ans,
15:19l'effondrement de l'école, l'immigration de masse.
15:22– L'effondrement de l'école, comme vous y allez.
15:23– Regardez cette farce avec ce livre écrit par l'IA
15:26et tous ces tartuffes qui se sont ébobis de cette langue
15:31vraiment ni faite ni affaire parce qu'il s'agissait de coller
15:34à un certain politiquement correct.
15:36Ça, moi, je vais vous dire, on en crève de vos idées, en réalité.
15:39C'est ça que je vends.
15:40– Vous êtes très sympathique vous-même à titre personnel.
15:42– Ça me chagrine de vous savoir à ce point, Marie…
15:45– À titre personnel, vous êtes très sympathique,
15:47mais vous parlez d'un sursaut français.
15:49Oui, quand on est le pays qui taxe le plus au monde
15:52et qui dépense le plus au monde en argent public
15:54et qu'on a l'hôpital dans l'État dans lequel il est,
15:56les internes que vous décrivez qui subissent ces conditions-là,
15:59l'école où les gamins arrivent en classe de quatrième,
16:03ils savent à peine lire et écrire.
16:04Quand on a l'insécurité, les villes qui font sécession aujourd'hui,
16:08vous avez des quartiers en France dans lesquels plus personne ne peut rentrer
16:12parce qu'elles sont auto-administrées par des dealers.
16:14Quand on a tout ça qui arrive et qui est quand même un peu le bilan de vos idées
16:18qui sont bien installées quand même aujourd'hui en France,
16:21je suis désolé de vous dire, je ne pense pas que le sursaut,
16:24aussi sympathique que vous soyez tous, vous êtes très sympa,
16:27Glucksmann est très sympa, Ségolène, elle est assez amusante.
16:30Bon, voilà, Olivier Faure est peut-être le moins avenant
16:33de tout ça.
16:35Ça, je vous laisse la responsabilité de vos propos.
16:37Mais on sent que Ségolène l'a bien décrit d'ailleurs dans l'Obs
16:40en disant qu'elle le trouvait un peu retort.
16:42Mais why not ? Tout ça, c'est très sympathique.
16:44Mais je trouve que vos diagnostics, à l'heure des bouleversements
16:49que connaît le monde et de la paupérisation de la France
16:52et des Français qui peuvent même plus se payer un plein d'essence,
16:55je suis désolé, je trouve qu'il y a un décalage énorme.
16:58Et je suis étonné d'ailleurs, et je termine par là,
17:00qu'à gauche, vous n'ayez pas fait davantage d'efforts
17:04sur le plan programmatique.
17:05Je trouve curieux que vous n'ayez pas essayé d'adapter
17:10votre logiciel à l'époque...
17:13D'abord, je vous trouve très injuste,
17:15parce que vous nous faites porter tous les...
17:17Vous avez suffisamment travaillé, vous êtes dans l'opposition maintenant...
17:19Moi, justement, d'ailleurs, il y a quand même un problème,
17:22c'est que M. Consigny, ce qu'il est en train,
17:23c'est de dresser le bilan catastrophique du macronisme.
17:26Parce que ça ne vous aura pas échappé,
17:28ça ne vous aura pas échappé, moi je ne suis pas au pouvoir
17:29depuis 10 ans.
17:31Il y a des socialistes qui sont avec lui au pouvoir.
17:33Lui-même s'était défini à l'époque...
17:35Mais d'ailleurs, ils ne sont plus socialistes.
17:38Et je ne pense pas que M. Macron n'ait jamais été vraiment socialiste.
17:41Il l'a prétendu un jour.
17:43Il a dit, François Hollande, je ne sais pas quoi il joue, François Hollande.
17:46Je ne sais pas, vous dites que c'est le croque-mort dans Lucky Luke.
17:48C'est le croque-mort dans Lucky Luke, oui,
17:50parce que c'est l'impression que ça me donne.
17:52Il ne peut pas participer.
17:53Il faut rappeler ce qu'il fait, il passe derrière les gens,
17:54il prend les mesures et puis ensuite...
17:56Avant même que Lucky Luke les bute.
17:58Les butes, oui.
17:58Il prend les mesures et puis ensuite il enterre tout le monde, François Hollande.
18:01En fait, ce qui est très curieux chez François Hollande,
18:03je vois bien son envie de revenir.
18:06Je ne sens pas une envie de François Hollande dans le pays.
18:08Mais surtout, c'est assez curieux quand même,
18:12cette façon de se dire,
18:13j'attends que mon camp se vôtre littéralement
18:17et après je reviendrai.
18:18C'est son histoire de trou de souris.
18:20Vous savez, à chaque fois il dit, j'ai un trou de souris.
18:21En fait, il parie sur l'échelle de son propre parti.
18:24Oui, mais ça, ça ne marche jamais.
18:25Je vous le dis, ça ne marche jamais.
18:26Donc François Hollande, ça ne marchera pas ?
18:28Je ne crois pas, d'abord parce que je ne crois pas
18:29qu'il y ait envie de François Hollande dans le pays.
18:31Et vous, ça marchera ?
18:32J'espère, cher monsieur.
18:35Vous êtes candidat pour quoi ?
18:36Pour témoigner ?
18:37Pour dire, la gauche, le parti socialiste,
18:40il faut être plus à gauche ?
18:42Témoigner, témoigner.
18:43Quand on a des idées, c'est déjà pas mal.
18:44Demain, le pape arrive, les apôtres, ils témoignent,
18:47ils passent le bon message.
18:50Quand on n'a aucune chance, il faut la saisir ?
18:52C'est votre philosophie ?
18:53Vous savez, c'est vrai que je ne pense jamais
18:55à être président en me rasant.
18:56Mais je vais revenir au pape.
18:58Parce que je lisais une interview de Léon XIV,
19:00on lui disait...
19:00Vous croyez au miracle.
19:02Alors, ce n'est pas ça.
19:02On lui disait, mais est-ce que vous vouliez être pape ?
19:04Il dit, non, non, ça ne m'a jamais traversé l'esprit.
19:07Mais quand Dieu vous appelle,
19:09vous ne pouvez pas refuser.
19:10Bon, alors, moi, c'est pas Dieu.
19:12C'est les militants du Parti Socialiste,
19:14de la place publique et de la GRS.
19:17Vous n'allez quand même pas insulter
19:18tous ces catholiques qui attendent avec ferveur
19:20le pape qui arrive demain.
19:22Vous serez vraiment réunis ?
19:22Parce que quand on entend Ségolène Royal
19:24qui flingue à tout va...
19:25Oui, mais moi, ce n'est pas mon cas.
19:26J'ai un très mauvais souvenir de Benoît Hamon
19:28qui se faisait trahir toutes les semaines
19:29par un nouveau socialiste.
19:32Donc, ce n'est pas ma cam, ça.
19:34Donc, vous vous soutiendrez ?
19:35Je rentre dans un processus.
19:36Vous soutiendrez le gagnant ?
19:37Je soutiendrai le gagnant.
19:38Et j'essaierai quand même
19:39de faire en sorte qu'il porte
19:40certaines de mes idées.
19:41Merci Emmanuel Morel.
19:43Merci d'avoir débattu avec Charles Consigny.
19:45Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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