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  • il y a 53 minutes
Mercredi 4 novembre 2026, retrouvez Marco Fiorini (Directeur général exécutif, Filière IA et cancers) et Killian Buffard, (cofondateur et directeur de la stratégie, Najar) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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Transcription
00:08Bonjour à tous, bienvenue dans Smartech. Aujourd'hui, c'est le jour des interviews de l'IA.
00:12On va parler avec des acteurs de l'intelligence artificielle, notamment d'une plateforme de
00:16gestion des achats, NAJA et FIAC, la filière IA et Cancer. Et on va parler d'IA et de santé
00:24encore dans cette édition de Smartech.
00:31C'est la suite des interviews de l'IA dans Smartech. Aujourd'hui, en plateau, nous avons
00:36Kylian Buffard, qui est le cofondateur et directeur de la stratégie de NAJA. Bonjour Kylian.
00:41Bonjour.
00:41Avec vous, on va parler d'un observatoire, l'observatoire des coûts de l'IA en entreprise.
00:47Parce qu'en ce moment, on se dit que ça fait quand même un petit peu mal, l'intelligence
00:50artificielle.
00:51Ça fait un petit peu mal et on voit aussi une adoption massive des différents outils,
00:57une consommation aussi qui accélère tous les jours. Et donc, finalement, on se rend compte...
01:02Avec une difficulté de maîtrise des coûts.
01:04Oui, vraiment, vraiment, pour la simple et bonne raison qu'il est très, très simple
01:08aujourd'hui de pouvoir souscrire à n'importe quel outil. Et pour autant, derrière, d'un
01:12point de vue gouvernance pour une entreprise, on a tout de suite 5, 6, 7 mois de retard.
01:17Et donc, finalement, l'usage, la consommation, la facture est déjà arrivé avec potentiellement
01:23des coûts qu'on n'avait pas du tout anticipés.
01:25On va regarder ça ensemble.
01:27Ça intéresse d'autant plus les directions financières que vous.
01:29Vous les adressez directement avec votre plateforme Najar.
01:32Donc, on va en parler tout à l'heure.
01:33On va commencer avec Marco Fiorini, qui est avec nous aussi.
01:36Bonjour, Marco.
01:37Bonjour.
01:37Vous êtes le directeur général exécutif de la filière IA et cancer.
01:41Donc, FIAC, pour le dire vite.
01:43Avec vous, notre sujet sera plutôt la médecine du futur.
01:46On en est où, de cette médecine du futur qu'on nous promet hyper personnalisée grâce
01:50à l'IA ? On en est proche, on en est loin, on est au milieu du chemin ?
01:53Alors, je pense qu'on progresse rapidement et que le potentiel est absolument immense.
01:58Oui.
01:59Immense parce que l'IA se développe très, très vite.
02:03Et l'IA est adoptée de plus en plus dans les hôpitaux.
02:07La conjonction du développement de l'IA et de l'adoption fait que la médecine personnalisée,
02:12à mon sens, est rapidement une réalité qui va se raffiner.
02:16Bon, alors, parlez-nous quand même de cette filière IA et cancer.
02:23Donc, elle est née d'un comité stratégique de filière, comme il y en a, qu'on connaît
02:29un petit peu mieux dans Smartech, dans le logiciel et les solutions numériques de
02:33confiance.
02:34Donc, elle est née d'un même type de dispositif.
02:36Quel est l'objectif avec cette filière, avec ce contrat de filière ? Quel est le contrat
02:41que vous passez, finalement, avec l'État ?
02:43Alors, c'est né en 2019, avec un contrat stratégique de filière qui a eu l'intuition
02:48que l'IA allait changer la donne.
02:51Dès 2019, trois ministres, recherche, industrie, santé.
02:54Dans le domaine de la recherche contre le cancer ?
02:56Dans le domaine de la recherche contre le cancer.
02:58Ok.
02:59Donc, l'IA avait déjà ce potentiel dans l'esprit de ces trois ministres, joint avec
03:05la Fédération des industries de la santé.
03:06Ils ont signé un contrat pour créer un doux tank.
03:11Ok.
03:11Un doux tank.
03:12Nous sommes un doux tank, qui sommes une association à but non lucratif, qui fédère
03:16des partis publics et des partis privés.
03:19On est hybride, c'est assez original.
03:20du côté des partis publics, vous avez l'Institut national du cancer, la plateforme de données
03:26de santé qu'on évoquait il y a quelques instants.
03:28Juste avant que...
03:29Juste avant, pardon.
03:30Absolument.
03:30On n'a pas su cette conversation.
03:32Vous savez.
03:33Et donc, cette polarité publique est également complémentée par l'Agence d'innovation
03:38en santé, qui va aujourd'hui être intégrée dans une direction générale, la DGR INES
03:43du ministère de la Santé, donc la polarité publique, en regard d'une communauté d'industriels
03:48qui défend la place de la France, en termes d'investissement, AstraZeneca, Amgen, BMS,
03:54Pfizer, Novartis, Pierre Fabre, et Roche Diagnostics, et j'en ai oublié, donc cette
03:59communauté d'industriels qui fait des projets.
04:01On est un Doutanque et on opère par projet pour tester l'IA en vrai sur le territoire.
04:06Alors, quand vous dites Doutanque, donc, effectivement, vous testez des projets, donc des projets
04:09publics-privés, donc l'idée c'est de faire travailler ensemble les deux ?
04:12Exactement.
04:13Des projets publics-privés sur quatre thématiques.
04:16Est-ce qu'on peut utiliser l'IA pour automatiser des tâches qui prennent du temps et qui coûtent
04:21de l'argent dans les hôpitaux ? Est-ce qu'on peut utiliser l'IA pour mieux comprendre
04:24quels sont les parcours de santé des gens ? Est-ce qu'on peut utiliser l'IA pour mieux
04:29prévenir, pour mieux prévenir les cancers, parce que le cancer c'est une course contre
04:33la monte ? Est-ce qu'on peut utiliser l'IA pour créer des données qui manquent aujourd'hui
04:37pour avoir une dimension totale de ce que vivent les patients ? La qualité de vie, par
04:41exemple, c'est des données qui nous manquent.
04:43On peut en produire avec de l'IA.
04:44Voilà les thématiques.
04:45Vous dites, est-ce que, derrière vous nous dites, en fait on a la réponse, on pressent
04:50que oui.
04:50La question c'est comment ? Comment vous vous y prenez pour adresser ces thématiques ?
04:55Alors, c'est toujours un processus qui est absolument identique.
04:59On qualifie un projet à plusieurs industriels, on en parle en conseil d'administration avec
05:04nos partis publics et à la fin on fait le projet et on finance des PME, des start-up.
05:101 euro sur 2 de notre budget retourne vers ces PME et ces start-up nationales pour
05:15pouvoir maturer leurs solutions, pour pouvoir adresser les enjeux qu'on a fait.
05:19C'est-à-dire qu'il y a un appel d'offres ou comment est-ce que vous les identifiez
05:22?
05:22Oui, c'est elles qui doivent se manifester sur les projets ?
05:26Oui, c'est un appel d'offres, pour être très précis.
05:28C'est un appel d'offres, on qualifie un besoin multilatéral, on le met sur la place
05:34publique et ensuite on sélectionne un, deux, parfois vingt prestataires qui nous
05:39servent en même temps pour un sujet.
05:41Un seul exemple, je ne vais pas être trop trop long, aujourd'hui la voix peut être
05:46un marqueur de qualité de vie.
05:49Donc on est en train de développer avec une start-up un outil d'IA qui nous permet de
05:53transformer un dialogue entre une infirmière et son patient en intuition autour de la qualité
06:01de vie perçue.
06:02Parce que la qualité de vie, si elle était facilement produite, pourrait servir à évaluer
06:06la valeur réelle d'un médicament.
06:09J'ai pas mal de proches qui ont un cancer malheureusement et cette qualité de vie,
06:13il faut l'objectiver si vous voulez pour pouvoir la prendre en compte dans la valeur globale
06:17d'un médicament.
06:18Pas juste en termes de survie mais aussi en termes de qualité de vie.
06:21Voilà un exemple de l'IA très très concret.
06:23Donc cette IA elle se diffuse partout, on en a énormément besoin.
06:27On le voit dans la santé, quels sont les progrès que cela permet et permettra et permettrait.
06:33Mais ça coûte très cher, je fasse la main désormais à Kylian, cofondateur directeur
06:39de la stratégie de Najar qui publie un observateur sur les coûts de l'IA.
06:43Alors pas dans la recherche mais en entreprise, vous avez sondé quel type d'entreprise vous ?
06:47Alors on a sondé sur la base justement de nos clients un peu plus de 250 aujourd'hui
06:52en Europe.
06:53et on va osciller sur différentes industries, des entreprises telles que Deezer, telles
06:59que Nexity ou Boulanger que vous devez sûrement connaître et qui vont balayer toutes les
07:03industries au global.
07:05Donc des tailles d'entreprises quand même assez importantes ?
07:07Oui, on va s'adresser surtout et on a étudié surtout des entreprises qui vont dépenser
07:11plusieurs centaines de milliers d'euros par an tant sur les logiciels que sur les
07:14outils IA en sachant qu'aujourd'hui les deux sont un petit peu aussi mêlés.
07:18Alors quels sont les enseignements de cet observatoire ?
07:20Les gros enseignements, c'est qu'on parlait un petit peu de gouvernance en introduction.
07:26La réalité c'est qu'aujourd'hui un peu plus de 93% des nouveaux usages, des
07:31nouveaux outils qui vont pouvoir être utilisés démarrent hors des processus standards
07:35de l'entreprise.
07:38On démarre avec une carte bancaire sans contrat et puis finalement on démarre et puis
07:44quelques mois plus tard on se rend compte que tout d'un coup c'est des dizaines de
07:47milliers d'euros qui sont engagés.
07:50La carte bancaire du directeur financier ça ne suffit plus là ?
07:53Non ça ne suffit plus mais aujourd'hui tout le monde a une carte bancaire dans une entreprise
07:57potentiellement démarrée en note de frais et qui est finalement la grosse divergence par
08:02rapport à historiquement le monde du logiciel où une licence avait un prix en tout cas pour
08:07une période.
08:07Aujourd'hui on est de plus en plus dans une consommation à l'usage, usage qui est aussi
08:12très mal maîtrisé, c'est ce qui explique aussi cette explosion des coûts à tout le monde.
08:16Vous avez des chiffres à nous partager ?
08:18Oui, sur vraiment cette explosion des cas, aujourd'hui dans le monde du logiciel on avait
08:26historiquement 2 à 3% d'augmentation tarifaire annuelle.
08:30Depuis la période du Covid on était plutôt aux alentours des 10 à 12%.
08:34Cette année on observe plutôt jusqu'à 25% d'augmentation.
08:38Des dépenses en matière de logiciels ?
08:40Sur les logiciels phares que vous pouvez utiliser, des CRM, gestion de projets.
08:46Et ce qu'il faut aussi voir c'est que ces augmentations sont justifiées sous le spectre
08:50de l'innovation de ces nouvelles fonctionnalités IA.
08:54La réalité quand on regarde finalement l'usage réel c'est que ces nouvelles fonctionnalités
08:59sont plutôt utilisées à 2 voire 10% au maximum par les utilisateurs.
09:04Et donc on paye finalement le prix fort, plus de 25% sur une base constante, pour quelque
09:10chose qu'on n'utilise pas encore ou pas.
09:13Et c'est ça aussi qui crée aujourd'hui beaucoup de difficultés dans les entreprises.
09:16Alors ça c'est un autre point effectivement, c'est que les éditeurs surfent sur cette vague
09:20de l'IA, ça que vous nous dites pour faire quand même peser une charge plus importante
09:25de manière financière sur les entreprises.
09:26Qu'en est-il de l'achat pur de modèles, des cas d'usage de l'intelligence artificielle,
09:33est-ce qu'on sait combien ça coûte, combien dépenses en moyenne les entreprises
09:35que vous avez sondées ?
09:36Alors la dépense pour le coup, elle a dépassé de plus de 2000%.
09:41Si on regarde Anthropik par exemple, entre l'année dernière et cette année, Anthropik
09:46c'est l'entreprise derrière Claude.
09:48Et ce qu'on observe c'est que finalement à effectif constant aujourd'hui de personnes,
09:53on va dépenser 20 fois plus d'un point de vue annuel, qui s'explique par de plus en plus
09:58d'usage mais aussi une non-maîtrise de la facturation et notamment du coût du token.
10:04Ce qu'il faut savoir c'est que finalement en fonction du modèle qu'on peut utiliser,
10:08le prix, parce que c'est par millions de tokens qu'on les achète, peut osciller de
10:12quelques centimes à plus de 150 dollars.
10:15Et finalement aujourd'hui sur la plateforme, ça se résume à choisir un modèle sans
10:19vraiment comprendre l'impact que ça peut avoir derrière pour l'entreprise.
10:22Et donc il y a des vrais enjeux tant dans le déploiement mais que derrière l'optimisation
10:27pour s'assurer qu'on puisse continuer à innover parce que c'est important et c'est
10:31nécessaire, tout en contrôlant et maîtrisant les coûts.
10:34Marco, c'est un sujet, le coût de l'intelligence artificielle aujourd'hui dans la santé,
10:38est-ce que ça peut être un frein ?
10:41C'est une question complexe et en fait aujourd'hui ce que je constate c'est que beaucoup d'hôpitaux
10:48se dotent de grands modèles de langage.
10:52Avec des modèles gratuits, ils s'en dotent parce que ce que ça leur rapporte au regard
10:58de ce que ça leur coûte est vraiment au profit d'un usage de l'IA, au profit d'une
11:04appropriation de l'IA.
11:05Donc les hôpitaux, aujourd'hui, en tout cas il y a une communauté pilote d'hôpitaux
11:09qui récupère des modèles de langage pour optimiser les flux, pour faire des indicateurs
11:14de performance interne, pour pouvoir mieux servir les patients.
11:20Ils l'adoptent naturellement parce qu'ils font des économies et c'est assez vite prouvé.
11:24Ça c'est quelque chose que l'on voit et ça c'est très intéressant pour nous.
11:28Il y a une diffusion de plus en plus massive de ces outils et on peut en faire beaucoup
11:32de choses, c'est assez flexible.
11:34On va vous faire réagir Kylian là-dessus parce qu'il y a le coût mais il y a effectivement
11:38ce que ça rapporte, ce que ça permet de faire.
11:40Et malheureusement aujourd'hui, pour un certain nombre de cas d'usage, il est difficile de
11:43mesurer le ROI réel finalement d'une opération qu'on va pouvoir opérer.
11:48Et c'est peut-être tous les enjeux qu'on peut avoir au quotidien avec nos clients, c'est
11:54difficilement de comprendre qu'est-ce qui a de la valeur, qu'est-ce qui peut vraiment
11:58créer et libérer du temps parce que c'est aussi ça qu'on va chercher bien souvent
12:03pour pouvoir permettre à l'humain de se focaliser là où il a vraiment de la plus-value,
12:08de la valeur ajoutée sur les tâches extrêmement complexes et moins redondantes qu'on peut
12:13rencontrer tous les jours au quotidien dans notre travail.
12:15Donc aujourd'hui, on a des outils qui permettent quand même de mieux comprendre ce qu'on
12:18dépense et pourquoi ?
12:19Oui, de plus en plus mais tout le monde apprend finalement en marchant et je pense que l'enjeu
12:27c'est à quel point on va être capable de s'acculturer rapidement, à quel point on
12:31peut bénéficier justement de retours d'expériences de pairs qui font aussi comme vous des erreurs
12:37au quotidien.
12:38Mais le but du jeu, c'est de les corriger le plus vite possible pour pouvoir en tirer
12:42un maximum de valeur encore une fois.
12:44Ah oui, partager les expériences, je pense que c'est aussi le but de la filière.
12:48Absolument.
12:49Exactement.
12:49Merci beaucoup à tous les deux.
12:50Merci Kylian Buffard d'avoir été avec nous.
12:53Je rappelle que c'est le cofondateur et directeur de la stratégie de Najar et Marco Fiorini.
12:59Merci également, directeur général exécutif de la filière IA et Cancer.
13:02Merci à tous de nous avoir suivis.
13:04On se retrouve dès demain sur la chaîne Bismarck.
13:06À très vite donc.
13:07Sous-titrage Société Radio-Canada

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