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Gabriel Attal, candidat (Renaissance) à l'élection présidentielle, ancien Premier ministre était l'invité de BFMTV ce lundi 21 septembre.
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00:00Notre invité ce soir est candidat à renaissance à l'élection présidentielle, ancien Premier ministre.
00:04Bonsoir Gabriel Attal.
00:04Bonsoir Maxime Switek.
00:05Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
00:08A quel point la Russie nous menace-t-elle ce soir ?
00:10Vous étiez à la réunion dans cette fameuse salle de crise Vega au tout début de ce week-end.
00:16Vous allez nous raconter ce que vous pouvez nous dire sur ce qui s'est dit dans cette réunion.
00:19Quelle attitude avoir face à Poutine ?
00:20Quelle riposte doit avoir la France ? On va en parler avec vous.
00:23Je vous pose toutes ces questions dans une seconde.
00:25D'abord, ce soir, évidemment, question incontournable.
00:29Regardez où nous en sommes sur le front des carburants.
00:32Le sans-plomb est à 2,17€.
00:33Le gazoil à 2,41€.
00:35Et le gouvernement doit donc annoncer de nouvelles aides demain.
00:38C'est aussi lié à la situation internationale, évidemment.
00:42Hormuz et la Russie.
00:44Que doit annoncer demain le gouvernement ?
00:46Que peut annoncer demain le gouvernement, selon vous ?
00:47D'abord, c'est immédiatement lié à la situation internationale.
00:51Ce qui explique l'explosion des prix de l'essence aujourd'hui,
00:53c'est que vous avez un conflit en Iran.
00:55Le détroit d'Hormuz qui est fermé.
00:57Donc, le prix du baril d'essence qui explose
00:59et les prix à la pompe qui explosent.
01:02Et vous avez beaucoup de Français aujourd'hui
01:04qui sont pris à la gorge par cette hausse des prix de l'essence.
01:06Moi, ce qui me préoccupe le plus,
01:08et évidemment ceux, je crois, sur qui on doit cibler notre soutien,
01:12c'est les Français qui travaillent,
01:13qui doivent utiliser leur voiture pour aller travailler
01:17et qui ne gagnent pas suffisamment
01:18pour pouvoir encaisser cette hausse des prix du carburant.
01:21Moi, je défends la logique d'un soutien ciblé
01:25sur ces Français qui travaillent.
01:26Il y a un dispositif qui a été mis en place par le gouvernement.
01:29Il faut évidemment le prolonger.
01:31Il faut par ailleurs faire en sorte que les Français qui y ont droit,
01:33qui n'y ont pas eu recours, puissent y avoir recours.
01:36Je crois qu'il y a un million et demi de Français qui ont droit à cette aide,
01:39qui ne l'ont pas demandé,
01:40probablement parce qu'ils ne sont pas informés qu'elle existe.
01:42Et donc, je crois que le gouvernement,
01:44l'État pourrait écrire aux Français dont on estime qu'ils pourraient être éligibles
01:48pour les informer sur cette aide, pour qu'ils puissent la demander.
01:51Et enfin, il y a un dispositif qui existe par ailleurs,
01:53c'est pour les employeurs de pouvoir apporter une aide financière temporaire
01:57sans charge, sans impôt à leurs salariés.
02:00Les employeurs sont ceux qui connaissent le mieux la situation de leurs salariés,
02:03qui doit utiliser sa voiture pour venir bosser,
02:05qui a les salaires les plus faibles.
02:06Mais Gabriel Attal, il y a une vraie crise sociale,
02:08il y a une vraie attente.
02:09Si demain, le gouvernement, et visiblement on en prend le chemin,
02:12n'annonce pas une baisse des taxes,
02:14vous ne craignez pas justement que ça renforce la colère ?
02:17Vous savez...
02:17La baisse de taxes, c'est compréhensible par tout le monde,
02:19c'est immédiat et on n'en parle plus.
02:20Bien sûr, et comme les autres candidats à l'élection présidentielle,
02:24comme ceux qui ne sont pas aux manettes aujourd'hui,
02:27la chose la plus simple pour moi,
02:29la plus populaire sans doute,
02:30et aussi la plus politicienne,
02:31ce serait de venir sur votre plateau,
02:33vous expliquer qu'il faut baisser toutes les taxes.
02:36La réalité, malheureusement,
02:38c'est que ça n'est pas ni possible
02:39à mon sens, ni souhaitable.
02:42Pas possible parce que financièrement,
02:44évidemment, on est dans une situation
02:45qui est extraordinairement tendue sur les finances publiques.
02:47Mais ça, c'est aussi de votre responsabilité.
02:48Mais au-delà de ça,
02:49avec une situation qui s'est beaucoup dégradée
02:50depuis la dissolution il y a deux ans,
02:53et aussi parce que, si vous faites ça,
02:56le français de classe moyenne ou de classe populaire
02:58qui travaille, qui paye des impôts,
02:59ces impôts vont aussi servir à payer une aide
03:02et à baisser des taxes pour des personnes
03:03qui gagnent beaucoup, qui roulent en 4-4
03:05et qui n'ont pas forcément besoin
03:06d'être soutenus par les impôts des Français.
03:08Et les Français, ils savent par ailleurs
03:10que dans une situation comme celle-là,
03:11ce qu'on vous donne d'une main,
03:12on peut aussi, bien souvent, malheureusement,
03:14vous la reprendre de l'enfer.
03:15C'est pareil avec les chèques.
03:15Ce que peuvent faire l'Allemagne, l'Italie,
03:17l'Espano-Voisin, la République chèque, ce soir,
03:19annonce qu'elle va bloquer les prix du carburant,
03:21qu'elle va taxer les raffineurs,
03:22nous, on ne peut pas.
03:23Mais ce que je suis en train de vous dire,
03:24c'est qu'on n'a pas la même situation
03:25de finances publiques que ces pays.
03:27J'aimerais pouvoir vous dire l'inverse.
03:28Et j'aimerais, je n'aimerais pas,
03:30vous mentir, comme le font un certain nombre de candidats,
03:32de manière très politicienne.
03:34Encore une fois, je ne suis pas au gouvernement depuis deux ans.
03:36Je suis candidat à l'élection présidentielle.
03:38La chose la plus populaire et la plus simple,
03:40ce serait de venir vous dire, bien sûr,
03:41il faut baisser toutes les taxes.
03:42Encore une fois, on n'est pas dans la même situation
03:44que les pays qui nous entourent.
03:45Et la deuxième chose, c'est que ça ne me semble pas
03:47être la mesure la plus juste.
03:48Pour moi, le plus juste, c'est d'accompagner
03:50ces Français dont on parle trop peu,
03:51qui sont ces Français qui bossent,
03:52qui se lèvent tous les matins pour aller travailler,
03:54qui ont besoin d'utiliser leur voiture
03:56et qui ne gagnent pas suffisamment
03:57pour s'en sortir tout seuls.
03:59Il faut les accompagner de manière ciblée.
04:00J'entends, on n'a plus de marge de manœuvre.
04:03Vous acceptez une part de responsabilité
04:05dans le fait qu'on n'ait plus de marge de manœuvre aujourd'hui ?
04:06Je vais vous dire, tous ceux qui ont été aux responsabilités
04:08non seulement ces dernières années,
04:09mais ces dernières décennies,
04:11ont une part de responsabilité.
04:12La dernière fois qu'un budget a été voté
04:14à l'équilibre en France,
04:15je crois que ça remonte à 40 ans.
04:1774.
04:17Voilà.
04:18Donc, la réalité, c'est celle-là.
04:20Par ailleurs, vous avez des pays
04:21qui aujourd'hui prennent ces mesures,
04:23qui ont un modèle social
04:24qui est moins généreux que le nôtre.
04:25C'est aussi la réalité.
04:27En France, on a fait un choix depuis très longtemps
04:29qui est d'avoir un modèle social très généreux.
04:31Et ce qui est vrai,
04:32c'est que quand vous êtes face à une crise comme celle-ci,
04:34vous avez moins de marge de manœuvre pour accompagner.
04:37C'est aussi une des raisons pour lesquelles, d'ailleurs,
04:38je défends des mesures pour avoir un modèle social
04:40qui continue à accompagner et qui coûte moins cher.
04:43Gabriel Attal, j'en viens à la menace russe.
04:45C'est le thème de notre soirée spéciale sur BFM TV.
04:47Regardez cette photo, vous y étiez.
04:49C'était vendredi, c'était à l'Elysée,
04:50c'était dans la salle de crise qu'on appelle Vega.
04:53La photo va apparaître.
04:54Emmanuel Macron qui réunit les candidats à l'élection présidentielle
04:57ou leurs représentants.
04:59Voilà pour ces photos.
05:01Avec ce message du président, ces dernières semaines,
05:03la menace hybride russe à l'égard des Européens et de la France
05:06est intensifiée.
05:07Menace, agressivité, l'attitude des Russes a changé.
05:10Qu'est-ce que vous avez appris, vous, pendant cette réunion ?
05:13On a eu une présentation par les services de sécurité
05:16qui étaient présents par ailleurs,
05:17des GSE, des GSI,
05:19la direction de l'énergie également,
05:20parce qu'on a aussi beaucoup parlé
05:22de l'évolution des prix du carburant,
05:24l'évolution du prix du baril
05:25et des perspectives en Iran
05:27pour les mois à venir.
05:29Ça a permis d'avoir un état des lieux
05:30de la situation,
05:32tant sur le volet iranien
05:33que sur le volet ukrainien.
05:35Et est-ce que sur le volet ukrainien,
05:37ukraino-russe,
05:38dont on parle beaucoup ce soir,
05:39et sur cette menace russe,
05:41vous avez été saisi,
05:42comme d'autres participants à cette réunion,
05:43d'un vertige ?
05:44Non.
05:45Non, je crois qu'on est tous concernés
05:47par la situation,
05:49lucides sur l'état de la situation.
05:51Je ne parlerai pas de vertige,
05:52parce que par ailleurs,
05:53je considère qu'on est un grand pays,
05:55qu'on peut avoir confiance en notre pays,
05:56qu'on a une grande armée,
05:57une grande diplomatie,
05:59de grands services de sécurité,
06:00et surtout qu'on a les cartes en main
06:01en France et en Europe
06:03pour défendre nos intérêts,
06:05et défendre nos intérêts,
06:06c'est évidemment défendre l'Ukraine aujourd'hui.
06:07Juste un mot de coulisse,
06:08comment ça se passe pendant la réunion ?
06:09Ça débat ?
06:09Ça échange ?
06:10Ça pose des questions ?
06:11Qu'est-ce qui se passe ?
06:12Vous avez une présentation
06:13par les services de sécurité
06:14qui sont présents,
06:15et ensuite,
06:16les différents participants
06:17peuvent poser des questions.
06:18Est-ce que vous avez le sentiment
06:19qu'on est prêts ?
06:20J'ai le sentiment
06:21qu'on est encore une fois
06:22un grand pays,
06:23et qu'il n'y a pas de raison
06:24de céder à une forme de panique
06:26ou de tétanie.
06:28Ce qui compte,
06:29c'est de tenir nos nerfs,
06:30et c'est d'être fort.
06:31Parce que Vladimir Poutine
06:32ne comprend que ça.
06:33Tenir nos nerfs
06:34et être fort.
06:35Et ensuite,
06:36il y a une situation
06:37qui évolue,
06:38et donc,
06:39on doit évidemment
06:39tenir compte de ces évolutions
06:41et nous adapter.
06:42Je voudrais qu'on écoute
06:44deux candidats
06:45à l'élection présidentielle
06:47et un allié
06:48de Marine Le Pen.
06:49Éric Ciotti,
06:49Fabien Roussel,
06:50Ségolène Royal.
06:51Voilà ce qu'ils disent
06:53après cette réunion
06:54à l'Élysée vendredi.
06:57La menace russe,
06:59nous la connaissons.
07:00Il ne faut pas la négliger.
07:01Elle est là.
07:02Elle n'est pas nouvelle.
07:03Depuis la Seconde Guerre mondiale,
07:05nous sommes confrontés
07:06à cette menace russe.
07:09Il n'y a aucun élément
07:11supplémentaire.
07:12Tout ça était quand même
07:13un peu surjoué.
07:15C'est incroyable
07:16que l'Union européenne,
07:17la France,
07:18ou une coalition
07:18de pays européens
07:19soit dans l'incapacité
07:21aujourd'hui
07:21d'avoir un dialogue
07:23avec les deux parties
07:24pour les mettre
07:25autour de la table.
07:27Et c'est ça
07:28qui est dramatique.
07:29La France,
07:30l'Union européenne,
07:31est complètement passive,
07:32soumise
07:34dans ce conflit
07:35et nous en payons
07:36aujourd'hui
07:37les conséquences.
07:38C'est une opération
07:38de communication.
07:39Pourquoi ?
07:40Regardez ce qui se passe
07:41que les Français subissent
07:42aujourd'hui.
07:43Là, on n'est pas convoqué.
07:44Le chef de l'État
07:44ne s'explique pas.
07:46Donc, effectivement,
07:47il y a toujours
07:47une mise en scène
07:48sur l'international
07:49parce que ça redonne
07:50de la stature.
07:51Mais la France
07:51est dans un état
07:52de déclin
07:53mais d'une tristesse
07:55infinie.
07:56Une part de mise en scène
07:58ou une opération
07:59de com ?
07:59Moi, je serais prêt
08:00à entendre ces discours
08:01si la France
08:02était la seule
08:02à rehausser
08:03son niveau de vigilance.
08:04Et regardez partout
08:05en Europe,
08:06tous les pays
08:07rehaussent leur niveau
08:07de vigilance.
08:08Même la Suisse
08:08l'a annoncé
08:10sur un communiqué
08:11récemment.
08:12Ensuite,
08:13tout est lié.
08:14Moi, je ne crois pas
08:15qu'on puisse opposer
08:16la situation internationale
08:17à la vie quotidienne
08:18des Français.
08:19Les Français voient
08:19que la guerre
08:20est rentrée
08:20dans leur portefeuille
08:21et que si aujourd'hui
08:22les prix du carburant
08:23explosent,
08:24c'est parce qu'il y a
08:25une situation de guerre
08:26en Iran
08:26et la fermeture
08:27du détroit d'Hormuz.
08:28Donc, les deux sont liés.
08:29Évidemment,
08:30tout ce qu'on peut faire
08:31et tout ce qu'on fait
08:32sur la situation internationale
08:33pour être force pacificatrice,
08:36médiatrice,
08:36évidemment qu'on le fait aussi
08:37pour protéger les Français
08:38dans leur vie quotidienne.
08:39Vous savez, moi,
08:40ce qui me mobilise
08:41matin, midi et soir,
08:42la seule chose
08:42qui m'intéresse,
08:43c'est l'intérêt
08:44de la France
08:44et des Français.
08:45L'intérêt des Français
08:46le matin,
08:47l'intérêt des Français
08:47le midi,
08:48l'intérêt des Français
08:49le soir.
08:50Eh bien, l'intérêt
08:50des Français aujourd'hui,
08:51c'est évidemment
08:52de poursuivre
08:53notre soutien à l'Ukraine
08:54et même de l'amplifier
08:55parce que si l'Ukraine tombe,
08:57on le sait très bien,
08:58c'est l'Union Européenne
08:58qui vient ensuite
08:59et ça nous emmènera
09:00évidemment dans un engrenage
09:01dont on ne veut pas.
09:02On va en parler
09:02dans un instant
09:03avec Elsa Vidal
09:04et Élise Gosset
09:05de cette riposte,
09:06la manière dont on peut riposter,
09:07se tenir face à Poutine.
09:09Mais d'abord,
09:10vous, qu'est-ce que vous craignez
09:10comme scénario
09:11quand on parle
09:11de menaces russes ?
09:12Qu'est-ce que vous,
09:13vous craignez
09:13quand on est président,
09:14candidat à la présidentielle ?
09:16On anticipe,
09:17on imagine des scénarios.
09:18Sur quel scénario
09:19vous bossez avec vos équipes ?
09:20Je vais vous dire,
09:20le scénario
09:21que je redoute le plus,
09:22c'est la perte de confiance.
09:24La perte de confiance
09:25en nous-mêmes,
09:26la perte de confiance
09:26en nos forces.
09:28Si l'Ukraine résiste
09:29héroïquement
09:30depuis le début
09:31de l'agression russe
09:32en 2022,
09:33c'est parce qu'ils ont
09:34une force incroyable
09:34et c'est aussi
09:35parce qu'on les soutient.
09:36Vous avez peur
09:36qu'on n'ait pas
09:37cette force-là en nous ?
09:37Moi, ma crainte,
09:38encore une fois,
09:39la seule chose que je redoute,
09:41c'est qu'on perde
09:41confiance en nous-mêmes.
09:42Ce qui est l'objectif
09:43de Vladimir Poutine.
09:45Le narratif
09:46que veut imposer
09:47Vladimir Poutine,
09:47c'est qu'on est faible
09:48et que l'Ukraine va perdre.
09:50Soit on adhère
09:51à ce narratif
09:52et il a gagné,
09:53soit on rejette
09:54ce narratif
09:55et il a perdu.
09:56Moi, je rejette
09:56ce narratif.
09:57Les Ukrainiens résistent
09:58depuis maintenant
09:59plus de 4 ans.
10:00Ils le font
10:00parce que la France,
10:02l'Europe,
10:02les soutiens
10:02et même désormais
10:03après le retrait américain,
10:05on est les premiers soutiens
10:06de l'Ukraine.
10:07Il faut s'en rendre compte
10:07aujourd'hui.
10:08Évidemment,
10:09la meilleure réponse
10:09à avoir,
10:10c'est de poursuivre
10:11et d'amplifier
10:12ce soutien à l'Ukraine.
10:12On a vu
10:14les attaques
10:15qui ont frappé
10:15les pays européens,
10:16certains de nos voisins,
10:18l'Allemagne notamment.
10:18On a beaucoup parlé
10:19de ce qui s'était passé
10:20du côté de Leipzig
10:20mais aussi du côté
10:22de la Roumanie,
10:22des Pays-Baltes,
10:23etc.
10:23La question ce soir,
10:24c'est de savoir
10:24comment on riposte,
10:25comment on se tient
10:26face à Poutine.
10:27On va rejoindre
10:28Elsa Vidal et Ulysse Gosset.
10:29Venez avec moi,
10:30regardez le siège.
10:31Je vous attends
10:32pour parler
10:33de cette riposte.
10:34Allez-y,
10:34avec une question centrale.
10:36Comment ripostez-vous ?
10:37C'est la question
10:37la plus fondamentale
10:38parce que c'est en réalité
10:39la plus compliquée.
10:40Est-ce qu'on peut
10:41même riposter
10:43face à Vladimir Poutine ?
10:44Quand on voit
10:45les actes de sabotage
10:46qui ont pu y avoir lieu,
10:47quand on voit
10:47les attentats manqués
10:48qui ont pu y avoir lieu
10:49en Allemagne,
10:50si nous sommes frappés,
10:52que fait-on ?
10:53D'abord,
10:54il faut reprendre
10:54pourquoi est-ce que la Russie
10:57agit ainsi ?
10:58Quel est leur objectif ?
11:00C'est évidemment
11:00de tester notre résistance
11:02et de tester nos nerfs
11:03mais c'est aussi
11:04d'affaiblir le soutien
11:05à l'Ukraine
11:05et de fatiguer
11:06les opinions publiques.
11:07Il faut bien comprendre
11:08l'objectif de Vladimir Poutine.
11:09Vladimir Poutine
11:10veut pouvoir
11:11envahir l'Ukraine.
11:13Pour ça,
11:14il a besoin
11:14que les pays
11:15de l'Union Européenne
11:16arrêtent de soutenir l'Ukraine
11:18ou de diminuer
11:18leur soutien à l'Ukraine.
11:20Il sait que l'année prochaine,
11:21il y a une dizaine
11:22d'élections
11:23qui auront lieu
11:24dans des pays européens
11:25dont la France.
11:26Évidemment, chez nous.
11:26Son objectif,
11:27c'est que soient élus
11:28à l'occasion
11:29de ces élections
11:30des personnalités
11:31qui ne veulent plus
11:32soutenir l'Ukraine.
11:32Alors, je vais vous poser
11:33la question plus concrètement.
11:35Et donc, c'est de faire peur
11:36les populations
11:37pour qu'il y ait
11:38une forme, malheureusement,
11:39de renoncement
11:39et que, fatiguées,
11:41les opinions publiques européennes
11:42se disent
11:43« Finalement,
11:44on va élire des personnes
11:45qui nous proposent
11:46de couper le robinet
11:47à l'Ukraine
11:47ou d'arrêter notre soutien. »
11:49Avant de laisser la parole
11:49à Elsa Ulyse,
11:50je vous pose trois questions
11:51très concrètes.
11:52Vous, Président,
11:52que fait la France
11:55dans son attitude
11:56de soutien
11:57à Volodymyr Zelensky
11:58et dans la volonté
11:59de Zelensky
12:00de frapper
12:01ce qu'il a encore fait
12:02ce week-end,
12:02ce qu'il a encore fait
12:02aujourd'hui,
12:03le territoire russe ?
12:04Vous, Président,
12:05est-ce que vous soutenez ça,
12:06cette action-là
12:07d'aller frapper
12:08les Russes
12:08chez eux ?
12:09Mais la France
12:10livre déjà
12:10des missiles
12:11long porté
12:12à l'Ukraine.
12:13Ce n'est pas nouveau.
12:14Ça fait plusieurs mois
12:14si ce n'est plusieurs années.
12:16Pourquoi est-ce que
12:17Volodymyr Zelensky
12:18frappe dans la profondeur
12:19du territoire russe ?
12:20C'est d'abord
12:21parce que la Russie
12:22attaque l'Ukraine
12:23depuis la profondeur
12:24de son territoire.
12:25C'est ça qui a changé
12:26d'ailleurs, je dirais,
12:27il y a deux ans à peu près.
12:29Au départ,
12:29vous aviez des attaques
12:30directement sur la ligne de front
12:31et de plus en plus,
12:32vous avez eu des attaques
12:33qui ont été organisées,
12:35qui ont été tirées
12:36depuis la profondeur
12:37du territoire russe.
12:38Vous êtes l'Ukraine.
12:39Si vous ne pouvez pas
12:40vous défendre
12:40et contre-attaquer
12:41quand vous êtes attaqué
12:42depuis la profondeur
12:43du territoire russe,
12:44en fait,
12:44vous subissez les attaques.
12:46Et donc, la France
12:46a livré un certain nombre
12:48de missiles long porté.
12:48Donc, ça va valider.
12:49Et donc, par exemple,
12:50vous, Président,
12:51est-ce que des missiles français
12:52ou des missiles
12:52qui incluent des composants français,
12:54on a vu par exemple
12:55que les missiles
12:55qui ont frappé ce week-end,
12:56les missiles flamingos,
12:57les systèmes de guidage
12:58sont des systèmes français ?
12:59Vous dites, aucun problème.
13:01Quitte à ce que ça,
13:01pardon,
13:02à ce que ça fasse de nous,
13:04Français,
13:05encore plus qu'avant,
13:06des cibles.
13:06Mais la question,
13:08c'est comment est-ce
13:08qu'on aide les Ukrainiens
13:09à se défendre ?
13:10Si vous ne permettez pas
13:11aux Ukrainiens
13:12de riposter aux attaques
13:13qu'ils subissent,
13:14y compris depuis
13:15le territoire de la Russie,
13:17vous ne les aidez pas
13:17à se défendre.
13:18Au contraire,
13:19vous les poussez
13:20vers la défaite.
13:21Donc, il faut continuer
13:22à les soutenir
13:23pour qu'ils puissent
13:23se défendre.
13:24Est-ce que ça veut dire
13:25qu'il faut rentrer
13:25nous-mêmes dans ce conflit ?
13:27Qu'il faut devenir
13:28partie prenante à ce conflit ?
13:29On y est.
13:29Qu'il faut déclarer
13:31la guerre à la Russie ?
13:32La réponse est non.
13:33Encore une fois,
13:34et j'entends parfaitement
13:35que pour les Français,
13:36l'équilibre est ténu.
13:38Mais tout ce qui se passe
13:39depuis 4 ans
13:40a permis aux Ukrainiens
13:41de tenir.
13:41On voit aujourd'hui
13:42que la ligne de front
13:43est quasiment gelée.
13:44Il y a même des territoires
13:45qui sont repris
13:46par les Ukrainiens
13:47sans qu'on soit rentré
13:48comme partie prenante
13:49dans ce conflit,
13:50mais parce qu'on est
13:51à leur côté
13:51pour les soutenir
13:52avec du matériel militaire,
13:53avec du renseignement
13:54militaire aussi,
13:55puisque vous savez
13:56que la majorité
13:56du renseignement militaire
13:57aujourd'hui
13:58qui reçoivent les Ukrainiens
13:59vient de la France.
14:00Je crois que c'est ça
14:01qui est attendu de nous
14:02aujourd'hui.
14:02Il existe une demande
14:05portée par de nombreux
14:06experts de l'Ukraine
14:07et de la Russie
14:08qu'on ferme le ciel
14:09ukrainien
14:10et qu'on prodigue
14:13à l'Ukraine
14:13la possibilité
14:14d'être sous un dôme
14:15finalement
14:16de protection antiaérienne.
14:18D'aucuns y voient
14:19un danger
14:21qui pourrait nous amener
14:22dans une confrontation.
14:23Est-ce que pour vous
14:24c'est une ligne rouge
14:24ou est-ce que vous êtes
14:25favorable à la protection
14:26du ciel ukrainien ?
14:27D'abord,
14:28je ne crois pas
14:29qu'il y ait de lignes rouges
14:30possibles.
14:31S'il y avait eu
14:31des lignes rouges
14:32au début de ce conflit,
14:33beaucoup de choses
14:34qui ont été livrées
14:35ou qui ont été faites
14:36ensuite
14:36auraient été exclues
14:37à l'époque.
14:37Je rappelle qu'au début,
14:39on livrait globalement
14:40des sacs de couchage
14:41et des lunettes
14:43visées nocturnes
14:44et des casques.
14:44Voilà.
14:45Depuis, évidemment,
14:46qu'il y a eu
14:46un certain nombre d'évolutions.
14:47Mais je crois que l'important,
14:48c'est de répondre
14:49à la demande des Ukrainiens.
14:51Que nous demandent
14:52les Ukrainiens aujourd'hui ?
14:53Essentiellement du matériel
14:54de défense antiaérienne.
14:56Et des avions.
14:57Et des avions
14:57qu'on leur a livrés.
14:58Le Mirage 2000,
15:00il y a la possibilité
15:00de Rafale.
15:02Mais aujourd'hui,
15:02c'est de la défense
15:03antiaérienne.
15:04Je suis allé en Ukraine
15:05il y a encore quelques mois.
15:06J'y étais tous les six mois
15:07ces deux dernières années.
15:08Quand vous échangez
15:09avec les autorités ukrainiennes,
15:11ce qu'ils vous disent,
15:11c'est qu'ils sont très bons
15:12pour intercepter les drones
15:14et qu'il y a désormais
15:15des drones à réaction
15:16donc qui vont beaucoup plus vite
15:17et des missiles balistiques
15:18qu'ils ont du mal
15:19à intercepter.
15:20D'où un certain nombre
15:21d'attaques absolument terribles
15:23qu'on a vues ces derniers mois
15:24et ces derniers jours encore.
15:26Et je crois que c'est ça
15:27la première demande aujourd'hui.
15:28Ensuite,
15:28il ne faut rien exclure
15:29pour l'avenir.
15:30Mais Gabriel Attal,
15:31j'entends votre discours
15:32qui est de dire
15:32il faut qu'on reste ferme,
15:33qu'on reste droit
15:34face à Poutine
15:35parce que tout ce qu'il attend
15:36c'est que l'on finisse
15:37par céder d'une certaine manière
15:38et qu'on cède
15:39notre soutien à l'Ukraine.
15:41Très bien.
15:41Quand on voit
15:42ce qu'on a fait
15:42ces derniers temps
15:44expulser des diplomates,
15:45fermer des consultats,
15:46prendre des sanctions économiques,
15:48etc.
15:48Ça ne le fait pas reculer.
15:50C'est-à-dire que
15:51la menace
15:52qu'on entend
15:54grandir
15:54d'où la réunion
15:55vendredi à l'Elysée,
15:56cette menace
15:57elle est de plus en plus vivace
15:58d'une certaine manière.
15:59Ça n'a pas fait reculer Poutine.
16:01Mais vous pouvez le voir
16:01de manière différente.
16:02Vous pouvez aussi vous dire
16:03que les initiatives
16:04qu'il a prises
16:04pour nous tester,
16:06pour nous affaiblir,
16:07on a vu ce qui s'est passé
16:08avec le drone armé
16:09à Leipzig.
16:10Vous pouvez vous dire
16:11que c'est aussi
16:11des initiatives
16:12qu'il prend précisément
16:13parce qu'il est bloqué
16:14aujourd'hui sur le front ukrainien
16:16parce qu'on soutient suffisamment
16:17les Ukrainiens
16:18et qu'on doit les soutenir
16:18encore davantage
16:19pour qu'ils puissent résister.
16:21On ne peut pas dire
16:21que Vladimir Poutine
16:23soit gagnant
16:24dans la situation.
16:24Je rappelle qu'au départ
16:25il annonçait une opération
16:27qui devait durer
16:27quelques semaines
16:28et envahir l'Ukraine.
16:30Ça fait plus de 4 ans.
16:32Plus de 4 ans.
16:32Il n'est pas gagnant.
16:33Évidemment que l'économie russe
16:35souffre également.
16:35Est-ce qu'il y a un risque
16:36d'engrenage ?
16:37Les Français se disent
16:38qu'on aide l'Ukraine
16:39et ils y sont favorables
16:40largement.
16:41Est-ce qu'il n'y a pas
16:42un risque d'engrenage
16:42quand même ?
16:43C'est-à-dire que la guerre
16:43déborde les frontières
16:45de l'Ukraine
16:45et qu'elle vienne
16:46chez nous directement ?
16:47D'abord,
16:48le premier risque d'engrenage
16:49ce serait que le régime
16:51du Kremlin
16:51l'emporte sur l'Ukraine.
16:52On sait très bien
16:53ce qui se passerait derrière.
16:55La détestation
16:55qu'a Vladimir Poutine
16:56c'est celle de l'Occident
16:58et de ses valeurs.
16:58Mais là, aujourd'hui.
17:00C'est celle de nos valeurs
17:01démocratiques,
17:02de nos valeurs de liberté
17:03qu'il déteste
17:04et dont il a peur
17:04qu'elles viennent contaminer
17:05son pays.
17:06C'est pour ça que les pays
17:08libres, démocratiques,
17:09proches de son pays
17:09les attaquent.
17:10Et si demain l'Ukraine tombait,
17:12il y aurait probablement
17:13des attaques ensuite.
17:14Ça a été documenté
17:15par un certain nombre
17:15de services de sécurité
17:16sur d'autres pays,
17:18y compris des pays membres
17:19de l'Union européenne.
17:20Je rappelle que nous avons
17:21un devoir de solidarité
17:22avec des pays membres
17:23de l'Union européenne
17:24qui seraient attaqués.
17:25Et donc là,
17:25il y aurait un engrenage.
17:26Donc juste pour que les choses
17:27soient claires aussi
17:28pour ceux qui nous regardent.
17:29Et donc je comprends
17:30qu'ils sont inquiets.
17:31Le meilleur moyen
17:32d'éviter une escalade,
17:33c'est de continuer
17:34à soutenir l'Ukraine
17:35parce que l'Ukraine,
17:36c'est notre bouclier aujourd'hui.
17:37Ensuite, pour vous répondre,
17:39ce narratif,
17:40ce narratif que cherchent
17:42à imposer Vladimir Poutine
17:43et la Russie,
17:44consistant à dire
17:45que quand on soutient l'Ukraine,
17:46quand on rehausse
17:47notre soutien à l'Ukraine,
17:48on prend le risque
17:49de l'escalade,
17:49c'est précisément le narratif
17:51qui vise à ce que
17:52les opinions publiques
17:53demandent la cessation
17:54du soutien à l'Ukraine
17:55et élisent des représentants
17:57qui arrêteront
17:57de soutenir l'Ukraine.
17:58Alors l'une des grandes évolutions
17:59de la présidence actuelle,
18:02c'est l'élargissement
18:03de la dissuasion nucléaire
18:04au-delà de l'hexagone,
18:05notamment pour certains
18:06pays européens
18:07qui sont d'ailleurs d'accord
18:08pour que cela se fasse.
18:10Vous êtes jeune,
18:11vous êtes candidat,
18:12vous avez quel âge,
18:13Gabriel ?
18:1437 ans,
18:15j'aurais 38 ans.
18:15Vous êtes jeune,
18:17est-ce qu'à 37 ans,
18:19vous vous sentez capable
18:21d'appuyer sur le bouton rouge
18:22pour déclencher
18:24l'arme nucléaire
18:25parce que la Russie,
18:27c'est avant tout
18:27une puissance nucléaire.
18:29Est-ce que vous avez réfléchi à ça
18:31et est-ce que vous êtes prêt
18:32à le faire ?
18:33D'abord,
18:33j'ai été Premier ministre
18:34à ce titre.
18:35Oui, mais pas président.
18:36J'y viens à ce titre.
18:37Au terme de la Constitution,
18:38j'étais responsable
18:39de la Défense nationale
18:40et à ce titre,
18:42j'ai été évidemment
18:43briefé sur l'ensemble
18:44de notre dissuasion nucléaire
18:46et j'avais même en charge
18:47en tant que Premier ministre
18:48son entretien.
18:49La deuxième chose,
18:50c'est que je vais vous dire,
18:51pour moi,
18:51la responsabilité du chef de l'État,
18:53du prochain chef de l'État
18:54comme du chef de l'État actuel,
18:55c'est de protéger
18:56les intérêts de la France
18:57et les intérêts des Français.
18:58Et quand vous êtes élu
18:59président de la République,
19:00vous avez ce mandat
19:01qui est probablement
19:02l'un des mandats
19:03les plus puissants au monde
19:04dans les régimes démocratiques,
19:05de protéger les intérêts
19:07de la France
19:07et des Français.
19:08Je peux vous dire
19:08que ça vous donne
19:09beaucoup de force.
19:10Vous n'avez pas répondu.
19:12Est-ce que vous êtes prêt
19:12à appuyer sur le bouton rouge ?
19:14Quand je suis candidat
19:15à l'élection présidentielle,
19:16que je veux être élu
19:18président de la République,
19:19j'aspire à être président de la République
19:20pour protéger la France
19:21et les Français.
19:22Je ne me lève pas le matin
19:23en me disant
19:24que je vais appuyer
19:24sur le bouton nucléaire
19:25qui ne serait pas tout à fait
19:27défendre les intérêts de la France
19:28et la sécurité des Français.
19:29Maintenant,
19:30pour vous l'avoir redit
19:31encore une fois,
19:32j'ai été Premier ministre,
19:33je connais ces sujets,
19:34j'ai été en charge
19:35de la défense nationale
19:36et je suis capable
19:38d'affronter toute situation.
19:39Je vais poser la question
19:40d'Ulysse Pardons-Alsa.
19:41Différemment,
19:41vous, président,
19:42que fait la France
19:42si la Pologne
19:43est délibérément attaquée,
19:44par exemple,
19:45par une salve de drones russes ?
19:46Parce que j'ai été
19:47en charge de ces sujets,
19:49je sais qu'on ne révèle
19:51jamais sa réaction
19:52à un certain nombre
19:53d'hypothèses comme celle-là,
19:54encore moins sur un plateau
19:54de télévision.
19:55Enfin,
19:56le sens de la dissuasion,
19:57c'est aussi l'ambiguïté
19:59qui existe
20:00sur les cas de figure
20:01et sur les hypothèses
20:03dans lesquelles
20:03elle est utilisée.
20:04C'est le sens même
20:05de la dissuasion nucléaire.
20:06C'est le sens même
20:07de l'ambiguïté
20:09qui peut exister
20:10sur les intérêts stratégiques,
20:11les intérêts vitaux
20:12de la France.
20:13Il y a eu différentes doctrines
20:14qui se sont succédées,
20:15qui les ont précisées.
20:16La dernière en date,
20:17c'est celle du président
20:17de la République
20:18qui a effectivement indiqué
20:19que les intérêts vitaux
20:20de la France
20:21étaient aussi
20:21des intérêts européens,
20:23d'où cette proposition
20:24qu'il a faite
20:25de parapluies nucléaires français
20:27pour protéger l'Europe.
20:28Bien sûr que je la soutiens.
20:30Bien sûr que face
20:30au retrait
20:31et au désengagement américain,
20:33la France peut devenir
20:35la nation protectrice
20:36de l'Union européenne.
20:37Ce qui sera par ailleurs,
20:38je le dis,
20:38aussi bon pour
20:39les intérêts de la France.
20:40Parce que quand vous êtes
20:41le protecteur
20:42de tout un continent,
20:43évidemment que ça vous donne
20:44une voix encore plus forte
20:45dans les discussions
20:46que vous avez
20:46avec vos partenaires européens.
20:47On a commencé par évoquer,
20:49Maxime Svitek et vous
20:50évoquiez au début
20:51de cet entretien
20:52la question du carburant
20:53pour les Français
20:54qui a peut-être
20:56été le trait d'union
20:57avec toute la question
20:58de l'Ukraine
20:58puisqu'on a commencé
20:59d'abord avec le gaz,
21:00une variation des hydrocarbures
21:01russes et aujourd'hui
21:02nous voilà à nouveau
21:03avec une hausse
21:04des carburants
21:04liée à la scène internationale.
21:06Qu'est-ce que vous répondez
21:07à ceux qui opposent
21:08les intérêts quotidiens
21:09des Français
21:10à la défense de l'Ukraine ?
21:12Moi je dis que
21:13défendre l'Ukraine
21:14c'est dans l'intérêt immédiat
21:16des Français.
21:17Je donne quelques exemples.
21:19Demain, l'Ukraine tombe
21:20et la Russie envahit l'Ukraine.
21:22L'Ukraine est un des principaux
21:23greniers à céréales du monde.
21:26400 millions de personnes
21:27qui en dépendent.
21:28Et vous imaginez bien
21:29l'impact que ça aurait
21:30sur le prix des céréales,
21:31le prix des matières premières
21:33et sur l'inflation
21:33dans le caddie des Français.
21:35Deux, si la Russie
21:36l'emporte sur l'Ukraine
21:37vous aurez une des plus grandes
21:38vagues migratoires
21:39de l'histoire de l'Europe
21:40avec probablement
21:41des millions d'Ukrainiens
21:42qui chercheront à fuir l'Ukraine
21:44et à se réfugier
21:44dans les autres pays
21:46de l'Union Européenne
21:46ce qui aura évidemment
21:47un impact
21:48sur nos systèmes sociaux,
21:50sur nos finances, etc.
21:52Trois, soutenir l'Ukraine
21:53aujourd'hui dans son combat
21:54pour qu'elle ne soit pas
21:56attaquée comme elle l'est
21:57aujourd'hui
21:58balistique et des drones
21:59à réaction,
22:00c'est aussi potentiellement
22:01soutenir la sécurité
22:01d'un continent.
22:03Imaginez,
22:03on voit aujourd'hui
22:04que la Russie cible
22:06de plus en plus
22:06les infrastructures civiles
22:07et notamment
22:08les infrastructures énergétiques.
22:10J'étais il y a un an
22:11en Ukraine,
22:12avant l'hiver,
22:13la stratégie délibérée
22:15c'était de taper
22:15les centrales énergétiques
22:17pour que les Ukrainiens
22:19aient froid pendant l'hiver
22:20et que ça érode le soutien
22:21à la résistance.
22:23Ils continuent à le faire.
22:24Imaginez demain
22:25si une frappe touche
22:26une centrale nucléaire.
22:28Et que comme à l'époque
22:30de Tchernobyl,
22:30évidemment,
22:31le nuage ne s'arrêtera pas
22:32aux frontières de l'Ukraine.
22:33À ce moment-là,
22:34je pense que des Français
22:34ou des responsables politiques
22:35qui aujourd'hui
22:37remettent en cause
22:38le soutien à l'Ukraine
22:39demanderont pourquoi
22:39on n'a pas soutenu
22:40davantage l'Ukraine
22:41pour les protéger
22:42et pour protéger
22:42les Français
22:42de cette situation.
22:43Vous dites que la solution
22:45à ce problème-là
22:46et à d'autres,
22:46c'est la solution européenne.
22:47Vous voulez aller
22:48encore plus loin
22:48dans l'intégration européenne.
22:50Vous nous dites
22:50qu'il faut des États-Unis
22:52d'Europe.
22:53Qu'est-ce que ça pourrait donner
22:54sur ce sujet-là précisément ?
22:56Les États-Unis d'Europe
22:57que je propose,
22:58c'est avant tout
22:58un projet économique,
22:59écologique et technologique.
23:01Mais c'est lié
23:02à tout ce dont on parle
23:04puisque mon objectif,
23:05c'est qu'on puisse devenir
23:05une vraie puissance économique.
23:07Aujourd'hui,
23:07on ne l'est pas.
23:08Vous, c'est dire
23:09qu'on partage la dette,
23:10on partage nos déficits,
23:11etc.
23:11Non, on ne partage pas la dette.
23:12Chacun est responsable
23:13de sa dette
23:13et chacun doit la rembourser.
23:15Ce que je dis,
23:16c'est qu'aujourd'hui,
23:16on est comme broyé
23:17entre des empires
23:18qui s'entrechoquent.
23:19On a parlé de la Russie,
23:21on a parlé des États-Unis
23:22un peu,
23:23on n'a pas parlé de la Chine.
23:25La Chine est en train
23:27de couler nos industries
23:28et notre économie.
23:29Les exportations chinoises
23:30en Europe
23:31ont augmenté de 30%
23:32depuis le début de l'année.
23:33On estime
23:34qu'une entreprise chinoise
23:35sur quatre
23:36qui exporte en Europe
23:37le fait à perte.
23:38Ça veut dire quoi ?
23:40C'est-à-dire que la stratégie,
23:40c'est d'exporter à perte
23:41pour que nos industries
23:42ne soient pas capables
23:43d'être compétitives,
23:44que nos industries coulent
23:46et que derrière,
23:47on soit totalement dépendant
23:48de la Chine
23:48qui pourra faire
23:49ce qu'elle veut
23:49avec les prix.
23:50Face à tout ça,
23:51je le dis ici,
23:53ni la France,
23:53ni l'Allemagne,
23:54ni l'Italie,
23:55ni la Pologne,
23:56ni aucun paiement
23:57de l'Union européenne
23:58n'y arrivera seul.
23:59Donc on doit être
24:00beaucoup plus unis
24:01et beaucoup plus forts.
24:01C'est ça le sens
24:02du projet d'États-Unis
24:06présidentiel, bien sûr,
24:07parce qu'on sait
24:08qu'il y a tant de candidats
24:08qui prospèrent
24:09sur une forme de détestation
24:11de l'Europe.
24:11Vous vous dites
24:11qu'il faut plus d'Europe ?
24:12Moi, ce que je veux,
24:13notamment face à Poutine,
24:14c'est que nos enfants,
24:15nos petits-enfants,
24:16aient le choix
24:17pour travailler
24:18entre des emplois industriels,
24:20des emplois technologiques,
24:21des emplois de services
24:22et pas uniquement
24:23servir du thé aux Chinois
24:25et du café aux Américains
24:26quand ils viennent en France.
24:26Est-ce que c'est ça le risque ?
24:27Si on revient à l'Ukraine,
24:29vous, vous êtes président,
24:31vous allez rencontrer Poutine
24:33et en fonction de la réponse,
24:34vous y allez seul
24:35ou vous y allez avec des Européens ?
24:37D'abord, je crois
24:37qu'une négociation,
24:39elle doit évidemment s'accepter
24:40en lien avec nos partenaires européens.
24:42Vous pouvez y aller seul
24:43si vous avez un mandat
24:44de vos partenaires européens.
24:45En tout cas,
24:45il faut que ça se fasse
24:46en coordination avec eux
24:47et par ailleurs
24:47avec le président Zelensky.
24:49Un des risques,
24:50ce serait évidemment
24:51de chercher
24:51à invisibiliser
24:52le président Zelensky
24:53et à engager une négociation
24:55en dehors de son accord.
24:56Mais encore une fois,
24:58personne n'a jamais exclu
24:59de négociation.
25:00L'important,
25:01c'est comment on fait venir
25:02Vladimir Poutine
25:02à la table des négociations.
25:03À mon sens,
25:05Vladimir Poutine
25:05n'accepte de discuter
25:06qu'avec deux types de personnes.
25:07Soit des gens
25:08qui sont très faibles
25:09parce qu'il les a à sa botte,
25:11soit des gens
25:12qui sont très forts
25:12parce qu'il ne peut pas faire sans eux.
25:14Et donc, soyons très forts.
25:16Poursuivons et amplifions
25:17notre soutien à l'Ukraine.
25:18C'est comme ça
25:18qu'on arrivera
25:19à faire venir Vladimir Poutine
25:20à la table des négociations
25:21et c'est comme ça
25:22qu'on empêchera la Russie
25:23de gagner cette guerre.
25:23Gabriel Attal,
25:24beaucoup d'hommes politiques
25:26qui ne sont pas
25:26de votre génération,
25:28souvent on vous rapproche
25:29de votre âge.
25:30On part d'une Europe puissance
25:32et évoque plutôt
25:32une Europe pour la paix.
25:33Croyez-vous
25:34que l'Europe puisse devenir
25:35une puissance ?
25:36Bien sûr,
25:36mais une puissance
25:37au service de nos valeurs.
25:39Évidemment que la France
25:40et l'Europe ont vocation
25:41à apaiser le monde.
25:42Mais si on veut être
25:43suffisamment fort pour ça,
25:44il faut devenir
25:45une puissance économique.
25:46Pourquoi est-ce que
25:47Donald Trump intervient en Iran
25:49sans se poser la question
25:50de savoir ce qu'en pensent
25:51les Français,
25:51les Allemands,
25:52les Italiens,
25:52les Européens ?
25:53Parce qu'on n'est pas
25:54suffisamment puissant
25:55pour être capable
25:56d'être un interlocuteur
25:58qu'il consulte
25:59et de leur tenir tête.
26:00Et je crois qu'on doit
26:01devenir cette puissance.
26:02Pour moi,
26:02c'est la responsabilité
26:03de notre génération.
26:04On a des grands-parents
26:05qui ont fait la paix,
26:06des parents qui ont fait
26:07l'Union européenne.
26:08On doit faire,
26:09c'est ma conviction,
26:10les États-Unis d'Europe...
26:10Et face à Trump,
26:11vous dites quoi ?
26:13Face à Trump,
26:13je défends...
26:14Si vous êtes élu
26:15en mai prochain...
26:16Sur quel sujet ?
26:17Sur l'Iran en particulier,
26:18sur les prix de l'essence.
26:19Aujourd'hui,
26:20on doit arriver
26:21à mettre fin à ce conflit.
26:22Aujourd'hui,
26:23on n'est pas capable
26:23suffisamment de peser
26:24pour mettre fin à ce conflit.
26:26Demain,
26:26j'en suis absolument convaincu,
26:28avec une vraie Europe puissance,
26:29avec une vraie unité européenne,
26:31avec un vrai marché
26:32commun européen,
26:33une vraie économie
26:33unique européenne,
26:34je peux vous dire
26:35qu'on aura d'autres arguments
26:36pour échanger
26:37et pour discuter
26:37à la fois avec les États-Unis
26:38mais aussi avec la Chine
26:39qui, encore une fois,
26:40je trouve,
26:41est l'objet de trop peu
26:42de discussions
26:43dans le débat médiatique
26:44et dans le débat politique
26:45alors même
26:46que pour notre économie,
26:47c'est un enjeu
26:48et une menace majeure
26:49et que demain,
26:50si notre économie
26:51s'effondre,
26:53on pourra avoir
26:53tous les débats
26:54qu'on veut
26:54sur le réarmement
26:55de nos services publics
26:56et sur le soutien
26:57à l'Ukraine,
26:57si on n'a pas les moyens
26:58de le financer
26:59parce que notre économie
27:00n'a pas été capable
27:01de bâtir
27:02une puissance suffisante
27:02notamment dans l'intelligence
27:04artificielle
27:04et dans l'innovation,
27:05ce sera des débats
27:06qui seront très théoriques.
27:07Moi, je crois que c'est possible
27:08d'inverser ça.
27:09Je pense qu'on a tous les atouts
27:10en main en France
27:11et en Europe
27:12pour y arriver.
27:13Tout dans notre histoire
27:14nous montre que c'est possible.
27:15On a traversé
27:16en France et en Europe
27:17des moments
27:18extraordinairement difficiles.
27:19On les a toujours surmontés
27:20et on a été capable
27:21de se reconstruire
27:21plus fort en France.
27:21Enfin, vous voyez
27:22la victoire de l'extrême droite
27:23en Allemagne.
27:24Le chancelier allemand
27:25chancel.
27:26C'est inquiétant
27:27pour l'Europe.
27:27Mais il n'est pas encore à terre.
27:28Parce que le modèle allemand
27:29comme le modèle français
27:30est à bout de souffle.
27:32Parce que le modèle allemand
27:33était construit
27:33sur une triple dépendance.
27:35La dépendance au gaz russe,
27:36la dépendance à la défense américaine
27:38et la dépendance
27:39au marché chinois.
27:40Les trois sont remis
27:41en question aujourd'hui.
27:42C'est quoi la réponse
27:43pour protéger les Allemands
27:44face à cette triple dépendance
27:46qui est aujourd'hui ébranlée ?
27:47C'est l'Europe.
27:47J'en vois pas d'autres.
27:48Et je crois que c'est possible.
27:50Et c'est ce que je vais porter
27:50dans cette campagne.
27:51Merci Gabriel Attal.
27:52Merci d'avoir été notre invité
27:53ce soir dans cette soirée spéciale
27:54sur BFM TV
27:55consacrée à cette menace russe.
27:57Comment la France s'y prépare ?
27:59On va continuer à en parler
28:00tout au long de cette soirée.
28:01Encore une fois, merci à vous.
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