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Aujourd'hui, c'est au tour de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:01R.M.C. Face aux grandes gueules
00:03C'est sa première dans les GG, numéro 1 de la CGT, elle est Sophie Binet, secrétaire générale de la
00:11CGT, face aux grandes gueules.
00:13Bonjour Madame Binet.
00:14Bonjour.
00:15Ça y est, c'est la guerre des parcours, une fois de plus, à la veille d'une nouvelle journée
00:19d'action.
00:20Pourquoi vous souhaitez à tout prix défiler dans les centres-villes ?
00:25Parce que c'est le principe pour les manifestations, depuis que les manifestations existent.
00:30C'est-à-dire, d'abord, si on a envie de manifester, c'est pour être vu.
00:33Ensuite, on a aussi envie d'avoir des parcours accessibles, facilement et sans trop.
00:37Et c'est le principe d'un centre-ville.
00:39Et donc, ce que nous souhaitons, c'est pouvoir avoir des parcours validés longtemps à l'avance
00:45pour pouvoir préparer les choses sérieusement avec les mairies,
00:49pour que les manifestants et manifestantes sachent où se rendre.
00:52Et ce qui est très grave dans la situation actuelle, c'est que cette journée du 5,
00:56ça fait un mois qu'on l'a annoncé.
00:58À Paris, ça fait plus de 15 jours qu'on a fait une demande de parcours.
01:03Quel parcours ?
01:04Donc, on a demandé la demande initiale, c'est Bastille-Concorde.
01:08Mais ce qu'on fait toujours, c'est qu'il y a une demande initiale,
01:11puis après, on négocie avec la préfecture.
01:13Et là, depuis 15 jours, il n'y a aucune négociation avec la préfecture de Paris,
01:18aucune négociation sérieuse.
01:20Juste qui nous est dit, c'est pas de centre-ville, le boulevard des Maréchaux.
01:24Mais ce n'est pas sérieux de nous imposer que les manifestations fassent le tour du périphérique.
01:29Et ça s'est bien passé samedi dernier ?
01:31Oui, ça s'est bien passé parce qu'on a pris nos responsabilités
01:34et qu'au dernier moment, on a dit, voilà, on ne va pas rajouter du bazar au bazar.
01:38Parce que le Conseil d'État aussi a validé le parcours de la préfecture,
01:42a rejeté vos demandes.
01:44Oui, mais sauf que faire ça deux heures avant un début de manifestation,
01:48enfin franchement, ce n'est pas sérieux.
01:50Et là, c'est une entrave très lourde à la liberté de manifestation,
01:54c'est du jamais vu.
01:55On a rencontré le Premier ministre avec tous les secrétaires généraux
01:58des organisations syndicales, c'était le 21-22 octobre,
02:03enfin c'était juste au lendemain du fiasco du gouvernement sur le 17 octobre.
02:07Et lors de ce rendez-vous, le Premier ministre s'est engagé
02:10à faire en sorte que les manifestations du 5 novembre se passent bien.
02:14Et donc, à ce qu'on puisse bien travailler avec la préfecture.
02:17Nous, ce qu'on constate aujourd'hui, c'est qu'il y a des difficultés à Paris,
02:20mais ce n'est pas qu'à Paris, en fait.
02:21Donc là, on ne sait pas où vous allez défiler demain ?
02:23Mais non, c'est une honte, ça n'est pas sérieux de travailler comme ça.
02:27On a recensé 20 départements où la situation est pareille.
02:30C'est par exemple le cas à Rennes, à Toulouse, à Lyon, au Mans, à Nantes,
02:37à Annecy, à Pau, à Bayonne, à Amiens, à Auxerre, à Bourges, à Saint-Brieuc, etc.
02:42Franchement, ce n'est pas sérieux de travailler comme ça.
02:44Oui, mais vous parlez de la liberté de manifester qui est un droit constitutionnel.
02:48La liberté aussi du commerce est un droit absolu.
02:52Or, entendez les commerçants qui disent que ces manifestations sont mauvaises pour le commerce.
02:57Non pas qu'ils ne partagent pas leurs vendications,
02:59parce que sans doute beaucoup d'entre eux partagent leurs vendications,
03:01mais ils savent très bien que lorsqu'il y a une manifestation qui passe avec le risque de casse,
03:05et tout le monde a en mémoire ce qui s'est passé le 17 octobre,
03:08eh bien, même s'il ne se passe rien, s'il n'y a pas de pillage dans leur commerce,
03:11mais les gens ne viennent pas.
03:12Les gens désertent à ce moment-là, les centres-villes ne vont pas faire leur course.
03:15Est-ce que vous l'entendez ?
03:16Parce que ce sont aussi des travailleurs et des travailleuses des commerçants.
03:18Bien sûr, bien sûr.
03:20Non, mais moi, je pense que le premier problème des commerçants,
03:22c'est que les gens désertent leur commerce parce qu'ils n'ont plus rien dans les poches.
03:25C'est quand même ça le problème, c'est que la consommation, elle chute.
03:28On ne peut plus rien se payer, même à manger.
03:30Déjà, il y a des travailleurs et des travailleuses qui ne peuvent plus se payer à manger correctement.
03:33Alors, je ne parle même pas du restaurant, des loisirs ou des petites sorties du week-end.
03:37Donc, le premier problème, c'est ça.
03:39Ensuite, sur les manifestations, ça fait 130 ans que la CGT existe.
03:42Ça fait 130 ans qu'on a démontré qu'on savait sécuriser nos manifestations.
03:46Et encore une fois, on en a eu la preuve le 24 et le 31 octobre.
03:50Ça s'est très bien passé.
03:51Il y a eu de plus en plus de violences aussi, vous le savez, des casseurs, des piliers.
03:54Alors, ça, c'est quand même des phénomènes qui sont de plus en plus prégnants.
03:56Enfin, ça dépend, ça dépend.
03:58Il y a eu un gros problème le 17 octobre, mais c'est le fiasco du gouvernement qui a fait
04:02n'importe quoi.
04:03Et d'ailleurs, qu'il a reconnu en commission d'enquête, qui a fait n'importe quoi.
04:07Et là, le souci, c'est qu'en se prenant de telle manière pour les manifestations de demain,
04:12mais on organise le chaos.
04:13Moi, la question que je pose, c'est à quoi joue le gouvernement ?
04:18Ça fait un mois qu'on lui dit, nous sommes disponibles pour préparer les choses avec les mairies.
04:23Donc, quand on travaille avec les mairies, d'abord, on prépare les parcours à l'avance.
04:26On dégage les poubelles, les vélos, les voitures.
04:29On travaille avec les commerçants pour qu'il y ait des mesures qui soient prises.
04:32Nous, on anticipe en informant les manifestants et manifestantes, en travaillant sur la dissolution des cortèges, etc.
04:38Là, de la veille, pour le lendemain, nous imposer des parcours sortis de nulle part, ça n'est pas sérieux.
04:43En plus, c'est des parcours dangereux, puisque le parcours qui nous a été imposé sur les maréchaux,
04:49d'abord, c'est marcher sur une voie de tram pendant des kilomètres,
04:54donc avec des irrégularités, etc., des risques de tomber, des poteaux dans tous les sens,
04:59plein d'entrées de périphériques qui n'étaient pas sécurisées, des ponts.
05:03Quand on construit un parcours de manifestation, on évite les ponts.
05:07On sait que c'est dangereux.
05:08Là, il y avait plusieurs ponts.
05:09Et c'est la même chose sur beaucoup de parcours qui nous ont imposés dans d'autres villes.
05:13Donc, moi, j'appelle là, ce matin, solennellement, le gouvernement à retrouver la raison.
05:18On ne peut pas travailler de cette façon-là.
05:21On ne peut pas piétiner de cette façon-là les libertés fondamentales.
05:24La liberté de manifester, c'est une liberté fondamentale, quand même.
05:27Est-ce que le chaos, finalement, ça ne l'arrangerait pas un peu ?
05:30C'est-à-dire pour discréditer les manifestations ?
05:33Oui, malheureusement.
05:34C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, nous, on a toujours condamné les dégradations,
05:37en disant, les dégradations, on se tire une balle dans le pied.
05:40D'abord parce que les services publics, c'est les nôtres.
05:42Ensuite, les commerces, on est salariés dedans.
05:44Les premiers à avoir été pénalisés, c'est les salariés des commerces.
05:47Parce que je rappelle quand même que le gouvernement a mis en place
05:50une mesure de chômage partiel payée à 100% pour les patrons.
05:53Mais pour les salariés, c'est 40% de salaire en moins.
05:56Et puis ensuite, le bilan du 17 octobre, c'est quand même le gouvernement
05:59qui, pendant une semaine, ne parle plus des revendications sociales,
06:03traite les manifestants et manifestantes comme des voyous
06:05et en profite pour imposer des mesures liberticides.
06:08Donc, bien sûr que c'est contre-productif.
06:10Et moi, effectivement, la question que je me pose, c'est
06:13est-ce que c'est une stratégie délibérée ?
06:15En tout cas, si c'était volontaire, il ne ferait pas mieux.
06:17Il ne s'y prendrait pas mieux.
06:18Vous attendez combien de personnes demain ?
06:20On attend du monde.
06:22Un million ?
06:22Je ne vais pas donner de chiffres avant parce que c'est chacune et chacun
06:25qui feront la réussite de la manifestation et des grèves.
06:29Donc, j'appelle toutes celles et ceux qui nous écoutent
06:30à venir manifester demain.
06:32On est dans un moment extrêmement grave avec une dérive autoritaire
06:36très dangereuse du gouvernement.
06:39Il faut venir nombreux manifester demain pour exiger la prise en compte
06:43de nos revendications, à commencer par les augmentations de salaires.
06:46La situation, elle est quand même super grave aujourd'hui.
06:48Justement, parlons-en parce que l'autre question qu'on se pose,
06:51c'est quel est votre objectif en fait ?
06:53Parce qu'on est à six mois d'une élection présidentielle.
06:56Les gens qui sont au pouvoir actuellement, on sait qu'ils ne seront plus là
06:59dans six mois. En plus, ils n'ont pas de majorité.
07:01Donc, ils sont quand même particulièrement faibles
07:03dans leur prise de décision politique.
07:05Donc, est-ce que c'est vraiment pour obtenir des concessions
07:07et quelles concessions ?
07:08Ou est-ce que c'est simplement pour montrer la capacité
07:12de mobilisation de la CGT ?
07:13Non, mais notre objectif, c'est d'obtenir des victoires
07:17pour les travailleurs et les travailleuses.
07:19Mais qu'est-ce que vous pourriez obtenir de Sébastien Lecornu, là ?
07:21Eh bien, la première revendication, c'est un coup de pouce immédiat au SMIC.
07:25Donc, nous demandons 10% d'augmentation sur le SMIC.
07:27Ça fait depuis 14 ans que le SMIC n'a pas eu de coup de pouce.
07:30La France est le PIO européen qui a le moins augmenté son salaire minimum.
07:35Et la France est largement en dessous de la moyenne européenne
07:39et au niveau de l'OCDE en termes de salaire.
07:41On est maintenant un pays de bas salaire.
07:44Toutes celles et ceux qui nous écoutent le savent.
07:46Aujourd'hui, on bosse dur.
07:47On bosse dur et on n'arrive même pas à boucler ces fins de mois.
07:51Et donc, c'est quand même inadmissible, comme le fait Emmanuel Macron,
07:54par exemple, de dire « attendez 6 mois et vous mettrez un bulletin dans l'urne ».
07:57Mais non, en fait, on n'a pas le luxe d'attendre 6 mois
07:59quand au 15 du mois, on est déjà à découvert.
08:02C'est ça qu'on va dire demain.
08:04Demain, on va exiger un coup de pouce immédiat au SMIC,
08:07une augmentation du salaire des fonctionnaires
08:09parce que quand même, le gouvernement et employeurs…
08:12Il n'y a plus d'argent.
08:13Oui, l'argent, nous, on a plein de propositions sur où le trouver.
08:16Mais juste sur la situation des fonctionnaires,
08:17depuis 10 ans, les fonctionnaires ont perdu 20% de pouvoir d'achat.
08:21On a les fonctionnaires qui sont parmi les moins bien payés au niveau international.
08:25Infirmières, enseignants, juges, etc. sont hyper mal payés.
08:28Et puis, la dernière chose qu'on va dire demain,
08:30c'est qu'on va aussi s'adresser au patronat,
08:32qui est quand même très discret dans la situation actuelle.
08:35C'est pour ça qu'on appelle à manifester et à faire grève.
08:38Le patronat a des responsabilités majeures sur les salaires.
08:42Les entreprises du 440 n'ont jamais…
08:43Le patronat ne veut surtout pas qu'on augmente le SMIC.
08:45Il dit que ce serait une catastrophe pour l'emploi.
08:46C'est ça.
08:46Il ne veut rien donner aux travailleurs et aux travailleuses d'une façon générale.
08:49C'est quel que soit le sujet.
08:50Donc, évidemment, celui-là aussi.
08:52Jamais les entreprises du 440 n'ont distribué autant de dividendes à leurs actionnaires.
08:57Nos salaires n'ont même pas retrouvé leur niveau de 2019.
08:59Et donc, demain, on va se mettre en grève
09:01pour obtenir non seulement un coup de pouce immédiat au SMIC,
09:04mais une augmentation des salaires dans toutes les entreprises et dans toutes les branches.
09:08Et donc, j'appelle tous les travailleurs et les travailleuses
09:10à se réunir en Assemblée Générale pour définir leurs revendications,
09:14les porter auprès de leurs patrons
09:16et faire grève demain pour obtenir, demain soir, des augmentations de salaires immédiates.
09:20Il y a Emmanuel Devine qui veut réagir.
09:22Moi, je vais casser l'ambiance de cette réunion Tupperware de la CGT.
09:25Vous êtes une personnalité sympathique, quelqu'un d'agréable.
09:28Vous portez souvent, d'ailleurs, un chapeau
09:30qui n'est pas sans rappeler les suiveurs de Chassacourt.
09:37Mais malheureusement, les idées, elles, ne suivent pas.
09:42Une entreprise, elle avance par le bon esprit.
09:44Votre syndicat, madame, c'est le mauvais esprit.
09:48Un syndicaliste CGT dans une entreprise,
09:50c'est quelqu'un qui critique.
09:52Mais le plus souvent, il y a des exceptions,
09:55bien sûr, je pense à un ami Pascal qui milite sous vos couleurs.
09:58Le plus souvent, c'est quelqu'un dont ses collègues déplorent et constatent
10:02qu'il ne fait pas bien son travail.
10:04Mais pourquoi est-ce que les collègues votent pour le militant CGT ?
10:05Votre fonds de commerce, madame, c'est une capacité abusive
10:08et irresponsable de désordre et de nuisance dans la société française.
10:14On se demande même si vous êtes encore républicaine.
10:18Car la liberté, avec votre passion, on le voit dans votre livre,
10:22votre passion pour le marxisme-léninisme,
10:24c'est contre la liberté.
10:27L'égalité, votre folie de l'égalitarisme
10:30qui ruine toutes les chances de ceux qui veulent évoluer dans la vie,
10:34c'est contre l'égalité.
10:36Et enfin, votre haine des patrons, des possédants,
10:38alors que vous devriez tout au contraire être des artisans de paix,
10:41c'est contre la fraternité.
10:43Vous êtes des marginaux dans le monde du travail,
10:45ne vous faites pas d'illusions.
10:47Et les Français, je ne m'adresse pas à vous personnellement,
10:49mais les Français ne vous aiment pas.
10:52Car vous avez détruit des pans entiers de l'économie française.
10:57Alors ma question, elle est très simple en forme de synthèse.
11:00Madame la secrétaire générale,
11:01quand est-ce que vous allez arrêter d'emmerder le monde ?
11:04Alors, réponds Madame Binet.
11:06Franchement, vous êtes tellement caricaturales que,
11:08enfin je ne sais pas par quel bout commencer,
11:09mais d'abord, je rappelle que les syndicats,
11:13nous sommes représentatifs.
11:14Et donc que les salariés votent pour les organisations syndicales,
11:18donc on ne sort pas de nulle part.
11:19Si les salariés ne sont pas d'accord avec la CGT,
11:21ils ne votent pas pour la CGT,
11:22et la CGT n'est plus représentative pour une entreprise.
11:25Deuxièmement, je rappelle que les militants et militantes de la CGT
11:28ne tombent pas du ciel,
11:29ce sont des travailleurs et des travailleuses.
11:31Et donc, dans toutes les boîtes,
11:33ce sont des travailleurs et des travailleuses.
11:35La représentativité syndicale de la CGT en France est très faible.
11:37Non, c'est faux.
11:38C'est complètement faux.
11:39Et elle est d'ailleurs beaucoup plus importante que celle des patrons,
11:41parce que la représentativité des organisations syndicales,
11:44elle repose sur le vote des salariés.
11:46Par contre, celle des patrons, c'est une autre histoire.
11:48Il n'y a pas de vote des patrons.
11:49C'est un pôle de représentation syndicale au premier tour des élections,
11:52que vous avez toujours défendu pour garder votre fonds de commerce.
11:56C'est le principe.
11:57Je veux dire, si maintenant, les patrons populistes
12:00s'amusent à vouloir permettre à tout le monde et n'importe qui
12:03de se présenter aux élections syndicales,
12:04je vous souhaite bon courage,
12:05parce que vous allez avoir tout le monde et n'importe qui.
12:07Il ne faudra pas pleurer d'avoir des choses qui sortent de nulle part.
12:10Les patrons, moi, j'en connais beaucoup et j'en vois beaucoup,
12:12ils sont bien contents d'avoir des interlocuteurs syndicaux,
12:15et notamment la CGT.
12:17Il faudra les présenter parce qu'ils sont rares.
12:18– Écoutez, il y en a beaucoup.
12:21Pourquoi ?
12:22– La CGT dans une entreprise, c'est le mildiou dans la vigne.
12:24– Tu as eu des délégués CGT dans des entreprises ?
12:27– Bien sûr, je vois que vous avez bien travaillé vos slogans.
12:29– J'ai dirigé six entreprises.
12:31J'ai eu pour l'essentiel des constats de carence,
12:33parce que dans une entreprise où c'est bien managé,
12:35où on est en contact des salariés,
12:36on n'a pas besoin de syndicats revendicatifs
12:38avec des gens qui mettent le bordel.
12:40Mais j'ai eu aussi affaire à la CGT,
12:42je me suis très bien entendu.
12:44Quand j'ai quitté le Futuroscope,
12:45la personne que j'ai embrassée en quittant le parc,
12:47c'était la représentante de la CGT.
12:49– Ah bah voilà !
12:50Et donc on sort un peu des discours caricaturaux ?
12:52– Simplement, votre marxisme, léninisme,
12:54qui ressort de votre livre,
12:56qui est absolument incroyable,
12:57qui m'a rappelé des livres soviétiques
12:59que j'avais eus à Bernays en 1987,
13:02absolument, c'est le même format d'ailleurs.
13:03– Alors, répondons !
13:05– Ah bah, donc merci pour le coup de pub sur le livre,
13:08donc j'invite tous les auditeurs à le lire,
13:10comme ça ils se font...
13:10– Tout est à nous, aux éditions du Seuil.
13:12– Voilà.
13:12– Justement, Sophie Binet,
13:13est-ce qu'il y a encore au sein de la CGT
13:15cette idéologie, je reprends le terme,
13:18marxiste, léniniste, pur jus ?
13:20– Pur jus, en plus, d'accord, ok.
13:23Bon, je sais pas, nous, c'est pas ça notre sujet.
13:26Le sujet, c'est que ce que nous vivons au quotidien,
13:30c'est qu'il y a un conflit d'intérêt
13:31entre les travailleurs et les travailleuses
13:33et les patrons, c'est le principe,
13:35on n'a pas les mêmes intérêts,
13:37et donc ça, ça s'appelle la lutte des classes.
13:39– C'est toujours la lutte des classes ?
13:40– Ah bah, bien sûr !
13:41Après, la lutte des classes,
13:42elle se traduit de façon très renouvelée
13:44en fonction de la situation.
13:45Je rappelle d'ailleurs que le premier
13:47qui a rappelé que la lutte des classes,
13:49elle existait toujours,
13:50il s'appelle Warren Buffett,
13:51c'est un des hommes les plus riches du monde
13:52qui a dit « la lutte des classes existe bel et bien,
13:54c'est ma classe qui l'a gagnée ».
13:55Et c'est un des hommes les plus riches du monde
13:57qui le dit.
13:58Donc moi, ce que je constate au quotidien,
14:00c'est que les richesses que nous produisons
14:03par notre travail,
14:04elles sont toujours de plus en plus possédées
14:06et accaparées par les personnes
14:09les plus riches du monde
14:10et les plus grandes entreprises.
14:11– Vous citez Warren Buffett aux Etats-Unis,
14:13mais la France, ce ne sont pas les Etats-Unis,
14:16on est l'un des pays les plus redistributifs au monde.
14:19C'est pas moi qui le dis, c'est factuel,
14:21ce sont des études.
14:21– Le problème, c'est que c'est en train de changer.
14:23– On est à la fois le pays qui impose le plus,
14:25on est championne d'Europe des impôts,
14:28et ça, ça a été constaté récemment.
14:31On est repassé devant le Danemark,
14:32donc championne d'Europe des impôts
14:33et championne aussi d'Europe des redistributions.
14:36C'est-à-dire qu'une fois qu'on prend en compte
14:38la redistribution,
14:39l'écart entre les plus pauvres et les plus riches
14:40vraiment est très réduit,
14:43beaucoup plus réduit
14:44que dans quasiment tous les pays au monde.
14:46Et pourtant, quand on vous écoute
14:48et quand on écoute vos indications,
14:49on a l'impression qu'on vit dans un monde
14:51qui serait d'une souffrance terrible
14:53pour les travailleurs, etc.
14:54Je ne dis pas qu'il n'y a pas des problèmes,
14:55qu'effectivement, il y a un problème
14:55sur les salaires hauts, on en parle tous les jours
14:57dans les grandes gueules.
14:57Mais est-ce qu'il n'y a pas un décalage
14:59par rapport finalement à ce qu'est la France aujourd'hui ?
15:01C'est quand même une société assez généreuse.
15:03Dans ce cas-là, comment vous expliquez
15:05la colère sociale qui s'exprime depuis un mois ?
15:07Énorme.
15:07C'est bien qu'il y a des choses
15:08qui ne vont pas quand même dans notre pays.
15:10Et ce que vous dites,
15:11le problème, c'est que de plus en plus...
15:12Le modèle social est à bout de souffle,
15:14c'est plus bon.
15:14Et bien justement, pourquoi ?
15:15Parce que ce que vous dites,
15:17on peut conjuguer le verbe au passé.
15:20Avec 10 ans de macronisme,
15:21la situation, c'est plus celle-là.
15:22Il n'y a jamais eu autant de pauvres
15:24en France qu'aujourd'hui.
15:25Et les pauvres,
15:26contrairement à ce qu'on entend souvent,
15:28c'est des pauvres qui bossent.
15:29Parce qu'aujourd'hui, par exemple,
15:31le SMIC, c'est un SMIC horaire,
15:35mais ce n'est pas un SMIC mensuel.
15:36Il y a 30% des femmes qui sont à temps partiel
15:38qui gagnent moins du SMIC par mois
15:40parce qu'elles ne travaillent pas à temps plein.
15:41Elles, par exemple,
15:42on n'en parle jamais d'elles.
15:44Donc il n'y a jamais eu autant de pauvres,
15:45notamment chez les travailleurs et travailleuses.
15:47Et dans le même temps,
15:47dans notre pays,
15:48il n'y a jamais eu autant de milliardaires
15:49et les milliardaires n'ont jamais été aussi riches.
15:52Pourquoi est-ce qu'on est en difficulté budgétaire en France ?
15:54Parce qu'Emmanuel Macron a baissé
15:56de 60 milliards d'euros chaque année
15:58les impôts pour les plus riches
15:59et pour les plus grandes entreprises.
16:01Dernière chose que je voulais vous dire, monsieur,
16:03c'est qu'on ne vit pas dans un monde
16:05de bisounours quand même.
16:06Vous le savez,
16:07on appelle ça la lutte des classes
16:09ou des conflits.
16:10Il y a des conflits d'intérêts
16:11quand même dans notre société.
16:12Et je vous invite quand même
16:13à regarder sur les conflits d'intérêts
16:14parmi des patrons.
16:16On n'est pas à égalité
16:17quand on est patron d'une multinationale
16:18ou quand on est patron d'une petite entreprise.
16:20Et moi, je pense que le problème en France,
16:22c'est que les patrons des multinationales
16:24parlent au nom des petites entreprises
16:27en faisant comme s'ils n'étaient pour rien
16:29dans la situation des petites entreprises.
16:31Le problème, c'est que chaque année,
16:33on dépense 211 milliards d'euros
16:35d'aides aux entreprises
16:36sans condition ni contrepartie.
16:38Et ces aides sont captées d'abord
16:39par les multinationales,
16:41par les plus riches,
16:42avec des sous-traitances en cascade.
16:44La première difficulté des petites entreprises,
16:45c'est les délais de paiement
16:46des grandes entreprises.
16:47Pourquoi est-ce qu'on n'entend jamais parler de ça ?
16:50Le problème, ce n'est pas le prix du travail.
16:52La France est maintenant
16:52à un pays de bas salaire.
16:54Le problème, c'est que nos multinationales
16:56ne jouent pas le jeu du Made in France
16:57et traitent leurs sous-traitants
16:59comme des Kleenex.
17:00On continue d'en discuter avec vous.
17:02Tout est à nous.
17:02C'est l'heure des travailleurs
17:03et des travailleuses.
17:04Il est minu moins une.
17:05C'est le livre de Sophie Binet,
17:06la numéro 1 de la CGT,
17:07qui était avec nous dans les grandes guêles.
17:08Dans un instant, question de Bruno Poncel-Cheminot,
17:11Joël Dagosseri, la coach de vie.
17:12Il est 11h20.
17:13Tout de suite.
17:36Tout est à nous.
17:37C'est le titre du livre de Sophie Binet,
17:39la numéro 1 de la CGT,
17:41qui est avec nous dans les GG,
17:42dans les grandes guêles.
17:43C'est aux éditions du Seuil.
17:45Parce qu'elle dit, Sophie Binet,
17:46qu'il est temps aujourd'hui
17:47face à un monde qui est très inégalitaire.
17:49Et vous parlez d'une internationale
17:50d'extrême droite prédatrice.
17:52C'est le point de départ aussi
17:53de votre livre,
17:54qui est là en train de faire
17:56main basse sur le monde.
17:57Et qu'il est temps pour les travailleurs,
17:58à minu moins une,
17:59de se réveiller,
18:00de se réapproprier
18:01les outils de travail et les richesses.
18:03Monsieur Bruno Poncel,
18:04ensuite Joël Dagosseri.
18:05Bruno Poncel-Cheminot.
18:06Moi, je ne veux pas être très novateur,
18:09mais moi, je suis d'accord
18:09avec votre livre, évidemment.
18:11Le seul sujet où je ne suis pas d'accord
18:12avec vous,
18:12c'est quand vous dites
18:12qu'on n'a pas basculé encore
18:13dans une société d'extrême droite
18:15en France.
18:16Et moi, je ne suis pas d'accord
18:16avec vous sur un sujet.
18:17C'est qu'en fait,
18:18vous le savez très bien,
18:19le vote ouvrier a malheureusement
18:21basculé plus sur l'extrême droite
18:22que sur une gauche.
18:24Alors déjà,
18:25la gauche a abandonné
18:25les ouvriers depuis des années.
18:26Ils l'avaient théorisé
18:27dans un de leurs think tanks
18:28où ils avaient expliqué
18:29qu'il fallait oublier
18:30les ouvriers,
18:31qu'il fallait mieux
18:31aller chercher les CSP+.
18:32Mais moi, je trouve qu'aujourd'hui,
18:34ce qu'on vit,
18:35vous êtes là depuis 2023,
18:37donc moi,
18:37j'étais plus en lien
18:38avec votre prédécesseur
18:39quand on est dans
18:40une certaine manif.
18:40Ce qu'on vit dans nos manifestations,
18:42ce qu'on vit dans nos combats,
18:44ce qu'on vit aussi
18:45dans la réponse du gouvernement.
18:46Moi, j'ai connu l'époque
18:47quand il y a eu
18:47la réforme février en 2018
18:48où Spinetta pond
18:51un espèce de rapport
18:52en février
18:53et qu'au mois de juin,
18:54son rapport sort en loi.
18:56Et tu avais beau avoir discuté
18:57pendant 4 mois
18:57et fait grève pendant 4 mois,
18:58tu avais la même chose.
18:59Donc en fait,
19:01ces non-réponses,
19:02ce bloc où on t'explique
19:03que tu n'as besoin de rien,
19:04cette volonté de squeezer
19:05aussi les corps intermédiaires,
19:07moi, je pense qu'on a basculé
19:08malheureusement
19:08depuis longtemps dans le fascisme.
19:09Et aujourd'hui,
19:10moi, ma question,
19:10c'est comment nous,
19:11et moi, je me mets dedans
19:12parce que même si
19:13je n'ai plus de mandat,
19:14je passe ma journée
19:15à parler avec des gens
19:15dans la rue,
19:17comment on fait
19:17pour faire revenir
19:18la classe ouvrière,
19:19la classe qui est maltraitée
19:21par tous les gouvernements,
19:22par la gauche aussi de 81,
19:23il ne faut pas oublier
19:24cette gauche qui a maltraité
19:24les ouvriers.
19:25Comment on va faire
19:26revenir vers nous ?
19:27Et comment on fait aujourd'hui
19:28pour faire comprendre
19:28que le syndicalisme,
19:29déjà, ce n'est pas
19:30ce qu'on a entendu
19:30chez De Villiers tout à l'heure,
19:31le syndicalisme,
19:31c'est aussi de l'aide
19:32des salariés.
19:32Si, si, c'est ce qu'on a entendu.
19:34Moi, j'ai passé ma vie
19:35et je continue encore maintenant,
19:36même sans mandat,
19:37à t'aider des salariés.
19:38Tu leur expliques plein de choses,
19:39tu leur expliques déjà
19:39leurs droits,
19:40leurs devoirs aussi,
19:41tu leur expliques aussi
19:42ce qu'on est.
19:43Donc ça, c'est important.
19:44Et moi, je trouve,
19:44comment on va faire
19:44pour faire revenir
19:45cette classe ouvrière
19:46envers nous, quoi.
19:48Ok, bon,
19:49il y a plusieurs points.
19:50D'abord, effectivement,
19:52j'ai un point de désaccord.
19:53Moi, je pense qu'il est
19:54minuit moins une
19:54et pas minuit.
19:55Et je pense que c'est important
19:57d'être clair là-dessus
19:58parce qu'effectivement,
20:00il y a une grave dérive.
20:01On a l'impression
20:02d'être un peu la grenouille
20:03dans sa marmite
20:04avec la marmite
20:04qui chauffe,
20:05qui chauffe,
20:05qui chauffe
20:05et on ne s'en rend pas trop compte.
20:06Donc il y a une grave dérive
20:07sur nos libertés.
20:08Moi, je suis tellement en colère
20:10contre Emmanuel Macron
20:11qui a été élu
20:11pour battre l'extrême droite.
20:12On a pris nos responsabilités
20:16mais il y a une différence
20:18de nature
20:19entre l'extrême droite
20:20et les autres partis.
20:22Emmanuel Macron
20:23n'est pas d'extrême droite.
20:24Nous ne sommes pas
20:25face à un pouvoir
20:26d'extrême droite.
20:26Sinon, je vous invite
20:27à aller militer
20:28dans un pays
20:30en Russie,
20:31aux Etats-Unis,
20:32en Argentine
20:33où il y a des présidents
20:34d'extrême droite.
20:35Par contre,
20:36je ne suis pas d'accord
20:36avec vous sur ce sujet.
20:37C'est qu'en fait...
20:38Macron est d'extrême droite
20:38pour toi ?
20:39Oui, dans sa politique, bien sûr.
20:41Mais oui,
20:41parce qu'il s'est vachement inspiré
20:42quand même...
20:42Tout le monde est d'extrême droite.
20:43Pour moi,
20:47c'est de l'humour.
20:48Non, mais le problème,
20:49c'est qu'en fait,
20:50pourquoi est-ce que
20:50c'est important ce point ?
20:52Parce que si on dit
20:53Macron est d'extrême droite,
20:54etc.,
20:55en fait,
20:55on banalise considérablement
20:57l'extrême droite.
20:58Et ça,
20:58c'est la stratégie
20:59de Marine Le Pen.
21:00Dans ce cas-là,
21:01chacun reste chez soi
21:02en avril et en mai prochain
21:04et on la laisse
21:05à rien voir
21:05puisqu'ils y sont déjà.
21:06Moi, je ne suis pas grave
21:07parce que moi,
21:07c'est le contraire.
21:07Ils ne sont pas au pouvoir.
21:08Moi, je suis désolé,
21:08je n'ai jamais voté de ma vie
21:09par raison politique
21:10et moi, mes idées étaient
21:16pas qu'ils arrivent au pouvoir.
21:16Donc, ça veut dire
21:17qu'ils ne sont pas au pouvoir
21:18aujourd'hui quand même.
21:19Non, mais leurs idées
21:20sont au pouvoir.
21:20Mais excusez-moi,
21:21quand vous détricotez autant
21:22le Conseil national
21:22de la résistance
21:23dans toutes les lois,
21:24les projets de loi
21:24qu'on a eus avec Macron
21:25depuis dix ans,
21:26excusez-moi.
21:27Non, mais bien sûr
21:27que la politique d'Emmanuel Macron,
21:29elle est scandaleuse de A à Z.
21:30Après, je n'ai pas le temps
21:31de développer,
21:32mais c'est l'évidence.
21:33Mais quand on regarde
21:34le programme de l'extrême droite,
21:37c'est faire une réforme
21:38constitutionnelle
21:39pour mettre en place
21:39ce qu'ils appellent
21:40la préférence nationale,
21:41ce qui serait
21:42la xénophobie d'État.
21:43Donc, ça veut dire
21:44permettre de discriminer
21:46les gens en fonction
21:47de leur nationalité
21:48ou même les binationaux.
21:50Donc, c'est contraire
21:51à tous les principes
21:52fondateurs de notre République
21:53depuis 1789.
21:55Ça, c'est une rupture majeure.
21:57L'autre rupture,
21:58c'est la question
21:59de l'État de droit.
22:00Oui, effectivement,
22:01Emmanuel Macron fait du mal
22:02à l'État de droit.
22:03On le voit aujourd'hui
22:03avec les manifestations.
22:05Mais en attendant,
22:06Emmanuel Macron n'a pas coupé
22:07les financements
22:07de l'audiovisuel public,
22:08n'a pas coupé
22:09les financements des syndicats.
22:10n'a pas coupé
22:11les financements
22:11des associations
22:12et n'a pas repris en main
22:14les juges.
22:14C'est ce que fait
22:15l'extrême droite
22:16quand elle arrive au pouvoir.
22:17Le RN a annoncé
22:17que s'il arrivait au pouvoir,
22:19il n'y aurait plus
22:19d'argent public
22:20pour la CGT.
22:21Oui, ça a le mérite
22:22de la clarté.
22:22Moi, je ne découvre rien.
22:23Ça confirme à quel point
22:25ce parti est un danger
22:26pour la démocratie.
22:26Moi, ce que je rappelle
22:27juste au Rassemblement National,
22:28c'est que dans une démocratie,
22:30les syndicats sont indépendants.
22:31Dans une démocratie,
22:32ce n'est pas le gouvernement
22:33qui décide
22:34de qui est financé ou pas,
22:35c'est la représentativité
22:36et c'est les électeurs.
22:38Et donc, dans une démocratie,
22:39les syndicats ont le droit
22:40et même le devoir
22:41d'être critiques
22:42vis-à-vis des gouvernements
22:43et des patrons
22:44qui remettent en cause
22:45les droits des travailleurs.
22:45Et finalement,
22:46c'est ça qui dérange
22:47le RN
22:48et ça confirme
22:49pourquoi c'est un danger mortel
22:51pour les travailleurs
22:51et les travailleuses
22:52puisqu'il veut nous empêcher
22:53de nous organiser
22:54pour nous défendre.
22:55Joël Dagosseri,
22:56coach de vie.
22:57Moi, je suis libérale
22:59et il y a plusieurs choses
22:59avec lesquelles quand même
23:00je suis d'accord avec vous.
23:02Première chose,
23:03déjà, je suis vraiment contente
23:04que vous mettiez
23:05les travailleurs
23:05et les travailleuses
23:07à l'honneur
23:07parce que je trouve
23:08que les actifs de ce pays
23:09sont complètement sacrifiés.
23:11On en parle assez peu
23:14sauf pour leur dire
23:14vous allez travailler plus,
23:16vous allez donner
23:16deux heures de plus,
23:17etc.
23:18Donc, je suis plutôt contente
23:19que vous soyez
23:21contre le mépris
23:21justement des travailleurs.
23:23Là où c'est vrai
23:23que je vais être un peu
23:25ou je vais me différencier,
23:26c'est que pour vous,
23:27j'ai l'impression
23:27que les travailleurs
23:27et les travailleuses,
23:28c'est une catégorie
23:29assez limitée.
23:31C'est-à-dire que
23:31dès qu'on est chef d'entreprise
23:32ou qu'on ne rentre plus
23:33dans le travailleur
23:34ou les travailleuses
23:34alors que moi,
23:35j'ai 20 ans salariée aujourd'hui,
23:37je suis à mon compte
23:37et je n'ai jamais autant travaillé,
23:39je peux vous dire,
23:40depuis que je suis à mon compte.
23:41Vous avez des salariés
23:42ou vous êtes toute seule ?
23:42Non, j'ai des prestataires
23:43mais je suis toute seule.
23:44D'accord.
23:45Voilà.
23:46Vous êtes autre,
23:47enfin bref,
23:47vous n'êtes pas vraiment patronne
23:49parce que vous n'avez pas
23:49de lien de subordination
23:50avec des gens.
23:50Oui, oui, complètement.
23:51Mais je veux dire
23:52que je vois bien la différence
23:53entre...
23:53Travailleuse indépendante quoi.
23:54Voilà, je vois bien la différence
23:55entre lorsque j'étais salariée
23:56et lorsque je suis à mon compte,
23:58enfin la force de travail
23:59que ça me demande
23:59pour générer des clients,
24:01générer de l'argent,
24:02je peux vous dire
24:03que cette force de travail-là,
24:04on ne m'en demandait pas tant
24:06lorsque j'étais salariée.
24:07Et ça, je suis vraiment honnête
24:08sur ce point-là.
24:11Les aides aux entreprises,
24:12c'est pareil,
24:12je suis complètement d'accord avec vous,
24:13je trouve qu'elles sont données
24:14sans discernement
24:15et je trouve qu'effectivement
24:16il y a une inégalité
24:17entre les grosses entreprises
24:19et les PME.
24:20Les grosses entreprises
24:21peuvent échapper
24:23à ce système infernal
24:25là où les PME ne peuvent pas.
24:27Et le problème
24:28que j'ai avec votre livre
24:29et je pense aussi
24:29avec vos idées,
24:30c'est que ce système infernal,
24:32vous le soutenez
24:33et vous voulez même en plus
24:35le renforcer.
24:35C'est-à-dire que pour vous,
24:37c'est planification,
24:39nationalisation,
24:40rupture avec le capitalisme
24:41et moi je suis assez pragmatique.
24:43Je cherche ce qui fonctionne
24:44pour nous.
24:44Ce qui n'a marché nulle part.
24:45Voilà.
24:47Et j'ai cherché,
24:48et je vous l'assure,
24:49j'ai cherché,
24:49je me suis dit
24:50peut-être que c'est toi
24:50avec tes idées libérales,
24:52t'es complètement fermée, etc.
24:53Je me suis dit
24:53mais où est-ce que ça a marché ?
24:54Ça a dû bien marcher quelque part
24:55parce que vous ne pouvez pas
24:57sortir ça de nulle part.
24:58Pas à Cuba en tout cas.
24:59Et j'ai cherché
25:01et appliqué tel que vous,
25:02vous le préconisez,
25:04Venezuela au bloc de l'Est
25:05dans le XXe siècle,
25:07donc tout ce qui était
25:08les pays de l'Est,
25:10tout ce qui appartenait
25:11à l'ancienne Russie soviétique,
25:13etc.
25:13Enfin je veux dire,
25:14tout a échoué.
25:15Et donc je ne comprends pas
25:17pourquoi vous nous vendez
25:19et là...
25:20D'accord, réponse,
25:21ça passe bien.
25:21Pourquoi vous nous vendez
25:22ce système-là ?
25:23Réponse de Sophie Boulot.
25:24Vous vendez un système
25:25qui n'a jamais marché,
25:26ce que dit le jeune.
25:26D'abord, la CGT ne propose pas
25:28de nationaliser toute l'économie.
25:29Oui, mais les secteurs
25:30qui sont même...
25:31Non, d'ailleurs,
25:32pas tous les secteurs,
25:33mais certains secteurs,
25:34les secteurs qu'il faut nationaliser.
25:37Donc là, par exemple,
25:37sur l'acier,
25:38il faut nationaliser l'acier
25:39parce que sinon,
25:40on ne va plus avoir
25:41d'acier en France.
25:42L'énergie,
25:43c'est un bien commun.
25:43On voit à quel point
25:44la catastrophe que c'est
25:46de renvoyer à la spéculation
25:48l'énergie,
25:49les prix explosent
25:49et notamment
25:50pour les petites entreprises.
25:53Total, oui,
25:54on voit bien que là,
25:55aujourd'hui,
25:55comme on n'a pas de levier
25:56d'intervention sur Total,
25:57ils se font des marges énormes.
25:58C'est énormément d'argent
25:59pour nationaliser
26:00les entreprises comme ça.
26:02Après, la question,
26:03en fait, par exemple,
26:04sur comment on fait,
26:05on met 211 milliards
26:06d'aides publiques
26:07chaque année dans les entreprises,
26:08on les transforme
26:09en prises de participation.
26:10Ça serait beaucoup plus efficace
26:12pour qu'on ait des leviers
26:12d'intervention sur l'économie.
26:13Ensuite,
26:14quand vous dites
26:14que ça n'a jamais marché,
26:16l'économie qui est florissante
26:17aujourd'hui,
26:17c'est la Chine
26:17et la Chine qui a réussi
26:21un capitalisme d'État.
26:24Ce n'est pas un socialisme d'État,
26:26c'est un capitalisme d'État.
26:27C'est d'ailleurs pour ça
26:29que la Chine
26:29est la seule économie développée
26:31qui est en train de réussir
26:32la transition environnementale,
26:33c'est parce qu'il y a une planification.
26:35Il va y avoir des camps.
26:35Votre syndicat a cautionné
26:36le communisme
26:37et les crimes imprescriptifs
26:38du goulag.
26:39Franchement, non.
26:40D'abord,
26:40non, on n'a jamais cautionné ça.
26:42Et ensuite,
26:43dans mon livre,
26:44vous oubliez,
26:44il y a toute une partie
26:45sur la démocratie,
26:46le pouvoir aux travailleurs
26:47et aux travailleuses.
26:48Et le but,
26:48c'est que les travailleurs
26:49et travailleuses
26:50aient leur mot à dire.
26:51Parce que là où j'étais
26:52en désaccord complet
26:52avec ce que vous avez dit
26:53tout à l'heure,
26:54c'est que les travailleurs
26:55et les travailleuses
26:55sont les premiers
26:56à défendre leur outil de travail
26:58et leur emploi.
26:59Et ce qu'on voit au quotidien,
27:01c'est qu'on a des multinationales
27:02qui ferment
27:03et des patrons voyous.
27:04Ce sont les salariés
27:05qui se battent pour l'encontre.
27:06Mais on n'a pas de levier à faire.
27:08Parce que là,
27:09on est en campagne présidentielle,
27:10il y a beaucoup
27:10de propositions
27:12qui sont mises sur la table
27:13et beaucoup disent
27:14parmi ces candidats,
27:15il faudra travailler plus
27:17en France.
27:19Bruno Rotailleau propose
27:20d'ailleurs
27:21de travailler
27:21une demi-heure de plus
27:22par jour
27:23pour dégager
27:24de la croissance,
27:25sachant que la croissance
27:26est quand même
27:27quasiment proche de zéro
27:28en ce moment.
27:28Ce qu'il nous propose
27:29en gros,
27:30c'est de travailler plus
27:30pour gagner moins
27:31et polluer plus.
27:31Donc ça,
27:32ça ne fait pas envie.
27:34Par contre,
27:34ce qui est nécessaire,
27:35c'est que tout le monde
27:36puisse travailler.
27:37Donc nous,
27:37nous disons
27:38travailler plus,
27:39oui,
27:39égale travailler
27:40toutes et tous.
27:41Le problème,
27:41c'est qu'aujourd'hui,
27:42il y a 6 millions
27:42de chômeurs en France,
27:44notamment des femmes
27:45qui sont enfermées
27:45dans du sous-emploi,
27:46donc dans des emplois
27:47à temps partiel.
27:48Elles voudraient travailler
27:48à temps plein,
27:49mais quand on travaille
27:50dans la grande distribution,
27:51dans l'aide à domicile,
27:53dans le particulier employeur,
27:54par exemple,
27:54on ne peut avoir
27:55que des emplois
27:56à temps partiel
27:56et donc des salaires
27:57en dessous du seuil
27:58de pauvreté.
27:59C'est là-dessus
27:59qu'il faut travailler.
28:02Dire qu'il faut
28:02augmenter le temps de travail,
28:03en fait,
28:04c'est augmenter les inégalités
28:05en matière de temps de travail.
28:06Une dernière question,
28:07Jean-Luc Mélenchon
28:09a dit qu'il n'était pas
28:10pour la propriété privée.
28:12Vous êtes quand même
28:12pour la propriété privée
28:14ou pas ?
28:14Oui, bien sûr.
28:15Là, on ne demande pas
28:16la nationalisation de tout.
28:18Vous n'êtes pas contre
28:19les entreprises privées
28:20ni la propriété privée ?
28:21Non.
28:22Non, non.
28:23Par contre,
28:23on pense que la propriété privée
28:25elle a des limites
28:26et que les limites
28:26c'est le bien commun
28:27et c'est ça qui doit primer.
28:28C'est le bien commun
28:30et les besoins communs.
28:32Et aujourd'hui,
28:32le problème,
28:32c'est que c'est l'inverse.
28:34C'est la propriété privée
28:35qui prime surtout.
28:36Par exemple,
28:36on le voit dans le secteur
28:37du médicament.
28:39On a nos grands champions
28:40d'industrie pharmaceutique
28:41qui distribuent
28:42des milliards d'euros
28:43de dividendes
28:44grâce à de l'argent public
28:45parce que c'est l'argent
28:45de la sécurité sociale
28:46et qui, par contre,
28:48privatisent les brevets,
28:49privatisent la recherche
28:50et ne travaillent plus
28:50pour le bien commun.
28:52Dernière question,
28:53Jean-Luc Mélenchon,
28:53s'il est le candidat
28:54de la CGT ?
28:55Non, la CGT n'a pas
28:56de candidat.
28:57Mais vous appellerez
28:58à voter pour Jean-Luc Mélenchon
28:59en cas de deuxième tour
29:00face à Marine Le Pen ?
29:00La CGT appellera toujours
29:02à battre l'extrême droite.
29:03Donc ça, c'est clair.
29:04Vous ne le ferez pas
29:05dès le premier tour ?
29:06Non, je ne pense pas.
29:07Mais ça,
29:08ça vous est reproché ensuite.
29:09Il y a un auditeur
29:11sur le contexte
29:12des grandes gueules
29:13qui réagit en disant
29:13mais le problème,
29:14c'est que Mme Binet
29:15a appelé à voter Macron
29:17en 2017 et en 2022.
29:18C'est difficile aujourd'hui
29:19de le critiquer ?
29:20On a appelé
29:21à battre l'extrême droite,
29:23oui, en 2017 et en 2022.
29:24Donc ça veut dire
29:25appris à voter la personne ?
29:26On a pris nos responsabilités.
29:28C'était très difficile.
29:29Moi, je suis d'ailleurs
29:30scandalisée de la façon
29:31dont Emmanuel Macron
29:32s'est assis sur ce mandat
29:34et a méprisé ce mandat.
29:35Et on l'a fait en disant
29:37au lendemain,
29:38on sera les premiers
29:39à se battre contre sa politique.
29:41Mais il y a une différence
29:42de nature
29:43entre un candidat républicain
29:45et un candidat d'extrême droite
29:46parce qu'un candidat républicain
29:48derrière,
29:48on a les moyens
29:50de lutter et de dénoncer,
29:51les moyens démocratiques
29:52de lutter et de dénoncer
29:53sa politique.
29:53Vous appellerez à voter
29:54pour le candidat
29:55qui sera face à Marine Le Pen ?
29:56On appellera à battre.
29:57C'est une différence quand même
29:58d'appeler à battre l'extrême droite
29:59ou d'appeler à voter pour.
30:00On n'a jamais appelé
30:01à voter pour Emmanuel Macron
30:02parce qu'on est en désaccord
30:03complet avec lui quand même.
30:04Merci Sophie Binet.
30:05Tout est à nous.
30:06Il est minu moins une.
30:07C'est l'heure des travailleurs
30:08et des travailleuses
30:08du livre aux éditions du Seuil.
30:10Merci d'être venu discuter
30:11avec les GG,
30:12avec les grands gueules.