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00:01Europe 1, la France bouge, 20h30, 21h30, Elisabeth Assayac.
00:13On essaye de rendre la vie plus belle ce soir sur Europe 1 avec le reconditionnement,
00:18mais oui parce que derrière ce mot reconditionnement, il y a des entrepreneurs qui font travailler des détenus
00:24et c'est ça qui nous a intéressé ce soir dans la France bouge.
00:27Nous sommes avec Cyril Berti, le président de Alteco, en route vers les trophées de l'avenir Europe 1 LCL
00:33dans la catégorie impact social et on le voit depuis le début de l'émission,
00:37si vous nous rejoignez je vous invite à réécouter, il y a toute cette notion de rentabilité
00:41parce que vous êtes rentable depuis quasiment le début, vous êtes en croissance, en croissance de combien chaque année ?
00:46Alors on va dire qu'il y en a une première partie où on doublait de chiffres
00:49et donc là on est revenu sur des niveaux qui sont plus raisonnables mais qui restent de l'ordre de
00:5310%.
00:54Vous, une fois que c'est reconditionné, ça va dans les magasins de la grande distribution ?
00:58C'est notre principal marché effectivement.
01:00Votre principal marché.
01:01Quand on a toutes ces journées de grève et de manifestation qui ne cessent de s'accumuler
01:07comme ça a été le cas aujourd'hui, est-ce que vous voyez, vous même si vous n'êtes pas
01:11distributeur,
01:12il y a un impact sur les commandes, il y a un impact auprès de vos fournisseurs, de vos clients
01:18?
01:18Non, pas de vos fournisseurs, de vos clients.
01:20De vos clients, oui tout à fait.
01:22Oui, clairement on le voit.
01:25Nous, on est un petit peu loin du coup, parce qu'on est un intermédiaire vers le marché.
01:30Mais ce qu'on voit, on voit surtout, j'ai l'impression, un peu d'attentisme finalement pour eux.
01:36On est dans une situation où personne n'hésite finalement avant d'acheter
01:39et on voit beaucoup d'attentisme sur les achats.
01:42Nous sommes toujours avec notre coach de ce soir, David Smadja, le confondateur de MyStone Avocat.
01:47Jacques Grimond, confondateur de Yoti, qui lui aussi reconditionne des jeux et des jouets
01:54grâce à... Combien de détenus travaillent avec vous ?
01:57Une centaine.
01:58Une centaine de détenus et vous travaillez avec plus d'une... Combien de maisons d'arrêt ?
02:01Avec six établissements pénitentiaires.
02:03Avec six établissements pénitentiaires, avec six prisons.
02:06Jacques Grimond et l'autre invitée de ce soir, elle est complètement altruiste.
02:14C'est comme ça que je vois son parcours, puisqu'elle s'est consacrée à des missions de bénévolat depuis
02:19toujours.
02:20C'est vous, Clotilde de Gilbert, fondatrice de l'association Wake Up Café.
02:24Le coup de cœur de la France bouge.
02:27Vous avez consacré toute votre vie jusqu'à présent à des missions de bénévolat.
02:31Oui, jusqu'à créer Wake Up Café.
02:33Jusqu'à créer Wake Up Café, au bout de quelques années.
02:36Auprès de Wake Up Café.
02:39Vous avez eu...
02:41Votre dernière mission en tant que bénévole a été celle d'aumônière dans une maison d'arrêt, celle de Nanterre.
02:46Exactement.
02:47Je vous laisse nous raconter un petit peu.
02:48C'est-à-dire que pendant sept ans, trois à quatre jours par semaine, vous alliez dans cette maison d
02:53'arrêt.
02:54Oui, j'allais comme tous les aumôniers de prison, de toutes les religions et de toutes les prisons.
02:59En fait, on a une particularité, c'est que pour les personnes qui ont ce droit et l'accès au
03:07soutien spirituel,
03:09les aumôniers de prison ont les clés des cellules.
03:12C'est-à-dire que moi, j'arrivais tous les matins à la maison d'arrêt de Nanterre,
03:15et je lui demandais les clés du bâtiment C.
03:18Et après, je pouvais aller voir les personnes qui souhaitaient rencontrer un aumônier.
03:22Voilà.
03:23A priori, c'était plutôt des aumôniers chrétiens,
03:25des personnes qui cherchaient un aumônier chrétien,
03:27mais il se trouve que j'allais voir dès qu'on me demandait.
03:31Et du coup, je voyais aussi beaucoup de personnes de toutes les religions.
03:34De toutes les religions.
03:35Et c'est comme ça que vous avez eu cette envie d'aller plus loin avec Wake Up Café ?
03:41Je crois qu'il y a une rencontre, celle d'un amiral ?
03:45C'est l'amiral Braque de la Perrière que j'avais rencontré dix ans auparavant,
03:49et qui lui avait créé une association, il allait voir les magistrats,
03:53il leur disait que tous ces mineurs, entre 13 et 18 ans, qui sont enfermés,
03:57plutôt qu'ils tournent comme des lieux en cage, disait-il,
04:01les trois derniers mois de leur incarcération, vous me les confiez,
04:05et avec des militaires, avec des pompiers, avec des chefs d'entreprise,
04:09on les remet dans le monde du travail, on leur redonne un cadre de vie, une hygiène de vie.
04:13Ça m'avait beaucoup parlé.
04:15Et je m'étais dit un jour, j'irais en prison,
04:17et il se trouve que dix ans après, j'ai eu cette occasion d'aller chanter dans une prison,
04:22dans la prison de Nanterre, pour la première fois.
04:24Et c'est à ce moment-là, en découvrant aussi l'impact du chant sur le fait de se réveiller,
04:29de se remettre debout, et d'avoir envie d'aller plus loin,
04:35que j'ai créé une chorale dans la prison.
04:37On a tourné des clips vidéo, grâce à l'administration pénitentiaire
04:41qui nous a fait des autorisations incroyables.
04:42On a même eu un clavier dans une cellule.
04:44Donc ça a été des grandes démarches auprès de la direction de l'administration pénitentiaire.
04:50Et là, pour sortir le disque qu'on avait enregistré en prison,
04:54il fallait créer une structure.
04:55Donc on crée Wake Up Café pour sortir ce disque.
04:58Mais, il se trouve que ce disque n'est jamais sorti, alors qu'il est excellent.
05:01Mais, vous avez créé cette association.
05:03On l'a créé parce que, et en fait, elle est créée,
05:05et c'est surtout, elle est devenue une association de réinsertion,
05:10parce que les chanteurs, un jour, me disent,
05:12en fait, tu sais que le deal, si j'avais un boulot dehors, un logement,
05:18je pourrais sortir plus vite.
05:20Et je me suis dit, en fait, ces gars-là, ils ont payé leur dette à la société,
05:23ils ont tout en eux pour intégrer la société et vivre pleinement dans cette société,
05:29en devenant des acteurs positifs de cette société.
05:33Et du coup, je suis allée voir d'abord un chef d'entreprise,
05:36puis un autre, puis un autre, en leur disant,
05:37ces personnes-là, je les connais individuellement.
05:40Et je pense que, nous, société civile,
05:43en donnant une chance à des personnes qui ont payé leur dette à la société,
05:47on peut permettre de diminuer la récidive.
05:50Et c'est comme ça que, du coup,
05:52les chefs d'entreprise ont accepté de faire ces embauches.
05:56Ils m'ont rappelé quelques mois après, en me disant,
05:58tu as été un petit peu naïf, parce qu'en fait,
05:59ça ne suffit pas d'avoir un travail à la sortie.
06:02En fait, le fait d'être incarcéré,
06:04le fait de son parcours aussi au préalable,
06:08et d'être incarcéré,
06:10fait qu'à la sortie, il faut tout refaire.
06:13Et comme beaucoup d'entre eux, on l'a dit,
06:15ils n'ont pas fait de chance de travailler.
06:17Et avec Alteco, ils sont plus sur des rails.
06:21Bien sûr.
06:22Tout ce qu'on peut faire en détention
06:23permet une meilleure réinsertion.
06:25Donc, vous avez créé ce Wake Up Café,
06:30cette association.
06:31C'est une maison avec jardin en plein centre-ville.
06:34Alors aujourd'hui, on est présents dans 12 villes.
06:36On travaille avec l'administration pétentiaire.
06:38Et dans ces 12 villes, c'est une maison avec un jardin en plein centre-ville,
06:42où on accueille les sortants de prison,
06:44qui sont souvent en aménagement de peine.
06:46Donc, avec le SPIP et les magistrats,
06:49en fait, il y a un dedans-dehors,
06:51qui permet de les accueillir dès le jour de leur sortie,
06:54et de leur permettre un encadrement assez fort,
06:58un accompagnement très rapproché,
07:00qui leur permet de tout reconstruire.
07:02Donc, d'avoir des papiers à jour,
07:03de s'inscrire à France Travail,
07:06de refaire son CV,
07:07ou de le faire.
07:08Parce qu'effectivement, comme disait Jacques,
07:10beaucoup n'ont jamais travaillé.
07:12Et donc, il y a tout à apprendre du monde du travail,
07:14avant de pouvoir intégrer le monde du travail,
07:16pour assurer un emploi qui va durer.
07:19Bien sûr.
07:19Et dans ce cas,
07:21Wake Up Café est en train de devenir aussi des restaurants,
07:26puisque au fur et à mesure,
07:27vous vous êtes dit,
07:28maintenant que ces anciens détenus peuvent travailler,
07:31on va leur proposer un vrai job.
07:33En fait, on a créé le Quai Liberté,
07:35sur le bateau de Thalassa,
07:36juste là, au pied de Beauconel,
07:38vous pouvez le voir par la fenêtre.
07:39Pas loin des bureaux.
07:40Pas loin.
07:41On a créé ce lieu spécifiquement dédié à l'embauche
07:45de sortants de prison accompagnés par Wake Up Café,
07:47pour un certain nombre d'entre eux,
07:49où le risque de récidive,
07:50il est entre 3 jours et 3 semaines,
07:52si on ne leur donne pas tout de suite un salaire.
07:54Et je dis un salaire plutôt qu'un emploi,
07:56parce qu'en fait,
07:57ça vient après le fait de les préparer
08:00à rentrer dans le monde du travail,
08:02et c'est vraiment tous les codes du monde du travail
08:04qu'il faut qu'ils découvrent,
08:05qu'ils choisissent pour pouvoir en vivre.
08:07Donc, l'objectif avec ces restaurants,
08:10c'est d'en faire plusieurs.
08:11Alors, le restaurant, oui,
08:12mais là, on est aussi sur un projet avec Yoti,
08:15pour créer des adjoints,
08:17ateliers de torréfaction !
08:19On ne savait pas !
08:20Oui, en fait, on va devenir client de Yoti,
08:24si tout se passe bien,
08:25et si on continue à bien travailler
08:26avec l'administration pénitentiaire,
08:28pour créer une marque de café,
08:30et d'abord, donner du travail en détention,
08:33parce que c'est vraiment...
08:34On voit un vrai impact sur les personnes
08:37quand elles ont effectivement travaillé en détention
08:38pour leur réinsertion à la sortie.
08:40Et donc, on va créer des ateliers de torréfaction,
08:43qu'on va démarrer avec Yoti prochainement,
08:47pour le déployer, si ça marche après,
08:49sur l'ensemble des lieux où nous sommes.
08:50Merci Clotilde Gilbert,
08:52fondatrice de l'association Wake Up Café.
08:54Avant de nous quitter, Cyril Berthier,
08:55vous savez qu'on est à quelques mois
08:56de l'élection présidentielle,
08:58donc le moment est venu d'aller regarder
09:00un petit peu plus loin,
09:01et d'y placer beaucoup d'espoir.
09:07Les raisons d'espérer pour 2027.
09:12Cyril Berthier, quelles sont-elles ?
09:15Je trouve qu'on a un pays,
09:17aujourd'hui, justement,
09:19encore plus en période d'élection,
09:21où on a beaucoup de sujets qui sont clivants.
09:24Et en revanche, quand on regarde,
09:25l'économie circulaire,
09:27finalement, quel que soit,
09:28on l'a vu finalement dans les interviews
09:29ou en début d'émission,
09:30quelles que soient les opinions politiques,
09:32quel que soit le milieu,
09:34en fait, ça semble faire vraiment consensus.
09:37Ça nous rassemble.
09:37Ça ne fait que grandir, oui.
09:39Donc, nous, le reconditionner en informatique,
09:43c'est une petite partie de ça.
09:46Mais je vois vraiment l'évolution
09:48depuis un peu plus de 10 ans.
09:49Et donc, voilà, c'est une dynamique
09:50qui a l'air de faire,
09:53qui ne peut que continuer.
09:54Et vu les enjeux environnementaux
09:56qui sont face à nous,
09:57je pense que c'est une vraie bonne nouvelle
09:59et une vraie raison d'espérer.
10:00Merci Cyril Berthier,
10:01président de Alteco,
10:02d'être venu ce soir
10:03dans la France Rouge sur Europe 1.
10:05Un grand merci, Jacques Grimond,
10:06pour Yoti.
10:07Merci, Cotilde de Gilbert
10:08pour Wake Up Café.
10:09Et un grand merci,
10:10David Smadja,
10:11fondateur du cabinet Milestone Avocat.
10:13Excellente soirée sur Europe 1.
10:14Tout de suite, Valérie Darmont
10:16pour la libre antenne.
10:17Bonsoir, Valérie.
10:18Bonsoir, Elisabeth.
10:19Merci.