- il y a 15 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On va évidemment réentendre ce que dit ce soir le président de la République, notamment sur le carburant, pas de
00:05baisse des taxes, en tout cas pas pour l'instant, le président dit qu'on n'en a pas les
00:09moyens, mais que, mais que, éventuellement, et on va l'entendre dans une seconde, si les circonstances l'exigeaient, il
00:15ne fallait rien l'exclure et les circonstances, ce serait évidemment une envolée du prix.
00:18Nous rejoignent sur ce plateau François Calfon, bonsoir, merci d'être là, député européen socialiste, place publique, Henri Guénaud, bonsoir
00:24Henri Guénaud, merci d'être là, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Pierre Cazeneuve, bonsoir, député ensemble
00:29pour la République des Hauts-de-Seine, et nous rejoignent également avec nous Victor Hérault, bonsoir Victor, journaliste politique à
00:37Valeurs Actuelles, Yves Tréhard, Lisa Def n'ont pas bougé, tout le monde est en place, on peut y aller,
00:42justement, pour continuer à débriefer ce qu'a dit ce soir Emmanuel Macron,
00:47avec notamment ce que les Français attendaient sans doute le plus, le carburant, pas de baisse des taxes, dit le
00:54Président, sauf si, sauf si, in fine, au loin, comment dire, les prix s'envolaient et qu'on n'en
01:02avait pas le choix, qu'on n'avait pas le choix, on écoute le Président de la République.
01:06Je pense qu'en fonction de l'évolution, il ne faut rien exclure, je ne vais pas vous dire ce
01:09soir, on ne le fera jamais, ce que je vous dis, c'est que ce n'est pas la décision
01:13la plus vertueuse, et on ne l'avait d'ailleurs pas fait,
01:16entre 2022 et 2024, parce que cette décision, au-delà d'être très coûteuse, elle n'est pas ciblée, c
01:21'est-à-dire que quand vous baissez les taxes, vous aidez tout le monde,
01:24y compris les gros rouleurs qui auraient les moyens de se payer le plein, et donc c'est plus intelligent
01:29d'aider les gens qui en ont le plus besoin.
01:31Ne rien exclure, dit le Président de la République, ça vous fait sourire, François Capron.
01:34Ça me fait sourire, parce que j'avais une formule en tête, donc je vais vous la partager, c'est,
01:37quoi qu'il en coûte, au cas où, je mettrai point, point, point, mais les caisses sont vides.
01:42Donc c'est exactement ce qu'il nous a dit, puisqu'il dit, en plus, il faut les aides ciblées,
01:46et ce en quoi je ne suis pas en désaccord.
01:48C'est-à-dire que, pour reprendre le débat du PS hier sur une chaîne concurrente, on ne va quand
01:53même pas financer les SUV, ou les SUV, petit clin d'œil,
01:57ou les Rolls-Royce, pour aller à Deauville. Donc évidemment qu'il faut aider sur les critères.
02:02Mais c'est ce que, voilà, je reprends les termes du débat hier, il y aura un débat ici sur
02:06BFM avec beaucoup de talent.
02:08Absolument, ce sera dans dix jours.
02:09Absolument. Voilà, et ça ne fait quand même pas beaucoup pour l'expression du Président de la République avec le
02:15décorum.
02:16Ensuite, on nous a annoncé des petits mouvements de troupes, on n'a pas vraiment compris de quoi il en
02:21retournait.
02:22On reviendra tout à l'heure sur le mouvement de troupes, mais attendez, si je vous comprends bien,
02:26vous critiquez le Président tout en étant d'accord avec lui ?
02:28En fait, moi je suis juste un député de base, j'ai envie de dire, le Président de la République,
02:32on attendait une grande annonce. Je parlais avec M. Guénaud en coulisses de François Mitterrand,
02:37des grands présidents de la Ve République, et là on a une annonce d'un secrétaire d'État.
02:42Et en plus, la seule annonce qu'il aurait pu faire, qu'on demande avec force,
02:45c'est-à-dire qu'on ne peut pas se contenter finalement des cacahuètes de M. Pouyanné
02:50avec son blocage à 350 millions d'euros, quand Total fait 11 milliards de profits.
02:56Et ça, ça n'est pas juste. Et là, il a dit, comme d'ailleurs M. Papin,
03:01il ne faut pas embêter Total. Voilà. Bon, ben, c'est vraiment pas un niveau.
03:05C'est-à-dire que je ne me mets pas à la place de François Calfont,
03:08parce que ça n'a aucune espèce d'intérêt. Je me mets à la place des Français qui,
03:11une énième fois, peut-être, ont dit, bah tiens, on va ouvrir la télé,
03:14il va faire quelque chose pour nous. Eh ben, quoi qu'il en coûte, au cas où,
03:18mais les caisses sont vides. Enfin, franchement, ce n'est pas à la hauteur.
03:21Alors, deux choses. Est-ce que vous avez vu comme François Calfont un secrétaire d'État ?
03:25Je reprends l'expression de François Calfont. Et deuxièmement,
03:27est-ce que le président avait, comment dire, les marges de manœuvre
03:31pour annoncer autre chose ce soir ?
03:33Alors, je ne sais pas si c'était un secrétaire d'État, mais en tout cas,
03:38ce n'était pas un président de la République, dans l'idée qu'on peut se faire
03:44d'un président de la Ve République. Alors, il y a eu le quinquennat, c'est vrai,
03:48mais ce n'est pas le rôle du président, franchement, de venir annoncer,
03:55surtout pour rien annoncer en plus, dire, oui, alors, on verra,
04:00peut-être qu'on fera, peut-être qu'on ne fera pas, peut-être, enfin,
04:02mais qu'est-ce que fait le président de la République dans ce rôle-là ?
04:05Est-ce qu'on imagine les présidents de la République depuis le début
04:08de la Ve République ? J'allais dire, pour ne pas être désagréable avec mon voisin,
04:13même François Hollande.
04:15– Vous êtes très agréable, au contraire.
04:19– Devenir à ce point, tenir à ce point le rôle du Premier ministre,
04:24surtout quand le président de la République est dans la situation où il se trouve,
04:28c'est-à-dire que ce n'est pas un président de la République
04:30qui a une majorité parlementaire, qui peut parler en président en disant
04:35« voilà ce que je vais faire, voilà ce que je veux, voilà ce qui va être fait ».
04:39Non, c'est un président de la République qui dit « oui, bah écoutez, voilà,
04:41en gros, il donne des conseils ».
04:43Donc on attendait le président de la République une parole plus solennelle
04:47sur les sujets qui sont les siens et sur lesquels il a une prise.
04:51Voilà, donc sur l'internet…
04:52– Il a quand même fait justement, à propos quand même,
04:54qui relève traditionnellement le président de la République,
04:58à propos de l'Arabie saoudite.
05:00– Oui, oui, on parlera des troupes dans une seconde.
05:02– Oui, mais c'est quand même un temps.
05:03– On parlera de cet aspect-là dans une seconde, mais simplement l'exemple…
05:06– Ça modère un peu ce que vous dites.
05:07– Je suis tout à fait d'accord, ce que je dis vaut pour l'économique,
05:11le social, le carburant, etc.
05:13En revanche, il était tout à fait dans son rôle,
05:15alors on est d'accord ou pas d'accord, mais dans son rôle sur l'international.
05:19Voilà, s'il s'agit d'envoyer des soldats français
05:22pour que le pipeline saoudien continue à déverser du pétrole,
05:28oui, moi, je suis d'accord.
05:30Et c'est du niveau du président de la République.
05:34Voilà, et ça c'est important, c'est-à-dire la réponse à la question du carburant,
05:38celle que le président de la République peut apporter, c'est celle-là.
05:41Après, ça relève du gouvernement et de ce que le Parlement fera du projet.
05:45– Pierre Cazeneuve, moi je mets à la place de ceux qui nous regardent ce soir
05:46et dont beaucoup espéraient quand même, à un moment donné,
05:49que ça finirait peut-être par se faire cette baisse des taxes,
05:53ce soir toujours pas.
05:54– Mais c'est le pire ça, c'est de faire espérer…
05:56– Non, c'est le pire de faire espérer, d'attendre du président quelque chose
06:00qu'il ne peut d'ailleurs pas annoncer.
06:03On le regarde, on attend, on espère et puis finalement, on n'a pas ce qu'on espérait.
06:07– Pierre Cazeneuve.
06:08– Je pense que face à la grande inquiétude qu'il y a chez les Français,
06:13face aux très grandes difficultés qu'on peut voir et que vous documentez au quotidien ici
06:17et qu'on voit dans nos circonscriptions avec des gens qui galèrent à bouter les fins de mois
06:21avec un prix du diesel à 2,50, il était légitime pour le président de la République de parler.
06:26Pourquoi en fait ça fait le lien entre les deux choses que vous dites ?
06:28Parce que si on écoute les différents partis politiques,
06:33on nous explique qu'en fait la solution magique, c'est très simple,
06:35il faut baisser la TVA à 5,5, il faut raser gratis,
06:38c'est vas-y qu'il faut enlever les C2E.
06:39Tout le monde a une idée formidable pour sortir de la crise.
06:42La réalité, et ce pourquoi le président de la République a pris la parole ce soir,
06:45c'est aussi pour rappeler le caractère intrinsèquement international
06:49et la crise exogène qui explique aujourd'hui les difficultés auxquelles sont les Français.
06:53Et donc ce qui aurait été le pire, c'est que le président mente aux Français en disant
06:56« mais écoutez, il n'y a pas de problème, il y a une solution magique, on va trouver des
06:58solutions ».
06:59Ce n'est pas vrai parce qu'on n'a pas les financements pour le faire.
07:01Et donc heureusement qu'il n'a pas annoncé quelque chose qui n'était pas capable.
07:03– Pardon, pourquoi finir par dire dans cette interview « on n'exclut rien » ?
07:05– Parce que, là encore une fois, je pense qu'il faut être extrêmement précis quand on dit « on
07:09n'exclut rien ».
07:09Non, parce qu'encore une fois, ce n'est pas tout à fait pareil.
07:12Je pense qu'il anticipe si un jour on se retrouve à 3,10€, 3,20€ avec une situation absolument
07:17intenable
07:18pour l'économie française et un risque de récession là-dessus.
07:21Effectivement, il la faudra ajuster.
07:22Et notamment parce que s'il n'y a pas un bouger sur les prix,
07:25de toute façon, l'effet sur les volumes va être tel que l'équilibre pour les finances publiques sera encore
07:30plus désastreux.
07:31Donc il ne faut rien exclure parce qu'on n'en sait rien de quoi ce sera fait demain.
07:34Et justement, l'action du président de la République, il l'a rappelé,
07:37c'est l'action internationale qu'il mène, que ce soit sur le double moratoire en Russie et avec l
07:42'Ukraine,
07:42c'est sur la sécurisation des infrastructures en Arabie Saoudite,
07:46c'est sur la reprise des discussions sur Hormuz avec l'Iran.
07:49Voilà, c'est ça l'action du président de la République à l'échelle internationale
07:52parce que c'est le fondement de cette crise.
07:53Et il y a des gens qui essayent d'agiter d'autres raisons pour lesquelles, aujourd'hui,
07:58les Français sont dans une grande difficulté.
08:00Elle est intrinsèquement internationale.
08:02C'est les mêmes prix partout en Europe.
08:06Le moins qu'on en puisse dire, c'est que les Français qui attendaient des réponses,
08:09ils n'ont pas fait le plein.
08:11Ils ont eu un président de la République qui a fait du commentaire,
08:13certes de manière très brillante,
08:15mais franchement, dans la situation où nous sommes, on attendait autre chose.
08:18Et quand vous placez, comme vous le faites, une alternative,
08:22parce que ce n'est par exemple pas mon cas,
08:23entre ceux qui seraient irresponsables et qui demanderaient des baisses des taxes
08:27et ceux qui seraient responsables et qui constateraient ce que vous faites,
08:30que les caisses sont vides,
08:31que vous avez méthodiquement finalement vidées avec 1 500 milliards de dettes supplémentaires,
08:36je trouve que c'est un peu court.
08:37J'ajoute un point.
08:39Le commentaire sur la dissolution ratée,
08:41les Français sont souverains,
08:43le commentaire du commentaire sur sa propre action qui n'ajoute rien,
08:47n'ajoute qu'une chose, si je puis me permettre.
08:49L'affaiblissement...
08:49Il a juste répondu aux questions qu'on lui a posées.
08:51L'affaiblissement de l'autorité du Président de la République.
08:54En ce qui concerne les questions internationales,
08:56j'imagine que c'est la deuxième partie...
08:57Non, on y verra dans une seconde.
09:00Je voulais quand même dire du bien au Président.
09:02Parce que pour préciser les choses, François Calfont,
09:03je voulais juste savoir ce que vous, vous réclamiez en réalité.
09:05On l'a dit, on réclame un versement automatique bien plus fort,
09:10à hauteur de 500 euros,
09:12pour les gens qui ont moins de 2000 euros par mois.
09:16Et tout cela financé, gagé.
09:17C'est pour ça qu'il y a un lien avec Total.
09:19Gagé avec la taxation des super-profits pétroliers.
09:22Et ça n'est pas une cabale contre Total.
09:24Parce que je vois le débat, ils ne font que 25% en France.
09:27C'est une dément.
09:27Oui, alors comment vous faites ?
09:30Je vais vous répondre le ben oui.
09:31Non, non, répondez.
09:32Ce n'est pas des profits par ailleurs, si je peux me permettre.
09:34Oui, ce n'est pas des profits.
09:35Il y a 6 milliards de sur-profits par rapport aux années
09:38où il n'y a pas de crise.
09:39Tout ça est calculé et documenté.
09:40Comment vous faites ?
09:41Mais je vais vous dire, il y a 6 pays européens
09:43qui demandent à Bruxelles une taxation des super-profits pétroliers.
09:47Bien sûr, pour rendre du pouvoir d'achat,
09:49mais aussi pour financer, c'est la solution de long terme,
09:52la transition écologique.
09:53Ces 6 pays, c'est l'Allemagne de M. Merz,
09:55qui n'est pas un socialiste.
09:56C'est l'Italie de Mme Méloni, qui n'est pas une socialiste.
09:59Et c'est le Portugal ou l'Espagne, je vous l'accorde,
10:02de M. Sanchez, qui est socialiste.
10:04Que fait la France ?
10:05Que fait la France à l'écofine ?
10:07Elle bloque.
10:08Donc moi, je ne veux pas qu'on ne rende pas le pouvoir d'achat.
10:11Quel est le seul pays qui a mis en place une taxation
10:13sur les super-profits des pétroliers ?
10:14Non, mais je vous pose la question.
10:15Quel est le seul pays qui a mis en place
10:17une taxation des super-profits réalisée par les Génétésiens ?
10:20Pourquoi vous la bloquez en Europe ?
10:21Je vous pose une question extrêmement simple.
10:22Pourquoi les 6 pays, dont 2 pays importants de l'Union Européenne,
10:25demandent cette taxation des super-profits pétroliers
10:27et que vous la bloquez ?
10:29Je vais poser une question simple, parce que la réponse, c'est la France.
10:31Donc on est les seuls à l'avoir fait.
10:33Et on sait très bien que les rendements derrière
10:34n'ont été extrêmement déceptifs.
10:36Pourquoi ? Parce que les profits ne sont pas réalisés en France.
10:38Et pour répondre bien à M. Switek, comme ça je rendrai la parole,
10:41la mesure que nous proposons, elle coûte à peu près 1,5 milliard d'euros.
10:44Et vous les prenez où ?
10:46Je l'ai dit, et donc je le répète.
10:48Il y a 11 milliards sur 6 mois de bénéfices de total,
10:51dont 6 milliards...
10:52Ce ne sont pas des bénéfices, ce sont des marges.
10:53Des marges, oui.
10:54Une part.
10:54Et ces marges ne sont pas des bénéfices du tout.
10:56Écoutez, on sait très bien que sur le raffinage...
10:58Est-ce que vous savez ce que c'est que les marges ?
10:59Voilà, mais bien sûr je sais ce que c'est qu'une marge.
11:01Bon, ce n'est pas un bénéfice.
11:02J'ai été moi-même chef d'entreprise.
11:04Ce n'est pas un bénéfice.
11:05D'accord, j'ai été moi-même chef d'entreprise.
11:07Et donc je dis très simplement les choses,
11:09c'est qu'il y a non pas une cabale contre Total,
11:12mais le souhait de sortir de l'économie carbonée du pétrole
11:15et de taxer les surprofits.
11:17C'est les profits de crise que payent les consommateurs européens.
11:20Et taxer les surprofits à l'échelle européenne,
11:23que vous bloquez, ça permet de financer...
11:25Mais oui, mais on fera le fact-checking.
11:28Et chiche, faites-le, rejoignez l'Allemagne,
11:31rejoignez l'Italie, rejoignez l'Espagne.
11:33Eh bien ça permettra de rendre du pouvoir d'achat
11:35à ceux qui n'en ont plus,
11:37et ça permettra d'accélérer,
11:38et moi je salue le leasing social,
11:40d'accélérer la transition écologique,
11:42notamment en matière automobile,
11:44parce que c'est la solution...
11:45Vous savez ce que ces majors vont faire ?
11:47C'est immédiat.
11:48Ces majors-là, soit elles quittent l'Europe,
11:52soit elles n'approvisionnent plus.
11:54750 millions de consommateurs,
11:55elles n'ont pas quitté l'Europe, je vous rassure.
11:56Soit elles n'approvisionnent plus l'Europe,
11:58elles ont des marchés qui les attendent,
12:01où elles peuvent largement faire leur profit...
12:03Vous savez, comme vous, M. Tréard,
12:04les communiqués de Total, que vous répartez...
12:06Et deuxièmement, elles arrêteraient comme Total
12:09de plafonner des prix de vente.
12:11C'est ça, c'est évident.
12:12300 millions d'euros de l'aveu même de Pouyanné.
12:15Juste une précision, c'est important,
12:16quand on parle des 11 milliards,
12:18c'est 11 milliards de bénéfices.
12:20Mais moi je vous parle...
12:21Ce ne sont pas, Yves Tréard, ce ne sont pas des marges.
12:23Les 11 milliards, ce sont 11 milliards de bénéfices.
12:25Total Énergie engrange 11,2 milliards de dollars de bénéfices
12:28en 6 mois sur fonds de guerre au Moyen-Orient.
12:31C'est quelle source ?
12:32C'était le 23 juillet 2026.
12:35Non, non, non, c'est des marges.
12:36Non, non, non, c'est des marges, attendez.
12:37Partagez pas.
12:38Non, attendez, j'ai fait le calcul.
12:40On le publie ce soir.
12:41Alors, résultat net de Total...
12:43Enfin, je peux le continuer.
12:45Jeudi, 23 juillet, résultat net.
12:47Résultat net, on parle bien de bénéfices.
12:495,4 milliards de dollars.
12:51Et là, on parle du deuxième trimestre.
12:53On est sur des bénéfices.
12:55Ce n'est pas des bénéfices réalisés en France.
12:56Il faut tout le monde en plus.
12:59Votre argument ne tient pas, puisque moi, je souhaite une taxation au niveau européen.
13:04D'accord ?
13:05Et quand M. Tréard vous explique que les majors du pétrole vont quitter l'Europe,
13:08il y a 450 millions de consommateurs.
13:10Je vous garantis qu'elles ne quitteront pas l'Europe.
13:12Mais en ce qui concerne Total, c'est une société dont le siège est basé en Europe.
13:17Donc, les éléments de taxation, s'ils ne sont pas pertinents au niveau français,
13:21peuvent être pertinents.
13:22Victor Hérault et ensuite...
13:23Pour apporter quand même un autre argument à la discussion, la taxation de Total, pourquoi pas ?
13:27Mais il faut quand même expliquer aussi que les marges...
13:29Et là, je parle bien des marges, pas des bénéfices.
13:31Que les marges que dégage Total sur l'intégralité de la chaîne de production pétrolière
13:36sont précisément ce qui permet de plafonner le prix.
13:38Lorsque vous prenez par exemple un distributeur...
13:40Attendez, je finis mon argument rapidement.
13:42Un petit distributeur, il faut comprendre parce que les Français ne le savent peut-être pas,
13:45mais la marge nette qu'ils dégagent, le distributeur, je ne parle pas de Total,
13:49c'est un centime sur deux euros.
13:51Un seul centime.
13:52C'est là que la question du blocage des prix est impossible
13:54parce que vous tuez à ce moment-là le distributeur.
13:56Total, qui peut dégager des marges sur l'intégralité de la production,
13:58peut se permettre de plafonner le prix, c'est-à-dire d'enregistrer des pertes,
14:02d'enregistrer des pertes pour pouvoir plafonner le prix.
14:05Et lorsque vous dites qu'ils plafonnent, mais pas assez, ils pourraient plafonner plus bas.
14:08Moi, ce que je ne comprends pas, c'est que derrière, on va pouvoir reprocher à Total
14:10d'attirer des clients et d'écraser la concurrence parce que leurs prix sont plus bas
14:13que les concurrents qui ne peuvent pas, en tant que distributeur, bloquer leur prix.
14:19Ce qui est déjà le cas.
14:20Donc le montant du plafonnement à 1,89€ sur le super 95 de l'aveu de M. Pouyanné coûte 250
14:27millions d'euros
14:28et peut-être 100 millions de plus s'il continue quelques mois.
14:31Le montant du sur-profit, je ne parle pas des 11 milliards, moi je ne suis pas dans l'Union
14:35soviétique.
14:36Il est normal.
14:37Vous ne prenez pas de tout des 11 milliards ?
14:38Absolument pas.
14:39Par contre, les Français n'ont pas à payer.
14:42Ce qui est le produit de la spéculation, ce n'est pas M. Pouyanné.
14:45C'est des résultats de marché, n'ont pas à payer cela.
14:48Donc il y a 6 milliards, je ne le paye pas, parce que les prix sont laissés précisément chez celui
14:51qui fait des bénéfices.
14:52Et je vous réponds, je ne prends pas tout.
14:54J'étends, oui, c'est vrai qu'il y a une taxation que vous avez mise en place,
14:58mais j'étends, j'amplifie cette taxation pour payer ma mesure, elle est gagée.
15:02Henri Guénaud, là on a une mesure et on a un financement.
15:06Oui.
15:07Mais à voir votre visage, vous ne l'avez pas l'air convaincu par François Calfon.
15:11On ne peut pas être d'accord sur tout.
15:12Voilà, on ne peut pas être d'accord sur tout.
15:14Il n'y a pas de bonne solution dans cette histoire.
15:16Il n'y en a pas.
15:17Voilà, si ça dure un mois, vous pouvez faire ce que vous voulez.
15:21Là, vous pouvez bloquer les prix.
15:23Vous n'êtes pas obligé de bloquer les prix à la pompe, vous pouvez les bloquer au fournisseur de la
15:27pompe.
15:28Vous pouvez bloquer les prix, vous pouvez bloquer les marques, vous pouvez faire ce que vous voulez.
15:32Vous pouvez aller pomper les profits de Total pour un mois.
15:38Bon, très bien, si ça dure plus, tout ça vole en éclats.
15:44Taxer structurellement les surprofits des compagnies pétrolières n'est pas une solution.
15:49Et ce n'est pas une solution parce que ça fait partie de ces solutions qui omettent le fait que
15:57nous sommes dans un système mondial,
15:59que nous avons accepté, quand nous sommes rentrés avec une globalisation financière, avec des marchés financiers.
16:06Et les marchés pétroliers fonctionnent comme des marchés financiers.
16:10Donc, ce système-là, il est ce qu'il est.
16:13Soit on le change ou on prend des mesures pour s'en extraire en partie.
16:17Soit on ne le change pas, on ne prend pas de mesures pour s'en extraire en partie.
16:19Et alors, ça ne sert à rien.
16:21Pardon, enfin, je veux dire, on pourra peut-être, encore une fois, pendant quelques semaines,
16:25donner un peu d'argent aux gens.
16:26Mais ce n'est pas ça qui va résoudre le problème.
16:29Vous allez peut-être éviter une colère sociale.
16:30Parce que là, aujourd'hui, le président de la République, à mon avis, a pris la parole
16:34parce qu'il entendait peut-être calmer la colère qui monte quand même dans ce pays.
16:39Et le problème, c'est qu'aucun parti politique n'a la bonne solution.
16:44Personne n'a la bonne solution.
16:46Et tout le monde patauge un petit peu.
16:49Parce que le marché pétrolier est un marché compliqué, d'ailleurs, en plus.
16:52Et que la France dispose d'une major qui est dans une concurrence internationale terrible
16:58et qui a une certaine politique, qui est une politique de plafonnement de ses tarifs.
17:03Ce que ne font aucune autre major dans le monde, d'ailleurs.
17:06Ce qui est assez intéressant.
17:07C'est d'ailleurs pour ça qu'il ne faut pas faire du total de ching.
17:10C'est un peu ce que vous faites quand même.
17:11Mais si, bien sûr que si.
17:14Il peut vous redonner un chiffre, Pierre ?
17:16Je peux vous redonner un chiffre ?
17:17Je peux finir ?
17:19Allez-y.
17:20Et ensuite, j'ai un chiffre très intéressant.
17:22Très intéressant que je soumettrai à Yves Tréard.
17:24Non.
17:24Alors d'abord, on dit, ce qu'elles font, on dit, au-dessous de 2 000 euros ou jusqu'à
17:322 000 euros.
17:33Mais alors, à 2 000 euros, les gens, ils ne vont pas avoir de colère sociale.
17:37C'est évident.
17:37Vous voyez ?
17:38Mais ça, ça se discute.
17:39Je vous l'accorde.
17:40Non, mais c'est dès qu'on met un seuil.
17:41Mais je ne vais pas subventionner des gens qui gagnent, oui, 10 000 euros net par mois.
17:45Non, mais il ne s'agit pas de...
17:46Voilà, mais...
17:47Parce que ça, c'est...
17:48Oui, mais vous l'avez dit vous-même, il n'y a pas de bonne solution.
17:50Il n'y a pas de bonne solution.
17:52D'abord, et là, le président de la République, sur ce point a raison, la vraie solution,
17:56c'est de résoudre le problème de la guerre.
17:59Alors là où il a tort, c'est qu'il y a aussi le problème de l'Ukraine, je ne
18:02sais pas si on en parlera,
18:03et de la Russie.
18:03La Russie, c'était le deuxième exportateur de pétrole mondial avant la crise.
18:07Et désormais, ils importent du gazo.
18:09Et il faut arrêter à tout prix ces guerres.
18:11Il faut arrêter à tout prix la destruction des capacités de raffinage.
18:15Alors nous, on a tout détruit les nôtres.
18:17Eh bien, depuis 70, 70% des capacités sont...
18:21On n'a pas eu besoin de guerre.
18:22Oui, mais voilà.
18:23Et maintenant, parce qu'on s'est dit, à tout le monde, à tout le monde,
18:27parce que depuis 70, la gauche a aussi gouverné.
18:30C'est vrai, elle reviendra.
18:33C'est important, on ne peut pas prendre ce problème de cette façon.
18:37Et d'autre part, dans l'énergie, il n'y a pas que le carburant, il y a aussi l
18:41'électricité.
18:42Ce qui veut dire que, est-ce qu'on est décidé, oui ou non,
18:45à sortir du marché unique de l'électricité, ce qui ne nous fait pas sortir de l'Europe.
18:50Ou alors, on va se reprendre, dans la suite des événements,
18:53on va se reprendre des factures...
18:55D'autres vagues comme celle-là.
18:56Parce que le prix du gaz augmentant et le marché de l'électricité est encalé sur la...
18:59Il faut sortir des énergies fossiles.
19:01Alors attendez, on va prendre les choses dans l'ordre.
19:03Et je vous promets, Auriguelo, que dans une seconde...
19:06Une réponse aujourd'hui d'un gouvernement, elle doit être globale,
19:09elle doit savoir qu'elle doit prendre en compte le fait que,
19:12si ça ne dure pas longtemps, effectivement, on peut faire des choses,
19:14mais si ça dure plus, ça n'est pas possible.
19:17Voilà. Et moi, je suis frappé quand même sur les différents plateaux que j'écoute
19:21ou sur lesquels je vais, de voir les gens la veille vous expliquer
19:26qu'il faut faire des économies partout.
19:29C'est scandaleux ce qu'on a dépensé dans les crises précédentes.
19:32C'est scandaleux de donner des chèques à tout le monde.
19:34Et puis on arrive là, on dit, ah, ça y est, il faut des chèques.
19:37Ce que je comprends tout à fait, mais simplement, il faudrait être...
19:40– Alors, attendez, j'essaie de faire les choses un peu dans l'ordre.
19:43– Je remercie, M. Guénaud, de soulever cette cour.
19:45– S'il vous plaît, Guénaud, moi, je ne suis pas un adepte...
19:47– J'entends, mais j'essaie d'avancer un peu dans la discussion.
19:50On parlera encore une fois de ce qu'a annoncé ce soir Emmanuel Macron
19:54du côté du Moyen-Orient et du côté de la Russie et de l'Ukraine aussi,
19:57parce que tout est lié, notamment, auprès du carburant.
19:59D'abord, réaction ce soir du côté des Insoumis et de Manuel Bampard.
20:02Il y a une autre opposition, si vous n'acceptez pas celle des socialistes,
20:06Pierre Cazenave, ne me regardez pas comme ça, il y a celle des Insoumis.
20:09– Je vous la soumets.
20:11– Coordinateur de la France Insoumise, donc,
20:13M. Macron nous annonce une hausse durable des prix des carburants.
20:15Il nous dit qu'il fait le maximum pour baisser les prix.
20:18Mensonge, les marges des raffinaires ont été multipliées par 7,5 en France.
20:21En les bloquant, on pourrait ramener le prix du carburant autour d'1,70 €.
20:26– Voilà, blocage, Pierre Cazenave.
20:27– Bon, c'est ce que ça veut dire, le blocage.
20:29Ça veut dire des pénuries, ça veut dire des distributeurs
20:32et des producteurs d'énergie qui ne veulent plus distribuer en France.
20:35On a bien vu comment ça marche dans l'ensemble des dictatures tchegevaristes
20:40qui sont les modèles et les idolâtres de la France Insoumise.
20:43Donc, on voit bien que c'est faux.
20:44Et par ailleurs, sur le sujet des marges des raffinaires,
20:46il faut faire extrêmement attention.
20:47Il ne reste plus que 7 raffineries en France.
20:49Il y en a 2 qui sont maintenues totale.
20:51C'est aussi une discussion avec le gouvernement.
20:52C'est un outil de souveraineté.
20:54Sur les 10 dernières années, il y en a 8 où ils n'ont pas fait de marge.
20:56Ça saurait si c'était rentable de raffiner du pétrole en France.
20:58– Donc, vous dites en oui.
21:00– Non.
21:00– Vous ne pouvez pas dire le contraire.
21:01C'est bien la notion même de profit de crise.
21:03– Non, justement, parce qu'encore une fois,
21:05M. Calfon, je ne vous dis pas que Total ne fait pas de profit.
21:07Je vous dis qu'il ne le fait pas en France.
21:09Il le fait sur du trading et il le fait sur d'extraction.
21:11– Oui, mais le trading, c'est quoi ?
21:13C'est les effets de marché.
21:14– D'accord, mais je ne dis pas le contraire, M. Calfon.
21:16– Il ne le fait pas en France.
21:17Donc, on peut avoir une discussion très large.
21:19Et moi, je n'ai jamais...
21:20Le président de la République a toujours été d'accord pour aller...
21:22Quand on est vraiment libéral, on n'aime pas les rentes.
21:24Et donc, les rentes inframarginales des énergéticiens,
21:26on a toujours dit qu'il fallait aller chercher.
21:28On est très à l'aise avec ce sujet.
21:29La solution de Manuel Bompard, de bloquer les prix,
21:33franchement, je pense que j'y suis déjà revenu
21:34et c'est absolument pas crédible.
21:36Et on sait très bien que ça ne marcherait pas
21:37et que ça créerait un bordel économique monstre en France
21:40et que ça nous enfermerait encore plus
21:41dans une dynamique décroissantiste.
21:43Voilà, la solution, on le sait,
21:45elle est à moyen terme sur l'action diplomatique de la France,
21:48de l'ensemble des pays européens
21:51et surtout des États-Unis,
21:52sur les deux fronts qui ont allumé le...
21:55Non mais, attention, il y a deux mois...
21:57Monsieur Cazenov, je ne vais pas vous dire.
21:58Il y a deux mois avant ce qui s'est passé avec l'Eouti
22:01et avant le retour des tensions Hormuz,
22:02le pétrole était...
22:03Le sans-plomb était à 1,90, 1,80.
22:06Donc, on voit bien qu'en deux mois,
22:07à quel point la sensibilité du pétrole
22:10est forte avec l'actualité internationale.
22:12Et je pense que vous ne me contredirez pas là-dessus.
22:13Il n'y a que ça.
22:14C'est que les tensions géopolitiques,
22:15elles sont permanentes.
22:16Comme l'a dit l'ancien Premier ministre juste avant moi,
22:19la capacité à intervenir à la France
22:21est quand même limitée sur des conflits.
22:22Nous ne sommes pas belligéants.
22:25massivement faire l'électrification.
22:27Et qu'il y a un an et demi,
22:29je le dis à ce plateau parce qu'on n'en parle pas assez,
22:31il n'y avait que 15% des voitures neuves
22:33qui étaient électrifiées.
22:34On est à 48% à un an et demi.
22:37Et je salue, là pour le coup, je le salue,
22:39le leasing social qui est d'ailleurs soutenu
22:41au niveau européen
22:42et qui permet que les catégories populaires...
22:44Et d'ailleurs, ça marche dans la ruralité
22:46avec des voitures made in Europe à 15 000 euros
22:49qui permettent pour 150 euros par mois
22:51avec un leasing social
22:52de sortir de la dépendance...
22:54Donc là, vous dites bravo le gouvernement.
22:55Oui, mais c'est quand le ciel est bleu
22:57et ça, c'est un coin de ciel bleu.
23:00Et ensuite, on écoute Emmanuel Macron
23:01sur l'armée saoudite.
23:02Et c'est une politique évidemment qu'on soutient.
23:05Mais on voit bien que c'est une solution
23:06aussi de long terme.
23:08C'est ça la trajectoire qu'on doit tous avoir.
23:09C'est ça que je voulais faire.
23:10Ça monte très vite, il faut accélérer.
23:11C'est ça que vous voulez faire valoir sur ce plateau aussi.
23:13Vous avez bien raison, mais je pense que si on avait dit aux Français...
23:17Ne vous inquiétez pas, mais en fait, acheter une voiture électrique...
23:19C'est parce que je l'ai fait, évidemment, huer
23:21parce que ça coûte très cher.
23:22Vous avez vu que j'ai parlé aussi de l'essence.
23:24Je vais ajouter quelque chose
23:27par rapport à ce que dit M. Bompard
23:29et ce que vous dites d'ailleurs.
23:31La seule solution pour appliquer votre recette
23:34et celle de M. Bompard, c'est de nationaliser Total.
23:38C'est la seule solution.
23:39La seule solution qui serait la pire, d'ailleurs.
23:42Peut-être que vous la partagez, mais...
23:44C'est caricatural, M. Tréard, je n'ai pas demandé...
23:46Ah, c'est absolument pas caricatural.
23:48Mais vous ne pouvez pas imposer...
23:50La preuve, c'est que dans ce budget,
23:51il existe une amoste de taxation des super-profits pétroliers
23:55et que les consommateurs n'ont pas à payer
23:59des effets de marché de manière spéculative.
24:01Mais vous êtes dans un autre monde.
24:03Non, je suis dans le vrai monde, au contraire.