- il y a 3 ans
Lundi 13 novembre 2023, SMART BOURSE reçoit Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) , Jeanne Asseraf-Bitton (Directeur de la Recherche et Stratégie, BFT-IM) et Pierre-Olivier Beffy (Gérant et chef économiste, Boussard et Gavaudan)
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00:00 Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne pour rester à l'écoute des
00:11 marchés sur Bsmart chaque jour du lundi au vendredi à 17h si vous nous suivez en direct,
00:16 en replay bien sûr sur bsmart.fr ou encore en podcast sur l'ensemble de vos plateformes.
00:21 Au sommaire de cette édition ce soir, des marchés qui attaquent une nouvelle semaine
00:26 en restant pris en tenaille, c'est la manière dont on peut décrire la situation sur les
00:31 grandes classes d'actifs depuis quelques jours maintenant.
00:34 On aura eu effectivement cette séquence de rallye obligataire notamment sur les parties
00:39 longues aux Etats-Unis depuis les dernières réunions de Banque Centrale.
00:43 Ce rallye semble s'essouffler un peu à ce stade, on voit d'ailleurs des taulons américains
00:47 qui ont plutôt tendance à remonter un peu.
00:50 On était retombé autour de 4,50%, on est plus proche de 4,70% ce soir pour le 10 ans
00:54 américain et sur les marchés actions, là aussi un phénomène de range qui s'est réinstallé,
01:01 alors peut-être un cran au-dessus de ce qu'on pouvait observer au cours des dernières semaines
01:06 avec un CAC 40 entre 7 050 et 7 100 points.
01:09 C'est encore le cas au cours de cette séance, une séance qui va se terminer sans doute
01:13 dans le vert en Europe et aux Etats-Unis.
01:15 On avait eu une grosse séance de hausse encore vendredi sur les marchés américains qui
01:20 sont en train de prendre un peu leur respiration à ce stade, discussion de marché bien sûr
01:25 à suivre avec nos invités alors que les investisseurs prendront connaissance demain
01:29 de l'inflation américaine pour le mois d'octobre qui reste évidemment un chiffre clé bien
01:34 sûr même si on voit qu'il y a de plus en plus d'attention portée également à la
01:39 dynamique d'activité peut-être un peu plus en Europe qu'aux Etats-Unis.
01:43 On sort quand même d'un troisième trimestre américain avec une croissance en rythme
01:47 manuel de quasiment 5%.
01:50 Donc le CPI américain demain et puis nous continuerons dans la thématique américaine
01:55 comme chaque lundi dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse pour retrouver notre correspondant
01:59 américain Pierre Evduga.
02:00 Nous évoquerons notamment l'actualité politique américaine avec toujours ce risque de shutdown
02:06 devant nous.
02:07 La loi qui a été prévue pour couvrir les besoins immédiats du trésor américain
02:14 court jusqu'au 17 novembre fin de semaine et puis nous évoquerons la candidature possible
02:19 du sénateur Joe Manchin qui pourrait venir bousculer le paysage de l'élection présidentielle
02:26 américaine.
02:27 Il y a encore du temps devant nous mais Joe Manchin a décidé de ne pas concourir à
02:31 nouveau pour son poste de gouverneur de Virginie Occidentale ce qui ouvre la voie à la spéculation
02:35 de le voir peut-être candidat indépendant.
02:38 *Générique*
02:48 Mais d'abord avant d'entamer notre discussion de marché, l'état du lieu du jour en cette
02:53 fin de séance en Europe, tendance mon ami c'est avec Côme Dubois.
02:57 La Bourse de Paris évolue sans tendance ce lundi, les investisseurs temporisent avant
03:02 la publication des chiffres de l'inflation américaine demain.
03:05 Ces données très attendues par les marchés sont un des indicateurs clés de la Fed pour
03:09 sa politique monétaire.
03:11 Du côté des valeurs hors PA chute, aujourd'hui à Paris son titre perd jusqu'à près de
03:15 8% au cours de la séance après l'annonce du lancement d'une augmentation de capital
03:20 d'environ 3,9 milliards d'euros qui vise à effacer une partie de sa dette dans le
03:25 cadre de sa restructuration financière.
03:28 Ailleurs en Europe, Continental progresse, son titre gagne jusqu'à près de 1% au cours
03:33 de la séance.
03:34 Les marchés ont accueilli avec optimisme un plan de restructuration qui prévoit 400
03:38 millions d'euros par an d'économie à partir de 2025 avec pour conséquence la suppression
03:45 de plusieurs milliers d'emplois dans sa division automobile au niveau mondial.
03:49 Du côté des Etats-Unis, Boeing bondit, son titre gagne jusqu'à près de 5% au cours
03:54 de la séance après que la compagnie aérienne Emirates s'est annoncée passer commande
03:59 pour 95 avions auprès du constructeur américain pour un montant de 52 milliards de dollars.
04:05 Demain, côté statistique, outre les chiffres de l'inflation américaine pour le mois d'octobre,
04:10 les investisseurs prendront connaissance de l'indice zou du moral des investisseurs
04:13 en Allemagne pour le mois de novembre.
04:15 Tendance mon ami, chaque soir les infos clés de marché avec Comme du Bois dans Smartbourse
04:21 sur Bsmart.
04:22 Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
04:36 Jeanne Asraf Bitton est à nos côtés, directeur de la recherche de BFT IM.
04:39 Bonsoir Jeanne.
04:40 Bonsoir Grégoire.
04:41 Ravi de vous retrouver, ravi de retrouver également Pierre-Olivier Béfy à nos côtés
04:44 ce soir en plateau.
04:45 Bonsoir Pierre-Olivier.
04:46 Bonsoir Grégoire.
04:47 Vous êtes chef économiste et gérant chez Boussard et Gavaudan et également il faut
04:52 le noter président fondateur de l'association L'EcoAvenir qui a été fondée il y a une
04:56 paire d'années maintenant, c'est ça Pierre-Olivier ?
04:58 Oui tout à fait, qui commence à s'activer aujourd'hui je dirais.
05:01 Il y a une montée en puissance, c'est ça de l'association depuis quelques mois ?
05:05 Voilà, alors si je peux me permettre en deux mots.
05:08 Plus qu'en deux mots.
05:09 C'est une association qui vise à promouvoir l'économie auprès des plus jeunes, à aussi
05:12 à valoriser le débat et l'esprit critique.
05:14 Et puis surtout je pense l'approche un peu innovante c'est qu'on essaye de fournir
05:19 pour animer la réflexion économique des outils.
05:20 Voilà, donc des outils simples et pédagogiques, accessibles à tous.
05:25 Donc par exemple si vous allez sur notre site internet ou dans toutes les plateformes de
05:29 diffusion de musique, vous avez accès à nos podcasts, on en a un par jour de deux
05:32 minutes.
05:33 Voilà, on couvre énormément de thèmes, il y a déjà plus d'une centaine de podcasts
05:36 qui sont sortis, d'autres sortiront.
05:37 Bon l'idée c'est que comme André Ligitte disait, quand on pose une question à l'économiste,
05:41 on comprend plus ce qu'il nous disait, donc on essaie de remédier à ce problème.
05:45 - C'était ma question, parce que le line-up des économistes que vous avez attirés et
05:51 intégrés à l'association est spectaculaire.
05:53 Est-ce que les bons économistes que vous avez recrutés sont aussi de bons pédagogues
05:58 puisque là il s'agit de faire de la pédagogie, de l'éducation économique et financière.
06:02 Et les podcasts sont des formats très courts sur des concepts macro-essentiels, l'inflation,
06:08 la croissance, etc.
06:09 Le tout en trois minutes, ce n'est pas un exercice évident.
06:13 - Même pour des économistes chevronnés, j'imagine que ce n'est pas un exercice évident.
06:17 - Non c'est sûr.
06:18 On a une cinquantaine d'économistes plutôt seniors, proches de l'économie appliquée,
06:23 donc ça c'est très bien.
06:24 Après on se fait aider, c'est comme tout.
06:26 Peut-être qu'un jour tu viendras nous aider aussi.
06:27 On a une équipe de communiquants, des anciens journalistes, qui sont aussi très actifs,
06:33 qui nous aident aussi énormément à reformuler les choses, etc.
06:36 Voilà, donc ça fait partie du processus.
06:39 - Un de vos projets c'est de déployer, comme on l'a vu, pour le climat, une fresque pour
06:44 l'économie.
06:45 On peut le dire, je ne veux pas dévoiler le secret industriel.
06:49 Non mais je trouve l'idée géniale.
06:51 Comme on a eu la fresque du climat, qui est donc l'outil pédagogique de référence peut-être
06:55 aujourd'hui pour le monde de l'éducation notamment, et le monde de l'entreprise, vous
07:00 allez décliner cette fresque sur le thème de l'économie.
07:03 - Exactement.
07:04 C'est un projet qui devrait sortir au début du printemps l'année prochaine.
07:09 On va essayer de viser à la fois les entreprises comme la fresque du climat, mais plus généralement
07:14 aussi les collégiens, les lycéens.
07:19 Ça va être normalement un outil très simple, mais qui montrera la complexité de l'économie
07:24 par certains côtés.
07:25 - Un outil qui viendra en complément des outils pédagogiques déjà utilisés aujourd'hui,
07:30 un outil qui sera complètement différent.
07:31 Le monde de l'entreprise, le monde de l'éducation nationale a besoin de ce genre d'outil aujourd'hui.
07:36 Vous êtes aussi professeur, je dis, Pierre-Alexis, vous donnez des cours dans l'enseignement
07:41 supérieur, etc.
07:42 C'est un milieu que vous connaissez aussi.
07:44 - Oui, alors après on n'a pas la prétention de remplacer les professeurs, ce n'est pas
07:47 le point.
07:48 L'idée c'est de donner en plus aux professeurs qui le souhaitent des outils supplémentaires
07:52 pour approcher les questions économiques sur un angle un peu différent, peut-être
07:56 un peu plus ludique parfois.
07:58 Et puis, encore une fois, en essayant de montrer bien la complexité des mesures, des décisions
08:04 qu'on prend en économie.
08:05 - Bon.
08:06 - Merci d'avoir parlé en tout cas.
08:07 - Ah bah non, avec grand plaisir.
08:08 Non mais on est tous dans le même bateau de ce point de vue-là.
08:10 Je me tourne vers Jeanne, je l'inclus également.
08:12 On est tous dans la même idée qu'il faut effectivement diffuser la culture économique
08:17 au plus grand nombre.
08:18 Aujourd'hui, l'éco-avenir, bon ça se trouve facilement j'imagine partout sur les réseaux
08:22 et les podcasts sur toutes les plateformes.
08:24 - Exactement.
08:25 Merci.
08:26 - Voilà pour la partie.
08:27 Mais c'est très bien parce que ça nous amène à évoquer la complexité du moment
08:31 dans le monde économique et dans le monde des marchés Jeanne.
08:34 Qu'est-ce qu'on retient de la séquence de ce que j'appelle le mini rallye obligataire
08:39 d'automne, depuis notamment les réunions de Banque Centrale de fin octobre début novembre.
08:44 Bon, on est passé d'un monde où le taux à 10 ans américain était à 5%, à un monde
08:50 où on l'a vu retomber à 4,50 je crois, là au cours des dernières semaines.
08:53 On est autour de 4,65, 4,70 ce soir pour le 10 ans américain.
08:58 Qu'est-ce qui s'est joué à travers cette séquence ?
09:00 - Je pense qu'il y a pas mal d'éléments qui viennent se conjuguer ou parfois se heurter.
09:07 Juste avant, je voudrais dire bravo.
09:09 - Ah !
09:10 - Non, non, parce que je ne suis peut-être pas de public.
09:12 Mais du coup, j'apprécie et j'ajouterai que j'ai toujours été frappée de voir à quel
09:18 point, au-delà de l'économie, les marchés financiers sont considérés comme une espèce
09:24 de boîte noire.
09:25 - Faux.
09:26 - Et que c'est totalement opaque pour la population et ça va un peu au-delà des concepts de
09:34 l'économie.
09:35 C'est les marchés financiers et pourtant ça gouverne beaucoup de choses dans le monde.
09:39 Donc c'est très dommage et j'imagine que dans vos podcasts, il y a matière à étendre
09:44 à ce que c'est qu'une obligation, une action et que les gens puissent, quand ils entendent
09:48 Grégoire, comprendre.
09:49 Parce qu'en fait, je pense qu'il y a quand même énormément d'éléments.
09:54 - Et ça rebute, je pense.
09:56 On a instillé l'idée effectivement que les marchés financiers c'était compliqué, c'était
10:01 compréhensible par un petit groupe de happy few.
10:04 Je pense qu'effectivement ça fait beaucoup de mal, notamment à l'autonomie des épargnants
10:10 et à la capacité que tout le monde a, dès le plus jeune âge, de s'intéresser à cette
10:16 logique-là.
10:17 C'est la logique du marché du samedi matin.
10:18 Les marchés financiers, on n'a rien inventé de ce point de vue-là.
10:20 Après, il y a toute l'ingénierie qui s'est construite dans le système financier, on
10:25 est d'accord.
10:26 Mais les règles de base, elles sont compréhensibles toutes à chacun.
10:29 - Et même je dirais qu'elles devraient être considérées comme étant, il devrait y avoir
10:33 un socle considéré comme étant indispensable pour être un citoyen à part entière.
10:38 Parce que quand on n'a pas la maîtrise des concepts qui gouvernent même sa vie financière
10:44 propre, c'est compliqué d'être…
10:46 - J'ai quitté le système éducatif il y a quelques temps maintenant, mais c'est
10:50 vrai que je trouve que c'est très tardivement qu'on est confronté à ces questions de
10:56 finances de marché.
10:57 Mais je parle des grandes règles de la finance de marché.
11:00 Je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui, donc je ne veux pas jeter l'opprobre sur
11:05 la pédagogie et le système actuel, mais oui, dès le collège, tout à fait capable d'avoir
11:10 des enseignements relatifs à la gestion d'un budget, des finances, etc.
11:15 - Il y aura des podcasts là-dessus.
11:18 - C'est vrai.
11:19 - Je pense que c'est vraiment indispensable.
11:20 - Et moi je trouve bien, alors on continue, j'aime bien que ce soit des économistes
11:27 qui fassent ça.
11:28 C'est-à-dire qu'aujourd'hui on voit le thème de l'éducation financière, de la
11:31 pédagogie financière, beaucoup s'en saisissent et c'est très bien.
11:34 Et beaucoup le font très bien avec talent, mais pas tous et tout le monde ne le fait
11:40 pas avec la substance intellectuelle ou académique, si je puis dire, qui va forcément avec.
11:45 Et je trouve bien que ce soit justement un parterre, un panel d'économistes chevronnés,
11:50 je le redis, qui se saisissent de la mission.
11:53 - Comme l'adjudiade en plus je pense qu'il est très important, on a beaucoup de gens
11:56 qui se mettent dans ces sujets.
11:58 Il y a beaucoup d'idéologies aujourd'hui, dans tous les domaines, dans l'écologie,
12:02 mais l'économie n'est pas épargnée par ça.
12:04 On a eu les phases où on disait que la mondialisation c'était fantastique, des phases où on s'est
12:09 dit qu'il y avait peut-être des problèmes, maintenant on parle de démondialisation.
12:11 Il y a beaucoup d'idéologies et je pense que c'est plus important, comme l'a dit Jeanne,
12:16 de donner les briques de base.
12:17 Et après chacun construit sa propre critique, parce que l'économie c'est une science sociale,
12:23 donc c'est lié aussi à la politique, à beaucoup de choses.
12:25 Donc on construit ses opinions politiques, etc.
12:27 Après, sa gestion personnelle de son épargne.
12:29 Mais donner les briques de base, ça me semble le plus important aujourd'hui.
12:32 Ce n'est pas tout le temps ce qui est fait, c'est plus parfois, on a des influenceurs,
12:36 des gens qui disent "voilà, on devrait penser comme ça, c'est le thème du moment".
12:39 Mais enfin, à un moment, il faut revenir à l'essentiel.
12:41 Et être capable chacun de développer son esprit critique.
12:43 Je revenais dans la mission telle que vous l'avez définie, il y a l'idée que ces outils-là
12:49 permettent de développer un esprit critique essentiel tout au long de la vie, pour dire
12:53 les choses.
12:54 Alors on va aborder maintenant le document américain.
12:55 Merci en tout cas d'avoir passé autant de temps.
12:56 Venons dans le disant américain.
12:59 Alors dans le disant américain, les facteurs, les grands facteurs qui vont jouer, un c'est
13:06 évidemment l'offre et la demande de titres.
13:08 Donc en gros, est-ce que les Etats-Unis vont faire un déficit important ? Est-ce qu'ils
13:13 vont émettre beaucoup de titres ? Ça on sait que c'est un facteur éminemment défavorable
13:18 et pour de longues années, comme d'ailleurs la plupart des pays développés, il n'y a
13:22 pas de surprise là-dessus.
13:23 Ça, ça reste, on va dire, un élément qui devrait limiter la baisse des taulons.
13:29 Là, c'est un premier élément.
13:31 Après, il y a un deuxième élément qui, à mon avis, est un peu plus compliqué à
13:35 saisir, dont on a déjà parlé, dont beaucoup de gens ont parlé, qui est le fait que si
13:40 effectivement les banquiers centraux, après 15 ans de lutte inédite, historique, on peut
13:46 l'appeler comme on veut, contre la déflation, ont réussi, s'ils ont réussi, à nous ancrer
13:53 dans un monde dit normal, comme ceux qu'on avait auparavant, ça veut dire que la prime
13:59 de terme sur un taux d'Izan doit être reconstituée.
14:04 Et on a vu que sur les 15 derniers jours, elle était remontée et hop, elle a baissé
14:10 un peu.
14:11 Elle s'est effacée à nouveau, en partie ?
14:12 Oui, elle s'est effacée presque de moitié.
14:14 On était remonté à 0,4, on est reparti à 0,2.
14:16 Donc là, on retrouve les éléments.
14:18 Alors cette prime de terme vient nous dire, est-ce que le marché estime qu'on est ancré
14:25 de façon durable dans un monde où, même s'il y a un ralentissement, une récession,
14:32 on ne retombera pas dans les risques déflationnistes.
14:35 Donc ça, c'est vraiment un élément très important.
14:38 Après, il peut y avoir également une prime de risque géopolitique, ça peut jouer.
14:44 Après, il y a des éléments techniques.
14:46 On sait qu'il y a eu une opération d'adjudication sur le 30 ans qui s'est mal passée.
14:51 Il y en a eu plusieurs, toute une série d'adjudications.
14:54 Celle-là particulièrement, sur du 30 ans, ça marque les esprits.
14:58 Elle ne s'est pas bien passée.
14:59 Pas bien du tout.
15:00 Le "Veet to cover" était…
15:02 Voilà, c'est ça.
15:03 Quand on dit "pas bien passée", il y a différentes mesures qui permettent de le
15:07 dire.
15:08 La demande par rapport à l'offre, il y a des ratios historiques avec lesquels on peut
15:11 se comparer.
15:12 Et puis le tail aussi, toujours le dernier acheteur de l'émission.
15:18 Quel est le prix qu'il demande et quel est le rendement qu'il demande pour prendre
15:23 le papier ?
15:24 On va dire qu'elle était beaucoup moins sursouscrite que de coutume.
15:27 Donc ça a fait un peu réagir, mais enfin bon.
15:30 Et là, il y a une oscillation.
15:32 À mon sens, ce n'est pas tellement ce qui se joue au niveau de l'inflation qui est
15:36 en train de guider, c'est beaucoup plus la composante réelle qui fait en ce moment
15:41 bouger les taux.
15:42 Alors on a vu, ceci dit, le baril retomber assez brutalement avec des craintes sur la
15:49 demande.
15:50 Donc on imagine bien que ça reflète l'idée que l'activité globalement pourrait être
15:57 en train de ralentir.
15:58 Mais même, vous le dites aujourd'hui, dans ce monde… alors on est encore en transition
16:03 peut-être vers le monde de demain, mais vous dites même avec une récession modérée
16:09 aux Etats-Unis, il faudra faire attention à ce qu'on imagine de l'ampleur de la
16:16 baisse des taux longs américains.
16:18 Récession modérée aux Etats-Unis, ça ne veut pas forcément dire retour des risques
16:23 déflationnistes et donc ça n'implique pas peut-être le même niveau de taux longs
16:27 que ce qu'on aurait pu imaginer dans le cycle précédent.
16:31 Non, pas forcément.
16:32 Effectivement, c'est vraiment l'élément le plus important.
16:35 Et d'ailleurs, je pense que les banquiers centraux… c'est peut-être une des raisons
16:39 pour lesquelles ils sont tous en statu quo aujourd'hui, ils ne veulent pas risquer
16:43 d'arriver au stade où un ralentissement, stagnation, on peut l'appeler comme on
16:48 veut, viendrait provoquer à nouveau des craintes de nature déflationniste.
16:52 Parce que là, c'est le travail de 15 ans qui serait effacé.
16:55 Pierre-Olivier, votre analyse de cette séquence, de la situation, de ce que ça implique aussi
17:02 pour la suite, on retrouve quand même un peu le sentiment d'un marché qui baigne
17:10 dans quelque chose de suffisamment tiède, ni trop chaud, ni trop froid, pour être encore
17:16 confortable d'une certaine manière.
17:18 On a vu là, sur quelques jours ou quelques semaines, un rallye un peu général.
17:23 C'était rallye obligataire pour ceux qui portaient de la duration et rallye action
17:28 avec un Nasdaq qui a explosé à la hausse en 8-9 séances.
17:32 C'est vrai que les actifs à longue durée comme le Nasdaq ont énormément aimé la séquence.
17:37 D'ailleurs, je pense qu'il faut voir quand même que l'obligataire, ça a été l'horreur
17:43 cette année.
17:44 Il faut voir d'où on vient.
17:45 Le rallye, je dirais, c'était la dernière semaine.
17:46 On vient de 2022 qui était déjà une année particulièrement difficile.
17:49 Je me rappelle encore, en juillet, un moment, quand j'étais venu dans l'émission, il y
17:53 avait beaucoup de gens qui disaient 3,8%, mais il faut acheter du 10 ans.
17:58 C'est le screaming buy.
17:59 Aujourd'hui, on a quand même touché les 5 et on est encore très au-dessus.
18:04 Je pense que c'est surtout pour les actions que c'est très bon ce qui se passe.
18:09 La séquence est très bonne parce que je pense que les taux vont rester assez stables.
18:14 En fait, il y a deux choses.
18:15 Il y a d'un côté la FED qui nous a passé le message avec notamment aussi des discours
18:19 de Waller, des gens qui sont quand même très au quiche, qui ont envie de resserrer naturellement
18:25 plus que d'autres la politique monétaire, qui ont dit « voilà, maintenant la barre
18:28 est très haute pour resserrer davantage ». Donc ça, c'est quand même, ça remet l'idée
18:32 qu'il y a un poudre de la FED qui revient dans le marché.
18:34 Donc on est moins effrayé en se disant « voilà, le prochain chiffre d'inflation, demain,
18:38 sans doute qu'il y aura de la volatilité autour de ce chiffre.
18:40 Mais en quelque sorte, il faut vraiment voir une grosse réaccélération de l'inflation
18:43 maintenant pour que la FED y aille ». Et donc ça, ce n'est pas forcément gagné non plus.
18:46 De l'autre côté, après, est-ce que les taux longs vont beaucoup baisser ? Il y a
18:51 beaucoup de cuts pressés dans les marchés.
18:53 Les marchés s'attendent à ce que la FED baisse assez drastiquement ses taux l'année
18:56 prochaine.
18:57 Quoi, une centaine de points de base ? Voilà.
18:58 Mais ça fait beaucoup quand même s'il n'y a pas de récession.
19:00 Et aujourd'hui, quand on voit par exemple l'emploi, bon oui, on voit que ça se détériore.
19:07 Mais par exemple, les offres d'emploi sont encore très très élevées.
19:10 Donc avant que le taux de chômage commence vraiment à se dégrader de manière significative,
19:13 il va falloir du temps.
19:14 Donc il y a toutes ces anticipations, je pense qu'il va falloir digérer, notamment au
19:18 premier semestre de l'année prochaine.
19:19 Et donc, moi, je ne suis pas persuadé que les taux longs baissent tant que ça.
19:24 En fait, il y a deux choses qui me gênent dans le marché aujourd'hui.
19:26 Il y a le fait que le marché s'est déjà mis dans une configuration où il y aura beaucoup
19:30 de baisses naturelles parce que l'inflation va baisser, parce qu'il y aura une croissance
19:36 modérée, voire un peu faible, une petite mini récession.
19:40 Mais en fait, c'est déjà un peu dans les marchés.
19:42 On va le pricer très très vite.
19:43 On va finir de le pricer d'ici la fin de l'année.
19:45 Donc c'est en ce moment qu'il faut être assez positif.
19:47 Quand on va arriver dans un mois ou deux, à mon avis, tout ça, ça sera largement
19:51 connu des marchés.
19:52 Le deuxième point qui me gêne, c'est qu'il y a quand même des facteurs de résistance
19:56 dans la baisse de l'inflation, américaine notamment.
19:58 On le voit, l'immobilier, c'est très clair.
20:01 On a une situation où vous avez des taux qui ont explosé à la hausse.
20:03 Donc c'est très compliqué d'acheter un logement aux États-Unis.
20:07 On voit aussi, d'ailleurs, en France ou en Europe, c'est la même mécanique.
20:11 Maintenant, du coup, les ventes de logements sont en train de s'effondrer.
20:14 Le marché, en quelque sorte, de la création de nouveaux logements est en train de se paralyser.
20:20 Mais il n'y a pas de logement.
20:23 Il n'y a pas assez de logements par rapport au nombre de ménages.
20:25 Et donc que veulent faire les gens ? Ils veulent louer.
20:27 Donc quand on regarde, il y a des hypothèses, je trouve, en moyenne, très optimistes sur
20:30 la baisse des loyers et sur le ralentissement de l'inflation des loyers.
20:33 Si je ne dis pas de bêtises, au Royaume-Uni, on a vu des indicateurs de loyers qui remontaient.
20:38 Par exemple, un des risques demain…
20:39 Un baissé moins fort.
20:40 Un baissé moins fort.
20:42 C'est une appréciation négative, relative.
20:45 C'est du second degré.
20:46 Oui, c'est de la dérivée seconde et du second degré.
20:49 Par exemple, pour demain, un des risques qui peut faire orienter le chiffre, notamment
20:53 d'inflation sous-jacente à 0,4 en variation mensuelle, c'est justement, simplement,
20:58 que le loyer ne baisse pas autant.
21:00 Parce que tout le monde voit quand même une baisse assez forte encore des loyers.
21:02 Donc il y a des éléments comme ça qui font que je ne suis pas complètement à l'aise
21:06 en disant que l'inflation va baisser drastiquement aux États-Unis d'un seul coup.
21:11 Elle est très engagée sur les biens, il n'y a aucun problème.
21:14 Mais sur les services, c'est un peu plus compliqué dans une économie où on est au
21:17 plein emploi.
21:18 Mais après, si les taux restent constants, si on reste entre 4, 5 et 5, ça sera fantastique
21:25 pour les marchés d'action pour l'instant.
21:26 C'est ça que le marché a envie de pricer.
21:27 Même avec une inflation dans le dernier kilomètre, comme on dit, qui mettrait un
21:31 peu plus de temps pour revenir à l'objectif, ou en tout cas à un objectif avec lequel
21:36 la FED serait confortable.
21:37 Oui, parce qu'encore une fois, pour la FED, ça devient asymétrique.
21:40 Le message de la FED, c'est de se dire que la barre est assez haute pour qu'on continue.
21:43 Par contre, dès qu'ils verront des risques sur la croissance, ils sont quand même capables
21:47 de couper.
21:48 Et sur l'emploi, il y a cette fameuse règle élaborée par Claudia Sam, ancienne économiste
21:53 de la FED, qui nuance aussi la...
21:55 Qui dit que ça ne marche pas toujours.
21:58 C'est vrai que c'est intéressant, parce qu'on a vu quand même le taux de chômage
22:01 s'effriter un petit peu.
22:02 On était à 3,4 au plus bas, on est à 3,9 désormais.
22:06 Il y a quand même, tendanciellement, quelque chose, visiblement, qui a l'air d'être un
22:11 refroidissement du marché du travail américain.
22:13 Oui, mais en l'occurrence, elle donnait exactement le même argument que je vous ai donné.
22:16 On peut avoir un refroidissement, mais quand ça se passe dans des périodes où il y a
22:20 des demandes, enfin les entreprises cherchent à recruter massivement, ça veut dire que
22:26 ce n'est pas forcément un si mauvais moment.
22:28 Encore une fois, je pense que le problème du taux de chômage, c'est que c'est une variable
22:32 assez retardée.
22:33 Tout le monde a les yeux dessus, parce qu'on s'accroche tous à se dire "quand est-ce
22:36 que l'emploi se détériore un peu pour enfin qu'on soit sûr que l'inflation baisse vraiment,
22:43 etc."
22:44 Et puis pour les plus pessimistes, ils regardent l'emploi, les chiffres d'emploi en se disant
22:49 "ouh là là, mais peut-être qu'à un moment, tout ça va dévisser assez fortement et qu'on
22:51 va s'unir en récession plus forte que ce que les gens pensaient."
22:53 Donc, tout le monde est un peu là-dessus.
22:55 Je ne suis pas sûr que ce soit un élément si important dans les mois qui viennent en
23:01 termes de catalyseurs.
23:03 Et vous dites qu'à six mois, il n'y a pas de raison que le marché joue un scénario
23:09 de récession aux Etats-Unis.
23:11 Je pense qu'il faut faire attention.
23:12 Encore une fois, c'est très dynamique le marché.
23:14 C'est-à-dire que malgré tout, il a quand même déjà bien monté, il a bien rebondi,
23:20 surtout aux Etats-Unis.
23:21 Mais moi, je pense qu'on peut encore monter.
23:23 Mais si à la fin de l'année, sur le S&P, on est à 4800, voire au-dessus, on aura presque
23:29 à manger toutes les espérances qu'on pouvait avoir pour la suite.
23:32 Regardez, tous les brokers en ce moment nous expliquent qu'ils ont 4008 comme cible pour
23:37 l'année prochaine.
23:38 C'est assez consensuel.
23:39 On va aller de 4006 à la fin de l'année.
23:40 On n'est pas loin des 4005.
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35:29 La question pour l'Europe c'est quand même aussi de savoir est-ce que le gros des effets
35:33 du resserrement monétaire est déjà dans l'économie aujourd'hui ou est-ce qu'une
35:38 partie, une bonne partie est encore à venir demain ? Parce que Pierre-Yves disait oui
35:41 jusqu'à présent tout s'est très bien passé.
35:43 Oui effectivement.
35:44 Je veux dire mis à part quelques épisodes ici et là, SVB ou d'autres, je veux dire
35:48 franchement ça s'est bien passé.
35:49 On a évoqué le problème du refinancement des entreprises qui est évidemment clé en
35:54 Europe.
35:55 Mais l'année prochaine quand on regarde les murs de dette, on voit qu'ils sont quand
35:59 même plutôt sur les titres de qualité qui sont bien notés.
36:04 Donc ça veut dire qu'a priori c'est des titres qui ont les cash flow nécessaires
36:08 pour se refinancer.
36:09 2025 sera forcément plus compliqué.
36:13 Et puis d'une façon générale quand on regarde, il y a toujours un impact retard.
36:18 Donc la remontée des taux, elle n'est jamais sans impact.
36:22 Elle a été d'une ampleur inédite sur l'eurozone.
36:27 Donc oui forcément il y aura un impact.
36:30 Après pour l'ensemble des banquiers centraux, je pense qu'il faudrait arriver à évaluer
36:35 quel est leur biais.
36:36 Et je pense qu'ils ont un biais aujourd'hui à se dire on attend.
36:43 Ils nous l'ont répété à maintes reprises, ils n'ont qu'une visibilité très faible
36:48 parce qu'on est encore dans une phase d'ajustement post-covid qui brouille la lecture d'un certain
36:53 nombre d'indicateurs.
36:54 Donc ils disent bien on attend et je pense qu'ils auront tendance à être un peu lent
37:02 à la rebaisse des taux à moins qu'il y ait une vraie récession que ce soit aux
37:09 Etats-Unis ou en Europe.
37:11 Là ça justifierait un mouvement.
37:13 Sinon si les économies tiennent à peu près que la désinflation arrive et qu'on est
37:19 sur des taux longs, parce qu'évidemment ils regardent ce qui se passe sur la totalité
37:23 de la cohorte, qu'on est sur des taux longs, aujourd'hui on est on va dire sur l'ensemble
37:28 de l'eurozone à 3,20 si j'agrève à peu près.
37:31 En moyenne.
37:32 Si on imagine une croissance d'un pour cent, une inflation à deux, avoir des taux longs
37:38 à trois n'est pas une aberration.
37:40 Non non je comprends.
37:41 Et aux Etats-Unis on peut faire le même raisonnement sur des taux à 4 ou 4,5.
37:46 Donc ils n'auront peut-être pas d'incitation forte s'il n'y a pas de récession majeure
37:51 ou d'incident de type d'aide périphérique ou autre.
37:55 On sent d'ailleurs dans les dernières communications de Christine Lagarde, elle a échangé avec
38:00 l'EFT en fin de semaine dernière, ils ont tous en tête qu'avec le jeu des effets de
38:05 base, des mécaniques d'effet de base, il y aura un moment plus compliqué pour l'inflation
38:08 devant nous peut-être autour de janvier, février, mars.
38:11 Et que ce qu'on a vu sur l'inflation globale qui passe à moins de 3% sur un an en zone
38:16 euro, ce n'est pas du tout le champ de la victoire pour Christine Lagarde.
38:20 Elle a en tête qu'il y aura des mois à l'inverse plus compliqués et peut-être avec des surprises
38:24 négatives sur le fond de l'inflation encore devant nous.
38:26 Et je pense qu'ils n'ont pas intérêt à ajouter à la volatilité qu'on a vue sur
38:30 les marchés obligataires, ajouter la volatilité des banques centrales qui rebaissent, qui
38:35 remontent.
38:36 C'est vraiment la chose à éviter.
38:37 Donc je pense qu'ils sont engagés sur une espèce de statu quo attentif.
38:42 S'il y a un événement dans un sens important, dans un sens ou dans un autre, ils sauront
38:47 réagir.
38:48 Ils ont tous quand même acquis une certaine réactivité et flexibilité.
38:51 Mais sinon, ça peut perdurer un petit moment comme ça.
38:56 Bon, si on évoque les logiques d'investissement qui vous animent aujourd'hui, Pierre Olivier,
39:01 moi j'ai retenu que vous disiez la séquence du moment normalement reste positive action.
39:05 Oui, oui, et je pense, encore une fois, c'est marrant parce que je voulais juste rebondir
39:13 sur quelque chose qui était bien dit.
39:15 Moi j'ai l'impression que ça fait deux ans qu'ils sont dans le brouillard.
39:17 Mais bon, ils n'ont pas remonté les taux assez tôt.
39:20 Au début ils disaient non mais il n'y aura jamais d'inflation.
39:22 Après ils nous ont remonté les taux à fond les manettes.
39:24 Maintenant on verra.
39:25 La vérité va s'inscrire.
39:26 Après c'est toujours facile à postéroïde de dire les choses.
39:29 Oui, puis le film a connu quand même des surprises et des épisodes pendant ces trois
39:35 dernières années.
39:36 Enfin, tout ne s'est pas joué en 2020.
39:38 Exactement.
39:39 Voilà, il y a eu d'autres épisodes pendant ces trois ans.
39:43 Non, je pense qu'après sur les thématiques de marché, les grandes questions.
39:45 Alors sur les taux, comme je te l'ai dit, mon idée c'est plutôt stabilité de la partie
39:51 longue.
39:52 La partie courte, elle est très intéressante mais c'est très compliqué à lire aussi.
39:56 Le marché n'est pas si bête en fait.
40:00 Le marché, comme il voit que de toute façon les banques centrales ont plus ou moins accompli
40:05 leur cycle de resserrement, ils se disent qu'on va commencer à mettre en place, à
40:10 anticiper des baisses de taux.
40:11 Alors évident que si on a une récession, on ne va pas baisser de 50 ou 75 points de
40:15 base.
40:16 On va baisser de 200 points de base.
40:17 Ça va se faire très très vite.
40:18 Après le problème c'est que si vous ne savez pas exactement quand est-ce que ça
40:21 va se passer, vous avez tendance à mettre une moyenne.
40:23 C'est pour ça que les marchés, ils se disent, alors c'est sûr qu'ils ne se disent
40:26 pas que la fête va baisser ses taux en décembre, mais ils se disent à partir peut-être sous
40:30 juin l'année prochaine.
40:31 Et on a l'impression de lire ça, il y aura une baisse de taux en mars, puis une baisse
40:33 de taux en mai, puis une baisse de taux…
40:35 En fait la vraie manière de gagner de l'argent c'est d'être sûr, je ne sais pas, de
40:39 savoir quand est-ce qu'on a par exemple une économie américaine qui cale fortement
40:43 et qui fait peur.
40:44 Donc ça, est-ce que ça arrive dès l'été, à la fin de l'année, l'année suivante.
40:49 C'est très compliqué en fait.
40:50 On n'a pas encore, comme l'a bien dit Jeanne, en plus on n'a pas les éléments
40:53 aujourd'hui pour…
40:54 C'est des paris qui peuvent faire très très mal si on les prend trop tôt aujourd'hui
40:56 avec des marchés qui ne sont pas dans cet état d'esprit au global.
40:59 Exactement.
41:00 Donc voilà, ça c'est pour la partie taux.
41:03 La partie actions, moi je pense que ça reste assez…
41:05 Mais taux ça veut dire quoi ? Pas trop de durations, c'est ce que je comprends ?
41:08 Encore une fois, je suis dans un Hedge Fund, donc si je suis longue duration et que je
41:12 paye les taux courts, ça coûte très cher.
41:14 Donc je dirais que pour un Hedge Fund, on se mettra davantage dans les taux longs quand
41:18 on verra vraiment des signaux clairs, pas uniquement de ralentissement modéré.
41:23 On a eu un T3 qui était fantastique, évidemment, le T4 c'est un peu moins beau.
41:25 Ça c'est lié à une technique de gestion on va dire.
41:28 Voilà, en tout cas par rapport à moins moins de coûts de financement entre guillemets.
41:31 Mais donc c'est quand on aura vraiment la récession où des éléments qui diront voilà
41:36 là…
41:37 Qui aura de la performance à les capter sur la duration.
41:38 Il y a une peur sur les marchés financiers, des choses comme ça, qu'on se dira bon
41:41 ben là ça vaut le coup d'aller sur la duration.
41:42 Donc on est rémunéré sur les taux courts, il n'y a pas de problème.
41:45 Voilà.
41:46 Après sur la partie actions, moi je pense qu'à court terme, il faut être encore
41:49 un peu sur la partie durations longues, Nasdaq, etc.
41:53 Je pense que c'est pas mal.
41:54 J'aurais tendance à penser qu'au mois de décembre, l'euro va poursuivre son
42:01 rétablissement.
42:02 Je pense que l'Europe peut un peu aussi au mois de décembre être…
42:05 Faire un peu de surpassement.
42:07 Il y a l'idée que la différentielle US-Europe pourrait être à un moment plus favorable,
42:12 en dynamique en tout cas, la zone euro.
42:13 Oui et puis c'est comme tout, il y a des phases de marché.
42:15 Je pense que là, pour l'instant, les gens ont eu du mal à d'ailleurs à parfois capter
42:19 ce rallye.
42:20 Les gens étaient très… Vous voyez, le marché était très très short au moment
42:22 où le marché a commencé à rebondir.
42:24 Donc voilà, au début on achète la qualité, on achète… Et puis après, on commence
42:29 à aller un peu plus vers la value, des choses un peu plus cycliques.
42:31 Et je pense qu'on a quelques éléments qui peuvent un peu catalyser ça.
42:34 On en a parlé sur l'Europe, au moins tactiquement, au mois de décembre.
42:37 Parce que là, ça a été un rebond sur les parties actions très Nasdaq, effectivement,
42:41 depuis deux ou trois semaines.
42:42 Le dernier pas, c'est les matières premières.
42:44 Je pense qu'il faut être encore assez prudent.
42:46 Je pense qu'il y a un point qui me semble très fragile dans le consensus, ça reste
42:51 la production et la consommation de biens.
42:53 Autant sur les services, je pense que ça reste assez robuste, autant sur les biens,
42:57 je ne suis pas sûr qu'on ait complètement absorbé la surconsommation de biens qu'on
43:00 a eue pendant le Covid.
43:01 Donc on pourrait avoir des décotes supplémentaires sur les prix de certaines matières premières.
43:04 En tout cas, il y a de plus en plus d'espoir de se dire voilà, il faut jouer les matières
43:08 premières.
43:09 C'est assez consensuel parce que bon, les biens vont venir.
43:11 Il y a la thématique avec par exemple la décarbonisation de l'économie, etc.
43:18 Mais bon, on voit que notamment la Chine a un gros poids dans la consommation de matières
43:23 premières, ça reste très mou, ce n'est pas une catastrophe, mais ça reste très
43:25 mou.
43:26 Voilà, je ne suis pas sûr qu'on ait le rebond de la consommation manufacturière
43:30 aussi fort que ce qui est un peu prévu dans le marché.
43:32 Jeanne, qu'est-ce qui intéresse là dans l'univers des possibles sur le plan de l'investissement ?
43:37 On voit la divergence entre une vision à long terme, alors long terme voulant dire
43:42 un an, ce n'est pas cinq ans, mais dans lequel on se dit qu'on aura quand même d'ici un
43:47 an un ralentissement un peu plus appuyé.
43:50 Donc on a envie de voir des taux plus bas, pas aussi bas qu'avant et que beaucoup se
43:58 comptent.
43:59 Qu'est-ce que beaucoup imaginent ?
44:00 Si vous prenez en compte le portage, ça vous donne des rendements attendus qui sont
44:04 quand même attrayants, mais à très court terme non.
44:06 Trop tôt.
44:07 Et j'ai envie de dire, sur le crédit, on a des craintes, là c'est presque dans l'autre
44:14 sens, c'est la vision symétrique, on a des craintes à plus long terme, mais aujourd'hui
44:21 non, portage intéressant, pas beaucoup de craintes.
44:24 Crédit bien sûr de qualité, il y a des façons de privilégier, on ne va pas sur des triple
44:31 C.
44:32 Après sur la partie action, c'est presque un peu la même chose, c'est-à-dire qu'on
44:37 se dit à un moment, il faudra bien que les entreprises, enfin il y a un certain nombre
44:42 d'éléments qui vont se conjuguer, pas forcément favorablement, vous avez le renchérissement
44:47 du coût de financement des entreprises, vous avez des salaires qui restent ou qui augmentent
44:52 en part du chiffre d'affaires et des chiffres d'affaires dont, de notre point de vue, nos
44:55 modèles nous disent qu'ils vont être stables.
44:56 Donc on est sur une situation où les marges pourraient devenir tendues.
45:02 Après, toutes les questions de valorisation, en particulier aux Etats-Unis, sont faussées
45:06 par le Nasdaq ou par les grands titres.
45:09 Donc du coup, on ne peut pas aller de façon simple sur un indice comme ça.
45:14 Non, on ne peut pas, il suffit de prendre le S&P/EQ pondéré et le S&P normal pour
45:19 voir qu'on n'est plus pas du tout sur le même.
45:22 Donc du coup, il faut aller un peu plus en détail et un peu plus finement.
45:26 On ne voit pas de catastrophe, mais on n'est pas non plus d'un enthousiasme délirant
45:32 dans la période à très court terme.
45:34 C'est sûr que la dominance ou la domination de quelques grosses méga-caps américaines
45:41 dans les indices est spectaculaire, ça n'arrête pas, c'est un rouleau compresseur.
45:45 Absolument incroyable.
45:46 Merci à vous deux, merci d'avoir été les invités de Planète Marché ce soir.
45:50 Je suis Nassraf Bitton, directeur de la recherche de BFTIM, Pierre-Olivier Béphy, chef économiste
45:54 et gérant chez Boussard et Gavodin et je renvoie également à l'EcoAvenir, l'association
45:59 que vous présidez, que vous trouvez évidemment sur vos réseaux, sur internet et tous les
46:02 podcasts disponibles sur les plateformes.
46:05 Au passage, profitez-en pour écouter les podcasts de Smartbourses, là aussi disponibles
46:09 sur vos plateformes préférées.
46:10 Merci à vous deux d'avoir été les invités de Planète Marché ce soir.
46:18 Le dernier quart d'heure de Smartbourses, chaque lundi soir, c'est le quart d'heure
46:22 américain et nous retrouvons notre correspondant américain, Pierre-Yves Dugas, avec nous en
46:26 visioconférence.
46:27 Bonsoir Pierre-Yves, merci beaucoup d'être avec nous.
46:30 C'est reparti pour le compte à rebours avant la perspective du shutdown de l'administration
46:36 américaine puisque, je le rappelle, la stopgap bill court jusqu'au 17 novembre.
46:42 Le 17 novembre, c'est à la fin de cette semaine Pierre-Yves.
46:45 Oui, on ne devrait pas se poser cette question bien entendu et si on peut se la poser, il
46:52 ne faudrait pas qu'on se la pose tous les deux mois.
46:54 C'est ce qui se produit.
46:55 Même l'agence Moody's, qui était la dernière à ne pas avoir dit de choses trop trop désagréables
47:02 à l'égard de l'annotation de la dette du gouvernement fédéral américain, a fini
47:06 par lâcher le morceau il y a quelques jours et son argumentation est parfaitement justifiée.
47:11 Shutdown ou pas shutdown, le dysfonctionnement politique aux Etats-Unis, ces risques réguliers
47:19 qui pèsent sur le fonctionnement normal de l'activité du gouvernement fédéral d'une
47:23 part et, moins fréquemment mais tout de même trop souvent, ces incertitudes sur l'éventuel
47:32 défaut du Trésor américain, tout ça n'est pas sérieux.
47:35 Je dirais, pour répondre directement à votre question, si on a un shutdown, il interviendra
47:43 à minuit vendredi, juste la semaine avant Thanksgiving.
47:48 Ça fait tout de même un petit peu désordre pour les Républicains qui sont universellement
47:55 accusés d'être responsables de cette situation puisque c'est un déchirement interne au
48:00 parti républicain qui est essentiellement responsable de ce problème.
48:05 Le nouveau Speaker de la Chambre, Mike Jensen, va-t-il bénéficier d'une lune de miel ? Cette
48:10 lune de miel lui sera-t-elle accordée par ses propres troupes ? Les démocrates, on
48:17 sait qu'on ne peut pas compter sur eux, mais une vingtaine de Républicains populistes,
48:22 une vingtaine de Républicains trumpistes, sur un total de sièges à la Chambre des
48:27 électeurs, qui est un total de 221, hésitent.
48:32 On saura ce soir avec le vote en commission et demain avec un vote qui est prévu sur
48:36 le floor de la Chambre si cette fusée à deux étages que nous propose le Speaker de
48:41 la Chambre va permettre d'éviter un shutdown vendredi soir.
48:46 Une fusée à deux étages qui est d'ores et déjà qualifiée de truc complètement
48:51 délirant par exemple Patty Murray, sénatrice de l'État de Washington, qui dit carrément
48:58 je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi stupide.
49:02 De quoi s'agit-il ? De financer de manière temporaire, une fois de plus, le gouvernement
49:08 américain.
49:09 Cette fois-ci, juste pour compliquer les choses, on va introduire deux dates.
49:15 La première date étant une date, pour ne pas dire de bêtises, je vérifie mes notes,
49:21 du 19 janvier pour le budget des anciens combattants, le budget de l'énergie, le budget de l'agriculture
49:28 et des transports et du logement.
49:30 Et puis il y aura une deuxième date, le 2 février, couvrant en particulier le département
49:37 du travail et le département de la justice, qui politiquement est toujours quelque chose
49:41 de très sensible, même si les sommes ne sont pas considérables.
49:43 Pourquoi ces deux dates ? Parce qu'il s'agit, dans la logique du Speaker, de suivre la lettre
49:51 de la Constitution américaine et que la Chambre des représentants se prononce sur les 12 lois
49:59 de finances qui constituent le budget américain.
50:02 A ce jour, la Chambre n'a voté que sur 7 de ces lois, donc pour celles qui restent,
50:08 il propose ce système à deux étages.
50:10 Le Sénat, de son côté, s'est prononcé sur 3 de ces lois.
50:13 Horrible détail, ces versions ne sont pas compatibles.
50:17 Donc même s'il y a vote à la Chambre sur les 12 lois, il va ensuite falloir renégocier
50:22 avec le Sénat.
50:23 Tout ça est une complication extrême, on ne voit pas comment ça peut être fait certainement
50:28 avant le 17 novembre et probablement pas avant le 19 janvier et peut-être pas non plus avant
50:34 le 2 février.
50:35 Donc peut-être pas de shutdown dans les tous prochains jours, mais si j'avais à parier,
50:41 je parierais qu'il y aurait une lune de miel un petit peu accordée à M. Johnson.
50:44 On lui donnerait le bénéfice du doute sur sa fusée à deux étages, mais on se dirigerait
50:49 à ce moment-là vers un shutdown au début de l'année prochaine.
50:51 La séquence n'est pas terminée, il risque donc de se prolonger autour du risque de fermeture
50:59 des administrations américaines.
51:01 L'autre course qui nous intéresse dès à présent, un an avant l'élection présidentielle
51:06 américaine, c'est la course électorale avec là aussi des jeux qui sont peut-être
51:12 en train de se mettre en place.
51:13 Pierre-Yves, puisqu'on reparle de Joe Manchin, moi je m'en souviens c'était le sénateur
51:18 pivot, le démocrate conservateur que tout le monde s'arrachait, que les démocrates
51:23 voulaient absolument garder, mais que les républicains aimaient bien avoir aussi avec
51:26 eux de temps en temps.
51:27 Je crois qu'il avait voté pas mal de loi républicaine quand il était, il est toujours
51:31 je crois, sénateur.
51:33 Pourquoi est-ce qu'on évoque la possibilité de voir Joe Manchin s'inscrire dans la course
51:38 à l'élection présidentielle et quelle est l'idée derrière, pour qui pourrait-il
51:44 rouler et qui aurait le plus à perdre d'une candidature potentielle possible de Joe Manchin ?
51:50 Alors là aussi il y a une fusée à deux étages.
51:52 Le premier étage c'est que Joe Manchin vient d'annoncer qu'il ne se présentera pas
52:00 pour les sénatoriales de novembre et que donc son siège de sénateur de Virginie-Occidentale
52:06 va devenir vacant.
52:07 C'est une catastrophe pour les démocrates parce qu'il est très probable, vu la dominance
52:15 des républicains maintenant en Virginie-Occidentale, que ce sera un candidat républicain qui lui
52:20 succédera.
52:21 Or, ça ne vous a pas échappé, mais la majorité des démocrates au Sénat à ce jour est de
52:27 51 voix contre 49 et lors des sénatoriales de l'année prochaine, les démocrates doivent
52:35 défendre 23 sièges, les républicains 10 sièges seulement.
52:39 Donc voilà qui complique les choses, qui force les démocrates à défendre un siège
52:46 dans une zone qui est qualifiée de rouge, puisque quand on est rouge sur la carte électorale
52:52 américaine, on est républicain, quand on est bleu, on est démocrate.
52:55 Premier étage de la fusée, donc complications pour les sénatoriales qui risquent de contribuer
53:00 à faire basculer le Sénat.
53:01 Mais le deuxième étage est encore plus juteux.
53:03 Parce qu'on se demande ce que le sénateur Joe Manchin a derrière la tête.
53:10 Il a 76 ans, il nous a fait un discours très présidentiel pour nous annoncer qu'il ne
53:14 se représenterait pas et qu'il va maintenant passer son temps à circuler aux États-Unis
53:20 pour porter très haut son message de politique disons centriste où on arrête avec les extrêmes
53:28 qui sont flattés tant par le parti démocrate que par le parti républicain.
53:31 Et tout cela ressemble énormément à une pré-annonce de candidature sur un ticket
53:39 qui serait cette fois-ci indépendant.
53:41 Et si Joe Manchin provoque une triangulaire aux États-Unis, les choses vont se compliquer.
53:50 Se compliquer a priori surtout pour Joe Biden.
53:54 Pourquoi ? Parce que les trumpistes vont voter pour Trump.
53:58 Les républicains conservateurs vont en partie re-voter pour Trump.
54:04 Les républicains modérément conservateurs et les centristes voteront pour Joe Manchin.
54:10 Côté démocrate, les démocrates de l'aile gauche sont très fâchés contre leur président
54:17 en ce moment à cause de sa prise de position de soutien à Israël.
54:21 Et la participation de l'aile gauche démocrate risque d'être plus faible l'année prochaine
54:28 lors des présidentielles en partie pour cette raison-là.
54:31 Et les démocrates, je dirais classiques, les démocrates plutôt centristes, les sociodémocrates
54:38 pour parler à l'européenne vont être tentés de voter pour Joe Manchin parce que c'est un centriste.
54:45 Et à ce moment-là, il peut manquer des voix à Joe Biden, sachant qu'aujourd'hui,
54:50 si l'on regarde les sondages nationaux, nous en avions parlé la semaine dernière,
54:55 en dépit de positions incompréhensibles prises par le parti républicain
54:59 qui lui sont nocives à l'échelon local sur l'avortement, à l'échelon national,
55:04 les républicains pour le moment gagneraient si Donald Trump se présentait.
55:09 Donc pourquoi Joe Manchin ferait-il cela ?
55:13 Il prend un risque énorme parce que dans les triangulaires,
55:16 les candidats indépendants se font régulièrement massacrer.
55:20 On se souvient peut-être de M. Anderson, on se souvient aussi de Ross Perot.
55:28 Il est très difficile de casser le duopole.
55:33 Mais cette année, c'est possible parce qu'à peu près 60 à 70 % des Américains,
55:39 tant républicains que démocrates, ne veulent pas de leur candidat.
55:44 Les démocrates ne veulent pas de Joe Biden et les républicains se pensionnaient de plus en plus fort.
55:50 Ce duel Biden-Trump est quelque chose qu'une grande proportion d'électorats américains ne veut pas revoir.
55:59 C'est peut-être 2024 l'année pour une triangulaire qui pourrait faire triompher Joe Manchin ou un autre.
56:05 Mais Joe Manchin a énormément d'avantages.
56:09 On le connaît, il a la représentativité de son nom.
56:14 C'est quelqu'un qui finalement peut être assez sympathique
56:18 et qui paraît extrêmement modéré au regard de Donald Trump.
56:23 Il va être mesuré très vite, j'imagine, dans les sondages, non ?
56:27 Avec l'intention peut-être d'une candidature à la présidentielle ?
56:31 Vous savez que c'est assez compliqué de vouloir se présenter aux élections présidentielles comme candidat indépendant
56:38 parce qu'il faut des comités de représentation dans les 50 États américains.
56:42 Chaque État a ses propres procédures.
56:45 Il faut aussi lever des fonds.
56:47 Et en fait, pour parler simplement, ce que Joe Manchin nous a annoncé en filigrane il y a quelques jours,
56:56 c'est qu'il est en train de se promener dans tous les États-Unis sur le circuit
57:01 pour voir si, parmi les gens qui ont des poches profondes,
57:05 il y en a qui vont lui donner les millions nécessaires pour financer sa campagne
57:09 et se présenter sur les 50 bulletins dans les 50 États,
57:14 sachant qu'il faut que les choses soient réglées à peu près fin janvier
57:18 pour que cela ait à peu près une chance de fonctionner.
57:24 On peut imaginer aussi qu'il ne puisse pas le faire dans certains États marginaux.
57:29 Mais si Joe Manchin veut faire bien les choses,
57:32 il va falloir qu'il soit explicite et qu'il ait déjà des engagements très clairs de la part de grands donateurs
57:39 d'ici, je dirais, le début du mois de janvier.
57:43 Il y a beaucoup d'animosité entre Joe Biden et Joe Manchin.
57:48 Joe Manchin considère qu'il a été manipulé par la Maison-Blanche au moment du vote de l'IRA.
57:54 Il a mené campagne contre ce qu'il considère comme une politique
58:01 beaucoup trop excessive de transition climatique,
58:05 qui a laissé passer au second plan l'urgence du contrôle de la chaîne de production et d'approvisionnement
58:12 au profit de mesures qui coûtent très cher fiscalement et qui visent à subventionner la filière électrique
58:19 alors que lui vient d'un État charbonnier et que c'est l'ami du carbone.
58:23 Voilà un axe de différenciation pour Joe Manchin, peut-être demain dans la course à la présidentielle
58:30 avec ce roadshow, on appelle ça comme ça, sur les marchés, entamé par le sénateur de Virginie Occidental,
58:36 dans l'ensemble des États américains.
58:38 Merci beaucoup Pierre-Yves.
58:39 Pierre-Yves Dugas avec nous chaque lundi 17h45 dans le Cardeau Américain en direct
58:44 et à retrouver bien sûr en replay sur bsmart.fr.
58:46 [Musique]