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  • il y a 3 ans
Avec William Bourdon, avocat au barreau de Paris

Vous avez la parole avec Félix Mathieu.

Retrouvez Les Vraies Voix avec Cécile de Ménibus et Philippe David du lundi au vendredi de 17h à 20h sur #SudRadio.
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Transcription
00:00 Direction l'Assemblée nationale avec la liberté d'expression en danger
00:05 selon plusieurs avocats, associations de défense des libertés ou syndicats de journalistes,
00:09 ils voient rouge à cause d'une modification de la loi de 1881 sur le droit de la presse.
00:14 Modification adoptée par le Sénat puis l'Assemblée nationale,
00:17 donc hier soir en marge d'un projet de loi pour mieux protéger les élus locaux.
00:21 Alors on comprend l'intention de protéger les maires exposés aux violences par exemple,
00:24 sauf que le texte prévoit notamment que désormais,
00:27 quand on publie quelque chose sur un élu ou sur un candidat à mandat,
00:31 bref sur un homme ou une femme politique,
00:33 le délai de prescription pour une procédure en diffamation ou en injure publique passerait à un an,
00:38 et non plus seulement trois mois quand c'est un homme politique.
00:41 Bonsoir Maître William Bourdon.
00:43 Bonsoir.
00:44 Avocat au barreau de Paris, merci d'être avec nous dans les vraies voix sur Sud Radio.
00:47 Les élus modifient la loi sur la presse rien que pour eux,
00:50 se réservant à délais de prescription privilégiés d'un an.
00:52 C'est la réaction, ça du fondateur de Mediapart et de We Plenel.
00:55 Est-ce que vous y voyez vous aussi une épée de Damoclès au sud de l'information ?
00:58 Evidemment oui.
01:00 Alors que les élus soient préoccupés de renforcer leur protection physique face à la multiplication des agressions,
01:07 on s'en est tous bons d'accord,
01:08 mais ce qui est insupportable c'est le fait de s'en saisir pour un cas timide,
01:12 poursuivre un travail déjà amorcé depuis plusieurs années de démantèlement de la loi de 1881,
01:18 et inclure un amendement qui,
01:21 et on peut se demander si les parlementaires sont déconnectés du réel,
01:26 mais à un point absolument hallucinant,
01:29 pour introduire une disposition qui,
01:31 nécessairement, nécessairement,
01:33 aurait été perçue par les citoyens,
01:35 comme introduisant une justice à deux vitesses.
01:37 Un régime de faveur pour les élus,
01:39 et puis les citoyens.
01:41 Une prescription d'un an,
01:43 pour ceux qui devraient en permanence,
01:47 par la preuve de leur exemplarité,
01:49 cela même d'ailleurs qui sont,
01:51 parfois questionnés par vous,
01:54 des journalistes,
01:56 interrogés sur des manquements d'intégrité ou d'appropriité,
01:59 et donc eux, ils auraient un an de réflexion,
02:02 pour pouvoir réagir,
02:03 et les citoyens seraient dans la contrainte des trois mois,
02:05 c'est évidemment la contrainte de trois mois,
02:07 qui doit s'appliquer à tout le monde.
02:08 - Monsieur, monsieur, Maître...
02:10 - Maître Bourdon, que je connais bien,
02:12 parle ailleurs.
02:13 - Philippe Ilger.
02:14 - En fait, la loi de 81 a été changée à multiples reprises,
02:18 mais là, vous avez totalement raison de protester,
02:21 c'est un point substantiel de la loi de 1881,
02:25 la prescription, on ne la change pas,
02:28 pour les besoins d'une catégorie.
02:30 - Sauf que, pardonnez-moi,
02:33 c'est l'élu local qui va vous répondre,
02:35 sauf que l'accélération aujourd'hui,
02:37 de la grande lessiveuse médiatique,
02:38 à l'heure des réseaux sociaux,
02:39 n'a rien à voir avec, je dirais,
02:41 la philosophie de la loi de 1880,
02:44 la temporalité n'est plus la même,
02:45 les enjeux sociaux, médiatiques, familiaux,
02:48 ne sont plus les mêmes,
02:49 et aujourd'hui, vous avez, la plupart du temps,
02:52 un certain nombre d'élus qui se font, mais,
02:54 bastonner, lessiver, nettoyer socialement,
02:57 alors qu'ils n'ont rien fait.
02:59 - Les besoins de protection de la liberté
03:01 sont rigoureusement les mêmes.
03:03 - Oui, oui, mais sauf que l'impact aujourd'hui,
03:07 l'impact aujourd'hui des...
03:09 - On n'a pas le temps, Sébastien,
03:11 parce qu'on est très en retard,
03:12 mais il faut qu'on laisse finir...
03:14 - Allez-y.
03:15 - William Bordeaux.
03:16 - Oui, non, attendez,
03:17 ce que vous dites n'est pas...
03:19 c'est juste un prétexte, un habillage.
03:21 - Absolument pas.
03:22 - Non, mais bien sûr que oui.
03:24 - Vous le dites, pas moi.
03:25 - Il y a bien une catégorie,
03:26 il y a bien une catégorie de gens,
03:27 ils sont entourés d'assistants,
03:29 de chargés de communication,
03:31 qui surveillent...
03:32 - Ce n'est pas vrai pour les élus locaux, monsieur,
03:33 ce n'est absolument pas vrai pour les élus locaux.
03:35 Quand vous êtes élu d'une collectivité,
03:37 vous n'avez pas des assistants,
03:38 si vous avez des communications,
03:39 ce n'est pas vrai.
03:40 - C'est d'abord et pas davantage.
03:42 Donc, une fois de plus,
03:44 c'est une justice favorable
03:46 pour ceux qui sont perçus,
03:48 je dis les choses de façon caricaturale,
03:50 comme les puissants,
03:52 et c'est un coup de canine supplémentaire
03:54 dans ce qui est essentiel,
03:56 c'est-à-dire la perception que les citoyens doivent avoir
03:59 d'un respect rigoureux,
04:01 d'un principe qui s'appelle l'égalité devant la loi.
04:03 - Merci William Bordeaux.
04:04 On rappelle que vous êtes avocat au barreau de Paris.
04:06 Merci d'avoir passé la tête dans les vraies voix sur Sud Radio.

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