- il y a 1 semaine
Ce mercredi 26 août, Éric Trappier, président de l'UIMM ; Sophie Sidos-Vicat, présidente des CCEF et vice-présidente de la holding du groupe Vicat ; Bernard Spitz, président des Gracques et Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Économie et des Finances, étaient les invités dans l'émission Édition Spéciale depuis la REF présentée par Hedwige Chevrillon sur BFM Business.
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00:01Émission spéciale depuis la REF sur BFM Business.
00:08On est donc ensemble pendant une heure avec mes différents invités.
00:11Mon premier invité, il est déjà là, il est un des personnages clés évidemment ici à la REF, c'est
00:15Éric Trappier,
00:16le président de lui-même, la puissante fédération de l'industrie et la métallurgie,
00:21et puis bien sûr le patron de Dassault Aviation. Bonsoir Éric Trappier.
00:25Bonsoir.
00:25Merci d'avoir fait un détour pour les studios de BFM Business.
00:28Il reste beaucoup de questions à vous poser.
00:30Ma première question c'est, est-ce que vous avez le moral ?
00:33J'ai toujours le moral.
00:36La question c'est de savoir comment on règle les problèmes.
00:38On est là ici pour justement poser ces questions-là et être capable de répondre
00:43et de poser des problématiques vers les autorités politiques en particulier.
00:47Si je vous pose cette question, c'est qu'un sondage a été fait,
00:51qui montre, il y a beaucoup d'enseignements dans ce sondage,
00:54mais d'abord qui montre quand même que les patrons sont pessimistes.
00:57Donc est-ce que vous, vous êtes pessimiste ou est-ce que vous avez le moral ?
01:00Vous Éric Trappier.
01:01Non, je ne suis pas pessimiste parce que je crois toujours beaucoup dans la force de ce pays
01:07à se mobiliser sur des domaines, en particulier le domaine de l'industrie,
01:10même si on s'est désindustrialisé depuis bien longtemps et qu'on n'est plus autour de 10% du
01:16PIB
01:16par rapport au 20% de beaucoup de nos voisins.
01:19Et je pense que ce pays a la capacité d'innover, a la capacité de produire en France,
01:25de la même manière que les agriculteurs ont la capacité de faire de l'agriculture en France,
01:32compatible de l'environnement.
01:33Oui, mais je suis d'accord, mais c'est un peu un vœu pieux, pardonnez-moi.
01:36C'est qu'on voit sur l'industrie, comme vous dites, les autres sont peut-être pas à 20%,
01:40enfin en tous les cas au-delà de 15%.
01:42Nous, on a tout fait pour essayer de réindustrialiser la France, ça ne marche pas.
01:46On n'a pas tout fait, on n'a pas tout fait, et justement on est là pour poser ces
01:51questions-là.
01:52On pense que pour réindustrialiser un pays, il faut créer les conditions qui permettent à l'industrie de vouloir là.
01:58C'est-à-dire, un, ne pas toujours, parce qu'il y a un déficit, vouloir augmenter les impôts,
02:04et en particulier sur les sociétés, ne pas vouloir toujours avoir un modèle social dispendieux,
02:10si d'ailleurs on veut le protéger pour l'intérêt de nos concitoyens et des salariés,
02:14il faut pouvoir le protéger, et il faut arrêter de surnormer toute l'industrie,
02:21comme l'agriculture du reste, on a le même combat.
02:23Mais rien n'a changé, ça fait des années que vous n'avez pas changé.
02:25Non, aujourd'hui, on n'a pas changé, au contraire, on continue à aller à la vitesse du TGV pour
02:30normer,
02:31et à la vitesse de l'omnibus pour simplifier.
02:33Mais ça ne veut pas dire que le combat est perdu, on va continuer, et ça tombe bien,
02:37on a les candidats à l'élection présidentielle qui préparent leur programme,
02:42qui vont venir petit à petit les exposer,
02:45on va leur démontrer comment on peut créer les conditions qui permettent de créer de l'activité.
02:51Mais la meilleure démonstration, Éric Trappier, ça serait de dire, on n'a pas besoin de vous.
02:57C'est de couper un peu ce cordon ombilical qu'il y a entre les politiques et les entreprises, non
03:02?
03:03Non, je pense qu'au contraire, il faut renforcer ce lien.
03:08Parce que vous voyez, dans beaucoup de pays, les pouvoirs politiques sont très attentifs
03:12à la réalité du monde économique et du monde des entrepreneurs.
03:16Parce que les entrepreneurs sont ceux qui créent la richesse
03:18et qu'ils partagent plutôt plus en France qu'ailleurs, sur le domaine, en particulier le domaine social.
03:25Comment se porte l'industrie française ?
03:26On a vu des chiffres là, publiés par l'APEC, qui montrent que la tendance n'est pas très très
03:31bonne,
03:31mais que ça se maintient, l'emploi, se maintient notamment l'emploi des cadres,
03:35se maintient à peu près dans l'industrie. Est-ce que vous confirmez ?
03:38L'activité de l'industrie en général se maintient.
03:42Il y a des secteurs qui souffrent, comme l'automobile, moins 25% par rapport à 2019.
03:48Et il y a des secteurs comme l'aéronautique qui continuent à progresser, plus 25% dans les 6 derniers
03:53mois.
03:53Alors, le ferroviaire progresse de 14%.
03:55Vous voyez que c'est très irrégulier, mais ça veut dire qu'en fait, on peut faire de l'industrie
04:00en France.
04:01On doit faire de l'industrie en France.
04:02Et avec quelques modifications des contraintes qui pèsent sur nos entrepreneurs,
04:08on pourrait repartir à la hausse de la part industrielle dans le PIB.
04:12C'est quoi ces modifications ? Parce que là, il y a la discussion du budget, on va y venir.
04:16Mais c'est quoi ? Vous dites quelques modifications.
04:19Si vous aviez trois messages à faire passer, ça serait quoi, Éric Trappier ?
04:23Écoutez, quand on était dans le premier quinquennat d'Emmanuel Macron,
04:27avec une politique de l'offre, un impôt sur les sociétés à 25%,
04:31était revenu dans la moyenne européenne.
04:32C'était quand même une bonne chose.
04:34On a fait venir les investisseurs, non seulement en France,
04:37mais surtout de l'étranger vers la France.
04:38Donc un apport d'argent.
04:40Malheureusement, pendant le deuxième quinquennat,
04:42les choses se sont un peu inversées,
04:44parce que le Parlement a apporté des contraintes supplémentaires.
04:48Sur les normes, on pourrait très facilement aller plus vite dans la simplification,
04:53encore faut-il le vouloir,
04:55et réellement arbitrer pour simplifier la vie des industriels.
04:59Mais est-ce qu'en même temps, parce que vous, vous avez plusieurs casquettes, Éric Trappier,
05:03en même temps, on voit bien que l'industrie de la défense,
05:05elle se porte très très bien.
05:06Alors il y a une demande très forte dans ce climat géopolitique quand même assez périlleux.
05:13Donc on est capable de produire en France.
05:16On voit bien que l'industrie de la défense, c'est vraiment notre fer de lance.
05:19Il y a le luxe et la défense.
05:20C'est un peu les deux piliers de l'industrie française.
05:22Oui, je dirais qu'il y a le luxe, l'aéronautique et la défense.
05:26Alors on mélange souvent les deux, je suis d'accord.
05:29Mais même, regardez le ferroviaire, ça fonctionne pas mal.
05:31Donc ça démontre que l'industrie en France, ça marche.
05:35Ça peut marcher.
05:36Donc c'est pour ça que je dis qu'avec quelques ajustements significatifs,
05:40on doit pouvoir repartir à la hausse sur la production.
05:43On doit pouvoir recréer le moral, mais on a toujours des contraintes sur l'embauche.
05:49On cherche toujours des bras.
05:51Donc il faut aussi travailler le système éducatif, le système de formation,
05:55le système d'apprentissage qui a tant donné dans le passé, qui a une réussite.
06:00Il faut absolument remettre les gens pour venir travailler dans l'industrie
06:04et qu'ils partagent notre fierté d'industriel.
06:07Si un jeune vient vous voir, vous lui dites de créer son entreprise en France ou à l'étranger ?
06:12Vous, Éric Trappier, sachant que selon le sondage que vous avez fait,
06:16il y a 39% qui conseillent à des jeunes d'aller créer leur entreprise à l'étranger.
06:21C'est quand même dingue.
06:22Éric Trappier, je lui dirais de la créer en France jusqu'à un certain point.
06:27Si créer une entreprise en France l'amène à échouer, c'est pas une bonne chose.
06:31Il faut d'abord qu'ils réussissent.
06:33Donc il y aura une tentation, et il y a une tentation de nos jeunes de partir créer des entreprises
06:38à l'étranger
06:39parce que c'est plus facile, c'est moins contraint.
06:43Qu'est-ce que vous attendez de ce budget ?
06:45Est-ce que pour vous c'est le budget un peu de la dernière chance ?
06:49Ou au contraire, vous dites de toute manière, on a 10 mois à serrer les dents et après on verra
06:56ce qui se passe ?
06:56Non, je crois que ce qui a été dit, c'est qu'il est quand même bon d'avoir un
07:00budget, premièrement.
07:01Deuxièmement, il faut stabiliser un certain nombre de paramètres.
07:05Il faut tenir ses engagements.
07:07Quand on nous a dit qu'il y aurait une surtaxe d'impôt sur les sociétés pendant un an,
07:10on en est à 3 aujourd'hui.
07:12Et à 4.
07:13Et à 4.
07:14Donc ça ne donne pas le moral sur les engagements des politiques,
07:18et je n'accuse pas forcément le gouvernement, il y a aussi le Parlement,
07:22qui doivent prendre en compte le fait que quand on s'engage, il faut savoir tenir.
07:26J'espère que les candidats qui vont nous promettre un certain nombre de choses...
07:29Mon zémerveille !
07:30... s'engageront.
07:32Oui.
07:32Avec la culture du respect de l'engagement.
07:34Oui, enfin ça, ça n'existe.
07:35C'est notre cas dans l'industrie.
07:37Ça n'existe plus beaucoup.
07:38C'est malheureux.
07:39Vous avez déjà acté le fait qu'il reste une surtaxe pour les entreprises.
07:43On se bat contre.
07:44Oui.
07:46La question des riches.
07:47Vous avez entendu le débat qui a été lancé notamment par LFI,
07:51avec des termes quand même assez forts en le traitant de nuisibles.
07:55Je ne sais pas si vous êtes un nuisible, Éric Trappier,
07:57parce qu'en plus de vos fonctions, vous dirigez le groupe des Dassault,
08:03Marcel Dassault, qui a notamment le Figaro, mais aussi d'Assovation, d'Asso-Système.
08:07Vous prenez ça comment ?
08:09Vous êtes choqué, heurté ?
08:11Je vais vous dire, c'est de la provocation.
08:14Donc il ne faut pas répondre à la provocation par de la provocation.
08:18Je réponds donc très simplement que nous créons de la richesse,
08:23nous créons de l'emploi, nous vendons à l'exportation.
08:27Je rappelle que le chiffre d'affaires, par exemple, de Dassault Aviation,
08:29c'est 85% à l'international et non pas en France.
08:33Donc on fait venir des richesses hors de France vers la France.
08:38On paye 95% de nos impôts en France.
08:41On remplit les caisses sociales en France.
08:44On distribue un tiers de nos bénéfices à nos salariés.
08:49Est-ce que ça, c'est être nuisible ?
08:51Et en plus, on contribue à la défense du pays.
08:53Je laisse vos téléspectateurs apprécier entre ce que je dis et ce que disent certains de LFI.
09:01Alors, on va parler un petit peu de défense.
09:03Il y avait la visite.
09:03Alors ça, ce n'était pas pour la défense, mais en même temps, ça a servi.
09:07Ça a peut-être appuyé certaines demandes.
09:09Vous allez nous dire ça dans un instant.
09:11Il y avait la visite de Mohamed Ben Salaman, qui est le prince héritier d'Arabie Saoudite.
09:14On sait que depuis longtemps, vous essayez d'assaut de vendre des rafales en Arabie Saoudite.
09:21Le jeu géopolitique est en train de bouger énormément dans la zone du Moyen-Orient.
09:27Est-ce que d'abord, ça a été fructueux pour vous ?
09:30Est-ce que ça va accélérer la vente de rafales à l'Arabie Saoudite ?
09:34En général, et aujourd'hui en particulier, je ne commande pas ce genre de visite et des discussions qu'il
09:39peut y avoir entre les États en particulier.
09:44Nous, nous sommes mobilisés aujourd'hui sur la livraison des rafales aux Émirats Arabes Unis, par exemple.
09:50Nous sommes mobilisés pour négocier des contrats complémentaires dans un certain nombre de pays, dont l'Inde.
09:56Et nous serions plus qu'heureux de pouvoir avoir l'Arabie Saoudite comme client potentiel.
10:02Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
10:03Ce n'est pas le cas, mais il y a eu des contacts, là ?
10:05Il y a toujours des contacts avec le Royaume, à tous les niveaux.
10:09Oui. Et hier, est-ce qu'il y a eu des contacts un peu plus privilégiés ?
10:12Je ne vous dirai pas particulièrement les contacts qu'on a eus hier.
10:15Oui. Bon, d'accord. On a compris.
10:19La question qu'on peut se poser, c'est de la recomposition géopolitique, grâce à Donald Trump, qui est provoquée
10:24entre autres par le président des États-Unis.
10:27Est-ce que ça peut bénéficier à la France, qui peut jouer un rôle, qui joue un rôle, on l
10:33'a vu, évidemment, déjà avec les Émirats, mais pas que ?
10:36Est-ce que ça peut redéfinir un peu la question de la sécurité dans cette zone-là ?
10:41Ça devrait. Après, vous connaissez, l'influence des États-Unis en Europe est forte, puisque depuis la Deuxième Guerre mondiale,
10:49les États-Unis, d'une certaine manière, protègent les pays européens.
10:53Est-ce que la dialectique du président américain ne va pas donner lieu à une réaction des pays européens pour
11:04se dire qu'on a besoin d'un peu plus d'autonomie, d'indépendance en Europe ?
11:08Je note quand même qu'hier, la Pologne a décidé de racheter plus de F-35. Donc, vous voyez, c
11:12'est un premier élément de réponse.
11:14Oui. C'est même un très gros élément de réponse, la question est celle-là.
11:19Alors, l'autre question que j'allais vous poser, parce que vous étiez en studio chez nous à BFM Business,
11:25et vous avez posé la question du SCAF, le fameux avion de combat.
11:28Donc, il a été abandonné parce que vous nous avez dit, n'y êtes jamais, on cédera notamment sur tous
11:34les logiciels, le cockpit et à la technologie qui est importante.
11:37Là, vous avez dit, moi, je suis prêt à faire un super rafale, on a de l'argent. Top départ,
11:43vous espérez l'avoir avant l'élection ?
11:45On travaille aujourd'hui sur ce super rafale qu'on appelle le rafale F-5. C'est écrit dans la
11:52programmation militaire de le développer.
11:54Donc, pour moi, c'est devenu une certitude. C'est une demande des armées françaises.
11:59Mais il faut un top départ, non ? De la part notamment du président Macron ?
12:02Le départ a été déjà lancé. Nous sommes déjà dans les études détaillées de ce standard. Et comme d'habitude
12:08en France, les contrats tombent au fur et à mesure des étapes de progression du développement de ce standard.
12:14Mais pour nous, ce standard F-5 est lancé.
12:17Ça sera pour quand ?
12:19C'est déjà aujourd'hui...
12:21Oui, mais il faut combien de temps pour mettre au point ce super rafale ?
12:22Ah, c'est pour être au rendez-vous de 2033-2035.
12:27Oui. Est-ce que vous allez le financer seul ou avec l'armée française ?
12:32Ou est-ce que, par exemple, il y a des Indiens ? On dit que vous pourriez avoir un partenariat
12:36indien ou vous allez le développer seul ?
12:38Pour le moment, le rafale F-5 est développé par la France sur les besoins français, des armées françaises, armées
12:45de l'air et marine nationale.
12:47Et il n'y a pas aujourd'hui de co-développement avec des pays étrangers.
12:51Par contre, c'est un standard et un avion, parce que l'avion sera un petit peu plus développé, qu
12:56'on pourra proposer à partir de 2035 à l'exportation.
12:59Est-ce que les Allemands, finalement, ne sont pas en train de devenir notre principal concurrent dans la défense, l
13:05'industrie de défense, sachant que leur industrie reposait énormément sur l'automobile ?
13:10On voit ce qui se passe chez Volkswagen, chez BMW, etc.
13:14Donc, l'industrie de défense, c'est sans doute ce qui va porter l'industrie allemande.
13:17Ils sont devenus nos principaux concurrents ?
13:20Non, pas encore. Nos principaux concurrents restent, de loin, les États-Unis, qui emportent beaucoup de marchés de par leur
13:28forte influence et implication dans le domaine géopolitique.
13:31Si vous prenez l'industrie terrestre, oui, les Allemands sont des grands concurrents, ça l'a toujours été.
13:37Dans le domaine aéronautique, aujourd'hui, on a nos marchés, on a nos partenaires, on les entretient.
13:45Les Allemands sont potentiellement un concurrent, mais pas encore.
13:49Est-ce que tout ça, dernière question sur la défense, est-ce que tout ce qui se passe, parce que
13:53toutes les cartes sont en train d'être bâties à tous les niveaux, vous êtes d'accord avec moi ?
13:58Il y a des retours d'expérience, aussi bien de la guerre en Ukraine que de la guerre en Iran.
14:04Et donc, effectivement, comme toujours, il y a une évolution des tendances et des besoins des armées.
14:10Est-ce que ça peut entraîner une évolution, peut-être, de l'industrie de défense française, c'est-à-dire
14:16des regroupements, des rapprochements, des coopérations,
14:19ça aura forcément un impact ?
14:21Non, je ne crois pas.
14:23S'il y a des rapprochements qui se font, des regroupements, c'est qu'il y aura un vrai besoin
14:27de le faire.
14:28Si le fait de produire des armements les plus performants possibles vers les armées françaises, européennes et étrangères n'ont
14:36pas besoin de regroupement,
14:37enfin, pas de regroupement.
14:39Pourquoi faire un regroupement capitalistique pour faire un avion si on sait déjà faire l'avion avec un salaire ?
14:44On peut faire des coopérations, c'est ce qu'on proposera.
14:47Est-ce que vous allez vous lancer dans les drones ?
14:49Nous sommes déjà dans les drones.
14:50Vous êtes déjà dans les drones, mais je veux dire lancer à plus grande échelle, parce qu'on voit que
14:53c'est presque plus important aujourd'hui que les avions.
14:55Non, ça va avec, c'est complémentaire. Vous avez les avions de combat et vous avez la drone à côté.
15:00Ça, c'est les drones au sens de la performance d'attaque.
15:05Sur les petits drones, on a un partenariat privilégié avec la société Armatan AI,
15:11qui fournit des petits drones totalement robotisés, totalement pilotés par l'intelligence artificielle,
15:18et donc par l'homme derrière l'intelligence artificielle,
15:20et qui, eux, sont déjà en train de produire en grande quantité.
15:23Et donc, on échange nos savoir-faire, on coopère pour pouvoir s'aider.
15:28Eux, ils sont plus forts sur ce qui est petit, nous, on est plus forts sur ce qui est gros.
15:32Et donc, voilà, on va tirer profit les uns des autres.
15:35Vous avez un gros, vous avez publié vos résultats, là, juste encore un point.
15:38Vous avez un gros trésor de guerre chez Dassault Aviation. Vous allez en faire quoi ?
15:44On a une grosse trésorerie parce que nos clients nous ont payé des accomptes.
15:48Maintenant, il faut faire les avions, il faut le dépenser, l'argent.
15:51Et donc, il n'y a pas de trésor de guerre particulier ?
15:53Il y a de la trésorerie. On gère comme père de famille cette société.
15:58Et donc, on n'est pas endetté.
16:00Demain, pour la première fois, Marine Le Pen viendra ici.
16:04Vous avez rencontré Marine Le Pen, Éric Trapier ?
16:06Ah oui, oui, je l'ai déjà dit. J'ai rencontré Marine Le Pen.
16:11Je rencontre...
16:11À quelle occasion ? Comme ça, vous l'avez invitée à déjeuner, à dîner ?
16:15Non, non. Dans une réunion formelle à l'UMM, par exemple, pour lui exposer, lors de la campagne présidentielle précédente,
16:25nos positions sur l'économie, sur l'industrie, et en particulier les métiers de la métallurgie.
16:31Donc, oui, on a rencontré Marine Le Pen. Oui, j'ai rencontré aussi Jean-Luc Mélenchon.
16:38Et j'ai rencontré tous ceux qui sont candidats à la présidence, qui veulent jouer un rôle dans la politique
16:45française,
16:45et qui sont des élus. Je n'ai pas à filtrer les élus.
16:49Et ce n'est pas parce que je les rencontre que je suis d'accord avec eux.
16:52Sinon, je serais d'accord avec beaucoup de monde, ou inversement, je ne rencontrerais peut-être pas grand monde.
16:56– Récemment, parce que ce que vous nous disiez là... – Pas récemment.
16:58– Non, pas récemment. Et le Figaro, entre Mélenchon et Jean-Luc Mélenchon, et Marine Le Pen, il va soutenir
17:05qui ?
17:05Puisqu'on va rappeler quand même, pour ceux qui ne le sauraient pas.
17:07– Le Figaro, il ne soutient personne. Il est un journal de tendance de droite libérale.
17:12– On s'en souvient quand même que Serge Dassault, en son temps, prend une position.
17:15– Voilà. Là, il n'y aura pas de positionnement affiché, mais c'est un journal de droite libérale.
17:22Donc, vous pouvez en déduire ce que vous voulez, sachant que c'est une ligne de ce journal.
17:28– Merci beaucoup, Éric Trapier, d'avoir été avec nous ici, dont président de lui-même, président d'Assault Aviation.
17:36Vous n'êtes pas inuisible, même si vous dirigez le groupe de Marcel Dassault.
17:40Merci beaucoup d'avoir répondu à nos questions.
17:42– Merci.
17:43– Dans un instant, il y aura Bruno Le Maire qui nous rejoindra ensuite.
17:46Et puis, on retrouvera aussi Sophie Sidos qui sera avec nous, Sidos Vika.
17:52Et puis, Bernard Spitz, le président des GRAC. À tout de suite.
17:55– Business, émission spéciale depuis la REF.
17:59Edwige Chevrillon.
18:06– On est toujours, on est toujours, on est toujours, attendez.
18:11– On est toujours en direct, vous voyez, c'est ça les émissions spéciales.
18:15Il faut, j'attends mon invité qui vient de s'installer, qui cherche à s'installer du moins.
18:20C'est Sophie Sidos, Vika. Asseyez-vous.
18:24– Bonsoir Sophie, Sidos, vous ressortez d'une table ronde, vous arrivez, vous allez repartir, c'est ça un peu
18:30une émission spéciale.
18:32On va rappeler alors que vous êtes, vous venez d'être réélu, présidente des conseillers du commerce extérieur,
18:37que vous êtes présidente de la holding Vika, qui est, bah, Vika c'est le…
18:41– Cimentier français, le seul cimentier.
18:43– Si j'allais dire, cimentier historique.
18:45– Tout à fait.
18:46– Et le seul qui reste français et familial.
18:48– Oui.
18:48– Sûr d'affaires, grosso modo, c'est quoi ?
18:50– 4 milliards.
18:50– 4 milliards, voilà.
18:51– 11 000 personnes.
18:52– 11 000 personnes, près de Grenoble.
18:54– Le siège est en Orisère, à l'île d'Abouf.
18:57– Voilà, exactement. Merci d'être avec nous.
18:59– Est-ce que, là, vous avez écouté le discours, évidemment, de Patrick Martin,
19:04vous êtes un personnage clé ici.
19:06Est-ce que vous avez, question je posais à Éric Trappier,
19:09est-ce que vous avez aussi, vous trouvez que vraiment la situation est grave
19:14et que vous avez un peu, vous faites partie de ces 82% des chefs d'entreprise
19:17qui sont plutôt pessimistes et qui se disent que le prochain chef de l'État
19:21ne pourra rien faire pour eux. Vous êtes d'accord ?
19:23– Ah bah non, j'espère qu'il fera des choses pour eux, évidemment.
19:26On a aujourd'hui un chef de l'État qui fait des choses pour l'entreprise.
19:30– Ah, enfin, qui défend Emmanuel Macron ?
19:32– Oui, moi, je défends le président Macron parce que j'ai la chance
19:35de travailler avec lui sur l'international.
19:37Et je peux vous dire qu'on n'a pas de meilleur commercial au monde
19:40que notre président.
19:42Chaque fois que je suis avec lui et que je me déplace sur un déplacement,
19:46on a des contrats, on signe des contrats.
19:48Regardez ce qui s'est passé encore avant-hier.
19:50C'était quand même fabuleux.
19:51On n'a jamais signé autant de contrats avec l'Arabie Saoudite.
19:56On a 6 milliards d'engagés sur des parcs, on a signé des tas de choses.
19:59Alors, on ne dit peut-être pas à tout le monde tout ce qu'on signe.
20:02Ça, c'est peut-être l'erreur de ne pas assez communiquer sur tout ce qui est signé.
20:04Mais en tous les cas, la France, à l'international, on est très bien vus.
20:08On a des très belles entreprises qui se développent très bien.
20:12Et je dirais que tout va bien, madame la marquise.
20:14En France, je ne sais pas ce qui se passe, mais c'est la catastrophe.
20:17Il y a un pessimisme partout.
20:19On est tous au bord de la dépression.
20:21Tout va mal.
20:22C'est la catastrophe.
20:23Il faut tout de suite changer de président.
20:25Et personne ne va être bon.
20:28Mais je pense qu'il faut rester optimiste.
20:30Nous, les entreprises, on a besoin de chiffre d'affaires.
20:32On a besoin de progresser.
20:34On a besoin d'être positif.
20:35Donc, si on voit toujours le verre à moitié vide, ça ne va pas marcher.
20:39Sophie Sidosvika, ça, pour l'international, on voit, ça marche.
20:43C'est un peu ce que disait aussi Éric Trappier.
20:45Alors, évidemment, quand il m'en s'est rafale, ça marche.
20:48Ou c'est jette d'affaires.
20:49Mais en France, la situation est compliquée.
20:53Vous le disiez, vous êtes un groupe cimentier.
20:55Donc, vous, vous cochez toutes les cases, si je veux dire.
20:57Groupe cimentier.
20:58Donc, bon, est-ce que c'est bon pour la transition écologique ?
21:01En même temps, vous souffrez beaucoup de la crise du logement, du bâtiment.
21:04En même temps, vous êtes une ETI.
21:064 milliards, très grosse ETI.
21:07En même temps, vous êtes un groupe familial.
21:09Voilà.
21:09Donc, vous cochez toutes les cases.
21:12Comment faire pour qu'il y ait plus d'entreprises comme vous ?
21:14Alors, peut-être pas forcément dans le ciment, mais en tous les cas, de ETI familial.
21:18Oui.
21:19Alors, déjà, si on pouvait diminuer un peu les impôts sur les sociétés, ça serait quand même pas mal.
21:23Si on pouvait arrêter toute la journée de dire qu'on veut taxer les riches, ça serait encore mieux.
21:27Parce que ce n'est pas ça, la solution de la France.
21:29On a besoin des riches pour avoir des carnets de commande, pour avoir de la main-d'oeuvre, pour avoir
21:34de l'employabilité.
21:35On a besoin des jeunes.
21:36Et ça, merci à Patrick Martin qui a parlé des jeunes et qui en parle constamment.
21:40Les jeunes, c'est notre avenir.
21:41Et on a besoin d'eux.
21:42Et on a besoin qu'ils rentrent dans un monde positif.
21:44Alors, vous avez tout à fait raison, Edwige.
21:46Le Simon, on s'imagine toujours que c'est très polluant, que ça va très mal.
21:49Mais en fait, nous, on est exemplaire, puisque on trouve et on investit énormément dans la recherche et dans le
21:54développement.
21:54On a dans notre groupe l'idée et l'ambition qui va se concrétiser avec le président Macron de pouvoir
22:00décarboner 100% d'une usine qui est celle de Montalieu en Nord-Isère.
22:04Donc, de récupérer notre CO2 et de le transformer sur un autre gaz pour faire avancer les bateaux ou faire
22:09avancer les avions.
22:10Et ça, pour ça, il faut y arriver.
22:11Donc, il faut qu'on ait confiance dans l'innovation et dans le monde de demain.
22:17Vous embauchez beaucoup de jeunes chez vous ?
22:19On embauche beaucoup de jeunes chez Lika.
22:20Si on envoie un CV, on est sûr, pas sûr d'être tous embauchés, parce qu'on ne peut pas
22:24embaucher toute la planète.
22:25Mais on embauche, oui, constamment.
22:27Et ça, malgré le fait que sur l'apprentissage, ça a été erroné, les aides ont été erronées.
22:32Vous continuez à embaucher des jeunes ?
22:34Oui, on a besoin de jeunes parce que chez Lika, on n'a jamais eu une aussi bonne année.
22:39Alors, on a eu une bonne année parce que à l'international, on n'a jamais fait autant de chantier.
22:43Alors, on envoie nos Français à l'international pour développer notre savoir-faire et notre technique.
22:48C'est vrai que dans certains pays, on a plutôt tendance à embaucher du local.
22:52Je pense à l'Afrique de l'Ouest, où là, par exemple, on va prendre des Africains.
22:56Mais dans les autres pays où on est présent, on va embaucher beaucoup de Français qui vont pouvoir se développer
23:00sur certains pays et puis revenir après.
23:02Ce qu'il nous faut en France, c'est plus construire.
23:04C'est évident, on a une crise de logement dramatique.
23:06Si on ne construit pas plus de logements, plus de prisons, plus d'autoroutes, plus de ponts, plus de tunnels,
23:12ça va être compliqué pour notre pays.
23:14Si on ne réenclenche pas...
23:15Pour vous, la France, c'est combien ?
23:17Pour nous, aujourd'hui, c'est 30% de notre activité.
23:19Oui, mais là, en termes de business, avec cette crise du logement, crise de construction, c'est quoi ?
23:25Alors, il nous manque 100 000 logements.
23:26Vous le savez, on nous les a promis, mais on ne les a toujours pas.
23:28On n'arrive pas à les construire.
23:30Tout prend un temps complètement dingue.
23:32Il faut aller beaucoup plus vite, c'est clair.
23:33Et le sujet qu'on a, c'est toujours le même sujet.
23:36C'est toutes ces normes, tous ces règlements qui prennent un temps pas possible.
23:39Alors, le président en a parlé.
23:41Il faudrait qu'on ait que des projets Notre-Dame.
23:43Dans ces cas-là, ça irait beaucoup plus vite.
23:44Même nous, pour faire notre projet VAIA, qui est notre projet de décarbonation,
23:48si on doit attendre l'acceptabilité de la population et toutes les réformes, on ne le fera jamais, ce projet.
23:53Et en revanche, les Chinois le feront demain sans aucune autorisation.
23:56Donc, est-ce qu'on veut être concurrencé par d'autres pays ?
23:58Non.
23:58On veut reprendre.
23:59Et pour ça, il faut aller plus vite.
24:01Il faut que l'Europe nous aide à aller plus vite.
24:03Il faut que...
24:04Et ça, le président Martin l'a bien dit.
24:06Et le gouvernement nous aide, mais il ne va pas assez vite.
24:09Enfin, il vous aide en même temps.
24:11Enfin, ce n'est pas le gouvernement, mais l'administration vous met un peu des bâtons dans les roues, non
24:15?
24:15Oui.
24:15Alors, l'administration nous met beaucoup de bâtons dans les roues, parce qu'on a beaucoup de contrôles en permanence,
24:20que ce soit des contrôles DREAL, des contrôles DRED, des contrôles URSAV, des contrôles impôts.
24:25Enfin, sans arrêt, quoi. On les a sans arrêt, pas que chez Vicar, hein, chez tout le monde.
24:29Moi, je suis présente du MEDEF-Isère, c'est un petit MEDEF, mais sans arrêt, tous les jours, j'ai
24:32un coup de téléphone d'un patron qui est désespéré.
24:35Aujourd'hui, j'ai eu un contrôle douane, je n'arrive pas à m'en sortir.
24:37Qu'est-ce que je fais, Sophie ? Attends, on va reprendre les choses ensemble. Il faut qu'à un
24:40moment donné, l'État, c'est formidable, c'est bien d'avoir des règles,
24:43mais il faut que l'État soit pro-entreprise et nous aide.
24:46Qu'est-ce que vous attendez demain ? Puisque l'événement, c'est ça qui est paradoxal, c'est-à
24:50-dire que l'événement de la REF, en fait, c'est les politiques.
24:54Donc, c'est ça qui est un peu paradoxal, mais c'est comme ça.
24:56Les politiques jouent pour leur pays, qu'il y ait plus de compréhension. Quand des entreprises sont en difficulté, il
25:01ne faut pas leur mettre la tête sous l'eau.
25:03Il faut les aider à relever de l'eau. Et pour ça, il faut peut-être faire moins de contrôles
25:06chez elles, ou alors les aider, avoir des contrôles positifs,
25:08pour les aider à sortir la tête de l'eau. J'attends à ce qu'on soit favorisé sur les
25:11contrats sur l'Europe, qu'on aide les entreprises françaises
25:14et pas forcément une entreprise étrangère. Je souffre pour nos Outre-mer. Ce matin, on avait une réunion avec tous
25:20mes présidents des conseils du commerce extérieur de la France des Outre-mer.
25:23Franchement, c'est difficile pour eux. Il n'y a pas de priorité pour nos Outre-mer. Ils se battent
25:27en permanence et on ne les écoute pas.
25:31Notre ministre, aujourd'hui, est dans les Outre-mer. Elle est partie à Mayotte. Mais ce n'est pas normal
25:35qu'on n'ait pas de conseiller du commerce
25:37ou très peu de conseillers dans nos Outre-mer. Et qu'en revanche, à Madagascar ou dans les autres îles,
25:41on en est beaucoup.
25:42Il faut absolument qu'on fasse plus rayonner la France sur ces territoires.
25:46Alors, qu'est-ce que vous, en tant que président du... Enfin, réélu, vous avez déjà été président du conseil
25:52du commerce extérieur.
25:55Qu'est-ce que vous... Quelle image a la France en ce moment ?
25:59Oui. Alors, j'ai de la chance parce que j'ai un ministre exceptionnel qui est Nicolas Faurissier.
26:03Nicolas et moi, nous travaillons main dans la main ensemble. Et il veut vraiment mettre le turbo, m'a-t
26:07-il encore dit il y a trois minutes, dans le moteur.
26:08Oui, mais lui, dans six mois, il n'est plus là. Enfin, ou dans neuf mois, il n'est plus
26:11là.
26:11Oui, mais si déjà pendant six mois, il arrive à faire des choses, et on lui a fait plein de
26:14propositions, avoir des VIE dans les Outre-mer, développer plus la France...
26:18Donc ça, il peut nous aider là-dessus. Il faut que systématiquement, quand il parte faire des voyages, il ne
26:23fasse pas des bilatérales lui-seul avec un autre ministre,
26:25mais qu'il mette toutes les entreprises dans le circuit. Et c'est ce qu'il fait, c'est ce
26:27qu'il veut faire.
26:28Et là, c'est important qu'on fasse plus rayonner nos entreprises chaque fois qu'elles se déplacent à l
26:32'international.
26:33Oui. Qu'est-ce que la coopération entre... Comme quoi ça veut dire que la coopération entre l'État et
26:39les entreprises, ça peut marcher ?
26:40Oui. Alors, ce qu'on a monté, la Team France Export, la TFE, donc c'est les CCIFI, c'est
26:45les CCE, les OSCI, Business France.
26:48Quand on travaille tous ensemble, main dans la main, et que chacun n'est pas dans son couloir de nage,
26:53ça marche.
26:55Et ça, dans tous les pays du monde. On est dans 152 pays, et je peux vous dire que quand
27:00ils sont là et tous ensemble, ça marche.
27:02Merci beaucoup d'avoir été avec nous, un témoignage positif. Comme quoi, ça fait du bien, il y a des
27:07jeunes entreprises qui sont optimistes.
27:08Et encore une fois, qui cochent toutes les cases. Merci beaucoup. Sophie Silosvica a été donc notre invité.
27:14Tout de suite, c'est Bernard Spitz, le président des GRAC, l'ancien patron du Medef International, l'ancien patron
27:19de la Fédération Française d'Assurance,
27:22qui est notre invité. Bonsoir, Bernard Spitz. Merci d'être là, vous aussi, d'être sorti, parce que ça court
27:33dans tous les sens, ici, à Roland-Garros.
27:36Enfin, je ne joue pas au tennis, mais c'est tout comme. Je disais que vous étiez président des GRAC.
27:42Alors, les GRAC, ce qui m'intéressait, en fait, c'est des hausses fonctionnaires, en fait, qui ont...
27:47Pas seulement, pas seulement. Pas seulement, mais enfin, en partie. Et donc, qui ont décidé de créer, et vous, vous
27:52en êtes l'instigateur,
27:54de créer ce... C'est un think tank, cette association, en fait.
27:57Oui, mais c'est un think tank qui s'est créé il y a 20 ans et qui est un
28:01think tank...
28:02En 2007, pour l'élection de 2007. Voilà, mais c'est un social-libéral. C'est-à-dire, c'est
28:05des gens qui sont, en fait, disons, dans la tradition,
28:07dans l'histoire française, les héritiers de Michel Rocard et de Jacques Delors, c'est-à-dire des gens qui
28:12sont très européens
28:13et qui considèrent que le marché est la bonne façon de réguler l'économie, mais à condition que le social
28:21vienne l'équilibrer.
28:22Mais on ne distribue pas, contrairement à ce qui se passe, de l'argent qu'on ne gagne pas.
28:26Donc, c'est pour ça qu'on a, depuis toujours, eu cette position. Et, en fait, les GRAC, c'est
28:30beaucoup plus que des hauts fonctionnaires.
28:32C'est vraiment toutes les couches de la société. Parce qu'entre-temps, il y a 20 ans, il y
28:35avait des partis politiques.
28:36Ça existait. Ils réfléchissaient. Ils avaient des débats. Et donc, les gens que la chose publique intéressait
28:42pouvaient s'y coller. Tout ça a disparu. Les partis se sont effondrés. Et donc, il y a quelques think
28:47tanks.
28:48Et nous, on est, disons, représentés à toutes les générations et avec beaucoup de gens qui sont ici, dans les
28:54stands,
28:54parce que beaucoup d'entreprises, qui ne savent pas comment gérer, justement, et faire les bonnes propositions
28:59et tenir le bon discours dans la France d'aujourd'hui.
29:02Si j'insistais sur les hauts fonctionnaires, je ne sais pas, j'imagine que vous avez vu que Jean-Luc
29:07Mélenchon a dit
29:07qu'il y avait un groupe de hauts fonctionnaires LFistes, donc de LFI, qui allaient soutenir, aider à préparer
29:16la campagne et le programme de Jean-Luc Mélenchon. Et quelque part, c'est un peu ce que vous aviez
29:21fait
29:21avec vos propositions. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que c'est le rôle d'un
29:25haut fonctionnaire
29:26ou pas de faire ça ? La question peut se poser, quand même.
29:30Oui. Un haut fonctionnaire est un citoyen. Il a un devoir de réserve. Donc, dans la mesure où son activité
29:36citoyenne, sa réflexion, il est libre de sa pensée politique. Après, si ça vient influer sur ces choix
29:41qui sont des choix d'intérêt général, c'est ça pourquoi on paye des fonctionnaires.
29:46C'est pour qu'ils prennent des décisions et contribuent à un processus qui est de l'intérêt général.
29:51Bon, c'est ça la question. Moi, je ne sais pas qui sont ces gens. Je ne sais pas d
29:56'où ils viennent.
29:56S'ils sont cachés, c'est quand même un problème. Nous, on a un conseil d'administration. On a toutes
30:00sortes.
30:00On est totalement transparents.
30:01Il y a Mathieu Pigasse qui fait partie des Graquins.
30:04Non, non. Il en a fait partie au début, mais il a juré qu'il n'en avait jamais fait
30:08partie.
30:09C'est à peu près pareil que sur... Oui, au début. Et c'est donc la même position, peut-être,
30:13qu'il aura sur l'effacement de la dette.
30:17Ça veut dire quoi ?
30:18Ça veut dire qu'on peut dire une chose et son contraire.
30:19Oui. Donc, vous dites qu'il n'en fait plus partie, mais il en a fait partie.
30:23Je ne sais pas. En tout cas, il ne fait pas partie des hauts fonctionnaires.
30:26Il était à la limite un ancien haut fonctionnaire, mais à ma connaissance,
30:29il est plutôt un banquier d'affaires et un très bon, d'ailleurs.
30:31Oui, spécialisé dans, justement, les conseils au gouvernement.
30:35Au gouvernement d'été, d'ailleurs, oui.
30:37Vous attendez quoi, vous, de ce grand débat de demain avec votre vision ?
30:42Vous avez organisé, je crois que c'était le 11 avril dernier,
30:45on avait déjà organisé des confrontations, il y avait certains candidats qui étaient venus, pas tous, mais...
30:50Presque tous.
30:51Presque tous.
30:51On n'avait pas invité les extrêmes, parce qu'on voulait démontrer qu'il y avait une possibilité,
30:56à travers des gens qui militent dans des partis, avec des visions politiques différentes,
31:00de se parler, d'échanger et de converger sur un certain nombre de choses, ce qui a été le cas.
31:05Et d'ailleurs, tout le monde était extrêmement...
31:06Disons que ça a contribué à être un facteur de pacification, en tout cas, de la campagne,
31:12parce qu'il était prouvé qu'on pouvait se parler. C'était déjà bien.
31:15Demain, il y aura les extrêmes, comme on les présente.
31:18Il y aura pour la première fois Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
31:24Vous faites toujours partie du MEDEF.
31:27Est-ce qu'il fallait les inviter ?
31:29Je crois que ça a été une position claire de dire que tous les partis, à partir du moment où
31:34ils sont légaux,
31:37sont légitimes à être invités.
31:38D'abord, je crois que Marine Le Pen s'était déjà présenté, non pas à l'université du MEDEF,
31:44mais au moment de la campagne électorale, le MEDEF avait organisé, pendant la campagne présidentielle,
31:48un débat avec l'ensemble des candidats.
31:51Donc, je ne me souviens pas, je crois que Jean-Luc Mélenchon n'était pas venu, mais Marine Le Pen
31:54était venue.
31:55Jordan Bardella est venu au siège du MEDEF.
31:57Oui, oui. Bon. En l'occurrence, ce qui va se passer demain, effectivement, est intéressant.
32:03La question, c'est est-ce qu'il va y avoir vraiment des échanges,
32:05ou est-ce que chacun va rester dans sa ligne de nage ?
32:07Dans son couloir, oui.
32:07Et ça, on verra demain, oui.
32:11Est-ce que le patronat vote Rassemblement National ?
32:16Une partie du patronat.
32:17D'abord, avec des scores que les sondages nous indiquent de l'ordre d'un tiers de voix au premier
32:24tour,
32:24il y a évidemment là-dedans de tout, des jeunes, des vieux, des membres du MEDEF,
32:29comme des gens qui n'y sont pas.
32:32Est-ce que le mindset du MEDEF est Rassemblement National ? Certainement pas.
32:38Il y a une très grande sensibilité des petites entreprises sur un certain nombre de sujets qui sont plus que
32:43de l'irritation, c'est de la colère.
32:45Et donc, cette colère peut les amener, effectivement, à soutenir un candidat comme extrême.
32:52Mais fondamentalement, ce qui intéresse les entreprises, en dehors de la vision citoyenne,
32:56c'est qu'est-ce que ça va changer, en bien ou en mal, pour la France et pour leur
32:59économie.
33:00Et de ce point de vue-là, à la fois, on n'a pas clairement en vue, tout ça est
33:04assez flou, et on n'a pas du tout d'assurance.
33:08Donc, bien sûr qu'il y a une partie de l'électorat, sans doute plus d'ailleurs que du côté
33:14de LFI, mais ça existe.
33:16Pour autant, je pense que l'essentiel des gens ici avec qui j'ai parlé, et d'ailleurs dans les
33:22débats auxquels on a assisté,
33:23prône une forme de pacification du pays, et de rassemblement derrière un certain nombre d'idées,
33:30avec des visions différentes, mais certainement pas radicalement extrêmes comme elles sont posées ici.
33:36Par exemple, le sujet évident est le sujet des retraites.
33:40Tout le monde sait que cette décision de revenir, que c'est une trame de 30 ans.
33:47La retraite à 60 ans est arrivée à contre-courant, ensuite il a fallu ramer pour, à chaque fois,
33:53usé la capacité sociale du dialogue social, parce qu'on s'est fixé là-dessus, et donc ça a épuisé
33:59le pays pour rien.
34:00On a finalement voté dans la souffrance une loi sans même l'avoir expliqué,
34:05après avoir voulu en faire une qui était tellement mal foutue que personne n'y comprenait rien,
34:09alors qu'elle était, sur un simple principe, qu'elle était excellente,
34:11mais quand on ne prépare pas le travail, voilà ce qui arrive.
34:13On finit avec péniblement remonter à 64 ans, quand toute l'Europe est au-delà de 65,
34:19et que les pays parlent de 67 et de 70, et nous, on va revenir en arrière.
34:24C'est monstrueux.
34:25Oui, mais c'est monstrueux, mais en même temps, je sais bien que les sondages ne sont que des sondages,
34:29mais regardez, les Français, ils ne veulent pas travailler plus longtemps.
34:34Donc c'est compliqué pour dire, moi je voudrais être votre président de la République,
34:38et bien il faut travailler à 65 ans, 67 ans, c'est compliqué.
34:42Tous les Français ne sont pas dans ce cas-là, il y en a qui veulent travailler plus longtemps,
34:45il y en a beaucoup qui trouvent dans leur travail une satisfaction, d'autres qui ne la trouvent pas.
34:49Il y a des travaux, effectivement, des gens qui ont commencé tôt des travaux usants,
34:53et qui n'avaient pas, pour des raisons sociales, la formation qu'il fallait,
34:56et qui n'ont pas eu en France, parce qu'on n'a pas été bon sur l'apprentissage,
34:59parce qu'on n'a pas été bon sur la formation professionnelle,
35:01parce qu'on n'a pas été bon sur tous ces sujets,
35:03et bien il y a des gens qui sont usés par le travail,
35:05et qui n'ont pas confiance non plus dans le choix politique.
35:08On parle des jeunes.
35:09Moi, beaucoup de gens ont parlé des jeunes, et je suis le premier à le dire.
35:14J'avais écrit il y a 8 ans un livre qui s'appelait On achète bien les jeunes,
35:18et pour expliquer pourquoi dans tous les domaines,
35:20le choix de la société se faisait contre les jeunes.
35:228 ans plus tard, le résultat est là, et ça continue.
35:25D'ailleurs, ce qui est frappant, c'est que lorsque vous regardez Edwige,
35:27et vous êtes depuis toujours à cette REF,
35:30si vous comparez les sujets qui ont été évoqués dans le discours du président
35:33par rapport à celui du président d'il y a 5 ans.
35:36Les mêmes.
35:36Oui, c'est exactement le même discours, c'est la même chose.
35:38Les mêmes choses, les taxes, les normes, rien ne change.
35:41On a l'impression qu'on est dans une espèce de statu quo,
35:43et ça aussi, ça participe à une espèce de pessimisme.
35:47Et donc les gens, à un moment donné, se disent,
35:48parce qu'il n'y a rien de change, il faut radicaliser.
35:51Mais il ne faut pas faire n'importe quoi.
35:55Est-ce que vous, vous allez prendre, vous les Grecs,
35:58vous allez prendre position à un moment ou à un autre ?
36:01Oui, on le fera, absolument.
36:03Mais pour l'instant, la campagne n'est pas assez lisible.
36:08Nous avons dit toute notre opposition, tant au discours du Rassemblement national,
36:13ne serait-ce qu'à travers ce que je viens de dire sur les retraites.
36:16Et le discours qu'on a entendu il y a deux jours, je ne sais pas ce que dira Jean
36:19-Luc Mélenchon demain,
36:21mais c'est un discours terrifiant.
36:22terrifiant par l'agressivité, par ce qu'il suppose de tensions au sein de la société.
36:30Cette histoire de groupes écologistes qui allaient dans le territoire avoir des pouvoirs,
36:35moi ça me rappelle l'ice de Trump.
36:40Oui, en même temps, on voit bien qu'il n'y a pas qu'un sujet ici d'économie,
36:45il y a aussi un sujet de liberté publique et de démocratie.
36:48Et c'est ça qui fait que l'heure, de ce point de vue-là, est grave.
36:51C'est déjà, le monde qui nous environne est déjà suffisamment dangereux comme ça.
36:56Si on introduit ce verre-là dans le fruit, ça peut mal se terminer.
37:02C'est pour ça qu'il est important d'arriver à retrouver une forme de rassemblement, de raisonnement.
37:08Et on va essayer de faire des propositions en ce sens.
37:10On n'est pas du tout là-dedans.
37:12Alors on est au début, on est d'accord, mais regardez,
37:16c'est à peine la rentrée que déjà c'est parti dans les tours,
37:20que ce soit sur la question des nuisibles, la question de la dette.
37:23On ne peut pas dire qu'on est dans un climat apaisé, Bernard Spitz.
37:26Vous pouvez appeler de vos voeux, mais à ce moment-là, c'est nier la réalité.
37:30Il faut expliquer pourquoi le discours de la dette,
37:34consistant à dire qu'il suffit de l'effacer, est une absolue imbécilité,
37:38et que les gens qui fendent ça sont des charlatans.
37:40S'ils sont des charlatans sur ce sujet, ils le sont sur d'autres.
37:44Bernard Spitz, dans un instant, s'il arrive à s'extraire de ces tables rondes,
37:47parce qu'encore une fois, je rappelle à nos téléspectateurs et à nos auditeurs
37:51que les gens sortent, reviennent.
37:54C'est ça, une émission spéciale.
37:56Ici, c'est Bruno Le Maire, l'ancien ministre de l'Économie et des Finances,
38:00qui a toujours été un peu la star ici, chaque fois qu'il arrivait, c'était l'événement.
38:05Puis là, c'est un petit peu moins la star, parce qu'il y a une forme de déception.
38:08Est-ce que vous faites partie de ceux qui ont été un peu déçus
38:11par la politique qu'il a menée, notamment par Bruno Le Maire ?
38:14Oui, alors, il était la star, notamment parce qu'il avait le doigt sur le bouton des commandements.
38:19Et c'est vrai dans l'entreprise aussi.
38:21Quand vous n'êtes plus le patron, les gens ne vous regardent plus de la même façon,
38:24ils n'écoutent plus trop ce que vous dites, etc.
38:26Donc, voilà.
38:29Est-ce qu'il a été décevant ?
38:31On peut dire que sur un certain nombre de décisions, oui, il a été décevant.
38:35Il a expliqué que ce n'était pas sa faute, que c'était le président de la République
38:38et qu'il n'avait pas voulu l'écouter.
38:40Alors, au-delà de savoir s'il est coupable ou pas coupable...
38:44Moi, ce que je vois, c'est que la situation, lorsqu'on regarde les grands chiffres macroéconomiques,
38:48la situation de la France s'est aggravée sur le plan de la dette.
38:50Ah oui.
38:51Et on savait que ça allait arriver.
38:53Donc, l'idée et les budgets ont été toujours faits avec l'idée que, bon,
38:58grâce à des taux d'intérêt bas, on allait s'en sortir comme ça.
39:01Non. On savait très bien qu'on était en train de jouer de la facilité
39:06et qu'à un moment, ça allait revenir et que ça serait payé au prix fort.
39:09C'est maintenant.
39:10En fait, est-ce qu'il ne faudrait pas, parce que c'est un peu ce qu'il fait,
39:12c'est un peu ce qu'il a dit ce matin, qu'il va peut-être nous redire,
39:15il veut un nouveau modèle, quelque part, il faut un peu casser la baraque.
39:18Est-ce que c'est peut-être ce qui vous manque ici au MEDEF,
39:21c'est qu'on aurait voulu que vous cassiez plus la baraque ?
39:24Oui, c'est possible.
39:25En même temps, ce n'est pas au MEDEF de casser la baraque sur le plan politique.
39:28Ce n'est pas son rôle.
39:29Alors peut-être fallait-il...
39:34Non, renverser la table.
39:35Oui, oui, mais renverser la table, oui.
39:38Mais la table, ça veut dire quoi, renverser la table ?
39:42Sur le plan des retraites, par exemple,
39:44le MEDEF a toujours soutenu la position que n'importe quelle économiste première année peut soutenir,
39:50à savoir qu'elle est infinançable,
39:53et que relisait Nicolas Dufour, qui était là aussi tout à l'heure.
39:57Bon, on finance des moyens, des prestations sociales que nous n'avons pas les moyens de financer,
40:03on finance une santé que nous n'avons pas les moyens de financer,
40:05et on refuse de prendre des décisions qui sont dures.
40:07Lorsqu'on avait fait l'université des Gracques,
40:10Darmanin avait dit un truc très juste, il avait dit...
40:12Gérard Darmanin avait dit, le problème c'est qu'on fait une politique pour les vieux,
40:17parce que c'est eux qui votent.
40:19Alors c'est difficile, en même temps, de faire une politique pour les vieux,
40:22et de soutenir les jeunes, voyez.
40:24Et le rôle des hommes d'État, c'est ça,
40:27c'est de veiller à ce que l'avenir du pays soit assuré,
40:30et que les jeunes ne soient pas scoliés.
40:32Est-ce que vous êtes, notamment, je crois que c'est Gabriel Attal qui est favorable à ça,
40:35est-ce que vous êtes pour un spoil-système à l'américaine ?
40:39C'est-à-dire que quand il y a une élection,
40:41toute la haute administration s'en va,
40:43et arrive l'administration de la nouvelle majorité,
40:47enfin du nouveau président.
40:48Est-ce que c'est peut-être ça qu'il faudrait ?
40:51Non, parce que quand vous ne savez pas ce que vous voulez faire comme politique,
40:55c'est pas de changer.
40:55Les gens changent, regardez.
40:57Est-ce que les ministres changent ?
40:58Les directeurs du cabinet changent ?
41:00Les directeurs d'administration se rendent ?
41:01Ils ne changent pas beaucoup, on voit bien quand même qu'il y a...
41:04Si, ils changent beaucoup.
41:06L'état profond, comme on dit ?
41:07Oui, c'est l'état profond.
41:08Mais aux Etats-Unis aussi, vous avez l'état profond.
41:10Alors vous n'avez pas toujours un Trump qui va vous dire,
41:12vous dégagez, enfin, qu'ils sont...
41:14Mais les leviers de décision, ils sont tenus par ceux
41:19que le pouvoir soit à désigner,
41:22soit à considérer qu'il a confiance en lui pour les bonnes et à bien.
41:25Mais les gens ne peuvent pas se retrancher derrière ça.
41:27Le problème, vous savez, moi j'ai une anecdote que j'adore,
41:29qui était l'anecdote de Pinay quand il est arrivé de Méditer Finances.
41:32Il réunit ses cinq directeurs.
41:33Il leur explique ce qu'il veut faire.
41:35Alors le directeur du Trésor parle le premier,
41:36parce que c'est normal dans les archis.
41:38Il lui dit, monsieur le ministre, c'est formidable,
41:41mais malheureusement, c'est pas possible parce que...
41:43Et les cas disparaissent.
41:45À la fin, il dit, bon, Pinay dit,
41:46bon, écoutez, je vous remercie messieurs,
41:47très intéressant ce que vous m'avez dit.
41:49Je vais me retirer, prendre ma collation,
41:52faire ma sieste et je vous ferai part de ma décision.
41:54Et après, l'après-midi, il n'avait pas d'Internet
41:56et de téléphone portable, il a pris sa plume,
41:59il a écrit au monsieur le directeur,
42:01je vous remercie, très utile, etc., etc.
42:04Je comprends parfaitement votre position,
42:06c'est la raison pour laquelle j'accepterai,
42:07si vous me la présentez, votre démission.
42:09Il a attendu deux heures, il n'a pas eu de démission,
42:11il a fait sa politique.
42:12Voilà, ça c'est l'État.
42:14– Oui, mais c'est peut-être ça qui...
42:17Il faut changer le système, en fait.
42:19– Oui, peut-être aussi changer les hommes d'État.
42:21– Oui, c'est un petit peu ce qu'il faudrait, non ?
42:24– Oui.
42:24– Un renouveau de l'élite française ?
42:26– Oui.
42:27– Oui ?
42:28C'est ça que vous pensez ?
42:30– Ben, ce serait bien, oui.
42:32– Oui.
42:34Bruno Le Maire, que j'aperçois, est là,
42:36on est en train de l'équiper,
42:37il va pouvoir nous expliquer justement
42:40comment lui, il veut changer son modèle,
42:44jouer carte sur table.
42:45Je ne sais pas si vous avez un message à lui donner,
42:46ce serait quoi ?
42:48Eh bien, qu'il...
42:50Non, un message à lui donner,
42:52qu'il donne des conseils aux jeunes.
42:55– Voilà, très bien.
42:56Merci beaucoup Bernard Spitz.
42:57Il y aura de nouveau, je ne sais pas,
43:00une manifestation du RAC, bientôt ?
43:02– Très bientôt.
43:03Et ça commence déjà chez Blanquer,
43:06à Sens, après-demain.
43:07– Voilà, Jean-Michel Blanquer,
43:08l'ancien ministre de l'Éducation nationale.
43:11Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
43:13Bruno Le Maire va nous rejoindre,
43:15s'il veut bien nous venir.
43:16Bruno Le Maire qui a publié ce week-end
43:20un manifeste pour une autre France.
43:22On va lui poser la question de savoir
43:24comment il vaut à ça.
43:26L'homme de la situation est-il candidat ou pas ?
43:31Bonsoir Bruno Le Maire.
43:32– Bonsoir Alves Chevrillon.
43:33– Merci d'être avec nous encore une fois.
43:35Vous avez couru pour nous rejoindre.
43:38Vous venez à peine de finir votre table ronde.
43:40Donc merci d'être là.
43:41C'est vrai que j'ai dit tout à l'heure,
43:43j'ai recevé Eric Trappier,
43:45je lui demandais un peu comment il sentait le climat.
43:47Et je disais qu'avant, il y avait une star ici,
43:50qui est Bruno Le Maire,
43:51lorsque vous étiez ministre de l'Économie et des Finances.
43:54Aujourd'hui, les gens sont toujours aimants,
43:56mais vous regardent un peu différemment en disant,
43:58mais finalement, est-ce que c'est pas...
44:00Enfin, il est aussi un peu responsable,
44:02pas totalement responsable,
44:04de la situation dans laquelle nous sommes.
44:06Et puis là-dessus,
44:07donc je vais vous poser la question,
44:08puis là-dessus, hop, on va ressortir
44:10avec un manifeste très intéressant,
44:12des propositions.
44:13Évidemment, la deuxième question,
44:15c'est pourquoi vous ne l'avez pas fait ?
44:16Je vous laisse répondre Bruno Le Maire.
44:18– Un peu une raison qui est simple,
44:20c'est qu'il faut prendre le temps
44:21de comprendre ce qui n'a pas marché.
44:23Aujourd'hui, c'est quoi la situation ?
44:258% de taux de chômage,
44:27une désindustrialisation qui s'accélère,
44:29une situation des PME, des TPE,
44:31des artisans qui est incroyablement difficile,
44:33je l'ai vu tout cet été,
44:35une situation des agriculteurs
44:38qui est incroyablement difficile également,
44:41parce que le modèle sur lequel nous vivons
44:43n'est plus le bon.
44:44Donc il faut prendre ce temps de recul
44:46pour comprendre ce qui ne va pas
44:48et voir que des rustines ne suffiront pas.
44:50Ce que je propose dans ce manifeste,
44:52c'est une refondation complète du modèle français
44:54qui aujourd'hui est un modèle
44:56qui distribue plus d'argent qu'il n'en crée,
44:59qui distribue les richesses avant de les produire,
45:01qui finance son modèle social
45:03uniquement sur le travail,
45:05ce qui fait que les salariés ne s'en sortent pas
45:07et se retrouvent dans des situations intenables
45:09et qui n'est pas capable de défendre
45:11nos intérêts économiques
45:11parce qu'on n'utilise pas assez
45:12le levier du marché unique européen
45:15face à la Chine aux Etats-Unis.
45:16– Mais je suis sûre Bruno Le Maire
45:17que vous aviez déjà un peu ce diagnostic
45:19lorsque vous étiez à Bercy.
45:20– Oui, mais Edwige Chevrillon,
45:22on a fait un certain nombre de choix
45:24qui étaient à mon sens les bons choix
45:26sur la fiscalité, stabilité fiscale.
45:28Pendant 7 ans, je n'ai pas touché les impôts.
45:29J'ai baissé les impôts des entreprises,
45:32baissé l'impôt sur les sociétés,
45:34soutenu l'apprentissage,
45:35simplifié la vie des entreprises.
45:36On a eu des bons résultats.
45:38Le chômage qui a baissé,
45:40l'industrie qui a rouvert des usines.
45:42Cette politique a malheureusement
45:44été abandonnée en 2024,
45:45mais on aurait dû aller plus vite,
45:47plus loin, plus fort.
45:48C'est exactement ce que je propose aujourd'hui.
45:50– Alors, la question, c'est
45:51comment on fait pour changer de modèle ?
45:54Parce que, j'ai envie de dire,
45:55on est tous formés pareil,
45:57toutes les élites sont formatées quelque part.
46:01Qu'est-ce qu'il faut ?
46:02Comment fait-on pour changer de modèle en France ?
46:04Parce qu'en fait, c'est ça qui nous manque.
46:05– Je pense qu'on y arrive
46:08en montrant à nos compatriotes
46:10que c'est leur intérêt.
46:11Quand je propose de financer
46:13différemment le modèle social,
46:15c'est-à-dire les dépenses de santé,
46:17l'hôpital, la maladie,
46:19l'assurance maladie,
46:19et que je dis qu'il faut augmenter la TVA,
46:21il faut augmenter les taxations
46:22sur les importations,
46:23et il faut augmenter la taxation
46:24des gens du numérique,
46:26qu'est-ce que les Français
46:27gagnent en retour ?
46:28Une augmentation de leur salaire net,
46:30moins de charges,
46:31– Oui, mais ils sont tous dans la rue.
46:32Avant, ils sont tous dans la rue.
46:33– Je ne sais pas.
46:34On m'a dit, vous savez,
46:36les Français ne veulent pas
46:37de la retraite par capitalisation.
46:39J'ai mis en place
46:40le produit d'épargne retraite.
46:42On m'a dit, au mieux,
46:43vous ferez 2 ou 3 millions de souscripteurs.
46:4511 millions de Français
46:47ont souscrit un produit d'épargne retraite.
46:48Donc les Français sont lucides.
46:50Ils voient bien qu'il y a besoin
46:51de capitalisation pour compléter leur retraite.
46:52– Une partie des Français.
46:53– Vous leur offrez un produit,
46:55ils le prennent.
46:56Même chose sur le travail.
46:57Si vous leur dites,
46:58on va augmenter les taxations
46:59sur la consommation,
47:00mais à la fin du mois,
47:01vous aurez un salaire net
47:02beaucoup plus important,
47:04je suis sûr qu'ils préféreront ça
47:05plutôt que de voir leur argent
47:07partir en charge et en cotisation.
47:09Si vous dites,
47:09je mets en place un protectionnisme
47:10face à la Chine aux États-Unis,
47:13c'est quoi le résultat ?
47:14Vous aurez des usines,
47:15vous aurez de la production automobile,
47:17vous aurez de la production d'acier,
47:18vous défendrez la production chimique
47:20en France et dans le reste des pays européens.
47:22Il faut montrer à nos compatriotes
47:24ce qu'ils ont à gagner
47:26d'un changement de modèle.
47:27Le modèle aujourd'hui ne marche plus,
47:29il est mort.
47:29– Oui, mais qui va leur montrer ?
47:30– Et qui va leur montrer ?
47:31Parce qu'ils ne croient plus
47:32dans les hommes politiques,
47:33vous voyez ?
47:33Je vous pousse un tout petit peu
47:34dans vos retranchements,
47:36Bruno Le Maire,
47:36parce qu'on a envie peut-être
47:38que ça bouge,
47:39que ça change,
47:40mais qu'on se demande
47:41c'est quoi le chemin pour y arriver ?
47:43– Je pense que vous touchez
47:44un point fondamental,
47:45la voie des politiques ne suffira pas.
47:47D'abord, il faut que la voie des politiques
47:47soit claire.
47:48On peut me reprocher plein de choses,
47:50mais j'ai sorti ce manifeste
47:51pour une autre France,
47:52il est disponible sur mon site internet.
47:54Au moins, je ne coupe pas
47:55les cheveux en quatre.
47:56Je dis que pour avoir
47:58plus de prospérité,
47:59plus d'autorité de l'État
48:00et une Europe qui nous protège mieux
48:01face à la Chine aux États-Unis,
48:03on a besoin de changer de modèle
48:04et je pose un certain nombre
48:05de propositions.
48:06Mais il faut que les chefs d'entreprise
48:07prennent la parole aussi,
48:08il faut que chacun s'exprime,
48:10il faut que cette élection de 2027
48:11soit l'occasion pour tout le monde
48:13de prendre la parole
48:14et de défendre sa vision de la France.
48:17Puisque la parole des politiques
48:18est effectivement,
48:19je le reconnais,
48:21largement discréditée,
48:22il faut que d'autres
48:22prennent la parole
48:23pour dire comment ils voient
48:24l'avenir de la France.
48:25Oui, ça c'est sans doute
48:26la bonne question.
48:28Pourquoi,
48:28puisque nous sommes ici
48:30à la rencontre
48:31des entrepreneurs de France,
48:32pourquoi est-ce que la politique
48:34de l'offre n'a pas marché ?
48:35C'était la politique
48:36développée par Emmanuel Macron,
48:37par vous,
48:38Bruno Le Maire.
48:39A priori,
48:40on aurait pu penser
48:41que ça pouvait marcher.
48:43Pourquoi ça n'a pas marché ?
48:44Je conteste totalement
48:46ce diagnostic.
48:47Je pense que la politique
48:48de l'offre a très bien marché.
48:50mais pardon,
48:51on l'a abandonné en 2024.
48:53Je me suis battu
48:54pendant 7 ans.
48:55On peut me reprocher
48:55là aussi plein de choses.
48:56J'ai baissé l'impôt
48:57sur les sociétés.
48:58Tout le monde m'a dit
48:59ensuite,
48:59il faut le remonter,
49:00il faut le modifier,
49:01il y a des crises.
49:02Jamais j'ai varié.
49:03J'ai baissé l'imposition
49:05sur les dividendes,
49:07le prédemment forfaitaire unique.
49:08Il m'a dit,
49:09il faut le remonter,
49:09il faut le bouger.
49:10Jamais je n'ai varié.
49:12Nous avons simplifié
49:13les recrutements,
49:14simplifié la vie
49:14d'entreprise
49:15avec la loi PAC,
49:16relancé l'apprentissage,
49:20le résultat en 2024,
49:21entre 2017 et 2024,
49:232,6 millions d'emplois créés.
49:257% de taux de chômage
49:26Mais maintenant,
49:26vous voyez sur l'apprentissage ?
49:27600 usines ouvertes
49:30et de nouvelles filières
49:31comme la filière
49:31des batteries électriques.
49:32J'y peux rien
49:33si en 2024,
49:35le président de la République
49:36a fait le choix
49:36de dissoudre
49:37et que l'absence
49:38de majorité derrière
49:39a conduit
49:40à l'abandon
49:40de la politique de l'offre.
49:42Moi, je ne suis plus ministre
49:42depuis deux ans.
49:43Si aujourd'hui,
49:44vous avez ces résultats
49:45sur le chômage qui remonte,
49:46les usines qui ferment
49:47et les difficultés économiques,
49:48ce n'est pas à cause
49:49de la politique de l'offre
49:49qui a fonctionné,
49:50c'est parce qu'on a abandonné
49:52la politique de l'offre.
49:54Le débat sur les...
49:56Vous avez du reste...
49:57Je reviens un instant
49:58sur votre manifeste
49:58pour la France.
49:59Il y a une proposition
50:01qui est assez intéressante.
50:02C'est de donner,
50:04quelque part,
50:04des super pouvoirs
50:06aux ministres de l'économie
50:07qui, lorsque défilent devant lui
50:09au moment de la préparation
50:10du budget,
50:11défilent les autres ministres
50:12et qui demandent à chaque fois
50:13il faut que j'ai plus,
50:15il faut que j'ai plus,
50:15il faut que j'ai plus
50:16et qui soient capables
50:17de dire non
50:18et d'appuyer sur le bouton.
50:20À ce moment-là,
50:21vous devenez presque
50:21encore plus puissant
50:22que le Premier ministre.
50:23Je propose effectivement
50:24que le ministre des Finances
50:25ait un droit de veto
50:26parce que j'en ai fait
50:27de l'expérience,
50:27parfois difficile.
50:29Vous travaillez pendant des mois
50:30pour faire 200 millions
50:31d'euros d'économie
50:32avec tous les autres ministres,
50:34les services,
50:34les secrétaires d'État.
50:36Et puis un matin,
50:36vous allumez votre radio,
50:37vous écoutez une matinale
50:38et il y a un ministre
50:39qui annonce
50:39qu'il va dépenser
50:40un milliard d'euros
50:41pour telle ou telle politique.
50:42Donc ça, c'est pas possible.
50:43Ça, c'est un État
50:44qui n'est pas tenu.
50:46Moi, je crois
50:46à l'autorité de l'État.
50:46Mais là, c'est non-stop.
50:47C'est non-stop.
50:48Mais non, bien sûr
50:49que c'est non-stop.
50:50C'est bien pour ça
50:50que je propose
50:51dans la réorganisation complète
50:52de l'État
50:53qui est dans mon manifeste
50:54que le ministre des Finances
50:55ait un pouvoir de veto.
50:57C'est-à-dire que
50:57n'importe quel ministre
50:58peut s'amuser
50:58à continuer à faire des métinales
51:00pour dire
51:00je vais dépenser ceci,
51:01je vais dépenser cela.
51:02Ensuite, il voit
51:03le ministre des Finances.
51:03Le ministre des Finances lui dit
51:04soit tu trouves
51:05l'économie correspondante.
51:06Soit c'est non,
51:07j'ai un droit de veto
51:08sur la dépense publique.
51:09Il faut moins de ministre.
51:12Vous dites dix ministres ?
51:13Oui, dix.
51:14Vous dites qu'il faut
51:15fusionner les départements
51:16et les régions ?
51:17Oui, il faut.
51:18Il faut simplifier.
51:18Faites-vous la place des Français ?
51:19Il voit aujourd'hui
51:21la complexité invraisemblable
51:23de la chaîne de décision.
51:24Il y a l'État,
51:25il y a les régions,
51:25il y a les départements,
51:26il y a les communes,
51:27il y a les intercommunalités,
51:28il y a les communautés de communes.
51:29Trois échelons.
51:30Pas un de plus.
51:31L'État, la région,
51:33le bloc communal,
51:35tout le reste,
51:35ça disparaît
51:36ou ça fusionne
51:37avec les échelons existants.
51:39En conclusion,
51:40Brude Lemaire,
51:41vous êtes,
51:41alors j'ai entendu ce matin
51:43chez ma consoeur
51:44à Bois-Lémy-de-Malerte,
51:45mais vous êtes un candidat caché
51:47ou vous êtes un électron libre ?
51:50Vous êtes quoi ?
51:51Non, je suis un citoyen engagé
51:52comme je l'ai toujours été
51:53depuis 30 ans.
51:54J'aime mon pays.
51:56Je ne me résigne pas
51:56à ce duel
51:57entre le Rassemblement National
51:58et la France Insoumise.
51:59Je ne voterai jamais
52:00ni pour l'un ni pour l'autre,
52:01j'ai déjà dit
52:02à plusieurs reprises.
52:03Quand on dit ça,
52:04la responsabilité,
52:05c'est de proposer
52:06une vision différente du pays.
52:08C'est ce que je fais aujourd'hui
52:09avec le plus de clarté
52:10et le plus de détermination possible.
52:13Et vous dites quoi
52:13aux entrepreneurs
52:14qui sont derrière vous ?
52:15Je leur dis
52:17retrouçons-nous
52:17les manches ensemble.
52:18Faites vos propositions,
52:19critiquez le manifeste
52:21si vous le souhaitez,
52:22mais faites-moi
52:22des propositions complémentaires.
52:24Je suis derrière vous
52:25et je suis avec vous.
52:26Merci beaucoup
52:27d'avoir été avec nous.
52:28Brude Lemaire
52:29était donc notre invité.
52:30Voilà, c'est la fin
52:31de cette émission spéciale
52:32dans les règles de la REF
52:33et assure,
52:34on se retrouve demain.
52:35Tiens,
52:36demain,
52:36je recevrai notamment
52:37le président,
52:38la commission des finances
52:39et les filles,
52:40Éric Coquerel.
52:41Pas sûr qu'il soit
52:41complètement sur la même
52:43longueur d'onde
52:43que vous,
52:44puis la ministre
52:45en berger
52:45puis des chefs d'entreprise.
52:47Bonne soirée.
52:50Émission spéciale
52:51depuis la REF
52:52sur BFM Business.
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