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  • il y a 3 ans
Jeudi 13 juillet 2023, SMART BOURSE reçoit Thaïs Batista (Gérante et spécialiste émergents, Schelcher Prince Gestion) , Gilles Guibout (Responsable des actions européennes, AXA IM) , Mabrouk Chetouane (Head of Global Market Strategy, Solutions, International, Natixis IM) et Jeanne Asseraf-Bitton (Directeur de la Recherche et Stratégie, BFT-IM)

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Transcription
00:00 C'est reparti pour Smartbourse, votre double dose quotidienne de marché en direct sur
00:11 Bsmart chaque jour à la mi-journée 12h30-13h et en fin d'après-midi la grande édition
00:16 pendant une heure à partir de 17h, rediffusée à 20h sur Bsmart TV, émission que vous retrouvez
00:21 chaque jour en replay sur bsmart.fr et en podcast sur l'ensemble de vos plateformes.
00:25 Le sommaire de cette édition ce soir, une ambiance résolument pro-risque sur les marchés.
00:30 Depuis quelques jours maintenant, cette ambiance riscone se diffuse et continue de se diffuser
00:36 en cette fin de semaine, appuyée évidemment par cette mécanique de désinflation qui commence
00:42 à donner des signes assez matériels aux Etats-Unis.
00:45 Nous reviendrons bien sûr sur le rapport mensuel sur l'inflation pour le mois de juin
00:49 aux Etats-Unis qui a été publié hier et qui vient donc entretenir cet appétit pour
00:54 le risque chez les investisseurs, un appétit qui se matérialise par des indices actions
00:58 aux Etats-Unis qui sont au plus haut depuis 15 mois maintenant, des indices actions en
01:02 Europe qui retrouvent le haut de leur range de fluctuation avec un CAC 40 qui est revenu
01:07 sur le niveau des 7400 points au cours de cette séance avec une progression de 0,7%
01:12 aujourd'hui encore.
01:14 On notera le pétrole avec un baril de Brent à 80 dollars qu'on n'a pas vu depuis quelques
01:19 mois maintenant à ces niveaux-là.
01:21 Les actions chinoises emmenées par la tech chinoise qui rebondissent depuis quelques
01:25 jours, on a vu une belle performance des marchés à Hong Kong ce matin encore et puis peut-être
01:30 le signe le plus évident d'un appétit pour le risque ou d'une ambiance qui change d'une
01:37 semaine à l'autre d'ailleurs, c'est la baisse accélérée du dollar contre un ensemble
01:41 de devises et face à l'euro notamment, l'euro/dollar qui revient sur les niveaux de 1,12 alors
01:46 qu'on était à 1,0850 il y a une semaine à peine.
01:50 Voilà donc pour le descriptif du moment sur les marchés, les explications et l'analyse
01:53 de nos invités évidemment à suivre dans un instant avec la partie micro qui est en
01:57 train de prendre la relève.
01:59 Nous avons eu les tout premiers résultats des grands groupes américains aujourd'hui,
02:02 ceux de PepsiCo notamment qui s'avèrent bons, très bons puisque le groupe PepsiCo relève
02:07 à nouveau ses prévisions financières pour l'ensemble de son exercice.
02:11 Nous aurons demain les premières grandes banques américaines qui publieront leurs
02:15 résultats du deuxième trimestre et puis la série suivra évidemment pendant encore
02:21 trois semaines au moins, ce sera le gros morceau pour les investisseurs à travers ce mois
02:25 de juillet.
02:26 Enfin dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse, nous nous focaliserons sur la sphère
02:30 émergente pour redresser un bilan de la première partie d'année 2023 et évoquer les perspectives
02:36 pour le reste de l'année dans ces marchés émergents, obligataires et actions.
02:41 C'est Aïs Batista, spécialiste des émergents et gérante chez Shell Surprise Gestion qui
02:45 sera avec nous en plateau à partir de 17h45.
02:47 Mais d'abord, tendance mon ami en ouverture d'émission chaque soir avec vous Alix Enguyen,
03:02 le résumé de la séance, une séance qui est à nouveau une séance de hausse pour
03:07 les actions européennes notamment.
03:09 Oui, toujours sous l'effet du nouveau ralentissement de l'inflation en juin aux Etats-Unis.
03:14 Les Etats-Unis, où un nouvel indicateur d'inflation a été publié aujourd'hui, celui des prix
03:20 mensuels à la production de Jean, ils ont moins progressé qu'attendu.
03:24 L'indice ressort en hausse de 0,1%.
03:27 Le dollar est au plus bas en 16 mois face à l'euro du fait du ralentissement de l'inflation.
03:34 Les investisseurs misent sur une divergence des politiques monétaires de part et d'autre
03:39 de l'Atlantique.
03:40 A cet effet, la BCE pourrait devoir continuer à relever ses taux d'intérêt au-delà
03:45 de juillet et d'ainsi ramener l'inflation à son objectif.
03:49 C'est ce que montre le compte-rendu des débats de la dernière réunion publiée
03:53 aujourd'hui à 13h30.
03:54 Et puis la série des résultats aux Etats-Unis commence aujourd'hui avec tout d'abord
03:59 Delta Airlines qui relève ses prévisions pour l'ensemble de son exercice.
04:03 Oui, ses bénéfices pour le deuxième trimestre ont dépassé les estimations de Wall Street
04:07 quant au boom continu des voyages post-Covid.
04:10 Son titre décolle.
04:12 PepsiCo relève pour la deuxième fois ses prévisions de chiffre d'affaires et de bénéfices.
04:17 La société mise sur une demande soutenue et des hausses de prix.
04:22 Elle s'attend à ce que son chiffre d'affaires augmente de 10% en 2023.
04:26 Dans l'actualité des grandes banques américaines, Goldman Sachs a vendu pour 1 milliard de dollars
04:32 de prêts aux particuliers de son unité de consommation Marcus à la société d'investissement
04:38 alternatif Varde Partners.
04:39 C'est une info Bloomberg.
04:41 Et puis, consolidation dans le secteur pétrole et gaz avec le groupe américain ExxonMobil
04:47 qui annonce aujourd'hui l'acquisition de Danbury.
04:49 Oui, il s'agit d'une société américaine spécialisée dans la captation de CO2 valorisée
04:54 4,9 milliards de dollars pour cette transaction entièrement réalisée en action.
05:00 MetaPlatforms est sur le point de lancer une version commerciale de son modèle d'intelligence
05:05 artificielle.
05:06 Il permettra aux startups et aux entreprises de créer des logiciels personnalisés.
05:10 Le conseil d'administration de Walt Disney a prolongé pour deux ans le contrat du directeur
05:16 général Robert Hager.
05:17 Et puis, l'autorité américaine de la concurrence fait appel de la décision d'un juge fédéral
05:23 selon laquelle il autorise Microsoft à racheter pour 69 milliards de dollars l'éditeur de
05:28 jeux vidéo Activision Blizzard.
05:30 Et puis, la spirale infernale se poursuit pour Casino qui voit son titre à nouveau
05:35 plonger après une révision à la baisse de ses ventes pour le deuxième trimestre.
05:40 Et oui, alors qu'on apprend presque simultanément que les plans de sauvetage du distributeur
05:45 pourraient être plus généreux que prévu.
05:47 Son concurrent Carrefour est en hausse après avoir conclu un accord avec le groupe Louis
05:52 Deleuze en vue de l'achat des enseignes Cora et Match en France.
05:57 Et puis, on note la baisse d'Orpea après l'abaissement de ses perspectives.
06:01 Tendance mon ami.
06:02 Chaque soir, les infos clés du jour sur les marchés avec Alix Nguyen en ouverture de
06:06 Smartboard sur Bsmart.
06:07 Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
06:21 Jeanne Asraf Bitton est avec nous, directeur de la recherche et de la stratégie de BFT-IM.
06:25 Bonsoir Jeanne.
06:26 Bonsoir Greg.
06:27 Merci d'être là.
06:28 Merci à Mabrouk Chetouane d'être avec nous également.
06:30 Bonsoir Mabrouk.
06:31 Bonsoir.
06:32 Vous êtes responsable de la stratégie marché global de Natixis-IM et à nos côtés enfin
06:35 Gilles Guibout.
06:36 Bonsoir Gilles.
06:37 Bonsoir Greg.
06:38 Ravi de vous retrouver.
06:39 Vous êtes responsable de la gestion Action Européenne d'AXA-IM.
06:42 Revenons quand même 24 heures après sur ce rapport mensuel sur l'inflation aux Etats-Unis.
06:48 Jeanne, l'inflation globale mesurée sur un an a été divisée par trois entre juin
06:54 2022 et juin 2023, passant de 9 à 3% d'une année sur l'autre.
07:00 Comment est-ce qu'on passe de trois à deux ? C'est un peu la question.
07:02 Est-ce qu'on a les ingrédients dans le rapport et les détails de ce rapport sur l'inflation
07:07 aux Etats-Unis pour le mois de juin qui permettent d'être confortables dans l'idée que la
07:12 cible des 2% est atteignable ? Et si oui, avec quelle dose supplémentaire ou non de
07:18 resserrement monétaire ?
07:21 Alors, on a une composante qui reste relativement visqueuse, c'est les services hors énergie.
07:26 Mais dans cette partie services hors énergie, il y en a déjà qui commencent à ralentir
07:32 très nettement.
07:33 On a vu la santé dans les prix baissent.
07:35 On voit donc que ça bouge aussi.
07:37 Le transport également.
07:39 Celle qui reste relativement élevée, c'est la composante logement, la fameuse composante
07:45 logement.
07:46 On est encore à 7,9.
07:50 Donc apparemment, cette inflation, cette composante a réussi à faire un pic.
07:57 Donc on est sur la voie de la décélération.
07:59 Si on se fie à des indicateurs avancés qu'on peut voir notamment dans les prix de l'immobilier,
08:04 alors ils sont avancés en gros d'entre un an et un an et demi.
08:08 On voit a priori une décélération marquée sur l'année à venir.
08:14 On réalise, on garde à l'esprit quand même que cette composante logement, c'est 40%
08:19 de l'inflation de cœur totale, pas des services, totale.
08:23 Donc ça, c'est une composante qui va effectivement jouer énormément.
08:29 Et souvent, d'ailleurs ces derniers temps, c'est intéressant, la Fed a l'air de dire
08:34 on regarde ce qui se passe hors logement, ce qui est assez paradoxal.
08:39 Mais voilà, donc oui, il y a a priori les moyens, surtout qu'il y a des éléments quand même
08:47 qui tentent à dire que l'inflation salariale se modère.
08:49 Alors on a vu le livre beige de la Fed, nous donne des signaux là-dessus.
08:54 Il y a les enquêtes, aux États-Unis, on a plus de chiffres, mais on a eu les chiffres de mai et de juin
09:04 qui montrent, alors c'est pas très violent, mais c'est quand même assez notable.
09:09 Et quand vous regardez, c'est des éléments, des enquêtes importantes en termes d'impact salarial.
09:14 Si vous regardez auprès des petites entreprises, elles vous disent là aussi que les tensions
09:18 sur le marché du travail sont en train de se résorber.
09:21 Voilà, donc il y a des éléments suffisants.
09:24 Alors on ne peut pas dire que ça va revenir à 2% dans ce temps-là.
09:29 Non, moyen terme.
09:30 Moyen terme et...
09:31 D'accord.
09:32 Voilà.
09:32 Et ça, sans que la Fed ait besoin d'en faire plus à ce stade que 500 points de base ou 525
09:39 si on intègre la hausse de juillet qui semble...
09:41 Alors il y a pas mal de façons de le voir.
09:44 La Fed a sorti des indicateurs récemment intéressants.
09:47 Il y en a un dans lequel elle essaye d'évaluer les conditions financières,
09:51 donc la nature du resserrement, mais elle chiffre en impact sur la croissance à venir.
09:58 C'est rare.
09:59 Habituellement, les conditions financières sont mesurées autrement
10:01 et elle dit qu'au stade où on en est, ça devrait réduire la croissance d'un demi-point.
10:06 D'accord.
10:07 Ça n'a pas l'air énorme.
10:08 Mais de l'autre côté, il y a la Fed de San Francisco, très intéressant,
10:11 qui nous dit que si on essaie de caractériser les conditions financières
10:16 comme étant uniquement une hausse de taux et pas...
10:22 Oui, oui, je comprends.
10:23 La guidance, le finance...
10:24 Qu'est-ce que ça équivaut en termes de hausse de taux ?
10:26 On est presque à 7% au mois de juin.
10:28 De taux de directeur ?
10:30 Oui, en équivalent taux de directeur.
10:32 Donc c'est 200 points de base de plus que les taux de directeur effectifs de la Fed aujourd'hui.
10:35 Voilà, c'est 6,86.
10:37 Donc, en fait, le resserrement est quand même très fort.
10:40 Substantiel.
10:41 Substantiel.
10:42 Il se peut que la Fed attende un bon moment une fois passé le mois de juin.
10:47 Le mois d'huille ?
10:48 Oui, bien sûr.
10:49 Oui, oui, d'accord.
10:51 Donc le plateau commence pour vous au mois d'huile.
10:53 A priori.
10:54 Plus grosse probabilité que ça commence au mois d'huile.
10:56 Ça ne veut pas dire qu'il peut y avoir ensuite des surprises plus tard.
11:00 Mais pour nous, oui.
11:01 Comment on passe de 3 à 2, Mabrouk ?
11:04 Et est-ce qu'on peut, sachant qu'on est passé de 9 à 3,
11:07 avec un taux de chômage qui est resté comprimé entre 3,5 et 3,7 ?
11:11 Je crois que c'est 3,6, la dernière marque du taux de chômage.
11:14 C'est quand même important dans l'équation.
11:17 Est-ce qu'on peut imaginer de passer de 3 à 2 en essayant de maintenir
11:21 ce qui apparaît être une forme de Goldilocks ?
11:24 Tout dépend de ce qu'on regarde, en fait.
11:26 Si on regarde l'inflation totale,
11:27 alors oui, elle pourrait effectivement encore descendre.
11:30 Modulo ce qui va se passer sur la partie énergétique.
11:33 Donc toujours les effets de base négatifs
11:35 qui sont de plus en plus négatifs.
11:37 Donc du coup, ça peut continuer à peser sur l'inflation totale.
11:40 Et donc là, pour le deuxième mois consécutif,
11:42 on a une inflation énergétique qui contribue négativement à l'inflation totale.
11:46 L'inflation sous-jacente baisse, -0,3 ou -0,4 points par rapport au mois précédent.
11:50 En glissement annuel, néanmoins,
11:51 effectivement, là encore, il y a quand même des résistances assez fortes.
11:54 Et je pense que la Fed va se focaliser sur cette inflation sous-jacente.
11:57 Maintenant, la question qu'il faut se poser,
11:59 c'est est-ce que la Fed en a fait suffisamment
12:01 pour permettre à cette inflation sous-jacente d'arriver sur un niveau ?
12:04 Alors 2%, il faut oublier là aussi,
12:06 mais sur un niveau moyen, entre guillemets, qui graviterait autour de 2%.
12:10 Et à mon sens, oui, à mon sens, effectivement,
12:12 il n'y a pas de raison d'en faire plus.
12:13 Et s'il faut en faire davantage,
12:15 ça voudrait dire que la Fed accepte encore une fois le débat,
12:18 c'est-à-dire on tue la demande pour arriver rapidement à notre cible.
12:22 Est-ce que la Fed a besoin de se presser ?
12:24 Pas vraiment.
12:24 La Fed, aujourd'hui, montre que, globalement,
12:28 les 500 points de base, ou quand on prend un shadow rate,
12:30 effectivement, on a une politique monétaire
12:32 qui était un peu plus, beaucoup moins accommodante
12:34 que ce que nous montrent, effectivement, les taux directeurs.
12:36 Et bien, finalement, ça suffit pour arriver, finalement,
12:38 à cette target, finalement, moyenne, autour de 2%, 2%, 3%, mettons.
12:43 Et donc, maintenant, la question qui se pose,
12:44 c'est même si on en rajoute 25, 50, 75,
12:46 est-ce qu'on va avoir, finalement, l'effet escompté sur l'inflation ?
12:49 En fait, non, puisque sinon, le job est déjà fait.
12:51 L'efficacité marginale d'un nouvel ajustement est quasi nulle aujourd'hui.
12:55 Alors, pourquoi ils vont monter les taux en juillet ?
12:56 Quel va être leur argument pour décider,
12:58 justifier 25 points de base de plus en juillet ?
13:01 La question, on peut la retourner, pourquoi est-ce qu'ils ont fait une pause ?
13:03 On se l'est posée !
13:05 L'erreur de politique monétaire, finalement,
13:06 on va aller derrière nous.
13:07 Mais les 25 points de base ont été annoncés,
13:09 donc ils vont le faire.
13:10 Et, en fait, ce sera le meilleur moyen, à un moment donné,
13:11 pour annoncer le plateau, le higher for longer.
13:14 Donc là, on est parti, effectivement, sur la pause monétaire, la vraie.
13:17 Le faire après une dernière hausse de taux,
13:18 c'est le bon moment pour annoncer un plateau.
13:20 Oui, parce que là, finalement, personne ne l'attend, cette pause.
13:22 Et donc, du coup, ça pourrait introduire encore de la volatilité
13:25 sur les marchés obligataires, où il n'y aura pas vraiment besoin.
13:27 C'est déjà assez compliqué.
13:28 On a des marchés qui prennent -20, +20,
13:31 enfin, +20, -20, en fait, d'une semaine à l'autre.
13:34 Bon, ce n'est pas le moment d'en rajouter.
13:36 Et quand on dit tout ça, finalement,
13:37 il y a, dans la fonction de réaction de la Banque centrale,
13:39 il y a aussi un autre paramètre dont on parle assez peu,
13:41 mais qui va forcément revenir sur le devant de la scène,
13:43 à un moment donné, d'ici la fin de l'année,
13:44 c'est la stabilité financière.
13:46 À un moment donné, vers 25 points de base,
13:47 ou 50 sur l'inflation, aucun impact,
13:49 enfin, en tout cas, assez peu.
13:51 En revanche, si on commence à rehausser de manière assez substantielle
13:54 les taux d'intérêt,
13:56 le taux auquel, effectivement, les entreprises vont devoir
13:59 se refinancer l'an prochain,
14:00 va commencer à devenir problématique.
14:03 Et la Fed, effectivement, de Kansas City,
14:05 a publié une étude très intéressante,
14:06 où elle montre, effectivement, que ce montant, finalement,
14:08 de dettes arrivant en maturité entre 2023 et 2024,
14:11 va être multiplié par 3.
14:12 Donc, ça veut dire que le niveau de refinancement,
14:14 la quantité, en fait, à refinancer de dettes,
14:17 va être, on va dire, assez substantiel.
14:20 Et donc, la question du niveau des taux
14:22 va être également déterminante.
14:23 Donc, la Fed n'a pas intérêt, entre guillemets,
14:26 à jouer, entre autres, les troubles faits là-dessus,
14:28 parce que gérer, en fait, une crise de financement
14:30 sur le marché, effectivement, corporate,
14:32 donc de la dette d'entreprise,
14:34 peut, effectivement, être plus compliqué, finalement,
14:36 qu'à gérer avec un problème d'inflation.
14:37 - Question encore un peu macro, mais à vous deux.
14:40 Est-ce que, partant de l'idée, effectivement,
14:42 qu'il y aura cette persistance "higher for longer"
14:44 qui va s'installer pendant quelques temps,
14:47 est-ce qu'on peut éviter une forte remontée
14:49 du taux de chômage, malgré tout ?
14:51 Ou est-ce que c'est encore un sujet ouvert pour demain ?
14:54 On a réussi jusqu'à présent, ils ont réussi jusqu'à présent.
14:57 Est-ce que, partant de la situation actuelle,
14:59 est-ce que c'est encore possible de maintenir cet équilibre demain ?
15:03 - Si la croissance ralentit, on va dire, de manière,
15:05 on va dire, assez significative,
15:07 même pour passer autour de zéro l'an prochain,
15:09 le taux de chômage, effectivement, va monter de manière,
15:11 on va dire, quasi mécanique.
15:13 - Oui, mais pas à 10% quoi ?
15:14 - Non, pas à 10%.
15:15 - D'accord, c'est pas un sacrifice ?
15:16 - Non, non, non, personne, effectivement,
15:17 ne voit le taux de chômage monter au-delà de 5-6% à la limite.
15:20 Bon, c'est quand même une croissance assez substantielle,
15:22 plus 2,5%, c'est quand même beaucoup.
15:23 Mais la question est de savoir, en fait,
15:25 d'où vient, finalement, ce taux de chômage hyper bas.
15:28 Il y a à la fois des effets liés à la conjoncture,
15:30 mais des effets de structure également.
15:31 Les effets de structure ne vont pas disparaître de si tôt.
15:33 Et donc, in fine, qu'est-ce qui va se passer ?
15:35 Ce taux de chômage ne va pas forcément, effectivement,
15:37 revenir vers ces niveaux d'équilibre,
15:39 comme le Nérou, enfin, 4,5%, il ne part pas tout de suite.
15:41 Et donc, ce qui fait dire que l'inflation, de toutes les façons,
15:43 elle aussi, ne va pas revenir sur ce fameux 2%.
15:46 On va devoir shifter, en fait, tous les niveaux un peu à la hausse.
15:48 - Est-ce que la FED peut, enfin, l'économie américaine, pardon,
15:51 peut traverser les prochains mois en maintenant, là,
15:53 cet équilibre qu'on a réussi, enfin,
15:54 qu'ils ont réussi à obtenir, à préserver,
15:58 ces derniers trimestres, Jeanne ?
16:00 - C'est, en fait, beaucoup lié à la fois au taux d'offre
16:04 d'emploi des entreprises,
16:05 parce que ça est lié au dynamisme, aux marges, etc.
16:09 Mais c'est aussi beaucoup lié au fait que,
16:12 certes, le taux de participation sur la tranche 25-54,
16:18 lui, il est remonté au plus haut.
16:21 - Le taux d'emploi est à plus de 80%, c'est ça, pour cette tranche d'âge ?
16:24 - Je le suis, je le suis pour le taux d'emploi.
16:25 - C'est historique. - Et là, il est remonté au plus haut.
16:27 Mais les plus de 55% ne sont pas revenus au travail après le Covid.
16:32 Donc, c'est une réalité.
16:35 Et chez les jeunes, c'est plus compliqué à analyser,
16:37 parce que ça dépend quelle tranche on utilise,
16:40 et qui va à l'université, etc.
16:42 - Oui, il y a des études aussi, pour certains.
16:44 - Mais il y a quand même une notion de, on va dire, de pénurie,
16:52 et on la retrouve d'ailleurs dans d'autres pays.
16:54 C'est-à-dire que le ratio entre les offres et les nombres de chômeurs
16:59 reste élevé, même s'il se normalise.
17:01 Et on peut penser que ça va prendre du temps encore à se normaliser.
17:05 Donc, ça veut dire que la Fed aurait le trajet rêvé.
17:08 Elle l'en rêvait, elle l'avait montré sur les courbes de Beveridge.
17:11 Elle rêvait d'une descente...
17:13 - Oui, mais enfin, entre ce qu'on rêve, ce qu'on fantasme,
17:16 et ce qu'on arrive à achever... Ah ben non !
17:19 - Tout le monde se moquait de la Fed, mais en fait, elle réussit gentiment.
17:23 - Elle fait du job. - Elle fait...
17:26 - Non, non, on a évité de trop se moquer de cette idée du...
17:30 - Et puis bon, on peut suivre, de toute façon,
17:33 on a des inscriptions hebdomadaires. On a vu encore celles aujourd'hui.
17:35 - Ouais, c'est moins de 250 toujours. - C'est grave.
17:38 - Il y a un point quand même dernier, en fait, qui est assez troublant,
17:42 hier, avec la publication du chiffre d'inflation,
17:43 c'est quand on regarde la réaction du marché,
17:45 notamment sur les break-even d'inflation, sur les points morts.
17:48 Fait extrêmement curieux, donc je me suis dit à la limite que le cours baisse
17:52 et que le long ou le moyen long terme, effectivement, reste stable,
17:54 puisque globalement, on voit une inflation peut-être un peu plus forte,
17:57 enfin légèrement plus forte, qu'avant la période du Covid.
18:02 C'est quelque chose de normal.
18:03 Le problème, c'est que tous les segments ont monté, en fait.
18:05 Et là, effectivement, donc ça explique aussi,
18:07 on va sans doute y revenir sur le marché actions, la réaction euphorique,
18:10 les taux réels, je sais qu'effectivement, c'est une des variables maîtresses,
18:14 effectivement, qui "donnent" un peu le "là" sur les marchés normalement risqués,
18:18 les taux réels baissent de nouveau.
18:20 Et ça, est-ce que c'est le moment pour voir effectivement les taux d'intérêt baissés,
18:23 alors même qu'on veut maintenir des conditions financières,
18:27 on va dire non-accommodantes, pas non plus hyper dures,
18:30 mais en tout cas pas non plus suffisamment accommodantes
18:31 pour revoir effectivement le cycle repartir ?
18:33 C'est une vraie question.
18:34 - Ça, ça veut dire que le verbe va être important, là,
18:36 dans cette phase-là du "higher for longer",
18:38 pour maintenir vraiment ce niveau de taux sans devoir en faire plus ?
18:42 Ça veut dire que la communication va être...
18:44 - C'est exactement la situation de novembre-décembre dernier, en fait,
18:47 où Christine Lagarde avait dû durcir de manière extrêmement forte le ton,
18:50 parce que les taux d'intérêt réels étaient repassés en territoire négatif.
18:52 - Gilles Dibou !
18:54 - Après ce petit exposé inflation macro,
18:57 je voulais absolument qu'on le fasse.
18:59 Vos commentaires, et allons-y sur le sujet micro,
19:02 parce qu'on va avoir des détails sur les stratégies prix des entreprises.
19:05 Moi, je constate dans les enquêtes,
19:06 elles sont de moins en moins nombreuses,
19:07 les entreprises, à nous dire qu'elles vont continuer
19:09 de monter les prix de sortie pour le consommateur.
19:14 - Peut-être juste pour réagir sur ce dernier point,
19:17 c'est qu'on voit que les réactions de certains membres de la FED depuis hier,
19:20 c'est qu'ils ont répété qu'il y aurait plusieurs hausses de taux.
19:25 Ils maintiennent le message de plusieurs hausses.
19:29 - Pour maintenir l'illusion, quoi.
19:32 - Au moins pour maintenir l'illusion.
19:33 Alors maintenant, sur les marchés actions, qu'est-ce que ça signifie ?
19:35 Ça veut dire que si effectivement on est déjà à l'anticipation de plateaux
19:38 et peut-être de baisses,
19:39 ça veut dire que finalement on peut peut-être réenclencher une mécanique
19:42 de stabilité, expansion du multiple de valorisation.
19:48 Je dis stabilité parce qu'en réalité, le multiple de valorisation,
19:53 notamment aux États-Unis, il est déjà avec une prime
19:56 par rapport à sa moyenne historique.
19:58 Et on n'est jamais passé en dessous.
20:00 Donc une partie du marché est déjà dans l'anticipation
20:04 qu'en fait on peut payer un peu plus cher.
20:07 La vraie question, c'est où vont aller les résultats
20:09 alors même qu'on voit des signes de ralentissement ?
20:11 Et alors là, les résultats, il y a plusieurs commentaires.
20:16 L'économie va ralentir, mais pour les sociétés américaines,
20:21 finalement, et en tout cas pour les PepsiCo dont on vient de parler,
20:24 finalement, la baisse du dollar,
20:27 ça fait de la croissance de chiffre d'affaires en plus.
20:33 Effectivement, ce n'est pas de l'organique,
20:36 mais à la fin, ça a quand même un impact sur les résultats totaux
20:41 que vous allez réaliser, parce que les résultats que vous réalisez,
20:43 les résultats que vous rapatriez, ils valent quand même plus.
20:46 À l'inverse, les sociétés européennes,
20:50 on va rentrer dans une période un peu plus difficile.
20:52 On a déjà eu DSM Fiermenitsch qui, dans son profit warning,
20:56 - C'est quoi le chimi ? - C'est de la chimie.
20:58 Alors c'est des ingrédients alimentaires...
21:00 Oui, mais on parle beaucoup de la chimie,
21:02 parce qu'ils sont quand même dans ces positions intéressantes.
21:04 Dans l'avertissement sur résultats qu'ils ont fait au mois de juin,
21:10 ils ont mentionné un taux de change qui devenait moins porteur.
21:14 En plus, ils sont en France-Suisse.
21:16 Mais ce matin, Continental, dans son profit warning,
21:18 mentionne à nouveau le taux de change.
21:19 Alors je faisais un calcul rapidement.
21:22 Ce qu'on dit généralement, c'est que l'Europe,
21:24 c'est 50% du chiffre d'affaires qui est fait hors d'Europe.
21:28 Si on s'accorde sur le fait que ces 50% sont faits en dollars,
21:30 ce qui n'est pas le cas, mais pour la simplicité du calcul.
21:35 On regarde le niveau moyen du dollar sur le deuxième semestre l'an dernier,
21:39 c'est 1,01.
21:41 Aujourd'hui, on est à 11.
21:44 Donc en gros, il y a 10%.
21:46 10% sur un semestre, ça veut dire que c'est 5% d'impact.
21:52 Donc sur 50% de journalisme,
21:53 ça veut dire que les résultats d'entreprise pour l'ensemble du marché
21:56 vont baisser sur l'affiché de 2,5.
22:00 Et après, ce n'est pas aussi simple sur les résultats nets,
22:03 parce qu'il y a aussi des coûts qui peuvent être en dollars,
22:06 il peut y avoir de la dette en dollars.
22:07 Mais néanmoins, l'impact n'est pas positif.
22:09 Oui, je comprends.
22:10 Donc, à affiner, mais l'impact n'est pas positif.
22:12 N'est pas positif.
22:13 Et comme en plus, généralement,
22:16 les marchés financiers aiment payer pour la croissance,
22:19 la réalité, c'est qu'il va y avoir une pression sur la croissance publiée.
22:24 Attention, sur la croissance publiée,
22:25 pas forcément sur la croissance organique, mais sur la croissance publiée.
22:27 Et on l'oublie, mais l'an dernier,
22:29 les sociétés avaient fait un deuxième semestre extraordinaire,
22:32 parce que sur l'ensemble de l'année,
22:34 les impacts de change, c'est entre 7 et 8%.
22:36 C'était massif.
22:38 Donc cette année, on va rentrer dans un deuxième semestre
22:41 qui, pour les actions européennes,
22:43 va être un peu moins porteur.
22:45 Et ça, c'est pas déjà pris en compte par les marchés ?
22:48 Je voyais à nouveau les écarts, la décote de valorisation
22:51 quand on prend le P/E forward
22:53 entre les actions européennes et les actions américaines,
22:55 c'est plus 30, c'est 36 % maintenant.
22:58 Quand on regarde la façon dont fonctionnent les analystes,
23:02 généralement, la plupart du temps,
23:05 le taux de change, il leur est donné par leur stratégiste ou leur économiste,
23:07 et donc ils intègrent pas forcément
23:10 ces observations de séquentiel,
23:13 de "où est-ce qu'on était le semestre précédent, de l'année précédente ?"
23:15 Et donc, ils vont le finir par le prendre en compte.
23:18 Mais pour l'instant, c'est pas encore fait.
23:20 Et donc ça, ça peut être l'objet d'une révision à la baisse,
23:24 à mesure que ça vient.
23:25 - Petit tour de table, dans vos maisons respectives,
23:28 à commencer par AXA, c'est quoi la vue sur le dollar et l'euro/dollar fin d'année ?
23:32 S'il faut avoir des chiffres en tête ?
23:34 - Bah désolé, mais puisqu'on en parle...
23:36 - Oui, je suis désolé, il faut peut-être être à froid...
23:40 - Non mais vous savez pas, Gilles n'est pas en charge de la prévision Macron chez AXA.
23:46 - Ce que j'ai en tête, c'est qu'effectivement,
23:48 il s'attendait à quelque chose aux alentours d'un 10 et un 15.
23:50 - D'accord.
23:52 - Donc si effectivement on est là,
23:54 si effectivement on doit s'arrêter là,
23:56 de toute façon, ça fait que l'impact séquentiel,
23:58 il est quand même... - Il y a déjà un impact.
24:00 En une semaine, ça allait très vite, hein.
24:02 C'est 400 pips qu'on a pris sur l'euro/dollar en une semaine.
24:04 - Ça va le voir. Donc après, si en plus de ça,
24:06 on a effectivement des signes de ralentissement qui se multiplient,
24:10 on n'aura pas de révision à la hausse.
24:12 Donc maintenant, US versus Europe.
24:14 L'Europe, aujourd'hui, quand on regarde la décote,
24:20 il faut toujours faire attention aux effets de structure.
24:22 L'Europe, aujourd'hui, elle est facialement pas chère,
24:26 parce qu'on a trois secteurs
24:30 qui vont peser pour, allez, un petit 30%,
24:34 la finance, le pétrole et l'auto,
24:38 qui sont à des niveaux historiquement bas.
24:41 - De valorisation. - De valorisation.
24:43 Retraités de ces trois secteurs,
24:45 et pas les immobiliers, mais les immobiliers c'est 1 ou 2%,
24:47 je le mets dans les financières,
24:49 mais retraités de ces trois secteurs,
24:51 en réalité, le marché, il traite en ligne
24:54 avec ses moyens historiques, voire légèrement au-delà.
24:56 Donc la question qu'on doit se poser, c'est de dire,
24:58 aujourd'hui, est-ce que les taux vont baisser ?
25:03 Et à ce moment-là, en Europe, c'est sans doute pas le cas,
25:05 et donc il n'y a pas de raison d'avoir une remontée du multiple.
25:08 Donc si, effectivement, aujourd'hui, on veut être positif sur l'Europe,
25:12 et qu'on pense qu'il n'y a pas de drame économique,
25:14 en réalité, le secteur qui a le plus eu de révisions à la hausse
25:17 depuis le début de l'année, c'est le secteur que tout le monde déteste,
25:19 mais c'est celui qui, aujourd'hui...
25:21 - Vaut le moins cher. - Vaut le moins cher.
25:23 - En plus, oui. - Et qui a une performance la plus négative.
25:26 - Dans lequel la croissance est encore sous-estimée,
25:28 parce qu'en réalité, les taux de la Banque Centrale ont été au-delà de ce qu'on...
25:31 Je sors d'un rendez-vous avec une banque italienne
25:33 qui s'appelle Banca Mediolanum, qui me disait qu'en début d'année,
25:36 ils avaient prévu des marges d'intérêt qui passent, pour l'année,
25:38 de 400 millions à 700 millions, et qu'en fait,
25:41 compte tenu de la remontée des taux au-delà des estimations,
25:44 ils auraient dû finir à plus de 800 millions.
25:47 C'est-à-dire que, par rapport à leurs propres estimations,
25:49 ils sont là, et il n'y a pas un analyste qui est là.
25:51 Alors du coup, ils vont réinvestir pour aller gagner plus de clients,
25:54 mais néanmoins, le message, c'est quoi ?
25:56 C'est qu'en réalité, les banques retail vont,
26:01 sauf catastrophe dans l'économie,
26:03 vont devoir encore enregistrer des révisions à la hausse.
26:06 Et donc, elles ne sont pas chères.
26:08 Et le fait est que, elles ont fait le marché depuis le début de l'année,
26:11 donc elles ont monté depuis le début de l'année,
26:13 et en fait, elles ont fortement perdu en valorisation,
26:18 parce qu'en fait, c'est le secteur qui a le plus...
26:20 - Elles ont fait la même perfe que les indices,
26:21 mais elles sont beaucoup moins chères qu'en début d'année.
26:23 - Parce qu'en fait, on a revu à la hausse les résultats de plus de 16%.
26:26 - Oui, Euro/Dollar en un mot ?
26:28 - 1,15/1,17.
26:29 - 1,15/1,17 fin d'année ? Jeanne ?
26:31 - Oui, on est tous dans la même fouchette,
26:33 parce que non, je pense qu'il y a un biais,
26:36 c'est que le dollar porte le risque géopolitique de façon très marquée.
26:41 Donc quand on...
26:42 Et on le voit dans les positions spéculatives,
26:45 qui restent très étendues sur le dollar.
26:47 Alors on a des petits moments où elle recule un peu,
26:49 et puis hop, elle remonte.
26:51 Donc là, on a un petit mouvement qui est une détente.
26:53 C'est peut-être aussi post-la réunion de l'OTAN,
26:56 qui s'est pas si mal passé.
26:58 Il y avait eu des tas de craintes autour.
27:00 Et puis, il y a un peu dans les marchés l'idée
27:04 que l'ABCE va resserrer plus longtemps que la Fed.
27:08 Ça suppose que l'économie européenne va tenir beaucoup mieux
27:12 que l'économie américaine.
27:13 C'est pas tout à fait notre conviction.
27:15 C'est très rare que ce soit le cas.
27:18 Donc effectivement, on est plutôt sur un schéma de range
27:24 qui est pas...
27:25 Je comprends.
27:26 Voilà, c'est pas forcément un range hyper...
27:29 Large.
27:30 Totalement driving.
27:31 Oui, oui, je comprends.
27:32 D'accord.
27:33 Non, mais c'est vrai que le mouvement sur quelques jours,
27:34 il est assez rapide quand même.
27:35 Oui, mais...
27:36 C'est le recadrage en fait des anticipations de politique monétaire.
27:38 En gros, personne ne pensait,
27:39 enfin jusqu'à le rapport de l'ADP, effectivement,
27:42 vous voyez encore...
27:43 L'emploi américain.
27:44 Voilà, donc qu'on a eu jeudi,
27:46 c'est infirmé du coup par le rapport sur l'emploi.
27:48 C'est pour ça qu'on a eu une semaine un peu délirante la semaine dernière.
27:51 Donc tout ceci, effectivement, a apporté beaucoup de volatilité,
27:53 peu de visibilité finalement sur la trajectoire de la Fed.
27:56 Là maintenant, globalement, c'est ce qu'on disait.
27:58 La pause manifestement aura lieu.
28:00 L'ABCE est en décalage puisqu'il y a un retard cyclique.
28:03 Il y a une inflation qui est beaucoup plus...
28:05 La nature de l'inflation européenne est différente.
28:07 C'est-à-dire qu'en gros, elle est beaucoup plus "visqueuse"
28:10 pour reprendre ce terme qui est très à la mode,
28:12 la "sticky inflation".
28:13 Et donc du coup, il y a beaucoup plus d'inertie finalement
28:15 à la baisse quand on regarde différentes métriques,
28:18 le "super core inflation", le "core inflation", etc.
28:20 ou tout ce qui est publié par ailleurs par la Banque Centrale Européenne.
28:23 Donc on a finalement cette inertie un peu plus forte
28:25 qui fait dire que de toute façon, là, pour le moment,
28:27 on n'est pas du tout encore, on va dire, à la cible.
28:30 Donc même si on a beaucoup d'hétérogénéité au sein de la zone euro,
28:33 le cas de l'Espagne, l'Espagne est à 1,9.
28:36 Et par contre, en revanche, la façon sous-jacente,
28:39 elle, aucun signe de répit.
28:41 L'Allemagne, c'est pareil, ça continue.
28:43 - Est-ce qu'il faut imaginer une BCE qui ne s'arrêterait pas de monter les taux
28:46 alors que la situation économique se dégraderait jusqu'à une récession
28:49 pour avoir un niveau de dégradation économique qui...
28:52 - Non, on n'est plus sur cette BCE "dogmatique"
28:55 qu'on pouvait avoir effectivement il y a quelques années.
28:57 Non, la BCE est assez pragmatique, même si...
28:59 - Mais la réponse est toujours la même, monter les taux, quoi.
29:01 - Non mais, monter les taux, c'est la seule réponse finalement
29:04 qu'on puisse apporter contre l'inflation.
29:06 Donc à un moment donné, il faut bien faire quelque chose.
29:08 Si la BCE ne fait rien, on lui reproche à ne pas rien faire.
29:10 Donc bon, c'est un peu le problème.
29:11 Et donc in fine, le décalage de politique monétaire
29:14 explique effectivement pourquoi on a ce taux de change qui s'envole.
29:18 Cela dit, la partie change, c'est nouveau.
29:20 En gros, là, on avait effectivement la réappréciation du dollar...
29:22 de l'euro, pardon, face au dollar.
29:24 Mais je pense qu'effectivement, ce qui explique par ailleurs
29:26 les bons résultats encore des entreprises pour le Q2
29:30 et probablement peut-être encore un peu pour le Q3,
29:32 c'est de la demande et de l'inflation, surtout.
29:34 Tant qu'on a de l'inflation, l'inflation est en tant qu'enveloppe
29:37 le meilleur allié des marchés d'action.
29:38 Le pire ennemi, effectivement, des marchés de taux.
29:40 Mais encore une fois, cette inflation qui traîne,
29:42 même si elle est sous-jacente ou autre,
29:44 et bien ça, effectivement, ça aide les marches,
29:46 ça aide effectivement les entreprises à publier des résultats en hausse.
29:49 Mon point, je suis tout à fait d'accord,
29:51 mon point était un tout petit peu différent,
29:52 c'est qu'en réalité, ça, c'est une partie qui n'est pas capturée
29:54 dans les attentes des analystes.
29:55 Et donc en réalité, ça va entraîner une révision à la baisse
29:57 quasiment mécanique des attentes de croissance.
30:00 Et que ça, généralement, il y a un certain nombre d'investisseurs
30:04 qui sont sensibles au taux de croissance affiché.
30:06 Donc si le taux de croissance est un peu plus bas,
30:08 ça peut faire un tout petit peu tanguer.
30:11 Mais effectivement, c'est l'intérêt des marchés à actions,
30:15 parce qu'aujourd'hui, une des questions qui nous est souvent posée,
30:17 c'est pourquoi il faut investir dans les actions ?
30:19 Tout simplement parce que c'est des actifs réels.
30:21 Et que si jamais on se trompe sur...
30:23 Les six premiers mois de l'année montrent bien que la protection
30:26 contre l'inflation, on l'a trouvé beaucoup plus dans les actions qu'ailleurs...
30:30 Et si jamais on se trompe sur les attentes d'inflation
30:32 et qu'on a acheté des taux fixes, en réalité, on a perdu.
30:35 Sur les actions, en réalité, on est sur des actifs réels.
30:37 Paradoxalement, on va aussi acheter des actions s'il y a de la désinflation.
30:41 Certaines, oui !
30:43 C'est ce qui se passe, là !
30:45 Le Nasdaq, j'ai l'impression que le Nasdaq défie un peu,
30:48 quel que soit le niveau des taux réels portés par NVIDIA et les autres magnifiques.
30:53 Le Nasdaq est piqué à l'IA, c'est n'importe quoi.
30:56 Ça a toujours été une histoire un peu particulière, le Nasdaq,
30:59 parce qu'il y a de l'avenir, on va dire.
31:01 Il y a le futur, quelque part.
31:03 Il ne faut pas insulter Palliat, ma brogue,
31:05 qui va tous nous remplacer.
31:07 Oui !
31:08 Je crois que le point qui a été soulevé est intéressant sur les taux de change.
31:13 Il y avait une chose marquante dans les révisions des estimations
31:17 sur les derniers 3-6 mois, c'est que sur l'Europe,
31:21 les révisions d'estimation de résultats étaient plutôt en hausse
31:26 et un peu meilleures que celles des États-Unis.
31:29 Donc c'est assez intéressant et effectivement,
31:31 on peut penser que le taux de change va jouer.
31:33 En même temps, il faut quand même raison garder.
31:37 Quand on passe de 1,08 à 1,11, ce n'est pas non plus une précision majeure.
31:44 Là, ça se fait en 5 jours, c'est pour ça que je le signale et je suis d'accord.
31:48 Ce qui est intéressant, c'est qu'en séquentiel, on passe de 1,01 à 1,11.
31:51 C'est-à-dire qu'en fait, sur le deuxième semestre,
31:56 on était à peu près stable, puisqu'on était 1,07 contre 1,08.
32:01 - Gilles, continuons dans ces résultats micro et les attentes
32:05 et les réponses qu'on attend dans les résultats des entreprises.
32:10 Est-ce que la déception chinoise qui a été flagrante au cours du deuxième trimestre,
32:14 est-ce qu'on va le retrouver dans les chiffres de certains secteurs,
32:17 de certaines industries et à minima dans les discours de certaines entreprises ?
32:22 - On a commencé à le voir, puisqu'il y a certaines entreprises
32:25 qui ont d'ores et déjà annoncé que la Chine avait redémarré moins fort que prévu.
32:32 Je pense à Siemens, notamment sur la partie infrastructure digitale.
32:36 À ce stade, pour moi, ce n'est pas très clair de savoir si c'est la Chine ou si c'est Siemens.
32:44 Parce qu'en réalité, quand on écoute Dassault Systèmes lors de son Capital Market Day,
32:49 ils avaient plutôt le nouveau dirigeant.
32:54 - Oui, je n'ai plus son nom.
32:55 - Pascal Dalloz avait plutôt un discours assez constructif en disant
32:58 qu'on pourrait avoir une bonne surprise.
33:00 Il ne voulait pas trop s'engager parce que les contrats peuvent être signés le 1er juillet, pas le 30.
33:04 Mais globalement, il disait que si on a de la chance, on pourrait peut-être revenir en croissance à deux chiffres.
33:09 Il avait un message plutôt positif.
33:12 Schneider avait un message également un petit peu plus positif.
33:15 D'une manière générale, ce qu'on a pu voir quand même,
33:19 c'est que tout le monde s'accorde à dire que la croissance est, en tout cas sur la partie industrielle,
33:24 moins importante que prévu.
33:26 Que pour l'instant, la tension était plutôt pour le divertissement et les sorties.
33:32 - Moi, c'était mon idée que j'avais quand même.
33:36 - Non, non, sur le luxe, pour l'instant...
33:38 - Parce que là, pour le coup, il y a de la valo, c'est riche...
33:41 - Pour l'instant, le luxe a plutôt bien tenu.
33:44 Les messages étaient plutôt positifs.
33:46 Là où la partie luxe était un peu décevante, c'est plutôt sur la partie américaine.
33:50 - Ouais, un Chanel avait parlé de ça...
33:53 - Il y avait eu des très bonnes surprises de l'an dernier, on était dit que le marché américain
33:55 est en train de vraiment se convertir au luxe.
33:58 Et c'est sans doute vrai que la nouvelle génération, il y a des changements de comportement.
34:04 Mais c'est vrai que les chiffres du premier trimestre,
34:08 et il semblerait que les tendances sur le deuxième trimestre se prolongent,
34:12 on est quand même... on va dire un tassement...
34:16 - Les marchés de l'intel, ça ?
34:19 Parce que ça reste quand même des poids lourds tellement importants,
34:22 on va parler de la concentration américaine.
34:24 - Oui, parce qu'aujourd'hui, ça a été assez bien communiqué, assez bien fléché.
34:29 Donc aujourd'hui, ce qui pourrait faire baisser les titres fortement,
34:32 c'est si vraiment on avait des chiffres en Chine qui soient inférieurs,
34:36 parce qu'à ce moment-là, ça voudrait dire qu'on n'a pas cette prise de relais.
34:39 - Est-ce que la Chine est au bord de la déflation, là, aujourd'hui ?
34:42 - Non, je pense pas. Je pense qu'on est dans la foulée de ce qu'on a pu voir,
34:47 enfin, dans les conséquences du secteur de l'immobilier.
34:52 - C'est bien de le rappeler.
34:55 Parce qu'on en a beaucoup parlé au moment des défaillances des promoteurs,
34:58 il y avait un peu un pic médiatique, mais...
35:00 - On est encore dans le... - Eh oui, une crise immobilière,
35:02 vu la taille du marché chinois, ça dure.
35:04 - Elle dure, mais elle a duré, quand on a eu celle américaine,
35:08 ça a duré 10 ans, donc ça dure.
35:11 Alors, ils sont un peu... Et en fait, ce que vous évoquiez à l'instant,
35:15 là, sur tout ce qui est de l'ordre de l'industrie, etc.,
35:19 le commerce mondial est aujourd'hui en croissance zéro.
35:22 Partout dans le monde, on est en stagnation industrielle.
35:25 On le voit surtout, les commandes, Japon, Allemagne, partout.
35:29 Donc, visiblement, ça, c'est quelque chose qui impacte le modèle,
35:35 on va dire, structurel chinois.
35:38 Et la dynamique de la consommation
35:41 est pas la dynamique traditionnelle chinoise.
35:44 Donc, ça met du temps, et les autorités sont quand même assez hésitantes.
35:49 On a l'impression qu'il n'y a pas d'unanimité au sein des autorités
35:53 quant à une relance.
35:55 Ils font des petites mesures de temps en temps.
35:58 Une fois, c'est une mini-baisse de taux.
36:01 Une fois, c'est une petite mesure pour les développeurs immobiliers.
36:04 Mais on sent qu'ils sont un peu dans la foulée de...
36:08 Vous vous rappelez, il y avait eu le Politburo...
36:12 - Oui, oui, bien sûr. - Ils avaient été assez clairs
36:14 sur le fait qu'ils changeaient l'accent,
36:17 et que l'accent n'était plus sur la croissance.
36:19 Donc, on a l'impression qu'on est un peu dans la foulée de cette...
36:22 Mais en même temps, c'est pas parce qu'on est sur une inflation
36:27 des prix à la consommation à zéro qu'il faut parler de...
36:30 - Quel type d'espoir il faut nourrir, là, sur la Chine ?
36:33 - La Chine, en fait, je crois qu'il faut comprendre qu'elle est en transition, en réalité.
36:36 C'est que la transition est toujours un moment un peu douloureux,
36:40 surtout quand on vient de niveaux de croissance qu'on avait observés.
36:44 Alors, j'excuse bien sûr le Covid, évidemment.
36:46 Mais cette transition est voulue.
36:48 Elle est complètement orchestrée par le gouvernement,
36:51 qui, comme Jeanne l'a indiqué, il y a une crise immobilière.
36:54 On sait que les crises immobilières sont des crises qui sont extrêmement complexes,
36:57 qui peuvent prendre beaucoup de temps.
36:59 - Ça peut durer un ou deux ans, encore, là ?
37:01 - L'immobilier qui écrase tout en Chine, oui.
37:03 - Un exemple, le Japon, en milieu des années 40.
37:05 - Oui, c'est les références qu'on a.
37:06 - Effectivement, c'est toutes les références qu'on a.
37:08 Et les autorités chinoises les ont également en tête.
37:10 Donc, globalement, la surcapacité qui a été, on va dire, déployée en Chine
37:14 pour pouvoir, effectivement, nourrir un peu la croissance chinoise,
37:19 qui a été extrêmement vorace, à un moment donné, on paye cette surcapacité.
37:22 Et on le paye, peut-être, effectivement, avec ces chiffres d'inflation.
37:25 Alors, certes, il y a toujours le débat, André My, qui n'en finira jamais,
37:28 sur est-ce qu'on mesure vraiment, en fait, correctement l'inflation en Chine.
37:32 Bon, j'ai presque envie de répondre, on ne sait pas la mesurer déjà dans les pays développés.
37:35 Je ne vois pas pourquoi on ne l'a mesurée correctement.
37:37 Mais, en tout cas, les chiffres qu'on a aujourd'hui en Chine
37:39 montrent que, historiquement, on a quand même beaucoup de croissance
37:42 et très peu d'inflation.
37:44 Bon, ça interpelle.
37:46 Et on voit bien que le pire scénario, c'est crise bancaire, crise immobilière,
37:50 crise financière, crise économique.
37:52 La crise immobilière, bon, on a eu quelques secousses.
37:55 La crise bancaire, on sait bien que si le marché immobilier s'effondre,
37:57 le secteur bancaire suivra.
38:00 Et ensuite, tout va suivre derrière.
38:02 - Enfin, ce sera une crise à la chinoise, quoi.
38:04 C'est-à-dire qu'on ne laissera pas... - Non, on ne laissera rien sortir.
38:06 - Oui. - Mais bon, globalement, on sait combien de temps ça peut durer.
38:09 C'est-à-dire qu'en gros, si on n'agit pas tout de suite,
38:11 le Japon, ça a pris 30 ans.
38:13 Et encore 30 ans, on n'est même pas certain d'être sorti de la situation.
38:16 Donc, cette transition est orchestrée,
38:18 cette transition est organisée, elle est voulue,
38:20 elle est douloureuse, effectivement, et donc c'est pour ça que Jinping a clairement dit
38:23 5%, c'est challenging, il faut oublier.
38:26 Le consensus obstine à voir plus.
38:28 Moi, je ne comprends pas.
38:29 Et donc, du coup, évidemment, le retour de la Chine, ce n'est pas pour tout de suite.
38:32 Et le stimulus budgétaire, s'il interviendra, je pense que tactiquement,
38:35 il ne faudra pas l'attendre avant fin 2023, début 2024,
38:38 là où, effectivement, toutes les économies seront en ralentissement,
38:40 ce sera le moment de stimuler. - Je comprends.
38:42 Je voyais qu'on disait un mot des indices, de la gestion indicielle,
38:46 des concentrations indicielles.
38:48 C'est l'événement, là, demain.
38:50 Je crois que c'est un événement assez rare, visiblement.
38:53 Le Nasdaq 100 va rebalancer le poids des 7 magnifiques,
38:57 des GAFAM et de quelques autres, pour les ramener déjà sous les 10%.
39:02 Qu'est-ce que ça envoie comme message ?
39:05 Et puis, déjà, est-ce qu'il y a des enjeux un peu techniques autour de ces valeurs-là ?
39:09 Et ça devient un vrai sujet permanent, récurrent, pour la gestion et pour les marchés.
39:15 - Alors, ça devient un enjeu parce qu'en réalité,
39:18 un certain nombre de gérants sont mesurés par rapport à des indices.
39:22 Ils sont plus en mesure de les répliquer ou, en tout cas, de s'en approcher,
39:26 puisqu'on a des règles de... - De gestion des risques.
39:29 - De gestion des risques et donc d'éviter les concentrations.
39:32 Et qu'aujourd'hui, le fait est, c'est que...
39:34 Aujourd'hui, la concentration de ces indices
39:37 ne permet plus de gérer un portefeuille versus ces indices-là.
39:41 Plus généralement, je pense qu'en tant que gérant,
39:44 plutôt classé dans la partie active,
39:47 j'ai toujours trouvé intéressant d'être capable de se mesurer à un marché.
39:53 Maintenant, j'ai toujours pensé que la gestion indicielle,
39:56 ou en tout cas la gestion purement indicielle,
40:00 c'était un outil intéressant dans un objectif d'allocation à brève échéance,
40:06 à un horizon à un an, si effectivement on voulait s'exposer à une hausse de marché,
40:10 mais que ce n'était pas de l'investissement.
40:13 Parce qu'en réalité, quand vous faites ça, vous ne financez pas l'économie.
40:17 Ce ne sont pas les gestions indicielles qui vont financer les IPOs,
40:20 qui vont financer les introductions en bourse.
40:23 - C'est de l'investissement au sens où ça fait fructifier un patrimoine financier.
40:28 - Ça contribue. Mais si on pense que la bourse, de manière très naïve,
40:32 que le rôle de la bourse est aussi de financer l'économie,
40:36 aujourd'hui, soit vous faites partie des insiders, vous faites dans les indices,
40:39 et vous avez accès au capital,
40:41 soit vous en faites partie et vous n'avez plus accès au capital.
40:43 Et je pense que là, on est en train de perdre un volet important des marchés d'action.
40:46 Et qu'aujourd'hui, quand on en entend récemment,
40:49 il y avait eu un certain nombre d'augmentation de capital,
40:52 on parlait de carburant, ce n'est pas les gestions indicielles qui vont aller acheter ça.
40:55 - Non. - Et donc aujourd'hui, je pense que
40:58 ce sont des gestions qui sont intéressantes encore dans une idée d'allocation court terme,
41:03 mais qu'il ne faut pas oublier une chose,
41:05 c'est que les performances sur la longue durée ne se cumulent pas et se composent.
41:10 Et ce que ça veut dire, c'est qu'effectivement,
41:13 il est très difficile pour un gérant actif de battre chaque année.
41:17 - Chaque mois, oui, ou chaque année. - De battre chaque année consécutivement.
41:20 - Mais sur 10 années cumulées, c'est possible. - Mais sur 10 années cumulées.
41:23 - Composées. - Composées.
41:25 Et donc, pour moi, c'est un outil intéressant,
41:28 mais c'est un outil complémentaire de la gestion active.
41:31 Et encore une fois, c'est à avoir dans une allocation d'actifs
41:35 et des objectifs qu'on peut avoir en termes d'objectifs de gestion de patrimoine.
41:40 - Sur le plan de la stratégie d'investissement, qu'est-ce que ça vous inspire d'avoir ce groupe ?
41:43 Alors maintenant, c'est les 7 magnifiques.
41:45 Ce groupe de valeurs qui pèse autant,
41:49 qui a représenté une majeure partie de la performance d'ailleurs des actions américaines
41:53 depuis le début de l'année, il ne faut pas s'y tromper.
41:55 - Oui, quand on parlait de valorisation tout à l'heure,
41:57 en excluant certains secteurs en Europe,
41:59 je pensais au fait que si on les exclut aux États-Unis,
42:04 on a une valorisation qui est beaucoup plus raisonnable.
42:07 - Et une performance du Nasdaq qui est beaucoup moins brillante.
42:11 - Absolument. En général, les moments de très forte concentration,
42:15 c'est plutôt des moments de vulnérabilité.
42:18 - De fin de cycle ?
42:19 - Pas forcément de fin de cycle, mais de vulnérabilité.
42:21 Parce que ça veut dire que vous êtes vulnérable, vous avez moins de diversification.
42:25 - Ces boîtes n'ont pas l'air vulnérables quand même, quand on les regarde d'une par une.
42:28 - Non, ce n'est pas les boîtes qui ont l'air vulnérables.
42:30 Moi, je ne les pense pas vulnérables.
42:31 - C'est les indices ?
42:32 - C'est leur valorisation.
42:34 Et du coup, ça veut dire que le marché...
42:36 Non, les boîtes ne sont pas vulnérables.
42:38 Mais ça ne veut pas dire que le marché ne s'est pas emballé sur certaines
42:41 et que les valorisations ne sont pas un peu...
42:44 - Vulnérables.
42:45 - Un petit peu... Voilà.
42:47 - Et ça traduit quand même une concentration du mode de pensée.
42:52 Et que tout le monde est positif dessus.
42:54 Ça veut dire qu'en réalité, elles sont beaucoup plus exposées à un changement.
42:59 Quand tout le monde est positionné sur ces titres-là,
43:02 la question c'est qui va être l'acheteur marginal.
43:04 - Est-ce que ça s'élargit un peu quand même ?
43:05 On voit un élargissement ?
43:06 - Un petit peu.
43:07 Les petites valeurs ont commencé à profiter de...
43:10 - On voit le Russel 2000, oui, qui commence.
43:11 - C'est intéressant.
43:12 Le Russel ou même en France, en Europe, je crois.
43:15 Les petites valeurs aussi commencent à...
43:17 Ça s'élargit un peu.
43:19 - Sans quitter totalement les 7 magnifiques, on peut regarder d'autres pans du marché.
43:22 - On a l'impression que ça se diffuse un peu.
43:24 - Oui, c'est ça la difficulté.
43:25 C'est que c'était une espèce de vampirisation un peu de tous les flux
43:27 qui allaient uniquement sur ces 7 méga-cap, effectivement.
43:31 Ils étaient 5, maintenant ils sont 7.
43:33 - Ça s'élargit.
43:35 - Ça s'élargit.
43:36 Est-ce qu'il faut voir ça comme une bonne nouvelle ?
43:38 Pas forcément, puisque finalement,
43:40 quand on voit le reste à financer,
43:42 il y a quand même encore beaucoup de boîtes à financer,
43:44 l'allocation du capital n'est pas forcément optimale.
43:47 Et ces boîtes-là, par ailleurs, sont vulnérables quand même à un point.
43:50 Elles l'ont été en 2022, on l'a bien vu, c'est les taux réels.
43:54 Donc, il ne faudrait pas qu'il y ait d'accidents sur les taux réels
43:56 parce que vu effectivement la taille et ce que ça représente
43:59 vu ce qu'elle représente effectivement dans les indices,
44:02 ça peut rapidement venir.
44:04 Donc, bon, on ne sait jamais.
44:06 - Après, ce sont des boîtes qui peuvent se remettre assez vite
44:08 et assez rapidement d'un petit coup de tabac
44:10 comme elles ont connu en 2022.
44:12 - Bien sûr, surtout quand on joue des paris de croissance,
44:14 évidemment, c'est elles qui vont bénéficier de ces paris en premier.
44:17 Mais encore une fois, est-ce qu'on a envie de rajouter à ces niveaux-là
44:20 de la volatilité dans les portefeuilles ?
44:21 Question de risk management.
44:23 - Et moi, j'ai quand même une marotte,
44:24 c'est que cette puissance financière,
44:26 parce que ça traduit une puissance financière,
44:28 ça traduit aussi peut-être une vulnérabilité vis-à-vis du régulateur.
44:33 - Mais non, avec l'IA.
44:35 Mais non, regardez, Lina Khan,
44:37 qui était la grande pourvoyeuse des GAFAM
44:40 nommée par Biden à la tête de l'AFTC,
44:42 elle vient de se faire retoquer.
44:43 Alors, elle fait appel sur Microsoft Activision Blizzard.
44:46 Avec l'IA, ce n'est plus possible, c'est la guerre.
44:49 - Oui.
44:50 - Non, mais c'était un point que je voulais soulever avec vous.
44:52 C'est moins, en tout cas, intuitivement...
44:55 - C'est trop tôt pour les régulateurs d'intervenir sur un...
44:58 - Alors qu'il y a un an ou un an et demi,
45:01 au début du mandat de Biden, c'était la vraie volonté.
45:04 Vous allez voir ce que vous allez voir.
45:05 - Sur l'IA, c'est trop tôt maintenant.
45:06 - L'IA, c'est trop tôt.
45:07 - Oui, sur l'IA, c'est trop tôt maintenant.
45:08 - Oui, mais ça veut dire que ces boîtes-là, on ne peut pas les toucher.
45:10 - Ce qu'on est en train de voir, c'est qu'en Europe,
45:12 aujourd'hui, Amazon est en train de contester
45:15 le fait d'être touché par le DMA,
45:18 parce qu'en fait, ils s'aperçoivent que ça peut leur faire mal,
45:20 et qu'en réalité, on est en train...
45:21 Le problème, c'est que cette régulation ne se met pas en place du jour au lendemain.
45:23 C'est long à mettre en place.
45:24 Elle va au montréer.
45:25 Et que, à la fin, on retrouve...
45:29 On a eu déjà, dans le passé,
45:30 des moments où le marché américain était très concentré.
45:33 - Mais ce n'est pas l'Europe qui va casser ces groupes-là.
45:36 - Non, mais c'est les États-Unis qui ont cassé.
45:39 - Mais tous les présidents américains ont essayé, effectivement.
45:41 Mais Trump lui-même avait essayé.
45:42 Ça n'a pas réussi.
45:43 Enfin, tout le monde essaie.
45:44 - Ils ont réussi avec sa standard.
45:45 - Ils ont réussi avec...
45:47 - Ça a pris des années.
45:48 - Oui, c'est ça.
45:49 - Mais là, ils sont de plus en plus puissants et de plus en plus nombreux.
45:51 - Ils n'ont pas forcément intérêt non plus.
45:52 - Mais moi, c'est un peu le point.
45:53 Je rejoins Jeanne là-dessus.
45:54 Avec l'ouverture de l'IA, face à la Chine, toujours,
46:00 est-ce que c'est le moment de faire du mal à ces entreprises
46:03 qui ont les moyens de mener la guerre de l'IA ?
46:06 - Exactement.
46:07 - Et surtout pas dans une année électorale en 2024.
46:10 - Oui, il y a une élection.
46:11 - Et dans un monde géopolitique...
46:13 - Complexe.
46:14 - Vulnérable, incertain, complexe.
46:18 On s'arrêtera là pour ce soir.
46:20 Merci à vous trois d'avoir été les invités de Planète Marché.
46:22 Jeanne Asraf, Biton, BFTIM, Mabrouk Chetouan, Natick Sixième
46:25 et Gilles Guibou, AXAIM.
46:27 Le dernier quart d'heure de Smart Bourg chaque soir,
46:40 c'est le quart d'heure thématique.
46:41 Le thème ce soir nous amène à nous focaliser sur la sphère émergente
46:45 pour essayer de dresser déjà un bilan de la première partie d'année 2023
46:49 pour le monde émergent sur le plan des actifs émergents
46:53 et de la macroéconomie.
46:54 Thaïs Baptista est avec nous, gérante et spécialiste des émergents,
46:57 bien sûr, chez le SharePrince Gestion.
46:59 Bonsoir, Thaïs.
47:00 - Bonsoir.
47:01 - Merci beaucoup d'être là.
47:02 Toujours un exercice difficile, évidemment, de parler de l'univers émergent
47:05 qui est un univers très vaste, avec des situations locales
47:08 parfois très spécifiques.
47:09 Néanmoins, si on veut avoir une photo un peu globale
47:14 de la manière dont la sphère émergente a traversé
47:16 cette première partie d'année 2023,
47:19 quels sont peut-être les quelques points clés
47:21 qu'il faut avoir en tête, Thaïs ?
47:23 - C'était un période très positif, surtout pour les obligations locales
47:28 des pays émergents, l'Hongrie, le Mexique, le Brésil.
47:33 Ils ont bien profité des taux super élevés.
47:37 Les devises aussi ont beaucoup monté.
47:39 On voit les Brésil, par exemple, qui a un taux réel
47:44 de presque 11 %, parce que les taux nominaux, c'est presque 14 %,
47:49 l'inflation est sortie à presque 3 %,
47:51 on ne voit pas ça nulle part ailleurs.
47:54 - Nulle part, oui.
47:55 Et les devises, certaines de ces devises, effectivement,
47:58 ont très bien tenu face notamment,
48:01 alors il y a eu toute la force du dollar qu'on a connue au cours de 2022,
48:05 mais ça a été un stress test réalisé de manière positive
48:09 pour certains de ces émergents.
48:11 - Oui, oui, tout à fait.
48:13 Et on voit en fait que,
48:15 toutes les fois que la Fed commence un cycle de hausse des taux,
48:19 on a des problèmes.
48:21 L'année de 2022, c'était l'année qui marquait la baisse des marchés,
48:26 pas seulement pour les marchés émergents, mais pour tous les marchés.
48:29 Et ça, c'était la partie négative de la hausse des taux de la Fed.
48:33 Mais 2023, c'était plutôt un peu la récupération.
48:37 On voit déjà depuis fin 2022, les obligations corporate
48:41 qui ont bien monté.
48:43 - Payées ?
48:44 - Oui, des octobre, fin octobre jusqu'à février,
48:48 à cause aussi de la Chine, parce qu'on a eu un peu d'espérance.
48:52 J'ai vu que vous avez parlé de la Chine avant,
48:54 et je me dis, qu'est-ce que je peux parler de la Chine après ça ?
48:57 Mais il y a beaucoup de choses à parler de la Chine.
48:59 - On va essayer de trouver des situations positives en Chine.
49:02 Mais globalement, vous dites, les banques centrales
49:06 des grands pays émergents ont fait le job.
49:08 Elles ont plutôt bien fait le job, en tout cas peut-être mieux
49:11 que dans les cycles précédents.
49:12 Et aujourd'hui, sur le plan macro, qu'est-ce qu'on peut dire des équilibres ?
49:15 Est-ce qu'on a une baisse de l'inflation dans ces pays ?
49:19 Est-ce qu'on a une croissance qui reste à la hauteur des attentes
49:22 qu'on peut avoir pour ces quelques grands pays de la sphère émergente, Thaïs ?
49:26 - Oui, la baisse d'inflation sous les marchés émergents,
49:29 ça est sorti d'une manière plus forte et avant les marchés développés.
49:35 Parce que les banques centrales des marchés émergents
49:38 ont commencé à monter les taux d'entrée un an avant.
49:41 Alors, le Brésil a commencé en mars 2021 et la Fed a commencé en mars 2022.
49:47 Aussi, il faut voir la différence entre les components d'inflation
49:52 qui sont dans les marchés développés, c'est plutôt les services.
49:55 Et les marchés émergents, c'est plutôt l'alimentation, l'énergie
49:58 qui a bien baissé et les services, comme on le savait,
50:01 c'était un peu plus résilient à cause des loyers, des coûts, des mains d'ouvre
50:07 parce que le chômage est super bas.
50:10 Hier, on a eu les premières bonnes nouvelles sur l'inflation
50:16 des marchés développés avec les États-Unis, mais ce n'était pas comme ça avant.
50:21 - Non, mais c'est très intéressant.
50:23 J'ai l'impression que par rapport aux crises précédentes,
50:26 il y avait les « Fragile Five » effectivement, mais qui ne sont plus là aujourd'hui.
50:31 En tout cas, peut-être que ce sont d'autres pays fragiles,
50:33 mais ceux qui étaient fragiles il y a quelques années
50:35 ont prouvé une forme de résilience dans ce cycle.
50:38 Je regardais l'écart de coût de financement des États émergents en moyenne
50:43 par rapport aux États développés est revenu à moins de 3%.
50:46 C'est un plus bas historique.
50:48 Il y a vraiment une crédibilité que certains pays émergents ont gagné
50:54 ou regagné à travers la gestion de cet épisode d'inflation.
50:58 - Oui, certainement.
50:59 Et ce cycle de hausse de la faible, c'est complètement différent de ce qu'on avait vu avant.
51:03 Imagine qu'en 1990, il y avait une hausse de la faible,
51:07 40 pays qui étaient en difficulté, les crises, les Sud-Est asiatiques.
51:13 On ne voit pas ça aujourd'hui.
51:15 Je vois des pays comme l'Inde qui sont en train de dégrander,
51:22 et dégrander à presque 7%.
51:24 Les PIB sont dans une ambiance de haut des taux d'entrée.
51:29 Alors, le moment où les taux d'entrée vont tomber, qu'est-ce qu'on va voir ?
51:34 - Oui, ce sera peut-être encore un boost supplémentaire pour ces pays-là.
51:39 Parlons de la Chine.
51:41 On a vu le côté négatif de la situation chinoise dans la partie précédente.
51:47 - Il y a beaucoup de choses négatives.
51:48 - Crise immobilière, difficulté de relancer.
51:51 Néanmoins, si on regarde un peu dans le détail,
51:53 évidemment qu'il y a des segments, des secteurs, des industries
51:58 qui sont aujourd'hui privilégiés par le pouvoir politique en Chine.
52:03 Et donc, il y a des situations, j'imagine, pour l'investisseur,
52:06 qui sont quand même des situations d'opportunité, Thaïs.
52:09 Est-ce que c'est comme ça qu'il faut le comprendre ?
52:10 - Oui, les voitures électriques, ça marche super bien.
52:13 En fait, il y a beaucoup d'aides du gouvernement pour faire des investissements
52:20 et pour les gens pour acheter les voitures électriques.
52:23 En fait, BYD, ils sont en train d'ouvrir des usines partout au Brésil.
52:27 Ils sont en train de vendre, c'est un peu la thèse de mes gens,
52:30 de vendre des voitures électriques partout.
52:32 Et c'est récent.
52:33 C'est quelque chose qui a commencé, ça a monté exponentiellement
52:37 dans les dernières deux années.
52:39 Aussi, le tourisme, ça passe bien.
52:42 Il y a toutes les airlines en Chine qui sont en train de monter bien.
52:47 Les tourismes, les services, la grande distribution.
52:50 Les plus grands problèmes de la Chine, c'est les secteurs immobiliers.
52:55 Et ça, ça peut durer encore quelques années parce que c'est...
52:58 - C'est un peu la conclusion à laquelle on arrivait avec les invités précédents.
53:01 Mais même, vous dites, sur le plan de la consommation interne domestique
53:04 à travers les loisirs, la restauration, hôtellerie, etc.
53:09 On a beaucoup parlé de la déception de la reprise du consommateur chinois
53:13 avec une épargne excessive qui est peut-être aussi en partie une épargne de précaution.
53:17 Vous dites, il y a quand même de la consommation aujourd'hui en Chine.
53:20 - Oui, il y a Haidilao qui fait de l'argent.
53:23 Il y a les gens qui voyagent de niveau au-dessus avant la Covid
53:28 pendant les jours fériés, les Golden Week et tout ça.
53:33 Alors, même les jours gaming, Macao, ils n'ont pas arrivé au niveau pré-Covid encore.
53:39 Mais ça marche plutôt bien.
53:42 Je n'ai pas de préoccupations à ces secteurs-là.
53:46 - D'accord. Globalement, quand vous regardez les prochains mois,
53:50 les six prochains mois, le reste de l'année 2023,
53:53 en tant que spécialiste des émergents,
53:55 presque toute classe d'actifs confondus, tout pays confondu,
53:59 quelles sont les idées fortes que vous avez envie de mettre sur le devant aujourd'hui ?
54:06 Est-ce les convictions ou vous dites que là, il y a peut-être le plus de gains à avoir ?
54:13 - Alors l'Inde, comme j'avais dit, il y a une forte croissance des PIB
54:17 qui s'est poussée par les gouvernements avec des investissements dans les PPP
54:22 pour faire l'infrastructure du pays qui n'est pas là.
54:27 Ils ont besoin d'autoroutes, d'aéroports, d'énergie rénovable.
54:31 Ils ont mis un but de faire 500 gigawatts de production électrique jusqu'en 2030.
54:42 Je n'appelle pas même ça une transition climatique parce qu'ils ont besoin...
54:48 - Oui, c'est la construction d'infrastructures de puissance.
54:53 - Oui, parce que jusqu'à l'année dernière, ils avaient des coupes d'électricité
54:57 parce qu'avec la croissance, il y a plus de besoins d'électricité.
55:02 Ils n'ont pas la capacité.
55:05 La démographie en Inde est meilleure qu'en Chine, on sait.
55:10 Et aussi, ils n'ont pas de soucis géopolitiques.
55:13 - Et ça, on le joue comment ? On le joue sur le marché actions ?
55:16 On le joue à travers de l'infrastructure, de la dette infra ?
55:19 C'est quoi les meilleurs actifs pour jouer l'Inde selon vous ?
55:22 - Moi, je joue surtout sur la dette infra.
55:25 Et les actions, c'est un peu difficile parce qu'elles sont toujours chères.
55:29 - Oui, c'est un marché cher.
55:31 - En Inde, c'est toujours cher, 23 fois les résultats.
55:36 - Mais si vous voulez les actions, le Brésil est 7 fois,
55:41 toujours moins cher que l'historique de Brésil, moins cher que les autres régions.
55:47 Et les perspectives pour les pays, je trouve vraiment intéressant.
55:52 La devise, elle n'est pas chère.
55:54 Elle a déjà valorisé un petit peu, mais pas beaucoup.
55:57 Les taux d'entrée sont encore super élevés.
55:59 On peut peut-être avoir des baisses de taux en août.
56:07 Parce que l'inflation est en train des sorties plus bas qu'attendues.
56:13 Les PIB plus hauts qu'attendues.
56:15 Les chômages meilleurs qu'attendus.
56:17 Et ils ont passé les budgets au Sénat,
56:21 qui met quand même un peu des disciplines sur les dépenses du gouvernement.
56:27 Et ils sont en train de voter en réforme des impôts.
56:32 Ça va être super important pour les pays aussi.
56:35 Alors, je vois plusieurs raisons pour aller au Brésil.
56:39 - Vous avez cité le Mexique aussi, Thaïs.
56:42 - Le Mexique. - Le fait d'être proche géographiquement des États-Unis,
56:45 est-ce que c'est un atout pour le Mexique en tant qu'investisseur aujourd'hui ?
56:49 - C'est bien ou non, ça dépend de comment on voit.
56:53 Parce que parfois on se dit, est-ce qu'on va avoir une récession aux États-Unis ?
56:57 Ça va impacter le Mexique.
56:59 Mais je pense qu'on est au-dessus de là.
57:01 Parce que les Mexiques, ils sont en train d'attraper beaucoup d'investissements
57:05 à cause du "near-shoring".
57:07 C'est une thématique qui a commencé en 2018, avec des "Trump tariffs".
57:11 Et ça a continué avec le Covid,
57:13 parce qu'il y avait beaucoup de problématiques sur la logistique
57:16 avec les importations des Chines.
57:18 Et maintenant, ça continue encore avec l'évolution de la guerre commerciale
57:22 avec les États-Unis.
57:24 Et Tesla a dit qu'ils vont investir 5 milliards sur une usine au Mexique.
57:28 Il y a plusieurs usines automobiles là-bas déjà.
57:32 Alors, le Mexique, c'est aussi intéressant.
57:34 Et l'Indonésie. - L'Indonésie.
57:36 - Oui, l'Indonésie aussi.
57:38 C'est un peu pareil comme l'Inde, mais beaucoup plus petite.
57:42 Mais les gouvernements sont en train d'orchestrer une croissance.
57:46 Ils sont en train de dire à toutes les usines automobiles
57:52 qui veulent acheter notre nickel pour faire des batteries pour les véhicules électriques
57:56 "Installez-vous ici et faites vos usines ici, au lieu de seulement explorer notre..."
58:02 - Sous-sol. Oui, je comprends, le sol.
58:04 - Oui, donc c'est la guerre des incentives pour capter de la valeur industrielle
58:08 dans ces pays riches de matières premières comme l'Indonésie.
58:11 - Exactement.
58:12 - Merci beaucoup Thaïs.
58:13 Merci pour l'exercice de ce tour d'horizon émergeant en un peu plus de 10 minutes.
58:18 Thaïs Battista qui était avec nous l'invité du quart d'heure thématique de Smart Bourse ce soir.
58:23 Gérante et spécialiste émergeant chez Schellcher Prince Gestion.
58:27 [Musique]

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