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  • il y a 2 ans
Retrouvez "Lévy sans interdit" avec Élisabeth Lévy tous les matins du lundi au jeudi

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##LEVY_SANS_INTERDIT-2024-06-13##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h-8h30, Patrick Roger.
00:04Il est 8h12, minute Lévis sans interdit, bonjour Elisabeth Lévy.
00:08Bonjour Patrick.
00:09Vous avez suivi la conférence de presse du Président hier.
00:13Oui Patrick, et j'ai enfin vu la lumière, oui.
00:16On ne savait pas ce qu'on faisait nous autres les Français, mais maintenant tout est clair.
00:20Comme dans la chanson de Fugain, il y a les méchants et les gentils,
00:23ceux qui veulent faire prospérer leur boutique et ceux qui veulent faire prospérer la France.
00:27C'est les 30 juin et 7 juillet, et bien le choix sera clair entre le bien et le mal.
00:33D'un côté le Jedi Macron et de l'autre côté, le côté obscur de la force, Dark Bardella ou Fort Vador.
00:42Alors Emmanuel Macron renvoie les deux extrêmes aux dos à dos,
00:45bon il invente au passage pour se faire, pour les mettre sur le même plan,
00:49une distinction entre vrai et faux Français qui serait prétendument faite par le Rassemblement National.
00:56Ça c'est assez faux, il nous parle d'alliances contre nature,
01:00de bricolages d'appareils qui veulent détruire les valeurs de la République.
01:03Et entre ces deux extrêmes, et bien Patrick, voilà il y a le bloc central,
01:08progressiste, démocratique et républicain, uni et clair.
01:13Et alors ce bloc est un programme sensationnel, on va réindustrialiser la France,
01:18aller vers le plein emploi, renforcer nos services publics, accélérer la transition énergétique,
01:23lutter contre les forces de haine.
01:25Alors moi j'approuve tout ça, et je me dis quel dommage que ces gens n'aient pas été au pouvoir depuis 7 ans.
01:31Vous ironisez évidemment Elisabeth Lévy, mais sur le fond, que dire de ces propos du chef de l'État ?
01:37Alors d'abord, j'ironise sérieusement, il nous a vraiment joué moi ou le nazisme, quand même, moi ou le mal.
01:42Donc j'ironise, mais c'est sérieux.
01:44Alors sur le fond, je suis tout de même frappé par son incapacité à reconnaître vraiment ses responsabilités,
01:50bien sûr, ça s'est expédié en une phrase, qu'il n'a pas tout réussi, c'est le moins qu'on puisse dire,
01:57mais le reste est imprégné par une auto-satisfaction qui ne se cache pas vraiment.
02:02Le plus drôle dans ces passages, c'est quand il a parlé de ses bons résultats financiers,
02:07preuve de son sérieux et de sa cohérence.
02:10Et avec le rassemblement national, c'est ça la musique de la Macronie, on nous annonce la faillite.
02:16Ben oui, c'est vrai, on ne sait jamais, la note financière de la France pourrait être dégradée,
02:21on pourrait même voir la date exploser, qui sait ?
02:23Là, il se moque de nous, ses bons résultats financiers, il peut peut-être expliquer ses mauvais,
02:28mais nous parler de ses bons, il se moque de nous.
02:30Alors, il y a aussi un autre aspect, c'est de savoir est-ce qu'il a entendu, finalement, le message des urnes.
02:36C'est peut-être ça le plus important, puisqu'on lui fait un procès en déconnexion.
02:40Eh bien, ça, il nous a dit, il nous a dit, je vous ai compris.
02:43Mais pourtant, c'est pas sûr qu'il nous ait vraiment compris.
02:46Il observe bien qu'il y a des attentes sur l'immigration, la sécurité et la laïcité.
02:51Alors, on aura un grand et beau débat encore sur la laïcité.
02:55Moi, j'avais l'impression qu'on l'avait en continu depuis cinq ans, mais passons.
02:58Mais, d'après lui, pourquoi ces extrêmes sont-ils montés ?
03:03Eh bien, pas à cause de tous ces problèmes que je viens de citer,
03:06mais à cause des médias qui montent des faits divers en épingle, suivez mon regard.
03:12D'ailleurs, le maire d'Oradour-sur-Glane lui a dit que non, il n'y avait pas de problème.
03:16Enfin, s'il y en avait un, le problème, c'est que les gens voient la télé et les réseaux sociaux.
03:20Donc, il y a un sentiment, la vieille affaire, d'insécurité et de dépossession.
03:27Alors, 95% des communes de France, je crois, ont placé Jordan Bardella, la liste de Jordan Bardella, en tête
03:33parce que leurs habitants regardent la télé, c'est un peu court.
03:37Alors, le plus intéressant, finalement, c'est quand il devient ministre de l'Éducation ou de la Famille, je ne sais pas très bien,
03:43il propose l'interdiction des téléphones avant 11 ans et des réseaux sociaux avant 15 ans.
03:47Alors, je le dis sans ironie, pour le coup, je trouve que c'est une idée géniale,
03:52à supposer, ce qui paraît un peu plus compliqué, qu'elle soit applicable et ne rejoigne pas,
03:56comme beaucoup d'autres, le paradis des paroles verts de balle.
03:59Mais en attendant, j'en ai une meilleure, puisque nous sommes perversis par la télé,
04:04et bien ce n'est pas aux enfants, c'est aux adultes qu'il faut l'interdire tout de suite.
04:09Qui c'est qui est très gentil ?
04:12Les gentils !
04:14Qui c'est qui est très méchant ?
04:16Les méchants !
04:19Qui a tous les premiers prix ?
04:21Les gentils !
04:24Qui roupille au dernier rang ?
04:26Les méchants !
04:28Elisabeth Fugain-Lévy !
04:31En plus, ils ont vraiment les premiers prix !
04:33Oui, oui, non mais ça c'est vrai !
04:35Alexis Poulain, vous c'était Game of Thrones, tout à l'heure,
04:38c'est la série aussi, trahison à tous les étages.
04:43Sur le Président de la République et sa conférence de presse, alors, comment vous l'avez trouvé ?
04:48Alors, son discours, moi j'ai trouvé que c'était un discours de campagne,
04:51mais un discours contraint, c'est-à-dire qu'il essaye de faire un bilan bien maigre au final,
04:57Elisabeth l'a fait d'ailleurs, en revenant sur tout ce qui bloque,
05:01l'idée de dire que non, la sécurité des Français n'a pas été assurée pendant ces deux mandats,
05:08non, la dette publique n'a pas été résorbée, loin de là, l'économie ne va pas bien,
05:13et puis il a été sourd aux attentes des Français systématiquement.
05:18Pourquoi changerait-il ?
05:20On a toujours cette même mise en scène de, j'ai changé un peu à la Nicolas Sarkozy,
05:24mais de manière trimestrielle quasiment avec Emmanuel Macron.
05:27Donc, il y a un vrai problème.
05:29Et puis, c'est quoi ce qui se passe aujourd'hui ?
05:31C'est la fin du « en même temps ».
05:33Ça ne marche pas, c'est incohérent le « en même temps ».
05:35Les Français veulent de la clarité, de la clarification.
05:38D'ailleurs, il le dit, c'est un moment de clarification.
05:41Ben oui, mais dans ce moment de clarification, le « en même temps » macroniste, il va disparaître.
05:45Il ne peut pas tenir parce qu'on n'en est plus à ses semi-constats, à ses semi-mesures.
05:50Non, ben non.
05:51Voyez bien le plébiscite pour le Rassemblement national et le succès potentiel du Front populaire.
05:56Donc, ce centre qu'il essaye de soutenir, tant bien que mal, en disant « venez, il faut consolider le fort »,
06:03est en train de se déliter.
06:04Les LR, c'est un des premiers partis qui en fait les frais,
06:07mais on va peut-être voir d'autres mouvements.
06:11Et je pense qu'il y a ce ras-le-bol de dire « ok, vous nous avez dit tout et son contraire,
06:16maintenant vous voulez de la clarification, clarifions ».
06:19Et c'est ce qui fait les résultats dans les urnes de ces derniers jours.
06:22Elisabeth Lévy, en même temps, j'allais dire, c'est quand même compliqué de réconcilier deux Frances extrêmes aussi.
06:30C'est pour ça que je ne suis pas tout à fait d'accord avec Alexis qui élimine tout d'un coup une sociologie du paysage.
06:38Elle existe cette sociologie, une France qui va plutôt vers...
06:41Pardon Alexis, qui vit plutôt dans les métropoles.
06:45Cette France-là existe, elle ne fait peut-être pas un tiers, si vous voulez,
06:49mais le fait qu'on ait trois blocs d'un point de vue idéologique et sociologique,
06:54ce n'est pas complètement faux.
06:55Donc simplement, il n'est pas tout à fait sûr que son bloc central puisse effectivement...
06:59Il n'avait qu'une majorité ric-rac jusque-là,
07:02ça paraît compliqué qu'à la sortie, il en ait une beaucoup plus éclatante.
07:08Finalement, ce qui est sorti des urnes, Elisabeth et Alexis,
07:12c'est un peu la réalité de la France.
07:14C'est-à-dire une France inquiète, qui a peur et qui ne va pas bien,
07:18et qui a des préoccupations sur l'immigration,
07:21l'insécurité d'une façon générale, mais l'insécurité pour le travail, pour boucler ses fins de mois,
07:26comme aussi la délinquance.
07:28Donc ça, c'est ce côté un peu RN, LR, qui représente plus de 40% des voix.
07:35J'ai volontairement allié, évidemment, avec ce qui se passe, LR et RN, vous l'avez vu.
07:40Et puis de l'autre, il y a donc les gens de gauche,
07:44ça ne va pas, mais dans un autre sens, quoi, bien sûr.
07:47Et puis ce bloc central, d'une France mondialiste, qui se porte plutôt bien, non ?
07:54– Vous éliminez, il n'y a pas que de la sociologie, il y a aussi de l'idéologie.
07:58C'est-à-dire qu'il y a effectivement, si vous voulez,
08:03c'est quoi l'idéologie du macronisme ? La vérité déprise.
08:06C'est pour ça que Raphaël Glucksmann, comme personne en tous les cas, je dis ça,
08:10pourrait tout à fait se rallier à Macron.
08:12C'est Europe, libéralisme, Ukraine effectivement aujourd'hui, mondialisation, etc.
08:21Donc ça correspond à une sociologie.
08:24Par ailleurs, il y a aussi, comment dire, des idéologies.
08:30Je ne vois pas comment, si vous voulez, effectivement,
08:33on va avoir une majorité plus gouvernable.
08:35Je ne suis pas sûre, si vous voulez, qu'il y a un bloc qui va disparaître.
08:39Il a parlé hier au retraité, ça ne vous a pas échappé ?
08:41– Oui, bien sûr.
08:42– Je m'arrête Alexis, pardon.
08:43– Non, non, allez, on poursuit dans un instant justement avec vous.
08:45Alexis Poulin, Élisabeth Lévy, et je rappelle que l'invité politique
08:48de Jean-Jacques Bourdin tout à l'heure, c'est Bruno Le Maire,
08:50le ministre de l'économie, toujours ministre de l'économie.
08:54Et puis vous, vous avez la parole, 0 826 300 300 évidemment, vous le savez.
08:58Vous avez la parole sur Sud Radio pour vous exprimer
09:00tout au long de la journée, bien sûr.

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