00:00Déjà, quelle est votre réaction au score de ce parti ?
00:05C'est un grand chagrin de voir dans une grande région d'Allemagne,
00:10un parti qui veut réécrire l'histoire de l'Allemagne en effaçant la responsabilité nazie dans la Seconde Guerre mondiale,
00:18être, comme vous l'avez dit, aux portes du pouvoir, même s'il n'a pas la majorité absolue.
00:24Un parti dont certains dirigeants voient dans le mémorial de la Shoah à Berlin une honte absolue,
00:31un parti qui veut dénaturaliser certains Allemands et les renvoyer dans un pays qui n'est pas leur,
00:39ou un parti qui considère que les SS n'étaient pas criminels.
00:44Mais sur le fond, il y a plusieurs causes à cela.
00:47Il y a les tensions avec la Russie.
00:49En 2021, dans la même région de Sachsen-Anhalt,
00:52le parti de l'AFD faisait 18%.
00:56En 2026, il est à 44%.
01:00Il a donc doublé.
01:01Donc les tensions avec la Russie et le renchérissement du coût de la vie y est pour beaucoup.
01:07Et le pouvoir d'achat y est pour beaucoup.
01:10Et dans l'Est de l'Allemagne,
01:12beaucoup de citoyens ont l'impression d'être des citoyens de seconde zone,
01:17d'autant plus qu'ils ont une certaine nostalgie de la RDA,
01:21où la vie était grise, mais où chacun avait un emploi et où la vie était réglée.
01:28S'il ajoute ce qui apparaît dans beaucoup de pays occidentaux,
01:33c'est-à-dire l'impression d'une dilution de l'identité nationale par une émigration
01:38que certains jugent trop massive et aussi des problèmes d'insécurité.
01:44Et en conclusion, c'est quand même une défaite de l'Union européenne
01:49dont certains voient les défauts avec un carcan
01:54et l'Union européenne n'a pas suscité l'enthousiasme qu'elle aurait dû susciter.
02:01– Serge, Arnaud Klarsfeld, l'AFD veut notamment que ce soit revu
02:07dans les livres d'histoire, donc le passé de l'Allemagne pendant la période nazie.
02:10Vous qui êtes le fils de Serge et Béate Klarsfeld,
02:14est-ce que vous avez eu l'occasion de vous entretenir avec vos parents de ce point ?
02:19– Oui, j'ai parlé avec mon père hier,
02:22c'est ma mère aussi qui est allemande et de pas très loin
02:27puisqu'elle est à Berlin, dans le Brandenbourg,
02:31ils sont évidemment tristes.
02:33Tout à l'heure, je dois aller à l'hôpital avec mon père
02:36pour faire une sorte de check-up.
02:39C'est quand même triste qu'au soir de leur vie,
02:42je leur souhaite vivre jusqu'à 120 ans,
02:46eh bien, dans l'histoire, ne se réécrivent pas,
02:50mais qu'il y ait des courants comme ceux-là
02:52et que certains oublient, disons, les responsabilités du passé
02:57et les tragédies du passé.
02:59C'est évidemment très triste,
03:01mais j'espère que les pays occidentaux se ressaisiront.
03:06C'est-à-dire, ce qu'il faut, c'est éviter les grands bouleversements.
03:09Et quand il y a le pouvoir d'achat en baisse,
03:13quand il y a une émigration que certains jugent trop massive,
03:16quand il y a un sentiment d'insécurité,
03:19quand il y a des tensions guerrières avec la Russie
03:22qui entraîneraient une troisième guerre mondiale,
03:26eh bien, certains se tournent vers des partis
03:28qui sont des partis extrémistes,
03:30comme ceux-là, je l'ai vu, en Allemagne.
03:33Donc, c'est vraiment la tâche de l'Union européenne
03:36d'éviter les bouleversements,
03:37d'éviter les tensions,
03:39et c'est un système capitaliste
03:41où il y a des gens très, très riches.
03:43Et ce système peut tenir
03:46uniquement si les gens qui sont pauvres
03:49ont assez à manger,
03:51ont assez pour quand même avoir certains divertissements,
03:54et s'ils n'ont pas d'argent,
03:56et s'ils se voient comme des citoyens de second zone,
03:59eh bien, ils se tournent vers des partis
04:02qui sont des partis extrémistes.
04:04Donc, c'est vraiment aux dirigeants de l'Union européenne
04:06d'éviter ces bouleversements.
04:08C'est vraiment ça leur première responsabilité,
04:11et de ne pas nous entraîner dans des grandes tragédies
04:15et qui suscitent des grands bouleversements
04:18et réellement des tragédies.