- il y a 2 ans
Valérie Hayer, tête de liste Renaissance aux Européennes, était l’invitée du Face à Face sur BFMTV - RMC.
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00:00Il est 8h32 et vous êtes bien sur AMC et BFM TV, bonjour Valérie Heillet, merci d'être dans ce studio ce matin, vous êtes la tête de liste
00:07renaissance aux élections européennes, c'est-à-dire la liste macroniste, vous êtes vous-même d'ailleurs parlementaire européenne,
00:15sortante donc. Les derniers sondages vous donnent plutôt à la peine, ça ne décolle pas, ça baisse même un peu, autour de 15 ou 16%
00:23c'est-à-dire la moitié du score de Jordan Bardella qui est la tête de liste pour le pour l'ERN.
00:28Comment vous l'expliquez-vous ?
00:31D'abord, je voudrais dire que le résultat c'est le 9 juin
00:36et ce n'est pas aujourd'hui et ça me permet de rappeler aux français que les élections c'est le 9 juin et qu'il y a un seul jour et un seul tour.
00:43Je regarde évidemment les sondages, ce qui est deuxième des sondages aussi, c'est que les français s'intéressent à cette élection
00:49et que ça va se cristalliser sur les derniers jours.
00:53Et donc moi, mon enjeu et
00:55ma mission d'ici au 9 juin, c'est de convaincre les français qu'ils ont besoin d'Europe,
00:59que l'Europe elle est nécessaire pour leur pouvoir d'achat, pour leur santé, pour leurs emplois et de leur expliquer aussi que
01:07avec notre projet, nous allons créer les conditions d'une meilleure prospérité sur le continent, nous allons
01:13ensemble créer une défense européenne
01:15pour répondre aux défis qui sont devant nous.
01:18On est dans un moment de bascule, l'Europe elle est mortelle, le président de la République l'a dit, avec des puissances extérieures qui nous menacent,
01:24avec un risque de décrochage économique, c'est la vie de la Chine et des Etats-Unis,
01:28mais on a les capacités de prendre les bonnes décisions.
01:30Et donc moi, je veux convaincre les français de ça, je veux leur dire aussi, ne vous laissez pas duper par l'extrême droite
01:38les solutions magiques de l'extrême droite, qui n'en sont pas, et qui au contraire, si on leur donne les clés du camion,
01:46vont nous mettre dans le mur d'un point de vue économique
01:49et
01:50ce serait véritablement une mauvaise solution. Je vais être tout à fait honnête avec vous Valérie Ayé, en
01:55travaillant cette interview et en essayant justement de comprendre,
01:58je regardais et je me disais au fond, vous êtes vraiment la très bonne élève, c'est-à-dire quand on regarde même les chiffres et
02:03évidemment, vous souriez d'ailleurs de fierté, et je le comprends, vous êtes celle qui a été la plus
02:08consciencieuse, quand on regarde, et d'ailleurs c'est une enquête qui a été menée par BFMTV.fr, vous êtes la plus assidue,
02:1598,6% de taux de participation au vote, vous êtes devant tous les autres,
02:20vous êtes aussi au-dessus de la moyenne sur tous les autres critères, vous êtes celle qui a rédigé le plus de rapports,
02:24vous êtes celle qui a rédigé le plus d'avis,
02:27vous êtes la bonne élève consciencieuse, sauf que l'Europe en ce moment, elle ne fait pas rêver les Français, donc vous êtes presque comme
02:35celle qui est associée
02:36à celle qui serait un peu trop zélée par rapport aux profs, quand on est dans une classe, est-ce que vous comprenez ça ?
02:41Est-ce qu'il n'y a pas un problème de décalage par rapport à, vous êtes l'assidue de l'Europe, d'une Europe qui ne fait plus rêver ?
02:48Moi je suis convaincue que c'est en renforçant l'Europe qu'on renforcera la France, après
02:53évidemment que l'Europe elle n'est pas parfaite, et depuis le premier jour quand je suis arrivée au Parlement européen,
02:57j'ai eu la détermination de transformer l'Europe, parce qu'il y a des tas de choses qui effectivement ne vont pas, mais il faut rappeler les fondamentaux,
03:03on a besoin de l'Europe pour réindustrialiser et ramener la production de médicaments sur notre territoire,
03:09on a besoin de l'Europe pour bâtir une défense européenne, et vis-à-vis de Vladimir Poutine notamment.
03:14Et donc oui, l'Europe elle n'est pas parfaite, mais moi au Parlement européen, je me suis battue tous les jours pour la transformer,
03:20je me suis battue pour qu'on mette en place un plan de relance européen au moment de la crise sanitaire,
03:23pour que nos économies ne tombent pas, et grâce à ce plan de relance, nos artisans, nos commerçants, nos PME n'ont pas mis la clé sous la porte.
03:30Vous trouvez ça injuste ?
03:32Alors je ne dirais pas que c'est injuste ou pas juste, moi en tout cas,
03:35j'ai passé mon mandat au Parlement européen à faire bouger les lignes,
03:39à faire que l'Europe elle sorte de sa naïveté pour être plus efficace et plus utile auprès des Français.
03:44Les Français sont très pessimistes sur l'Europe, je ne sais pas si vous avez regardé,
03:48alors il y a les sondages qu'on fait auprès des Français uniquement,
03:51mais il y en a un qui est très instructif, qui est l'Eurobaromètre, qui est une étude qui a été menée dans tous les pays de l'Union européenne,
03:56qui a été commandée par le Parlement européen en avril dernier, donc le mois dernier,
04:00et les Français sont les plus pessimistes de tous les pays européens.
04:0465% des Français estiment que les choses vont dans la mauvaise direction en Union européenne,
04:10contre 49% de tous les Européens en moyenne.
04:15Qu'est-ce que vous leur dites à ces Français ?
04:16Aux Français, je leur dis que les choses ne sont pas parfaites,
04:19je leur dis qu'on a commencé à faire bouger les lignes au Parlement européen,
04:22on a mis en place une régulation inédite des géants du numérique,
04:24c'est-à-dire qu'on joue le rapport de force avec les géants du numérique
04:27pour qu'ils protègent nos enfants en ligne, on a mis en place le plan de relance,
04:31on a mis en place la taxe carbone aux frontières pour ramener de la compétitivité
04:35à nos entreprises, à nos industriels, on a fait bouger les lignes en matière commerciale
04:39aussi pour que l'Europe sorte de sa naïveté, donc on a fait bouger les lignes.
04:43Il y a encore beaucoup à faire et c'est ma priorité pour le prochain mandat
04:46avec la liste Besoins d'Europe que je porte.
04:48Et je dis aussi aux Français, regardez ce qui se passe outre-Manche.
04:52Les Britanniques ont choisi de quitter l'Europe.
04:54Aujourd'hui, il y a une majorité de Britanniques qui regrettent leur choix
04:57parce qu'ils voient bien les conséquences désastreuses
04:59du fait de ne plus y avoir personne aujourd'hui en France,
05:03ni même le RN qui, à un moment, était pour la sortie de l'Union européenne,
05:07ne prétendent vouloir sortir la France.
05:08À l'extrême droite, aujourd'hui, il ne dit plus qu'elle veut sortir de l'Union européenne,
05:11mais quand on regarde leur programme, tout dit qu'ils veulent non seulement
05:15détruire l'Union européenne et en sortir.
05:16Je vais vous donner quelques exemples.
05:18Ils veulent la fameuse double frontière proposée par Jordan Bardella.
05:22Donc d'abord, je n'ai pas compris, toujours pas, comment ils veulent la mettre en place.
05:25S'ils bâtissent des murs entre la France et l'Italie,
05:28s'ils mettent des douaniers sous tous les 100 mètres, etc.
05:30Mais en tout état de cause, ça veut dire qu'on quitte l'espace Schengen.
05:34Ça veut dire plus de liberté de circulation en Europe.
05:37Ils veulent renationaliser la politique agricole commune.
05:41Ils veulent ne plus payer, ne plus contribuer au budget commun.
05:45Mais pardon, mais si ce n'est pas sortir de l'Europe,
05:46ça, c'est un Frexit en pièces détachées.
05:49Donc, il faut aussi que les Français soient conscients de ça.
05:51L'extrême droite n'assume plus son projet de sortir de l'Union européenne
05:54parce que c'est impopulaire auprès des Français.
05:56Mais clairement, tout ce qui est dans leur programme démontre qu'ils veulent en sortir.
05:59Donc, ils sont dans une sortie de l'Union européenne.
06:00Bien sûr, bien sûr.
06:01Coordonnés avec leurs alliés en extrême droite partout en Europe,
06:05dont le seul objectif, c'est de détruire l'Europe.
06:07Comment vous réagissez, tiens, puisque vous évoquez la question des alliés du RN ?
06:12Vous, vos alliés, dans le groupe que vous dirigez, le groupe Renew,
06:16il y a parmi eux, chez les Hollandais, le parti libéral hollandais,
06:20qui a donc annoncé en fin de semaine dernière, le VVD,
06:22qu'ils allaient participer à une coalition avec le Premier ministre élu,
06:27qui finalement n'exercera pas, Geert Wilders.
06:29C'est toujours vos alliés ?
06:32J'ai immédiatement exprimé ma désapprobation la plus totale vis-à-vis de cette alliance
06:37au niveau national européen, au sein de mon groupe.
06:39Et moi, en tant que présidente de groupe, on a toujours une ligne absolument claire.
06:43On ne fait aucune compromission avec l'extrême droite.
06:47Nous avons, durant ce mandat, toujours appliqué le cordon sanitaire,
06:49c'est-à-dire aucune...
06:51Donc eux, ils vont travailler avec l'extrême droite ?
06:53Je le désapprouve totalement, absolument totalement.
06:55Vous allez le désapprouver dans les mots,
06:57ou est-ce que vous allez jusqu'à dire que le VVD ne fait plus partie de Renew ?
07:00On aura une discussion, on arrivera au Parlement européen,
07:03il y a les élections, la campagne électorale, jusqu'au 9 juin.
07:05Le 10 juin, je réunirai mon groupe politique pour aborder cette question.
07:08Donc eux vont travailler avec Geert Wilders,
07:12vous ne pourriez pas travailler avec Marine Le Pen ou le RN ?
07:16C'est hors de question, jamais de la vie, de toute manière.
07:19Politiquement, je ne me suis associée de près ou de loin à l'extrême droite.
07:22Mais vous allez discuter de la présence du VVD,
07:27qui donc va travailler avec l'extrême droite en Hollande dans votre groupe.
07:31Quelle est votre position ?
07:33Est-ce que vous estimez, vous, que le VVD doit sortir ?
07:35Je l'ai dit, je suis en désapprobation la plus totale
07:39avec cette décision politique au niveau national.
07:42Je considère qu'ils se sont mis en marge de nos valeurs.
07:45Ensuite, moi je suis présidente du groupe,
07:47j'ai une responsabilité collective,
07:49et la décision doit être prise le 10 juin ensemble,
07:51conformément au statut du groupe.
07:53Vous ne demandez pas à ce que ce parti qui va travailler avec l'extrême droite
07:58sorte de votre groupe ?
07:59Vous pourriez continuer à travailler avec lui ?
08:01Je le redis, ils se sont mis en marge de nos valeurs.
08:03Est-ce que ça veut dire en marge, au bord, mais dans votre groupe ?
08:08Ou est-ce que ça veut dire hors de votre groupe ?
08:10En faisant ça, ils sont en opposition totale
08:12avec les valeurs et la ligne du groupe.
08:14Je vous le redis, je suis présidente du groupe,
08:16je ne prends pas de décision seule,
08:17elle sera prise au lendemain des élections européennes.
08:19Ma priorité, là, dans les trois semaines qui viennent,
08:21c'est de faire que l'extrême droite et tous leurs alliés en Europe
08:24aient le score le plus faible possible,
08:26pour préserver nos priorités.
08:29J'entends parfaitement Valérie Ayé,
08:30mais vous comprenez le paradoxe,
08:31c'est-à-dire que vous dites, moi je veux que tous les alliés
08:33de l'extrême droite baissent,
08:34mais en même temps, je ne vais pas jusqu'à dire
08:36que ceux qui sont techniquement alliés
08:38dans un gouvernement en Hollande sortent.
08:43Ecoutez, ma position est extrêmement claire,
08:46désapprobation totale,
08:47je considère qu'ils se sont mis en marge
08:48de nos valeurs et de nos règles,
08:50je suis présidente du groupe,
08:51j'attends d'avoir une discussion
08:52avec l'ensemble des membres du groupe,
08:54parce que je respecte les statuts,
08:56et je le redis,
08:57ils se sont mis, à mon sens,
08:58en marge de nos valeurs.
08:59Mais ça veut dire,
09:00pardon, je vais jusqu'au bout
09:01parce que je veux comprendre
09:02ce que ça veut dire, à la marge,
09:03ça veut dire que, concrètement,
09:04de cette discussion,
09:05pourrait sortir l'idée
09:06que le VVD qui travaille
09:07avec l'extrême droite en Hollande
09:08reste votre allié ?
09:10Je le redis, pour moi,
09:11c'est une option
09:12qui n'est pas entendable,
09:14parce qu'ils ne respectent pas
09:15nos valeurs en faisant cette alliance,
09:16mais je ne suis pas,
09:17moi seule, décisionnaire,
09:18je respecte les statuts du groupe.
09:20Et ma ligne rouge,
09:21elle est claire,
09:22je l'ai dit,
09:23j'ai exprimé ma désapprobation totale
09:24dès le premier jour
09:25à ces partenaires-là.
09:28Le cordon sanitaire,
09:29on l'a toujours respecté,
09:30ça fait partie des valeurs absolues
09:32du groupe,
09:33et je prendrai mes responsabilités
09:34au lendemain de l'élection
09:35pour que ces valeurs-là
09:36continuent d'être respectées.
09:38Valérie Ayé,
09:39est-ce qu'il faut aller
09:40plus d'Europe ?
09:41On va parler de la question
09:42de la manière dont
09:43les décisions sont prises
09:44au sein de l'Europe
09:45et la question aussi
09:46de l'élargissement.
09:47Sur la question
09:48de l'élargissement,
09:49quelle est votre position
09:50à vous sur l'idée
09:51de pouvoir accueillir
09:52l'Ukraine, la Géorgie ?
09:54L'Ukraine a sans conteste
09:55un destin européen,
09:56puisque les Ukrainiens,
09:57ils se battent,
09:58évidemment,
09:59pour recouvrir
10:00leur intégrité territoriale,
10:01ils se battent aussi
10:02pour nos valeurs européennes,
10:03de démocratie,
10:04et c'est l'une des raisons
10:05pour lesquelles Vladimir Poutine
10:06s'est attaqué aux Ukrainiens.
10:07Ensuite,
10:08est-ce que l'Ukraine
10:09doit intégrer
10:10l'Union européenne
10:11demain matin ?
10:12Non.
10:13Il y a des conditions
10:14avant toute adhésion.
10:15La première,
10:16c'est évidemment
10:17que l'Ukraine
10:18ne soit plus en guerre.
10:19La deuxième,
10:20c'est que l'Ukraine
10:21se réforme
10:22d'un point de vue économique,
10:23d'un point de vue social
10:24pour se rapprocher
10:25de nos standards.
10:26Et puis la troisième,
10:27c'est que nous-mêmes,
10:28nous nous réformions.
10:29Aujourd'hui,
10:30on voit bien
10:31que le processus
10:32de décision à 27,
10:33il est extrêmement compliqué
10:34avec des opportunités
10:35de veto qui sont données
10:36avec la règle
10:37avant toute adhésion
10:38de l'Ukraine.
10:39Évidemment,
10:40la fin de la guerre,
10:41les réformes en Ukraine
10:42et les réformes chez nous
10:43en notre sein.
10:44Si vous enlevez
10:45le droit de veto
10:46à certains pays,
10:47ça veut dire
10:48qu'on ne l'aura plus non plus ?
10:49On voit aujourd'hui
10:50qu'il y a un ensemble
10:51de décisions
10:52qui sont prises,
10:53notamment en matière
10:54budgétaire et fiscale,
10:55mais pas que,
10:56à l'unanimité
10:57et qui donnent
10:58des opportunités
10:59de veto et de chantage
11:00à certains en Europe.
11:01Viktor Orban,
11:02Premier ministre hongrois,
11:03c'est le plus grand
11:04maître chanteur en Europe.
11:05Il utilise son pouvoir
11:06pour s'opposer
11:07sur d'autres textes.
11:08Ce n'est pas possible
11:09de continuer à travailler
11:10comme ça.
11:11La démocratie,
11:12c'est la règle
11:13de la majorité qualifiée
11:14et notre rôle en Europe
11:15c'est d'aller convaincre,
11:16d'avoir du leadership
11:17pour aller convaincre
11:18nos partenaires
11:19qu'on fasse bouger
11:20les règles en direction
11:21des Français.
11:22Ça veut dire,
11:23Valérie Hélier,
11:24que concrètement,
11:25nous pourrions-nous
11:26nous retrouver en minorité ?
11:27Alors,
11:28ça veut dire
11:29que concrètement,
11:30il faut qu'on ait
11:31du leadership en Europe
11:32et moi,
11:33j'assume...
11:34Je suis pour
11:35les possibilités
11:36qu'on n'en ait pas
11:37et dans ces cas-là,
11:38vous auriez accepté
11:39des règles
11:40qui permettent
11:41que la France
11:42se retrouve potentiellement
11:43en minorité.
11:44On est bien d'accord.
11:45Moi,
11:46je ne suis pas tenant
11:47du défaitisme.
11:48Je pense qu'on a
11:49les capacités
11:50de faire bouger
11:51les règles en Europe.
11:52Oui, mais les Français
11:53sont défaitistes.
11:54Eh bien,
11:55je veux leur faire
11:56la démonstration.
11:57Quand on leur dit
11:58que vous inspirez
11:59l'Union européenne,
12:00le premier mot,
12:01le premier qualificatif
12:02qui en sort
12:03et c'est une étude
12:04on va y arriver
12:05et donc,
12:06on n'aura plus
12:07la règle du veto
12:08mais nous ne serons jamais
12:09en minorité.
12:10La première chose,
12:11d'abord,
12:12moi,
12:13je veux bâtir l'Europe
12:14qui protège.
12:15On l'a fait,
12:16par exemple,
12:17avec le plan de relance.
12:18Je veux qu'on avance
12:19avec la défense européenne
12:20pour faire face
12:21aux menaces extérieures
12:22qui pèsent sur nous.
12:23Je veux qu'on avance
12:24avec l'Europe de la santé
12:25comme on l'a vu
12:26au moment de la crise sanitaire.
12:27Je veux que l'Europe,
12:28elle soit le continent
12:29qui bâtisse
12:30le premier vaccin
12:31au monde contre le cancer.
12:32Sur cette question
12:33nous avons pensé
12:34sur un impôt minimum
12:35sur les sociétés
12:36parce que,
12:37évidemment,
12:38les pays qui ont
12:39un impôt minimum
12:40très très bas,
12:41nous on veut harmoniser
12:42et on veut taxer
12:43les géants du numérique.
12:44On a subi des veto
12:45de la part de l'Irlande
12:46ou du Luxembourg
12:47qui ont un intérêt
12:48au statu quo.
12:49On a réussi
12:50à transformer l'essai
12:51en montant
12:52la discussion
12:53au niveau international.
12:54On n'y arrivait pas
12:55à l'échelle européenne
12:56parce qu'on avait
12:57quelques pays
12:58qui opposaient leur veto.
12:59Moi,
13:00je veux qu'on taxe
13:01les géants du numérique
13:02parce que la Hongrie
13:03nous empêche
13:04de taxer
13:05les géants du numérique
13:06grâce à leur pouvoir de veto.
13:07C'est ça l'Europe.
13:08C'est comment on fait
13:09pour avancer en commun,
13:10ensemble,
13:11en prenant des décisions
13:12qui permettent véritablement
13:13de répondre
13:14à l'intérêt des Français.
13:15Et l'intérêt des Français,
13:16par exemple,
13:17c'est qu'on taxe
13:18les géants du numérique
13:19qui, aujourd'hui,
13:20sont moins taxés
13:21que le boulanger du coin.
13:22La Géorgie,
13:23a-t-elle sa place ?
13:24La Géorgie,
13:25alors la situation politique
13:26est compliquée
13:27aujourd'hui en Géorgie
13:28et donc on voit
13:29qu'il y a un gouvernement
13:30pro-européenne,
13:31qu'il y a des Géorgiens
13:32qui manifestent
13:33dans la rue
13:34tous les jours
13:35en montrant leur aspiration
13:36à devenir européens.
13:37Moi, je voudrais
13:38donner mon soutien
13:39à tous les Géorgiens
13:40qui veulent accéder
13:41à l'Union européenne.
13:42Là encore,
13:43on verra
13:44quelles sont
13:45les conditions
13:46pour la suite.
13:47Est-ce que la phrase
13:48« Je donne mon soutien
13:49à tous ceux qui veulent
13:50rejoindre l'Union européenne »
13:51veut dire que vous,
13:52Valérie Ayé,
13:53vous êtes favorable
13:54à l'entrée de la Géorgie
13:55dans l'Union européenne ?
13:56Pour en tout cas,
13:57ouvrir un processus
13:58d'entrée active
13:59dans l'Union européenne.
14:00Je le redis,
14:01il n'y a pas
14:02d'adhésion
14:03qui ne se fasse pas
14:04sans conditions.
14:05Et la condition,
14:06c'est évidemment
14:07le mérite
14:08des réformes
14:09qui sont appliquées.
14:10Si ils répondent
14:11à ces conditions,
14:12à ces critères,
14:13est-ce que vous êtes favorable
14:14à l'entrée de la Géorgie
14:15dans l'Union européenne ?
14:16Je le redis,
14:17c'est les conditions,
14:18le mérite qui est important.
14:19Effectivement,
14:20il faut qu'on puisse
14:21l'envisager.
14:22Après,
14:23on a différentes manières
14:24de discuter
14:25à l'échelle européenne.
14:26Il y a l'adhésion
14:27à l'Union européenne
14:28qui est plus large
14:29que l'Union européenne
14:30qui, demain,
14:31intègre aussi,
14:32par exemple,
14:33le Royaume-Uni
14:34qui a décidé
14:35de quitter l'Union européenne.
14:36On a plusieurs leviers
14:37pour parler ensemble.
14:38Mais vous,
14:39vous allez réagir,
14:40vous choisissez quoi ?
14:41Là encore,
14:42je le redis,
14:43je pense que la Géorgie,
14:44dans tous les cas,
14:45on a ouvert,
14:46il y a une décision
14:47qui a été faite
14:48pour ouvrir des discussions.
14:49Je pense qu'elle a aussi
14:50un destin européen.
14:51À la triste faveur
14:52de la tentative
14:53d'assassinat
14:54du président slovac,
14:55et il va mieux,
14:56moi-même,
14:57je ne savais plus
14:58si la Slovaquie
14:59faisait partie ou non
15:00des 27 ou des 28,
15:01d'ailleurs,
15:02parce que je pensais
15:03que nous étions encore 28.
15:04Ça paraît idiot,
15:05mais c'est vrai
15:06que quand on ne suit pas
15:07au jour le jour
15:08la comptabilité,
15:09et je me dis
15:10si moi-même,
15:11dont le travail
15:12est effectivement
15:13au quotidien demi-penché,
15:14je n'étais plus tout à fait sûre,
15:15j'avais un doute
15:16sur la Slovaquie,
15:17j'étais obligée
15:18d'aller vérifier,
15:19j'imagine qu'un grand nombre
15:20de Français
15:21ne savent plus forcément
15:22jusqu'où va l'Union européenne.
15:23Et quand on regarde
15:24la situation de la Slovaquie,
15:26ce sont les constatations
15:27de reporters sans frontières.
15:28Il y a des prises d'opposition
15:29pro-russes
15:30de la part du Premier ministre,
15:31des attaques
15:32contre les médias,
15:33contre les ONG,
15:34des lois
15:35que le gouvernement
15:36tente de faire passer
15:37en débit des critiques
15:38de la Commission européenne
15:39qui devraient aboutir
15:40effectivement
15:41à ces projets de loi
15:42qui réduiraient considérablement
15:43les peines d'emprisonnement
15:44pour corruption.
15:45C'est quasiment
15:46un blanc-seing
15:47pour les corruptions.
15:48Comment on peut accepter
15:49que ce pays,
15:50un jour,
15:51potentiellement,
15:52puisse prendre des décisions
15:53à la majorité avec nous ?
15:54On ne l'accepte pas.
15:55Dans le mandat
15:56qui vient de se terminer,
15:57on a mis en place,
15:58j'ai négocié
15:59ce qu'on a appelé
16:00un mécanisme de conditionnalité.
16:01D'ailleurs,
16:02ces mots un peu techno,
16:03ça veut dire quoi ?
16:04Ça veut dire que
16:05quand il y a des gouvernants
16:06qui ne respectent pas
16:07nos valeurs fondamentales,
16:08comme on le voit en Hongrie,
16:09comme on l'a vu en Pologne
16:10il y a quelques années
16:11avant que les conservateurs
16:12au pouvoir ne soient balayés,
16:13eh bien,
16:14on refuse de donner
16:15de l'argent européen
16:16à ces gouvernants.
16:17C'est le cas en Hongrie.
16:18Aujourd'hui,
16:19il y a de la corruption
16:20généralisée,
16:21l'état de droit est piétiné,
16:22les juges ne sont plus indépendants,
16:23la liberté de la presse
16:24est mise à mal.
16:25Ça a été le cas
16:26pendant des années en Pologne
16:27et on a des leviers.
16:28C'est un,
16:29on ne donne pas d'argent européen
16:30à ces dirigeants
16:31et ils commencent
16:32à changer de ligne,
16:33à revenir un peu
16:34dans le respect
16:35de l'état de droit.
16:36Et puis deux,
16:37on a un processus
16:38au niveau européen
16:39qui est bloqué aujourd'hui,
16:40c'est-à-dire qu'on a la possibilité
16:41de ne plus donner
16:42le droit de vote
16:43aux pays qui ne respectent plus
16:44nos valeurs fondamentales
16:45mais il faut l'unanimité
16:46des autres.
16:47Et évidemment,
16:48par exemple,
16:52Mais Valérie,
16:53quand on entend ça,
16:54est-ce que ça ne vous fait pas douter
16:55de la possibilité
16:56de la Géorgie ?
16:57C'est-à-dire qu'on ne sait pas
16:58demain qui dirigera la Géorgie
16:59et si on lui a donné
17:00la possibilité de rentrer.
17:01Vous comprenez cette inquiétude
17:02quand j'essaye de comprendre
17:03ce qu'il y a derrière
17:04le mot inquiétude
17:05des Français ?
17:06Il y a peut-être tout simplement ça,
17:07non ?
17:08Là encore,
17:09il faut,
17:10un,
17:11l'adhésion se fait
17:12sur la base du mérite.
17:13Deux,
17:14il faut qu'on renforce
17:15nos processus,
17:16nos dispositifs
17:17pour s'assurer que
17:18tout nouvel entrant
17:20C'est-à-dire qu'à compter
17:21du moment où un pays
17:22est membre de l'Union européenne,
17:23qu'il continue de respecter
17:24dans la durée,
17:25évidemment,
17:26nos valeurs fondamentales
17:27qui sont le socle
17:28de la démocratie européenne.
17:29Et donc,
17:30on a des leviers.
17:31C'est le mécanisme
17:32de conditionnalité
17:33Etat de droit.
17:34On a des leviers
17:35et tout à l'heure,
17:36on parlait
17:37de la remise en cause
17:38de l'unanimité.
17:39Typiquement,
17:40qu'est-ce qu'on fait
17:41pour renforcer cette mesure
17:42et cette décision
17:43pour s'assurer que demain,
17:44un gouvernement
17:45qui ne respecte plus
17:46nos valeurs fondamentales
17:47ne puisse plus avoir
17:48un mandat d'arrêt
17:49contre les dirigeants israéliens
17:50et les dirigeants du Hamas.
17:51Le premier ministre Benjamin Netanyahou,
17:52son ministre de la Défense
17:53et trois des dirigeants du Hamas.
17:54C'est le procureur
17:55de la Cour pénale internationale
17:56qui réclame,
17:57qui a lancé une requête.
17:58Les juges décideront ensuite.
17:59Est-ce que vous estimez
18:00comme l'Allemagne
18:01qu'il faut respecter
18:02l'indépendance
18:03de la Cour pénale internationale
18:04mais que c'est une erreur
18:05de renvoyer dos à dos
18:06le Hamas ?
18:07Est-ce que c'est
18:08une erreur
18:09de renvoyer
18:10le Hamas
18:11dans le cadre
18:12de l'indépendance
18:13de la Cour pénale internationale
18:14mais que c'est une erreur
18:15de renvoyer
18:16dos à dos
18:17le Hamas
18:18et Israël ?
18:19Ou est-ce que
18:20vous ne faites pas
18:21cette petite mise en garde
18:23de la part de l'Allemagne ?
18:25D'abord on en est
18:26au stade du réquisitoire.
18:27On verra quand sera
18:28la décision de la Cour pénale
18:29internationale.
18:30Je pense qu'on peut
18:32effectivement s'interroger
18:33sur le fait de mettre
18:34au même niveau
18:35le Hamas
18:36qui est une organisation
18:37terroriste
18:38et Benjamin Netanyahou
18:40et le gouvernement Netanyahou
18:41qu'on peut par ailleurs
18:42critiquer bien évidemment.
18:43Et moi depuis le début
18:45j'ai une position
18:46absolument claire
18:47c'est-à-dire que
18:48ces attaques innommables
18:49antisémites du 7 octobre
18:50sont inqualifiables.
18:51Israël a le droit
18:53de se défendre
18:54mais Israël doit aussi
18:55évidemment respecter
18:56le droit international
18:57humanitaire à Gaza
18:58et aujourd'hui
18:59ça n'est pas le cas.
19:00Aujourd'hui ça n'est pas le cas
19:01d'après vous Valérie Ayé.
19:02Je précise que la France
19:03a sans mettre
19:05ses alertes faites
19:06par l'Allemagne
19:07la position du quai d'Orsay
19:08et de simplement rappeler
19:09l'indépendance
19:10et le respect de la France
19:11de l'indépendance
19:12de la Cour pénale internationale.
19:13Comme vous le disiez
19:14ce sera suivi
19:15d'une décision des juges
19:17ce n'est qu'à l'État
19:18pour l'instant
19:19d'une demande
19:20du procureur
19:21de la Cour pénale internationale.
19:22Il est 6h51
19:23merci Valérie Ayé
19:248h51 bien sûr
19:26merci Valérie Ayé
19:27d'être venue dans ce studio.
19:29Je rappelle que vous êtes
19:30la tête de liste
19:31Renaissance aux élections européennes
19:32qui seront donc le 9 juin.